Chapitre qui tient plus de la révélation je dirai. Lelouch est mis à rude épreuve, mais je pense que c'est à cause de son caractère (je le vois mal se morfondre d'avoir tué Elyon, voilà qui justifie la fin du chapitre :) Si le chapitre manque de clarté, c'est à cause de Lelouch ! (Qui peut comprendre ce qui lui passe par la tête…son esprit est impénétrable u_u) Voilà pourquoi j'ai essayé, mais je vous préviens que je ne suis pas vraiment satisfaite du chapitre, et si vous avez des suggestions à me faire part, je suis toute ouïe !


Chapitre 4 :

Charles se délectait du verre de vin rouge qu'il était allé faire puiser des profondeurs de la cave royale. Assis sur le trône de son défunt frère, il semblait qu'il dominait tout le royaume. Quelle puissance lui procurait ce sentiment. Aucun obstacle ne se dresserait sur son chemin, mais il devait pour cela prendre des précautions. Cependant cela lui déplaisait de les supprimer, enfin qu'importe après tout, s'il pouvait régner en maître absolu. Quelqu'un toqua à la porte, le ramenant à la réalité. C'était son bras droit, qui s'occupait du bon déroulement des affaires. Celui qui le tenait aux dernières nouvelles.

-Je viens vous apprendre qu'elle n'a pas réussi sa mission.

-Comment ? Rugit-il. Elle a échoué ?

Le conseiller toussota légèrement, puis se raclant la gorge.

-Il est vrai, Charles-sama, qu'elle est votre arme la plus sûre, la première que Lloyd ait construite ! Mais dois-je vous rappeler que ces temps-ci, son mécanisme se dérègle, et que c'est la raison pour laquelle vous lui avez ordonné de créer un autre prototype capable d'assouvir vos ambitions ?

Charles se renfrogna :

-Ah oui, ce…Lelouch. Un bon à rien.

-Il a tout de même accompli sa mission avec succès, fit remarquer l'autre.

-Oui, mais à présent, il risque de tout compromettre ! Il n'est pas retourné à la base comme prévu, et s'il venait à souffler mot de l'histoire…

-Personne n'en saura rien, Majesté. Il se trouve que C.C, malgré ce cuisant échec, a récolté une information primordiale.

Il attendit quelques instants, pour produire meilleur effet.

-Vas-tu enfin me dire de quoi il s'agit ! S'emporta le roi.

-Il est avec eux, souffla-t-il.

Charles se redressa, subitement. Son œil brillait sournoisement. Un rictus se forma sur son visage, déformant son visage humain. Il semblait qu'à cet instant, le diable s'était manifesté à travers lui.

-Avec eux…dis-tu ?

-Affirmatif. C'est lui, qui a empêché la réussite de la mission.

Le roi jura. Ainsi donc, ce sale robot sabotait ses plans. Qu'il n'en tienne, il l'écraserait. Bientôt, il comprendra son erreur, et il regrettera, éternellement.

-Dites-lui de me l'amener. Intact, dit-il d'un ton neutre, mais qui n'admettait aucune objection.

-Il sera fait selon vos désirs, Sire.

Et il se retira, laissant le despote à son sombre projet.


Suzaku ne dit rien. Il préféra attendre le moment opportun pour demander des comptes à Lelouch. Il ne lui avait pas tout dit. Et cette marque…Lelouch s'approcha de Shirley et lui tendit la main pour la relever. Après mûre réflexion, il jugea qu'il était plus prudent de se rendre dans la ville la plus proche afin de trouver de l'aide. Trois kilomètres les séparaient d'ici.

Les premières heures furent longues et fastidieuses. Shirley marchait au radar, plongée dans ses pensées. Suzaku cherchait vainement une explication à ce bouleversement soudain. Quant à Lelouch, il ne cessait de crisper sa main au niveau du cœur. La carte qui était la cause de la souffrance, avait à présent grillé. Et, en se consumant, elle avait laissé place petit à petit, à des souvenirs du passé. Il entrevit l'image d'un homme qui lui souriait, tandis qu'il entamait au piano une douce mélodie. Un piano d'ébène. Puis des voix se matérialisaient dans son esprit.

-Ils vont t'enlever à moi. Comme ils me l'on enlevée, auparavant.

- De qui parlez-vous donc, professeur ?

Lelouch reconnut sa propre voix.

-De ma plus grande fierté. Je la chérissais tant.

C'était elle, sa première œuvre, elle qui l'avait précédé. Elle était belle, et si pleine de vie. Mais ils étaient venus lui retirer son bonheur, et la jeune fille avait fini sans doute par l'oublier. Et la voix continuait mélancoliquement, puis, peu à peu se fit plus sourde, avant de s'éteindre dans l'oubli.

-On fait une pause, on ne doit plus être trop loin.

Lelouch était encore transi par ce souvenir. Il regarda pensivement le lac au miroir argenté qui s'étendait à l'horizon. Alors qu'il se retourna, Suzaku le plaqua rudement contre un arbre.

-Alors ?

-Alors quoi ? répondit Lelouch.

Il remarqua que Shirley n'était plus là, sans doute l'avait-il éloigné pour ne pas l'impliquer. Suzaku soupira, et le regardant droit dans les yeux :

-Je ne suis pas dupe, tu sais. Qui es-tu exactement ?

Lelouch garda son masque froid. Pourtant, il se sentait acculé. Continuer de nier n'aurait conduit qu'à une plus grande méfiance. Il se raidit lorsque l'autre lui chuchota à l'oreille :

-Je sais….pour le symbole.

Lelouch se laissa glisser par terre, abattu. Il se doutait de quelque chose depuis le début, c'était évident. Un flot de paroles se déversa, comme s'il eut le besoin de se vider du mensonge.

-Je…je ne suis pas humain, lâcha-t-il. J'aurai voulu te le dire plus tôt, mais c'était…au-dessus de mes forces.

Suzaku resta de marbre. Il assimilait la nouvelle. Cela semblait tellement surréaliste, cette reproduction originale de l'humain, qui présentait les mêmes caractéristiques que lui. Involontairement, il ressentit de l'admiration, car même lui n'avait pas pu déceler le secret que gardait cet être fait de matière brute. Ce sentiment laissa place à la gêne, car en révélant ce lourd secret, Lelouch l'avait laissé pénétrer au plus profond de lui, ou plutôt, Suzaku avait forcé le passage. Cela expliquait pas mal de choses, comme le fait qu'il avait réussi à briser cette vitre sans avoir une égratignure, ou encore qu'il avait détecté l'odeur de gaz avant eux.

-Et…tu ne te souviens de rien d'autre ?

Lelouch secoua négativement la tête :

-Non, mais je sens que les souvenirs refont surface un à un, bientôt je recouvrerai une partie de la mémoire. Mais qui sait combien de temps cela prendra.

-Et si…je jetai un coup d'œil à ton circuit, peut-être que cela accélérera le processus.

Lelouch réfléchit un instant, puis acquiesça. Plus tôt il se rappellera, mieux ce sera pour tous. Il se leva. Suzaku lui dit :

-Shirley ne devrait pas tarder à revenir. Elle avait besoin de se recueillir au lac. C'est là-bas que nous avons passé notre enfance.

-Suzaku !

Celui-ci se tourna vers la voix, et se mordit les lèvres. Shirley avançait, un couteau sous la gorge, menacée par une jeune fille cachée derrière elle, à l'abri. Lelouch eut un sursaut, il l'avait reconnu.

-Remets-moi Lelouch.

Elle devait avoir leur âge. Elle portait une chemise identique à lui, et un short mauve serré à la taille. De longs cheveux verts tombaient dans son dos. Ses yeux avaient une couleur or. Ses traits fins et réguliers tiraient sur une blancheur presque pâle. Elle n'hésiterait pas à la tuer, Lelouch le savait.

-Ne fais pas ça, C.C.

Elle tiqua au nom.

-Comment le connais-tu ?

Lelouch ne répondit pas, et ils restèrent ainsi pendant de longues secondes, à se dévisager.

-Bien, je n'ai pas le choix je crois…je viens avec toi, céda-t-il.

-Lelouch…

Les yeux verts de Suzaku se fixèrent sur lui. Celui-ci fit un signe négatif de la tête, avant de s'avancer vers C.C. Au croisement, elle relâcha Shirley qui courut se blottir entre les bras de son frère, lui jetant un regard silencieux. Suzaku comprit le message, et lui rendit son regard, comme pour conclure le pacte qu'ils avaient formé tacitement. Ils se lanceraient à leur poursuite dès leur départ.

Mais Lelouch aussi avait intercepté le regard, et il prit peur pour ses amis. S'ils tentaient de le retrouver…ils le paieraient de leur vie. Lelouch réfléchissait vite, il devait fermement leur faire comprendre qu'ils ne devaient en aucun cas le suivre. Même si cela lui faisait mal, c'était là que leur chemin se séparait, inévitablement. Il leur avait attiré trop d'ennuis, c'était mieux comme ça. Mais…comment les prévenir sans alerter la méfiance de C.C ?

Soudain, il fut prit d'un affreux doute. Et ce doute se mua en peur, puis en certitude. Oui, tout était clair. Et cette culpabilité qui était enfouie si profondément, venait d'éclater. Lelouch, c'est toi, se dit-il. C'est toi…

Il regarda ceux qu'ils pensaient être ses amis, alors qu'il les avait trahis. Et il lui vint une idée, oui, c'était la seule solution qui pouvait leur faire renoncer au projet. Son cœur se serra. Ne me rattrapez pas, ça ne vaut pas la peine. Ce sentiment de tristesse, Lelouch l'enfouit profondément dans son cœur pour ne pas se laisser influencer. Il le fallait. Il se tourna calmement vers son assaillant.

-C.C, qui t'envoie ?

-Tu n'as pas à le savoir. Suis-moi juste, tu es mon prisonnier, ça te suffit, non ?

Elle fit demi-tour, toujours en le menaçant du poignard. Mais il ajouta d'un ton sérieux :

-C'est Charles qui t'envoie, n'est-ce pas ? Il a enfin trouvé le meurtrier.

C.C s'arrêta, et sourit.

-Alors, tu te souviens à présent ? C'est toi.