Un grand merci à mes trois reviewers ! Le mystère s'épaissit encore dans ce chapitre...

Enjoy !

~ Les Elus et les Damnés~

- Vous savez qu'elle a été enlevée par le dieu des Enfers, qui se trouvait être son oncle ?

Sam tourna la tête vers son supérieur et fronça légèrement les sourcils. Ils marchaient d'un bon pas depuis de longues minutes. Elle savait qu'il essayait de lasser Kalas, ce qui aurait probablement fonctionné si le jeune homme n'avait pas été si athlétique : le fils de Païos marchait quelques mètres devant eux et ne paraissait pas souffrir du rythme imposé.

- Je vous demande pardon ?

Il laissa son regard errer sur le paysage qui les entourait. Beaucoup moins d'arbres, beaucoup plus de soleil et toujours ces cactus agressifs dont les branches repoussaient sitôt coupées.

- Perséphone, reprit-il. Elle a été enlevée par son oncle. Sa mère a voulu la récupérer mais apparemment, il ne faisait pas bon manger des pépins de grenade, à l'époque. Ça avait valeur d'engagement.

- Je ne vous savais pas féru de mythologie.

Elle ne put empêcher un sourire de ponctuer sa remarque. Oh, elle ne se faisait aucune illusion : elle savait très bien qui avait raconté cette histoire au général. Mais elle aimait quand il partageait ce genre de choses avec elle. Il la regarda et sourit légèrement.

Au moins, il était arrivé à se focaliser sur autre chose que sur le bracelet qu'il portait... La sensation était étrange ; pas désagréable, mais étrange. Presque addictive. Un peu comme lorsque l'on se met à écouter sa respiration et qu'on n'entend plus que ça.

Là, à l'intérieur de son poignet, à l'endroit exact de son point de pulsation battait une autre pulsation. Carter lui avait assuré que ça n'était pas la retranscription des battements cardiaques. Il n'empêche que lui, ça lui faisait sacrément penser au cœur de Carter qui battait contre sa peau. Et c'était un problème, parce qu'il n'arrivait à se concentrer sur rien d'autre.

Gaïa leur avait dit que ça ne durerait que quelques heures, trois ou quatre tout au plus ; ensuite, ils ne devraient plus remarquer le signal, à moins de se concentrer dessus. Mais à l'heure actuelle, qu'il le veuille ou non, le bracelet lui imposait cette délicieuse pulsation qui emplissait son esprit de pensées concernant Carter.

- Comment ça s'est terminé ? demanda-t-elle après un moment.

Il parut réfléchir un moment.

- Sa mère a porté l'affaire devant Zeus – qui se trouvait être le père de Perséphone. Mais apparemment, Zeus était un tantinet lâche sur les bords.

Un large sourire éclaira les traits du colonel. Elle ne l'avouerait jamais à Daniel, mais elle préférait largement les mythes version Jack O'Neill.

- Il a donc décidé que Perséphone passerait six mois par an avec son oncle et six mois avec sa mère.

Elle acquiesça en se mordillant la lèvre.

- Est-ce qu'elle l'aimait ?

Les sourcils de Jack se haussèrent ; il tourna la tête vers elle, un air interrogateur peint sur le visage.

- Est-ce que Perséphone était amoureuse de son oncle ? répéta-t-elle légèrement plus timidement.

Elle savait que la pulsation qu'elle sentait n'était qu'un signal neutre, mais elle aurait pu jurer que son intensité avait redoublé depuis qu'elle avait posé cette question. Le général parut mal-à-l'aise. Elle allait s'excuser lorsqu'il prit la parole.

- Eh bien... elle a quand même mangé sept pépins de grenades, dit-il avec un léger sourire.

Il laissa sa phrase en suspend, comme si la motivation du geste de Perséphone était évidente et connue de tous. Sam sourit et secoua la tête ; elle savait qu'en vérité, il n'avait pas la moindre idée de ce qu'impliquait la consommation de ces sept graines, mais ça avait au moins l'avantage d'avoir fait disparaître le léger malaise qui était apparu.

Devant eux, Kalas venait de s'arrêter. Jack passa à côté de lui et posa une main sur son épaule, un air ô combien moqueur, presque supérieur, peint sur le visage.

- Si c'est trop pour vous, je comprendrai. Vous n'avez qu'à... rentrer à la Cité... à votre rythme, dit-il en faisant un geste vague en direction de Perséphopolis.

- Mon général, l'interrompit Sam. Je crois que nous sommes arrivés.

Jack soupira. Evidemment... ça aurait été trop simple de pouvoir se débarrasser de lui aussi facilement !

- Vous savez où chercher précisément, colonel ?

Les alentours étaient semblables au paysage dans lequel ils évoluaient depuis la sortie du village, à ceci près qu'une falaise, qui n'était pas sans lui rappeler celle qu'ils avaient descendue le jour de leur rencontre avec Païos, se dressait une centaine de mètres plus loin.

- Je dois encore faire quelques relevés, mon général.

Elle commença à s'éloigner lentement, le nez collé sur l'un de ses appareils. Et Jack sentait contre son poignet l'intensité de la pulsation qui diminuait à chaque mètre qu'elle parcourait. C'était à peine perceptible, et pourtant il était capable de dire avec certitude où elle se trouvait les yeux fermés. Kalas entreprit de la rejoindre, mais Jack posa de nouveau une main sur son épaule.

- Elle pourra se débrouiller seule, dit-il d'un ton sec.

Le jeune homme soutint son regard quelques secondes, puis il se dégagea et s'assit sur une souche, toujours sans un mot.

La première fois que Jack avait rencontré Kalas, il avait pensé que le jeune homme était muet. S'il ne l'avait pas entendu murmurer quelques mots à son père un peu plus tôt dans la journée, il le croirait probablement toujours. Il se demanda à quoi était dû ce mutisme. A vrai dire, il avait bien sa petite idée sur le sujet : Kalas, tout comme Andres, était totalement soumis à son père. Un trait de caractère que ne semblait pas partager leur sœur. Gaïa était vive d'esprit, bavarde – il avait pu le juger par lui-même - , et franche. Il devait reconnaître que c'était la seule personne qu'il avait rencontré en qui il avait une relative confiance. Sans doute parce que c'était la seule qui ne semblait rien cacher.

Jack étudia discrètement le profil de Kalas ; il n'avait jamais remarqué qu'il était aussi jeune : il lui donnait vingt ans, pas plus. Son nez droit lui rappela celui de Gaïa ; il avait en outre les mêmes cheveux noirs et les mêmes yeux foncés que sa sœur.

Ses yeux... Jack tourna vivement la tête et haussa les sourcils lorsqu'il comprit ce sur quoi les yeux de leur guide étaient fixés.

- Vous aimez ce que vous voyez ? demanda-t-il d'un ton sévère qui aurait fait rougir n'importe quel individu surpris dans cette position.

Le général constata amèrement que les habitants de Perséphopolis n'avaient manifestement pas les mêmes réactions que les Terriens. En effet, Kalas tourna vers lui un visage serein.

- La scientifique Samantha Carter est une très belle femme, répondit-il simplement.

Jack en resta bouche bée. Sans blague ? Ce type ne leur avait pas parlé une fois en trente-six heures, et c'était la première chose qu'il trouvait à dire ? Et ne pouvaient-ils pas arrêter de tous l'appeler la scientifique Samantha Carter? Elle était colonel de l'Air Force, pour l'amour du ciel ! Si elle n'avait été que scientifique, les choses auraient été bien plus simples ! Et cette pulsation qui résonnait désormais douloureusement en lui...

Il n'avait pas besoin de tourner la tête ; il savait qu'elle revenait vers eux.

- Le signal a atteint son amplitude maximale, mon général, dit bientôt la voix toute proche du colonel.

- En d'autres termes, répondit-il encore passablement agacé.

- J'ai repéré la source d'énergie, monsieur.

Il hocha la tête.

- Vous savez, dit-il sans transition en désignant le bracelet, j'ai vraiment hâte que ce truc passe en mode silencieux.

Elle acquiesça et esquissa un sourire, alors que les yeux de Kalas restaient fixés sur elle.

~O~O~O~

- Donc, résuma lentement Daniel, votre rôle consiste à rester dans ce temple et à attendre une manifestation de la déesse ?

La prêtresse qui se trouvait face à lui était une jeune femme de dix-huit ans à peine. Ses longs cheveux bruns retombaient en cascade sur ses épaules, créant un contraste du plus bel effet avec la pureté de sa toge. Un léger froncement de sourcils apparut sur son visage.

- Oh, non ! dit-elle précipitamment. Je n'ai pas cet honneur !

Ce fut au tour de Daniel de froncer les sourcils. Debout à côté de lui, Teal'c observait le temple dans lequel ils se trouvaient désormais. Le grand temple d'Héliopolis n'avait rien à avoir avec le modeste temple de campagne dans lequel ils avaient trouvé la fresque : il était bien plus richement décoré ; bien plus grand, aussi.

- Je ne comprends pas, reprit l'archéologue avec un sourire d'excuses. Vous venez pourtant de dire que vous veilliez la déesse.

La jeune fille hocha rapidement la tête.

- Hum, hum, chantonna-t-elle. J'ai été élue à ma naissance pour veiller la déesse : j'apporte les offrandes quotidiennes, j'aide à préparer les fêtes de Perséphone auxquelles participent les citoyens. J'entretiens le feu, je nettoie le temple...

Elle eut un haussement d'épaules candide que Daniel jugea tout à fait charmant.

- Je veille à ce que la maison de la déesse lui soit toujours accueillante.

Daniel avait appris auprès de Portegas que les prêtresses jouaient un rôle central dans la Cité : en plus de l'entretien du temple, elles étaient chargées de l'éducation religieuse des enfants. D'après ce que l'aubergiste avait dit, c'est elles qui leur apprenaient à se méfier des Goa'Uld. En fait, d'autant que Daniel avait pu en juger, se méfier était un euphémisme : les prêtresses apprenaient aux jeunes enfants à fuir les Goa'Uld comme la peste. Toutes les personnes qu'il avait croisées depuis le début de son séjour dans la Cité lui avaient dit qu'elles préféraient sauter dans le puits sans fond plutôt que d'avoir à affronter les Goa'Uld.

Teal'c et lui avaient surveillé le temple pendant quelques heures dans l'espoir de trouver une prêtresse qui pourrait les éclairer sur le rôle des gardiennes du secret. Les allées et venues des prêtresses étaient relativement nombreuses. Ils avaient jeté leur dévolu sur celle qui leur avait paru la plus jeune et donc, a priori, la plus à même de leur donner des informations.

- Cette déesse ne se manifeste-t-elle jamais physiquement ?

Les yeux d'Adola s'arrondirent légèrement lorsque le Jaffa lui adressa la parole. Daniel la vit prendre une courte inspiration : elle avait peur, il en était certain.

- Je... ce n'est pas mon rôle de rencontrer la déesse, répondit-elle timidement.

Daniel se pencha en avant.

- Mais il lui arrive de venir ? Comment ? Elle passe par le cercle mystique ?

Adola déglutit difficilement. Les questions des étrangers ne l'amusaient plus ; elle se sentait oppressée et incroyablement mal à l'aise. Elle se concentra et son bracelet lui confirma ce qu'elle craignait : elle était seule dans le temple à cette heure de la journée.

Mais soudain, la peur laissa la place à une question. Une question qu'elle ne s'était jamais posée et que l'homme brun assis en face d'elle venait de soulever : comment les grandes prêtresses faisaient-elles pour rencontrer la déesse ? Elle se châtia mentalement : de telles idées ne devaient pas venir obscurcir son jugement. Elle devait avoir confiance dans les grandes prêtresses. Elle inspira profondément.

- Je l'ignore, répondit-elle d'une voix posée.

- Mais les gardiennes du secret le savent, n'est-ce pas ? reprit calmement Daniel.

- Qui ?

L'expression de parfaite innocence qui apparut sur son visage n'aurait pu être feinte : Daniel le savait et Teal'c en était persuadé. La jeune femme ignorait de qui ils parlaient.

- Adola ! appela une voix forte quelques mètres plus loin.

La jeune prêtresse se retourna et sourit timidement à la grande prêtresse Anataxie.

- Tes tâches ne peuvent rester plus longtemps en suspend. Tu ne peux pas faire attendre la déesse.

Il n'y avait aucune agressivité dans le ton employé. C'était un ton calme mais ferme. C'était le ton d'une personne qui avait une confiance absolue dans le pouvoir qu'elle détenait.

La jeune femme s'effaça après avoir salué Daniel et Teal'c. La vieille femme la suivit du regard, puis elle s'approcha des deux étrangers.

- Docteur Daniel Jackson, Jaffa Teal'c, salua-t-elle poliment. Je crains que la jeune Adola ne soit pas la personne la plus à même de vous renseigner sur notre religion.

Daniel sourit.

- Elle a tout de même été en mesure de nous apprendre certaines choses. Je n'ai simplement pas bien saisi la différence entre les prêtresses et les gardiennes du secret.

Le bluff n'avait jamais été sa spécialité, mais il devait tenter quelque chose. Une lueur d'inquiètude, très furtive, passa dans le regard d'Anataxie.

- Les jeunes âmes sont parfois confuses, docteur Jackson. Je ne pense pas que vous puissiez véritablement vous appuyer sur ce que notre jeune sœur vous a confié.

- Eh bien j'avais justement pensé que vous pourriez nous éclairer sur ce point.

Le ton employé par l'archéologue était courtoi, mais ses yeux étaient le reflet de sa détermination.

- C'est impossible, répondit Anataxie.

- Et pourquoi ça ? reprit l'archéologue.

La vieille femme accrocha le regard de l'archéologue.

- Docteur Jackson. Il faut bien que vous compreniez que tout ce qu'Adola sait, c'est moi qui le lui ai appris. Or, je n'ai jamais rien su concernant ces... gardiennes du secret. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, j'ai des tâches à accomplir.

Elle leur tourna le dos et s'éloigna, très digne, en direction d'une statue de la déesse.

- Elle sait quelque chose, murmura Daniel.

- En effet, répondit Teal'c. Cette femme semble mentir comme une arracheuse de quenottes.

- De dents, Teal'c, corrigea Daniel d'un ton pensif. On dit : « une arracheuse de dents ».

Le Jaffa acquiesça placidement. Décidément, les expressions terriennes conserveraient toujours une part de mystère pour lui.

~O~O~O~

- Vous ne pouvez pas y aller.

Ce type commençait sérieusement à lui porter sur les nerfs. Surtout depuis qu'il s'était décidé à parler.

- Je ne comprends pas, dit Sam en regardant Kalas. Mes appareils sont pourtant formels : la source d'énergie se trouve dans cette grotte !

Ils avaient rejoint le pied de la falaise et Sam les avait conduits tout droit à l'entrée d'une grotte à peine assez large pour laisser passer deux personnes côte à côte.

- Vous ne pouvez pas entrer là, répéta Kalas.

- Soit vous nous dites pourquoi on ne peut pas rentrer dans cette grotte, soit on va le découvrir par nous même ! répondit Jack avec humeur.

Joignant le geste à la parole, il se saisit de sa torche et esquissa un pas vers la brèche, Sam sur ses talons.

- Non ! s'écria Kalas.

Les deux militaires s'arrêtèrent dans leur élan. Le jeune homme soupira, résigné.

- C'est dangereux, reprit-il.

O'Neill jeta un bref coup d'oeil à Carter. Elle fit un léger mouvement de tête.

- Kalas, dit-elle calmement. Quel danger y a-t-il dans cette grotte ?

Le jeune homme parut ennuyé mais il resta silencieux.

- Bon, ça suffit ! s'exclama Jack en se dirigeant de nouveau vers la brèche.

Il mit un pied dans la grotte lorsqu'un gémissement l'arrêta.

- Mon père va me bannir de la Cité ! glapit Kalas.

Est-ce qu'il était en train de pleurer ? Sam leva les yeux au ciel et Jack soupira, revenant sur ses pas. Connaissant Païos, il le pensait tout à fait capable de bannir son fils à vie, et il n'avait aucune envie d'être responsable de ça. Il lança un nouveau coup d'œil à Carter ; elle répondit encore une fois par un léger signe de tête. Il la remercia mentalement d'être autant sur la même longueur d'ondes que lui.

- Dans ce cas, on retourne à la Cité, dit-elle.

Kalas leva vers eux un regard humide et les remercia. Puis il attendit qu'ils le dépassent et il ferma la marche, redevenant aussi silencieux qu'à l'aller. Jack eut la désagréable sensation de savoir ce sur quoi étaient posés les yeux du jeune homme.

- Comme c'est commode, murmura-t-il à son second. Le seul endroit auquel on n'a pas accès est l'endroit même où se trouve la source d'énergie...

- J'y ai pensé aussi, mon général, répondit Sam en chuchotant. Mais je pense que Kalas était sincère.

- Oh, mais je n'ai aucun doute sur la sincérité de Kalas, colonel ; en revanche, j'ai de sérieuses réserves quant à son cher père.

Sam acquiesça discrètement. Ainsi, le général avait eu raison de se méfier : les habitants de cette planète leur cachaient bel et bien quelque chose.

Ils arrivèrent à l'entrée de la Cité alors que l'un des soleils commençait à décliner à l'horizon. La silhouette de Païos se dessina bientôt à quelques mètres d'eux. Il posa un regard sévère sur son fils ; les yeux fuyant, Kalas fit un léger mouvement de la tête et disparut dans une des ruelles de la Cité. Jack le suivit du regard alors que Sam saluait le sage.

- Mes amis, leur dit ce dernier en ouvrant les bras. Avez-vous trouvé l'objet de votre quête ?

- Malheureusement non, répondit Sam. Apparemment, la source d'énergie que nous avons repérée se trouve dans une grotte qui n'est pas accessible.

Païos affecta un air désolé qui laissa les deux soldats plus que sceptiques.

- Le destin vous a joué un bien mauvais tour s'il a placé ce que vous cherchiez dans la grotte des damnés.

Jack plissa les yeux.

- La grotte des damnés, rien que ça ?

Païos le fixa, et soudain les deux hommes surent de façon certaine que la confiance ne pourrait jamais s'installer entre eux.

- Général O'Neill, vous semblez enclin à traiter toutes les informations que nous vous donnons avec une méfiance qui devient insultante. L'accès à cette grotte est interdit depuis des années.

- Pourquoi ? questionna Sam dans l'espoir de tempérer la colère apparente du vieil homme.

- Parce que, Samantha Carter, la légende raconte que quiconque pénètre dans cette grotte n'en ressort jamais.

~O~O~O~

La nuit était complètement tombée et toute l'équipe était réunie dans la grande salle de l'auberge, partageant un repas pendant que Sam expliquait à ses deux co-équipiers le fonctionnement et l'intérêt des bracelets de naquadah. L'intensité des pulsations avait largement diminué et s'ils n'y faisaient plus attention, ils ne sentaient même plus les coups réguliers battre contre leur poignet. Teal'c et Daniel firent part de leur volonté d'essayer eux aussi les bracelets ; Sam répondit que Gaïa serait sans doute disposée à leur en offrir le lendemain. Puis le silence retomba quelques instants, laissant chaque membre de SG-1 plongé dans ses pensées.

- Si je vous dis gardiennes du secret, que me répondez-vous ?

Portegas leva la tête lorsque la voix de Daniel s'éleva. Il comprit que l'archéologue s'adressait bel et bien à lui et il sembla réfléchir un moment. Puis il adopta une moue dubitative.

- Je vous réponds que je ne sais pas de quoi vous voulez parler ! répondit-il en commençant à rire. Ceci dit, je n'étais pas très attentif avec mon précepteur. C'est pour ça que je ne suis qu'un humble aubergiste, du reste...

- Et est-ce que grotte des damnés vous parle davantage ? demanda Jack à la surprise générale.

Portegas arrêta de rire mais conserva un air joyeux.

- Ah, ça je sais y répondre ! C'est une légende... assez récente, d'ailleurs. Je ne me souviens pas que les prêtresses me l'aient apprises. Non... elle est né bien après mon apprentissage. Je devais déjà avoir 25 ans.

- Et que raconte cette légende ? interrogea Daniel.

A nouveau, l'aubergiste prit quelques secondes pour réfléchir.

- D'après ce que j'ai entendu dire, c'est un endroit terrible d'où on ne revient pas.

Il haussa les épaules.

- Qui aurait envie de pénétrer dans une grotte sombre, humide et certainement remplie de vers gluants, de toutes façons ? reprit-il avec une moue de dégoût.

Les quatre membres de SG1 acquiescèrent et regardèrent l'aubergiste sortir de la pièce. Puis Sam se tourna vers Daniel et Teal'c.

- Les gardiennes du secret ? murmura-t-elle, intriguée.

Teal'c relata la découverte que Daniel avait faite au temple, puis l'archéologue raconta leur conversation avec les prêtresses.

- Vous pensez que cette Anastasia vous ment ? demanda Jack.

- Anataxie, corrigea Daniel. Oui, je pense qu'elle nous cache quelque chose.

- Ça a l'air d'être monnaie courante dans le coin... murmura le général en buvant une gorgée de la boisson épicée qui leur avait été servie.

Portegas revint dans la salle et commença à débarrasser la table, interrompant sans le savoir la conversation de ses hôtes.

- Bien, finit par dire Jack en voyant que l'aubergiste n'était pas près de quitter la salle du repas. Je pense qu'il est temps d'aller dormir.

D'un signe de tête qui échappa totalement au petit homme désormais occupé à balayer le sol, il fit signe à son équipe de le rejoindre à l'étage. Il avait un plan et comptait bien le mettre à exécution.