Voilà, deuxième partie du chapitre ! Et sûrement avant-dernier... Un peu mélancolique encore je le crains, mais promis, le prochain sera plus léger ! Avec peut-être une petite surprise...
Bon, sur ce, bonne lecture !
Et bon courage pour tous ceux qui passent le bac et je sais qu'ils sont nombreux sur ce site, en espérant que ce chapitre leur changera un peu les idées..
….. And What John Found There
« Funny how I'm on myself with you
Than I ever knew
So here you know what I'm saying
To you this evening
Think it through
You thought I was your best friend
Hold on, hold on, hold on to what we have
Yesterday is gone and the night is long
We'll hold on to what we have »
« Just Hold On » du groupe Texas
Ce fut un John grelottant et trempé jusqu'aux os, que Sherlock découvrit sur le perron , quelques heures après le départ précipité du médecin sous un ciel orageux.
Le blond eut tout juste le temps d'échanger un bref regard avec le détective avant d'être intercepté par la logeuse, qui tout lui jetant brusquement une couverture sur les épaules, marmonnait :
« Toujours la même chose avec ces deux-là… Des disputes, des portes qui claquent, puis un jeune homme qui revient malade comme un chien d'avoir boudé pendant des heures au parc… »
Le médecin se laissa faire, encore trop secoué par les récents événements pour protester, et tandis que Mrs Hudson se précipitait dans son appartement pour aller lui chercher une tasse de chocolat chaud, il s'installa lentement sur la première marche de l'escalier, bientôt rejoint par Sherlock.
« John veux-tu qu'on… »
Le médecin secoua la tête, resserrant sa couverture autour de ses épaules .
Les deux hommes restèrent silencieux pendant quelques minutes. Puis lentement, très lentement, le médecin se retourna. Il resta immobile un court instant, ses yeux fixés sur le mur devant lui, puis se précipita pour tâter frénétiquement celui-ci.
« Où est le … Il y avait un trou dans le mur… Où il est ? »
Le blond eut un rire nerveux.
« Hein Sherlock, je ne suis pas fou ? Dis-moi qu' il y a quelques heures encore le mur était endommagé ! »
John jeta alors des regards inquiets autour de lui.
« Le corps ? Où est le corps ? Il y avait cet homme, le barbu, là … »
Sherlock ouvrit la bouche, lorsqu'un petit déclic se fit entendre. C'était Mrs Hudson qui apportait la collation chaude au médecin.
« Voilà, désolé d'avoir mis autant de temps, mais… »
« Merci Mrs Hudson » fit le détective en s'emparant vivement de la tasse brûlante, « Ca sera tout pour le moment… »
« Si vous avez besoin de quelque chose d'autre, je suis .. »
« Oui, c'est ça, c'est ça » dit le jeune homme en refermant la porte sur la logeuse.
Après avoir donné la tasse à John, le grand brun resta un moment silencieux, son regard perdu au loin.
« John, ce que je suis sur le point de te dire, est à la fois extrêmement important et … insensé »
« John… » répéta le détective en se rapprochant lentement vers le médecin.
« Tu n'es pas fou, tu es même la personne la plus sensée que j'ai jamais rencontrée. Il y a bien eu une explosion, un sorcier s'est effondré ici-même. Tu as entendu des mots…
« Sorcier, vous avez parlé de sorciers avec l'autre Dolo... machin»
« Et j'en suis un, ainsi que Dolohov »
Le blond resta un moment, instant bouche-bée. Puis il éclata de rire.
« Sherlock si tu n'étais pas juste la personne la plus méthodique et pragmatique en ce monde, je m'inquiéterais sérieusement pour ta santé mentale !»
« Alors comment expliques-tu les jets de lumières, cet homme à la stature d'une armoire à glace qui s'effondre soudainement, sans un spasme ? »
« Je ne sais pas, des feux d'artifices, une rupture d'anévrisme … » fit le médecin sur un ton impatient, agitant sa main comme pour chasser une mouche.
« Et le mur. Comment a-t' il pu être réparé en si peu de temps ? »
« Des maçons particulièrement efficaces » répondit le blond de plus en plus énervé.
« John » fit le détective, le visage maintenant à quelques centimètres du médecin.
« Tu sais que quelque chose ne colle pas... »
« JE SAIS QUE QUELQUE CHOSE NE COLLE PAS ! !» hurla John à présent au bord des larmes.
« ET C'EST POUR CELA QUE J'AI BESOIN DE TES PUTAINS D' EXPLICATIONS SCIENTIFIQUES BORDEL ! »
Le médecin s'effondra sur une des marches, le visage enfoui dans ses mains.
« John » fit doucement Sherlock.
« John , s'il te plaît, regarde bien… »
Le médecin releva lentement la tête et là, sous ses yeux éberlués, il vit le grand brun lever sa baguette et donnait un léger coup sur une plante en pot appartenant à la logeuse, qui se transforma alors peu à peu en hérisson(*).
« Co..comment ? » bégaya le médecin en se rapprochant avec précaution du petit mammifère pour l' examiner plus en détail.
« Comme ceci » fit le brun avec un grand sourire. Il leva de nouveau sa baguette et d'un mouvement de poignet fit apparaître un coussin aux couleurs de l'Union Jack.
« Mon... mon dieu » souffla le médecin de plus en plus stupéfait. Sherlock, lui, rayonnait.
« Et tu peux vérifier, il n'est plus sur notre magnifique canapé en cuir ... »
Pendant quelques minutes, John examina silencieusement les deux prodiges accomplis par son meilleur ami. Puis le médecin releva la tête vers Sherlock qui le regardait toujours en souriant.
« Pourrais-tu...tout reprendre depuis le début ? »
« Alors tu veux dire que notre monde, le monde des... moldus comme tu les nommes est envahie par les sorciers ? »
« Envahie n'est pas le terme que j'emploierait. » fit Sherlock en joignant ses mains fines sous son menton. « Disons que, grâce aux alliances entre sorciers et êtres non magiques, notre population a pu perdurer »
« Et à part Mycroft...et toi, il y a-t' il d'autres sorciers dans notre entourage ? »
« Oui, ma mère … et mon père »
Sherlock lâchait le morceau. Le médecin allait enfin savoir ce qu'il était arrivé exactement à cet homme, dont le détective avait jusqu'à présent tu l'existence. Le grand brun se leva et se tint quelques instants silencieux face à la fenêtre de l'appartement, observant Baker Street à présent plongé dans l'obscurité. La pluie avait cessé de tomber et les pavés de la rue luisaient sous la faible lueur des réverbères.
« L'organisation dont je t'ai parlé, l' Ordre de Phénix : mon père en était le co-fondateur avec Dumbledore. Un jour, peu de temps avant que les parents d' Harry Potter ne se fassent attaquer par Voldemort, j'ai réussi à mettre la main sur deux mangemorts particulièrement pervers, les Carrow. Une victoire pour un sorcier tel que moi, tout juste diplômé de l'école de magie. Mes chevilles ont enflé et j'ai faillie à la mission pour laquelle j'avais été au départ désigné, causant par la même occasion la mort de mon père. »
Sherlock se retourna. Ses yeux bleu-gris brillaient étrangement.
« Tu.. tu ne m'en avais jamais parlé... »
Le grand brun eut un rire sans joie.
« Quoi ? Le fait que mon père se soit fait assassinée par une sorcière hystérique? »
« Bien sûr que.. »
« Mon père est mort, et c'est entièrement de ma faute, John. » coupa Sherlock.
« Sher... »
« Et le plus grave dans tout cela, c'est que j'ai failli commettre une deuxième fois la même erreur en me pointant ici avec cette crapule... Alors non John, je ne mérite aucune commisération de ta part.. »
Le médecin ouvrit de nouveau la bouche, puis la referma, conscient que ses paroles n'auraient aucun effet sur l'humeur sombre qui habitait désormais son ami. Un silence pesant s'installa alors entre les deux hommes.
« Et .. hum.. Moriarty n'est donc pas un sorcier ? » finit par demander John au bout de quelques instants, sur un ton qu'il espérait léger. A son grand étonnement, le visage auparavant fermé du détective s'illumina, comme animé d'une joie intérieure.
« Qu . . Quoi ? Ma question est-elle à ce point stupide ? »
« Non, non John ... » répondit Sherlock, un sourire dansant sur ses lèvres fines.
« Pour tout t'avouer, cette idée m'a également traversé l'esprit … » ajouta lentement le jeune homme , s'installant dans son fauteuil attitré.
« Mais très vite … Enfin, si Moriarty était un être doué de pouvoirs magiques, je pense que, d'une manière ou d'une autre, il aurait cherché à me le faire savoir …. »
« Ah …. »
« Un génie du crime certes, mais un sorcier, non. Ce qui ne le rend que plus admirable … et dangereux. »
Le médecin inspira profondément et se renfonça dans son fauteuil, tâchant de digérer ce flot d'informations.
« Et les sorcières de Salem ? »
« Fariboles . Ainsi que toutes les condamnations en sorcellerie au cours de l'histoire des moldus … Plutôt une tentative de ces messieurs d'excuser leurs adultères » fit Sherlock avec un sourire en coin. « Il leur est arrivé malgré tout d'en capturer une ou deux véritables, parmi les milliers qu'ils ont jetées dans leurs geôles. »
« Super... » déglutit le médecin.
« Et les balais volants? Ils existent les balais volants ?»
« Un de nos moyens de locomotion. Pas le plus confortable, ni le plus pratique. Mycroft le tient d'ailleurs en horreur. Comme la poudre de cheminette. Trop salissant pour ses splendides costumes hors de prix. »
« La quoi ? »
« La poudre de cheminette. Permet de voyager d'une cheminée à une autre, en la jetant dans un feu magique. »
« Normal quoi... » murmura John.
C'est à ce moment précis qu'on toqua doucement à la porte. Mrs Hudson fit alors son apparition en robe de chambre, l'air très effrayée accompagnée d'un homme dont John n'était pas près d'oublier le visage : couvert de cicatrices, comme taillé dans un vieux morceau de bois. Mais le plus impressionnant dans ce visage marqué par les batailles, était le gros œil d'un bleu vif qui tournait dans tous les sens dans son orbite.
« Il .. il n'a pas arrêté de taper à la porte. » dit la logeuse d'une voix apeurée.
« Il disait qu'il voulait absolument vous voir.. »
« Merci Mrs Hudson, vous pouvez retourner dans vos appartements. Cet homme est très bon ami à moi. »
Après avoir émis un dernier petit couinement, la vieille dame fila sans demander son reste.
« Bon boulot Holmes, bon boulot » grommela soudain l'homme au visage effrayant.
« Je suppose que vous avez retourné le corps à ses propriétaires ? »
« Tu.. tu l'as tué Sherlock ! ? » sursauta le médecin. « Et d'abord qui est cet homme ? »
« Alastor Maugrey et vous c'est John Watson le moldu je suppose ? » grommela le nouveau venu.
« Oui et ... »
« Maugrey fait également parti de l'Ordre. C'est un sorcier »
« Ouais » grogna Fol Oeil
« Et un des seuls qui supportent votre compagnon Watson »
« Je ne suis pas son … Oh et puis merde ! Sherlock qu'as -tu fait à ce Dolohov ? »
« L'ai rendu à ses amis Mangemorts. Vivant mais avec quelques souvenirs de son séjour à Baker Street. » ricana le détective.
John déglutit de nouveau. Sherlock se frotta les mains, une expression d'intense satisfaction sur le visage.
« Je suppose que l'ordre veut que je revienne au bercail ? »
« Oui et le plus tôt sera le mieux » grogna Maugrey.
« Vous pouvez emmener votre copain, vu qu'il est déjà dans le parfum.. »
« C'est de toute façon ce que j'avais l'intention de faire» fit le détective en enfilant son manteau.
« M'emmener où ? Sherlock, il est minuit passé et ... »
« Et rater l'occasion de visiter une maison de sorciers rempli de nos charmants congénères ? »
demanda le détective avec un sourire en coin.
Le médecin ouvrit la bouche, puis la ferma.
« C'est d'accord mais promets-moi de ne plus m'embarquer dans des ... »
« Prends ma main et ne la lâche surtout pas » coupa le détective.
« Quoi ? Que.. »
Mais avant que John ait pu ajouter quoi que ce soit, Sherlock pivota sur ses talons.
(*) Selon la fandom Sherlock, John est un hedgehog et Sherlock un otter. Les images parlent d'elles-même...
J'espère que ce chapitre vous aura plu.
A bientôt...
