La scène que j'ai utilisée dans la première partie provient de l'épisode 13 de la saison 3 (j'adore la scène du dîner à quatre) .
Merci pour les commentaires et les messages que j'ai reçus (et merci spécial à Julien pour ses encouragements).
And we've done it again, This trick we haveOf turning love to pain And peace to war
All Thieves - Turn and Turn Again
(Et nous l'avons encore fait, ce truc que nous avons
De transformer l'amour en douleur et la paix en guerre.)
Mystic Falls, de nos jours.
La soirée est un vrai fiasco.
D'abord l'attitude de Stefan durant tout le dîner. Cette hostilité qu'il ressent jusque dans ses os. Rien de ce qu'il tente de faire ne fonctionne avec lui.
Quand Damon et Elijah les ont laissés seuls Stefan et lui, il a essayé encore une fois de déclencher une réaction chez lui, n'importe quoi qui lui rappellerait l'ancien Stefan, le ripper. Sans résultat.
Damon est ensuite revenu pour lui demander ce qu'il offrait en échange du cercueil et l'Original a proposé le bonheur d'Elena, un bonheur sans les frères Salvatore, et il a vraiment cru l'espace d'une seconde qu'ils avaient enfin réussi à trouver un terrain d'entente lorsque Stefan s'est approché de lui devant la cheminée.
Il a serré sa main dans la sienne et Stefan l'a alors fixé avec un regard débordant de haine et a osé refuser son offre. Klaus a alors totalement perdu son sang froid. Mais même sa main dans le feu n'a eu aucun résultat sur Stefan.
— Tu as vraiment abandonné, n'est-ce pas ? Où est le combat ? Où est le ripper ?
Stefan l'a regardé sans répondre et Klaus s'apprêtait à le provoquer à nouveau quand il a remarqué le retour d'Elijah.
Et le voilà à présent au milieu de ses frères, tous extrêmement en colère contre lui. Il est plus fort qu'eux mais commence à s'inquiéter quand Finn l'attaque soudain avec la dague. Il part dans la direction opposée mais Rebekah fait son apparition et Kol l'immobilise. Il se tourne vers Stefan pour chercher de l'aide, le jeune Salvatore s'éloigne sans même lui accorder un regard.
Et il se retrouve seul avec sa famille.
Il s'emporte et essaye de leur faire comprendre que tout ce qu'il a toujours fait, y compris les laisser des années dans leur cercueils, il l'a fait pour eux, pour qu'ils soient tous réunis un jour, qu'ils reforment une famille. Mais aucun d'entre eux ne veut comprendre. Ils veulent tous le quitter. Et il sent monter en lui une fureur telle qu'il n'en a pas connue depuis des siècles. Qu'ils l'abandonnent tous ! Il peut tous les tuer quand il veut, y compris Stefan s'il le veut ! Il n'a pas peur d'eux !
Pourtant quand Esther apparaît brusquement, une peur froide s'insinue dans ses veines pour la première fois. Ses larmes de rages se transforment alors en larmes de panique et de culpabilité. Il a tué sa mère, sa mère ne peut être là que pour le tuer. Il n'ose même pas la regarder.
— Regarde-moi, ordonne-t-elle.
Et il n'a d'autre choix que de lever la tête.
— Sais-tu pourquoi je suis ici ?
— Tu es là pour me tuer.
— Niklaus, tu es mon fils. Mais je suis incapable de te pardonner.
Un sanglot s'échappe de la gorge de Klaus. Il s'y attendait bien sûr, c'est pour ça qu'il n'a jamais ouvert ce cercueil et qu'il l'a scellé, mais il ne peut empêcher son cœur de se tordre sous la douleur.
— Cependant, je ne vais pas te tuer.
Les yeux de sa mère ne reflètent aucune émotion lorsqu'elle prononce sa condamnation.
— Je te renie, Niklaus. Tu ne fais plus partie de la famille.
Il recule comme s'il venait d'être frappé. Figé d'horreur, il ne peut que regarder sa mère faire signe à ses frères et sa sœur de la suivre. Elle se retourne avant de quitter la pièce.
— Tu ne nous reverras plus jamais, Niklaus.
La porte qui claque. Puis le silence. Et les mots qui résonnent dans sa tête. Il est seul. Réellement seul. Plus qu'il ne l'a jamais été. Il n'a plus de famille. Il n'a plus ses hybrides. Il n'a plus Stefan.
Une rage brûlante l'envahit et explose en lui. Et il la laisse se déverser sur tout ce qui tombe sous sa main.
))((
Le jour se lève à peine quand Stefan regagne le manoir des Salvatore. Après la soirée qu'il a passé chez Klaus, il avait besoin de se changer les idées et peut-être aussi de se défouler de toutes ses frustrations sur quelques proies.
Damon est déjà levé, à moins que lui non plus ne se soit pas encore couché.
— Je viens de voir Elijah.
Stefan hausse les sourcils surpris. Ils l'ont quittés il y a quelques heures à peine.
— Il y a du nouveau. Je sais qui était dans le quatrième cercueil.
Stefan s'assoit en soupirant, il sait que Damon adore ménager le suspense. Son frère aîné prend le temps de lui servir un whisky malgré l'heure matinale.
— Il s'agit d'Esther, la maman Originale.
Stefan avale l'alcool en laissant son cerveau digérer l'information. La mère de Klaus, la femme qui a trompé Mikael avec un loup-garou, la sorcière Originelle qui a transformé ses enfants en vampire, qui a jeté la malédiction sur Niklaus et l'a ensuite rejeté, est revenue. Brusquement inquiet, il repose son verre. Elle ne peut être là que pour une seule raison. Se venger de son fils, lui qui a assassiné sa mère.
— Que… que s'est-il passé ? demande-t-il d'une voix sourde.
— Elle a chassé Klaus de la famille, répond son frère en plissant les yeux. Elle ne l'a pas tué si c'est ce qui t'inquiète.
Stefan ouvre la bouche pour protester mais Damon lève la main pour l'arrêter.
— Ne dis rien. Je sais très bien que tu ne veux pas qu'il meure. Tes actes l'ont assez prouvé ces dernières semaines.
Stefan lance un regard noir à son frère.
— Ce n'est pas que je ne veux pas sa mort, c'est juste que je veux juste qu'il paye avant ! Et s'il doit mourir, ce sera par ma main !
Damon pince la bouche et remplit à nouveau leurs verres.
— Ouais, ouais. Je sais que tu es obsédé par ton idée de vengeance, même si je ne sais pas exactement de quoi tu veux te venger.
Il lance un regard interrogateur à son frère et n'obtenant pas de réponse, retourne s'asseoir dans son fauteuil.
— En tout cas, si tu veux voir Klaus souffrir, je te conseille d'aller lui rendre une petite visite maintenant. Sa chère famille l'a abandonnée cette nuit.
Damon, avec un grand sourire, lève son verre triomphalement en direction de Stefan.
— S'il tente quelque chose contre nous, il n'aura personne sur qui compter, plus aucun allié. Il se retrouve tout seul.
Stefan n'attend même pas la fin de la phrase de Damon pour sortir et courir vers la demeure de Klaus. Il sent monter en lui une angoisse diffuse. Et si Klaus quittait Mystic Falls avant qu'il ait eu le temps d'accomplir sa vengeance, quelle qu'elle soit. Qu'est-ce qui pourrait le retenir dans cette ville maintenant que la menace de Mikael a disparu et que sa famille l'a abandonné.
))((
Il pousse doucement la porte d'entrée. Toutes les lampes sont allumées et éclairent les débris qui jonchent le sol. Dans le couloir, dans le salon, dans la salle, c'est le même spectacle. Il n'y a plus un meuble en place, plus une statut debout, plus de tableaux sur les murs, plus une seule pièce de vaisselle entière, plus un seul objet en un seul morceau. Comme si un ouragan était passé par là.
Il pénètre lentement dans la pièce où il a dîné la veille. Le feu dans lequel Klaus lui a brûlé la main est à présent éteint. Ses yeux, emplis de haine à ce souvenir, se détournent de la cheminée et s'arrêtent sur la forme prostrée dans un coin.
Klaus, le visage entre ses mains, ne semble même pas l'avoir entendu entrer. Mais il lève la tête quand Stefan s'approche de lui. Ses yeux rouges et cernés, remplis de désespoir, réchauffent quelque chose au fond de lui.
Oh oui, Klaus souffre. Et Stefan sent une satisfaction malsaine grandir dans chacune de ses cellules. Le moment qu'il attendait depuis si longtemps est finalement arrivé.
Bien sûr, ce n'est que le début. Le désir, le besoin vital de vengeance qui dormait à l'intérieur de lui depuis des décennies et qui s'est réveillée au retour de Klaus dans sa vie a besoin de bien plus que cela pour être satisfait. Mais c'est déjà un bon début, bien plus que ce qu'il a obtenu jusqu'ici.
Et lorsque Klaus se relève et que ses yeux bleus trop brillants se plantent dans les siens, Stefan étouffe cette infime partie de lui, celle qu'il ne laisse jamais s'exprimer et qu'il a enterrée tout au fond de lui il y a bien longtemps, cette minuscule zone de son cœur qui peut encore ressentir de la douleur et de la compassion, et peut-être autre chose, pour l'Original. Avec une aisance née de l'habitude, il fait comme si elle n'existait pas et sourit à Klaus, un grand sourire joyeux.
— J'ai entendu dire que ta famille est partie sans toi. Mmh, non, attends je me trompe. Pas ta famille puisque tu n'en fais plus partie.
Klaus détourne les yeux et pince les lèvres, puis il s'avance vers lui d'une manière menaçante.
— Tu es venu savourer ta victoire, Stefan ?
Le jeune vampire hoche la tête d'un air amusé.
— Je ne vais pas me gêner. Ta maman t'a encore abandonné. C'est la deuxième fois, non ?
Stefan ne peut s'empêcher de rire quand Klaus grogne et le pousse vers le mur.
— Ferme-la, Stefan !
— Sinon quoi, Klaus ? Tes frères vont arriver pour me punir ?
Et Stefan enchaîne en faisant semblant de réfléchir.
— Ah, non. Je ne crois pas. Puisque tu n'en as plus.
Klaus resserre son emprise sur sa gorge et avance son visage tordu par la colère vers celui de Stefan qui sourit toujours autant.
— Je pourrais te tuer. Et tuer ton frère. Et ta chère petite copine. Et tous ses amis. Je pourrais même tuer la ville entière !
— Je t'en empêcherais. On t'en empêcherait. Car moi je ne suis pas seul. Pas comme toi.
Klaus sourit méchamment.
— Oh c'est vrai. Tu as Elena. Ça te plaît tant que ça d'être le petit toutou d'une humaine, Stefan ?
Stefan cesse de sourire, pas question cependant de montrer à Klaus que sa remarque a fait mouche. Il décide de changer de stratégie. Il s'humecte les lèvres et soulève son bassin pour le frotter contre l'entrejambe de Klaus.
— Tu préfèrerais que je sois le tien, Klaus ?
L'Original se fige puis glisse sa cuisse entre les jambes du jeune Salvatore. Le corps de Stefan répond immédiatement, son sexe est dur contre le sien. Son cœur bat furieusement dans sa poitrine comme à chaque fois que Klaus est si près de lui. S'il avançait de quelques centimètres, sa bouche pourrait se poser sur les lèvres entrouvertes dont il n'a pas oublié la douceur et le goût sous les siennes. Un gémissement meurt dans sa gorge et il doit lutter de toute ses forces pour ne pas céder à ses pulsions. Klaus baisse la tête et Stefan sent son souffle contre son oreille.
— Je ne couche pas avec les faibles, Stefan. Ceux qui se nourrissent de sang animal et qui obéissent au doigt et à l'œil à une lycéenne.
La douleur que ces mots provoquent au creux de son estomac le prend par surprise. Stefan serre les dents et repousse brutalement l'Original. Il n'a plus du tout envie de rire.
— Le ripper que j'ai connu aurait préféré crever plutôt que de se comporter comme tu le fais, Stefan !
Tremblant de fureur, Stefan frappe Klaus à l'épaule pour la faire reculer. Il lève la main et pointe un doigt menaçant vers son visage.
— Tais-toi ! Ne parle pas de celui que j'ai été, tu n'en as pas le droit !
Une lueur cruelle s'allume dans les yeux bleus, froids comme de la glace.
— Tu as raison, Stefan. Pas la peine d'en parler puisque le ripper n'existe plus.
Stefan frémit de rage et dit calmement en s'avançant vers l'Original :
— Je te prouverai le contraire. Et crois-moi, tu regretteras de le revoir.
Le souffle court, ils se défient du regard. Stefan finit par s'écarter et sort de la maison en faisant bruyamment claquer la porte.
))((
Stefan entre en trombe dans le salon et va directement se servir un verre de scotch qu'il avale d'un trait. C'est seulement alors qu'il remarque la présence d'Elena et de Damon.
— Damon, où est Elijah ? Je dois le voir !
Son frère fronce les sourcils et lance un regard rapide vers Elena.
— Il a quitté la ville, Stefan. Pourquoi tu veux le voir ? Comment ça s'est passé avec Klaus ?
Stefan serre les doigts sur son verre.
— Il n'a pas encore eu ce qu'il méritait. J'ai vraiment besoin de voir Elijah, Damon.
— Je sais juste qu'ils sont tous partis à New York mais je ne sais pas où exactement.
— Alors appelle-le, supplie-le, tout ce que tu veux, mais trouve-le !
Stefan essaye de se calmer, crier sur son frère ne sert à rien, il le sait mieux que personne.
— S'il te plaît, ajoute-t-il plus doucement.
Damon serre les lèvres, étudie son visage quelques secondes comme pour essayer de juger à quel point il est sérieux.
— Ok, je vais le faire. Mais à un moment, tu me devras des explications !
Puis Damon quitte la pièce pour passer son appel.
Stefan s'assoit à côté d'Elena. Ils ne se sont pas beaucoup parlé depuis qu'il lui a fait peur sur le pont où ses parents ont trouvé la mort. Il sait qu'il s'est montré inutilement cruel ce jour-là mais il le referait sans hésiter, parce que se venger de Klaus est sa priorité. Tout le reste, tous les autres passent après. Il a cependant toujours beaucoup d'affection pour elle, elle l'a toujours soutenu quand il était aux côtés de Klaus.
— Je suis désolée pour l'autre soir. Je ne t'aurais pas fait de mal, tu sais.
Elena ramène ses cheveux derrière ses oreilles et se tourne lentement vers lui.
— Non, je ne sais pas, Stefan. Je ne sais plus qui tu es, et je ne sais vraiment pas jusqu'où tu irais pour Klaus.
Stefan se passe une main sur le menton et se penche vers la jeune fille.
— Autant que tu ne le saches pas. Mais je te protégerai toujours contre lui.
Elena le regarde d'un air sceptique.
— Vraiment, Stefan ? Tu le tuerais pour me sauver ?
Le jeune Salvatore baisse les yeux vers ses mains sans répondre. Il n'est pas sûr de connaître la réponse.
La voix d'Elena tremble un peu quand elle reprend la parole.
— Nous étions heureux, Stefan. Nous pourrions l'être encore. Pourquoi vouloir tout détruire pour lui ?
Stefan ferme les yeux une seconde, la peine qu'il entend dans la voix de la jeune fille lui serre le cœur.
— Je suis désolé. Sincèrement. Je n'ai jamais voulu tout ça. Mais je dois aller jusqu'au bout. C'est plus fort que tout ce qu'il y a pu y avoir entre nous. Plus important que tout le reste.
Elena ne répond rien et, en relevant la tête, Stefan s'aperçoit qu'elle pleure. S'il pouvait revenir en arrière et changer les choses, le ferait-il ? Sans doute que non, mais cela ne l'empêche pas de se sentir coupable. Il lève la main pour essuyer une larme sur sa joue.
— Un jour tu te rendras compte que ce que nous avons vécu n'était pas ce qu'il te fallait. Quelqu'un d'autre te rendra bien plus heureuse que je ne l'aurais fait.
Elena ouvre la bouche pour répliquer quelque chose mais le retour de Damon l'en empêche.
— Elijah veut bien te recevoir, annonce l'aîné des Salvatore. Tiens ! ajoute-t-il en lui tendant un bout de papier. C'est l'adresse de leur hôtel. Je ne connais pas les détails mais je sais qu'ils partent pour l'Europe dans deux jours alors si tu veux les voir, magne-toi !
Stefan range le papier dans sa poche en remerciant son frère.
— Tu veux que je t'accompagne ?
Stefan regarde Elena avec un sourire d'excuse et effleure son bras avant de se tourner vers son frère.
— Non, ça ira. Je préfère que tu restes ici à veiller sur Elena.
— Tu as raison, approuve Damon en se rapprochant d'elle. Je ne vais pas la quitter des yeux.
Stefan monte dans sa chambre prendre quelques affaires puis fonce vers New York au volant de sa petite voiture de sport.
