Hello les gens !

Merci beaucoup pour toute les reviews au chapitre précédent, c'était vraiment trop beau *-* surtout que j'ai lu la moitié des reviews quand j'étais devant la tour eiffel, alors imaginez mon émerveillement *_*

Un énorme merci à ma maman d'amour (Sandrine50), d'avoir corrigé et commenté mon chapitre ! Si vous ne connaissez pas sa fiction "tu m'appartiens", je vous la conseille.

Ma maman d'amour qui m'a fait une magnifique déclaration à la fin du chapitre *-* Qui a toujours était là pour moi, et que j'ai hâte de passer mes vacances d'été avec elle :D
I love you too and forever mom.

Un énorme JOYEUX ANNIVERSAIRE à ma Ahxelle d'amour ! Plein de bonheur ma chérie.

Et une pensée à ma fille d'amour :)

Je suis désolée je n'ai pas eu le temps de faire un teaser, j'ai tout juste fini le chapitre. Mais pour les non inscrits, j'ai noté votre adresse, pour le prochain teaser que je ferais.

REMERCIEMENT :

Une grand merci à tout les inscrits !

Aux anonymes :

Symin, Nadia, Didi, Ca, COCOTTE 56, Aurore, Karima, Lili, Lina000, Symine, Mimi-amoune, Hana

Je vous conseille vivement d'écouter le chapitre avec les musiques que je vous ai mis, c'est vraiment mieux.

J'espère que le chapitre vous plaira :) On se retrouve en bas.

Bonne lecture !


Chapitre 10 : Die by love

.:. « Jimmy Eat World – Get It Faster » .:.

« Tic tac », l'horloge défilait doucement, les aiguilles avaient l'air d'être au ralenti et de faire un bruit abominable, presque insupportable à mes oreilles. J'avais mal aux fesses d'être assise sur cette chaise depuis je ne sais combien d'heures, à regarder cette putain d'aiguille tourner avec lenteur. Le temps avait dû faire un pari pour être aussi long qu'un escargot dans une course. C'était même certain, juste pour emmerder le monde. Je trépignais d'impatience sur ma chaise, mes mains moites se frottèrent sur mon jean, le long de mes cuisses et mes pieds se dandinaient nerveusement. Un sourire niais collé sur mes lèvres et les yeux pétillants, j'observais l'horloge de ma cuisine. Pitoyable. J'avais l'air tellement pitoyable que je devais faire pitié à voir. Ma main glissa dans mes cheveux pour la énième fois, et les racines étaient devenues grasses à force d'être touchées. Chaque minute qui défilait faisait battre mon cœur un peu plus fort. J'attendais… J'attendais sagement comme une petite enfant qui patientait jusqu'au retour de sa mère pour voir quel cadeau elle allait lui ramener. Je patientais mais je savais que je ne devais pas le faire. Je perdais mon temps. Mais rien à foutre, je me sentais bien. Ça faisait depuis des années que je n'avais pas ressenti cela. Regarder l'heure tourner, c'était juste… un passe temps, quelque chose d'apaisant ? Merde, j'attendais comme une conne, je le savais. Mais je me disais qu'en regardant le temps passer, tout irait mieux. Je m'étais sentie entière la nuit dernière, un sentiment que je n'avais jamais eu depuis des lustres. J'avais tellement hâte de pouvoir me fondre dans ses bras à nouveau, de sentir sa chaleur corporelle, d'entendre ses mots doux, de me sentir en sécurité dans ses bras.

Tellement…

« J'ouvris doucement les yeux, sentant le froid m'envelopper. Je tirai la couette vers moi et m'enroulai sauvagement dedans, ne voulant que dormir. Mon bras frôla mon ventre nu… Mes yeux s'ouvrirent brusquement en même temps que mon cerveau réalisait que ce n'était pas un rêve. Je me relevai doucement du lit, m'appuyant sur mes coudes, et tournai la tête. Aussitôt la souffrance ravagea mon cœur tandis que tout air me manquait. J'avais l'impression d'être étranglée par ma souffrance. Ma bouche s'entrouvrit, laissant des petits couinements à peine audibles en sortir. J'essayais de dire quelque chose, sortir un son, mais c'était comme si mes cordes vocales étaient mortes. Une larme coula le long de ma joue au même moment où j'explosais à l'intérieur.

« Edward… » Soufflai-je dans un couinement de douleur.

Il releva aussitôt la tête vers moi, arrêtant tout mouvement. La fine lueur de la lune illuminait son visage magnifique qui était, désormais, défiguré par la douleur. Je bougeai légèrement, ayant l'impression que mes os étaient broyés. Je me mis à genoux sur le lit, la couette m'entourant. Je la serrai fortement contre mon ventre qui souffrait mon ventre qui avait porté son enfant, sa descendance. Je n'étais qu'un monstre après tout. S'il voulait s'enfuir, il en avait le droit. Qui voudrait d'une fille aussi souillée et monstrueuse ? Personne. Mais je ne pouvais m'y résoudre, je le voulais encore et toujours. Je voulais qu'il m'aime comme avant, qu'il me serre dans ses bras en public comme il le faisait avec sa fiancée. Tout cela... J'avais eu des petits espoirs durant quelques heures. Etant dans ses bras, je pensais qu'il allait m'aimer et me chérir à jamais… (N/S : bah moi aussi !)

« Bella… » Murmura-t-il doucement en s'approchant de moi.

« Tu m'avais promis. » M'étranglai-je la voix enrouée, en secouant la tête, essayant de chasser les larmes qui coulaient sur mon visage. Il posa doucement sa main sur mes joues, essuyant, avec son pouce, l'eau salée.

« Je sais mon amour. » Répondit-il contre mes lèvres. « Mais je dois y aller, y a une urgence à l'entreprise… » Rajouta-t-il en posant un bref baiser sur mes lèvres mouillées. Je posai, tremblante, ma main sur sa joue, le rapprochant encore plus de moi. Son souffle chaud balayait mon visage.

« Embrasse-moi. » Haletai-je, retenant mes larmes. Il déposa tendrement ses lèvres sur les miennes, elles bougeaient doucement en harmonie. Ce baiser avait un double sens, et cela me déchira le cœur. Je pressai mes mains contre ses joues encore plus fort, le voulant encore plus près de moi, ne voulant pas perdre une seconde de sa présence. Il délia nos lèvres en même temps que je battais des cils, laissant mes larmes faire leur chemin inévitable le long de mes joues.

Il recula du lit, prit sa chemise qui était au sol et l'enfila. Il se pencha vers moi et pressa ses lèvres sur mon front. Ses traits, habituellement si parfaits, étaient monstrueusement défigurés par la souffrance et la douleur et ses yeux se plissèrent tandis qu'il m'embrassait le front. Il baissa la tête vers moi, ses prunelles vertes s'encrant dans les miennes.

« Promets-le-moi. » Le suppliai-je en m'accrochant à son cou.

« Bella… » Soupira-t-il.

« Promets-le ! » Fis-je en élevant la voix.

« Je te le promets. » Finit-il par dire douloureusement.

Il caressa ma joue, avant de se relever et de tourner les talons. Il ouvrit la porte de ma chambre avant de sortir et de la refermer. Un sanglot éclata. Son départ avait fait éclater cette bulle grâce à laquelle j'avais pu revivre pendant quelques heures. J'essuyai les larmes qui perlaient sur mes joues et m'allongeai sur mon lit. Mes yeux fixèrent le plafond avant de se fermer tout seuls… »

« Bella ! Je suis rentrée. » Entendis-je à travers mes rêveries.

J'observai un instant ma bague de fiançailles que j'avais remise au doigt quelques jours avant de revoir Edward. Et cette nuit, c'était comme si nous étions retournés dans un temps magnifique que fut le nôtre. Cette bague autour de mon doigt signifiait tellement pour moi. Mais… elle n'était plus d'actualité. Elle ne servait plus à rien, elle n'était qu'un bijou de décoration sur le doigt… Enfin, j'espérais, tout au fond de mon cœur, que ce n'était pas ça.

« Bella ? » Appela ma mère fortement alors qu'elle se rapprochait.

« Oui ? » Fis-je en relevant la tête.

Ma mère était devant moi, son regard descendit vers ma main gauche. De la tristesse passa dans ses iris et son sourire heureux se fana aussitôt tandis que mon cœur prenait un énième coup de douleur. Je faisais toujours souffrir mes proches et ça devenait dur à voir. Je fuis son regard avant de souffler.

« Tu vas bien ? » Demandai-je histoire d'apaiser cette atmosphère étouffante.

« Bella… » Souffla-t-elle en retour.

« Non, stop. Je vais bien d'accord. Crois-moi, mais toi ? » Répliquai-je doucement en posant ma main sur son bras, signe de réconfort.

Un mince sourira s'étira sur ses lèvres, ses yeux s'étaient mis à pétiller comme si elle repensait à quelque chose de beau.

« J'ai passé la soirée dans la chambre d'hôtel de Phil. On est allés boire un verre et puis j'ai passé le reste de la soirée avec lui. » Annonça-t-elle joyeusement.

Je me levai de ma chaise et me servis un verre d'eau au robinet. Je me retournai et m'appuyai sur le plan de travail, le verre d'eau à la main. J'observais ma mère qui me regardait nerveusement elle passa ses mains dans ses cheveux bouclés. Je pris une gorgée d'eau qui soulagea ma gorge. Je n'avais pas le droit d'être comme cela avec ma mère. Seul son bonheur comptait, alors si c'était avec Phil qu'elle voulait être, je devais l'accepter.

« C'est cool. » Dis-je en buvant mon verre d'eau avant de le poser à côté de moi.

Elle s'approcha de moi, doucement, les mains dans les cheveux. Elle regardait à peu près partout sauf mes yeux. Elle craignait ma réaction… Faut dire que la dernière fois, lorsque je m'étais confrontée à Phil, ça ne s'était pas très bien passé.

« Ecoute Bella, on est allés boire un verre pour discuter de tout ça. Je sais que tu as du mal encore, mais… » Fit-elle. « C'est mon mari. » Souffla-t-elle en me regardant dans les yeux. « Et je peux pas…c'est lui, ma chérie et… »

« Maman. » La coupai-je. « J'ai compris. C'est normal hein, c'est ton mari et je peux pas enlever cela, ce serait égoïste de ma part, même si je le suis déjà. Mais je veux ton bonheur, comme tu veux le mien. Tu devrais prendre soin de toi, comme tu l'as fait depuis que je suis là. Alors si c'est lui qui doit prendre soin de toi et te donner le sourire, je l'accepte. Et puis la dispute c'est entre lui et moi. Même si je sais que tu es ma mère, tu dois passer outre et être heureuse. Le reste s'arrangera avec le temps, je suppose. » Finis-je mon discours qui me paraissait débile à mes yeux, mais aux yeux de ma mère, il était magnifique. Ses yeux mouillés et son immense sourire gravé sur ses lèvres rosées en étaient une belle preuve.

« Oh, merci mon ange ! » S'écria-t-elle en me serrant fortement dans ses bras. J'enroulai mes bras autour de son dos et posai ma tête sur son épaule. Le réconfort maternelle m'enveloppait et me fit chaud au cœur. Je le serrai davantage, voulant sentir ce sentiment chaque seconde passée.

« Je t'aime ma fille. » Me chuchota-t-elle à l'oreille avant de déposer un baiser sur ma joue.

« Moi aussi, moi aussi maman. » Murmurai-je en retour, les larmes aux yeux.

Son téléphone sonna. Elle me regarda une dernière fois, m'adressant un sourire radieux avant d'aller décrocher. Un instant, j'eus mal. Un mal pour un bien, qui sait. Elle n'avait même pas vu une seule fois que, malgré tout, j'allais bien, qu'une part de moi était heureuse, qu'une part de moi respirait l'air de la vie à plein paumons, qu'elle se sentait propre. Elle n'avait rien vu… Un seul coup d'œil aurait suffi à l'époque, mais maintenant, plus rien. J'eus mal pendant un instant. Un seul bref instant, j'eus envie de lui hurler dessus, de lui faire ouvrir les yeux, de lui dire qu'elle me regarde en face, qu'elle arrête de me fuir. Un bref instant, je crus la détester de pas voir sa fille revivre à moitié. Un bref instant, tant de sentiments et d'envie étaient passés à travers moi et pourtant je choisis la facilité. Je me précipitai vers l'entrée, enfilai une veste et partis en courant de la maison.

Pendant un instant, je m'étais imaginée fuir loin de là. Et je l'ai fait.

Il neigeait. Des petits flocons de neige tombaient doucement avant de se fondre dans la masse blanche qui était au sol. Je fermai ma veste jusqu'au cou et mis mes mains dans les poches. Chaque pas faisait du bruit, la neige s'écrasait sous mes pieds. Je souriais, c'était beau. La neige avait toujours été une preuve de chaleur et de bonheur. Je levai la tête vers le ciel. Les flocons se déposèrent doucement sur mon visage et fondèrent telle une goute d'eau. Je tournai sur moi-même, souriant bêtement, vagabondant dans le passé. Un rire résonna dans mes oreilles, le mien je riais toute seule. Les gens passèrent devant moi, me regardant comme si j'étais folle. Mais je m'en fichais. Au fond de moi je devais l'être, qui sait.

M'arrêtant de rire, je baissai les yeux vers la neige avant de prendre le pas et de marcher à travers la foule bondée comme d'habitude, malgré la neige. Mes pensées vagabondèrent vers cette nuit. Cela pouvait-il signifier quelque chose pour notre avenir ? Pour lui ? Après tout, je n'avais aucune réponse, et j'espérais… Etais-je si naïve que ça ? Sûrement… J'inspirai un grand coup avant de pousser les portes du cabinet de Mrs. Delclipse. J'avançai à grand pas, espérant trouver le confort que j'avais ici. Doucement, j'enlevai ma veste et la pris dans mes bras. Mes pas résonnèrent dans le hall d'attente. Je tournai la tête alors qu'elle ouvrait la porte de son bureau. Ses yeux me fixèrent, surpris et pleins de tendresse. Un mince rictus s'étira sur mes lèvres avant de baisser les yeux, honteuse de débarquer ici, sans rendez-vous.

« Bella ! » S'exclama-t-elle doucement. Je relevai les yeux vers elle.

« J-je suis dé-désolée, je sais qu-que j'aurais dû vous prévenir mais… » Bégayai-je.

« Ce n'est pas grave, je n'ai personne avant une bonne heure. » Fit-elle avec un sourire. Elle se poussa de sa porte. « Je t'en prie, entre. » Je me mordis la lèvre avant de passer devant elle et d'entrer chez « elle ». « Assis-toi. » Je pris place dans l'immense canapé qui était posé au milieu de la pièce, placé sur un magnifique tapis beige. En face de celui-ci, se trouvait un fauteuil, où Mrs. Delclipse était assise. A côté de ce fauteuil y était placée une table. Un peu plus loin, un bureau avec un ordinateur surplombait la pièce alors qu'une immense bibliothèque y était adjacente.

Ce bureau était magique, avec cette odeur de livres, de vieux livres, une odeur de bien-être. La vue sur l'immense bibliothèque, où les livres étaient posés de travers, droits, allongés, me donnait envie. Les livres avaient toujours été une source de magie pour moi. C'était pour travailler dans une maison d'édition que j'avais fait des études littéraires. A coté, je faisais un petit boulot de bibliothécaire. J'avais toujours aimé les métiers avec les livres. La littérature, c'était tout un monde de bonheur, de pleures, d'émotions et, surtout, libérateur.

Ses yeux marron me fixèrent alors que ses mains jouaient avec un stylo. J'ouvris la bouche, essayant de sortir un mot, mais rien ne vint. Elle me regarda une dernière fois avant de prendre la parole.

« On ne s'est pas vues depuis quand ? Un an… Ton père t'emmenait à mon ancien cabinet à Seattle. Tu étais très têtue et renfermée, mais j'ai appris à te connaître et tu m'as enfin parlé. Et puis, il y a quelques mois, j'ai reçu un appel de ton père, qui disait que c'était de pire en pire, que tu vivais dans le passé dans le passé où tu étais heureuse et épanouie avec ton amour. Je lui ai conseillé de t'envoyer chez ta mère, ici, et que tu repasses me voir. Il a accepté. J'ai su que tu étais là et j'attendais vraiment que tu viennes me voir. Et te voilà. » Dit-elle doucement. « Tu as régressé Bella ! » Ajouta-t-elle d'un air dur.

« Pardon ? » m'étranglai-je.

« J'ai vraiment l'impression que le boulot qu'on a fait n'a servi à rien. Mais regarde-toi deux secondes dans un miroir. » Fonda-t-elle.

« Je vais très bien. » Me défendis-je en clignant des yeux, outrée.

« Ça ne marche pas Bella. Crois-tu vraiment que pendant que tu étais ici, je n'ai pas pris de tes nouvelles ? Détrompe-toi. Ta mère est venu me voir et crois-moi, je ne suis pas fière de toi, mais alors pas du tout ! J'ai l'impression d'avoir une gamine capricieuse en face de moi. » Elabora-t-elle d'un ton ferme. (N/S : Pas commode la psy.)

Mon cœur eut un raté alors que la colère montait sauvagement en moi. Elle n'avait certainement pas le droit de m'insulter comme cela. Je gérais ma vie comme bon me semblait. J'avais eu une très mauvaise idée de venir ici.

Tu sais bien que non…

« Je ne peux pas. » Déclarai-je d'une voix rauque.

« Oh que si tu peux ! Pour qui te prends-tu à vouloir récupérer un homme qui a refait sa vie ? Il a avancé, Bella. Il n'existe plus dans ton présent et futur, comprend-le. Il t'a aimé, mais ça, c'était avant. Maintenant, il en aime une autre, ainsi va la vie. Contrairement à toi, il a avancé, il a arrêté de s'apitoyer sur son sort. Il vit. Laisse-le partir. » fit-elle, détruisant tous mes espoirs sans le vouloir. (N/S : Et les miens.)

Je secouai la tête en même temps que les larmes coulaient doucement sur mes joues. Elles me sciaient les joues en deux. Ça faisait tellement mal, pire qu'un énième coup de poignard dans mon cœur qui battait douloureusement.

« Je l'aime. » Articulai-je faiblement.

« Je le sais, mais en faisant cela, tu te fais du mal. N'as-tu pas pensé une seule seconde, que tu le faisais souffrir aussi ? Il reconstruit sa vie, et toi, tu reviens comme par magie. Imagine un peu… Tu fais du mal à toute cette famille, Bella, pas qu'a lui. »

« Non ! Alice était contente… » Contrai-je en m'essuyant les larmes.

« C'est normal Bella, qui ne serait pas content de savoir que tu es vivante. Mais la douleur Bella… Regarde les choses en face, elle ne t'a pas donnée de nouvelles, ni revue depuis la dernière fois que tu l'as vue. … » Ajouta-t-elle calmement. J'ouvris la bouche pour la contredire, mais elle me dépassa. « Ils ont dû apprendre à refaire leur vie sans toi. Tu n'as aucun droit, vraiment, de faire ce que tu fais. Tu imposes carrément ta venue. Il ne veut pas être avec toi, tu dois le comprendre. Il refait sa vie dans tout les sens du terme, et il n'y a plus de Bella. Tu n'existes plus, tu n'as plus aucune place dans celle-ci. Ta mère m'a dit qu'il avait une fiancée et qu'elle était enceinte, alors arrête cela Bella. Tu ne vas quand même pas détruire une future famille ? » Exposa-t-elle.

« C'est ma vie. » Opposai-je en colère.

« Je suis d'accord, mais je ne te laisserai pas te faire du mal, ni à toi, ni à lui, ni aux autres. »

« Il est venu chez moi hier ! » Avouai-je en me levant du canapé. Je me dirigeai derrière celui-ci, mes yeux se posèrent sur la bibliothèque tandis que mes larmes coulaient doucement. « On a fait l'amour. » Murmurai-je. « Il a dit m'aimer. »

Elle ouvrit la bouche, avant de la refermer et une expression de tristesse passa sur les doux traits de son visage.

« Je suis désolée Bella, vraiment. » S'excusa-t-elle sincèrement.

« Je ne comprends pas. » Dis-je en me mordant la lèvre inférieure.

« C'était un Adieu… hier, il t'a fait un Adieu… » Bredouilla-t-elle en se passant les mains sur son visage.

Une douleur au ventre m'arracha un couinement. Je repliai mes bras autour de mon ventre, en même temps que je sentais mon cœur battre la chamade. Mes larmes coulaient fortement comme une pluie orageuse. Ses mots résonnaient dans ma tête, tel un film.

« C'était un Adieu… »

« Impossible. » Chuchotai-je en ravalant les sanglots qui me clouaient la gorge.

« Bella… Je suis tellement… » Commença-t-elle.

« Ne dis plus rien ! » Hurlai-je. Je pris ma veste posée sur le canapé et commençai à partir en courant du bureau. Mon pied se cogna à un meuble et je tombai contre la porte du bureau. M'effondrant, je collai mon front sur le bois massif, laissant mes sanglots me déchirer.

Ses talons résonnèrent alors qu'elle avançait. Sa main se posa doucement sur mon épaule.

« Ne me touche pas. » Marmonnai-je à travers mes sanglots.

« Bella… » Fit-elle.

« Je n'aurais jamais dû revenir, jamais. » Haletai-je en repoussant sa main de mon épaule et de prendre fuite une seconde fois dans la journée.

J'appuyai sur le bouton de l'ascenseur pour descendre. Les portes se fermèrent dans un bruit sourd alors qu'un sanglot m'échappait. Je croisai mon reflet dans le miroir. Le nez rouge, les yeux larmoyants, j'étais plus que l'ombre de moi-même, et cette réalisation me fit pleurer de plus belle. Je ne savais faire que cela après tout.

« C'était un Adieu… »

Une ultime larme salée coula le long de ma peau. Je l'essuyai du revers de la main. Il fallait que j'en ai le cœur net… ou fuir ? Repartir à Forks, chez mon père… à la maison.

Va le voir…

Je soufflai avant de sortir de l'ascenseur. Le long du couloir, qui menait à la sortie, plusieurs miroirs étaient collés au mur. Chaque pas ou mouvement, que je faisais, était correctement reflété.

Et si ton ennemi c'était toi ?

Je passai ma main dans mes cheveux avant de pousser l'immense porte. Un rayon de soleil se posa sur ma peau. Je clignai des yeux sur le coup, puis un immense nuage se remit sur le soleil, et puis plus rien. C'était sinistre. La neige sur le sol n'avait pas l'air joli, juste patiné de nos pas. Elle était recouverte de terre, d'herbes et de toutes sortes de pollution venant de l'homme. Les nuages étaient mauvais à voir : noirs, gris, blancs. Toutes ces nuances me donnaient envie de fuir. L'odeur me faisait mal. Tout le monde me faisait mal. Je n'étais que mon ennemi, je me faisais mal moi-même et jamais je ne pourrai arrêter cela.

Mes jambes marchèrent bien vite, allant là où je ne souhaitais être. Et pourtant… je n'y mettais aucune interdiction. Le froid m'agressait peu à peu. A chaque pas, la température descendait, glaçant mon sang, mon cœur qui avait mal. Congelée, je ne ressentirais peut-être plus la douleur. Je secouai la tête avant de tomber dans un fou rire nerveux. Les gens me regardaient bizarrement, se demandant pourquoi une bonne fille comme moi rigolait comme une vache en pleine rue, seule. J'avais l'impression d'avoir perdu la tête, ou même pire. Les propos qu'elle avait tenus étaient tellement… si… affreux ?

Et tellement vrai…

J'appuyai mes mains sur mes tempes, fortement, pressant ainsi la douleur qui me faisait mal depuis quelques heures. J'avais cette impression bizarre, cette impression que les fous ont. Je pressai tellement, telle une orange, qu'on aurait pu croire que mon crâne allait exploser. J'étais assez dérangée, voire trop. Un rictus s'installa sur mes lèvres rosées par le froid. Je levai mes mains et les apportai à ma bouche. Je les mis en creux avant de souffler dessus, apportant de la chaleur réconfortante sur cette peau sèche et froide.

Un homme auprès d'autres hommes, tous prenaient place sur les instruments qu'ils avaient dû apporter. Les gens se retournaient, les observaient, les convoitaient et partaient. Moi je n'y arrivais pas, je m'arrêtai devant et regardai, fascinée, l'un des hommes s'approcher du micro. Et puis sa voix s'éleva dans l'air frais de Boston.

.:. « One Republic – All we are » .:.

"I tried to paint you a picture,"

Sa voix était juste magnifique, j'en étais époustouflée. Alors doucement, je m'approchai, me frayai un passage entre la foule qui s'arrêtait enfin…

"The colors were all wrong
Black and white didn't fit you,
And all along
You were shaded with patience,
Your strokes of everything
That I need just to make it"

Parce que j'avais l'impression que cette chanson avait était créée spécialement pour des femmes qui vivaient cela, pour moi.

"And I believe that
I could tear you apart
But it won't break
Anything that you are, you are"

Une masse folle s'était créée autour de ce "groupe". Personne ne voulait partir, ni se détourner de ces belles paroles.

"We won't say our goodbyes
You know it's better that way
We won't break, we won't die
It's just a moment of change
All we are, all we are
Is everything that's right
All we need, all we need
Our love is at a bind"

Tout ce qu'on a… Un rien.

"I walked a minute in your shoes,
They never would've fit
I figured there's nothing to lose,
I need to get
Some perspective on these words
Before I write them down
You're an island and my ship
Is running ground"

Mon amour, mon île, mon bateau…

« Je l'aime. »

« Je sais. »

"I could tear your apart
But it won't break
Anything that we are, we are"

« Tu te fais du mal, Bella. »

Jamais.

"We won't say our goodbyes
You know it's better that way
We won't break, we won't die
It's just a moment of change
All we are, all we are
Is everything that's right
All we need, all we need
Our love is at a bind"

« Je te le promets. »

Il me l'avait promis.

"Every single day that I can breathe
You changed my philosophy
I'm never gonna let you pass me by"

Va le voir, Bella…

Je secouai la tête alors que les larmes me montaient violemment aux yeux. Il me l'avait promis. Je n'avais pas le droit de remettre en question ce qu'il m'avait dit.

Juste pour voir…

"So don't say your goodbyes
You know it's better that way
We won't break, we won't die
It's just a moment of change"

Je passai subtilement à travers les gens, évitant tout contact avec eux. Leur odeur me vint aux narines, j'avais envie de vomir. Mon corps se frotta à plusieurs personnes, et je trouvais ça assez dérangeant et sale. Mais après tout, quand il y avait une foule, on ne pouvait rien y faire, sauf rester à l'écart. Mon cœur battait fortement contre ma poitrine.

"So don't say your goodbyes
You know it's better that way
We won't break, we won't die
It's just a moment of change"

Je reculai loin de la foule avec un immense plaisir. Je sentais l'air remplir mes paumons à nouveau et mon cœur battre normalement. Je commençai à partir loin de ces hommes qui chantaient très bien. La voix était envoutante et vraiment touchante. La chanson résonnait encore dans mes tympans. Je me retournai une dernière fois.

"All we are, all we are
Is everything that's right
All we need, all we need
Our love is at a bind"

Un merci sorti de mes lèvres tel un souffle.

"So don't say a goodbye
We won't break, we won't die"

Je tournai les talons et allai vers mon destin. Je ne savais pas quelle réponse j'y trouverai, à part remettre en question une parole qu'il m'avait faite. Je soufflai. J'étais surement stupide, voire trop. J'avais froid.

Si tu n'étais pas partie aussi vite…

Maman.

Si elle pouvait savoir combien j'étais désolée d'avoir fui, encore une fois. J'étais lâche, elle le savait et s'y était accommodée. J'espérais qu'elle ne se faisait pas de souci pour moi…

Dis la vérité…

Enfin si, parce que j'étais une putain d'égoïste. Je voulais qu'elle s'inquiète pour moi, qu'elle ait mal, comme j'avais eu mal en voyant qu'elle ne me regardait même plus. Comme j'avais eu mal en voyant qu'elle s'était remise avec un homme qui ne m'aimait pas. J'avais eu mal de la voir heureuse comme ça, alors que moi… je ne savais rien de mes sentiments. J'étais heureuse, je ne l'étais plus, je ne savais rien. J'étais une égoïste de merde, mais ainsi va la vie. Dieu avait créé un être moche et dégoutant. Cet être, c'était moi. Je pensais pas que Dieu faisait de belles créations, c'est vrai. Il échouait dans tout ce qu'il faisait, même les anges. Un ange avait créé l'enfer, Lucifer. Et ceci nous démontrait combien les êtres créés et leur mentalité étaient imparfaits.

Je soupirai. J'étais bête, c'était tout.

Je relevai les yeux. Ils se remplissaient d'eau. J'y étais, devant son entreprise. L'entreprise que j'avais tant détestée à l'époque. Aller dedans était gâcher son talent de musicien. Une immense tour, toute moche, une grande tour, comme je ne les aimais pas, se dresser devant moi. Je n'aimais pas les immeubles tape l'œil, c'était pareil pour ça. Plein de personnes entraient et sortaient en costume d'homme d'affaire. Je faisais tâche avec mon jeans foncé, ma chemise bleu nuit, ma veste et mes ballerines que j'avais mises alors que nous étions en plein hiver.

Les femmes d'affaire étaient magnifiques. Elles avaient des cheveux impeccables, très bien coiffés, pas une seule mèche ne dépassait, un maquillage parfait qui les mettait en valeur, avec un rouge à lèvres vif qui faisait ressortir leur bouche. Et puis, elles étaient superbes dans leur tenue. J'étais vraiment l'intruse avec mes cheveux mal coiffés qui tombaient en cascade sur ma poitrine et mon visage dépourvu de maquillage. Et puis, s'il fallait être honnête, moi dans une tenue comme elles, j'aurais l'air d'un boudin. Je baissai la tête, inspirai fortement et rentrai dedans. Tout le monde courait, un café, des dossiers, des mallettes à la main. Ça me donnait le tournis.

J'avançai vers le grand guichet du fond. Un homme posa son regard sur moi. Il me dévisagea avant de se pencher vers moi.

« Bonjour, bienvenue à la société Cullen ! Que puis-je pour vous ? » S'exclama-t-il faussement.

Je reculai d'un pas.

« Heum… » Je me mordis la lèvre. « Edward Cullen, serait-il là ? » Demandai-je doucement. Dire son nom fit battre mon cœur. L'homme en face de moi perdit son sourire.

« Avez-vous rendez-vous avec lui ? » Dédaigna-t-il.

« Oui, oui. » Répondis-je bien trop vite. Il me toisa alors que je sentais le rouge me monter aux joues. Il sourit à nouveau.

« Très bien, alors c'est le dernier étage. Vous consulterez son assistante pour le rendez-vous. Bonne journée. » M'expliqua-t-il.

« Vous aussi. » Murmurai-je en partant vers les ascenseurs. Y en avait trois.

Les portes s'ouvrirent en même temps qu'une foule de masse sortait. Je montai dedans, seule. J'appuyai rapidement sur le bouton et ignorai sciemment les gens qui me faisaient des signes pour que j'arrête l'ascenseur. Les voyant s'approcher, je priai pour qu'il se referme vite. Finalement, ma prière fut entendue à mon plus grand plaisir… qui fut de courte durée. Au bout du deuxième étage, l'ascenseur s'arrêta et une personne monta et ainsi de suite… Il faisait très chaud, on était comprimés. La petite musique dans l'ascenseur me donnait envie de l'exploser. J'enlevai ma veste. J'avais l'impression de revivre en l'enlevant, j'avais moins chaud. C'était tout de même affreux. Je crois même que ça allait devenir officiel, plus d'ascenseur.

L'ascenseur s'arrêta enfin, au dernier étage. Je pris peur en voyant tous les gens qui étaient devant pour le prendre. Je sortis bien vite de là. Un « ding » m'indiqua que l'ascenseur descendait. Je soufflai et laissai l'air m'envelopper. Je m'éloignai des portes et avançai vers l'encadrement. Plein de bureaux s'entassaient, plein de personnes travaillaient dessus tantôt suspendues à leur téléphone, tantôt tapant sur le l'ordinateur, tantôt s'arrachant les cheveux à cause d'un dossier. Je soupirai encore… J'avançai timidement à travers les bureaux. Une femme se posta devant moi.

« Puis-je vous aider ? » Demanda-t-elle poliment.

« Non merci. » Soufflai-je en voulant passer devant. Mais ma tentative était vaine, elle me barra le passage.

« Vraiment ? Vous savez qu'ici il y a le bureau des deux PDG : Carlisle et Edward Cullen ! Alors à moins que vous ayez pris rendez-vous, vous ne pourrez pas vous y rendre. » Fit-elle en posant sa main sur mon épaule.

« Je sais. » Lâchai-je amèrement. « Mais enlevez votre main de mon épaule et on avancera. » Continuai-je. Elle la lâcha, outrée qu'une personne comme moi lui tienne tête.

Je passai devant elle et marchai jusqu'à une porte où il y avait marqué « Edward Cullen » sur une plaque en or. Tout était en verre : les murs, la porte. Mais les stores étaient fermés. J'expirai l'air que je retenais, posai une main ferme sur la poignée puis appuyai doucement ma poitrine contre la porte et l'ouvris.

Mon cœur s'arrêta pendant une seconde.

Ils se tournèrent vers moi.

J'eus mal.

« Bella ? » Souffla sa belle voix de ténor.

Elle était belle, j'en étais jalouse. Elle arborait fièrement son ventre rond, une belle robe noire, un legging blanc dessus. Ses cheveux blonds bouclés tombaient en cascade derrière son dos, son visage était magnifique, avec un maquillage qui lui collait à la peau. Une vraie déesse. Ses yeux bleus me fixaient avec tristesse. Je penchai légèrement ma tête. N'est-elle pas censée me détester ?

Elle détacha ses mains liées à celles d'Edward et recula légèrement, gênée. Je levai un sourcil avant d'avoir un couinement de douleur. (N/S : Je couine avec elle.)

« T-tu-tu en-enfin… » Bredouillai-je en clignant des yeux.

« Que fais-tu ici Bella ? » Demanda-t-il en s'approchant de moi.

Il portait un costume, les manches de sa chemise blanche étaient remontées jusqu'aux coudes. Il avait ôté sa veste noire qui était posée sur son bureau, sa cravate était défaite, lui donnant un air foutrement sexy et ses cheveux étaient aussi débraillés que d'habitude.

« Je voulais te voir. » Avouai-je en me mordant fortement la lèvre inférieure quelques goutes de sang glissèrent dans ma bouche.

« A quel propos ? » Questionna-t-il comme si de rien n'était.

Je le regardai, perdue par ses propos tandis que lui m'observait, neutre. Les larmes voulaient me monter aux yeux, mais rien ne sortit. Un sentiment que je n'avais jamais ressenti envers lui m'envahit violemment. Je le définis comme de la fureur, de la colère. Je sentis le rouge me monter aux joues. J'avais envie d'exploser face à son regard dédaigneux.

« Tu ne devrais pas être là. » Fit-il en passant sa main dans ses cheveux. Mes yeux s'écarquillèrent à l'énoncé de ses paroles. Alors que mes doigts serraient fortement ma veste, j'avais la folle envie de renverser tout dans cette pièce qui ne lui ressemblait pas.

« Laisse la Edward. Si Bella veut parler, elle s'exprimera. » Intervient une magnifique voix douce féminine. Je tournai la tête vers elle.

Son regard était doux envers moi, elle me couvrait d'une tendresse qui me faisait mal. Moi qui voulais la détester d'être avec l'homme que j'aime, je n'y arrivais pas. Elle m'éblouissait tellement, avec sa sagesse que mon cœur prit un coup.

« Tanya. » Emit-il en lui adressant un regard.

J'avançai vers Edward il me surplombait de toute sa taille. Des flashs d'hier soir me revinrent en tête en même temps que des larmes coulaient sur mes joues. Elle avança vers moi, puis s'arrêta à quelques mètres. Je tournai la tête vers elle, lui adressant un mince sourire.

« Je suis désolée, vraiment. Tu iras au paradis avant les autres, toi. » Soufflai-je à l'intention de Tanya.

« Bella… » Commença Edward. Je levai mon regard vers lui. « Ne fais pas de mal. » Murmura-t-il.

La fureur me montait. Je le giflai. Ma main claqua fortement sur sa joue avant de retomber à mes côtés. Sa main était posée là où je l'avais frappé. Tanya, ses mains sur sa bouche, les yeux écarquillées, sous le choque me regardait. (N/S : Il l'a bien mérité, tiens.)

« Va te faire foutre Edward ! » Criai-je. « Tu n'es qu'un connard ! 'Ne fais pas de mal', tu te fous de moi ? Tu as pensé au mal que tu me fais à moi ? » Tonnai-je. « Tu couches avec moi et après tu fais comme si de rien n'était ? M'as-tu pris pour ta pute personnelle ? » M'écriai-je en sanglotant. « Je n'en suis plus une et je ne le serai plus jamais. Tu m'as fait mal, Edward. Tu sais combien j'ai souffert pendant toutes ces années ? J'ai essayé d'avancer, mais je n'y suis jamais arrivée. J'avais bien trop de remords et d'amour envers toi et ta famille. » Je me tus. Son visage était déformé par la tristesse et la douleur. « Tu n'as jamais été comme ça. Mais qui es-tu ? » Soufflai-je en le regardant droit dans les yeux. « Tu n'avais pas le droit… » Chuchotai-je. « Parce que tu m'avais promis… » Ma voix se brisa…

Mes larmes coulaient insensiblement sur mes joues, je passai ma langue sur mes lèvres avant de secouer la tête. Après tout, l'erreur est humaine. Il n'avait pas été le seul, j'avais fait l'erreur avec lui, en blessant une femme sublime et gentille.

« Pardonne-moi… Après tout l'erreur est humaine. Cela ne se reproduira plus, je t'en fais le serment. » Haletai-je doucement. (N/S : Bien dit !)

Je reculai jusqu'à ce que mon dos claque contre la porte en verre, qui était toujours entre-ouverte. Je la contournai prête à partir, malgré ma vue brouillée de larmes. Ma poitrine haletait, mon cœur pleurait et se mutilait en mille morceaux d'avoir aussi mal. La faute n'était que de moi, alors autant me damner moi-même. J'enlevai les cheveux qui collaient à mes joues mouillées d'eau salée.

« Attends ! » Murmura-t-il en m'attrapant le bras. Je me retournai vers lui.

« C-c'est fini. » Sanglotai-je douloureusement. « Tu ne me reverras plus. Je ne reviendrai pas. Poursuis ta vie, ce sera comme si je n'avais jamais existé. » Gémis-je durement. « Prends-soin de toi. » L'implorai-je en ôtant mon bras de sa poigne.

Je partis. Loin. En courant. Rapidement. Une fois dehors je laissai ma douleur m'emporter. J'appelai malgré tout un taxi, rentrai dedans et me laissai tomber dans ce néant, désormais mon quotidien.

.:. « Snow Patrol – Set the fire to the bird bar » .:.

Mes tremblements s'intensifièrent à chaque pas que je faisais pour rentrer chez moi. J'ouvris lassement la poignée de ma porte d'entrée, à travers ma vue floue. Je reniflai en entrant dans la pièce vide. Elle n'était pas là. Je fermai doucement la porte, la fermant à clé. Un sanglot m'arracha un petit cri de douleur. J'appuyai mon dos contre la porte. Je fermai fortement les yeux, voulant m'empêcher de pleurer. Même clos, elles reluisaient sur ma peau blafarde. Je donnai un coup de main à la porte.

« P-pardonne-m-moi. » Sanglotai-je à travers mes bafouillements.

Je relevai la tête et vis que sur le meuble, où les clés et plein de babioles étaient rangées, un mot y était déposé. Je m'enlevai de la porte et avançai vers le meuble, trainant des pieds. Je m'essuyai les yeux – même si une avalanche de larmes s'en suivit quand même – et pris dans mes mains le bout de papier.

Bella,

Pardonne-moi, mais j'ai eu du mal ce matin avec ta réaction. J'espère que tu vas mieux et que tu arrives à comprendre ma décision de vouloir être avec celui que j'aime. On sera désormais une famille avec toi, tu verras.
Je suis juste sortie avec Phil faire quelques courses, histoire de remplir un peu le frigo.

Maman.

Je reniflai et pris un air dédain en pensant à Phil. Elle-même ne pensait plus à moi. Un sanglot rauque m'étrangla. Je toussai, pleurai fortement. Je broyai dans mes mains le bout de papier, avant de le jeter loin de moi. Doucement, j'avançai à tâtons vers l'escalier. Je montai les marches une par une, tremblante comme une feuille, mes dents claquant entre elles. Mes mains étaient froides comme si je sortais d'un congélateur. Les battements de mon cœur résonnèrent dans mon cerveau, me faisant mal. Je grimaçai et appuyai mes mains sur mes oreilles. Je montai la dernière marche, le couloir était illuminé devant moi.

J'eus mal, encore.

Je criai.

Je m'écroulai à terre, près des marches. J'enroulai mes bras autour de mon ventre et serrai fortement. Je me laissai tomber complètement. Ma tête se posa sur la moquette colorée. Je me recroquevillai sur moi-même, tel un nourrisson dans le ventre de sa maman. Mes larmes coulaient jusqu'à se fondre dans le tissu de la moquette. Ma respiration forte, mon cœur qui battait, mes sanglots, faisaient la musique de la pièce. La douleur prenait toutes les fibres de mon corps. J'avais joué avec le feu et je m'étais brulée, vive. Je n'avais que ce que je méritais Après tout, il avait sa vie et une femme superbe. Que Dieu me pardonne…

Je me levai difficilement, me tenant au mur. Je marchai le long du mur jusqu'à ma chambre. J'ouvris ma porte lassement. Sous le coup de mon poids appuyé sur la porte, elle claqua fortement contre le mur. J'haussai les épaules, essuyai un peu mes larmes en me frottant le visage. Son odeur planait encore dans toute la pièce, me faisant couler davantage de larmes douloureuses. Mes draps étaient défaits de notre dernière union et mes vêtements d'hier étaient éparpillés sur le sol. J'avançai d'un pas trainant jusqu'au bureau. Je posai mes fesses sur la chaise et pris une feuille et un stylo.

L'encre du stylo glissait toute seule sur le papier. Mes larmes firent couler, à plusieurs reprises, les mots, mais peu importe je continuais. J'avais l'impression qu'écrire ces mots, c'était comme terminer un monde. C'était vrai, mais je ne pouvais m'y convaincre de cette façon. A chaque mot que j'écrivais, un coup dans le cœur fusait rapidement. Mes sanglots éclatèrent fortement, je n'y arrivais plus. Tenir ce stylo entre mes doigts était déjà beaucoup demander. Les lignes s'alignèrent rapidement. Ma vue était floue, mais malgré tout, je voyais un gros tas bleu, mon roman, mon texte, mon dernier souffle. J'écrivis le dernier mot, avec souffrance.

Et puis…

Je lâchai le stylo comme s'il m'avait brûlé. Il claqua contre mon bureau, roula quelques secondes jusqu'à être bloqué par un cadre photo. Je frottai mes mains sur mon visage avant de les poser sur mes cuisses. Des perles d'eau coulaient délicatement le long de mes joues jusqu'à mon menton et tombèrent sur mon buste. Ma poitrine se souleva fortement au rythme de ma respiration saccadée. J'avais mal. Doucement, je levai mon bras jusqu'au tiroir de mon bureau. Je le tirai dans un grincement. Je pleurai davantage à la vue de ce qu'il contenait. En même temps qu'un sanglot dur me prit, j'attrapai l'objet en fer, le serrant fortement dans ma main. Je fermai le tiroir d'un coup de main et me levai. Je pris de ma main libre ma feuille écrite et marchai, tel un zombie, jusqu'à mon lit. Plus j'approchais, plus son odeur m'enivrait et me tuait à petit feu. Délicatement, je posai la lettre sur ma table de chevet.

Faiblement, je m'assis sur mon lit. Les souvenirs de la nuit dernière remontèrent fortement à la surface, me faisant davantage sombrer et pleurer. Je posai mon regard sur l'objet en fer que ma main serrait. Je l'apportai devant mes yeux. Depuis tellement de temps il m'avait attendu. Ce cher couteau qui n'attendait que de percer ma peau. Ce jour était arrivé, enfin.

Je reniflai une dernière fois, mes larmes coulaient comme une pluie, un ouragan. Ma respiration s'accéléra, alors que doucement j'apportais le couteau à mon poignet. Je serrai le poing, mes veines ressortirent davantage. Ma lèvre inférieure trembla alors que ma poitrine s'élevait très rapidement. Je posai la lame du couteau sur mon poignet, ma veine.

.:. « Jason Walker – Down » .:.

Et puis…

J'appuyai doucement dessus, la douleur apparaissait faiblement, mais ce n'était rien comparait à celle que j'avais dans mon cœur, celle que je ressentais chaque jour. Je la glissai légèrement, ouvrant davantage la plaie. Le sang coulait le long de mes avant-bras, mon jeans avant de tomber sur le sol de ma chambre. C'était rouge partout. Je lâchai le couteau qui tomba par terre dans un bruit sourd. C'était fini, réellement, une bonne fois pour toute. Ma tête me tournait de plus en plus. J'avais mal, mais je m'en fichais, c'était le prix à payer pour être libre.

« P-par-don ma-ma-man. » Bredouillai-je dans un souffle épuisé.

Je pleurais encore, et surement jusqu'à mes derniers instants. Lourdement je tombai sur le lit. Je bougeai doucement m'allongeant complètement. Mon poignet ouvert était posé sur les draps blancs et mauves. Je tournai la tête vers celui-ci, un mince sourire de victoire s'afficha sur mes lèvres. Bientôt. Je fermai les yeux, affaiblie. L'encre de mon stylo me revint en tête, la lettre défilait dans ma tête une seconde fois, proprement, sans d'eau salée qui tâche les mots.

Edward,

Tu as toujours était l'homme de ma vie, et ça depuis très longtemps. Mes sentiments n'ont jamais changé. Malheureusement la vie n'a jamais été jolie comme on l'aurait souhaité. Nous étions censés nous dire oui, avoir une belle famille et vieillir ensemble. J'aurais aimé pouvoir me moquer de tes rides qui seraient apparues avec le temps et bien d'autres choses, et cela jusqu'à la tombe. Ça ne se fera sûrement jamais.

Aujourd'hui, j'ai décidé que je partagerai la tombe seule, avant toi. Tu sais, j'espère que tu ne m'en veux pas. Je ne voulais pas que cela se termine comme ça, mais je n'y arrive plus. Mon passé, cette souffrance que ce bourreau m'a donnée me tuait à petit feu. Je crois même que j'aurais préféré crever là-bas, que plutôt revoir mes proches et leur faire du mal comme je l'ai fait. Je n'aurais jamais dû chercher à te revoir. Je t'ai tellement aimé que j'ai été très aveugle. J'ai mis ma souffrance sur le compte de ton absence, mais c'était faux, enfin c'était probablement les deux. Mais ma douleur vient aussi de mon vécu. Je n'ai pas su faire la part des choses, je croyais qu'en te retrouvant je serais heureuse comme avant. Je me suis tellement basée sur notre passé que je n'ai pas pensé pendant une seconde aux conséquences.

Je n'aurais jamais pu être heureuse. Mon seul ennemi, c'est moi. Mes démons me hantent toujours et la seule solution aurait été de régler mes problèmes. Sans ça, je n'aurais pas pu vivre en paix avec moi-même. J'ai essayé, tu sais. Mais entendre des mots durs pour me faire avancer, c'est au dessus de mes forces. Je finis toujours détruite et en pleure quand on me dit quelque chose. Parce que je ne supporte pas qu'une personne veuille que je sois forte. Je l'avoue, je préfère qu'on s'apitoie sur mon sort. Pourquoi ? Parce que je ne suis qu'une lâche, je suis faible.

Je m'en veux d'être revenue comme cela. Même s'il n'y avait pas d'autres moyens, je n'aurais jamais dû revenir. Je suis sincèrement désolée que tu ais appris mon passé de la bouche de quelqu'un d'autre et je suis navrée que les autres aient souffert, surtout Alice et ta mère. Crois-moi, faire du mal à une personne, c'est bien la dernière chose que je souhaitais. Je suis heureuse de voir que tu as une femme et bientôt un enfant. Elle est vraiment sublime et très charmante, je n'ai pas pu la détester en la voyant. Elle aurait dû ne pas m'aimer et pourtant, elle a été correcte avec moi. Prends soin d'elle.

Quand je l'ai vu avec son ventre rond, je m'en suis voulue et sur le coup, je l'ai haï. Parce que cela aurait dû être moi. Je t'en supplie Edward, pardonne moi pour la suite. J'ai eu un enfant de toi, à l'époque. J'ai été enceinte, d'un magnifique bébé, le tien. Je voulais te l'annoncer, mais malheureusement, j'ai disparu avant. Ce monstre m'a fait perdre notre bébé alors que j'avais dépassé les six mois de grossesse. Je m'en veux tellement, je me déteste même. Je suis vraiment répugnante de ne pas avoir su protéger notre enfant… Pardonne-moi.

Tu dois surement ne plus me reconnaître et j'en suis vraiment ravagée, parce que tu as raison, je ne suis plus comme avant, je ne suis qu'une gamine qui régresse de jour en jour à cause de sa peine.

Sache que mon cœur t'appartiendra pour toujours. De là où je serai, je t'appartiendrai toujours. Corps et âme. Tu as été mon unique amour et ça pour l'éternité.

Prends soin de toi, mon amour.

Ne m'en veux pas, c'était la meilleure des choses à faire.

Je t'aime.

Mourir par amour.

Les battements de mon cœur faiblissaient, chaque battement était mon enfer. Un dernier sanglot me transperça la poitrine.

Et puis…

La douleur n'existait plus. Petit à petit, je sentis mon corps lâcher prise, mes muscles se relâchaient. La liberté arrivait. Une dernière larme coula sur ma joue, un dernier souffle. Je ne sentais plus rien. C'était fini, je vivais enfin.

La vie mourait. Je mourais par amour.

(N/S : *tamponne ses yeux avec un mouchoir et inspire profondément.* Ce dernier passage est tellement poignant que les mots me manquent ma Lou adorée. Juste une chose : Je t'aime.


Taaadaam !

La fin à vraiment était un passage que j'ai écris avec tout mes sentiments *-* j'espère qu'il vous a plut. Même si je suis sûr déjà que vous allez insulter Edward xD

Comment imaginez vous la suite ? Les réactions des autres ? ^_^

J'attends vos avis avec impatience, sur le p'tit bouton vert.

A bientôt pour un nouveau chapitre !

Bonne vacance.

Bisous, bisous.

Lou' Supertramp*