Première chose à dire : Désolé pour l'attente à tous mes lectrices, et surtout à mes revieweuses ! Je sais, ça était long, faut dire que j'aimais bien la fin de mon chapitre7, et comme j'avais plusieurs voies différentes possibles pour continuer, et que je cherchais la meilleure, à la fin j'avais abandonné. Mais le voilà, le chapitre 8, et je vais essayer de faire un effort pour publier rapidement le 9. Merci Ryoku, je me suis rendue compte que c'était un peu ambigüe la relation Zero-Lelouch grâce à toi, ce chapitre va y remédier ;)
Chapitre 8 :
Ses lèvres sur les siennes. Sa chevelure émeraude qui lui fouettait le visage. Son air si surpris à cet instant. Son visage se mua tout à coup et il vit, horrifié, C.C se déstructurer pour prendre l'apparence d'un monstre assoiffé de haine. Elle lui bondit dessus, et Lelouch hurla de terreur. Ce fut un choc quand il revint à lui. Encore désorienté, il scruta les alentours. Seule la forêt l'entourait de ses immenses bras. Quelques gouttes de sueur perlèrent le long de sa tempe. Un rêve. Ce n'était qu'un mauvais rêve. Depuis qu'il avait quitté C.C, il avait dû errer sur plusieurs kilomètres, seul au milieu de la nuit. Toutes ces ténèbres, c'était nouveau pour lui. Lui qui n'existait que depuis si peu de temps. Il se sentait comme un enfant qui grâce aux expériences, apprenait pas à pas le sens de la vie. Une période entre trois et six ans selon son maître, mais lui n'avait pas tout ce temps-ci. Il allait devoir passer par un apprentissage accéléré s'il voulait ramener C.C auprès de Lloyd. D'un coup, le baiser échangé lui revint en mémoire, et à cette réminiscence, il ne put s'empêcher de serrer les poings. Il releva la tête et murmura :
-Comment as-tu osé.
Seul le silence lui répondit.
-Salaud réponds ! cracha Lelouch.
Cette fois-ci il en avait assez, il rassembla toute sa force dans son poing, et frappa l'arbre le plus proche. L'impact causé forma un trou géant dans l'écorce. Une douleur fulgurante le traversa en un éclair. Malgré cela, il ne faiblit pas, toujours le poing enfoncé dans l'arbre, il ne bougea plus. Il guettait. Et ce qu'il attendait ne tarda pas à se manifester. Un grognement sourd au début. Puis un râle, et enfin une voix surgissant de nulle part, dans sa tête :
-à quoi tu joues imbécile ! Ça fait mal ça ! glapit la voix.
-Je m'en doutais. C'est toi le responsable, sors de mon corps de suite.
-Je ne peux pas, dit la voix, amusée.
Un second Lelouch se matérialisa à côté du vrai. Il le prit par les épaules et se pencha en avant, comme pour lui murmurer un secret :
-parce que…je suis toi, ricana-t-il.
Lelouch retira brusquement son poing et fit volte-face. Personne. Mais du fond de la forêt, il pouvait encore entendre le ricanement menaçant de son autre entité : Zero. Oui, il avait tout entendu de la dernière scène, clairement. Il avait ressenti les mêmes sensations que Zero lorsque celui-ci l'avait embrassé, et il avait assisté, impuissant à cette scène, comme un spectateur, les bras ballant, dans une lâche docilité. Depuis que Zero avait dévoilé son identité à C.C, Lelouch avait enfin pris conscience de sa présence.
-Professeur, souffla le brun, depuis quand…me contrôle-t-il si facilement ? je n'ai plus assez de volonté pour lutter.
S'apercevant de la dérision de la situation, il se renfrogna :
-Je suis fou, je me mets à parler seul. Pauvre Lelouch, que deviendras-tu ? et dire qu'il te reste si peu de temps…si je ne suis pas auprès de C.C, qui le fera ?
-Si tu restes ici à te poser des questions, C.C mourra.
Lelouch, surpris, tourna la tête en provenance de la voix. Il faisait noir, mais malgré cela, l'aube qui pointait transperçait de ses rayons la sombre masse d'arbres lui permettait de distinguer un garçon portant une tenue assez délabrée comme s'il venait de passer plusieurs jours dans la jungle. Puis il pensa qu'il devait sans doute se trouver dans le même état vu les épreuves qu'il avait essuyées. En scrutant bien, il put reconnaître le garçon châtain. De suite il sursauta et recula, méfiant :
-Suzaku…depuis quand…
-Je suis là ? il s'éclaircit la voix en se raclant la gorge, et tenta une imitation. « je suis fou, je me mets à parler seul. »
-C'est faux, j'ai pas une voix de gonzesse, grommela Lelouch vexé.
-Tant pis pour toi si tu n'apprécies pas mon imitation à sa juste valeur. Bref, passons, si tu tiens à savoir comment je t'ai retrouvé, j'ai croisé une certaine Kallen. Après m'avoir raconté ce qui s'était passé, je lui ai confié Shirley pour partir à ta recherche. Écoute Lelouch, je ne veux pas me battre contre toi, alors arrête de te mettre en défensive.
Le brun voulut protester, mais il remarqua que tous ses muscles étaient tendus, prêts à bondir. Essayant de se décontracter, il baissa les bras.
-Tu sais, poursuivit le châtain, je n'ai pas bien compris la raison pour laquelle tu es séparé de C.C, et à dire vrai, je m'en moque, mais je ne doute pas que la conséquence sera rave pour elle si elle rentre auprès de Charles sans toi, alors cesse de te morfondre ici et rejoins la bon sang !
Lelouch le toisa un instant, puis se retourna et lança avec désinvolture :
-Non. Je suis fatigué de tout cela. Je reste ici.
Abasourdi en premier lieu, ce sentiment laissa vite place à l'énervement chez Suzaku :
-C'est faux. Tu veux rester ici parce que tu as peur de te faire manipuler par Zero, et de ne pas pouvoir le maîtriser.
Le cyborg fut parcouru d'un tressaillement imperceptible, touché en plein cœur. Il avait dû entendre toute la conversation alors.
-De toute façon, je ne peux rien pour elle, soupira-t-il. Je suis même pas fichu capable de veiller sur moi-même, dit-il avec sarcasme.
Il leva lentement sa main tremblante et blessée d'où émanait du sang bleu argenté pour qu'il puisse le voir à la lumière du jour. Suzaku l'aperçut, de même que sa blessure à l'épaule qui cicatrisait doucement. Il poussa un soupir. Il fallait l'avouer qu'il était assez mal en point. Mais n'était-ce pas un robot après tout…ou simplement un humain emprisonné dans une cage ? Perdu dans ses pensées, Lelouch ne vit pas Suzaku approcher. Celui-ci le frappa à l'estomac. Stupéfait, le souffle court, il se plia en deux et le fusilla du regard. Haletant à petits coups rapides, il attendait une explication à ce geste, et ce que lui dit son ami le laissa sans voix.
-A présent, j'espère que tu vas cesser de dire autant de bêtises, parce qu'au fond, tu le sais aussi bien que moi, que tu es le seul qui puisse la sauver. Zero fait partie intégrante de toi, il ne te trahira pas, tu n'as pas de choix, mais des obligations. Peut-être que Lloyd a oublié de te donner une conscience, mais je suis là pour te le rappeler. Maintenant, si ça ne t'ennuie pas, je vais empêcher Charles de s'emparer du monde, et j'y arriverai. Avec ou sans toi.
Avec une majesté glaciale, il disparut sans même lui jeter un regard. Le vent hurlait tristement à travers la dense et sombre prison qu'était la forêt, s'engouffrant de tous parts. Une bien mélancolique mélodie. La nuit avait laissé place au jour. Zero prit finalement la parole :
-Dis donc il est bien convaincant ton ami, siffla-t-il.
-Le salaud, sourit Lelouch, je n'ai plus le choix, je dois regagner ma dignité. Je dois…finir mon travail. Allez Zero, allons botter le cul à sa Majesté Charles.
-Eh, ne crois pas que tu peux me traiter comme un ami, rétorqua son double, mais c'est bien parlé. Allons le corriger, sinon je serai presque capable de ressentir des remords, dit-il d'un air amusé.
Il se releva, et courut rejoindre son compagnon.
Quelques heures plus tard, ils se trouvaient perchés sur une branche solide qui surplombait le château. A l'abri des regards, Lelouch réfléchissait sur la manière de s'infiltrer dans la forteresse lorsqu'il aperçut C.C qui traversa le portail. La vue donnait sur la cour intérieure du bâtiment, de sorte que de là où ils étaient, ils pouvaient observer la retrouvaille entre la cyborg et Charles, qui l'attendait, debout au milieu de la cour, entouré de nombreux gardes.
Il aurait voulu sauté pour s'interposer lorsqu'elle reçut une gifle du roi, mais il se ravisa. Il y avait bien trop de gardes, et il était lâche. A présent, elle était à genoux, et Charles hurlait si fort que Suzaku pouvait l'entendre.
-Tu sais le danger qu'il représente ? Lui aussi c'est une œuvre de Lloyd, et tout ce qui provient de ce fou est une menace ! Toi non bien entendu, vu que j'ai scellé tes pouvoirs, et vu la force que Lloyd emploie pour te retrouver, ça m'étonnerait qu'il lâche le morceau. Je crois même qu'il est temps que j'arrête de l'utiliser, il pourrait se retourner contre moi, il n'attend que ça, une ouverture pour me poignarder dans le dos. Et ce gamin…de toute façon il ne sera bientôt plus de ce monde, ça ne devrait pas tarder, mais quand bien même, on ne sait jamais maintenant qu'il est en liberté.
Suzaku frémit en entendant cette dernière phrase et jeta un coup d'œil à Lelouch, mais son visage était caché par l'ombre. Tout à coup, Charles sortit une arme et la pointa en direction de la fille :
-Tu sais aussi bien que moi ce que c'est, n'est-ce pas ? La seule arme qui puisse véritablement tuer un cyborg.
Au même moment, Lelouch sauta et atterrit dans la cour. En une fraction de seconde Suzaku l'avait rejoint et plaqua son ami rudement au sol en le maîtrisant du bras. Il s'inclina légèrement face à son oncle. Seul l'incompréhension demeura. Dans la stupéfaction générale, Suzaku eut le temps de lui souffler, sans mouvoir ses lèvres :
-Fais-moi confiance.
Tous les gardes pointaient leur arme vers les deux intrus. Charles prit la parole :
-Eh bien que vois-je ? ricana-t-il. Mon neveu préféré qui m'apporte sur un plateau…ce misérable traître.
