And I've lost who I am, And I can't understand why my heart is so broken.
Trading Yesterday-Shattered
(Et je me suis perdu moi-même,
Et je n'arrive pas à comprendre pourquoi mon cœur est si brisé.)
Stefan fait claquer la porte contre le mur en rentrant dans la maison, faisant presque sursauter son frère affalé dans le canapé, occupé à boire. Damon lève les yeux aux ciel et se penche vers la carafe sur la table.
— Tu ne peux donc jamais rentrer sans te faire remarquer, Stefan.
Stefan hésite, ne s'attendant pas à trouver son frère encore là. Damon? qui sait déchiffrer les expressions de son frère, lui explique avec une grimace.
— Elena est rentrée chez elle. Caroline et Bonnie sont avec elles, elles ont décidé de rester entre filles…
Stefan se laisse finalement tomber dans le fauteuil le plus proche et accepte avec reconnaissance le verre que lui tend son frère.
— Alors tu lui as donné une bonne leçon ? Arraché quelques membres ? Le cœur peut-être ? Ou la tête ?
Stefan soupire et se passe la main dans les cheveux. Le visage de Damon retrouve son sérieux quand il se redresse en face de son frère.
— Quoi ? Tu ne t'es pas vengé ?
— Non. Je… je n'ai pas pu…
Stefan s'arrête avant que sa voix ne se brise et essaye de se reprendre. Il ne veut pas non plus perdre tout contrôle de lui-même devant Damon. Il n'arrive plus à démêler les sentiments qui se bousculent au fond de lui.
— Qu'est-ce qui s'est passé ? Raconte-moi !
Stefan se mord les lèvres et hésite. Comment expliquer à son frère ce que lui-même ne comprend pas.
— Je ne sais pas trop. Je voulais le… je voulais vraiment lui faire du mal. J'aurais pu. Je n'attendais que ça et… c'était là, à portée de mes mains… Mais je n'ai pas pu.
— Tu n'as pas pu te venger ? Comme c'est étonnant…
Damon hoche la tête en serrant les lèvres.
— Stefan, Stefan, Stefan… Ça fait un bon moment que je m'en doutais mais ça fait quand même un choc. Réfléchis ! Réfléchis deux secondes à tout ce que Klaus représente pour toi depuis qu'il est arrivé ici. Repense à tout ce que tu as fait pour lui. Avec lui. Contre lui. Tu y arrives ? Donne ton verre, je te resserre, tu en as besoin apparemment.
Damon lève une nouvelle fois les yeux au ciel face au manque évident de réaction sur le visage de son frère qui se contente de le regarder avec un air perdu en lui tendant son verre. Prenant sur lui, il réfrène une brusque envie de le secouer pour lui remettre les idées en place.
— Tu n'as pas d'autres mots à la bouche que « vengeance » et « Klaus » depuis des mois. Mais combien de fois as-tu réellement essayé de le tuer ? Tu n'as juste fait que lui mettre des bâtons dans les roues. Et tu n'as fait, excuse-moi de te le dire, que lui tourner autour !
Stefan écoute son frère en se mordant pensivement la lèvre. N'a-t-il vraiment fait que se mentir tout ce temps ?
Soulagé, Damon constate pour la première fois une lueur de compréhension dans les yeux troublés de son frère tandis qu'il regagne sa place.
—Je n'arrive pas à croire que tu puisses ressentir… je ne peux même pas le dire et tu ne pourras pas m'y obliger… ça pour un type pareil. Non mais, ouvre les yeux ! Regarde ce qu'il a fait tout autour de toi ! Bon, c'est vrai que toi, il n'a jamais essayé de te tuer. Mais tu es bien le seul !
Stefan vide son verre en essayant d'assimiler ses paroles.
— Je suppose que tu n'es pas responsable de tes sentiments. Mais je ne vois pas bien ce que tu pourrais espérer de lui, ajoute Damon en soupirant dramatiquement. Quoique… après tout, il semble bien avoir un certain faible pour toi…
Stefan se lève soudain. Il a besoin de silence et de se retrouver seul. Avec ses pensées, avec ses souvenirs. Besoin de réfléchir à tout ce qu'il s'est passé, à ce que son frère lui a dit. Et besoin de comprendre comment la haine avec qui il vivait depuis si longtemps a bien pu se transformer en une si violente douleur.
Il monte dans sa chambre et se met à chercher frénétiquement le journal correspondant à l'année où il a connu Klaus. Il veut se rappeler en détails, redécouvrir le passé pour mieux comprendre ce qu'il ressent maintenant. Durant des heures, des jours, il parcourt les pages où s'alignent les lignes de sa vie.
« Ce soir, j'ai rencontré quelqu'un d'extraordinaire. Rebekah m'avait parlé de lui, mais il est tellement différent de tout ce que j'avais pu imaginer. Aucun vampire ni être humain ne lui arrive à la cheville. Il m'a dit en souriant qu'il a tué toute sa famille, sauf sa sœur évidemment. Il avait entendu parler de moi et de mes exploits. Pas question de faillir à ma réputation ! Je n'ai donc pas cessé d'essayer de l'impressionner ce soir et je crois avoir lu dans ses yeux et dans son sourire que j'y suis parvenu. J'ai passé la meilleure soirée que j'avais eue depuis longtemps, très longtemps, toujours peut-être… »
« Nik est devenu mon meilleur ami. Quand je suis avec lui, j'ai envie de me dépasser. Il y a quelque chose en lui qui me donne l'impression d'être important, d'être intéressant. Nous passons toutes nos soirées ensemble ces derniers temps. Nous faisons la tournée des clubs, assistons à des matchs de boxe clandestins, fréquentons les salles de jeux. Rebekka est avec nous la plupart du temps. Mais Nik est bien plus passionnant. Il reste très discret sur ses activités mais je sais qu'il a de grands projets. J'aimerais tellement les réaliser avec lui, être son bras droit. »
« Être avec Nik c'est comme prendre la mer par temps calme sans se rendre compte des nuages et de la tempête qui approchent. Un moment il est souriant et s'exprime de sa voix basse avec ce charmant accent que j'adore, et l'instant d'après il entre dans des fureurs impressionnantes. Je crois que Rebekah et lui fuient quelque chose ou quelqu'un. Et, parfois, quand Nik sent le danger se rapprocher, il s'énerve. Mais jamais contre moi, Dieu merci… »
« Chasser avec lui est un vrai bonheur. Il me rend très créatif. Sentir son regard admirateur sur moi me fait faire des choses insensées. Cette nuit, nous sommes allés à un mariage tous les deux. J'avais hypnotisé les membres de l'orchestre pour qu'ils ne s'arrêtent pas de jouer et j'ai gardé les mariés pour la fin. Après avoir pourchassé chaque invité au milieu d'un joyeux mélange de cris de panique et de musique de jazz, j'ai forcé la mariée à… »
Stefan ferme les yeux refusant de se rappeler davantage les atrocités qu'il a commises. Il était tellement monstrueux, tellement pire que Klaus. Il enfouit les cris de toutes ses victimes tout au fond de lui, là où il a enfermé l'énorme sentiment de culpabilité qui est apparu quand il a retrouvé son humanité et reprend sa lecture en sautant les passages décrivant ses activités de ripper.
« Nik me fascine littéralement. Il est tellement complexe que je ne sais pas si j'arriverai à le comprendre un jour. Il n'y a pas plus fort que lui dans ce monde et pourtant je décèle parfois une zone d'ombre dans ses yeux. J'ignore les raisons pour lesquelles il a tué certains membres de sa famille mais je vois qu'il y a des moments où il en souffre. Où il se sent seul. J'essaie de le distraire à ma façon et je crois qu'il apprécie ma compagnie et mes efforts. »
« Aujourd'hui, il y a eu un orage formidable. Après avoir passé l'après-midi dans un tripot clandestin, où j'ai gagné une jolie petite somme au poker, Nik et moi avons chassé un peu jusqu'au moment où la pluie et le vent nous ont obligés à nous mettre à couvert. Comme nous étions près de mon appartement, nous sommes allés chez moi. C'est la première fois qu'il y venait. Avec une certaine fierté et un peu d'anxiété (je ne voulais pas qu'il trouve cela puéril ou arrogant), je lui ai montré ma liste dans le garde-manger, et j'ai été récompensé par son regard clairement admiratif et impressionné. Ses doigts ont caressé les noms gravé dans la pierre puis il s'est approché de moi, ses yeux couleur du ciel étaient si brillants que j'ai cru un moment qu'il allait m'embrasser. J'ai parfois l'impression que c'est la seule chose qui l'intéresse chez moi, ma férocité. J'ai inscrit le nom de mes victimes du jour. Puis, on a bu et joué aux cartes en attendant la fin de l'orage. Je me sentais troublé, et étrangement déçu. »
"Depuis que je suis un vampire, j'ai toujours aimé m'amuser avec des femmes. Lors des chasses, j'aimais bien prendre du bon temps avec une jolie fille ou deux, et parfois même je leur laissais la vie sauve. Mais dès que Nik est entré dans ma vie, j'ai arrêté ces petits jeux, d'une part parce que Nik n'a pas du tout l'air de s'intéresser à ce genre de choses, je ne lui connais ni maitresse ni amant et ne l'ai même jamais vu essayer de séduire qui que ce soit dans les clubs que nous fréquentons toutes les nuits, et d'autre part parce que son regard sur moi m'excite bien davantage que n'importe quelle fille prête à faire n'importe quoi pour moi sous hypnose."
Stefan se passe une main fatiguée sur le visage. Il n'a pas dormi ni ne s'est nourri depuis des heures. Il a totalement perdu la notion du temps, ses souvenirs du passé s'entrechoquent avec ceux du présent. La soif l'oblige cependant à descendre chercher un sac de sang mais il revient rapidement à son bureau poursuivre sa lecture.
« Devoir continuer à fréquenter Rebekah m'est de plus en plus insupportable. Même au lit, entre ses bras, c'est à son frère que je pense. Heureusement que de temps en temps, elle jette son dévolu sur un pauvre malheureux, ce qui me permet d'être seul avec Nik. Je n'ai toujours rien tenté envers lui. Je reçois des signaux si contradictoires que je n'ai pas encore oser franchir le pas, l'oserais-je seulement... Souvent il me regarde comme si j'étais l'être le plus intéressant, le plus spécial, qu'il ait jamais rencontré, néanmoins il ne s'est jamais permis aucun geste ou remarque déplacés envers moi. »
« Je ne crois pas avoir jamais éprouvé de tels sentiments pour quelqu'un. Le fait qu'il soit un homme n'y change rien. Je ne me sens vivre que quand il est là. Lui seul me fait me sentir heureux, unique, entier, complet, comme s'il était la moitié qui me manquait depuis toujours mais je ne le savais pas. Je crois qu'il me fait perdre la tête. »
Au cours du troisième jour, Damon passe le voir pour l'inciter à sortir. Lui et Elena doivent se rendre à une soirée. Stean est descendu saluer la jeune fille et attend avec elle devant la maison en attendant que son frère finisse de se préparer. Elle se montre un peu distante mais amicale, et Stefan se sent soulagé de voir qu'elle reste son amie. Quand Damon daigne enfin se montrer, Stefan décline l'invitation et remonte dans sa chambre, rien ne doit le distraire tant qu'il n'a pas terminé.
« Cette nuit fut la plus belle de ma vie. J'ai enfin osé. Et ce fut une révélation. Je n'avais jamais connu une telle explosion des sens, mais pas seulement. Ce que j'ai ressenti allait bien au-delà d'une simple satisfaction physique. J'ai finalement trouvé ma raison de vivre.»
« Je n'ai pas eu beaucoup de temps pour écrire ces derniers jours. Ma vie est un véritable enchantement où les étoiles et les mots d'amour sont remplacés par le sang et le cri des mourants. Telle une folle fête sans fin, le sang et le sexe illuminent chaque seconde de mes nuits. La lumière bleue de ses yeux inonde les moindres recoins de mes sentiments, embellit chacune de mes actions, même les pires, elle donne un sens à ma vie. Je ne peux plus l'imaginer sans Nik à présent. »
Stefan arrive finalement à la page du jour où Klaus l'a abandonné. Une seule ligne y est inscrite.
« Je suis mort une seconde fois.»
Suit une longue période où il a cessé d'écrire. Il se souvient maintenant de cette période sombre à laquelle il ne voulait jamais penser, à quel point il se sentait dévasté et détruit, comme si sa vie avait perdu tout son sens. Puis un changement s'est opéré en lui, seul moyen de supporter la douleur. Ce qu'il y a de plus mauvais en lui a progressivement pris le contrôle total de sa vie. La haine a remplacé le désespoir.
« J 'ai rencontré une jeune femme, Lexi, qui s'est mis en tête de faire de moi quelqu'un de meilleur. J'ai préféré lui taire qu'il n'y a rien à sauver chez moi, elle s'en rendra compte bien assez vite. »
« Peu à peu, je prends conscience de mes actes passés et j'en paye le prix. »
Lexi lui avait en quelque sorte sauver la vie. Mourir n'aurait pas suffi, rester vivant et devoir supporter jour après jour les cris d'agonies de ses victimes à l'intérieur de son âme était une punition qu'il estimait largement mériter. La douleur de la culpabilité a couvert la blessure du passé. La souffrance n'a pas disparu, elle n'a pas diminué, elle a juste été recouverte par d'autres sentiments. Seule la soif de vengeance a subsisté, puis s'est lentement effacée pour s'endormir dans un coin de sa mémoire et se réveiller bien longtemps plus tard.
Finalement les sentiments qu'il éprouve aujourd'hui ne sont pas si différents de ceux d'alors. Klaus lui fait toujours le même effet, et peut-être même qu'ils se sont renforcés du fait qu'il a appris à le connaître encore plus au cours des derniers mois.
Il n'est plus temps de continuer à se mentir, sa haine n'a fait que masquer le besoin profond, quasi viscéral de retrouver ce qui lui a tellement manqué. C'est-à-dire se sentir à nouveau vivant, complet, être essentiel pour Klaus comme Klaus l'est pour lui. Tout ce qu'il désirait finalement, c'était lui faire ressentir la même peine, celle qui a été la sienne depuis son départ. La banale vengeance d'un cœur brisé. Dire qu'il lui a fallu tant d'années et le retour de Klaus pour qu'enfin il l'admette.
Que faire maintenant ? Se venger ne lui servirait plus à rien. Se confesser pas davantage. Il ne peut plus être le ripper que Klaus aimerait qu'il redevienne. Et peut-il être ami avec quelqu'un dont il attend bien plus que de l'amitié ? C'est sur cette question que Stefan, épuisé, se laisse glisser dans un sommeil hanté par les doutes et les fantômes du passé.
)))(((
Klaus rejoint sa maison à pieds. La nuit est claire et fraîche. Il prend le temps d'apprécier le silence seulement ponctué par les sons que font les animaux nocturnes plus loin dans la forêt, et un avion qui passe dans le ciel. La soirée a été bruyante et ennuyeuse. Une de ces soirées comme les affectionne madame le maire Lockwood, beaucoup de monde et beaucoup d'alcool. Il y est allé parce qu'il avait envie de voir du monde. Mais finalement, au milieu de la foule, il ne s'est pas senti moins seul. L'unique personne qu'il avait envie de voir ne s'est pas montrée. Il a bien aperçu Damon et Elena, mais Stefan n'était pas là. Il ne l'a pas revu depuis trois jours, depuis ce moment où il a cru un instant que tout n'était pas terminé. Quelque part au fond de lui, le Stefan qui tenait à lui existe encore. Il l'a vu dans ses yeux, il l'a senti dans la façon dont son corps a réagi au sien. Si seulement il arrêtait de le haïr juste un peu, il verrait que tout est encore possible entre eux. Il a attendu, espéré que Stefan reviendrait et qu'ils pourraient s'expliquer sur ce qu'il s'est passé. Mais à chaque fois qu'il est rentré chez lui, il n'a trouvé que des pièces vides et silencieuses. Il est même allé jusque chez lui un soir mais il l'a aperçu avec Elena sur le pas de la porte et a préféré faire demi-tour.
Il a passé ces derniers jours à chercher des renseignements sur le sort qu'on lui a jeté. Les diverses sorcières qu'il a consultées sont toutes d'accord sur le fait que seul quelqu'un détenant de très puissants pouvoirs, bien supérieurs aux leurs, peut en être à l'origine. Il n'en a pas été étonné. Dans son esprit, il ne fait aucun doute que sa mère est responsable de son nouvel état de faible vampire. Mais il n'arrive pas à s'en figurer la raison. Pourquoi ne pas l'avoir plutôt tué ? À moins qu'elle ait décidé que le condamner à la solitude n'était pas une punition suffisante, il fallait en plus l'affaiblir.
Mais Klaus est patient. Il lui a fallu des années pour découvrir comment conjurer le sort que sa mère lui avait jeté mille ans plus tôt. Il peut y parvenir à nouveau, sauf que cette fois il devra le faire seul puisqu'il n'a plus personne.
Sa maison lui paraît froide et inhospitalière quand il pénètre dans le couloir. Il se fige subitement. Il y a quelqu'un dans l'ombre. L'espace d'une fraction de seconde, son cœur ne peut s'empêcher de bondir d'espoir dans sa poitrine. Mais une sensation désagréable le long de sa colonne vertébrale l'avertit qu'il ne s'agit pas de Stefan. Avant même d'appuyer sur l'interrupteur, il sait que cela ne peut être qu'un membre de sa famille.
Kol est confortablement installé dans un fauteuil, un verre à la main, un sourire satisfait sur les lèvres.
— Laisse-moi deviner, petit frère. Mère me jette un sort pour m'affaiblir et, toi, tu viens finir le travail, c'est ça ?
Kol s'esclaffe bruyamment.
— Ce n'est pas très loin de la vérité. Sauf que le sort n'était pas mon idée. C'était celle de Stefan Salvatore. Tu le connais, pas vrai ?
Klaus n'en était pas sûr, il ne voulait pas le croire, mais il s'en doutait. En avoir la confirmation, toutefois, lui fait plus mal qu'il ne l'aurait pensé.
— Oui, je vois à l'expression de ton visage que tu le connais, continue Kol avec un air franchement amusé. Il ne doit pas t'apprécier beaucoup. Il est venu jusqu'à New-York en suppliant pour que tu ne deviennes qu'un pauvre petit vampire, presque aussi faible qu'un humain. Je me suis dépêché pour revenir ici avant qu'il ne te tue. Je n'ai pas cru ma chance quand j'ai vu que tu étais toujours vivant. Sur ce coup là, il n'a pas été assez rapide. Ou peut-être qu'il aime faire languir ses proies. Quoi qu'il en soit, tant pis pour lui ! C'est moi qui vais avoir le plaisir de t'éliminer définitivement.
Klaus entend son frère parler mais n'écoute plus vraiment ce qu'il dit. Ses pensées sont entièrement tournées vers Stefan. Comment a-t-il pu le sous-estimer autant. Il a toujours voulu croire que malgré sa haine, Stefan n'irait jamais jusqu'à le tuer. Pas après ce qu'ils avaient vécu ensemble. Pas après qu'ils aient été si proches. S'est-il trompé à ce point en croyant déceler les vrais sentiments de Stefan.
Kol s'avance vers lui et Klaus recule lentement vers la porte. Ses yeux cherchent n'importe quoi qui pourrait lui servir d'arme tandis qu'il réfléchit à toute vitesse. Dans son état actuel, il ne peut rien contre Kol. Sa seule chance est de prendre la fuite et de disparaître totalement. Partir loin de Mystic Falls et de Stefan.
Kol semble deviner ses intentions et se met à rire en s'interposant entre la porte la plus proche et lui.
— Inutile de chercher à fuir. J'ai pris mes précautions.
— Est-ce que mère est au courant ? demande Klaus pour essayer de gagner du temps.
Kol secoue la tête et se rapproche encore.
— Non, elle en sait pas que je suis ici. Elle s'est montrée faible en te laissant en vie. Mais je ne suis pas comme elle. Heureusement je connais plus d'un moyen d'écouter aux portes et j'en ai entendu bien suffisamment.
Une grimace de colère déforme brusquement les traits de Kol tandis qu'il plonge la main dans sa poche.
— Tu pensais vraiment t'en tirer si facilement après tout ce que tu as fait ? Tu m'as enfermé dans ce foutu cercueil pendant cinq cents ans ! Tu mérites de crever lentement et douloureusement.
Klaus décide de foncer vers l'autre porte de la pièce mais est arrêté dans son élan par son frère plus rapide que lui. Il se retourne bien décider à essayer de sortir par tous les moyens possibles mais un homme entre dans la pièce et vient lui barrer la route.
— Oh, j'ai oublié de te présenter mon sorcier. Quel manque de politesse !
C'est la dernière chose que Klaus entend avant que Kol n'enfonce une seringue dans son cou et qu'il ne s'enfonce dans l'inconscience.
