Réponse aux reviews de la traductrice :

So Mizu : j'aime bien les choses demandées bien gentiment ! Mais, n'étant que la traductrice, je peux difficilement répondre à ta requête. Cela dit, il est vrai qu'Ichigo serait bien avec ce Kenpachi-là. De même qu'il serait bien avec Grimmjow ou encore avec Stark. L'avenir nous le dira !

AliceGarden : oui, Ichigo a sa cour derrière lui. Mais qui pourrait résister à notre fraise adorée ? D'ailleurs, peut-être finira-t-il par avoir un harem de 'seme' !...désolée, juste un délire personnel.

Kiss-Suki : oh, tu as revu ta copie concernant Grimmjow ? C'est bien car tu verras par la suite que c'est quelqu'un de particulièrement proche d'Ichigo. Attention, je ne suis pas du tout en train de dévoiler le futur 'amant' d'Ichigo. Preuve en est, l'auteure est rendue au chapitre 18 et on ne le connait toujours pas !


Chapitre 11


« Pose-moi parterre! »

« Arrête de t'débattre, idiot », grogne Kenpachi qui se prend en pleine tête les membres agités d'Ichigo. « Ow », dit-il pour la énième fois de sa voix la plus monotone. Après quelques coups de poing à la mâchoire de plus, Kenpachi grommèle et jette Ichigo sur ses épaules. Les deux font penser à un bandit en train de kidnapper une princesse.

« Pose-moi parterre! Je peux marcher! » riposte Ichigo en frappant dans le dos de Kenpachi. Il est dégoûté parce que le corps de ce dernier est tellement dur.

« Eh, Ichi sent bon! » Yachiru, qui est pendue par les pieds sur les épaules de son Ken-chan, est en train de renifler les cheveux d'Ichigo. « Ça sent le savon! » Elle se met à rire et enfouit son visage dans les mèches orange, après avoir enveloppé son bras autour du cou d'Ichigo.

« OH, OH! Ne tire pas sur mes cheveux! » Ichigo écarte la main de la fukutaicho aux cheveux roses et frappe par la même occasion Kenpachi à l'arrière de la tête.

Les minuscules clochettes tintent sous l'impact et Kenpachi lâche un « Ow » d'une voix toujours aussi plate. Malgré le chaos qui se passe derrière son épaule, Zaraki Kenpachi est étonnamment calme. Peut-être parce qu'il a enfin avec lui le dernier membre de sa meute. Ou alors parce qu'il porte sur ses épaules un adolescent à moitié nu. En tout cas, Zaraki Kenpachi est heureux.

Cependant, l'un de ses disciples ne l'est pas.

Ikkaku piétine derrière son capitaine avec une mine renfrognée. Il y a un truc qui coince avec le gamin, il le sent. Il n'arrive pas à mettre le doigt dessus. Le garçon vient de s'échapper de l'un des endroits les plus horribles qui soit, mais la façon dont il agit et son attitude générale n'ont pas changées. Il est encore cet adolescent grognon, super actif et légèrement apeuré. Ce n'est pas normal. Quelle que soit la durée, l'emprisonnement change un homme. Ça rend amer, négatif, et déprimé. Il le sait, il a eu sa part lorsqu'il vivait au Rukungai. Ikkaku sait qu'après avoir été mis derrière les barreaux, un homme ne pourra jamais vraiment être le même.

Son capitaine également se comporte bizarrement. Il porte sur ses épaules un adolescent fort désagréable, qui passe son temps à le frapper sur la tête, et pas une seule fois l'homme n'aboie ou ne lui crie dessus. Même Yachiru s'est fait jeter par son cher Ken-chan, alors que là, Kenpachi est exceptionnellement patient avec le garçon.

« Qu'est-ce qui ne va pas, anata? » (1) Yumichika s'est approché d'Ikkaku, heurtant l'épaule de l'homme au moment où il réussit à s'accorder sur son pas.

En entendant le surnom, les lèvres d'Ikkaku se mettent à trembler et une rougeur apparaît sur sa joue. « Rien ... C'est juste l'orangé et Taicho. Il y a quelque chose qui tourne pas rond. »

« Pourquoi tu penses ça? » Yumichika penche la tête sur le côté, ne trouvant rien d'étrange à la paire que forment les deux hommes.

« Ils sont tellement... tellement... »

« Heureux? » tente Yumichika.

« Oui! » Ikkaku frappe ses mains en signe d'acquiescement. «Trop heureux! Tu saisis? » Il montre Ichigo en train de gifler Kenpachi au visage. « ÇA, ça signerait MON arrêt de mort, mais le capitaine ne... »

« Le tue pas? »

« Exactement! »

« Maa, tu es tellement lent, n'est-ce pas ? »

Le visage d'Ikkaku se fige face à la remarque. « Che! Toi petit…. » Il tape son amant avec son poing.

« Pourquoi penses-tu que nous avons parcouru tout ce chemin? » Yumichika grimace de douleur et rend à Ikkaku un coup de poing aussi douloureux.

« Hein? Bah, pour libérer Ichigo », répond Ikkaku en un battement de cœur et sans se laisser impressionner par le punch.

« Je sais, mais pourquoi? »

« Parce que Taicho veut se battre avec lui, pardi! » Ikkaku glisse une main dans sa manche pour montrer ses biceps. « C'est l'esprit de camaraderie! De la camaraderie! C'est ce que font les hommes à leur camarade! »

Yumichika se met à rire et secoue la tête, ignorant son amant quand il est comme ça, à sortir sa longue tirade sur l'homme et la virilité. Comment le troisième siège peut-il passer à côté des choses? N'a-t-il pas vu que l'étincelle dans les yeux de leur capitaine était la même que celle qui est dans les siens? Ça n'a rien à voir avec le désir de se battre, oh non. C'est tout autre chose.

Yumichika observe Kenpachi tenir Ichigo contre sa poitrine, ce qui fait rougir le garçon, et le fait taire en même temps. « Oi, Zaraki. Ça fait vachement gay », dit Ichigo à voix haute. Il obtient pour réponse un grognement ennuyé. Ça fait sourire le cinquième siège. Il semble qu'Ichigo n'ait pas encore réalisé les sentiments de leur capitaine.

En tant que loyal subordonné, il est de son devoir de s'assurer du bonheur de son capitaine. Ce qui implique de lui rendre ses rapports en temps voulu, de lui servir du thé chaud en hiver, et de veiller à ce que celui dont il est amoureux reste disponible. Yumichika se met à glousser en imaginant déjà les nombreux scénarios marrants qu'il pourrait faire jouer à Ichigo dans le futur.

« Avancez plus vite Yun-Yun! Boule à zéro! », gazouille Yachiru tout en agitant son épée rose dans l'air. Les deux répondent par un 'hai ' et, après quelques foulées, viennent se placer près de leur fukutaicho. S'étant rapprochés, ils remarquent qu'Ichigo est sereinement en train de faire la sieste contre la poitrine de Kenpachi.

« Cessez de le dévisager », râle l'homme, puis il protège le garçon avec son épaule. Yumichika lance à Ikkaku un regard complice et enroule sa main autour de son bras. Ikkaku rougit, mais ne fait rien pour le repousser. Ikkaku est contre le fait d'afficher leur sentiment en public, mais son capitaine est distrait. Et puis il n'y a aucun mal à marcher main dans la main avec son amoureux.

Le sourire de Yumichika s'élargit quand il sent Ikkaku enlacer ses doigts aux siens. Il est ravi que sa méthode de distraction ait fonctionnée mieux qu'il ne se l'était imaginé. A leur côté, Kenpachi ne regarde que deux choses, Ichigo et la route. Il serait damné s'il laissait le garçon lui glisser entre les doigts à nouveau.


C'est une scène étrange qui se déroule chez Ukitake. Quatre capitaines sont en train de dévisager le garçon aux cheveux orange, leurs sourcils froncés intensément pour des raisons nombreuses et variées. Un capitaine concentre ses yeux dorés étincelants sur l'abdomen musclé d'Ichigo, se léchant les lèvres chaque fois que le garçon bouge. Deux yeux bruns chaleureux suivent la courbe de la taille d'Ichigo, puis s'éloignent coupablement lorsqu'ils rencontrent une grande paire de grands yeux bleu-vert. Le propriétaire des dits yeux ne dit rien, mais envoie un regard acéré droit dans les yeux d'ambre miel d'Ichigo.

Pendant ce temps, Ukitake sourit nerveusement et remplit des tasses avec du thé. Mais, dès qu'Ichigo se met à se trémousser, le capitaine laisse aussi ses yeux errer sur la taille mince du garçon. Même le chef du clan Ukitake n'est pas insensible à la puissance du corps masculin.

« Euh. Les gars? » Ichigo lève la main, pas à l'aise devant ces regards fixes. « N'êtes-vous pas tous censés euh…, me demander des trucs? »

Ukitake devient rouge et s'incline légèrement. « Oh! Pardonne-nous de te fixer Ichigo-kun, c'est juste que ton allure est plutôt... »

« Obscène », fulmine Hitsugaya avec les mains croisées sur la poitrine en un air de défi.

« Divertissante », dit Komamura d'une voix effacée, mais trahie par sa queue qui remue.

« Pas sage », termine Kenpachi en envoyant à Ichigo un sourire carnassier.

Ichigo assure rapidement autour de sa taille le bout de tissu qui compose le Haori de Kenpachi, s'éloignant progressivement du capitaine de la onzième. « Bon, tout d'abord, puis-je emprunter quelque chose à me mettre sur le dos? », demande-t-il clairement irrité. Ce n'est pas sa faute si Kenpachi l'a kidnappé alors qu'il était nu. Et ce n'est pas sa faute si Kenpachi lui a jeté son haori de telle sorte qu'il n'attrape pas 'un coup de chaleur' quand ils sont arrivés au Rukungai.

En riant, Ukitake drape son haori à manches longues par-dessus les épaules nues du garçon. « Comme ça, tu seras mieux. » Ichigo remercie le capitaine, en respirant le parfum léger de thé et de fleurs de cerisier des plis de son haori. Contrairement au haori déchiqueté de Kenpachi, le haori d'Ukitake est propre et nette. La doublure écarlate sent bon et est froide contre sa peau. Ça rappelle à Ichigo les anciens poètes qui chantaient sous les cerisiers. Un peu à l'image d'Ukitake.

L'homme a appelé son serviteur et lui a demandé un yukata. « Maintenant, pouvons-nous commencer? » Le taicho aux cheveux argent frappe dans ses mains. « Pourrais-tu nous parler de ce qui s'est passé à Las Noches Ichigo-kun. »

« Eh bien, par où dois-je commencer? » demande Ichigo un peu confus.

« Par le commencement. »

« ... Et puis, je me suis réveillé et j'ai vu Kenpachi près de moi. »

Le silence est palpable. Et personne ne rien dit. Hitsugaya a toujours un regard méfiant sur le visage. Komamura observe perplexe. Ukitake a l'air pensif. Kenpachi ronfle.

A l'extérieur, un poisson Koi vient de sauter.

« Ukitake-sama », appelle une voix d'enfant depuis la porte grillagée, rompant l'atmosphère tendue de la salle. « J'ai acheté le yukata que vous avez demandé, monsieur. »

« Je te remercie Junsui-kun. »

« OOH! Kenpachi-taicho! », s'écrie le garçon.

La voix réveille le capitaine, qui, dans un premier temps, a l'air irrité. Mais quand il voit qui vient de l'appeler, il affiche un sourire indulgent. « Ah, Gaki. » (2)

Les grands yeux bleus du garçon brillent comme ceux d'un fan ayant reconnu son idole. Le garçon se met presque à sautiller quand son maître lui prend le yukata des mains. Il s'assoit rapidement à côté de Kenpachi et sourit. Il semble si heureux d'être juste assis là.

« Oi, Gaki. Donne-moi quelque chose de fort à boire », dit Kenpachi.

« Ossu! » (3) répond énergiquement le garçon, puis il sort en courant. « Mignon le petit branleur, hein? » Kenpachi sourit et se met à siroter son thé. Ichigo lève les sourcils mais ne dit rien. Le garçon ressemble à Yuzu, il semble être l'innocence incarnée. Bon sang, pourquoi traîne-t-il autour d'un homme aussi effrayant que Kenpachi?

« Junsui-kun adore Kenpachi-taicho. Il a dit qu'il veut grandir pour d'être un 'homme bon' comme lui. » Ukitake sourit en guise d'excuse tout en aidant Ichigo à mettre l'obi autour de sa taille.

Le garçon revint avec un plateau de biscuits et du saké, mais cette fois il a les cheveux en crête qu'il a badigeonné avec de l'encre bleue. « He, He, Kenpachi-taicho! Ma coiffure est suffisamment bizarre pour votre division? » Il rayonne littéralement.

Le capitaine de la onzième division incline la tête et fait claquer sa langue. « Nan. Trop bizarre. Tu ressembles à un cinglé de la douzième. »

« Hein ? Vraiment? » Mettant le plateau sur sa tête, il se met à crier : « Je ne veux pas être dans la division de Kurostuchi-taicho! Ils disent qu'il fait des trucs bizarres à ses recrues! »

« Arrête de taquiner le gamin, Kenpachi. » Komamura ébouriffe les cheveux du garçon, lissant l'arrière puis ramenant tout dans son désordre habituel. Le garçon est trop scié qu'un capitaine lui ébouriffe les cheveux et il regarde la bouche ouverte. « Komamura-Taicho vient de me toucher ... » dit-il, sa voix ne pouvant contenir son excitation.

Ukitake soupire et demande au garçon de venir l'aider avec le Yukata d'Ichigo.

Junsui regarde Ichigo avec ses grands yeux bleus, qui ne cesse de s'écarquiller toujours plus. « Whoaaa! Quelle couleur géniale! » Il marche vers Ichigo et sourit. « Eh! C'est tout orange! Comme une orange! » Junsui se met à tournoyer et finit par tomber en marmonnant par moment on ne sait quoi au sujet d'une 'orange ».

Ichigo se met à rire de façon incontrôlable. « Tu n'es pas aussi brillant, n'est-ce pas? » dit-il, en ajustant son écharpe.

Le garçon soupire. « Non, » dit-il, « mes cheveux sont d'un noir ennuyeux. J'ai essayé de décolorer mes cheveux, mais Ukitake-sama ne veut pas. Je veux avoir la plus belle et la plus bizarre coiffure de toute l'unité de Kenpachi-taicho! Comme la vôtre! » Ichigo soupire et hausse les épaules. Apparemment, le garçon est trop obsédé par les cheveux pour comprendre qu'il est en train de l'insulter.

Ichigo se tourne vers un Kenpachi en train de se prélasser. « C'est pour ça que tu me veux dans ta division, hein? Parce que j'ai des cheveux bizarres? » le taquine-t-il.

Kenpachi hausse les épaules et boit une gorgée de saké. Il regarde à regret Ukitake couvrir la merveilleuse peau de pêche d'Ichigo.

« Puis-je emprunter vos cheveux? »

« Bon, ça suffit Junsui-kun. » Ukitake pousse le garçon vers la porte.

« J'ai 5 yens! »

« Junsui. »

« Mais Ukitake-samaaa », gémit le gosse. « J'ai l'argent ici! » Le garçon fouille dans sa poche pour chercher quelques pièces de bronze.

« Non. » Ukitake pousse encore une fois le garçon vers la porte qu'il referme derrière lui. Les hommes arrivent à distinguer la silhouette du garçon qui soupire de déception et qui rempoche son argent.

« Et maintenant? », demande Ichigo, enfin en mesure de se déplacer librement sans que ce soit trop risqué.

« Maintenant », dit Hitsugaya. « Nous attendons. »


« Ahh, quelle journée ennuyeuse hein, Izuru? »

Le blond fait un petit signe et continue d'écrire.

Gin se tient en équilibre sur les deux pieds arrière de sa chaise. Il a mis son ancien fukutaicho au travail, à trier des documents et à remplir des manuels de sécurité. C'est un travail insensé, mais Izuru semble content de cet arrangement. De toute façon, ça vaut mieux que de regarder un mur toute la journée.

Gin aime cet arrangement. D'abord, ça lui permet de se délester de son travail. Deuxièmement, le travail lui impose de superviser son shinigami favori, au grand dam du blond. Ils travaillent seulement depuis trois heures, mais les nouvelles de la capture d'Ichigo distraient Gin plus qu'il ne devrait.

« Tu sais », commence Gin, « ce ne serait pas une mauvaise idée de faire une pause... » L'ancien capitaine de la troisième division se promène nonchalamment vers le bureau de son nouvel assistant, traînant ses doigts sur les documents soigneusement empilés, les envoyant voltiger vers le sol.

« Non », répond sèchement Kira. « Nous n'allons pas faire de pause. » Il se penche, saisit les papiers et les ramasse. Il est peut-être en train de travailler pour son vil capitaine, mais il ne le laissera pas s'en tirer comme ça. Gin fait la moue et piétine jusqu'à son bureau. Ça fait sourire Kira et ça lui rappelle les jours passés dans le bureau de la troisième division.

Gin en train de geindre et de se plaindre de la quantité de paperasse qu'ils ont à faire, et Izuru en train de gentiment le réprimander, comme on le ferait avec un enfant qui refuse de manger ses légumes. Lorsque le capitaine était sur le point de perdre sa dernière once de volonté et de motivation, Izuru allait prendre alors les documents du bureau de son capitaine pour les porter sur le sien.

« Ce n'est pas grave, je vais terminer. S'il vous plaît, partez et passez une bonne soirée, Taicho », disait doucement Kira.

Gin se sentait alors ragaillardi et souriait comme un petit enfant. « Ah! Vraiment? T'es le meilleur, Izuru. » Il tapotait ensuite sur l'épaule du fukutaicho, toujours sur le bord le plus éloigné de l'épaule afin de pouvoir se rapprocher de l'homme.

« De rien », répondait timidement Kira.

Ça se passait ainsi presque tous les jours, et certains soirs, Gin réussissait à faire traîner son fukutaicho à sortir avec lui, ignorant ses faibles tentatives de refus. Ils marchaient derrière la caserne et choisissaient un kaki mûr à partager. Ils faisaient une grimace à cause du goût acre du fruit, mais en riaient. Ils répétaient cela soir après soir, jusqu'à ce que finalement, le doux jus d'un kaki touche leur langue. C'était l'un des moments les plus paisibles de leur vie.

« Peut-être que je devrais planter un arbre à kaki », se demande Gin à voix haute.

« Travaillez ». Kira pose devant l'homme une pile de documents à tamponner. Pas de sympathie ici.

« Mooouu, ne sois pas si méchant, Zuru! J'veux juste aller chercher Ichi-Tan avec les autres. » Gin s'est étalé sur son bureau et tambourine ses doigts sur sa table.

« Ichigo? » Izuru redresse la tête à l'écoute du nom. « Qu'entendez-vous par chercher? » Il serre son pinceau.

« Oh, tu ne savais pas? » Sur les lèvres de Gin, s'étale un mince sourire. « Kurosaki Ichigo vient de s'échapper de Las Noches. »

Gin peut voir refléter la douleur de la trahison dans les yeux bleus clairs d'Izuru. Ah ça y est, ils tombent dans leur jeu habituel. « Eh bien, » Gin sourit. « Ulquiorra dit qu'il avait été enlevé, mais connaissant Ichigo, il a dû tout organiser tout seul. » Gin émet un petit rire et étire son bras. « Intelligent, c'est un gamin intelligent. »

Izuru détourne les yeux de ce sourire narquois qu'il connait si bien. Gin est en train de jouer avec lui. Il est toujours comme ça, lui racontant des mensonges pour galvaniser ses espoirs, puis les écraser dans la poussière. C'est comme si l'homme aimait jouer avec ses émotions. Non, pas 'c'est comme si'. Gin aime le voir souffrir, il en est persuadé. Sinon pourquoi le torturerait-il ainsi?

« Je ne vous crois pas. » Il se dirige vers le bureau de Gin où il balance un tas de papiers. « Ichigo ne nous aurait jamais laissé ici. Et même s'il le faisait, il reviendrait pour nous sauver. » Il envoie à l'homme un regard ferme. « Je fais confiance à Ichigo. »

Le sourire de Gin faiblit, mais il est rapidement remplacé par un autre sourire narquois. « Ohh? Je ne savais pas que vous aviez cette confiance l'un envers l'autre. » Gin se saisit de la main de l'homme, l'arrêtant en chemin. "Y a-t-il quelque chose entre toi et Ichigo? » Gin tire durement la main d'Izuru, laissant des marques rouges sur son poignet mince. « Rappelle-toi, je peux te briser les os juste comme ça, alors tu ferais mieux de me donner une bonne réponse. »

Kira gifle la main de son agresseur pour l'éloigner, puis il se dirige avec colère vers la porte. Avant qu'il ait pu toucher la poignée, la chaîne à sa cheville se resserre, l'éloignant de la porte.

« Tss, tss, tss. Pas de fuite. » Gin sourit en balançant la chaîne autour de ses doigts. « Tu es coincé avec moi, j'en ai bien peur. » Il s'accroupit à côté de l'homme et lui tapote la tête. « Maintenant, sois un bon garçon et tamponne plus de papiers. Je vais aller nous faire un peu de thé. »


Alors qu'il est en train de se laver, Hisagi lève les yeux quand il voit Kira pénétrer dans leur chambre. Un clic définitif se fait entendre, prouvant que la porte est verrouillée de l'extérieur. « Yo ». Il agite une main savonneuse pour saluer son codétenu.

« Hisagi-san, konbaWA? » (4) Kira se couvre rapidement les yeux. « Hisagi-san! Peux-tu mettre le rideau! », dit-il énervé. Hisagi lui répond 'Hai' dans un soupir et tire le rideau de la douche. Il se baisse dans la baignoire de granit et commence à se frotter le bras.

« Rappelle-moi, pourquoi la baignoire est au milieu de la pièce? », demande Hisagi et il tire sur le bouchon et regarde l'eau du bain tourbillonner et s'évacuer.

« Hisagi-san, les Hollows ne pas se douchent » Le nez d'Izuru tremble comme s'il sentait quelque chose de mauvais. « Plus important, c'est quoi cette odeur abominable? »

« Ah désolé », répond Hisagi et il montre la pile de vêtements ensanglantés à côté de la baignoire. « Tosen-taicho m'a fait jouer au boucher aujourd'hui », grommèle-t-il.

« Jouer à quoi? »

« Rien. » Il fait un signe du genre 'laisse tomber'. « Mon uniforme de shinigami est foutu. » Hisagi essuie un peu d'eau au bout de ses doigts. On sent à sa voix qu'il est à la fois ennuyé et triste.

« Ah, bah pourquoi tu ne demandes pas un uniforme propre comme je l'ai fait? Admet-le, ils sont plutôt confortables », dit Kira à contrecœur en enfouissant son visage dans le tissu léger.

« Kira Izuru! » Le rideau de douche s'ouvre soudainement pour révéler un Hisagi trempé et complètement nu. « Aurais-tu perdu ta fierté de shinigami? » Shuhei sort de la baignoire. « L'uniforme que nous portons tous les jours est un symbole contre le monstre qui nous a capturé et emprisonné! » Il marche vers le visage effrayé du shinigami. « Porter cette saleté, c'est comme prêter allégeance au diable! », finit par crier Hisagi, croisant ses bras sur sa poitrine humide.

« Euh, Hisagi-san. »

« Quoi? », aboie-t-il en réponse.

« Tu es complètement nu, je veux dire…, proche. Et nu aussi.» Izuru devient tout rouge et choisit de regarder le mur derrière lui.

« Oh, ça. Désolé. » Hisagi se retourne et prend une serviette pour se sécher les cheveux. 'On pourrait penser qu'il cacherait son […] en premier', soupire Kira et il se couvre à nouveau les yeux, attendant patiemment que l'homme ait fini de s'habiller.

« Oh, j'ai de bonnes nouvelles, Izuru », dit Hisagi en courant vers la pile de vêtements imbibés de sang et en fouillant dedans à la recherche de quelque chose.

« Ouais, bah moi, j'ai de mauvaises nouvelles. » Izuru ouvre un œil, et le referme aussitôt quand il découvre Hisagi accroupi et nu à côté de son tas de vêtements. 'Personne en ce monde n'a plus de bonnes manières », soupire-t-il silencieusement.

« Toi en en premier », dit Hisagi en jetant son fundoshi souillée dans la baignoire et en mettant son hakama à l'endroit.

« Ichigo s'est échappé. »

Ces deux mots arrêtent le mouvement erratique d'Hisagi. « Qu'entends-tu par échappé? », demande-t-il en se levant avec un regard dangereux dans les yeux.

« Ichimaru-Taicho dit qu'il a été enlevé à Las Noches hier. » Izuru s'agite et affiche un air perplexe. « Mais je ne peux pas m'empêcher de penser qu'Ichigo s'est échappé tout seul. »

« Ce n'est tout simplement pas vrai. » Une voix calme vient d'interrompre leur conversation. « Ichigo Kurosaki a été enlevé par le capitaine de la onzième division, Zaraki Kenpachi. » C'est Aizen Sosuke.

Après ces mots, Hisagi se jette sur le brun avec un couteau caché dans sa main. Ses yeux reflètent l'intention de tuer. Aizen évite tranquillement et tord la main d'Hisagi derrière son dos, l'immobilisant en un seul geste. La lame tombe dans un bruit faible sur le sol. Et le coup d'Etat qu'Hisagi avait prévu toute la soirée est contenu et s'effondre en un simple geste.

« Aizen. » Hisagi crache le nom. Le brun sourit et hoche la tête. « Oui, moi », répond-il gaiement. Kira décide de prendre position et commence à énoncer un sort de kido « Oh s'il vous plaît, arrêtez avec ces bêtises. » Aizen envoie un sort d'entrave aux deux vice-capitaines, immobilisant ainsi leur mouvement.

« Maintenant, si je peux continuer », Aizen se dirige vers une chaise à proximité et croise les jambes avec élégance. « En ce qui concerne la disparition de Kurosaki, » commence l'homme, « vous deux, vous accompagnerez deux de mes espadas à la Soul Society et vous trouverez Kurosaki Ichigo. Une fois que vous l'aurez mis en sécurité, vous reviendrez ici et ... continuerez tout ce qui vous étiez en train de faire. » Aizen soulève un sourcil à la vue d'Hisagi nu, qui est plus en colère que décontenancé par la remarque.

« Est-ce que vos espadas ne vont pas être reconnus par le radar du Sereitei? », demande Kira qui se rappelle de sa conversation avec Ichigo.

« Oh non. » Aizen agite la main. « J'ai utilisé cette excuse parce que je voulais voir Ichigo suer. » Il sourit avec bienveillance, l'air très heureux de son propre plan. « Quoi qu'il en soit, s'il vous plaît soyez prêt dans dix minutes. Ulquiorra et Stark viendront vous chercher et vous rendre vos zanpakutos. »

« Vraiment? »

« Vraiment », assure Aizen. « Bien entendu, si vous essayez d'échapper ou d'attaquer mes espadas ... eh bien, permettez-moi de vous dire que vous aurez besoin d'un autre bain pour laver le sang », dit-il cruellement. « Faites un bon voyage. » Aizen se lève et disparait, libérant le sort de kido au moment de partir. Sur la chaise, se trouve un ensemble composé d'un hakama et d'un kosode blancs, avec l'obi appropriée noir. C'est pratiquement le même que leur Shihakusho, seulement les couleurs sont inversées.

« C'était ça ta 'bonne nouvelle', Hisagi-san? » dit faussement Kira en pointant le couteau pathétique.

« La ferme », grommèle Shuhei. Il jette le couteau par la fenêtre. 'Putain d'Aizen'. Il jure et avance vers son nouvel uniforme.


Note de l'auteur :

(1) Anata: couramment utilisé par les femmes pour répondre à leurs mari ou amant. Equivaut à 'mon chéri'

(2) Gaki: sale gosse

(3) Ossu: expression masculine très grossière. Dans ce contexte, il s'agit d'un masculin 'Hai'.

(4) Konbawa: bonsoir