Chapitre 6 : Discover
« Be…B…Bella… » Balbutia-t-elle doucement.
« Bonjour Esmée » Répondit Bella.
Bella emmêlait ses doigts entre eux, elle était angoissée, elle regardait ses pieds. Elle n'osait pas regarder Esmée, ni de croiser son regard, plein de dégoût et de haine. Non, elle ne voulait pas, elle avait eu sa dose pour aujourd'hui. Elle se posait la question du pourquoi elle était là, c'est vrai après tout, si elle ne voulait pas se faire jeter ou croiser des mauvais regards, pourquoi est-elle venue ? Cette question la trottait, elle n'aurait jamais dû revenir d'après sa raison. Mais d'après sa folie, elle devait rester. Elle le devait pour le revoir…
Esmée, croyait rêver, c'était trop beau pour elle…Après toutes ces années, six putains d'années de merde et de souffrance ! Peut-être que Dieu voulait la revoir sourire ?
Sa main était toujours sur la poignée de la porte d'entrée, le liquide du verre brisé, coulait toujours. Sa main libre passa sur son front, dans ses cheveux nerveusement. Bella avait levé la tête à ce moment là. Elle regarda Esmée, avec un sourire. Elle savait de qui Edward tenait cette manie. Elle n'avait jamais vu Esmée, nerveuse. Non c'est vrai, jamais Esmée, n'était aussi stressée, perdue, aussi… mal. Le visage de la belle Esmée, aux traits qui reflétaient la bonté, il y a encore quelques secondes, était déformé par tous ces sentiments.
Le sourire de Bella s'effaça, quand Esmée leva les yeux vers elle. Elle se pinça l'arête du nez, comme lui… Les yeux de Bella menaçaient de lui brûler, elle secoua la tête et continua de regarder ses pieds. Elle les trouvait très intéressants à cet instant. Ses pompes étaient magnifiques pour elle, elle se disait avoir bon goût, sauf la couture qui commençait petit à petit à se défaire sur le côté. Les yeux de Bella s'écarquillèrent, ça y est ! Elle est passée au stade de folle. Elle trouvait ses pompes intéressantes, mais merde, son jus d'orange était drogué à quoi ? Impossible elle n'a pas bu une gorgée. Elle cherchait toutes les possibilités pour savoir à quoi elle s'était shootée.
Esmée regardait Bella. Elle la trouvait changée, plus que changée, elle avait l'air d'avoir régressé, et non d'être devenue une femme comme maintenant. Sa mine était beaucoup trop mauvaise à son goût. Elle était d'une blancheur, ses joues étaient assez creusées, de grosses cernes entouraient ses yeux, si chocolatés et expressifs d'habitude…Tant de détails, tant de petits et mini détails qui lui sautaient aux yeux. Bella était comme sa fille, elle scrutait donc Bella, telle une mère. Elle voulait la prendre dans ses bras, la garder auprès d'elle.
Bella releva pour la énième fois le regard vers elle. Elle était impatiente en fin de compte. Elle voulait savoir se qu'elle aurait à lui cracher à la gueule. Malgré tout…
Esmée croisa le regard de Bella.
Elle ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais rien ne sortit, elle referma la bouche aussitôt.
« Je n'aurais pas dû venir. » Balbutia Bella « Je suis désolée » Reprit-elle en se retournant pour descendre les marches du porche.
« Attends Bella ! » S'exclama Esmée, en rattrapant le bras de Bella. Aussitôt celle-ci se raidit à son contact.
Bella dégagea brusquement son bras, de l'étreinte d'Esmée . Celle-ci recula.
« Je… Pardon… » Murmura Bella.
« Ne le sois pas, c'est moi… » Répondit Esmée tendrement.
Belle lui rendit un petit sourire.
« Alors, tu es vraiment là ? » Dit doucement Esmée, sous le choc encore.
« Oui, enfin si vous voulez me voir, hein ? »
« Bella… »
« Non parce que, je suis complètement timbrée, je débarque ici six ans plus tard, comme ça, comme si de rien n'était. J'ai… mais merde, c'est quoi mon problème ? » (N/Babache: je dirais la liste est longue * sifflote *)
Esmée sourit, en voyant Bella parler toute seule, enfin s'adresser à elle, en s'adressant à soi-même. Non, elle souriait tout simplement de voir Bella en face d'elle, toujours aussi… Bella quoi ! (N/Princesse: complètement déjantée c'est sûr...)
« Bella… »
« Voilà ! Je pars dans n'importe quoi, limite si je ne vais pas déballer ma vie, sur un piédestal. »
Esmée ne put s'empêcher d'éclater de rire. D'ailleurs, elle trouvait que la folie de Bella était toujours aussi contagieuse. Elle riait, alors que Bella était revenue en chair et en os, devant elle et non dans ses rêves.
« Bella, ça va ma chérie. C'est juste que… je ne m'attendais absolument pas à te voir. En faite je pensais que plus jamais je n'aurais la chance de te voir. Le choc tout à l'heure était trop fort pour que je puisse placer un mot. »
« Je… ah… désolée… »
« Ne le sois pas. Surtout pas. Après tout, c'est ta vie. C'était ton choix il y a six ans de partir. Je ne contrôle pas tes envies ni ta vie, ni tout le reste. Tu l'as voulu, c'est ton choix. Alors ne le sois pas, je ne peux t'en vouloir, enfin… »
« Je n'ai jamais décidé de partir... » Murmura Bella la gorge serrée. « Co... comment c'est possible ? » Continua Bella.
« Je comprends pas… »
« Mais ce n'est pas normal ! » S'exclama Bella ahurit. « Vous êtes sensée me hurler dessus, d'avoir gâché la vie de votre fils. Vous êtes sensée, m'insulter de tous les noms possibles, de me regarder de travers ! De me dire de dégager de chez vous, car je pollue le porche, vous êtes sensée me dire tout ça ! Mais… mais pas ça… » Sa voix se brisa.
« Je ne vois pas pourquoi je devrais faire tout ça… » Sa voix se brisa.
Elle avait mal, après le choc, les sourires, les rires, la douleur était revenue. Elle voulait pleurer, fondre en larme tel un bébé dans les bras de son mari. Bella lui avait dit, ce qu'elle avait pensé haut et fort pendant six ans, jusqu'à maintenant. Elle l'avait vouvoyée aussi, son petit cœur, si doux et fragile comme du Crystal s'était brisé en mille morceaux. Elle l'avait vouvoyée, c'était la pire insulte qu'on pouvait lui faire… Il fut un temps, elles étaient tellement intimes, que là, un vouvoiement pareil la brisait intérieurement. Mais après tout, n'est-ce pas la moindre des politesses de vouvoyer une personne, qu'on n'a pas revue depuis des lustres ? Elle essayait de faire face, face à la vague de souffrance acide qui arrivait. Elle leva les yeux au ciel, pour éviter que les larmes ne lui montent.
« Pourquoi ? » Bella ricana nerveusement.
Esmée voulait lui répondre, mais rien ne sortit de sa bouche. C'est vrai, pourquoi avoir changé aussitôt d'avis ?
« Chérie ? » Appela le mari d'Esmée.
« J'arrive Carlisle » Répondit fortement Esmée, pour qu'il l'entende. « Rentrons » Reprit-elle.
Bella releva brusquement la tête. Cela ne pouvait pas être maintenant… si ?
Oh mon Dieu... Pensa-t-elle.
Elle entremêla d'avantage ses doigts, ses yeux tournaient dans tous les sens, elle regardait à droite à gauche, en haut, au sol, sans vraiment regarder. Elle démêla ses doigts, passa une main dans ses cheveux et l'autre main se plaça sur sa hanche. Elle voulait pleurer, hurler, taper, s'exploser les mains jusqu'à saigner pour calmer la boule qui montait, mais une boule de quel sentiment ? Elle ne reconnaissait aucun sentiment, elle était perdue, c'était le néant, le trou noir total. Le stress était là, envahissait chaque fibre de son corps. Son cœur bâtait à une vitesse, non autorisée. Sa tension devait bien être montée jusqu'à seize - dix sept. Elle pétait la forme, sans la péter. La pèche, sans s'en prendre une.
Esmée cherchait son approbation, son regard pour pouvoir voir ses sentiments, comme elle faisait il y a six ans…
Bella hocha la tête…
Esmée se tourna, et passa la porte d'entrée, en enjambant les débris et le liquide du verre. Bella prit une grande bouffée d'air et suivit Esmée. Elle pénétra dans le hall de la maison.
Toujours aussi magnifique... Pensa-t-elle.
Les murs étaient de couleur blanche crème, avec des petites fresques de couleur beige automne clair. Quelques tableaux étaient accrochés au mur. Au plafond, un magnifique lustre, dont mille diamants brillaient. Le sol était recouvert d'un parquet, marron très clair et brillant. Absolument magnifique. Les talons d'Esmée claquèrent sur le parquet. Bella la trouvait gracieuse, les talons lui allongeaient les jambes. Elle était d'autant plus désirable auprès d'un homme. Elle se sentait minable à côté d'Esmée. Tellement gracieuse, et elle, elle se voyait comme un cochon d'inde. Avec ses converses noires, un jean, un pull et une veste. Les cheveux bouclés n'importe comment...
Bella suivit Esmée sans broncher, et plus vite qu'elle ne crut, elle arriva au moment crucial, ses jambes se mirent à trembler, elle avança délicatement et doucement.
« Maman, c'était qui ? » Demanda une voix qui sonnait comme un carillon.
« C'est vrai, qui était-ce ? tu es bien restée longtemps, puis tu as cassé quelque chose d'après les bruits de verre que j'ai entendus… » Demanda Carlisle.
Esmée leur sourit en retour, mais un sourire ni trop heureux, ni trop malheureux. Toutes les personnes présentes dans la pièce froncèrent les sourcils. Ils essayèrent de comprendre le sourire de leur mère.
Bella avança à pas lents, elle passa à une lenteur d'escargot l'encadrement de la porte.
Tout le monde tourna brusquement la tête vers elle. Leurs yeux s'écarquillèrent comme des billes, la bouche ouverte. Des hoquets de surprise sortirent de leur poitrine.
« Bonjour, Emmett, Rosalie, Jasper, Carlisle. » Murmura Bella.
Ils étaient tous tétanisés. Bella, Bella, Bella… Elle était là, devant eux, après six ans d'absence. C'était possible ? Non, pas pour eux ! Elle ne pouvait pas être là, pas après tant d'années. Tellement de jours, semaines, mois et années à la chercher. Aucune trace, rien, pas une chose qui pouvait la ramener à elle. Et là… elle était là, devant la moitié de la famille, au milieu du salon.
« Be… Isabella » Hocha Carlisle de la tête.
Les autres hochèrent la tête chacun à leur tour. Ils étaient sous le choc, sauf une personne. Une magnifique blonde, à la chevelure très belle et soyeuse. Elle était magnifique, digne d'une mannequin. Elle le savait et en avait toujours profité.
La blonde, se prénommant Rosalie, n'était pas contente. Depuis des années, elle bouillonnait intérieurement, à cause d'elle. Pour la souffrance que cette putain de Bella avait apportée, c'était inadmissible ! Elle avait détruit sa famille, la famille la plus importante à ses yeux, telles des perles en or. Elle était en colère après elle, non, la colère n'était pas assez forte pour ressentir ce qu'elle ressentait envers cette peste ! Partir du jour au lendemain, comme ça, sans rien dire, détruisant une famille et surtout lui…
Son sang s'était glacé dans ses veines dès qu'elle avait aperçu Bella, dans l'encadrement de la porte. La rage était sortie, tous les traits de son magnifique visage en étaient imprimés. Elle était estomaquée, qu'elle ose ramener son cul de pouf ici ! Non, elle était en colère après Esmée, de l'avoir laissée rentrer, d'avoir laissé ses sentiment de mère maternelle reprendre le dessus.
Elle priait intérieurement pour que Edward ne sorte pas de la pièce où il se trouvait en ce moment. Il ne devait pas la voir, il n'était pas prêt. Il ne le sera jamais.
« Que fais-tu ici ? » Demanda Rosalie d'une voix qui faisait frissonner toutes les personnes dans la pièce.
Emmett prit la main de Rosalie dans la sienne, la pressa légèrement, pour lui inciter à baisser d'un ton, quand elle s'adresse à Bella.
La concernée, regrettait d'ors et déjà d'être rentrée dans cette pièce. Son enfer personnel. Le ton de Rosalie était sans appel. Elle connaissait ce ton par cœur. Et ça lui faisait tellement mal.
« Je ne sais pas... » Répondit Bella d'une voix si douce, qu'on avait envie de la protéger rien qu'en entendant sa voix.
« Pardon ? »
« Je n'en ai aucune... »
Bella fut coupée par un bruit fracassant, elle tourna la tête vers l'autre bout de la pièce, et vit une petite personne, qui ressemblait à un lutin. Alice... Pensa-t-elle.
La petite lutine, venait de laisser glisser le verre qu'elle avait entre les mains en voyant Bella à l'autre bout de la pièce. Elle ne pouvait pas croire qu'une telle chose était vraie. Non, c'était quasi-impossible, pourtant une chance sur trois. Soit elle rêvait, soit elle avait pris quelque chose qui la faisait planer, soit Bella était vraiment là. Des larmes coulèrent sur ses joues, si rondes et rosées. Un magnifique sourire s'étira sur ses lèvres.
Sa babache était là…
Elle traversa la pièce en courant et se jeta dans les bras de sa babache sous les regards des autres. Bella l'accueillit à bras ouverts. Sur le coup, elle se raidit. Ce n'est qu'Alice, Alice… Se répéta-t-elle mentalement.
Les bras de Bella enveloppèrent le dos d'Alice. Celle-ci sanglota dans son cou, elle pleurait de joie. Ses sanglots étaient très forts, on aurait pu croire qu'elle pleurait de tristesse. Bella enfouit son visage dans les cheveux d'Alice, elle huma son odeur, de cannelle vanille. Un sourire s'étira sur ses lèvres. Alice, sa Babache.
« Be… Bella, tu es là… » Pleura Alice.
« Je suis là, Alice. » Murmura Bella dans ses cheveux.
« Pour toujours ? » Dit Alice en relevant la tête vers Bella.
« Autant que tu voudras de moi… » La voix de Bella se brisa.
Alice renifla disgracieusement.
« Je rêve ! » S'exclama une voix dure qui fit sursauter Bella et Alice.
Rosalie avait la nausée, devant le spectacle qui se jouait devant elle. Sa sœur, dans les bras de cette… Elle croyait rêver, c'était impossible, elle voulait arracher les yeux à Bella, surtout à Alice, de s'être jetée dans les bras de celle-ci comme si rien ne s'était passé. Les deux filles s'étaient retournées vers Rosalie, la regardaient avec incompréhension, même si Bella avait déjà sa petite idée.
« Non mais c'est le pompon ! Elle débarque comme une petite fleur avec un sourire et toi, gourde comme tu es, tu te jettes dans ses bras, après tout ce qu'elle a fait ? » S'exclama la belle blonde à sa sœur.
Alice avait la bouche ouverte, elle ne savait que dire. C'était tellement blessant de se faire parler sur ce ton. Rosalie ne comprenait donc rien ? (N/Popo: Bah non... ça change pas de d'habitude xD)
« Rosalie… » Murmura Bella.
« Oh toi, la ferme ! Tu es très mal placée pour en placer une ! » S'écria Rosalie.
« Rosalie, ça suffit ! » Intervint Carlisle.
« Pardon ? »
« Calme-toi et baisse d'un ton ! » Répliqua Jasper.
« MAIS CE N'EST PAS ELLE QUI A ENDURE LES PLEURS, LES CRISES, LA SOUFFRANCE D'EDWARD ! CE N'EST PAS ELLE QUI L'A AIDE A REMONTER LA PENTE. CE N'EST PAS ELLE QUI L'A EMPÊCHE DE SE TUER ! CE N'EST PAS ELLE QUI CROISAIT CHAQUE JOUR LE REGARD MORT ET PROFOND D'EDWARD ! CE N'EST PAS ELLE ! » Explosa-t-elle.
Personne ne pipait mot. Ils étaient tous tellement d'accord, mais ne savaient comment réagir. Leur sentiment d'amour envers elle, avait prit le dessus, ils étaient incapables de cracher sur elle toute la souffrance qu'elle avait apportée. C'était comme si elle avait soufflé délicatement et doucement sur ces années de souffrance… Juste un mini souffle avait suffi. Ils ne pouvaient rien dire pour la défendre, ni pour exploser sur elle. Non, ils étaient inertes devant ce spectacle, si dur à voir.
Bella avait arrêté de respirer, elle devenait encore plus pâle. Elle en voulait à sa folie de l'avoir fait revenir. Elle n'en voulait pas à Rosalie, mais à sa putain de folie de merde ! Rosalie avait juste dit, ce qu'elle ne voulait jamais savoir. Rosalie avait détruit toutes les barrières qu'elle avait réussies à se construire en deux ans. Elle avait retourné toutes ses tripes. Elle avait mal, même plus. Son cœur, était plus que mort, congelé, serait le mot. Une vague de froideur l'avait envahie. Elle avait froid au dos d'avoir entendu ceci.
« Tu ne sais rien… » Ces mots s'étaient échappés de la bouche de Bella.
Rosalie releva brusquement la tête. Elle était abasourdie qu'elle soit encore là, ou qu'elle ose répondre, n'avait-elle donc aucune limite ?
« Non c'est sûr, je ne sais rien. Je ne sais rien, à part que la fiancée de mon frère est partie du jour au lendemain, sans rien dire, le détruisant au passage. C'est sûr que je n'ai pas vu la souffrance de mon frère, que je l'ai empêché de se tailler les veines pour le plaisir, que je l'ai regardé se détruire sans rien dire, sans comprendre. Tu as raison, je ne sais rien ! » Dit-elle d'une voix tranchante.
« Je ne te croyais pas comme ça, Rosalie… » Murmura Alice.
Rosalie croisa le regard d'Alice. Son regard était martyr, moitié vide. Avec une pointe de dégoût.
« Alice… »
« Comment peux-tu dire ça ? Comment ? N'as-tu pas de cœur ? N'as tu pas de foie ? N'as tu aucune générosité ? Tu ne sais tellement rien ! Ma pauvre ! Tes yeux sont broyés de merde, comme tous les autres présents dans cette pièce. Pas au mauvais terme, mais juste que personne ne sait rien, la colère vous aveugle. Je ne te permets pas de lui parler comme ça, encore moins de la faire sentir comme une moins que rien. Alors je vais te donner deux possibilités, sois tu fermes ta putain de bouche botoxée de rouge à lèvres, sois tu te tires, la porte est grande ouverte ! » Répliqua Alice fermement.
Le cœur de Rosalie avait arrêté de battre, elle avait eu mal, elle avait eu l'impression que sa sœur lui plantait un poignard dans le cœur, en la regardant droit dans les yeux. Elle avait mal que sa sœur choisisse Bella. Elle avait eut mal, qu'on ose lui parler comme ça. Jamais de la vie, quelqu'un n'avait osé lui parler comme ça. JAMAIS.
Sa gorge était sèche pour répliquer, sa bouche était pâteuse.
Sa main droite était légèrement pressée, elle leva les yeux vers son mari. Il la regarda avec une tristesse immense. Il avait mal pour elle.
« Alice ! » S'écria la grosse voix furieuse d'Emmett.
Alice allait répliquer, mais elle fut interrompue par une voix douce, remplie d'incompréhension.
« Qu'est-ce qui passe… Oh mon Dieu ! » La voix douce se brisa. Sa main gauche se porta à sa bouche, ouverte en forme de « o ».
Bella releva les yeux vers le fond de la pièce. A l'encadrement de la porte, une magnifique blonde, aux yeux bleus comme Rosalie y était. Elle était grande, mince, avec un ventre arrondi d'une grossesse. Sa main gauche était portée à sa bouche, on pouvait y remarquer un anneau avec des petits diamants, la bague autour de l'annulaire.
Bella était émerveillée par cette blonde, elle était si belle. Une poitrine généreuse à sa portée. Son ventre arrondi la rendant gracieuse… Leurs regards se croisèrent et se soutinrent. Dans ses yeux bleus, elle y lisait de l'incompréhension, de la peur et de la douleur.
Bella baissa les yeux. Elle sentait son intimité s'envoler, quand on la regardait ainsi profondément.
« Tanya… » Murmura Alice.
« Je…non…c'est pas vrai… » Essaya de se convaincre Tanya elle-même.
« Malheureusement si, tu as bel et bien miss Swan devant toi. Et bien sûr, pour changer, mon idiote de sœur, qui lui saute dans les bras, et qui la défend ! C'est un vrai délire ! » Dit sarcastiquement Rosalie.
« Rosalie ! » Grogna Jasper.
« Quoi encore ? » Demanda Rosalie lassée.
« Boucle-là pour une fois ! Bon dieu ! » S'écria Jasper visiblement en colère.
« Oh non, ne me dis pas quoi faire ! » Répliqua la Blonde.
La belle blonde enceinte, assistait à cette scène déchirante sans pouvoir faire quelque chose. Elle avait peur, et tellement mal. Son fiancé était dehors en train de téléphoner, elle pria de toutes ses forces, pour que la conversation dure, jusqu'à ce que la brunette aux yeux chocolats parte de la maison. Elle voulait pleurer, s'effondrer par terre, hurler à Dieu qu'elle le déteste, que plus jamais elle n'aura foie en quelque chose. Elle voulait tuer cette brunette d'être revenue. Tant de sentiments qui passaient, tellement vite, qu'elle en avait la nausée. Elle inspira et expira un bon coup. Elle passa tendrement sa main sur son ventre arrondi, et le caressa doucement. Ses tympans étaient comme moitié bouchés. Elle entendit Jasper, Rosalie se déchirer entre frère et sœur. Elle voyait Emmett, Alice et la brunette assister à ça, impuissants. Carlisle réconfortait Esmée, qui pleurait dans ses bras. Personne ne voyait la souffrance des autres, seul leur souffrance comptait. Quitte à faire souffrir les autres, ils voulaient montrer leur mécontentement de la situation. Pas que le fait que Swan était là. Non, des paroles tranchantes qui avaient été dites… Mais aucune personne présente dans cette pièce n'aurait cru que ce dimanche se passerait comme ça. C'était un jour comme les autres, les enfants de Carlisle et Esmée étaient venus pour dîner en famille. Rire, parler, sourire. Être en famille quoi. Tout était si normal. Tout. Jusqu'à ce que la sonnette sonne. Tanya et son fiancé en avaient profité pour sortir sur la terrasse. Alice préparait les plats. Carlisle, Emmett, Jasper et Rosalie parlaient de voiture. Tout était si normal. Et pourtant… C'était limite s'ils n'allaient pas s'envoyer des objets dans la gueule de l'un et de l'autre. Des voix tranchantes fusaient durement.
Tanya se bouchait les oreilles. Isabella, pressa ses paumes de main de chaque côté de ses oreilles.
Elle avait mal, tout ça était de sa faute. Ils se déchiraient entre eux. Jasper et Rosalie, et bien sûr, Emmett qui obligatoirement devait prendre le parti de sa femme et Alice, celle de Jasper. Même si elle était d'ors et déjà d'accord avec Jasper. Emmett ne voulait pas se mêler à ça, mais sa femme, ne lui avait pas laissé le choix. Il savait qu'elle lui aurait fait la gueule, qu'elle lui aurait fait sa fête à la maison, qu'ils se seraient disputés à mort. Qu'elle aurait pris une valise, et aurait foutu Emmett à la porte, le temps qu'elle se calme. C'était elle qui portait la culotte. Il n'avait donc pas le choix, il ne voulait strictement pas ça. Il l'aimait bien trop pour se prendre la tête avec elle.
« Stop les enfants… » Sanglota doucement Esmée.
Ses paroles furent englouties parmi les phrases déchirantes des couples. Ils continuèrent à se disputer. Les larmes d'Esmée redoublèrent. Elle était déchiré, tellement. C'était la premiere fois qu'elle voyait ceci. Elle voyait les sentiments d'Alice envers Bella. Elle avait compris qu'elle couvrait Bella. Qu'il s'était passé quelque chose, mais seul Alice le savait. Que même Bella, ne savait pas qu'Alice le voyait. Esmée, savait que c'était quelque chose de dur et de tranchant pour qu'Alice dise des paroles aussi lacérées à Rosalie.
« FERMEZ-LA ! » Hurla Esmée.
La voix d'Esmée était tranchante, oh mon Dieu, oui. Pour la première fois, elle avait hurlé de tous ses poumons, et durement.
Tanya et Bella avaient pressé leurs mains encore plus sur leurs oreilles.
Les autres avaient arrêté de se déchirer et s'étaient retournés vers Esmée. Ils la voyaient en pleurs, ses yeux étaient rouges, ses joues trempées. Son si beau visage, aux magnifiques traits d'une femme, avec le cœur sur la main, était transformé en souffrance. Tellement profonds et tranchants ses traits. Cela brisait le cœur de toutes les personnes dans la pièce. Oh putain oui, ça faisait très mal de voir ça, tellement mal. Alice pleurait, elle recula. Elle se blottit dans les bras de sa babache. Bella enleva ses mains de ses oreilles et encercla fermement la petite lutine.
Alice murmurait des excuses à tout bout de champ. Bella ne put s'empêcher de fondre en larmes. Jasper observa sa femme pleurer le cœur lourd. Tout le monde se rendit compte de la douleur de tout le monde. Tout le monde regrettait. Mais celle qui regrettait tout par-dessus tout, c'était Isabella. Oh oui, elle se détestait pour être venue, elle venait de briser Esmée, elle venait de tous les briser. Mais bon dieu, comment cela était-il arrivé ? Comment un tel déchirement avait pu arriver ? Comment des enfants si soudés avaient pu se dire des choses tellement horribles ?
« Vous ne vous rendez pas compte du mal que vous me faites, nous faites ! » murmura Esmée, « Comment pouvez vous faire ça ? Comment osez-vous dire des phrases aussi monstrueuses, aussi dures, les unes que les autres ! » Reprit-elle.
« Maman… » Commença Emmett.
« Oh non, tais toi. Ne parle pas, je ne veux plus vous entendre ! Je ne vous ais pas élevé comme ça ! Jamais de la vie ! »
Emmett se renfrogna, il venait de se faire légèrement boucler par sa mère. Les autres écoutaient Esmée, ils savaient qu'elle avait raison sur toute la ligne. Le faite qu'elle le dise, leur faisait mal, mais ils savaient tous, qu'elle en avait besoin. D'avoir assisté à ça, l'avait littéralement tuée. Alors, ils ne peuvent empêcher Esmée de vider son sac et surtout de leur faire une belle leçon de morale.
« Toi. » Dit-elle en s'adressant à Rosalie. Celle-ci releva brusquement la tête. « Où est passé le respect que tu éprouvais pour les autres ? Rosalie, je ne te reconnais pas. Tu es aveuglée par la colère comme dit Alice. N'as-tu pas vu l'état de Bella ? N'as-tu pas vu son regard, si mort et vide en profondeur ? Je pensais que toi-même tu l'aurais remarqué, vu que tu as été dans le même état qu'elle, il fut un temps… » Elle inspira un bon coup, puis reprit la parole « Elle a vécu quelque chose de traumatisant, ce n'est pas difficile à comprendre, juste à jeter un mini coup d'œil… » Sa voix se brisa. (N/Popo: Futée la Maman ! *tire son chapeau*)
Rosalie regarda Esmée avec le visage torturé. Elle se sentait livide. Esmée avait touché son point faible. On ne peut même pas, qualifier ça de point faible, c'était sa blessure. La blessure qui a marqué ses si jolis traits à vie. Elle, qui généralement, comprenait si facilement la blessure des autres. Mais que lui était-elle arrivé ? A peine avait-elle posé ses yeux sur cette brunette, que ses nerfs avaient lâché. Son self contrôle depuis des années avait disparu dans la minute.
« Esmée... » Ce nom n'était qu'un murmure sorti de la bouche de Bella.
Esmée regarda Bella. Celle-ci avait le visage massacré par la douleur et l'incompréhension. Elle lâcha Alice, celle-ci la regarda sans comprendre. Elle recula à tâtons, sans savoir où reculer ni ou aller.
« Non… co…non... impossible… » Murmura Bella en reculant.
« Bella ? » L'appela Alice inquiète.
Les larmes avaient traversé la limite et coulé. Tout le monde la regardait sans comprendre…
Ben vas-y fuis dès que quelqu'un arrive à trouver ta souffrance ! Lui cracha son subconscient.
Elle secoua la tête de droite à gauche, en plus d'être folle, elle était lâche… Son dos s'entrechoqua avec l'embrasure de la porte ouverte depuis tout à l'heure. Elle murmura un vague "désolée" avant de s'enfuir en courant.
Elle entendait des « Non, Bella ! » Mais elle n'y faisait guère attention.
Elle ne connaissait pas la maison, elle avait tourné dans un couloir, où un escalier s'y trouvait. Elle monta les marches deux à deux. Elle arriva dans un second couloir. Elle courait dans le couloir, les larmes l'aveuglaient. Elle marchait donc à l'aveuglette.
Elle ne voyait rien, les larmes n'arrangeaient rien et ses pensées sombres aussi. Elle ne vit pas qu'en face d'elle il y avait quelqu'un. Elle y fonça droit dessus. Elle percuta la personne en plein fouet. Elle tomba sur le cul, elle avait mal, encore plus. Ses sanglots redoublèrent mais sans bruit, les larmes coulaient comme une fontaine encore. Elle entendait une phrase du genre « Alice bordel, fais gaffe ! », puis vit une main se tendre. Elle hésita avant d'y déposer doucement sa main droite. Elle eut comme un courant électrique qui passa. Une sensation bizarre. Mais tellement agréable pour elle. La peau était si douce, comme de la soie. La personne tirait sur sa main, Bella se leva avec son aide. La personne l'attira contre son torse, un geste machinal venant de la personne. Ses bras durs comme du marbre l'encerclèrent. Elle lâcha un soupir d'aise. Elle s'y sentait bien. La sensation était chaude, tellement chaude. Elle se sentait à l'aise dans les bras de cet homme. Comme si ses bras étaient faits pour l'encercler. La sensation qu'elle ressentait était tellement agréable, qu'elle aurait voulu avoir cette sensation toute sa vie. Elle leva ses yeux broyés de larmes vers lui. Son cœur eut un raté. Elle batta plusieurs fois des cils de stupeur. Ses yeux chocolats, si livides, avaient comme une étincelle qui naissait.
Lui…
Il la serrait dans ses bras, elle croyait rêver, si c'était ça, elle voulait ne plus jamais se réveiller, continuer de réveiller de choses aussi ! Ô Dieu sait combien, son cœur battait la chamade. Elle était sûre, entendait les battements sur son torse.
Edward baissa les yeux vers Alice, enfin, c'était ce qu'il croyait. Quand il vit la personne en question, ses yeux sortirent de leur orbite. Ses yeux verts si profonds, la fixèrent, elle était la… Dans ses bras, elle était là ! Bon dieu ! Il ne pouvait pas croire que cela fût possible. C'était impossible, elle n'était pas là. Elle l'avait laissé, abandonné du jour au lendemain. Elle l'avait détruit, chaque seconde, minute, heure, jour, semaine et mois passé… Il devait la détester, la haïr, lui cracher à la gueule, la repousser, la regarder de haut, tout mais pas ça ! Et pourtant, il la serra davantage contre lui.
Le cœur a ses raisons, que la raison ignore…
Il baissa sa tête, son nez touchait les cheveux de Bella, il huma son odeur. Les freesias, cette odeur qui lui avait tant manquée. L'odeur qui représentait la femme de sa vie. Il voulait pleurer, les larmes lui brûlaient les yeux. Il se détestait, il s'était juré de plus jamais pleurer, mais non, il n'avait jamais tenu sa promesse. Chaque soir, quand sa fiancée dormait profondément, il en profitait pour évacuer sa tristesse, pleurer à cœur ouvert, souffrir à cœur ouvert.
Espèce d'idiot sans cervelle ! Ta fiancée est à deux pièces de là, et toi tu profites pour serrer dans tes bras, celle qui t'a détruit ! T'es abruti ou tu le fais exprès ? Cria son subconscient. (
Il releva brusquement la tête, elle l'avait tué plus que tout. Seule elle, lui avait fait du mal, même plus… Il la repoussa violemment… et recula.
Bella eut du mal à se retenir de ne pas tomber. Elle avait mal, les traces des doigts d'Edward, lui brûlaient le bras. Il l'avait repoussée si violemment. Comme si elle l'avait brûlé, comme si elle était la peste. Des larmes coulaient doucement sur ses joues, elle se rendit compte de l'extrême. Elle avait été sa Bella. Maintenant elle était la salope qu'on détestait. Elle avait mal ! Bordel, comment une souffrance comme celle-ci pouvait-elle exister ? Elle ne voulait pas vivre sans lui, quitte à souffrir à chaque fois qu'elle le voyait. Ce sera ça de gagné, c'est ce qu'elle s'était dit, il y a quelques semaines, après l'avoir vu sur la grande place… Elle se demandait comment elle avait pu faire une sorte de promesse pareille ! Elle préférait ne plus le revoir, que d'avoir une souffrance pareille ! Ce n'était pas possible de souffrir autant. Elle voulait plus, elle ne voulait pas non plus vivre pour rien. Ses pensées étaient désastreuses.
Elle inspira un bon coup et leva la tête vers lui.
Il avait le visage de marbre, ferme, froid. Il la fixait, mais ne faisait rien. Seule sa respiration pouvait le distinguer d'une statue de cire. Elle le trouvait tellement beau. Divin. Son odeur exotique et menthe. Un faible sourire s'étira malgré elle.
Deux minutes…
Quatre minutes…
Cinq minutes…
Edward regarda toujours Bella. Plusieurs éclats passèrent dans ses iris. Il avait l'air en colère contre lui-même. Bella l'observait avec attention, mais elle se sentait de trop dans cette maison, elle avait l'impression de trimballer avec elle une pancarte « Salope de service » . Elle se gifla mentalement, pour attendre quelque chose. Elle n'aura rien, bien sûre, elle attend pour rien ! Il doit déjà se demander comment avait-elle eu le culot de se pointer là !
Sa poitrine lui faisait mal, non, son cœur battait tellement fort, qu'il frappait sur sa poitrine comme un marteau. Elle avait mal, elle respira bruyamment.
Edward la regarda fixement. Il était vide, sans pensée transparente.
« Pardon... » Murmura Bella en se retournant.
Elle commençait à partir vers le bout du couloir immense. Une poigne dure la retint et la retourna. Elle était collée à lui. Sa poitrine sur son torse. Leurs visages à quelques centimètres.
Elle sentit son souffle chaud. Elle leva la tête un peu, leurs lèvres se frôlèrent. Des frisons parcoururent Bella. La sensation était certes très courte, mais tellement agréable…
Leurs regards se fixèrent. Son regard était martyr, il l'a regardait comme un ultime combat.
Sa main glissa sur la hanche de Bella. Elle ferma les yeux et apprécia se contact. Son autre main se posa sur la joue gauche de Bella, il la caressa tendrement. Bella rouvrit les yeux. Elle le regarda avec passion et amour.
« Arriveras-tu à me pardonner ? » Chuchota Bella, la voix remplie de sanglots qui menaçaient d'éclater.
Il passa sa main sur la joue de celle-ci, la caressant délicatement, comme une poupée de porcelaine. Il la serra d'avantage, voulant garder ce moment gravé dans son esprit pour l'éternité. Il posa délicatement ses lèvres sur celles de Bella, son contact lui avait tant manqué. Il sentit son cœur s'emballer. Ses lèvres étaient toujours aussi douces, comme une pétale de rose. Doucement, leurs bouches dansaient ensemble délicatement et passionnément. Edward passa sa langue sur les lèvres de Bella. Celle-ci ouvrit la bouche en lui donnant l'accès. Leurs langues se mélangèrent bien vite. Leur baiser était doux et passionné, avec une pointe d'acharnement.
Bella passa ses mains dans les cheveux désordonnés d'Edward. Cette sensation lui avait tant manquée. Ses cheveux si doux et soyeux. Edward plaqua doucement Bella contre le mur. Il descendit ses baisers au coin de sa bouche, sa mâchoire, son cou. Bella mit la tête en arrière pour lui donner plus d'accès. Il mordit et suça sa peau. Des gémissements sortirent de la gorge de Bella. Elle ferma les yeux et apprécia ce contact. Malgré les souvenirs douloureux de son passé, elle y prenait du plaisir pour la première fois. Les contacts physiques n'avaient pas été sa tasse de thé depuis son passé. A tâtons, elle posa ses mains sur le visage d'Edward, ramenant ses lèvres sur les siennes. Leurs baiser était bien plus passionné. C'était un baiser pressé, comme s'ils voulaient apprécier pour la dernière fois se contact. Leurs langues dansaient sensuellement et menaient une danse d'acharnement.
« Edward… on… ne devrait pas… » Murmura Bella à bout de souffle.
« Les interdits son les meilleurs. » Chuchota-t-il de sa voix de velours contre ses lèvres.
Il replongea ses lèvres sur les siennes. Il mordit sa lèvre inférieure tellement fort, que quelque gouttes de sang perlaient. Bella gémit de douleur et de plaisir incontrôlable. Elle désordonnait sauvagement la tignasse d'Edward. Il grogna contre sa bouche.
Edward bougea son bassin contre celui de Bella, elle sentit son érection. Elle se raidit sur l'instant. Elle se répéta mentalement que se n'était qu'Edward, l'amour de sa vie.
« Ils… ils sont à côté… » Chuchota Bella à son oreille, avant de déposer un baiser sur sa tempe. Edward grogna. Belle sourit contre sa peau.
« Bella... » Dit-il d'une voix rauque, en lui suçant le lobe de son oreille droite.
Bella grogna. Il connaissait toujours ses endroit préférés, ses sensations. Elle sourit heureuse. La main droite d'Edward descendit le long de la cuisse droite de Bella. Il ramena sa jambe sur son bassin. Ses mains empoignaient ses fesses violemment. Bella entoura ses jambes autour de son bassin, créant une friction entre son sexe et celui d'Edward. Il avait plus d'accès à son cou, il y déposa des milliers de baiser. Il descendit plus bas, jusqu'à arriver à son pull, qui recouvrait la poitrine de Bella. Celle-ci posa ses mains sur sa nuque. Les mains d'Edward remontèrent sous le pull de Bella, découvrant ainsi la peau soyeuse de Bella. Il sentit des sortes de cicatrices et écorchures, mais il n'y faisait guère attention. Pas maintenant, l'envie était bien trop forte. Il ne savait pas où tout cela mènerait, mais il s'en contrefichait pour le moment. Il voulait juste profiter, il était égoïste, envers sa fiancée, la mère de son enfant. Mais il s'en foutait à cet instant. Ses mains caressèrent le ventre de Bella, ses hanches. Il remonta son tee shirt jusqu'à sa poitrine, dévoilant ainsi sa poitrine généreuse, maintenue dans un soutien gorge. Il empoigna violement son sein gauche. Bella lâcha un juron. Elle ferma les yeux, et apprécia la douce torture si délicieuse qu'Edward lui faisait. Elle descendit ses mains vers le visage d'Edward et le ramena vers le sien. Elle posa ses lèvres sauvagement sur les siennes. Elle lui viola littéralement la bouche, suça et mordit sa lèvre inférieure. Edward grogna littéralement. Il palpait toujours son sein gauche à travers le bout de tissu.
Elle ferma fortement les yeux, son corps se raidit mais Edward n'y fait guère attention. Elle respira très fortement, elle avait mal au cœur. La réalité lui frappa de plein fouet, elle n'était sûrement pas prête pour ça. Elle secoua la tête de droite à gauche, en espérant faire partir ses putains de sentiments de merde. Elle... était si heureuse d'être avec lui, et pourquoi maintenant ? Peut-être que si ? Elle le voulait, elle voulait effacer les traces que ce monstre avait laissé sur son corps, elle voulait se sentir de nouveau épanouie et heureuse. Ne plus être aussi sale, souillée... Elle voulait être la Bella d'avant, elle espérait tant pouvoir refaire vivre cette Bella. Mais jamais elle n'y arrivera seul... Il devait être là... Alors si, elle était prête à passer cette étape...
Elle entendit un bruit, comme des morceaux de verre se faisant ramasser. Un autre réalité s'imposa bien vite à elle. Elle était dans le couloir de la demeure des Cullen, avec Edward, faisant des choses pas très catholiques. Elle se rappela de la belle blonde aux yeux bleus, enceinte, avec une bague de fiançailles. Elle comprit bien vite qu'il était fiancé, qu'elle ne pouvait pas être autre que la fiancée d'Edward. Elle se gifla mentalement. Son cœur qui était si heureux se creusa pour la énième fois une tombe. Elle se prépara mentalement au choc. Elle repoussa doucement Edward, mais il se rejeta sur ses lèvres, elle ouvrit machinalement la bouche. Elle n'avait pas la foie de le repousser et pourtant elle devait…
« Edward… non » Dit-elle contre ses lèvres.
En réponse, il empoigna son deuxième sein et le palpa aussi fortement que le premier. Elle se raidit, une plainte sortit de sa bouche malgré elle.
« Edward… arrête. »
« Bella... »
« Non, tu es fiancé et elle porte ton enfant. » Elle inspira un bon coup. « Ce n'est pas bien, on dois arrêter. » Murmura-t-elle le cœur lourd, au bord des larmes.
Elle leva les yeux au ciel, pour se retenir de pleurer. Elle aurait tant aimé qu'il lui fasse l'amour là, maintenant, contre le mur de ce couloir si beau.
Edward prit vite conscience de ce que Bella lui avait dit. Il voulait se baffer pour avoir osé faire ça à Tanya. Il reposa Bella sur le sol. Et recula. Celle-ci abaissa son pull correctement.
Bella regarda Edward, il semblait mener un combat intérieur. Il se pinça l'arête du nez.
« Tu as raison, je n'aurais pas dû... » Dit-il d'une voix tranchante.
La bouche de Bella s'ouvrit. Elle ne savait que dire. Il était tellement extrême, qu'elle n'arrivait plus à suivre. Non, elle était peut-être folle de ne rien comprendre.
« Non, on aurais pas dû… » Elle le contredisait, elle avait aussi sa part de faute là dedans.
« Non ! » Sa voix était ferme. « Je n'aurais pas dû, jamais. Je n'aurais même pas dû t'aider à te relever. Jamais je n'aurais dû t'approcher... tu m'as détruit et comme un abruti... Je... je n'aurais jamais dû t'aimer... »
Ces mots durs comme du marbre tranchèrent littéralement le cœur de Bella. Elle porta sa main à sa poitrine du côté gauche, tellement cela lui faisait mal.
Les larmes coulèrent doucement, comme si elle voulait apprécier à quel point les larmes lui tranchaient les joues. Elle secoua vivement la tête dans tous les sens, passa sa main dans ses cheveux en fronçant les sourcils. Elle aurait voulu qu'il lui dise que non, ce n'était pas une erreur, qu'il l'aimait toujours, qu'il aimerait savoir pourquoi elle avait disparu. Qu'il ne pouvait pas vivre sans elle… Elle aurait aimé entendre ça, et non ces mot si tranchants. Elle l'avait détruit, il regrettait amèrement de l'avoir embrassée, touchée… et surtout... De l'avoir aimée... Elle suffoquait. Elle avait du mal à respirer, c'était pire que tout ce qu'elle avait pu subir chez cet enculé d'Orthone.
Edward l'observait, il commençait à avoir peur pour elle. Elle devenait blanche, elle suffoquait littéralement et tremblait comme une feuille. Sa main était posée sur sa poitrine du côté gauche, appuyait tellement fort qu'on voyait le bout des doigts devenir blancs. Il s'approcha un peu. Elle recula. Il essaya une nouvelle fois, elle recula encore.
« Bella… »
« Espéce d'idiot ! Tu n'es qu'un pauvre con sans cervelle ! Tu ne sais rien, strictement rien ! Tu crois que je suis partie comme ça ? » S'écria-t-elle la voix enrouée. « Tu crois que la misérable petite Swan n'avait pas eu les couilles de venir te dire que c'était fini entre nous ? » Souffla-t-elle en le regardant droit des les yeux. « J'ai jamais voulu que ça se termine. C'est toi qui m'as fait tenir dans mon enfer, intentionnellement, c'est à toi que je pensais quand je souffrais à mort. C'est à toi. Parce que tu es celui que j'aime, et celui que j'aimerai toute ma vie ! Qu'est-ce que tu crois ? Le jour de notre mariage, j'ai cru mourir vif, de savoir que jamais je ne pourrai te jurer de t'aimer et de te chérir ! J'ai cru mourir en voyant les heures défiler ce jour là ! C'est moi qui aurais dû être à la place de cette belle blonde aux yeux bleus, enceinte et épanouie d'une grossesse. Ça aurait dû être notre enfant. J'aurais dû être présente, pour tes concerts de musique. J'aurais dû être là pour tout ça. Et pourtant, je n'étais pas là, parce qu'on m'a arraché cette place, cette vie où j'aurais dû être épanouie avec toi à mes côtés… » Sa voix se brisa.
« Tu es partie ! » Grogna-t-il.
« Je ne suis pas partie ! je le jure… »
« C'est faux, tu es partie ! Il manquait des affaires dans ta chambre. Tu as tout plaqué du jour au lendemain. Ta famille, tes études et... moi. C'est toi, tout est de ta faute. Je ne regrette plus maintenant, j'ai trouvé bien meilleur que toi. » Sa voix était glaciale.
« J'ai été enlevée...» Murmura-t-elle d'une voix froide et pleine de désespoir.
Le sang d'Edward se glaça dans ses veines, son cœur s'arrêta, sa raison perdit pied.
« Pardon ? » Articula-t-il.
« J'ai été enlevée à toi... de force... »
Edward la regardait, il baissa la tête vers la gauche. Son visage si froid et doux, était bien plus que massacré.
« Comme tu dis, elle est meilleure que moi. C'est sûr, y a qu'à voir son physique, elle est magnifique et je fais tâche minable à côté. » Elle inspira un bon coup.
« Va t-en. » Ces mots n'étaient qu'un murmure de la bouche d'Edward. Bella avait eu mal, mais elle savait que c'était la meilleure solution.
Elle tourna les talons, marcha trois pas avant de déballer les escaliers en courant et partir de la maison…
Edward resta plus de dix minutes, planté dans le couloir. Ses lèvres étaient encore rouges et bien gonflées. Ses cheveux aussi désordonnés que d'habitude… Il était liquéfié de cette révélation, il n'en croyait pas ses yeux, il voulait hurler, casser tout ce qu'il avait à côté de lui. Mais il ne fit rien. Il descendit les escaliers et marcha rejoindre sa famille dans le salon. Il dirigea ses membres avec tant de force, alors qu'il marchait doucement. C'était un effort surhumain pour lui. Il ne savait même pas si son cœur battait encore, il avait juste mal, énormément mal. Même pas, aucun mot ne pouvait décrire cette souffrance. Il voulait se jeter du haut d'un arbre pour avoir dit des choses aussi affreuses à Isabella. Des larmes coulaient sur ses joues pâles. Il les essuya du revers de la main violemment. Il passa l'encadrement de la porte, tout le monde tourna la tête vers lui. Son visage était toujours aussi massacré par la souffrance, la douleur. Il n'arrivait pas à se reconstruire un visage neutre, non, la souffrance était bien trop intense pour le cacher, pour le masquer sous un masque neutre comme il l'avait fait depuis des années. Il inspira un bon coup et remonta son regard vers celui de sa fiancée…Tanya… Aussitôt qu'il la regarda, il baissa le regard. Il ne pouvait pas la regarder droit dans les yeux. Pas maintenant, c'était trop frai.
Tanya avait le même visage qu'Edward. Dès qu'il avait franchi la porte, elle avait tout remarqué. Ses lèvres gonflées, sa tignasse désordonnée. Son visage si détruit, le même visage que quand elle l'avait connu. Elle voulait le détester, mais elle ne pouvait pas. Elle voulait détester Bella, d'avoir embrassé son homme, mais elle ne pouvait pas. Elle voulait tout détester, le destin, d'être aussi cruel envers elle, mais surtout envers lui…
Elle passa sa main sur son ventre arrondi de six mois. Un mince sourire s'afficha, il suffisait qu'elle pense à son bébé pour que tout aille bien. Elle pensait aussi, qu'Edward était avec elle. Que Bella était surement partie, parce qu'Edward le lui avait dit. Edward était à elle pour le moment. Mais, elle ne voulait pas que pour le moment, elle voulait pour toujours, ils allaient se marier dans deux mois. Elle allait devenir sa femme, Madame Cullen, montrer qu'elle lui appartenait. Elle l'aimait tellement, c'était tellement égoïste de sa part. D'être autant amoureuse de quelqu'un et se dire que la personne lui appartient. Egoïste, mais tellement passionnant pour certaines personnes. Elle leva le regard vers Edward, il avait les yeux vides, des frissons passèrent le long de la colonne vertébrale de Tanya. Elle avait mal de voir ce regard, ce regard qui lui avait fait tant de mal à l'époque, ce regard qui disait que chaque jour était compté entre eux. Et pourtant, quatre ans qu'ils sont ensemble. Quatre ans qu'elle a réussi à donner goût à la vie d'Edward, quatre ans…
Elle le regarda, encore et encore. Il l'avait trompée, dans la même maison où elle était présente. Mais elle ne se résolut à rien faire. Elle ne pouvait rien faire, rien ne changerait. Il l'aimait toujours, elle ne pouvait rien y faire. Elle le savait. Les sentiments ne se contrôlent pas.
Isabella était tout…
Sa meilleure amie étant enfant.
Sa première copine.
Sa première fois.
Son premier amour.
Ses premières disputes en couple.
Ses premiers pleurs de couple.
Sa première souffrance.
La femme de sa vie.
Celle qu'il aime comme un fou.
Celle qui le détruit chaque temps écoulé.
Les larmes coulaient sur les si belles joues rosées de Tanya. Elle ne pouvait rien, jamais elle n'y changera quelque chose. Elle devait s'effacer de sa vie. (N/Babache: Quel Belle parole...pour une fois tellement vrai ^^) Sinon, elle en souffrirait.
Et pourtant, sa seule résolution du moment, c'était profiter de chaque instant, jusqu'à ce que l'amour aveugle et passionné qu'il éprouve pour Isabella, reprenne les forces de son cœur.
Un raclement de gorge, le fit tourner la tête vers Alice. Celle-ci le regarda avec des yeux abattus. Elle pleurait à fleur de peau. Jasper l'enlaça et lui murmurait des mots doux, pour essayer de la calmer. Un sanglot déchira la pièce. Elle murmura des choses incompréhensibles. Edward l'observa les yeux apeurés. Elle secoua la tête. Edward comprit bien vite. Son comportement depuis quelques temps. Ses pleurs insensés, ses crises de nerf. Ses pètages de plomb dès que quelqu'un osait prononcer quelque chose qui ramènerait à ça, à Isabella. Il comprenait. Bella venait de lui cracher à la gueule la vérité et elle… Elle le savait, Alice savait tout. Il se le répéta dans tous les sens, mais c'était toujours pareil. Il ouvrit la bouche, mais rien ne sortit. Sa gorge était sèche. Une boule se forma dans son estomac. Il regarda sa sœur, celle-ci pleurait toujours dans les bras de son mari. Il lui caressa le dos pour la réconforter, mais ses sanglots assaisonnaient la pièce où tout le monde était silencieux, personne n'osait piper mot. Tous avaient le visage fermé et le cœur lourd, rempli d'incompréhension.
« Tu… tu le savais... » Murmura Edward à l'attention de sa sœur, comme une affirmation.
« Je suis désolée Edward… tellement… » Balbutia-t-elle la gorge serrée et la poitrine déchirée de sanglot.
