Chapitre 10


C'est avec une douleur lancinante qu'Ichigo se réveille. Quel sentiment étrange que celui d'être froidement assommé. C'est comme s'endormir sans pouvoir contrôler son propre corps. C'est effrayant, car le sentiment d'impuissance lui rappelle qu'il est juste un humain. Que la mort peut venir le prendre, tout aussi facilement que n'importe qui.

Alors qu'il est étendu sur un sol dur et froid, Ichigo remarque qu'il ne porte rien, si ce n'est une serviette enroulée autour de sa taille et un haori jeté sur sa poitrine. 'Merde', jure Ichigo en silence. Il le savait. Il avait le sentiment que tôt ou tard, il se ferait agressé sexuellement. Il ne présente aucun signe qu'il ait été violé ou quoi que ce soit d'approchant, mais Ichigo est sûr que quelqu'un a touché ses parties intimes. Quelle autre explication donner à un garçon à moitié nu inconscient? Putain d'Aizen et son stupide 'haori'. Si seulement il lui avait donné une chemise, il ne serait pas à moitié nu dans une caverne sombre et lugubre.

Deux yeux de couleur or se mettent à cligner, parcourant la peau de pêche rougissante que dévoile le tissu. Dans ces yeux-là, couvent la faim et l'envie. Son immobilité ne trahit en rien sa présence. L'ombre sourit quand le garçon commence à se déplacer, mais le sourire est vite remplacé par un air préoccupé devant l'air hébété du garçon.

« Eh, soleil, on est décidé à se réveiller? » dit une voix dans l'obscurité. Cette voix de baryton basse et plutôt brute lui envoie des frissons dans tout le corps.

Confus, Ichigo écarquille les yeux. Il a entendu parler cette voix quelque part, mais ne peut pas mettre un visage dessus. Il regarde dans la direction de la voix, mais sa vision floue ne peut rien lui révéler, à part l'obscurité. Puis, il entend des tintements de cloche.

« C'est toi Kenpachi? » demande avec hésitation Ichigo.

L'homme dans l'ombre a un petit rire de gorge. « Tu les as entendu, les cloches, hein? » Ichigo sourit en réponse. Enfin, quelqu'un qui est de son côté.

« Bien sûr. N'avons-nous pas établi que j'suis le seul qui peut m'occuper d'toi? » Ichigo se retourne, riant de soulagement. Mais il se met à suffoquer de douleur, la main sur son cou. Kenpachi se penche en avant et lui tapote la joue. « Comment tu vas? J'ai frappé trop fort? »

« Eh bien, il n'y a pas de sang, mais je sens que ma tête va exploser » se plaint Ichigo. Kenpachi fronce les sourcils et se rapproche du garçon. « Viens ici. » Ichigo siffle au moment où l'homme lui touche le cou, grimaçant quand les doigts calleux frôlent la peau sensible.

« A-attend, tu fais quoi », demande-t-il frénétiquement alors que Kenpachi commence à le soulever et à le mettre sur ses genoux. L'homme se contente de grogner et rapproche le garçon le long de son corps, en inclinant doucement la tête du garçon sur son épaule.

« Détend-toi » souffle-t-il à l'oreille d'Ichigo, attisant le feu au creux de ses reins. Ichigo rougit et le repousse, tentant de se mettre dans une position où il n'est pas à cheval sur l'homme. « Détend-toi », grogne à nouveau Kenpachi, en serrant la taille du garçon d'une poigne qui n'est pas si douce que ça. Ichigo espère juste que la dureté entre ses jambes ne dérangera pas l'homme.

Après quelques instants de lutte, Ichigo finit par reposer sa tête contre l'épaule de Kenpachi, se tortillant dans une position douloureuse juste pour éviter que son aine ne touche les genoux de l'autre. Il essaie de ne pas pleurnicher lamentablement tandis qu'un pouce ferme commence à masser son cou, mais le souffle chaud de Kenpachi, associé à ses douces caresses, font qu'Ichigo en a très envie. Après quelques douloureuses compressions, la douleur dans son cou commence à disparaître et une chaleur plaisante à inonder son corps.

Ichigo se détend instantanément sous le massage, gémissant de plaisir, serrant le bras de Kenpachi tandis que les doigts travaillent avec magie. « Quel bébé. J'ai pensé que tu t'étais fracassé le crâne ou un truc comme ça. Bah, c'est juste une commotion cérébrale », murmure l'homme. En entendant cela, Ichigo lève les yeux. Seul Kenpachi peut faire la lumière sur un traumatisme à la tête.

Ils restent ainsi pendant un certain temps. Leur poitrine se dilate et se contracte à l'unisson. C'est le paradis pour chacun d'eux, et c'est peu dire considérant à quel point c'est l'enfer au Hueco Mundo.

« Attend, tu m'as bien kidnappé? » demande Ichigo qui réalise enfin. Il rompt la connexion de leur deux corps. Kenpachi soupire. Pourquoi les gens doivent-ils toujours utiliser des mots aussi forts que 'kidnapping ' ou 'enlèvement' quand tout ce qu'il fait, c'est de les jeter sur ses épaules. Certes, Ichigo est curieux, mais le mot 'kidnapper' n'est-ce pas un peu exagéré?

« Appelle ça comme tu veux, princesse, mais au final, j'ai sauvé ton cul. » Il a un rictus sauvage, montrant ses canines pointues.

Devant une telle logique, Ichigo se met à rire, plus heureux que l'homme l'ait emmené de Las Noches, qu'en colère pour l'avoir plongé dans l'inconscience. « Sosuke va être tellement en colère » lâche-t-il en riant. « Il déteste quand les choses ne se déroulent pas selon son petit plan. » Ichigo se souvient de l'incident hollow avec Tosen. Le regard sur le visage d'Aizen valait son pesant d'or.

Kenpachi plisse les yeux. Il n'aime pas la façon dont Ichigo cause si familièrement du traître. « Peu importe », il fronce les sourcils et repousse le garçon de ses genoux, « nous partons dans quelques minutes. Urahara ne peut pas garder le portail spirituel ouvert et j'ai déjà perdu une heure à t'trouver. » Kenpachi se lève, s'arrête et se penche pour ajuster son haori sur le corps du garçon.

« Pourquoi tu t'es adressé à Urahara? » dit Ichigo en se moquant à moitié quand il fait allusion au commerçant pervers. « Ce n'est pas le savant fou qui est en charge des portails? Vous savez que cette enflure surévalue tout bien au-dessus de ce ça vaut en réalité? »

Kenpachi répond avec désinvolture : « Le vieux con nous a pas laissé envoyer une équipe de recherche. » Et instantanément, il regrette.

Cette déclaration efface le regard rebelle du visage d'Ichigo, ce même regard que Kenpachi aime tant. « Je vois », dit-il simplement. Ichigo se sent un peu blessé que le Seireitei n'ait même pas pris la peine de lui venir en aide. Après ses nombreuses contributions, il pensait qu'au moins Renji ou Rukia essaieraient de venir à sa recherche. Maintenant, le seul qui était prêt à le sauver est la personne même qui a essayé de le tuer il y quelques mois. Tout ça est plutôt déprimant.

Kenpachi voit bien à quel point la tristesse se lit dans les yeux bruns miel, quand le garçon détourne le regard ailleurs, sans fixer quoi que ce soit de particulier. Il va être damné s'il fait pleurer Ichigo. Kenpachi grogne, tournant le visage du garçon vers le sien, le sortant de ses pensées. Ichigo rougit d'être si proche et détourne les yeux.

« Ce n'est pas grave », déclare-t-il rapidement. « Après tout, je suis juste un shinigami remplaçant. » Ichigo regrette aussitôt la faiblesse de sa voix.

Kenpachi fronce les sourcils. « Vas pas broyer du noir », dit-il sur un ton bourru, tapant du doigt sur la tempe du jeune homme. « Tu m'as moi, boule à zéro et la princesse pour prendre soin de toi. On n'a pas besoin d'eux. »

Pendant un moment, Ichigo ne sait pas comment répondre à ce geste. Au lieu de ça, il revient à son habituelle grimace. « Ne pas me morfondre, » murmure Ichigo, cachant un sourire en se frottant les yeux. Kenpachi râle lorsque les petits coups de poing du gamin commencent à taper contre sa tête.

« Dégage l'chiot. » Il épingle le garçon contre l'intérieur lisse de la grotte, suscitant un rire d'Ichigo.

« Nooon, ma serviettte ! » Il la saisit en vain, essayant de se cramponner désespérément au bout de tissu. Kenpachi sourit tandis qu'il tire sur un coin du tissu, taquinant le garçon prude pour qu'il montre un plus de peau. « Pervers ». Ichigo balance un coup dans la mâchoire carrée de son sauveur.

Malgré la douleur, Kenpachi ne peut pas s'empêcher de se joindre au garçon pour rire, leurs voix chaudes se répercutant dans la grotte froide. Il ne savait pas que le bonheur d'un autre pouvait être contagieux.

Il regarde la peau lisse du cou d'Ichigo, la façon dont sa joue rougit et brille alors qu'il cesse de rire. Ses yeux brillent d'une joie véritable, et ses lèvres souples s'étendent dans un sourire tellement merveilleux. Oui, Ichigo doit toujours être comme ça, riant, souriant comme s'il n'avait pas à prendre soin du monde. S'il ne réussit pas à garder son Ichigo heureux, il va sûrement le tuer quelqu'un.


Ce sont toujours les même bonnes vieilles réunions de l'Espada à Las Noches. Grimmjow est renfrogné, Stark dort, et Aizen est en train de siroter son thé. Toujours la même routine. Entendre de bons vieux discours d'Aizen, son plan pour la prochaine attaque, et puis entendre Ulquiorra réciter son rapport terriblement ennuyeux. Cette fois, la réunion va prendre une atmosphère plus vivante.

« Ichigo Kurosaki a été enlevé. Izuru Kira et Hisagi Shuhei boivent tout notre alcool. Nous avons besoin de nous approvisionner en détergent. »

Tout le monde dans la salle cligne des yeux. Ulquiorra a réellement dit quelque chose d'intéressant.

« Pouvez-vous répéter cela, Ulquiorra? »

« Les vice-capitaines shinigami sont en train d'écouler nos réserves d'alcool. La réserve de déter…»

« Non, non. Au sujet d'Ichigo Kurosaki. »

« Ah, oui. Il a été capturé par un capitaine shinigami. »

Barragan se met à bailler.

« Merde, merde, merde, MERDE. » Grimmjow écrase la tasse qu'il avait dans la main et la jette violemment contre le mur. Il vient de retrouver le garçon et maintenant un putain de bâtard l'a éloigné à nouveau de lui.

« Je vais le ramener » dit Grimmjow. Il pousse sa chaise d'un coup de pied et commence à se diriger vers la grande porte de marbre. Ulquiorra fronce les sourcils, mais ne fait aucun mouvement pour l'arrêter. « Ensuite, le rapport sur l'aile Ouest. »

« Laisse tomber, Ulquiorra. » Tosen vient de prendre la parole. « Est-ce vrai? Est-ce que Las Noches a vraiment été infiltrée par un capitaine? »

« Oui. »

« A quoi y ressemble? » demande Nnoitra d'une voix traînante.

« Grand. Un haori râpé. Des cheveux hérissés. Malpoli. »

« C'est Kenpachi-taicho. » Tosen bronche en posant sa main sur son abdomen là où se trouve la cicatrice qu'il a récolté lors de leur dernier combat. Les trois shinigami se regardent, avec un air sombre et grave. Zaraki Kenpachi est un homme dangereux, un homme très dangereux. Aucun capitaine sain d'esprit ne fera face seul de son propre gré à la bête. Aizen s'amuse de la détermination de Grimmjow. Ce pauvre garçon va être tué.

« Maaa, nous sommes tous morts. » Ichimaru rompt le silence en faisant tournoyer sa chaise et en jetant sa main en l'air. Il tourne son attention vers l'espada aux cheveux bleus. « Naa, Grimmjow. T'ferais mieux d'réfléchir à deux fois avant d'affronter le capitaine de la 11ème Kenpachi. »

Grimmjow arrête sa longue foulée régulière, serrant sa main en un poing.

« T'vas probablement mourir » dit simplement Gin. Ces mots lui glace le sang.

Grimmjow sait qu'il est fort, mais il est également conscient qu'il n'est pas le plus fort. Il est seulement le sexta, encore plus faible que ses cinq prédécesseurs. Mais ce qu'il manque en puissance, il le compensera en détermination brute. Il ramènera Ichigo, et le marmot lui en sera reconnaissant.

Mais est-ce que l'homme est si fort que ça? Il peut tout au plus être plus forte que Nnoitra, et avec un peu de chance, Grimmjow pourrait facilement vaincre l'espada numéro trois. Néanmoins, ces petits détails n'ont pas d'importance. Shinigami fort ou faible, il va tous les tuer. Il va sauver Ichigo et l'attacher dans sa chambre.

« Tu as entendu Grimmjow? Tu vas être tué », dit Tosen à l'homme resté silencieux. Grimmjow veut grogner contre le capitaine crispé, mais à la place, il tourne lentement vers lui son visage tordu dans un sourire fou.

« Je vais prendre le risque. » dit-il. Nnoitra ricane et roule des yeux face au cliché.

« Je viens avec toi. » Stark se lève de son siège, récupérant les documents autour de lui. Quand il remarque les regards choqués de tout le monde autour de la table, il dit simplement : « Je suis inquiet pour Ichigo. » Aizen lève l'un de ses sourcils. Intéressant, son Primera Espada veut faire un travail de son propre chef.

Grimmjow lui lance un regard. Un grondement sourd sort de sa poitrine. « Reste en dehors de ça » grogne-t-il. Stark plisse les yeux, s'efforçant de supprimer un grognement de la sienne. Grimmjow ose aller contre lui? S'il lui donnait un avant-goût de son pouvoir, peut-être le petit chat ne serait pas aussi insolent. Il secoue rapidement ces pensées de sa tête. Menaces, vraiment? Comme c'est inhabituel de sa part.

« En fait, » intervient Nnoitra. « Moi aussi avec Tesla, on va chercher la 'fraise'? » Il fait un rictus obscène. « On est une bonne équipe, bien meilleure de toute façon qu'ces deux-là, on va les trouver en moins d'une heure. » Nnoitra sourit. Après avoir tué l'homme aux cheveux hérissés, il prendra Ichigo dans sa chambre et lui faire des choses indicibles.

« Oh! C'est une bonne idée! Eh, j'pourrais me joindre à vous! » Gin sourit. « Ça ira beaucoup plus vite si on s'y met tous ensemble pour chercher? » Le sourire de Nnoitra a disparu. Si le shinigami se ramène, eh bien plus question de passer du bon temps avec sa 'fraise'. Putain d'Ichimaru, toujours à gâcher tout le plaisir. Se doutant facilement du genre de pensées de l'arrancar, Gin sourit et fait un signe à son futur partenaire. 'Va te faire foutre Ichimaru, toujours à me faire chier'.

« Je ne comprends pas pourquoi on s'embête pour cet humain » dit Barragan d'un air boudeur, pas vraiment content qu'un simple gamin retienne l'attention des hauts gradés de l'Espada. Halibel hoche la tête en signe d'assentiment et en ignorant le grognement émis par Grimmjow. Le bâtard misogyne a toujours eu maille à partir avec elle, Halibel étant la seule femme du groupe. Mais quelque chose lui dit que son agressivité actuelle n'est pas due à ses idées sexistes. Grimmjow semble vouloir le garçon comme un chat voudrait de l'herbe à chat. « Calme-toi Grimmjow. Barragan a raison. Pas besoin de faire un grand tapage pour un être humain. »

« Je ne sais pas, c'est un spécimen très intéressant » renchérit Szayel Apporo en faisant tournoyer ses cheveux rose entre ses longs doigts effilés. « L'hollowfication chez un être humain qui plus est chez un shinigami est inouïe. Le niveau anormal de reiatsu qu'il possède, pourrait être exploité et stocké dans une arme à énergie spirituelle. Oh toutes les choses que je pourrais tester sur lui! » Il frissonne de plaisir et se frotte la chair de poule apparue sur ses bras. « Aizen-sama, si je le trouve en premier, puis-je le garder pour mes expériences? »

« Si tu ne l'abîmes pas trop... » dit Aizen nonchalamment. Il déteste quand d'autres personnes touchent à ce qui lui appartient, mais pour l'amour de la science, il permettrait à Szayel Apporo de faire des tests avec le garçon. Et puis, ça servirait de punition au jeune homme pour s'être laissé enlever.

« Alors je l'veux pour mon 'expérience' aussi. » Nnoitra affiche un sourire lubrique.

« S'il te plaît, » Szayel roule des yeux. « Nous savons tous comment se terminent tes expériences. » Nnoitra se met à rire et attrape son entrejambe, ce qui donne une image claire de ce qu'il a l'intention de faire avec le garçon. Barragan éclate d'un rire tonitruant, clairement amusé des pitreries de Nnoitra. « Ça ne me dérangerait pas d'aller, moi aussi, après le gamin. » Les yeux du vieux reflètent la luxure.

Grimmjow et Stark plissent tous deux les yeux face aux deux arrancars. Leur regard promet un bain de sang dans un proche avenir. C'est comme si le nombre de personnes dangereuses venait subitement d'augmenter. Stark soupire tandis que Grimmjow broie du noir. Non seulement ils doivent se préoccuper du capitaine Shinigami, mais aussi apparemment de trois de leurs camarades espadas qui ont également des vues sur le garçon.

Aizen soupire et boit une gorgée de thé, l'air très calme et peu soucieux de leur situation actuelle. Aussi fort que soit son espada, aucun d'entre eux n'est capable de faire face à ce monstre seul et en sortir vivant. Ils ont pris une bonne décision de s'associer pour chercher le garçon, mais même cette stratégie ne peut garantir leur survie.

En dépit de son inquiétude concernant Zaraki, tôt ou tard, ses hommes auraient eu à affronter le capitaine de la onzième division. S'il refuse à ses hommes d'aller sauver Ichigo, le garçon sera perdu et de précieuses informations compromises. Toutefois, s'il pouvait sauver Ichigo et tuer en même temps la bête, alors ce serait dommage de laisser passer cette occasion. Quel meilleur moment pour éliminer cette menace potentielle que maintenant?

Aizen observe tranquillement l'atmosphère de la salle se modifier. Il n'a jamais vu ses espadas aussi remontés. Habituellement, l'ennui qui règne au Hueco Mundo les plonge dans une transe d'indifférence. La présence du garçon semble avoir changé tout cela. Même Barragan est touché par le garçon, qu'il n'a même pas vu. Il visse son regard surtout sur le Sexta et le Primera espada, ne sachant pas s'il est censé être excité ou inquiet au sujet de leur zèle.

Il sait que Nnoitra veut se battre et baiser Ichigo, un rituel que l'espada réserve à tous ses ennemis. Cependant, Grimmjow et Stark, c'est une toute autre affaire. Ils agissent comme s'ils se souciaient réellement du garçon, comme un ami qu'ils chériraient. Il rejette rapidement cette idée de son esprit. Les arrancars ne peuvent pas comprendre l'amitié ou la fidélité. C'est une espèce basée sur la peur et le vide, des notions telles que l'amour et l'amitié ne sont tout simplement pas programmées dans leur nature. Pourtant, la question demeure, comment Ichigo arrive à inspirer la loyauté en si peu de temps?

Grimmjow, l'électron libre, l'imprévisible sexta espada marche de long en large comme un lion en cage. Chaque fois qu'une personne fait un commentaire sur le jeune garçon aux cheveux orange, il gronde et grogne dans sa direction, comme un lion gronderait ceux qui toucheraient sa compagne. C'est une situation intéressante à regarder. Les seules expressions qu'Aizen n'a jamais vues chez lui, c'est l'ennui, la soif de sang, ou la colère. Maintenant, son visage est bouleversé et ... c'est de la peur qu'il voit dans ses yeux? Néanmoins, Aizen pensait que quelqu'un comme Grimmjow ne pourrait jamais être autre chose qu'un ennemi d'Ichigo. Apparemment, il avait tort.

Et il y a Stark. Paresseux, prévisible Stark. Il dormirait toute la journée si Aizen ne lui ordonnait jamais de se battre. Mais il est là en train d'échafauder un plan de recherche et de sauvetage sur une carte du Hueco Mundo. En fait, il est en train de travailler sans que qui que ce soit ne le lui demande. Comme c'est curieux. Aizen sait que l'homme a eu des contacts avec Ichigo, mais il ne savait pas qu'il lui était dévoué.

« Aizen-sama », demande Ulquiorra. Aizen lui envoie un sourire avant de l'autoriser d'un signe de tête à poursuivre. « Je serai prêt à aller chercher Ichigo moi-même. »

Aizen lève les sourcils. « Pourquoi voudrais-tu faire une telle chose Ulquiorra? » demande-t-il, plus perplexe qu'Ulquiorra ait utilisé le prénom d'Ichigo, que de son désir de participer.

« Parce que je ne veux pas qu'il meure, Aizen-sama », répond-il de suite. « Et parce qu'il est sous ma responsabilité », ajoute rapidement l'espada.

La déclaration de l'espada fait froncer les sourcils à Gin. 'Je ne veux pas qu'il meure'. Attachement implicite et proximité. Ce fait inquiète le shinigami. Ulquiorra n'a pas conçu pour prendre soin de qui que ce soit, et surtout pas, pour se soucier d'un prisonnier. Est-ce Inoue Orihime qui l'a amadoué, ou Ichigo qui lui a donné un cœur?

Malgré les regards inquiets de son subordonné, Aizen ne montre rien d'autre que son visage habituel, comme toujours. « Comme c'est gentil de ta part, Ulquiorra », dit-il. « À l'heure actuelle, ma principale préoccupation est d'empêcher Grimmjow de casser ma porte. Ça a été une telle corvée d'installer cette porte, qu'il serait dommage de le refaire. » Grimmjow se redresse à l'écoute de son nom, mais quand il comprend que ce n'était pas pour lui ordonner d'aller secourir Ichigo, il se retourne et se met à attaquer la porte de marbre. Il doit sortir rapidement, Ichigo a besoin de lui.

Ulquiorra hoche la tête en signe d'assentiment. Sans plus tarder, il se place en un éclair à côté de Grimmjow et frappe l'arrancar sur le torse, le jetant loin de la porte sur le mur dans un horrible craquement. « PUTAIN. »

Stark lève momentanément les yeux de sa carte, mais son intérêt retombe quand tout ce qu'il voit, c'est Grimmjow et non Ichigo. Le reste de la table regarde impassiblement Grimmjow qui essaie de se redresser. Aizen se penche en arrière sur sa chaise, heureux de constater que, malgré le développement de ses émotions, Ulquiorra est toujours prêt à obéir à ses ordres. Il reste un Dieu à ses yeux, et cela lui suffit amplement.

« On s'ennuie », s'écrie Yammi à haute voix et en rotant. Halibel lui jette un regard dégoûté avant de se déplacer autour de la table pour venir prendre la place de Grimmjow, place la plus éloignée de la brute. Aizen pose son regard sur l'espada qui semble la moins affectée par les nouvelles de la capture d'Ichigo.

« Qu'en penses-tu, Hallibel? Quel devrait être notre plan d'action? », demande-t-il.

Les yeux verts condescendants d'Hallibel deviennent penseurs. Aizen a toujours apprécié la présence d'Hallibel. Elle est toujours calme et possède une fine analyse. Et en dépit de son sexe, elle n'est pas inférieure aux hommes dans le groupe. En ces temps où l'instinct masculin dicte à son espada de se battre, de baiser, et de forniquer, les paroles d'Hallibel sont inestimables. « Aizen-sama, la façon dont je vois les choses, c'est que nous ne devrions pas faire quoi que ce soit », dit-elle s'attirant les regards choqués de Stark et d'Ulquiorra.

« QUOI? » crie Grimmjow depuis le mur. « Répète un peu, espèce de connasse! » Il se redresse crachant du sang noir. « Répète ça encore une fois et putain j'vais te buter! » dit-il en s'appuyant contre le mur.

Tosen, qui, apparemment, en a assez de ses bêtises, se rend en un éclair près de l'espada et le frappe durement au visage, renvoyant l'espada blessé au sol. « Insolent déchet. » Au lieu de la peur, les yeux de Grimmjow brillent comme ceux d'un fou, un regard qu'un animal acculé ne devrait jamais avoir. Tosen recule, rebuté par le regard. « Malsain. » Il se parle à lui-même et reprend son siège. Aizen regarde le petit échange et sourit.

« S'il te plaît, Grimmjow, reste correct », réprimande Aizen et fait un signe de tête à Hallibel pour continuer. « S'il te plaît, donne-nous des précisions. »

Hallibel trace des cercles sur la table, parlant lentement, comme si elle pesait chaque mot. « Nous détenons l'épée du gamin, n'est-ce pas? Tôt ou tard, il reviendra à nous de sa propre volonté. Il échappera à son sauveur et viendra réclamer son épée. Quand il sera à l'intérieur de Las Noches, nous pourrons mettre le gamin en sûreté et tuer son poursuivant. »

« C'est un plan génial », dit Tosen. Hallibel baisse légèrement la tête en signe de remerciement pour le compliment.

« Non, non, non. C'est un plan horrible » dit Stark. « Que faire si le garçon est accablé? Sans son épée, il ne peut pas échapper à son ravisseur, qui, nous l'avons déjà établi, est plus fort que la plupart d'entre nous. Il se peut qu'il soit sur le point d'entrer à la Soul Society à l'heure où nous parlons, et une fois qu'Ichigo y sera, nous ne pourrons plus rien faire pour le faire revenir. »

« Stark, il semble que tu te soucies seulement de récupérer le garçon, et pas de notre sécurité collective », dit Szayel Apporo.

Sans aucune hésitation, Stark a répondu. « Oui. »

Chaque paire d'yeux dans la salle cligne dans la confusion. Jusqu'à quel point le plus fort des espadas veut le garçon?

Aizen sourit. Au moins, son Primera espada a tout compris. « Maintenant, maintenant. Nous pouvons tous convenir que le plan d'action de Hallibel est le plus logique. Cependant, » il jette un coup d'œil vers Grimmjow. « Je vais permettre à ceux qui veulent aller chercher le garçon de le faire. Rappelez-vous, si vous mourez face à Zaraki Kenpachi, c'est Nnoitra qui souillera votre corps mort. » Szayel Apporo glousse puis devient silencieux, ne sachant pas si c'est une blague ou une réelle menace. La défécation sur un corps mort est l'ultime insulte possible, et des gens comme Nnoitra le ferait sans hésiter une seconde.

Nnoitra lève la main « Aizen-sama. »

« Oui Nnoitra? »

« Je vais y aller », dit-il en souriant embarrassé.

« Je vois », répond Aizen. « Eh bien, ce sera Aaroniero qui s'en chargera. Il sera suffisamment fort, n'est-ce pas? »

Tout le monde dans la salle se tourne lentement vers l'espada silencieux, la tête allongée soudain l'air plus terrifiant que jamais. « Comme vous voudrez, Aizen-sama », lâche la voix mécanique derrière le masque. Tous savent comment peut être Nnoitra, mais ils ne savent presque rien sur Aaroniero. Qui sait quelles choses atroces il pourrait faire avec leur corps. Tout le monde tremble et essaye de se débarrasser de cette pensée. Aizen sourit, heureux que la menace fasse son effet.

« Bien, tout est clair. La séance est levée. »


Ils marchent à travers des dunes de sable toutes pareilles. Ichigo traîne ses jambes fatiguées par ces tas de sable. Partout où son regard se pose, c'est la même chose. Une dune de sable ici, un arbre cristallin là. Un autre arbre, une autre dune de sable. Sable. Sable. Sable. Putain, c'est horrible. La situation dans laquelle ils se trouvent inquiète Ichigo qui fronce les sourcils. Kenpachi n'a pas la personne la plus douée en matière de direction, et la vision d'eux en train de courir dans le dessert désolé le préoccupe.

Kenpachi aperçoit le regard sur le visage d'Ichigo et il prend pour un signe d'épuisement. Sans attendre une seconde, il se précipite derrière le garçon et l'attire à lui pour le porter comme un mari porterait sa jeune épouse.

« Tu fais quoi? »

« J'te porte. »

« Ouais, bah pose-moi à terre. J'ai deux jambes, et je peux marcher tout seul. »

Kenpachi sourit et pince la cuisse du garçon. « Le sauvé ne devrait jamais répondre à son sauveur. »

Ichigo glapit et frappe son épaule. « Va te faire foutre. Ça veut dire quoi ne pas répondre? »

« Tais-toi princesse. »

« Arrête de m'appeler comme ça! »

Kenpachi continue d'ignorer les protestations d'Ichigo et remonte le garçon contre sa poitrine, provoquant un cri pas très masculin de la part du jeune homme. « Tu vois? Princesse. »

« La ferme. » Ichigo prend son air renfrogné et enserre le cou de l'homme. Kenpachi est grand et ce serait con de tomber de si haut. Il doit admettre cependant qu'il se sent bien, le corps contre les muscles durs. Il connait bien les hommes comme Kenpachi, ceux qui se battent et qui ont des cicatrices et des muscles pour le montrer. Cette pensée ramène Ichigo à Grimmjow et à Chad, tous des hommes qui semblent s'inscrire dans la catégorie de Kenpachi. On dirait qu'Ichigo est toujours entouré d'hommes qui aiment se battre.

Kenpachi se blottit dans les cheveux du garçon comme s'il respirait la chaleur du soleil dans les cheveux du garçon. Même dans ce pays sombre et lugubre, Ichigo a toujours une odeur paradisiaque. C'est comme si son rayonnement ne s'estompait jamais. Il se contente de continuer à brûler et briller comme un soleil.

Ichigo repousse sa tête pour faire face à Kenpachi, pour regarder droit dans les yeux d'or. « Eh Kenpachi, » appelle Ichigo. « Merci d'être venu pour moi. »

Kenpachi fait un bruit rauque et pousse sa tête contre le garçon. « T'es l'un des nôtres. Bien sûr que j'allais v'nir pour toi. »

Ces mots simples amènent un sourire sur le visage d'Ichigo. « Ouais », il répond en se rapprochant de Kenpachi.


Une inspiration forte, une expiration frissonnante.

Inspirez, expirez.

Inspirez.

Expirez.

Une toux.

Une autre.

Et une autre.

« Taicho. »

« Je vais bien. »

Ukitake Jūshirō sourit à son vice-capitaine inquiet. « Vous êtes sûr? Dois-je appeler le médecin? » Kaien feuillette avec fureur un petit livre noir, en essayant de trouver l'adresse du médecin. Ukitake saisit doucement le poignet de son fukutaicho. Après sept années de collaboration, il continue de s'agiter comme une mère poule. « Non, vraiment Kaien, je vais bi… » Une série de toux violentes interrompt l'homme aux cheveux d'argent, le faisant se pelotonner sur son futon.

« Voilà! Je vous dis que vous n'êtes pas bien! » crie Kaien, qui, frustré, abat durement un coup de poing sur la table basse. La tasse de thé se renverse partout sur le plancher, trempant le tatami onéreux avec du thé tout aussi coûteux.

Ukitake lui envoie un faible sourire, ses doigts délicats ramassant avec soin les tasses renversées. « Je te remercie de prendre soin de moi, Shiba-kun. Je peux toujours compter sur toi. »

« Vous finirez par avoir ma mort. » Il soupire et détourne les yeux, se concentrant sur le séchage du tatami. Son éclat de colère fond devant le regard fatigué.

« C'est un risque professionnel. » Ukitake sourit en s'excusant. « Mais tu savais dans quoi tu t'embarquais quand tu es devenu mon vice-capitaine. »

« Vous voulez dire quand vous m'avez fait du rentre dedans pour que je devienne votre vice-capitaine. »

« Des détails, des détails », répond Ukitake en agitant la main et en combattant une nouvelle quinte de toux. Kaien s'approche à ses côtés, tapotant dans le dos de son capitaine. « Vous êtes bien avancé. Voilà ce que vous récoltez à vous faufiler hors de votre lit », dit satisfait de lui-même.

Ukitake se met à rire. Combien de fois ont-ils eu cette conversation? Une centaine de fois? Un millier? Et pourtant, cette routine ne lui est jamais apparue fastidieuse. Il prend soigneusement le mouchoir de la main de son fukutaicho et essuie le hakama de Kaien.

« Quel genre de capitaine serais-je , si je ne connaissais pas mes hommes ? » halète Ukitake entre deux toux. Peu importe la façon dont les gens le jugent populaire, Ukitake est toujours au petit soin pour les membres de sa division. Il craint que son absence ne l'éloigne de ses hommes. C'est pourquoi, dans chaque fois que c'est possible, il va passer du temps dans sa division.

« Vous ne devriez pas vous soucier de la loyauté de vos hommes, taicho », déclare un Kaien irrité. Mais peu n'importe les efforts qu'il faits, Kaien ne parvient pas à garder un sourire fier sur son visage. « Vous savez combien ils vous aiment. » Ukitake lève la main pour rejeter la phrase cliché. Il l'a déjà entendu. 'Vous êtes un homme populaire.' 'Tout le monde vous aime.' « Vous êtes le meilleur Ukitake-taicho! '

Kaien a toujours admiré Ukitake. Calme, doux, gentil, et homme d'honneur. Jūshirō Ukitake est tout ce qu'un vice-capitaine peut rêver. Son corps élancé donne l'impression que l'homme est faible, mais il peut attester qu'aucune autre division n'est aussi loyale à son capitaine que la treizième division.

Ukitake peut sentir l'admiration sur le visage de son fukutaicho. Kaien est un partenaire fiable, solide, et un vice-capitaine sympa. Pourtant, avec toutes ses qualifications, il trouve encore le moyen de garder les pieds sur terre. Contrairement à Omaeda de la deuxième division, Kaien sert sa division avec la même humilité dont il faisait preuve lors de son premier jour à la treizième. Sans Kaien, sa division serait sûrement tombée dans une sacrée pagaille.

Comparé à sa propre personnalité, calme et polie, Kaien a une attitude grossière, un trait qui semble caractéristique de la famille Shiba. Il est heureux que Kaien soit son vice-capitaine, car il sait que sa division ne sera pas choyée.

« Kaien », le capitaine a l'air sombre. « Je te remercie », dit-il avec sincérité.

L'homme aux cheveux noirs est pris au dépourvu face à la sincérité de son capitaine. Mais après un moment de silence, Kaien se met à rire. « Pas besoin d'être sentimental! Vous savez que je serai toujours à vos côtés » Il place son poing sur son cœur. « Vous et moi sommes des âmes qui sont destinées à être ensembles. » Kaien affiche sur son visage un air de mise avec les mots qu'il vient de prononcer. « Wow, ça ressemble à quelque chose que je dirais à ma femme. »

Ukitake éclate de rire, ses yeux se remplissant de larmes de joie. Kaien rit avec lui. « C'est vrai! » insiste-t-il. « Si nous devions mourir et nous réincarner, je suis sacrément sûr que taicho, vous seriez mon frère. Ou mon voisin. Ou mon camarade de classe. »

Ukitake essuie les larmes au bord de ses yeux, son rire s'éteint peu à peu en un petit ricanement. « Eh bien ne sois pas pressé de mourir. J'ai encore besoin de mon vice-capitaine. » Il tapote la main de Kaien, qui rayonne à côté de son capitaine.

« Hai! »


« Ukitake-taicho. »

La voix sort Ukitake de ses pensées. « Euh, oui? »

« Pardonnez-moi, suis-je en train d'interrompre votre repos? » un large museau pointe au bord de la porte.

« Non, non. Veuillez entrer Komamura-taicho. »

Le grand capitaine ne se sent pas à sa place. Tout dans la maison d'Ukitake est petit et délicat. Les bonsaïs, les petites sculptures en bois, les fragiles parchemins calligraphiés. Et lui se tient là, un grand imbécile maladroit dans une maison de l'un des plus estimés capitaine du Gotei 13. Ukitake perçoit le mal à l'aise de Komamura et vient l'enlacer.

« Uki-Ukitake taicho? » dit Komamura d'une voix étranglée car surpris de la soudaine étreinte.

« C'est si bon de te voir Saijin-san. Comment vas-tu ? » Ukitake est rayonnant.

« Je vais, euh, très bien. » Si c'est encore possible, Komamura a l'air plus étrange que jamais. Mais il apprécie vraiment l'effort de l'homme pour lui souhaiter la bienvenue.

« Bon! » Ukitake tapote le bras de l'homme, en riant devant son regard effaré. « S'il te plaît, prend un siège. »

« As-tu des nouvelles de Kenpachi-taicho? »

« Oui, le troisième siège de la onzième a signalé que Kenpachi avait commencé ses recherches pour trouver Kurosaki. Dans une heure, ils seront arrivés à la Soul Society. »

« Pourquoi faisons-nous cela? »

« Pardon ? »

« Jūshirō-san, pourquoi faisons-nous cela? » L'homme à tête de chien s'arrête de parler. « Depuis que Yamamoto-soutaicho m'a permis d'entrer à l'académie Kido, je lui ai juré ma loyauté. Et maintenant, je me rends coupable d'un acte de trahison. Dis-moi pourquoi un fidèle serviteur de Sereitei ferait ces choses, Ukitake. »

« Komamura-taicho. » Ukitake sourit. « Préfères-tu voir Ichigo emprisonné après tout ce qu'il a fait pour nous? »

Cette question fait taire Saijin Komamura.

« Tu vois Saijin-san, nous ne sommes pas en train de trahir. Non, nous sommes en train de sauver un gamin, un simple adolescent, qui a fait preuve d'une bravoure qui dépasse de loin son âge. Il a fait le sacrifice ultime pour empêcher la guerre d'hiver, sa propre vie. Comment pouvons-nous ne pas lui renvoyer la balle? » Ukitake se baisse pour verser un peu de thé dans les tasses, les doigts agiles maintenant avec dextérité la porcelaine chaude. « Le sauver n'est que le strict minimum de ce que nous lui devons. La façon dont je vois les choses : Ichigo est un héros. » Ukitake fait glisser la tasse chaude sur la table basse vers son collègue capitaine, ses yeux verts fixés dans les chaleureux yeux bruns de Komamura. « N'es-tu pas d'accord, Komamura-taicho? »

Komamura est stupéfait de la vérité contenue dans le discours éloquent du capitaine. Il ne peut qu'acquiescer de la tête. « Je comprends que tu connaisses le garçon personnellement. Je ne connais rien d'Ichigo, si ce n'est ce que la rumeur dit qu'il est plus qu'un gamin. On dit qu'il est… »

« Pardonnez-moi de vous interrompre. » Une voix enfantine se fait entendre depuis le store de la porte.

« Hitsugaya-taichou. » De voir le petit shinigami lui faire un salut poli, Komamura sent sa queue remuer légèrement. « Bienvenue Hitsugaya-kun. Voulez-vous un peu de thé Oolong? » propose Ukitake en montrant sa tasse de thé.

« Cela devra attendre une autre fois Ukitake-taicho » décline poliment Hitsugaya. « Ichigo Kurosaki est arrivé. »


Prochain chapitre : Hisagi met en scène un coup d'Etat. Euh... une sorte de coup d'état….