Oh your hands can heal, your hands can bruise
I don't have a choice but I still choose you
Oh I don't love you but I always will
The Civil Wars-Poison&Wine
(Oh tes mains peuvent soigner, tes mains peuvent blesser
Je n'ai pas le choix mais je te choisis toi
Oh je ne t'aime pas mais je ne t'aime pas pour toujours)
— Stef !
Stefan sursaute et découvre qu'il s'est endormi sur son bureau, la tête posée sur son bras. À moitié réveillé, il se passe la main sur le visage et se tourne vers la source du bruit. La porte s'ouvre brusquement et son frère entre dans sa chambre comme s'il avait le diable aux trousses.
— Tu es réveillé ? Parfait ! Allez lève-toi ! lui ordonne-t-il en le tirant sans ménagement de sa chaise.
Stefan proteste en grognant et essaie de repousser son frère.
— J'ai pensé que tu aimerais savoir que ton vampire préféré a des ennuis.
À ces mots, Stefan se réveille tout à fait.
— Quoi ? Qu'est-ce qui lui est arrivé ?
Damon pousse son frère jusqu'à la porte de la salle de bain.
— Habille-toi d'abord. Et rapidement ! Je t'expliquerai en chemin.
Stefan le retient par le bras avant qu'il referme la porte.
— Dis-moi juste s'il va bien !
Damon lui lance un regard grave.
— Je ne sais pas.
Quelques minutes plus tard, la voiture fonce en direction de chez Klaus dans les rues encore désertes, la nuit ne cèdera la place au jour que dans une heure ou deux.
— Elijah m'a appelé dès qu'ils se sont aperçus de sa disparition, mais il était peut-être déjà parti depuis plusieurs heures. Je te passe les détails mais ils pensent qu'il a volé l'un des bateaux de sauvetage avec l'aide d'un des membres de l'équipage. Ce genre de trucs ne serait pas arrivé s'ils avaient pris l'avion comme tout le monde. Ils seraient déjà en Europe ! Mais bon je suppose que l'avion peut faire peur quand on a dormi des centaines d'années dans un cercueil.
Damon jette un coup d'œil à son frère qui serre nerveusement ses mains l'une contre l'autre.
— Elijah pense que Kol viendra directement ici. Il est peut-être même déjà arrivé. De tous les membres de la famille Mikaelson, il est celui qui déteste le plus Klaus. Tu m'as dit l'autre jour que tu pouvais battre Klaus. Si toi, tu peux le faire, tu imagines ce que Kol peut lui faire… C'est peut-être déjà trop tard, tu sais.
Les yeux fixés sur la pierre bleue au creux de sa main, Stefan se mord l'intérieur des joues se refusant à penser à une telle éventualité.
— C'est quoi dans ta main ?
Stefan s'éclaircit la gorge et reporte son attention vers son frère.
— C'est la force de Klaus. Le sort que lui a jeté Esther. Elle m'a dit que je pourrai lui rendre sa force en brisant la pierre…mais je n'y arrive pas.
— Hein ? Sa force ? Explique-moi ça ! Et comment ça tu n'y arrives pas ? Qu'est-ce qu'elle t'a dit exactement ?
— Klaus n'est plus qu'un vampire comme toi et moi, toute la force qu'il avait en plus est retenue dans cette pierre. Esther m'a dit que le moment venu, je n'aurais aucun mal à casser la pierre et briser le sort. Mais j'ai beau essayer depuis qu'on est parti, rien ne se passe. Et personne d'autre que moi ne peut le faire.
Damon réfléchit en bifurquant brusquement pour s'engager dans l'allée qui mène chez Klaus.
— C'est donc que le moment n'est pas encore venu. Peut-être que tu as besoin d'être dans la même pièce que lui ? Ou alors il faut que tu sois sûr qu'il est en danger de mort ?
Stefan ne répond pas et sort de la voiture sans attendre l'arrêt de la voiture. Le temps que Damon stoppe le moteur et sorte à son tour, Stefan est revenu, le visage sombre.
— Personne.
— C'était à prévoir. Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Je doute que Bonnie accepte de faire un sort de localisation pour retrouver Klaus.
Stefan se passe la main dans les cheveux et essaye de réfléchir rapidement mais l'angoisse qui lui noue l'estomac ne lui facilite pas les choses.
— On n'est pas obligé de lui dire pourquoi on le recherche…
Damon fronce le nez.
— Pas une bonne idée, Stefan. Bonnie repère les mensonges à des kilomètres. Mais peut-être qu'elle aura pitié de toi si tu lui fais tes yeux tristes.
Stefan lance un regard noir à son frère.
— Quoi ? On ne peut plus plaisanter maintenant ? Je te rappelle qu'il y a quelques jours à peine, tu racontais partout à la ronde à quel point tu voulais sa mort, et à présent c'est l'amour de ta vie, c'est ça ?
Damon soupire et retourne derrière le volant.
— On va le retrouver. Ce type a vécu pratiquement mille ans, il ne va pas mourir maintenant qu'il a enfin trouvé quelqu'un qui l'apprécie.
Stefan regagne sa place dans la voiture.
— On va chez Bonnie, on n'a pas tellement d'autres options. Je ne pense pas qu'Esther accepterait de le chercher, après tout il ne fait plus partie de la famille.
Damon redémarre et le trajet jusqu'à chez Bonnie s'effectue en silence. Stefan, tourné vers la fenêtre, essaye de trouver des arguments pour convaincre la jeune sorcière de localiser Klaus. Ils sont presque arrivés à destination quand son téléphone se met à sonner. Fébrilement , il appuie sur l'écran pour lire le message qu'il a reçu. « Je détiens Klaus. Si tu veux le voir enfin mourir, viens seul à cette adresse… » Il se tourne vers son frère.
— Fais demi-tour. On retourne chez nous.
Damon freine et se retourne vers lui.
— Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?
— Kol veut me voir. Seul. Je vais prendre ma voiture.
Damon fronce les sourcils.
— C'est sûrement en rapport avec la pierre. C'est un piège, tu ne peux pas y aller seul.
Stefan se rend bien compte que Kol veut certainement mettre la main sur la force de Klaus et qu'il sera en danger s'il y va., mais le soulagement de savoir Klaus encore vivant balaye tout le reste.
— Il le saura si je ne suis pas seul. S'il veut récupérer la force dans la pierre il doit forcément avoir une sorcière avec lui. En plus j'ai un avantage, il pense que moi aussi je veux tuer Klaus.
Damon lève les yeux au ciel et secoue la tête.
— Encore une mauvaise idée. Je ne vais pas te laisser te jeter dans la gueule du loup sans rien faire.
— Il le faudra bien pourtant sinon tu nous mettras encore plus en danger.
Avant d'être arrivés jusqu'à chez eux, Damon accepte à contrecœur le compromis que lui propose son frère. Les premières lueurs du jour éclairent l'horizon quand Stefan se met au volant de sa voiture sous le regard désapprobateur de son frère.
)))(((
Klaus se réveille lentement, une douleur sourde martèle son crâne au rythme des battements de son cœur et il a l'impression que de l'acide coule dans ses veines. Il lève le bras pour porter la main à son front mais quelque chose l'en empêche. Il est enchaîné. Les souvenirs lui reviennent d'un coup. Son frère, la trahison de Stefan, la verveine. Une énorme dose de verveine d'après la douleur dans son corps. Il observe rapidement les lieux autour de lui. Il est dans une pièce vide, propre, repeinte récemment, une maison à vendre peut-être. La fenêtre dans le coin lui indique que le jour vient de se lever. Il a donc été inconscient quelques heures. La chaîne qui entrave son bras est très épaisse et faite d'un métal extrêmement solide. Elle est accrochée à un maillon rivé entre les pierres du manteau d'une cheminée. Après plusieurs tentatives pour l'arracher du mur, tout ce qu'il est parvenu à faire, c'est arracher sa peau et casser les os de son poignet. Il abandonne quand il se démet l'épaule. Heureusement il reste un vampire et ses os se ressoudent rapidement malgré la verveine. Remettre son épaule en place s'avère un peu plus difficile mais il se sert de la chaîne comme levier et il y parvient au prix de quelques douleurs supplémentaires. Inutile de songer à se libérer donc.
Il réfléchit rapidement aux options qui s'offrent à lui. Il n'en a que deux. S'enfuir dès qu'il en a l'occasion, et sans doute mourir en se faisant rattraper. Ou mourir sans rien tenter.
Le choix est rapidement fait. Il comprend que son frère lui en veuille au point de vouloir le tuer, lui-même aurait voulu se venger s'il avait été à sa place, mais ce n'est pas pour cela qu'il va se laisser abattre comme un faible sans opposer de résistance. Même s'il connait déjà l'issue de la bataille.
Il se demande comment Stefan va réagir quand il apprendra sa mort. Va-t-il regretter de ne pas avoir pu le tuer de ses propres mains? Ou va-t-il se réjouir d'être enfin débarrassé de lui ? Ne reste-il donc rien du Stefan qu'il a connu ? Pas même cette part de lui qui l'aimait ? Elle a existé, de cela Klaus en est persuadé, ses souvenirs ne lui mentent pas.
Des bruits de voix attirent soudain son attention. La porte s'ouvre et Kol, suivi de Stefan, entre dans la pièce. Klaus tressaille, surpris et blessé. Un pieu planté en plein cœur ne lui aurait pas fait plus mal. Seuls ses yeux fiévreux et la mince ligne formée par ses lèvres serrées trahissent les émotions violentes qui l'envahissent. Ainsi Stefan est venu assister, participer peut-être, à sa mise à mort. Le visage du jeune Salvatore est impassible et ses yeux, lorsqu'ils se posent sur lui, n'expriment aucune émotion. Disparu celui qui gémissait entre ses bras il y a quelques jours à peine…
—Regarde qui vient te faire une petite surprise ! annonce Kol en souriant.
Klaus se force à se reprendre et se tourne vers son frère en le considérant avec un petit air moqueur.
—Que se passe-t-il Kol ? Tu as si peur de moi qu'il te faut quelqu'un pour t'aider à me tuer.
Le sourire de Kol s'affaisse légèrement.
—Tu feras moins le malin dans quelques minutes, cher frère. Je n'allais pas laisser Stefan en dehors de notre petite fête. Après tout, nous sommes là grâce à lui.
—Je n'aurais raté ça pour rien au monde, renchérit Stefan avec un sourire froid.
Klaus hésite, la présence de son frère l'empêche de réagir comme il le voudrait avec Stefan. Le téléphone de Kol se met tout à coup à sonner. Il écoute son interlocuteur quelques secondes, l'air contrarié et raccroche en disant qu'il arrive.
Il regarde son téléphone pensivement et sourit, mais les yeux qu'il lève vers son frère sont remplis de haine.
—J'adore cette époque. Je me demande combien de temps encore tu m'aurais laissé pourrir dans ce cercueil...
Il marche vers Klaus et le frappe violemment au visage.
—C'est à ton tour de pourrir maintenant. Et ce sera définitif pour toi.
Il se tourne vers Stefan.
—Je dois aller régler un petit contretemps, je n'en ai pas pour longtemps, quelques minutes à peine. Ne le tue pas en mon absence. Sinon ce sera toi le prochain, lui dit-il avant de quitter la pièce.
Klaus lève la main pour essuyer le sang qui coule de ses lèvres et regarde Stefan. Dès que retentit le claquement de la porte de l'entrée, Stefan s'approche de lui. Klaus se prépare à recevoir un nouveau coup mais au lieu de cela, Stefan se penche et parle tout bas contre son oreille.
—Ne dis rien. Il est encore là.
Puis il se tait et appuie sa tête contre la sienne dans un geste étrangement intime. Le contact se prolonge quelques minutes, à moins que ce ne soit des secondes, Klaus perd le fil du temps. Stefan finit par briser le silence.
—Je suis désolé.
Stefan recule et les yeux de Klaus scrutent son visage à la recherche d'une explication. Le bruit d'une voiture qui démarre l'arrache de son mutisme.
—De quoi es-tu désolé ?
—De tout. Je suis désolé que tu sois dans cette situation à cause de moi. Je n'ai jamais voulu ta mort.
Klaus ne sait plus que croire, pourtant le visage de Stefan semble sincère.
—Mais...qu'est-ce que tu fais ici alors ? Pourquoi t'a-t-il fait venir ?
—Je suis venu te sortir de là, répond Stefan en s'approchant du mur dans lequel est scellée la chaine. Et lui et moi, on a passé un marché, enfin c'est ce qu'il croit. Damon est sur la trace du sorcier qui l'a aidé à venir ici.
Déconcerté, Klaus observe Stefan tirer sur la chaine sans plus de succès que lui.
—Je ne comprends pas. Si tu ne veux pas me tuer, tu veux quoi ?
Stefan lève la tête et le regarde avec intensité.
—Ce que j'ai toujours voulu. Mais ce n'est vraiment pas le moment de parler de ça. Aide-moi plutôt.
Klaus sent un poids quitter doucement sa poitrine et la vie regagner peu à peu son cœur. Peu importe s'il doit mourir aujourd'hui, peu importe s'il est presque trop tard, il a vu dans les yeux de Stefan tout ce qu'il désirait voir depuis pratiquement cent ans.
Sa main se pose sur celle de Stefan pour l'arrêter.
—Inutile. La chaine est fixée dans le mur à l'aide d'un sort. Tu ne pourras pas me libérer.
Stefan le fixe avec désarroi.
—Non… c'est impossible. Il va revenir. Il faut qu'on te sorte de là.
Klaus saisit son visage entre ses mains et se penche vers lui.
—Tu ne peux rien faire de plus pour moi, ici. J'ignore pourquoi il t'a fait venir mais il pourrait aussi te tuer. Si tu veux m'aider, dépêche-toi de t'en aller ! Trouve le sorcier si tu peux, mais surtout sauve-toi !
Stefan lève des yeux angoissés vers lui en secouant la tête. Klaus soupire de frustration.
—Si… si j'avais encore mes pouvoirs je t'hypnotiserais pour te faire partir, je te ferais oublier cette journée.
—Tu n'aurais pas pu, répond Stefan d'une voix sans timbre. Je ne peux pas être hypnotisé.
L'incrédulité se lit sur le visage de Klaus.
—Quoi ? Depuis quand ?
—Pratiquement depuis que je suis un vampire.
Dans l'esprit de Klaus, cette révélation éclaire d'un jour nouveau toutes les réactions de Stefan.
—Alors, tout ce temps…?
Stefan hoche doucement la tête.
—Oui.
Klaus ferme brièvement les yeux et resserre son étreinte sur le visage de Stefan.
— Je suis désolé. Plus que tu ne peux l'imaginer. Maintenant va-t'en ! Tout de suite !
Une panique glaciale s'infiltre dans ses veines quand il entend dans le lointain le bruit du moteur d'une voiture qui approche.
—Stefan… Écoute-moi ! S'il te plaît. Pars immédiatement ! lui murmure-t-il avec empressement. Je veux que tu t'en ailles, je t'ordonne de partir. Je vais détourner son attention et tu en profiteras pour te sauver. Si toi et moi, ça veut encore dire quelque chose pour toi, fais-le pour moi.
Stefan se mord la lèvre et fait non de la tête.
— Non. Je ne peux ne te laisserai pas seul. Il reste encore une chance. J'espère que Damon va éliminer le sorcier, et je vais bien réussir à détruire la pierre, dit Stefan avec une note désespérée dans la voix.
Sa main s'ouvre et se ferme convulsivement sur une pierre bleue au creux de sa paume, sous le regard interrogateur de Klaus.
—Mais… ajoute-t-il doucement, même si ce n'est pas le cas, je reste avec toi jusqu'au bout.
Sa main se pose sur la nuque de Klaus, il incline la tête et ses lèvres effleurent sa bouche dans un baiser aussi léger qu'une plume.
—Imbécile, murmure Klaus d'une voix voilée, les yeux un peu trop brillants.
Stefan, le regard voilé, lui sourit faiblement et se détache de lui, visiblement à regret, quand la voiture s'arrête devant la maison. Avant que Kol pénètre dans la pièce, Stefan glisse la pierre dans la poche de sa chemise et arbore un visage impénétrable en reprenant sa place près de la porte.
—Je vois que vous ne vous êtes pas entretués, c'est bien. On va pouvoir passer aux choses sérieuses. Je voulais te plonger dans une longue agonie mais changement de plan. Tant pis, l'important c'est que tu crèves.
