Bonjour à toutes ! De retour en cette période de vacances pour la suite des aventures sentimentales du crabe et du scorpion ! J'espère que vous profitez de vos congés, si vous en avez. Pour les autres, j'espère que ce chapitre pour leur apporter un petit moment de détente.

Je tenais tout particulièrement à le dédier à Newgaïa, écrivaine formidable à qui je vous toute mon admiration.

N'oubliez pas d'aller lire ses fics, notamment "Les Clés de la Haine", qui est FABULEUSE !

Enjoy ce nouveau chapitre !


Milo avait dit qu'il partirait le lendemain. Matin en plus. Et le Cancer n'était pas très matinal. En même temps, ce n'était pas grave, puisqu'il ne comptait pas se rendre chez le scorpion, à l'aube, pour empêcher Milo de quitter les lieux.

Si ?

En même temps, c'était trop simple de le laisser s'en tirer comme ça, alors que lui commençait à faire une indigestion sévère de toutes ces émotions contraires qui se bousculaient dans sa tête.

« Maudit scorpion ! » Ragea DM en frappant un innocent pilier qui avait eu la mauvaise idée de pousser sur sa route.

Cette situation devenait intolérable ! Cette situation, quelle situation ? Encore fallait-il pouvoir la nommer précisément. Pour le Cancer, elle était comme un venin mortel qui s'insinuait lentement dans ses veines, empêchant son cœur de battre. Comment cela était-il possible ? Qu'est-ce que Milo avait dissimulé dans l'ouzo pour le rendre chèvre à ce point ? Merde ! La chèvre, c'était Shura, pas lui !

Ivre de colère, le crave donna un violent coup de pied dans l'unique chaise qui trônait dans sa chambre, l'envoyant s'écraser contre le mur. Cela eut pour effet de « les » réveiller.

« Vos gueules ! » Ordonna t-il sèchement.

Leurs plaintes d'outre tombe et leurs visages déformés par la douleur l'empêchaient de se concentrer et de penser correctement. Enfin, ça c'était une excuse parfaite pour expliquer son manque de clairvoyance actuelle. En réalité, DM le savait, la seule manière de se sortir Milo de la tête était d'aller le voir et d'exiger des réponses. Il n'avait aucune idée de ce qu'il allait demander au scorpion, mais il était certain que ce dernier comprenait sa situation, puisqu'il en était le coupable tout désigné. Et puis, Milo était réputé pour ses dons de psychologue hors pair. Après tout, il était bien pote avec cet insupportable iceberg qui restait une énigme pour tous les autres, ce qui constituait une preuve irréfutable des talents de médiateur et de « profilage » que l'on prêtait au gardien de la huitième maison.

Enfilant son blouson en cuir usé et clouté, DM sortit de son temple, tel une tornade. Il n'avait pas de temps à perdre parce que demain, le putain d'arachnide aurait mis les voiles ! Et pour DM, il était impensable que son état s'améliore en l'absence de la cause même de celui-ci ! Parce que déjà, alors que seules quatre maisons les séparaient, il ressentait un cruel manque alors si Milo partait à des milliers de kilomètres, il n'osait imaginer l'état dans lequel il allait se trouver.

Le crabe était naïf, mais pas fou.

Il n'arrivait pas à mettre de mot sur ce qu'il ressentait, parce qu'on l'avait conditionné ainsi. Il ne pouvait nommer l'inconnu. Il ne pouvait s'y risquer. Pourtant, il était aisé d'identifier de quel mal invisible mais sournois, souffrait Deathmask. Le complice de toujours du crabe se serait fait un plaisir de poser des mots sur cette bien étrange émotion. Mais pas question d'aller voir Aphrodite pour se confier. Ce serait lui montrer une faiblesse que le poisson ne manquerait pas d'exploiter et de répandre dans le Sanctuaire comme le parfum envahissant de ses roses.

Comme il était incapable de trouver par lui-même ce dont il était atteint, autant aller voir le responsable et lui soutirer les informations nécessaires à la compréhension de cette douleur qui lui compressait la poitrine. Et si Milo ne voulait pas répondre ou se foutait de lui, le crabe le collerait un pain. Parce qu'il n'en pouvait plus de rester comme ça et Milo avait certainement une de ses fameuses piqûres magiques en stock pour arranger tout ça. Les propriétés des coups de dard du scorpion n'étaient plus à prouver étant donner que DM les avait vues en action par deux fois déjà. Il suffisait que le grec lui dise ce qu'il avait, qu'il lui fasse un peu d'acuponcture avant son départ et tout rentrerait dans l'ordre ! C'était aussi simple que cela et c'était un plan infaillible !

L'Italien eut tôt fait de combler la distance qui le séparait du temple de l'arachnide. Apparemment, il ne dormait pas encore et il sentait un autre cosmos à ses côtés... Furtivement, il se plaqua à une colonne et tendit l'oreille, se concentrant pour essayer d'entendre des voix ou de détecter à qui appartenait le cosmos du chevalier présent. Il espérait qu'il ne s'agissait pas d'une commère comme Aphrodite, quoiqu'il y avait peu de chance que ce soit le cas, puisque Milo et le poisson avaient quelques inimitiés bien connues. Mais surtout, il priait pour que ce ne soit pas Camus, ce qui était pourtant plus que probable.

L'air s'était d'ailleurs rafraîchi aux abords du temple du scorpion.

C'était forcément un signe.

Pas question d'entrer avant le départ de la présence. Pas question de prendre le risque de se faire griller...

« DM ? » Questionna une voix derrière lui.

« AAHHH ! »

Le cri de surprise que lâcha le rital résonna fort indiscrètement dans le Sanctuaire et se perdit dans la nuit noire. Il avait même sursauté, s'accrochant au pilier de marbre.

Penché vers lui, l'air embarrassé, se trouvait Aioros.

Ah ce putain de Saint l'avait toujours fait flipper ! Le sagittaire était aussi droit et pur que lui était corrompu et cruel. Par le passé, Aioros lui avait collé des châtiments et autres punitions qui auraient fait passer les douze travaux d'Heraclès pour une promenade de santé ! Même si ces sanctions avaient toutes été amplement méritées, DM avait conservé une certaine méfiance envers l'archer. Leurs insurmontables et fondamentales différences y étaient évidemment pour quelque chose, mais ce n'était pas la seule raison.

De par sa condition de chevalier du Cancer et comme les anciens porteurs de l'armure sacrée du quatrième signe zodiacal, Deathmask avait une prédisposition toute particulière pour les communications avec l'au-delà. Il n'était pas rare qu'une âme en peine ou qu'un fantôme de passage vienne lui susurrer des paroles glauques au creux de l'oreille, de la même manière qu'un amant collant vous dirait des mots doux. Mais c'était ainsi, la Mort était la compagne possessive de DM depuis sa plus tendre enfance... Et il s'était toujours refusé à foutre les pieds dans le temple du Sagittaire. Question de principe ! Vu la manière atroce dont il était passé de vie à trépas, nul doute que son esprit cherchant le repos avait du hanter les lieux ! Et DM n'avait pas tenu à prêter une oreille attentive à l'agonie d'un martyr ! Certaines âmes étaient d'ailleurs capricieuses. Quand elles entraient en contact avec un vivant, elles avaient la fâcheuse manie d'essayer de pomper son énergie vitale ou d'essayer de prendre sa place, par jalousie. La première fois que son maître l'avait envoyé de force près du Puits des Âmes, DM avait bien cru qu'une armée de zombies essayait de le bouffer ! Il avait senti leurs mains froides et avides tentant de lui extirper quelque chose de la poitrine.

Heureusement pour lui, cet Aioros là était bel et bien vivant, en chair et en os aujourd'hui. Il était couvert d'herbe, ce qui laissait penser qu'il était encore en train de s'entraîner dehors à cette heure ! Ou qu'il était tombé...

« Putain ! Tu m'as foutu les boules ! »

« Qui tu espionnais comme ça ? » S'intéressa le brun.

Il sourit.

Cela fit rougir le Cancer.

« Mais personne, merde ! Je me baladais, c'est tout ! »

« Naturellement. Et je suppose que le fait que ta petite promenade se fasse aux abords du temple de Milo, avec qui tu as passé pratiquement les dernières 48 heures, est un hasard aussi ? »

« Mais tu vas me lâcher à la fin, maudit cheval ? Et toi, qu'est-ce que tu fous là d'abord ? » L'attaqua t-il en sautillant sur place.

« Je rentrais tout simplement chez moi. J'habite le temple juste après celui de Milo, je te rappelle. Mais je suppose que tu as du oublier, en 17 ans... »

Il conservait cet agaçant sourire juché sur les lèvres. Ce sourire si craquant qui le rendait intouchable et au dessus de tout soupçon. Mais dans le fond, DM savait que c'était un VICIEUX ! Il n'y avait qu'à voir les tortures chinoises qu'il avait élaborées spécialement pour le punir dans le passé...

DM ne se laissait pas tromper par son allure de héros vénérable !

« Et on peut savoir où t'étais ? Tu rentres vachement tard ! » Gueula t-il, espérant qu'en lui faisant la morale, il détournerait l'attention du centaure.

Mais Aioros savait mieux que personne que plus le crustacé se mettait à crier et à s'agiter, c'est qu'il se sentait piégé. Restait à savoir pour quelle raison...

« Je n'ai pas de compte à te rendre, Deathmask. » Répondit-il simplement sans se défaire de son éternel sourire.

« Hey poney, avec qui tu parles ? » Lança un troisième larron à la voix un peu endormie.

Kanon arriva alors. Manquait plus que lui. Question commérages, il était l'égal d'Aphrodite, c'était pour dire ! DM se figea et rougit de honte en le voyant débouler. Le Gémeau n'avait pas fière allure, il était tout décoiffé et il y avait même de l'herbe qui s'était prise dans ses longs cheveux. Pourtant, il avait un air crevé, mais béat sur le visage. Le regard du crabe passa alors sur Aioros, puis de nouveau sur le frère de Saga et il ne lui fallut pas longtemps pour faire le lien...

« Oh bordel, mais vous êtes dégueulasses ! Et depuis quand vous vous envoyez en l'air ensemble ? »

« De quoi ? » S'étonna faussement Kanon.

« T'as de l'herbe dans les cheveux, idiota ! J'ai très bien compris ce que vous étiez en train de faire, dans la pelouse, dans le noir, alors ne me prenez pas un con ! » S'égosilla t-il.

« Attend DM, ce n'est pas du tout ce que tu... »

« Ouais, on s'envoyait en l'air à la fraîche et même qu'on comptait justement remettre ça dans le temple du Sagittaire et alors, ça te pose un problème, puceau ? » L'attaqua Kanon, adossé à la colonne avec un air nonchalant.

« Kanon ! » Le réprimanda un Aioros rougissant qui ne souriait plus du tout.

« Ben quoi, c'est vrai non ? Enfin, je l'espérais, du moins... » Feula t-il sensuellement en venant masser les épaules tendues de son amant.

Le malheureux frère d'Aiolia se massa les tempes et se retrouva à son tour pris au piège à la place du crabe. Ce qu'il n'apprécia pas franchement. Il devait trouver une échappatoire et vite, parce que Kanon et son manque de pudeur légendaire auraient tôt fait de ruiner sa réputation d'irréprochable chevalier. Il devait vite retourner la situation à son avantage. DM était plutôt content finalement. Il souriait à présent. Non pas que la vie sexuelle du dragon des mers et du sagittaire l'intéresse réellement – comment deux bestioles pareilles pouvaient-elles s'unir ? - mais il était heureux de voir d'avoir enfin l'avantage sur le vaillant sauveur d'Athéna. C'était un peu sa revanche pour des années de tours d'arène effectués à cloche pied, sur les mains ou en rampant et pour des années de marches briquées à la brosse à dents, voire même au cure dents ! Sûr de son pouvoir pour avoir réussi à embarrasser Aioros, il se mit à ricaner et à se tenir les côtes. C'était tellement... JOUISSIF ! L'archer le fusilla du regard, comme si c'était une flèche aiguisée.

« Ahahaha la honte ! Si les autres savaient les saloperies que vous faites sous vos airs innocents... et dire que vous êtes censés vous détester ! »

« Deathmask, ne joue pas à cela, tu pourrais le regretter... » menaça Aioros, que la situation n'amusait pas du tout.

« Oui, bon, tu sais ce qu'on dit : « de la haine à l'amour, il n'y a qu'un pas ». Se défendit mollement Kanon, un bras passé autour du cou de son chéri à la crème tout énervé !

« Qu'est-ce qui se passe ici, on a entendu du bruit et... » Commença Milo en sortant.

« Grand-frère ? » Le coupa Aiolia, qui était donc le mystérieux convive du scorpion.

« Salut beau-frère ! » Sourit Kanon.

« ...Kanon ? » Alors là, le pauvre lion n'y comprenait plus rien et il se tourna vers Milo d'un air dépité. « Ok... j'ai vraiment trop bu ce soir... je vais me coucher... »

Effectivement, il était impossible que ceux deux-là soient ensemble, Kanon collé amoureusement à son rival de toujours. A moins que ce ne soit Saga et qu'il ne l'ait pas reconnu, mais bon, ça ne faisait que confirmer son taux élevé d'alcool dans le sang. Il préféra donc partir cuver et les quitta rapidement. Kanon en profita alors pour attraper la main du Sagittaire et leur fausser compagnie également, entraînant son cadet à sa suite.

« Bon, on vous laisse, ne faites pas trop de bêtises et n'oubliez pas qu'on peut tout sentir puisqu'on est voisins ! »

« Ouais bah ça vaut aussi pour vous les LAPINS ! » Répliqua sèchement DM, alors que le couple s'éloignait.

« Oula. C'est bien ce que je crois ? » Interrogea Milo en les regardant s'éloigner sous l'impulsion chaloupée de Kanon.

« Faut croire. Je suis donc officiellement traumatisé. » Répondit DM en s'essuyant le nez.

« Et pourquoi t'es là ? Tu les épiais ? »

« Non, c'est toi que j'ép... ahem, je veux dire, je peux entrer ? » Se reprit-il avec un ton très courtois qui ne manqua pas d'étonner le scorpion.

« Si tu veux... » Il s'écarta pour le laisser passer en premier.

Le cancer pénétra rapidement dans le temple, se dirigeant sans hésitation vers les quartiers privés de son occupant et il balança sa veste sur le sofa, avant de s'écouler dedans.

La petite table ronde du salon était couverte de cartes et de cadavres de bières. Milo et Simba avaient du se faire quelques parties de poker bien arrosées.

« Je te serre une bière ? » Proposa Milo, la tête plongée dans le réfrigérateur pour s'en sortir une également.

« Non, merci... je ne suis pas venu pour picoler. »

« Ah bon ? Et moi qui pensais que tu t'étais traîné jusqu'ici en pleine nuit pour piller mon frigo... »

« Milo, je suis sérieux, putain ! J'ai quelque chose à te demander... » Bougonna t-il.

« Ouais, je m'en doutais en fait. Il est quand même trois heures du mat', alors ça doit être sacrément important... » Comprit-il.

Il prit place près du cancer, sans toutefois s'asseoir sur le même fauteuil. Il ne tenait pas à le faire fuir, mais plutôt à conserver une distance salvatrice entre eux au cas où cela dégénèrerait. Et on ne pouvait jamais me prévoir à l'avance avec le caractère soupe au lait de Deathmask.

« Alors, qu'est-ce que je peux faire pour toi ? » Osa t-il demander après quelques minutes d'un pesant silence.

« Laferme ! C'est moi qui pose les questions ! »

« D'accord. »

Mieux valait ne pas le contrarier. Il était évident que DM était énervé. Le crustacé tournait et retournait le problème dans sa tête, sans tous les sens. Il ne savait pas par où commencer, ni ce qu'il devait dire. En plus, il avait peur du diagnostic de Milo, alors il attaqua le problème sous un autre angle.

« Tu pars demain alors ? »

« Oui. » La réponse fut laconique et écourtée par le bruit de la canette de bière s'ouvrant.

« Au Japon ? »

« Comme prévu. J'ai finalement décidé que j'allais aider le poney ailé junior à tirer son coup... puisqu'apparemment c'est déjà le cas pour son aîné. »

« Arrête, je ne te crois pas... On sait tous les deux pourquoi tu te tires lâchement, enfin... disons que je suis certain que ça a un rapport avec un certain glaçon français. »

« DM... je t'ai déjà dit de... »

« Reste. » L'interrompit-il.

« Non, ma décision est prise. » Campa t-il sur sa position, malgré tout touché par la demande de DM.

« On va sacrément se faire chier sans toi ici. Je suis sûr que même Camus le pense... »

« C'est gentil de ta part de dire cela, mais cesse de parler de lui. Tu ne sais rien de notre relation. »

« Normal, puisque tu refuses d'en parler ! » Cria l'italien en plantant son regard sanguinaire dans celui du Scorpion.

« Ecoute, ça tombe bien que tu sois ici. Parce que je voudrai te confier quelque chose en mon absence... » Changea t-il de sujet. « Je voudrai que tu prennes soin de Sophie... »

« Sophie ? Ah non ! Pas ce chat crevé que le Cold Saint t'a refilé ! »

« Mais non, tu confonds, ça c'est Brigitte. Et elle est déjà chez Camus, qu'est-ce que tu crois... elle a fuit chez lui en comprenant que je partais... »

« C'est qui alors cette « Sophie » ? C'est votre gamine cachée ? » Rit-il doucement.

« On peut presque dire cela... C'est la fille illégitime de Camus. C'est sa plante verte chérie. Il me l'a offerte avant de partir en Sibérie, il y a plus de dix ans. »

« Ah ouais, quand même. Il doit beaucoup y tenir alors. »

« En effet. » Confirma t-il en allant chercher le peau contenant la minuscule plante à une feuille.

« Alors pourquoi tu me la confies à moi ? Tu devrais la lui rendre. »

« Pas question. Mais si je la laisse crever, il ne me le pardonnera jamais. Donc, je voudrai que tu passes l'arroser de temps en temps, d'accord ? »

« Si je pisse dedans, ça ira ? »

« DM ! »

« Bon ok, ok... t'as gagné, je l'arroserai avec de l'eau, promis... »

« Merci. »

Il reposa la plante sur le bar et il tourna le dos à DM un moment avant de lui demander doucement :

« C'est pour me demander de rester que t'es venu ? »

C'était peut-être pour cela en réalité, réalisa Deathmask du Cancer. Mais impossible de l'avouer.

Alors il feinta.

« Tu rêves là ! Je me souviens même plus ce que je voulais, en fait. »

« Ben voyons... »

« Ne me crois pas, j'en n'ai rien à battre ! D'ailleurs j'me casse ! J'espère que ton avion va s'écraser en plein milieu de l'Antarctique, ça te fera les pieds et ça t'apprendra à fuir le climatiseur ! »

« Ca m'étonnerait... mon vol ne passe pas par là. Mais j'avoue que ce serait effectivement assez ironique. » Sourit-il.

« Tu pars à quelle heure demain ? »

« J'ai mon vol à Athènes à 13 h, mais je partirai vers 7 h du Sanctuaire. Je préfère m'en aller tôt, ça risque de ne pas passer inaperçu sinon... »

« Putain t'es vraiment un sale cafard de te barrer en cachette comme ça... enfoiré va. »

« Toi aussi tu vas me manquer amore ! »

« Amore ? C'est quoi encore ce délire ? Appelle-moi encore une fois comme ça et je t'envoie faire un aller simple pour le Tartaros ! Et puis tu sais quoi ? Tu me fais chier ! Je me casse ! »

Il se leva rapidement et il se dirigea la tête basse vers la sortie. Il ne voulait pas croiser le regard du scorpion. Il avait peur que Milo voit dans ses yeux le désir qu'il avait de voir l'arachnide rester...

Une fois dehors, il frappa la colonne la plus proche et lâcha une flopée de jurons dans sa langue natale, avant de finalement regagner son temple. Il n'était pas plus avancé à présent. Il était toujours autant à côté de la plaque et en plus maintenant, il avait les boules. Il ne voulait vraiment pas que Milo parte.

Pourquoi, bordel ?

Et s'il appréciait vraiment l'animal au dard empoisonné ? D'ailleurs, en pensant à lui, sa blessure causée par la piqûre du scorpion le lança. Quoi que le malheureux DM fasse pour essayer de se sortir le beau grec de la tête, il en était incapable. Il y avait toujours quelque chose pour lui rappeler.

Et merde !


Après une nuit agitée et sans sommeil, mais il en avait l'habitude malsaine, la première chose que fit DM après être allé uriner et s'être habillé, fut de foncer au huitième temple en fin de matinée, pour honorer sa promesse. Il attrapa la plante et la traîna jusqu'au lavabo avec négligence.

« Lâche immédiatement cette plante... » Lui conseilla « amicalement » la voix du Verseau.

DM l'avait senti arriver. Il se retourna lentement pour faire face à son adversaire.

« Ok, comme tu voudras... »

Un sourire sadique se dessina sur son visage et il s'apprêta à exécuter la requête du Maître des Glaces, tandis qu'il tenait la plante au dessus du sol. Le pot était prêt à aller s'y écraser.

« Arrête ! Pose-la... doucement... » Se reprit Camus.

Il avait l'air affolé. C'était la première fois que DM voyait une expression faciale venant de ce bloc de gel sur pattes...

Et c'était plutôt marrant...

Il sembla obéir à Camus mais au dernier moment, il lui lança le pot. Le français le rattrapa in extremis et DM en profita pour se barrer en courant. Vu ce qui venait de se produire et la tension palpable qui régnait toujours entre eux, DM n'avait pas intérêt à remettre les pieds dans le temple du Scorpion, qui était chasse gardée du pingouin des neiges.

Mais puisque Camus ne pouvait pas être au four et au moulin en même temps, cela donna une idée à DM. Il avait une opportunité en or de sauver sa peau et de se soustraire momentanément aux représailles du Verseau.

Même si c'était prendre le risque de s'exposer à son courroux le plus mortel...

Sans réfléchir, galvanisé par l'adrénaline du moment, l'ancien assassin se mit à courir.

Direction Athènes.

Direction l'aéroport.

Direction Milo...

Ce dernier attendait d'embarquer, scrutant nerveusement la grande pendule indiquant l'heure. Il avait mal. Il allait monter dans l'avion dans quelques minutes seulement et secrètement il espérait que l'hôtesse annoncerait une soudaine tempête de neige en ce mois d'août particulièrement chaud. Cela voudrait dire que Camus l'empêchait de partir. Mais cela n'arriverait pas, Milo en était conscient. A quoi bon continuer de se voiler la face ?

« Je viens avec toi finalement, comme t'as l'air décidé à te sauver ! » Lui lança une voix forte qui le tira de ses réflexions passéistes et négatives. »

« DM ? » Ca alors, c'était une ENORME surprise ! « Mais enfin, qu'est-ce que tu fous là ? »

« Figure-toi que j'étais parti arroser ta putain de plante quand tout à coup, un scorpion a surgi de nulle part et m'a bondi dessus... et voilà, je me suis encore fait piquer et comme t'avais dit que tu me soignerais la prochaine fois, sans que ça me coûte la congélation d'un bras, eh ben me voilà ! »

Ben voyons... comme si un si petit animal pouvait sauter sur DM. A croire qu'il l'avait attendu sournoisement, tapis dans un fourré... Cette pensée amusa Milo qui adressa un sourire sucré au cancer.

« Il t'a piqué où cette fois ? »

« Ici... » Répondit-il en désigna son coeur.

Quand Milo s'approcha en faisant mine de ne pas comprendre, Deathmask l'attira soudainement contre lui et lui enserra la taille fermement, avant de lui glisser à l'oreille :

« J'ai gagné notre pari, rappelle-toi... alors je suis venu prendre ma récompense... »

.Même si je dois aller jusqu'au Japon pour avoir ton cul...


J'espère que le chapitre vous a plu et rendez-vous au suivant, qui devrait arriver assez rapidement !