Code Geass

Je me demande encore pourquoi je me suis attaquée à un monument comme Code Geass…Toutes ces intrigues, ces retournements de situation, ces mystères, ah, Code Geass est définitivement un manga génial ! Voici pourquoi j'ai jugé préférable de me lancer dans un AU (Alternative Universe) avec le risque que ça ne plaise pas à tout le monde. En effet, ici Lelouch ne sera pas humain, et Charles n'est pas encore le roi suprême de Britannia. Voilà, je vous préviens donc qu'il ne faudra pas trop se rattacher au manga original, en espérant que ma fic vaut le détour, bonne lecture ! =)


Chapitre 1

Charles, assis devant la table de chêne massif, attendait Lloyd Asplund qui ne venait toujours pas. Deux couverts étaient dressés sur la table, attendant de délicieux mets. C'était inadmissible, comment pouvait-il oser être en retard ! S'il avait été un de ses soldats, il l'aurait fait immédiatement exécuté. Or ce Lloyd n'était pas ordinaire. Non, c'était son scientifique le plus aguerri, le meilleur dans le domaine de la robotique, et il avait besoin de lui pour atteindre le grade suprême de Majesté. Depuis tout ce temps, il avait planifié cet attentat, et seul demain pouvait réunir toutes les conditions pour faire de lui une toute puissance ! Et, méditant sur sa situation, il se surprit à sourire à l'idée d'assassiner son propre frère. Un serviteur vint le tirer de sa rêverie :

-Sire, votre invité est arrivé.

-Eh bien ! Faites le donc entrer !

-Bien Sire.

Et le serviteur se recula pour laisser apparaître un homme mince en blouse blanche, grandes lunettes et cheveux ondulés. A sa vue, Charles se rasséréna, tout compte fait, ce fou avait fini son projet. Il tenait dans la main le croquis de sa nouvelle invention, un robot humanoïde doté de toutes les capacités de réflexion de l'humain : la pointe de la technologie.

Lloyd sourit en agitant sa main confusément :

-Désolé…j'ai traîné longtemps, n'est-ce pas ?

Charles ne répondit pas.

Lloyd prit une chaise et s'assit, il tendit le croquis d'un air malicieux. Charles le prit et le parcourut, s'attardant sur les différentes fonctions de la machine. Lloyd, quant à lui, ne cessait de vanter son prototype :

-Ah ! Tu ne le regretteras pas d'avoir investi une telle somme ! Vois par toi-même, j'ai fait en sorte qu'il ressemble en tout point à un humain, j'ai pris pour modèle un adolescent qui devrait avoir dans les seize ans. Mais regarde moi cette perfection ! Depuis un mois que je m'efforce à lui apprendre les réactions et sentiments des humains, il fait de gros progrès !

-Mais rassure moi, il a des capacités surnaturelles n'est-ce pas ? lança Charles, soupçonneux. Je ne veux pas d'un humain, moi, mais bien d'un tueur de sang-froid.

-Un tueur ? S'exclama Lloyd horrifié. Comment ? Je pensais qu'il ne servirait que pour des actions minimes et sans grande importance, tout comme mes précédentes inventions.

-Il faut dire que mes ambitions grandissent, Charles fit la moue.

Lloyd tressaillit, ce qu'il redoutait le plus semblait être sur le point de se produire. Pourtant, il savait depuis toujours, au fond de lui, que la soif de pouvoir de cet homme ne cessait de grandir, et qu'un jour viendra où personne ne pourra plus rien pour l'arrêter.

-Mais…bafouilla-t-il, il n'est pas conçu pour être violent. Je ne lui ai ajouté que des fonctions d'auto-défense. De plus, je l'ai programmé de tel sorte que jamais il ne…

-Silence ! Ici c'est moi qui décide, et si tu tiens à retrouver ta petite protégée, tu ferais mieux de te taire.

Charles était furieux. Il ne l'avait pas autorisé à prendre de telles libertés. Lloyd ne répliqua pas, soumis à l'impuissance. Charles se força à se calmer, et respira lentement.

-Ecoute moi bien, continua-t-il, ce robot n'a qu'un unique but, tuer une personne, et je ne veux pas de sentiments qui interviennent, tu m'as compris ?

Lloyd hocha lentement la tête, son sourire enfantin avait disparu, substitué au visage grave et triste qui supportait une douleur incommensurable. Depuis bien longtemps qu'il se cachait derrière ce masque de gaieté, à prendre tout au premier degré, se souciant de rien. Mais en vérité, il souffrait de l'absence de l'être cher. Il était tel un oiseau prisonnier, qui chantait sans conviction, pour survivre aux caprices du maître. Il leva les yeux vers la fenêtre, vers la liberté qu'il n'aura sans doute jamais, puis son regard revint inéluctablement vers le bourreau. Il sortit machinalement une carte électronique de petite taille de sa poche, et la posa sur la table.

-Cette carte te permettra de parvenir à tes fins, soupira-t-il, à contrecœur. Elle bloquera temporairement les sentiments du gamin, et tu pourras alors le commander sans contrainte. C'est un de mes élèves qui l'a fabriqué au cours d'une manipulation. Mais je te mets en garde, c'est un prototype imparfait. Il n'est efficace que durant une demi-journée seulement, et peut avoir des conséquences néfastes sur lui plus tard.

-Cela fera l'affaire, puisque je n'aurai plus besoin de lui après, ricana-t-il.

Le cœur du savant se serra à cette pensée, il l'avait crée avec tant de tendresse, pour finalement le destiner à un sort aussi cruel.

Soudain, un garçon apparut dans l'embrasure de la porte, les yeux égarés. Lorsqu'il vit Lloyd, il avança instinctivement d'un pas, mais ayant aperçu un étranger aux côtés de son maître, il fronça les sourcils et jugea plus prudent de rester à la porte.

-Professeur…

Charles n'eut pas de mal à reconnaître l'adolescent. Il correspondait parfaitement au croquis du savant. Grand, mince, brun aux yeux mauves, un visage fin qui mimait en ce moment une perplexité profonde. Il portait une simple chemise blanche et un jean chiffonné. Charles le jugea bien faible, et se demandait si ce gringalet était réellement celui qui allait exécuter sa Majesté.

-Ah Lelouch ! Tu tombes mal, je suis occupé.

-Lelouch ? S'étonna Charles.

-Oui, c'est son nom.

-Haha ! Ricana le vice-consul de l'empire. Fais ce que tu veux, vieux fou. Amène toi donc Lelouch.

Lelouch s'avança prudemment. Sa première impression venait d'être confirmée. Ce type était dangereux, il ne l'aimait pas du tout, et qui plus est, il manquait de respect au professeur.

-Lloyd, dis donc à ton protégé ce qu'il va accomplir.

Mais Lloyd s'obstina à rester silencieux, il détourna les yeux.

-Quoi donc, Professeur ? Si c'est pour le morceau que vous m'avez montré au piano tout à l'heure, je l'ai appris. Voulez-vous…

Charles éclata de rire ouvertement. Lelouch en fut blessé, mais comme le lui avait appris son maître, il cacha ses sentiments. Quant à Lloyd, il n'osait plus respirer.

-Non, tu es bien naïf. Ce que je te demande, c'est d'assassiner Sa Majesté, Elyon.

Lelouch, de marbre jusqu'alors, afficha une expression de stupeur. Il regarda tour à tour les deux, essayant de déceler une quelconque plaisanterie. Enfin, il parvint à articuler :

-Mais…c'est mal, n'est-ce pas professeur ? protesta Lelouch, tremblant.

Mais comme Lloyd ne répondait toujours pas, il fut pris d'une panique soudaine, cet étranger le mettait mal à l'aise, et il ne savait plus quoi répondre.

-La carte a une durée de 12 heures, et comme la date de mise à mort est le lendemain, à 7h15… vous pouvez donc l'insérer maintenant.

Le professeur était devenu blême.

-Inutile de vous préciser que c'est un ordre qui n'attend aucun refus.

Le cœur déchiré, Lloyd se dirigea vers son disciple, la carte à la main. Celui restait figé, dans l'incapacité de faire le moindre mouvement. Le savant serra Lelouch dans ses bras. Longtemps. Puis, dans cette même posture, comme pour le rassurer, il activa de sa main droite une touche située au creux de l'épaule de son invention, qui déploya sous l'omoplate une série de circuits et de branchement complexes.

-Professeur, qu…qu'est-ce que vous faites ? dit-t-il d'une voix blanche.

La respiration de Lelouch se fit plus saccadée, il sentait bien cette grande émotion qui s'emparait de son maître tout entier, oui, la souffrance, ainsi qu'on la nomme, chez les humains.

-Tu n'es pas un criminel, mon garçon. Tu es une victime. Ne l'oublie pas. Adieu, Lelouch.

Et il inséra la carte. Tout le circuit fut bouleversé, Lelouch sentit sa volonté fléchir, il n'était plus maître de rien, le contour de ses yeux devint rouge, il n'arrivait plus à penser, puis il sombra dans le néant, plus rien.