[ Bon alors j'ai fait au mieux pour les explications, en jonglant avec plusieurs sites, dont Wikipédia, sans parler des définitions qui, pour beaucoup, n'ont pas été faciles à trouver ^^. Vous remerciant de votre compréhension, je vous prie d'agréer, patati, patata, et vous remercie surtout de suivre cette fic ! ^^ ]
Cette fois, en revoyant l'établissement scolaire, Hyde sut qu'il était en train de rêver. Ou plutôt de cauchemarder. Il se trouvait de nouveau dans le couloir où Tallula était installée. Ses vêtements étant différents, il devina donc qu'il s'agissait du souvenir - il ne voyait guère d'autre logique - d'un autre jour. Là encore, l'adolescente avait un air triste qui serra le cœur du chanteur. Certes il savait désormais que Tallula avait été malade, mais quel genre de maladie au juste ? Ça, il ne le savait pas encore.
- Le repas de mademoiselle NicCormick est avancé, chantonna une voix derrière Hyde.
La demoiselle en question leva son visage stigmatisé vers son amie Aigneas (à l'expression de Tallula, ça ne pouvait être qu'elle), une jeune fille rousse, plutôt maigre, les cheveux retenus par une longue tresse avec des vêtements style népalais sur le dos. Elle tenait un plateau orné de deux assiettes avec des couverts ainsi que deux cannettes. Arrivée à la hauteur de Tallula et de Hyde - ce dernier lui étant évidement invisible -, elle s'installa face à son amie qui inspecta le contenu de son plat, à savoir spaghetti au fromage.
- Tu vas pouvoir manger ? La cantinière n'a pas voulu me dire le contenu exact parce qu'il y avait trop de monde derrière moi.
- Écoute, on verra bien. Normalement, ça devrait aller...
Tallula prit sa fourchette, y entortilla les pâtes puis les porta à la bouche d'une main légèrement tremblante. Hyde s'abaissa à sa hauteur. Ça lui faisait mal au ventre de voir ses cicatrices sur son visage. Celle qu'il avait au cou suite à son accident de vélo paraissait alors bien anodine. Après plusieurs mastications hésitantes, Tallula leva le pouce vers son amie qui avait également commencé à manger, mais avec plus d'assurance. La quiétude fut de courte durée. Au deuxième coup de fourchette, Tallula émit un bruit de douleur étouffé et, après avoir laissé tomber son couvert, porta ses deux mains à la bouche.
- Qu'est-ce qui se passe ? Tu t'es mordue ? demanda Aigneas, ce à quoi son amie répondit du regard par l'affirmative.
- Putains de canines ! Je ne peux même pas manger des pâtes tranquillement !
- Tu les as pas fait scier depuis combien de temps ?
Hyde fronça les sourcils. Faire scier des dents n'était pas une chose rare mais d'après ce qu'il avait compris, la concernant, ce n'était visiblement pas une première.
- Environ deux mois. J'en ai ma claque de me faire rafistoler la gueule, Aigneas... Pourquoi je ne suis pas comme toi ?
- Si seulement j'avais la réponse, répondit-elle, vraiment désolée pour son amie.
- Je sais... Aouh !
Cette fois, les mains se déplacèrent au creux du ventre. Le visage marqué de Tallula prit une couleur rouge inquiétante. Hyde saisit à cet instant la question d'Aigneas quand Tallula retroussa les lèvres sous l'effet de la douleur : les canines ainsi que les incisives extérieures - du haut comme du bas - maculées de rouge étaient plus longues que la normale de plusieurs millimètres. Hyde eut l'impression, l'espace de quelques secondes, de se trouver face à une... vampire. Il chassa aussi sec cette idée saugrenue et s'en voulut. Il avait vu Tallula, ou du moins ce qu'elle aurait dû être de son vivant, et savait très bien que, de toute façon, ce genre de choses étaient impossibles. Ce qui le mina fut aussi qu'il ne pouvait rien faire que d'espérer que cela ne fut rien de grave en voyant l'adolescente se coucher à-même le sol, les jambes repliées pour finalement prendre la position d'un fœtus. Aigneas délaissa son repas pour s'approcher son amie et lui demander ce qui n'allait pas.
- Mal au ventre... Y avait quoi dans mon plat ?
- Je te l'ai dit, je n'en sais rien !
- Des herbes..., marmonna Tallula. Je suis sûre qu'il y avait des herbes...
- Des herbes ? Merde ! Je suis vraiment désolée, Tall', j'en savais rien !
- Je sais... Ça va passer... Je n'ai pas trop mangé... Ah, putain !
- J'appelle l'infirmière ?
Tallula secoua la tête et rappela à son amie que prendre des médicaments qui n'étaient pas les siens n'arrangeraient rien. Hyde ne sut combien de temps s'était écoulé quand Tallula se redressa enfin, mais quoi qu'il en fût, cela lui avait paru être une éternité. Aigneas, elle, ne semblait pas soulagée pour autant.
- Je te proposerais bien de rentrer chez toi, mais...
Tallula eut un rire amer.
- C'est mort d'avance.
- NICCORMICK !
Cette voix-là n'était pas celle de Logan. Et même si Hyde avait été sourd, rien qu'à l'expression effrayée de Tallula, il aurait deviné que quelque chose clochait. Aigneas, elle, se releva, un regard plein de défi. Le chanteur fit de même pour voir qui avait crié le nom de Tallula : un garçon, grand, brun, assez costaud, et qui affichait un air supérieur qui lui déplut. Il s'avançait lentement mais d'un pas assuré.
- Dégage, Gowan ! cracha Aigneas.
- Et tu vas faire quoi ? La protéger ? ironisa le garçon en montrant Tallula du doigt comme si elle n'avait été qu'une quantité négligeable. Déjà que t'as pas été foutue de garder les deux yeux sur son plat...
Ce fut au tour au tour de Tallula de se lever. Aigneas eut tout de même le temps de gifler le nommé Gowan dont le visage ne s'en trouva que plus souriant.
- T'as mis quoi dans mon assiette ? articula Tallula aussi clairement et calmement que possible.
Le garçon répondit, avec un haussement d'épaule et un ton détaché :
- Un peu d'ail pilé. T'as rien senti ? Pourtant les vampires sont censés avoir les sens développés...
- Saloperie !
Hyde se sentit mal à entendre et voir tout ça. Le temps de fermer les yeux pour essayer de se reprendre que la scène avait changé : il se trouvait à l'extérieur, dans ce qui semblait être le parc du lycée. Plusieurs élèves avaient leurs yeux rivés sur un point précis du terrain. Si certains semblaient dotés d'une curiosité malsaine, d'autres paraissaient indécis sur que faire. Mais justement : à propos de quoi ? Hyde ne tarda pas à le savoir. À seulement quelques mètres sur sa gauche il vit avec effarement deux garçons qui maintenaient une Tallula qui se débattait comme un diable. Quant à Aigneas, un troisième garçon la tenait par la taille, les bras bloqués, pour l'empêcher d'aller aider son amie. Les trois adolescents, eux, ne manifestaient aucune compassion. Au contraire, cette situation semblait les satisfaire. Hyde voulut rester à sa place, il ne voulait pas voir Tallula souffrir cependant, c'était comme si un aimant invisible le forçait à mettre un pied devant l'autre. Il jeta un regard à Aigneas qui hurlait de laisser sa meilleure amie tranquille. Hyde eut tout le mal du monde à tourner son visage vers Tallula. Rien qu'à l'entendre... Elle ne criait pas mais émettait des sons proches d'un animal prit dans un piège à loup et pressentant qu'il ne lui restait plus beaucoup de temps des causes d'une hémorragie. Et puis il y avait l'odeur ! Une forte odeur de chair brûlée qui monta jusqu'aux sinus du chanteur. Quand il la regarda enfin, Hyde se plaqua une main sur la bouche, prit alors d'une violente envie de vomir. C'était impossible. Il ne pouvait pas voir ça. C'était inhumain dans tous les sens du terme !
- Je ne veux pas voir ça..., gémit-il, presque en larmes, fermant les yeux et planquant ses avant-bras sur les oreilles, refusant d'assister à ce qui se déroulait devant lui. Non... Je ne veux pas...
- Tall', ça va aller ?
- Je crois... Vous m'avez chopée à temps...
Hyde prit sur lui pour regarder, et soupira presque de soulagement par rapport à ce qu'il avait eu sous les yeux seulement quelques secondes plus tôt.
L'adolescente était sur ce qui ressemblait à un lit d'hôpital. Mais il n'y avait pas de médecin en vue, seulement une femme bien en chair avec une blouse blanche qui devait être une infirmière. Aigneas, assise sur le matelas près de son amie, avait les yeux humides et rouges. Tallula tenta de la rassurer, lui disant que rien n'était de sa faute. Hyde remarqua que Logan aussi se trouvait là, assis sur une chaine, le visage fermé. Difficile de savoir à quoi il pensait exactement.
- Aigneas, Logan, il faudrait que vous retourniez en cours. Surtout vous, Aigneas, vous en avez loupé un avant la pause déjeuné.
- Je devais m'occuper de Tallula ! se défendit-elle.
- Je sais, mais tout de même...
- Okay, alors à mon tour de rater un cours, décréta Logan. Vas-y, Aigneas. Je prends le relais.
La jeune fille rousse se leva à contrecœur, murmura quelques mots à son amie qui lui sourit comme elle put, puis s'en retourna en cours. Hyde remarqua alors à quel point Tallula avait été amochée : ses joues et son front étaient recouverts par des compresses qu'il conclut, après ce qu'il avait vu, imbibées d'eau froide, ainsi qu'au cou, aux mains et aux bras.
Quand l'infirmière eut disparu dans son bureau, Logan s'installa à la place qu'avait occupée son amie avant de partir en classe.
- Ça va ma puce ?
- J'ai mal, mais ça va...
- J'aurais dû arriver plus tôt.
- Arrête, Logan. Arrête de te culpabiliser... Je vais bien... Enfin, si on peut dire...
Logan sourit puis se pencha vers son amie qui détourna son visage, non sans une certaine difficulté. Le jeune garçon se redressa.
- Pourquoi, Tall' ? Pourquoi tu ne veux pas ?
- Je suis malade, Logan, et à cette allure je ne dépasserai pas mes vingt ans. Cherche-toi une fille normale.
- Ah parce que tu es anormale ?
- ... Laisse tomber, conclut Tallula en fermant les yeux. Au fait, Hyde, ça va les émotions ?
Cette fois encore, le chanteur se réveilla dans la chambre de l'adolescente - où il avait voulu dormir de nouveau -, affolé et dégoulinant littéralement de sueur. Tallula était assise au pied de ce qui avait été son lit.
- Avisez, souffla Hyde.
- C'est vous qui avez voulu dormir ici, pas moi. À croire qu'une fois ne vous a pas suffit... Mais bon, d'un autre côté, ça nous fait avancer.
- Que voulez-vous dire ?
- Qu'en vous montrant des bouts de ma vie, de ce qu'elle était peu avant mon suicide, je veux vous ouvrir vos grand yeux sur votre propre vie, que votre surmenage n'est que passager, tandis que moi...
- ... ça n'est pas comparable, compléta Hyde, ce à quoi Tallula hocha la tête. Mais... ce que j'ai vu... ce qui vous est arrivé... dans le parc... ?
- Ce n'était pas une première. Mais ça a été la plus dure et la dernière.
- Pourquoi vous faisaient-ils ça ? Pourquoi personne ne vous aidait ?
- Ma foi... Pour la plupart des gens, surtout d'ici, j'étais soit une bête curieuse, soit un monstre. Vous l'avez vu vous-même.
Ce fut à Hyde d'acquiescer. Il avait encore l'odeur de brûlé dans les narines et en eut la nausée.
- Alors, Hyde, vous ne pensez pas que des mois, des années, à vivre comme ça, justifie un suicide ?
- Mais... qu'aviez-vous ?
- Allez vous laver et rejoignez-moi en bas des escaliers. On ne dirait pas mais c'est bourré de passages secrets dans cette maison, et il y a un coin en particulier où j'ai... on va dire collecté différents ouvrages qui traitaient de ma maladie.
- N'ayez pas peur, ça ne craint rien.
- Je n'ai pas peur, assura Hyde.
- Mais oui, je vous crois...
Hyde avait comme convenu rejoint Tallula au rez-de-chaussée où elle lui indiqua une porte camouflée par une tapisserie sous les escaliers. Cette porte donnait sur d'autres escaliers poussiéreux au point de ne plus en discerner la couleur.
- Il n'y a pas de lumière ?
- Une sur votre gauche, et une en bas. Je vous l'ai dit : j'avais peur du noir.
Hyde tendit le bras et trouva la chainette. La lumière de l'ampoule n'était guère plus vive que celle du grenier mais cela suffisait pour ne pas tomber ou louper une marche.
- Bon, je vous retrouve en bas, dit Tallula avant de disparaitre.
Hyde descendit, d'un pas incertain, si bien que parcourir l'équivalent d'un étage lui parut bien long. Il était tellement tendu qu'en sentant la chaînette de la deuxième ampoule sur son front il fit un pas de côté et manqua de s'étaler. Il se rattrapa de justesse à la rampe légèrement branlante.
- Tallula ?
- Ici !
La voix lui était clairement parvenue de sur sa gauche. Il s'y rendit donc, observant les meubles de bibliothèque fournis de livres et tas de feuilles en vrac. Il y en avait même d'éparpillés sur le sol. Cette pièce donnait l'impression qu'un docteur Jekyll était passé par là, tant pour le bazar que pour la décoration qui aurait parfaitement collée avec le personnage. Hyde trouva Tallula accoudée à un bureau tout aussi désordonné.
- Vous n'étiez pas copine avec le ménage ?
- J'ai toujours été bordélique. Tenez, regardez le cahier au centre du bureau.
- C'est quoi ? Un journal ?
- Disons une sorte de recueil. J'y ai noté tout ce que je trouvais sur le net et dans les bouquins en rapport avec ma maladie.
Hyde s'installa dans l'unique siège style Renaissance mais qui, à en juger l'usure, devait dater de Mathusalem. Tallula s'installa directement sur le bureau, une jambe au sol et l'autre pendante.
- Alors... C'est en anglais ?
Tallula lui confirma tandis que Hyde sortait une paire de lunettes de vue de la poche de son sweat.
- Au pire, si vous ne comprenez pas, vous me demandez. Ah oui : vous pouvez zapper les passages qui parlent de vampires, sinon l'année prochaine on est encore là. Enfin, l'année prochaine... je sais même plus combien de temps ça fait !
Hyde émit un petit rire tout en tournant les pages pour tomber sur des passages soulignés et surlignés.
- Hm... Dracula ?
- Ouais... Il n'a pas de lien direct mais il en a un.
- « C'est lorsque Dracula (livre de Bram Stoker) arrivera que le vampirisme prendra de l'ampleur en littérature. Tout y sera copié avec des nuances. Le vampire deviendra nocturne, polymorphe, craignant l'ail... Mais Bram Stoker c'est lui inspiré de légendes et histoires non-reconnues. L'originalité réside dans le fait qu'il est parti d'un personnage historique : Vlad Dracula. Le Dr Dolphin pense que le mythe du vampire aurait été inspiré d'une maladie héréditaire du sang, la... porphyrie... » ? C'est quoi ça, la porphyrie ? demanda Hyde, incrédule.
- Continuez.
- « ..., maladie très rare qui entraine une photosensibilité de la peau et provoque de bizarres effets chez ceux qui en sont atteints. La personne prend de grands risques en restant au soleil : il provoque une grave atrophie de la peau. On a découvert que l'usage de la saignée est bénéfique aux malades. Leurs dents se déforment également. [...] Certains malades boivent du sang dans des régions reculées. D'où la naissance du vampirisme mais des gens ont très mal réagit à cette théorie. »
Hyde marqua une pause, inspira et expira profondément puis tourna la page. Tallula ne bronchait pas.
- « Pour revenir à la composition de l'hémoglobine, on va s'intéresser de plus près à la partie non protéique contenu dans l'hématie. L'hème donc, qui renferme un atome de fer à l'état ferreux et de la porphyrine (une molécule organique) est une composante primordiale pour fixer l'oxygène dans le sang. Elle peut être responsable, si elle est déficiente, d'une maladie que certains appellent la maladie des vampires : la porphyrie ou plutôt les porphyries. Les porphyries sont des maladies génétiques héréditaires rares dues à des déficiences enzymatiques qui gênent la fabrication de l'hème. En effet, pour que l'hème soit synthétisé et associée à la globine sans encombre, il faut l'action combiné de huit enzymes. Si l'une des huit enzymes est manquante, la fabrication de l'hème devient problématique. 85% des enzymes entrant dans la composition de l'hème proviennent de la moelle épinière, les 15% restant sont fabriquées au niveau du foie. C'est grâce à cette dissociation que l'on peut différencier deux grandes familles de porphyries. » Et quelles sont-elles ?
- Porphyrie erythropoïétique et la porphyrie erythropoïétique congénitale, répéta par coeur Tallula qui connaissait très bien son sujet. J'étais atteinte de la deuxième. La pire, quoi.
Hyde déglutit puis poursuivit :
- « L'origine étymologique du mot 'porphyrie' vient du terme grec signifiant pourpre car les personnes atteintes de cette maladie ont les urines qui sont teintées de rouge foncé lors des crises. Le premier cas à avoir été recensée par le corps médical date de 1920. Toutefois, un pavé fut jeté dans la mare lorsqu'en 1985, le professeur David Dolphin présenta une théorie selon laquelle les malades atteints de porphyrie sont à l'origine des peurs et hystéries médiévales concernant les vampires. Le professeur arguait que les malades du Moyen Âge présentant tous les stigmates du vampire (pâleur, déformations physique, pilosité très développée, dents allongées, photosensibilité, etc...) n'avaient alors d'autre solution que de boire du sang humain pour tenter de calmer les douleurs et effets pervers du mal et attiraient immanquablement l'attention de par leur aspect. Cette théorie fut à l'époque très critiquée et huée. »
- Si vous voulez d'autres renseignements, suggéra Tallula en remarquant que Hyde avait du mal avec certains termes comme elle en avait eu, regardez dans le petit cahier jaune. J'ai pompé tout un pavé sur Wikipédia, avec des explications sur les différents termes techniques. J'ai tenté de faire au plus court mais...
Hyde comprit, en tournant les pages, que c'était raté. Peu lui importa, il lut tout de même.
- « La porphyrie érythropoïétique congénitale (PEC) ou maladie de Günther est une forme rare et complexe de porphyrie. C'est une maladie génétique de transmission autosomique récessive (terme utilisé pour qualifier certaines maladies génétiques associées à une mutation dans un gène donné. La maladie est à transmission autosomique récessive, si le gène affecté est porté par l'un des 22 autosomes (chromosomes n'intervenant pas dans la détermination du sexe) et que la mutation est récessive). Elle est due à un déficit en uroporphyrinogène III synthase (UROS), une enzyme (enzyme : substance organique qui active une réaction biochimique) jouant un rôle dans la synthèse de l'hème. (Uroporphyrinogène : provoquant l'apparition d'uroporphyrine, de pigment rouge dans les urines. Hème : petite molécule cyclique porphorynique donnant sa couleur rouge au sang. Élément constitutif de l'hémoglobine, contenant du fer.) » Au moins vous avez poussé vos recherches à l'extrême, remarqua Hyde qui aimait, lui aussi, chercher midi à quatorze heures.
- Je vous rappelle que j'étais directement concernée. J'étais toute seule ici, et même si je voyais régulièrement des médecins, je voulais en savoir le plus possible sur ma maladie.
- Je vois... « Description : La porphyrie érythropoïétique congénitale est une maladie sanguine très complexe et très rare, pour cause cette dernière est uniquement héréditaire. Le sang comporte des milliards de cellules chargées de transporter les gaz respiratoires, ce sont les hématies. (Hématie : globule rouge que l'on trouve dans le sang.) Ces cellules contiennent une molécule appelée hémoglobine (pigment qui donne sa couleur rouge au sang. Il est contenu dans les hématies). Cette molécule agit comme une sorte d'aimant et capte l'O2 (oxygène) ou le CO2 (dioxyde de carbone). Mais l'hémoglobine renferme elle-même un autre type de molécule : l'hème, ce sont les porphyrines (porphyrine : pigment de l'organisme entrant dans la composition de l'hémoglobine, de la myoglobine (pigment respiratoire des muscles) et de certaines enzymes) contenues dans l'hème qui sont à la base de la porphyrie érythropoïétique congénitale. En raison d'une enzyme déficiente, l'uroporphyrinogène III-synthase, les porphyrines sont détachées de l'hème et par conséquent, libérées dans le sang. Lorsque le corps des malades est exposé au soleil, la molécule de porphyrine reçoit l'énergie solaire et la convertit en une énergie toxique pour les cellules corporelles. Par conséquent, les parties les plus exposées au soleil, soit la peau, sont les plus vulnérables à ce genre d'attaque. » Oh, mon Dieu... C'est pour ça que je vous aie vu... brûler ?
- Oui. Comme un vampire.
Hyde sentit ses joues s'empourprer.
- Ne vous inquiétez pas, j'en ai entendu des pires.
- Je suis quand même désolé, je ne voulais pas... pas penser ça de vous...
- Pas de problème.
Le chanteur se racla la gorge avant de poursuivre :
- « Symptômes : Photodermatie. La photodermatie consiste en une hypersensibilité à la lumière. Si un malade reçoit une trop grande quantité de rayons lumineux, et s'il fait particulièrement très chaud, il pourrait avoir à faire face à de sérieux problèmes de peau comme des éruptions cutanées, des cloques, des brulures ou des ampoules. » C'est pour ça que vous n'avez pas pu vivre en Espagne ? Vous en seriez...
- J'en serais morte, oui. Je n'aurais pas tenu bien longtemps là-bas.
- « La peau, ayant beaucoup de difficulté à se régénérer, laisse des cicatrices le plus souvent permanentes. Il est donc conseillé aux patients de vivre dans la plus grande obscurité ou éviter les pays trop chaud où le Soleil serait une arme redoutable. » De vivre dans le noir ? Mais vous n'en aviez pas peur ?
- Oh si, mais je n'avais pas le choix. C'est pour vous montrer un peu de ce que j'avais vécu, et vous préparer à ma présence, que j'éteignais les lumières et que je fermais les volets. J'ai toujours vécu ainsi. Je ne pouvais vivre que la nuit. Pour aller à l'école je me couvrais avec des manteaux et des capuches, même quand il faisait chaud.
- « Si une partie très importante du corps a été exposée trop longtemps au soleil, ce dernier carboniserait les cellules du patients très rapidement, ce qui causerait le décès du patient par brulure au 3e degré. » Wow... « Troubles neuropsychiatriques : La porphyrie érythropoïétique congénitale apporte, dans quelques cas, des troubles neuropsychiatriques fréquents se présentant sous forme de violence, irritabilité, nervosité, impulsivité, lunatique, agressivité et la plupart du temps des insomnies. » Rassurez-moi, vous n'aviez pas tout ça quand même ? cria presque Hyde, les yeux ouverts en grand comme des soucoupes.
- Hm... J'étais surtout irritable, nerveuse, impulsive, et surtout insomniaque. J'avais aussi le reste mais pas à grande échelle.
- Okay... On continue. « Érichrodontie : Les dents poussent et se déforment, on appelle cette déformation, ou ce phénomène, l'érichrodontie. Il a été démontré par les médecins et spécialistes que la dentition des patients était en permanente déformation, certaines dents resteront telles qu'elles sont, mais d'autres auront tendances à se déformer ou à continuer de 'pousser' ; fréquemment ce sont les deux incisives extérieures et les canines du haut comme du bas qui posent le plus de problèmes. La plupart du temps ces dents sont remplacées ou régulièrement sciées. » Ah c'est de ça que vous aviez parlé avec Aigneas ?
- Oui. J'évitais de dépasser les deux mois sans les faire scier, mais parfois j'en avais tellement marre de cette rengaine que je les laissais pousser ; à mes risques et périls comme vous avez pu le constater.
- « Il a été également souligné la couleur rouge brunâtre, cette couleur est due à la porphyrine qui se 'promène' dans le corps après l'explosion des cellules. Elles viennent se coller sur certaines parties du corps tels que la racine des dents, les gencives, les ongles et les lèvres. L'urine est également rouge. [...] Douleurs abdominales : Les malades endurent, dans la majorité des cas, des douleurs abdominales insupportables dues principalement à la dilatation de leur rate. Ces crises peuvent être également causées par certains aliments comme l'alcool, fines herbes, ail ou par des médicaments, leur rythme est divers. » L'ail ?
- Encore comme les vampires... C'est pour ça que j'ai été malade quand j'en ai mangé...
- « Autres symptômes : Une croissance anormale de la pilosité, des ongles et des cheveux a été également remarquée. Traitements : Il n'existe pas de réel traitement contre la porphyrie érythropoïétique congénitale, toutefois il existe des moyens pour en réduire les symptômes ou éviter aux patients certains désagréments. » Ils n'ont toujours rien trouvé ?
- Un jour que j'étais chez Logan, sans qu'il le sache étant donné que j'étais déjà... enfin, vous voyez, j'ai entendu aux informations que des chercheurs avaient mis le doigt sur un possible traitement concernant les maladies du foie et de la peau. Mais rien n'est gagné, ils ont encore des années de recherche. Ceci dit, je suis bien contente pour les personnes malades qui le recevront.
- Dommage qu'ils ne l'aient pas trouvé avant. Peut-être seriez-vous restée ici ?
- Peut-être...
- « Éviter les facteurs déclencheurs : Les médecins conseillent aux patients d'éviter une trop forte exposition à la lumière du soleil, l'alcool, les moyens de contraception, les antidouleurs ainsi que certains aliments (oignons, échalote, ails, fines herbes...). Ce qui peut être conseillé est le béta-carotène, une protection solaire (crème écran total), une protection contre les traumatismes cutanés et le cholestyramine (médicament qui permet d'absorber la porphyrine). Administration de glucose ou de médicaments apparentés à l'hème : Selon les spécialistes des maladies sanguines, on pourrait administrer du glucose, ou des médicaments apparentés à la molécule d'hème, afin atténuer les symptômes de cette maladie. »
- J'y ai eu droit, mais... Ce qui suit a été plus efficace, bien que contraignant.
- « Phlébotomie : Dans le cas de la porphyrie érythropoïétique congénitale, on retire environ 1,5 voir 2 litres de sang par semaine/quinzaine à la personne atteinte de la maladie... » Sérieusement ?
- Oui. Mieux vaut ne pas avoir la phobie des aiguilles, ria brièvement Tallula, accompagnée de Hyde.
- « ..., et on compense le tout par une transfusion sanguine. Cette action réduit le taux de porphyrine dans le sang. La splénectomie : La splénectomie étant l'ablation de la rate, elle permettrait de réduire l'hémolyse et de diminuer les besoins en transfusions. » Vous n'avez pas été opérée ?
Tallula secoua négativement la tête.
- Pourquoi ?
- Lisez la suite.
- « Il en va de même pour la greffe de moelle osseuse, ces deux interventions ont été tentées chez un seul patient, mort suite à de graves complications. » Ah, oui... « Pour le moment aucun traitement concret ni guérison complète n'est envisagée, les recherches sont toujours en cours. »
- Les recherches dont je vous ai parlé. Maintenant, Takarai Hideto, je vais vous quitter - provisoirement -, et puis vous laisser réfléchir au sujet suivant : lequel de nous deux a réellement eu une vie de merde et a le plus tenu le coup ?
Tandis que la jeune fille s'éclipsait Hyde ne sut où, ce dernier s'adossa à son siège, réfléchissant, prenant sur lui et tentant de digérer ce qu'il venait de lire et d'entendre. Mais Tallula comme lui savaient que, malgré tout, l'artiste avait encore beaucoup à faire...
