Titre : Momiji
Auteur : Mogyoda
Genre : sérieux…
Disclaimer : les personnages de Fruits Basket ne m'appartiennent pas. Je ne fais que les emprunter.

Un jeune garçon se regardait dans un miroir en pied. Ses yeux suivaient le contour de sa silhouette. Le blond posa ses mains sur la glace. Non, il ne semblait pas différent, mais pourtant… Il le savait. Tout son être s'était rendu compte de cet événement. Un lien avait été brisé, une malédiction avait disparu, il était libre. Libre ? Vraiment ? Alors pourquoi éprouvait-il tant de regrets ? Parce que ce n'était pas leurs cas, pas ses cousins. Lui seul, sans trop vraiment savoir comment, y était parvenu. Et cela avait été si simple et si compliqué en même temps. Se réjouirait-on pour lui ? Oui, sûrement, mais la jalousie, l'envie de savoir seront là aussi. Alors se taire et le cacher ? C'était impossible, il allait enfin pouvoir la serrer dans ses bras, cette petite fille, sa sœur…

Momiji s'éloigna du miroir, ses yeux se posèrent sur le violon, ses doigts caressèrent doucement le bois de l'instrument. Ce n'était plus un rêve illusoire, ce pouvait être vrai, il pouvait y arriver. Il ne devait plus rien à personne. Libre d'être heureux, d'être lui, de voir sa sœur, de jouer de la musique, de tomber amoureux… En réalité, de tomber amoureux de quelqu'un d'autre. Parce qu'il n'était pas le premier dans le cœur de la jeune fille qu'il chérissait. Elle serait heureuse de sa libération, oui, mais il ne le lui dirait pas. Elle se poserait trop de questions, elle voudrait qu'il puisse l'aider à libérer les autres, à le libérer lui. Mais il ne pouvait pas. Il supposait que chacun devait trouver la clé qui les apaiserait, qui ferait disparaître la malédiction.

Quand la porte s'ouvrit, le lycéen ne fut pas surpris de voir apparaître son chef de famille. Akito, paniquée, débraillée, se jeta sur lui et s'accrocha à ses vêtements, le suppliant de ne pas partir, de ne pas quitter sa place. Et le blond la regardait. Alors, dieu… c'était juste ça. Et quand le lien n'existait plus, il n'éprouvait plus rien. Toute son âme réclamait de quitter la pièce, de s'éloigner de cette personne, celle qui les avait tant fait souffrir. Mais en cet instant, elle lui semblait si pathétique, à s'accrocher ainsi, à tenter de retenir ces lambeaux de malédiction. Il la mit tout simplement dehors, prétextant le besoin d'y réfléchir, lui promettant de ne rien dire et d'aller la voir le lendemain.

Aussitôt qu'elle fut partie, l'ancien lapin se laissa glisser contre le mur. Tout ce qui avait fait sa vie, cette partie intégrante de son être n'était plus. Et il ne savait pas s'il devait s'en réjouir ou s'en attrister.

Puis les autres ? Le remarqueraient-ils ? Sûrement, il avait toujours eu la sensation que Kureno n'était pas vraiment des leurs, peut-être que le coq n'était plus, tout simplement.

Vide, il sentait étrangement léger, mais si lourd, contradictoire… Il avait évité ses cousins, suivi les cours d'une oreille distraite. Il contemplait la cour du lycée quand Kyo, son cousin, son rival, lui dit quelques mots et lui demande ce qu'il se passait. Alors ça se voyait ? Il n'était plus des leurs.

Tranquillement, sereinement, tristement, le lycéen répondit que le lapin n'était plus. Mais que ce n'était pas ce qui rendrait Tohru vraiment heureuse. La jeune fille le serait réellement si le rouquin était libre. Le blond en était abattu.

Et le soir, il gagna lentement l'appartement d'Akito. Il était libre de faire ce qu'il voulait, n'est-ce pas ?

Il annonça que rien ne serait plus comme avant. Il savait que ce serait difficile, qu'il ne faisait plus vraiment partie des maudits, mais qu'il n'avait pas non plus de famille dans laquelle rentrer. Mais il voulait vivre à sa manière, continuer d'avancer. Contrairement à son ancien dieu qui semblait vouloir rester ainsi, ne pas évoluer, retenir la malédiction. Et même s'il se retrouvait seul, totalement seul, en aucun cas, il ne reviendrait à la situation précédente, il ne comptait plus rester avec Akito. Il n'était plus l'un de ses maudits.

Et quand leur chef de famille le mit à la porte, il quitta l'endroit, le cœur plus léger. C'était ça être libre ? Ne plus devoir de comptes à quiconque, choisir sa propre voix. Il regarda le ciel qui se teintait d'orange. Il n'aurait pas tout ce qu'il veut, mais il avancerait, prendrait sa décision, se tromperait, douterait mais vivrait libre.