De retour ! Merci pour les reviews, ça fait plaisir :D j'espère que le chapitre3 apportera son lot de surprises, j'ai introduit Suzaku et Shirley.


Chapitre 3 :

Suzaku leva brusquement la tête et se tourna vers sa sœur. Celle-ci aussi avait entendu le bruit mat parvenu de la porte d'entrée, et le regardait, inquiète. Il lui fit signe de ne pas bouger, et se glissa lentement vers la menace. Il attrapa au passage son silencieux rechargé. Trois cartouches. Il ouvrit la porte précipitamment, mais aucune trace de danger. Ce qu'il découvrit le laissa coi de surprise.

-Shirley ! Quelqu'un est évanoui sur le pas de la porte.

Elle eut un mouvement de surprise, avant d'accourir aider son frère à porter l'inconnu sur le canapé. C'était bien la première fois qu'ils recevaient de la visite. Le chalet se situait au fin fond de la forêt. Suzaku lui tâta le pouls au poignet, mais ne sentit rien. Il prit peur, mais en posant sa tête sur la poitrine du jeune homme, il put entendre son cœur battre faiblement.

-Que fait-on ? Il est tellement pâle ! demanda Shirley.

-On attend père.

-Mais…Il vient à peine de partir, fit-elle remarquer.

-Si tu veux courir le risque de l'interrompre en pleine partie de chasse…Libre à toi, sourit narquoisement Suzaku.

-Oh, ça va…, grommela la jeune fille.

Et son attention se reporta sur l'adolescent inconscient. Il dormait, presque paisiblement.


Deux heures plus tard, Lelouch entrouvrit les paupières.

-Ça y est, il se réveille !

Il vit, penché sur lui, deux adolescents qui l'observaient. La jeune fille aux cheveux longs, chatoyants de feu lui sourit, tandis que le garçon aux yeux verts, châtains clairs se leva, soupirant.

-Tout va bien ?

-Ou…oui, enfin je crois.

-Tu n'as pas de trace apparente de blessure, alors on n'a pas jugé nécessaire de t'examiner. Mais puisque tu es conscient à présent, tu devrais nous laisser voir ton état de santé.

-Non ! cria-t-il instantanément. Enfin, je veux dire, que ce n'est pas la peine, se reprit-t-il.

Lelouch se sentait mal. Encore une fois, sa mémoire avait été altérée! Il jura que ce serait bien la dernière fois. Et là, il ne se souvenait absolument de rien ! De rien…excepté une chose il se savait différent de ces deux là. Oui, il savait, au plus profond de lui qu'il n'était pas un humain, et lui laisser les diagnostiquer révélerait ce secret. Or il ressentait le besoin vital de le cacher, comme si cela le liait à la vie.

On fit les présentations, et on l'informa de son arrivée inattendue. Ils demandèrent des éclaircissements auxquels Lelouch était dans l'incapacité de répondre. Ils en vinrent à la conclusion qu'il avait perdu la mémoire. Un peu dépité, il aperçut alors le grand piano d'ébène qui trônait au centre de la grande pièce. Il s'approcha de celui-ci, comme par instinct.

-Il appartenait à notre oncle, déclara Suzaku.

-Je…je connais un morceau, lâcha-t-il.

Oui, il se souvenait d'un piano semblable. Mais où l'avait-t-il déjà vu ? Il s'y installa, et, sous le regard encourageant de Shirley, il entama l'unique morceau qu'il avait appris. La musique était fluide, telle une source d'eau qui déversait un ruisseau calme et apaisant. Les notes défilaient, et ses mains parcouraient agilement le clavier noir et blanc. Lelouch ne comprenait pas bien comment, mais il se souvenait parfaitement de tout les enchaînements. Suzaku esquissa un sourire. C'était le même morceau que son père apprenait depuis quelques jours. Quelle étrange coïncidence. Le morceau fut interrompu par la cloche de l'entrée.

-Déjà ? S'étonna Shirley.

-Il a du rater sa proie et s'énerver, plaisanta son frère. Je vais ouvrir.

Shirley sourit.

Suzaku traversa la salle de séjour, posant le regard involontairement sur la photo de famille posée sur l'armoire. Il y resta attaché un instant, puis poursuivit sa route. Lorsqu'il ouvrit la porte, il y trouva deux gardes armés.

-Suzaku, prince de Britannia ? Interrogea l'un.

-C'est moi, dit-il gravement.

-Nous sommes envoyés par votre oncle. J'ai le regret de vous annoncer la mort de votre père, Elyon vi Britannia.

Suzaku ne cilla pas. Etant le fils d'un roi, il se devait de rester impassible, bien que cela l'affecte au plus haut point. Il se força à se calmer pour ne pas faire trembler sa voix.

-Comment est-ce arrivé ?

-Ce matin, dans la forêt, tué par son propre fusil de chasse. En attendant vos dix-huit ans, ce sera votre oncle Charles, qui assurera la fonction de roi suprême.

-Fallait s'y attendre, grinça t-il entre les dents.

-Je vous demande pardon ?

-Non, rien.

-Le roi Charles pense qu'il s'agit d'un meurtre, reprit le second soldat. Nous sommes en ce moment à la recherche du criminel et vous demandons de bien vouloir rester chez vous durant ce temps, pour votre sécurité. Nous sommes sur une piste. Y a-t-il d'autres occupants dans la villa ?

-Juste ma sœur, et moi, déclara Suzaku après une brève pause.

Il n'avait aucune confiance en ces soldats. Il jugeait plus sage de ne pas leur parler de Lelouch. Mais il était certain que la présence de Lelouch dans cette forêt n'était sûrement pas une pure coïncidence.

-Bien, prévenez-nous s'il se produit quelque chose d'anormal. De notre côté, nous vous tiendrons avancé de notre enquête.

-Je n'y manquerai pas, promit-il.

Lorsqu'il revint, il trouva Shirley au piano qui montrait à Lelouch le Canon in D, de Pachelbel. Celui-ci était ravi, et assimilait les notes au fur et à mesure qu'elle jouait.

Suzaku leur annonça amèrement la mort du roi Elyon. Les larmes jaillirent involontairement des yeux de sa sœur, et Lelouch fut consterné. Suzaku alla s'asseoir, sur le canapé. Il leva les yeux au plafond.

Pourquoi ? Quelque chose clochait. Personne d'étranger à la famille ne connaissait la passion de son père pour la chasse. Qui plus est, qui avait trouvé le corps ? Et dans quelles circonstances ? Le criminel aurait-il lui-même averti les autorités pour qu'ils découvrent le meurtre avant même la fin de la chasse ? C'en était risible, quelle idée sordide ! Alors…quoi ? Il entendait les sanglots étouffés de sa sœur, et Lelouch qui tentait de la consoler. Pourquoi ? Aspiré dans ses pensées, il ne remarqua pas l'odeur de butane qui se répandait dans la pièce, fourbe. Shirley s'était plongée dans la photo qui trônait sur la table basse. Un souvenir précieux, où l'on pouvait apercevoir une famille unie et soudée. Elle et son frère au premier plan, pêchant un grand thon rouge, et derrière, les deux parents défunts assis à leurs côtés, souriant joyeusement. C'était l'époque où leur père n'était pas encore roi. L'époque où tout allait bien. Lelouch se redressa subitement, inquiet de cette odeur de brulé.

-Suzaku, tu ne sens rien ? Ça… ça va exploser !

Sans un mot de plus, le châtain comprit de quoi il parlait. Comment n'avait-il pas senti ? Suzaku courut vers la porte, et étrangement, il ne s'étonna pas de la trouver fermer, comme si cette journée n'était pas encore assez insolite.

-Pas par là ! Grimaça-t-il.

Lelouch prit une chaise et la fracassa contre la vitre. Il constata amèrement que la vitre ne reçut aucune égratignure. En revanche, la chaise n'avait pas pris qu'une éraflure, elle était en mille morceaux.

-Elle est anti pare-balles, soupira Suzaku.

-C'est ce que nous verrons bien.

Et il se précipita sur la paroi.

-Ne fais pas ça ! hurla Shirley.

L'impact fut si violent que la vitre se brisa, déchirant la chemise du brun. Les débris auraient du le transpercer, mais étrangement il était indemne. Shirley s'empara du cadre photo, et sauta dans la brèche ouverte, suivi juste après de Suzaku. L'explosion ne se fit pas attendre. Elle souffla le chalet entier. Une vague de chaleur déferla tout autour, et les trois adolescents durent se coucher dans les herbes pour éviter les débris flambants qui fusaient de tout sens. Sidérée par la puissance, Shirley jeta un regard hébété sur la masse carbonisée où se tenait un instant plus tôt son domicile. Elle regarda ses deux compagnons, et elle réalisa qu'ils étaient passés à côté d'une mort certaine sans Lelouch.

-M…merci, balbutia-t-elle, serrant la photo entre ses mains.

-Regardez ! Cria soudain le châtain clair.

Il pointa du doigt les flammes de la maison. En regardant plus attentivement, Shirley put distinguer une silhouette cachée par l'écran de fumée qui s'échappait de l'incendie. Une silhouette à l'allure féminine, perchée sur une haute branche. Mais, avant même qu'ils aient put réagir, elle disparut, s'engouffrant dans les ténèbres. Ils restèrent là, à contempler le macabre spectacle, puis finalement, Suzaku brisa le silence :

-On a voulu nous tuer, par l'intermédiaire de cette femme.

-Se pourrait-il…que ce soit Elle le criminel qui a tué… s'étrangla sa sœur.

-Non, impossible. Elle ne peut être au courant pour la résidence. Il y a un traître dans la famille.

Suzaku braqua son regard sur Lelouch, resté silencieux, attendant un quelconque signe révélateur un indice qui aurait pu cerner son identité. Il fut stupéfait de découvrir qu'il n'était nullement blessé, bien que sa chemise fût roussie, en lambeaux. Il aperçut alors, à travers le reste de la chemise, entre les omoplates, une inscription. Elle était gravée d'une grande lettre calligraphiée, un L.