`·.¸¸.·´´¯`··._.· CHAPITRE 8 `·.¸¸.·´´¯`··._.·
Je me baissa pour éviter de me prendre un livre en pleine face et retourna à mon parchemin. Cela faisait maintenant plusieurs heures que j'étais là, au bord du lac, à faire mes devoirs. Enfin .. faire est un bien grand mot, essayer serait plus juste. Car croyez-moi, quand tout une bande d'énergumènes s'agitent et braillent autour de vous, la tâche devient soudainement complètement ardue et impossible.
Malgré le ciel couvert, Lily avait décrété que nous ferions nos devoirs dehors car « Ça serait dommage de ne pas profiter de notre mercredi après-midi en plein air. » Sauf qu'au détour d'un couloir nous avions croisé les maraudeurs qui avaient insisté pour faire leurs devoirs avec nous.
Au départ tout était pour le moins calme. C'est peut-être difficiles à imaginer mais les maraudeurs avaient docilement sorti leurs livres et commencé à faire glisser leurs plumes sur leurs parchemins. Tout se passa normalement pendant environ 10 minutes, chacun concentrés sur ses livres. Puis Sirius barra une réponse apparemment fausse sur le parchemin de James qui le prit mal et lui fit un gribouillis immense qui rendait sa copie illisible. Sirius versa alors sa bouteille d'encre sur le parchemin de James qui le rendit irrécupérable et cela déclencha une grande bataille de « tout ce que je trouve à porter de main » que Dora appris rapidement à ses dépens. Oui oui, Sirius à jeter Dora sur James. Irrécupérable je vous dis.
Après 5 minutes de bataille acharnée les deux assaillants s'étaient calmés mais malheureusement pour ceux qui voulaient travaillés, Sirius ne pouvait pas rester sans s'agiter comme toute personne normalement constituée. Il demanda à Robin de taper la pause lui assurant qu'il allait lui tirer le portrait.
– Alleeer ! Il paraît que j'ai des talents cachés !
Robin s'était laissé convaincre et Sirius avait prit un parchemin et une plume pour commencer son soi-disant portrait. Un plis concentré était apparu sur son front et sa langue sortait de sa bouche à la manière d'un petit enfant qui fait un puzzle particulièrement compliqué. Après 5 bonnes minutes à gribouiller Sirius eut un grand sourire devant son œuvre terminée et la montra à tous avec une étrange lueur malicieuse dans les yeux.
– Ressemblant non ? Demanda Sirius d'une fausse voix innocente.
C'était la plus belle merde que j'avais jamais vu. Non non, pas au sens figuré, au sens propre. Une belle grosse merde. Il avait même dessiner les mouches qui voletaient autour. Tout le monde éclata de rire.
Robin n'eut pas une réaction immédiate. « Forcément, le temps que ça monte au cerveau. » C'est cependant avec une expression parfaitement neutre qu'il attrapa la lanière de son sac et le lança avec une force impressionnante droit sur Sirius. James prit parti pour Robin ayant encore de l'amertume pour son devoir qu'il avait dû recommencer à rédiger. Remus se mit quant à lui du côté de Sirius pour « équilibrer les équipes. » « Il est trop juste ce Remus. Ça le perdra un jour. » Pff.. toi et ta philosophie pourrie.. Mais petit à petit tout le monde se mêla au carnage n'ayant aucun adversaire ou allié particulier.
C'est pour ça qu'à présent mon sac me sert de bouclier et que j'essaie de me défendre comme je peux.
Nous fûmes néanmoins interrompus dans notre lutte interminable par le grondement du tonnerre et la pluie qui commençait à tomber. Aux premières gouttes personne ne broncha, continuant de lancer ses bouquins à la tête des autres et de jeter des sorts qui vous faisaient rire jusqu'à en avoir mal aux côtes. Ce fut seulement quand nos vêtements furent complètement trempés et que nos cheveux dégoulinèrent que nous nous décidâmes à rentrer en courant après avoir rapatrié nos livres pleins de boue à leurs places respectives.
– Erk, j'ai les chaussures qui chuintent, se plaignit Sirius sur le chemin de la salle commune.
Une fois arrivés à destination nous nous installâmes près de la cheminée. Sirius et James enlevèrent leurs chaussures et mirent leurs pieds devant la cheminée pour faire sécher leurs chaussettes, Mylène sortit un livre non-couvert de boue de son sac miraculeusement intact et se mit à lire sur un fauteuil près de James et Sirius. Lily monta se doucher, Dora revint du dortoir avec sa pochette remplie de vernis à ongles et s'assit par terre juste à côté de l'endroit où j'étais assise en tailleur. Nikita vint se mettre en face de moi, chopa un vernis de Dora et se mit à me faire les ongles en noir sans me demander mon avis.
– Heu .. Merci Nikita, dis-je sarcastique.
– De rien, répondit-elle le plus sérieusement du monde.
Je grogna et tourna la tête à l'opposé d'elle pour voir que juste à ma droite Robin assis en tailleur, se balançait de droite à gauche, le regard vide.
« Il est bizarre ton pote. »
Je tourna la tête à gauche pour voir que Remus regardait avec insistance Dora qui se mettait du vernis. Il avait l'air plein d'admiration et de curiosité. C'est avec une timidité exagérée qu'il s'adressa à elle :
– Dora ?
– Oui Remus ?
– Heu .. est-ce que .. enfin ..
Dora lui fit un sourire pour l'encourager à continuer. Il lui lança alors un regard plein d'espoir et se lança
– Je peux essayer ?
Dora eut un sourire et lui tendit le pinceau de son vernis rose bonbons.
– Tu me fais les doigts de pieds ?
Remus eut un sourire rayonnant et s'attela à la tâche. Il se mit à tapoter du pinceau un ongle croyant sans doute que c'était comme ça qu'il fallait s'y prendre.
– Non non pas comme ça, explique Dora.
Elle lui prit la main et lui fit faire le bon geste. Remus se mit à rougir, ce que Dora ne sembla pas remarquer. Une fois qu'il eut compris elle le lâcha et se remit à faire ses ongles des mains. Je pus voir le pli concentré sur le front de Remus pendant qu'il s'attaquait au deuxième ongle et j'eus un rire amusé.
– Ophélie arrête de bouger, maugréa Nikita.
– Personne ne t'as demandé de me faire les ongles hein. Répliquais-je acide. Et puis du noir ! Je suis pas en mode dépression ces temps-ci !
– Oui mais c'est une des couleurs qui te va le mieux, Dark Ophélie, rétorqua Nikita.
Pff..
Je perçus un mouvement vers ma droite et pus voir que Robin avait arrêté de se balancer et qu'il avait l'air de retour parmi nous.
– Hey, lança t-il juste assez fort pour que Remus et Dora puisse entendre aussi la langue, vous croyez que c'est un muscle ?
– Oui, répondit distraitement Remus, elle en a 17 pour être exact. Pourquoi cette question ?
– Oh, pour rien. Simple curiosité.
Sur ces quelques mots, Robin se leva et regarda Mylène
– Hey Mylène ! Ça te dis un bras de fer ?
J'explosa littéralement de rire imitée par tout ceux qui avaient suivis l'échange. Mylène releva la tête de son bouquin et regarda Robin avec l'air de ne pas savoir ce qu'elle devait répondre, puis après une brève hésitation elle lui répondit d'une voix timide que c'était d'accord.
Bien entendu il n'en fallut pas plus pour que l'intensité de nos rires soit décuplée et nous n'arrivâmes à nous taire qu'après que Robin eut gagné sa troisième partie. « Je pense qu'il est utile de préciser qu'ils faisait un bras de fer et pas autre chose qui pourrait éventuellement nécessite de la salive. » Certes. Cependant Mylène gagna les deux parties ( « de bras de fer suivantes.») et je soupçonna Robin de se laisser faire.
Un deuxième année passa devant nous et notre attention se dirigea entièrement sur lui. Pourquoi ? Ce n'est pas vraiment commun de se parler tout seul à voix haute.
– Pff, tout ça est vraiment bizarre .. Le monde devient fou, marmonnait-il. D'ailleurs en parlant de bizarre – il tourna la tête vers sa droite faisant face à la tapisserie rouge et or – tu fais une drôle de tête ces derniers temps Joachim, ça ne va pas ?
Trop stupéfaite au départ pour faire quoi que ce soit, je le regarda parler puis après quelques instants je me mis à rire à gorge déployée. Le fait de voir quelqu'un se parler tout seul n'était pas forcément drôle, mais voir quelqu'un qui se parlait tout seul et parlait à une personne qui n'existait pas était franchement hilarant. Tout ceux qui avait entendu le pauvre Gryffondor explosèrent de rire à leurs tours. Le garçon alla ensuite s'asseoir sur la première marche de l'escalier qui menait au dortoir des filles et continua à se parler tout seul ne comprenant visiblement pas que c'était lui qui provoquait l'hilarité générale.
Trois minutes plus tard, quand tout le monde eu fini de rire, Nikita se remit à potiner et je récupéra mes mains maintenant qu'elle en avait terminer avec elles.
– T'as entendu la dernière ? Me demanda-t-elle.
– Non mais ça risque de pas tarder, répondis-je d'une voix absente.
Elle leva les yeux au ciel et commença à se peindre les ongles en rose pâle.
– Ashley Patterson, elle a rompu avec son copain.
– Ashley ? Tu veux dire la cinquième année qui est avec son copain depuis quatre ans ?
– Oui, enfin .. était, me corrigea-t-elle.
Oua le choc.
– Mais c'est impossible ! Plus amoureux qu'eux ça n'existe pas !
– N'existait pas, me corrigea Nikita.
– J'y crois pas ! Ils sont si beaux tout les deux !
Nikita me lança un regard peu amène.
« Non mais t'es chiante hein ! Ils sont plus ensemble elle t'as dit ! »
– Bon sa va, ils étaient si beaux tout les deux ! Grognais-je.
– Ça craint, ajouta Dora sur un ton de révolte. Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
– Il en a trouvé une autre plus à son goût, expliqua Nikita avec un haussement d'épaules et en nous montrant du menton un gars étroitement enlacé avec une fille aux cheveux blonds sur un canapé à l'autre bout de la salle.
La chevelure blonde m'était vaguement familière.
– Mais... Mais t'as vu c'est Faith ! Dis-je scandalisé.
Faith Simons était... hum... Comment dire ? « Tu veux un coup de main ? » Je t'en prie. « Faith c'est la catin de Poudlard. Voilà c'est fait. » .. Heu... Merci.
– Fesse ? Ai-je bien entendu ? Lança une voix derrière moi. Hey Cornedrue ! Elles parlent de fesses ! T'y crois-toi ?
– Quoi ? Mais qu'est-ce que tu racontes Sirius, pouffais-je. On parle de Faith Simons. Tu sais F.A.I.T.H et non F.E.S.S.E, épelais-je.
– Hum .. Faith tu dis ..
Une étrange lueur fit son apparition dans ses prunelles et il afficha un drôle de sourire carnassier.
– Son nom lui va à merveille, ajouta t-il en regardant la dite Faith qui sortait par le portrait de la grosse dame en se dandinant avec son nouveau petit ami.
Je lui lança un regard exaspéré et il me fit un délicieux sourire en coin. « Respire ma vieille, respire. »
– Mais je veux bien parler fesse, F.E.S.S.E avec vous si vous voulez. Il joua des sourcils et eut un sourire charmeur.
– Mais t'es lourd à la fin, pouffais-je en le prenant par les épaules et le poussant vers l'escalier qui menait à son dortoir. Va prendre ta douche et laisse nous potiner tranquille ! Une douche froide serait préférable, ça te rafraîchira les idées !
Il rigola et se plaignit ironiquement d'être le vilain petit canard que personne n'aimait puis monta les escaliers en rigolant toujours. Amusée par la réplique de Sirius, je me retourna vers les autres tout sourire. Cependant eux ne souriaient pas. Ils me regardaient tous avec des grands yeux dilatés et une expression surprise.
– Ben quoi ? C'est vrai qu'il est lourd, affirmais-je.
Personne ne pouvait le nier ça !
Aucun d'eux ne me répondirent mais Nikita tapota le sol pour m'indiquer de m'asseoir près d'elle. Je réfléchissa un instant ( « Comme quoi ça arrive. » ) et alla m'installer prudemment à la place désignée.
– C'était quoi ça ?
Surprise je ne répondis pas tout de suite. Qu'est-ce qu'elle voulait dire ?
– Heu .. tu pourrais être moins claire ? Ironisais-je.
Nikita n'eut aucun sourire mais se contenta de continuer à me fixer.
– C'est quoi cette soudaine complicité ?
– Je .. heu .. quoi ? Balbutiais-je.
– Fais pas l'innocente, reprit-elle.
– On t'as tous rodé, lança Dora
– T'es grillée, ajouta James qui s'était rapproché.
Je me mis à rougir sévèrement.
– Qu'est-ce qui se passe ? Demanda Lily qui revenait du dortoir. Pourquoi vous faites ces têtes ?
– Il semblerait que Sirius ai jeté son dévolu sur Ophélie... expliqua Robin. Ou l'inverse... Ça dépend comment tu le vois, ajouta-t-il après une brève hésitation en me faisant un sourire étrange.
Tout le monde éclata de rire à la remarque si bien placé de Robin.
Je baissa les yeux et tortilla mes mains dans tous les sens possibles. « Oh ça va, arrête d'être gênée. Tu viens d'être la victime d'une des précieuses blague de Robin Stone, tu devrais être flattée. » Je suis extrêmement flattée d'être la risée de tous mes amis réunis ! « Tous tes amis réunis ? » Et bien oui qu'e.. « Aha ! » Quoi encore ? « Victoire ! » Je.. Quoi ? Mais qu'est-ce que tu racontes ? « Tu ne considères pas Sirius comme ton ami ! Donc tu le vois d'une manière différente. Une manière bien plus qu'amicale si je ne m'abuse. » Arrête de faire genre que t'es intelligente, on y croit pas du tout ! « Tout ça n'est que logique chère amie ! Tu es potentiellement sous son emprise ! » Et moi je pense que tu es potentiellement atteinte. « Eh, arrête de t'auto insulter ! » Je m'insulte si j'ai envie ! « … D'accord. T'as gagné. J'abandonne. »
– Tu nous as toujours pas raconté ce que vous avez fait dimanche soir, lança Lily.
– Et c'est pas faute d'avoir demandé, marmonna Mylène avec mauvaise humeur.
Ne sachant pas trop quoi répondre pour me tirer de cette situation gênante je tenta la diversion la plus ridicule qui soit
– Quelqu'un a l'heure ?
Mon ton détaché ne trompa personne et leurs expressions me montrèrent que je venais bel et bien de me rendre ridicule. Nikita haussa un sourcil et me regarda d'un air totalement exaspéré.
– Non .. heu .. c'est parce que je dois aller prendre ma douche, dis-je.
– Et quel est le rapport avec l'heure, me lança Remus avec une lueur amusé dans les yeux.
Je rougis encore plus que précédemment si c'était possible et me leva si rapidement que j'en perdis l'équilibre.
Ils rigolèrent tous et je fis mon possible pour garder le peu de dignité qu'il me restait. Je m'avança à grande enjambées de l'escalier qui menait à mon dortoir en espérant que le-deuxième-année-qui-se-parle-tout-seul allait dégager pour que je puisse passer mais il ne fit pas le moindre geste montrant qu'il avait vu que j'étais là.
– Non mais franchement tu devrais consulter t'es tout pâlot, continuait-il de marmonner à son pote invisible. Je connais un sup..
– Heu... Excuse moi, j'aimerais passer, tentais-je.
– ..er doc' qui a une méthode bien spéciale pour soigner ses patients. La dernière fois il m'a fait enfiler un bikini, m'a mit un tournesol entre les dents, une statuette dans ma main droite et tout ça en faisant une espèce de danse pour invoquer un dieu païen nommé Aralfus. J'ai vachement gagné en souplesse après ça. Mais le plus surprenant était de voir...
– Bon écoute mon p'tit pote, tu pourrais te décaler s'il te plaît ? Dis-je me forçant à être polie alors que je commençais sérieusement à bouillonner avec cet idiot qui monologuait et ceux qui prétendaient être mes amis qui étaient pliés en deux derrière moi.
Il leva enfin la tête vers moi en me jetant un regard inintéressé puis il regarda à sa gauche
– Tu crois qu'elle essaie de communiquer ? Demanda-t-il avec un regard effrayé.
Les rires des idiots derrière moi redoublèrent et toute compassion avec ce pauvre gars disparue momentanément. « Il n'y a que toi pour tomber sur des tarés pareils. »
– Bon maintenant tu vas m'écouter le frappa dingue, dis-je en haussant la voix et en appuyant avec mon index sur sa poitrine, toi et ton pote Joachim vous dégagez de ce p*tain d'escalier afin que je puisse enfin prendre une douche bien méritée avant que j'appelle mon dragon qui n'a pas bouffé depuis 3 jours. Compris ?
Ses yeux prirent la forme d'une soucoupe et son visage vira au vert. Il me jeta un regard effrayé et traumatisé et chuchota à son ami de le suivre sans me quitter des yeux. Des nouveaux éclats de rire me parvinrent mais je monta à grands pas l'escalier après avoir lancer un sèche merci qui avait fait frissonner le deuxième année.
« Je crois que t'y es allé un peu fort. » M'en fou.
Une fois dans la chambre je me déshabilla en lançant mes affaires un peu partout pour ensuite me glisser sous la douche. L'eau chaude décontracta mes muscles et je me sentis tout de suite plus calme.
Quelques minutes plus tard je sortis de la douche avec une serviette autour de la taille et fit des dessins sur le miroir plein de buée. Je passa ma serviette sur mon corps pour me retrouver entièrement sèche quelques secondes après. J'enfila une culotte et enleva la serviette autour de mes cheveux pour les coiffer à l'aide d'une brosse à cheveux. « Ça allait pas être une brosse à dent en même temps. » Mes cheveux indomptables restèrent lisses durant un bref instant pour reprendre aussitôt leurs boucles. « Je comprends même pas pourquoi t'essaie encore. » Dit toi bien que moi non plus. « Sèche toi les cheveux ça ira peut être mieux après. » J'ai laissé le sèche-cheveux dans la chambre. « T'es une sorcière oui ou non ? » Mais ça les abîme trop de les sécher comme ça ! « Bah va chercher le sèche-cheveux ! » Je sais pas où il est. « Et ben tu va fouiller empoté ! » Grrrplff. J'entendis des bruits de pas dans la chambre et reconnus une démarche familière. Mylène ? Je cacha ma poitrine à l'aide d'une main et ouvrit la porte de la salle de bain pour lui demander où était ce fichu sèche-cheveux !
– Dit Mylène, il est où le sèche-cheveux...
Mais ce n'était pas Mylène qui était dans la chambre et qui avait de grands yeux rivés sur moi. Ce n'était pas Mylène qui ne chercha même pas à détourner les yeux. C'était Sirius Black. Comment avait-il fait pour rentrer ? Aucun garçon n'avait jamais réussi à monter les escaliers menant au dortoir des filles ! Jamais ! Alors qu'est-ce qu'il faisait là ?
« Si j'étais toi je m'inquiéterais pas de comment il a pu entrer mais de la façon dont tu es vêtue... si on peut considérer que ta petite culotte est un vêtement bien-sûr. »
C'est à ce moment que je me mis à rougir comme je n'avais jamais rougis auparavant et comme je n'avais jamais vu personne rougir de toute ma jeune vie d'ailleurs. Mes joues étaient en feu et je n'arrivais pas à bouger un seul doigt de pied. Je ne faisais que le fixer et lui ne faisait guère mieux. « C'est bon il en a vu d'autres, qu'il arrête de faire cette tête de phoque. » J'ouvris la bouche et grand les yeux dans une expression d'épouvante totale. « Si tu pouvais essayer de bouger tes membres au lieu d'ouvrir la bouche je pense que ça nous serait plus bénéfique. »
Sirius sembla reprendre ses esprits après quelques longues secondes d'hébétude (« C'est pas trop tôt »), mais ce qu'il fit ne me convint pas du tout. Il croisa les bras sur sa poitrine, m'examina de haut en bas avec un pli concentré sur son front et avec un sourcil plus haut que l'autre. Il ouvrit la bouche pour parler mais je repris soudain la maîtrise de mon corps et prit mes jambes à mon cou pour me réfugier dans la salle de bain. Je claqua férocement la porte et la verrouilla. Je me laissa ensuite glisser contre celle-ci et le carrelage humide me fit frissonner.
Enfer et Damnation, je veux mourir. « Soit pas si mélodramatique c'est pas si grave ! » Ah oui ? Pensais-je sarcastique. « Oui, tu aurais pu ne pas avoir mis ta main devant ta poitrine … » J'émis un drôle de bruit qui ressemblait vaguement à un sanglot et mis ma tête dans mes mains.
Pourquoi il était venu ? Et comment avait-il fait pour arriver à monter les escaliers ? Pourquoi ne s'était-il pas retourné ? Oui c'est vrai ça ! Pourquoi? Et puis pourquoi personne ne l'a empêché de monter ? Pourquoi n'avais-je plus ma serviette autour du corps ? Pourquoi n'avais-je pas simplement sécher mes cheveux avec ma baguette ? « Je te l'avais bien dit moi hein ! » Oh sa va, la ramène pas toi. « Finalement le vernis noir c'est pas si mal.. ça reflète bien ton humeur. »
Oooh... la hoonte ! Je veux plus jamais avoir à sortir de cette fichue salle de bain ! Oui ! Je vais rester ici pour le restant de mes jours à me morfondre et peut être que je finirais par me noyer dans ma honte qui sait …Adieu monde cruel. Je vous aimais tant les filles ! Oh Mylène tu vas me manquer ! Lily ton air sérieux me manquera, Nikita j'ai été ravie de faire tout ces mauvais coups avec toi ! Dora ! Oh Dora ta maladresse me manquera également ! Bouhouhou ! Je veux mourir ! Et les maraudeurs .. oui eux aussi me manqueront ! Mourir si jeune ..
« Mais tu va la fermer oui ? J'entends des pas ! » Quoi comment ça ? « Chuut ! » Qui ça pourrait bien être .. James ?« Tu sais que t'es franchement hilarante parfois .. » Je sais, je sais. « Et pourquoi James ? Il y a aussi Robin et Remus qui auraient pu être susceptible de monter. » Robin se serait perdu avant d'arriver et Remus n'oserait jamais faire une chose pareille. « Un point pour toi. »
La personne ou plutôt les personnes que j'avais entendu ( « Et voilà tu t'attribues tout le mérite, comme d'habitude ! ») entrèrent dans la chambre. A en juger par les petites pas précipités, les gloussements et les « chuuut ! » Ça ne pouvait être que les filles.
L'une d'elle frappa timidement à la porte devant laquelle j'étais avachie pendant que les autres pouffaient.
– Ophélie ?
Je ne répondis pas comptant bien mettre mon plan à exécution ne plus jamais sortir de cette pièce.
– Aller Ophélie ouvre la porte.
Désoler Lily. Mon choix est fait.
– Vous avez croisé Sirius ? Demandais-je d'une voix étouffée.
– Heu... oui, répondit-elle.
– Mais je t'assure, commença Nikita, c'est pas si grave.
– N'essayer pas de me remonter le moral hein, ça marchera pas. J'ai décidé de mourir dans cette salle de bain.
J'entendis quelques rires.
– Qu'est-ce que vous a dit Sirius exactement demandais-je après hésitation n'étant pas sur de vouloir connaître la réponse.
– Oh .. rien de bien méchant. Comme quoi il était entré dans la chambre, qu'il t'avait vu à moitié nue et que après avoir rougi à rendre jalouse une tomate tu t'étais barricadée dans la salle de bain.
– Merci Nikita, me voilà rassurée répondis-je en pensant au suicide.
– Je sais très bien à quoi tu penses Ophélie, lança Mylène à travers la porte. Je t'interdis de t'auto-suicider !
– Heu .. Mylène ? Le principe du suicide c'est justement de le faire soi-même.
– .. Oui …je … bon ... Bref ... Ophélie tu sors ?
– J'ai dit que je comptais mourir ici.
– Tu veux vraiment mourir dans une salle de bain au milieu de la crème dépilatoire et des cotons tiges ?
« Je veux pas mourir au milieu des désodorisants et des produits à chiottes ! » Je t'ai pas demandé ton avis à toi.
– J'émets une condition, dis-je.
– Hey les filles je le sens mal, lança Nikita, ça serait pas mieux si on la laissait là ? Au bout de trois jours ça devrait être bon, ça met pas trop longtemps à clamser ces trucs-là.
J'entendis un bruit similaire à une claque derrière la tête et un « Aïe ! ».
– Ouais vous avez sans doute raison... Trois jours sans se laver c'est un peu long, marmonna Nikita.
– J'accepte de sortir si vous acceptez en retour de me porter à manger dans le dortoir jusqu'à ce que je sois en état de reprendre une vie sociale basée sur autre chose que la honte et la dépression. Ça vous va ?
– Si c'est que ça c'est d'accord ! Aller maintenant sort de là ! Cria Lily.
– Je veux des garanties ! Vous jurez crachez ?
– Oui juré ! Dis- Lily.
– Juré ! Lancèrent Dora et Mylène en même temps.
– Juré … - étrange bruit de quelque chose qui fend l'air et s'écrase sur le sol – et craché, ajouta Nikita.
– Beerk ! T'es dégueulasse ! Se plaignit Lily.
« Elle vient vraiment de cracher là? » J'ai bien peur que oui... erk. Va falloir que je sorte maintenant. « Je te signale que t'as toujours pas de vêtements. »... Ah... Tu sais que t'es pas bête toi ? « Héhé. »
– Je peux avoir des vêtements ? Demandais-je.
Après que Mylène m'ait filé de quoi m'habiller et que je sois sortis de la salle de bain j'alla directement m'avachir sur mon lit. Je plaça mes mains derrière ma tête et regarda d'un œil noir le plafond.
– Heu... Ophélie ? Lança avec hésitation Lily.
– Quoi encore ? Grognais-je
– On va aller manger... tu viens avec nous ou on te rapporte quelque chose ?
– J'ai pas faim, répondis-je.
– Tu devrais manger, me conseilla Dora, ça te ferais du bien.
– J'ai pas faim répétais-je avec mauvaise humeur.
– Je t'assures que tu devrais manger, ça te ferais vraim..
– Écoute Dora, la coupais-je, c'est très gentil de t'inquiéter pour moi mais je n'ai vraim.. M'oblige pas à répéter.
Toutes mes amies me firent un sourire compatissant puis elles sortirent chacune leur tour pour me laisser seul à moi-même. « Je suis là moi. » Ouais bah c'est pas franchement un cadeau.
Je me retourna sur mon lit et laissa tomber ma tête dans l'oreiller. « T'essaies de t'étouffer ? » Non. J'ai pas envie de te faire plaisir. « Qui te dis que ç.. »
Bruit d'une porte qui s'ouvre.
« Oua, elles insistent tes copines ! »
– J'AI PAS FAIM ! Hurlais-je avec la voix un peu étouffée à cause de l'oreiller.
– Ça tombe bien car je n'ai rien apporté.
… Et merde. Pas cette voix. Tout sauf ça.
Je ne bougea pas d'un doigt de pied espérant naïvement que si je ne réagissais pas il finirait peut être pas s'en aller.
J'entendis cependant les bruits singuliers de pas qui martelaient le sol de plus en plus fort, lui de plus en plus proche.
Le bruit de pas se firent entendre jusqu'à qu'ils se stoppent.
Le sentant tout proche j'enroula mes bras autour de mon oreiller pour le plaquer un peu plus contre mon visage. A ce stade là même si j'ouvrais les yeux tout ce que je voyais c'était du noir. Je sentis une légère pression sur l'oreiller puis Sirius tira un peu dessus comme s'il voulait me l'enlever. Je raffermis ma prise autour de mon coussin à un tel point que j'avais du mal à respirer. « Si tu tiens tant que ça à mourir t'aurais dû rester dans la salle de bain. »
– Bon comme tu voudras, s'exclama Sirius. Reste planquée derrière ton oreiller !
Je crus qu'il allait partir mais je sentis à ma plus grande surprise, mon matelas se soulever un peu quand il s'assit dessus.
Sa proximité me mis mal à l'aise. Bien-sûr, nous avions déjà été bien plus proches que cela, mais le fait qu'il m'ait vu presque nue quelques minutes auparavant rendait sa présence à mes côtés gênante et saugrenue.
Un long silence s'installa pendant lequel je relâchais peu à peu ma prise sur l'oreiller. Je ne voulais pas parler la première ni avoir à entendre ses excuses bidons ou ses commentaires. Si chacun de nous pouvais oublier ce qu'il c'était passé, j'en serais tout à fait satisfaite.
Intriguée par son silence je releva aussi discrètement que possible la tête et risqua un regard dans sa direction. La tête un peu renversé en arrière, ses cheveux noirs lui tombant dans le dos, il regardait le plafond le regard inexpressif, perdu dans ses pensées. Si brusquement que je sursauta il plongea son regard dans le mien. Le teint rouge, j'eus un hoquet de surprise et ré-enfouis immédiatement ma tête dans l'oreiller.
– Oh allez dis quelque chose, plaida-t-il.
– Je veux mourir, gémis-je dans l'oreiller.
Il eut un doux rire et mon désespoir sembla s'évanouir au rythme de celui-ci.
– A ta place je n'aurais pas honte, lança-t-il avec un ton rêveur.
J'émis une plainte dans l'oreiller.
– Non je t'assure, reprit-il, je me suis bien rincer l'œil.
Je me redressa d'un coup et le regarda ahurie et stupéfaite. Non mais oh ! Je m'appelle pas Faith Simons moi ! Je pris mon oreiller et lui balança à la figure avec toute la force et la hargne dont j'étais capable. Il le prit en pleine face mais ne bougea pas d'un cil. J'y avais pourtant mis toute ma force ! Il saisissa l'oreiller et le baissa lentement jusqu'à ce que je puisse voir ses yeux rieurs. Je lui lança un regard assassin ce qui le fis partir dans un grand éclat de rire.
Trop furieuse je voulus retourner dans mon oreiller qui était maintenant sur les genoux de Sirius. « Ça t'apprendras à gaspiller tes munitions ! » Me voyant mal aller le chercher je m'allongea et tira ma couverture rouge et or jusqu'à ce qu'elle recouvre entièrement mon corps et mon visage.
– Non vraiment, ça en valait le détour.
Je sortis ma main de la couverture et lui fit un signe grossier avec celle-ci. L'effet ne fût malheureusement pas celui escompté. Il partit dans un grand rire si semblable à un aboiement et je rangea ma main encore plus énervée.
– Comment t'as fait pour monter les escaliers ? Dis-je avec colère à la fois pour changer de sujet mais aussi par curiosité.
– Secret de maraudeurs, répondit-il dans un chuchotis théâtral.
Je grogna sous la couette et reprit la parole
– J'espère que t'avais au moins une bonne raison.
– Excellente, s'exclama-t-il. Sandy !
– Quoi ?
- C'était le nom de mon ex petite amie !
– Et t'es venue dans ma chambre sans frapper, tu m'as vu à moitié à poil, j'ai pensé au suicide, pour qu'au final tu me dises ça ? Criais-je en sortant de sous la couverture et le poussant hors de mon lit. Je ferma les rideaux de mon lit à baldaquin avec plus de force que nécessaire les arrachant presque.
– T'as vraiment aucune honte, continuais-je de crier en sortant mon bras du rideau pour lui arracher mon oreiller des mains et le lancer à sa place habituelle. Je croisa les bras et me coucha sur le dos en fixant le plafond d'un regard meurtrier.
– Ben quoi, tu me l'avais demandé ! Essaya-t-il de se rattraper.
– Si tu savais comme j'en ai absolument rien à péter du prénom de ta petite amie ! T'es même plus avec en plus ! Non mais je rêve !
« Je crois que.. » Oh t'as gueule toi !
J'enleva mon oreiller de dessous ma tête et le mis sur mon visage. Un silence pesant s'installa où je continua à ruminer dans mon coin jusqu'à ce qu'un raclement de gorge ne m'interrompe.
– Écoute Ophélie, commença Sirius visiblement mal à l'aise. Je n'aurais pas dut entrer dans ta chambre sans frapper, je te l'accorde. Mais je ne m'excuserais pas.
« Les Black et leurs fiertés... »
Il ouvrit avec précaution les rideaux qui me séparaient de lui puis s'assit près de moi comme précédemment. Pendant l'espace d'un instant je ne le sentis plus bouger mais je sentis mon oreiller s'éloigner de moi et bientôt mon visage fut à découvert. Je ne chercha même pas à l'en empêcher, peu désireuse de décroiser mes bras qui exprimaient si bien mon humeur. Il vint positionner son visage juste au-dessus du mien et ses magnifiques yeux vinrent presque instantanément trouver les miens. Je pris une moue boudeuse et regarda à l'opposé de lui en serrant un peu plus fort mes bras croisés sur ma poitrine.
– Je m'excuserais si j'étais désolé. Mais comme ce n'est pas le cas je ne me donnerais pas cette peine. (« Il a au moins le crédit d'être franc. ») Je vais pas te commenter ce que j'ai vu mais moi à ta place je serais plutôt fière. ( Je lui lança un regard noir ). Et je dis pas ça pour que tu me pardonnes, ajouta t-il avec un mince sourire.
Ses yeux bleus pâles me scrutèrent avec une intensité inhabituelle et je failli en oublier ma colère.
– J'aime pas les compliments, crachais-je pour garder contenance.
– Quoi ? Mais pourquoi ?
– J'en sais rien. On sait jamais vraiment comment on doit réagir devant un compliment non ? D'ailleurs on ne sait pas non plus si la personne est sincère ou si elle cherche juste à nous rassurer ! Et puis les cadeaux non plus j'aime pas.
– T'es pas sérieuse là, me lança-t-il de plus en plus étonné.
– Enfin si, j'aime les cadeaux. Mais je préfère quand on me les envois par courrier ou que la personne qui me l'offre ne soit pas là pour voir ma réaction.
– T'es bizarre.
Il me transperça encore de son regard avec cette expression de plus en plus présente dans ses yeux mais que je n'arrivais toujours pas à identifier.
– Alors... On oublie ça ? Demandais-je gêner par l'intensité de son regard.
– Jamais tu me feras oublier une chose pareille, rétorqua-t-il avec un sourire espiègle.
– Mais .. je .. que .. tu ..
Il se remit à rire et je le regarda avec le regard le plus noir que possible. A l'instant même où il croisa mon regard il s'arrêta instantanément de rire et se racla la gorge.
– Donc... Tu me pardonnes ?
– T'as dit que tu t'excuserais pas.
– C'est vrai, mais bon... je préférerais quand même que tu ne m'en tiennes pas rigueur.
– En admettant que je te pardonne, je veux que tu frappes à la porte la prochaine fois !
– Chef, oui chef ! Lança-t-il en se levant et en faisant un salut militaire.
Je pris une position assise et leva les yeux au ciel. J'entendis un gargouillement de ventre et releva les yeux vers lui par automatisme. Il regarda son ventre et le toucha avec affection. Il me fis un sourire embarrassé et dis
– On va manger ?
– Mais qu'est-ce que vous avez tous à vouloir m'engraisser à la fin ?
– Et susceptible en plus de ça.
– En plus de quoi exactement ?
Il eut un sourire coupable et souffla un petit rien en regardant de partout sauf dans ma direction.
– Bon .. à plus tard alors.
« Qu'est-ce que t'attends ? Propose-lui de l'accompagner ! » Mais j'ai vraiment aucune envie de l'accompagner !
Sirius me fit un dernier sourire puis se détourna ensuite pour prendre la direction de la sortie. Il avait franchi le seuil quand une question existentiel me vint à l'esprit.
– Sirius, attend !
Je sauta du lit et courut me positionner devant la porte. Sirius se tourna vers moi et haussa un sourcil interrogateur.
– Tu dis ce que t'as vu à personne hein ?
Le ton suppliant avec lequel je venais de prononcer ma requête eut le don de faire naître sur son visage un magnifique sourire qui méritait plusieurs interprétations. Il se rapprocha un peu plus de moi, si bien qu'on ne devait être séparés que d'un ou deux millimètres à présent. J'arrêta de respirer et mon cœur eut un raté quand il prit une mèche qui me tombait dans les yeux pour la replacer derrière mon oreille. Son sourire s'effaça mais il entrouvrit légèrement les lèvres et s'abaissa jusqu'à ce que nos yeux soient au même niveau.
– C'est promis, souffla-t-il.
Il resta ainsi quelques secondes à fouiller mes yeux à la recherche d'un je ne sais quoi. J'avais l'impression que les secondes se transformaient en heure, que le temps se rallongeait inexorablement, défiant tous les éléments. Mes yeux ne pouvant se détacher des siens comme envoûtés. Il cligna des yeux une première fois, une deuxième, puis il rompit le contact en reculant. Cet échange qui m'avait semblé durer une éternité me parut alors bien court. Je me sentais désorientée à présent, comme si son regard avait été mon seul point de gravité, la seule chose qui permettait à mes pieds de rester sur terre. Il eut un sourire énigmatique puis il se détourna et partit les mains dans les poches avec cette grâce désinvolte qui lui était propre pour disparaître dans l'escalier en colimaçon.
Je ferma la porte, me retourna, me laissa tomber sur la porte puis glisser jusqu'au sol.
Il va me rendre folle. « Plus que tu ne l'es déjà tu veux dire ? » Je me demande vraiment à quoi il joue.
Je resta assise ainsi par terre le temps de reprendre mes esprits pour ensuite me lever et m'asseoir en tailleur sur mon lit à fixer la porte de la salle de bain en face. Je ne sais pas vraiment combien de temps je resta ainsi à penser à des choses dont je ne me souviens plus mais la quiétude inhabituelle du dortoir fut bientôt troublé par le retour de mes amies.
– T'as pas bougé depuis qu'on est parties ? Demanda Lily surprise.
– Si si... A un moment je suis allé jusqu'à la porte .. et après je suis revenue, répondis-je en montrant le trajet à l'aide de mes doigts que je faisais bouger comme si c'était mes jambes.
Lily lâcha un grand soupir puis m'adressa un sourire bienveillant.
– Alors ? Tu as réfléchis j'imagine, quand comptes-tu sortir d'ici ?
– Maintenant.
– Maintenant ? S'étonna-t-elle.
Joignant les paroles à l'acte je me mis debout et avança jusqu'à la porte.
– Ophélie ! M'interpella Dora. T'avais pas dis que tu ne voulais plus jamais sortir ?
– Si mais tout est réglé maintenant. Quelqu'un vient avec moi dans la salle commune ?
– Moi je viens, lança avec enthousiasme Mylène.
Elle chopa son sac, le retourna pour le vider de son contenu par terre, prit deux livres au hasard et les balança dedans.
– A tout à l'heure les filles, dis-je en descendant les escaliers en colimaçon. Mylène m'emboîta le pas et bientôt nous fûmes dans la salle commune.
Aucune personne présente ne sembla me regarder avec plus d'insistance que d'habitude et j'en conclus que Sirius avait tenu ce qu'il avait dit. En revanche quelques regards se firent provocants voir même méchants. Le plus étonnant fut que les regards meurtriers étaient tous féminins. Qu'est-ce qu'il se passait ? J'allais interroger ma sœur mais elle parla avant que je n'ai eu le temps de formuler ma question.
– T'en fais pas, c'est juste de la jalousie.
Jalouse ? Mais de quoi ? J'afficha une mine totalement déboussolée et avec un soupir elle se résigna à m'expliquer la raison de tout ceci.
– Tu es devenue une des amies – si ce n'est plus – les plus proches de Sirius Black leur dieu vivant sur terre en l'espace de quelques jours alors que cela fait des années qu'elles s'acharnent à cette même tâche. A leurs places, je serais jalouse aussi. Surtout que face à toi leurs chances de le conquérir planent un tout petit peu au-dessus de 0,01 %. Mais bon, si j'étais toi je me méfierais quand même. On ne sait pas de quoi est capable une groupie en colère. Vérifie toujours sur quoi tu t'assoies, ne bois que ton propre jus de citrouille, ne suis jamais une personne inconnu féminine dans un coin sombre du château.
– Heu... D'accord, répondis-je hésitante.
– Fais pas cette tête, il doit bien y en avoir une ou deux d'inoffensives.
Me voilà rassurée.
– T'as toujours les mots pour remonter le moral toi, lui lançais-je sarcastique.
Elle me fit un bruyant bisou sur la joue et me murmura
– Moi aussi je t'aime.
Elle me fit un clin d'œil et prit ma main pour m'entraîner avec elle à une table près de la fenêtre. Nous nous installâmes et elle me tendit un des livres qu'elle avait emporté. Je le prit, la remercia d'un sourire et ouvrit le bouquin intitulé « Les symptômes de l'amour, pour jeunes sorcières totalement dépourvues d'expérience et un peu coincées sur les bords. »
Je releva la tête du livre et lança un regard noir à Mylène qui se contenta de me faire son plus beau sourire pour aussitôt retourner à son propre ouvrage « Lunatique, mode d'emploi. » N'ayant aucune envie de retourner au dortoir chercher un autre bouquin j'entrepris la lecture du livre ma foi pas si inintéressant et vide d'intérêt.
Tout était tranquille et calme jusqu'à ce que James déguisé en danseuse hawaïenne ne fasse son apparition au beau milieu de la salle commune. Ses trois meilleurs amis descendaient à sa suite les escaliers menant à leurs dortoirs, tous hilares. James, la mine renfrognée, balaya la salle des yeux à la recherche d'une personne visiblement absente vu son soupir de soulagement. Il croisa mon regard et eut un regard qui ne demandait que de l'aide mais je lui fis un sourire désolé, voulant trop voir ce qu'il avait été contraint d'accepter de faire.
Il prit une grande inspiration et grimpa sur la table centrale de la salle commune. Dès lors qu'il fut debout sur celle-ci il se mit à gigoter d'une étrange manière. Sa jupe en paille remuait au rythme de ses déhanchés et bientôt il ajouta des bras fluides et gracieux à sa danse des îles. Tout les autres maraudeurs hurlaient de rire devant leur ami et lui lançaient des sifflets admiratifs. Au bout d'un certain temps, toute la salle commune au départ muette de stupeur se mit à rire, siffler et acclamer James à leurs tours.
Par compassion pour lui j'essaya pendant une ou deux minutes de taire mon rire mais je ne pus me retenir plus longtemps quand il commença avec entrain une danse du ventre très énergique. Les rires des personnes présentes doublèrent d'intensité et Sirius sortit un objet de sa poche qui ressemblait à un appareil photo. Ce n'était pas censé ne pas pouvoir fonctionner à Poudlard ? Sirius prit une dizaine de clichés de James. Quand celui-ci remarqua ce que Sirius était en train de faire, il s'arrêta instantanément et proféra tout un flot d'insultes inintelligibles par-dessus le tumulte de son public.
James descendit ensuite de la table passablement énervé et repartit dans son dortoir d'un pas énergétique. Ses amis le suivirent de peu s'esclaffant toujours et remerciant la foule pour leurs encouragements et leur enthousiasme un peu lente à arriver mais néanmoins fort indispensable.
Quand ils disparurent définitivement dans l'escalier, le calme maintenant définitivement bannis de la salle sembla dérisoire et totalement superflue. Chacun commentait ce qu'il venait de voir et toutes les personnes qui étaient à la base venues pour faire leurs devoirs, abandonnèrent ceci au détriment d'une bonne esclaffe.
– Ils sont vraiment tarés, pouffais-je. Où est-ce qu'ils ont bien pu trouver une jupe pareille ?
– Je crois que c'étaient des extraits de la serpillière de Rusard, rigola Mylène.
Je retourna à mon livre et pensa qu'après cet épisode la soirée allait se terminer paisiblement mais cinq petites minutes plus tard de nouveaux éclats de rire fusèrent venant une nouvelle fois de l'escalier que venait de gravir les maraudeurs. Remus apparut en tête tout sourire, James – de nouveau vêtu normalement – arriva à sa suite avec un sourire satisfait et vengeur. Juste après lui un Robin qui riait aux éclats, s'essuyant les yeux emplis de larmes. Ils marchèrent tout les trois jusqu'à l'endroit où James nous avait offert une somptueuse danse du ventre et se retournèrent dans une parfaite synchronisation vers l'escalier qu'ils venaient de descendre où allait apparemment surgir le dernier des maraudeurs. Il y eut un silence total dans la pièce, chacun ayant les yeux rivés sur l'escalier. James mit deux doigts dans sa bouche et émit un sifflement à nous en crever les tympans. C'est alors que Sirius apparut à l'embouchure des marches. A première vu il n'y avait rien de spécial dans son apparence. Il portait un jean et une chemise de toile blanche comme souvent quand il n'avait pas sa cape de sorcier sur lui. Il eut un temps d'arrêt en regardant qui il y avait dans la salle. Tout à l'heure il ne s'en était pas préoccupé mais à présent l'enjeu semblait différent pour lui. Il ne laissa traîner son regard sur personne mais quand il croisa le mien, il eut un temps d'arrêt. L'échange ne dura qu'une seconde pourtant il eut un sourire crispé en allant rejoindre ses amis qui affichaient toujours un grand sourire. Sirius monta avec aisance sur la table comme James quelques minutes plutôt sauf que lui n'était pas vêtu d'une jupe ridicule. Robin prit la casquette d'un quatrième année non loin de lui et la mit sur la table aux pieds de Sirius comme si celui-ci allait faire la manche.
Sirius remarqua ce qu'avait fait son ami et cela lui arracha un sourire ironique et .. Nerveux ? Robin alla se positionner à la hauteur de James et Remus qui étaient loin de cacher leur excitation et impatience. Ils se mirent alors tout trois à « chanter ». Vous savez ce genre de musique - qu'on entend souvent lorsque quelqu'un va faire un strip-tease.
Sirius n'allait tout de même pas .. « C'est quoi ça ? » Ça ? « Par terre ! » Je baissa les yeux et vit une cravate rouge qui jonchait le sol. Je la ramasse et la mit devant mes yeux pour mieux l'examiner. Cravate classique, rouge et or, de toute évidence appartenant à un membre de la maison Gryffondor. J'étais pas prête de retrouver son propriétaire.
« Je crois que je l'ai trouvé. » Comment ça ? « Regarde Sirius. »
Je releva la tête et vis Sirius qui dansait sur la table de manière... Sensuelle ? Il était en train de déboutonner sa chemise... Pourquoi déboutonnait-il sa chemise ? « YEAH ! STRIP-TEASE ! HAHAHA ! »
J'ouvris grand les yeux devant le spectacle qui s'offrait à moi. Le propriétaire de la cravate ne faisait plus aucun doute à présent. « Mets la dans ta poche .. tu lui rendras plus tard héhé. » Je glissa lentement la cravate dans ma poche sachant que de toute manière personne ne détachait les yeux de Sirius et que, en conséquent, personne ne pouvait me voir.
Sirius enleva sa chemise tout en faisant des mouvements d'épaules pour accompagner son geste et passa ensuite ses mains sur son torse avec une lenteur exagérée en lançant des baisers aux filles – et quelques garçons - qui hurlaient à ses pieds.
J'explosa de rire en le voyant passer sa langue sur ses dents et lancer des clins d'œil à tout bout de champ et me mis à l'acclamer également. C'est pas donner tous les jours de voir un show pareil, surtout quand la personne est aussi bien foutue. Mon dieu regardez-moi ce torse ! « Je te l'avais bien dit qu'il avait des pectoraux ! Mais mate moi ces abdos ! » Chut laisse-moi baver en paix.
Sirius continua à se trémousser quelques minutes torse nu puis il enleva lentement sa ceinture et se mit à la faire tourner au-dessus de sa tête comme un lasso, en faisant tourner son bassin en même temps que la ceinture qui fendait l'air. Il y eut une espèce de bruit étrange et un trou dans la foule agglutiné devant Sirius. Une groupie venait apparemment de s'évanouir. Oua. Totalement ravagées ces filles.
Deux de ses amies la prirent par les jambes et les bras et la mire sur le sofa le plus proche pour aussitôt retourner aux premières loges à coups de coudes et écrasements de pieds et hurler le nom de Sirius comme des mandragores.
Sirius déboutonna un bouton de son pantalon, puis deux. Il baissa ensuite sa braguette en tapant la pause devant James qui le prenait en photo. Il dansa le jean ainsi ouvert pendant près de deux minutes puis finit par l'enlever. « Enfin ! »
Apparemment Sirius était plutôt caleçons. Fichtrement musclées les cuisses. « As-t-on déjà eut idée d'être aussi beau ? »
Il continua à danser pendant encore quelques minutes puis s'arrêta et fis un salut. Un tonnerre d'applaudissement retentit et Sirius s'inclina une nouvelle fois sous les hurlements qui ne faiblissaient pas.
Robin fit dégager les groupies de devant Sirius à l'aide de grands mouvements de bras et il manqua de mettre une bonne dizaine de claques aux filles qui essayaient de toucher Sirius. Robin alla ensuite récupérer sa casquette et eut un immense sourire en constatant que celle-ci était pleine de gallions. Il versa le tout dans sa poche mais Sirius l'interpella
– Je crois bien que cet argent est à moi.
– Et bien en théorie oui, mais cela en reviendrait à de la prostitution... Je ne pense pas que McGonagall serait très contente d'apprendre que de telles choses se sont produites à l'intérieur de sa propre maison.
Sirius ne trouva rien à répondre à ceci et se résigna avec une moue contrariée à chercher ses vêtements. Remus et James regardaient les clichés qu'avait pris ce dernier et se tordaient de rire à chaque nouveau cliché.
Le sourire toujours aux lèvres je replongeai dans mon bouquin.
– J'espère que ce sont mes talents de strip-teaseur qui te font sourire ainsi, chuchota quelqu'un à mon oreille.
« On se demande bien qui. »
– Il se pourrait bien, répondis-je en levant les yeux vers lui.
Il n'était encore vêtu que de son caleçon ce qui me fit légèrement rosir.
– Décidément on aura tous les deux finis à moitié à poil aujourd'hui, lui murmurais-je.
– Oui sauf que moi j'étais ton seul spectateur, répliqua-t-il avec un sourire carnassier.
– Tu n'allais pas me faire un strip-tease privé en même temps. Qu'aurait-il été sans l'évanouissement d'une ou deux groupies, rigolais-je.
– Elles sont un peu folle ces filles non ?
– Un peu ? J'eus un rire chargé d'ironie. Mais bon, si tu t'en rends compte c'est déjà pas mal.
Il me fit un clin d'œil.
– Je ne t'imaginais... Pas comme ça en caleçon, repris-je.
– Tu veux dire que tu m'avais déjà imaginé aussi peu vêtu ? Me demanda-t-il avec un sourcil plus haut que l'autre et un sourire moqueur aux coins des lèvres.
« T'as vraiment le don pour dire les trucs qui faut pas toi ! »
– Non ! Non, pas du tout ! Juste je te voyais... euh … te pensais ! Je... heu... moins bien fais quoi ! Articulais-je désespérément le teint de plus en plus rouge.
Il renversa la tête en arrière et partit dans un grand rire qui me fit sourire malgré ma bêtise.
– C'est un compliment ? Me murmura-t-il soudainement très proche, après avoir fini de rire. Parce que contrairement à toi j'aime bien les compliments. Enfin.. Quand ils viennent de quelqu'un que j'apprécie du moins.
Au départ complètement paralysée j'arriva au bout d'une dizaine de secondes à afficher un fin sourire timide qu'il me rendit avec chaleur.
– Si jamais tu trouves une chaussette, une cravate ou une chaussure tu me le diras ? Me lança-t-il en se redressant et en passant la main dans ses cheveux. Je crois que certaines filles ont gardé un souvenir de moi, ronchonna-t-il. J'aimerais au moins retrouver ma chaussure, le reste j'en ai d'autres.
– D'accord, je te préviendrais même si je doute que tu les retrouves un jour. Elles vont les couver comme des œufs ! Et ne compte pas sur moi pour récupérer ta chaussure ! Je ne veux aucun contact de près ou de loin avec une perverse dans leur genre !
« Je te signale que c'est toi qui a pris la cravate. » C'est pas pareil. « Et pourquoi ça serait différent ? » Heu .. Je ne suis pas une groupie moi ! « Tu t'en rapproches chaque jour un peu plus pourtant. » Jamais ! C'est toi qui m'a dit de prendre cette cravate ! « C'est toi qui l'a ramassé. » …... ! « Plus d'arguments ? » .. J'hésite entre piquer une gueulante ou t'ignorer totalement. « Comment tu comptes t'énerver contre toi-même au juste ? » Tu ne seras jamais moi ! Voix stupide ! « Ça devient franchement ridicule là. »
– Merci.
Tiens, je l'avais presque oublié lui. « Mais oui on te croit. »
Sirius me fit un sourire chaleureux puis repartit à la recherche de ses vêtements.
– Pssst !
Je me tourna vers Mylène et l'interrogea du regard.
– Depuis quand tu dis à quelqu'un du sexe opposé qu'il est plutôt bien foutu ? Où est passée ta supposer timidité ?
J'haussa les épaules n'ayant guère de réponse. Je retournais à mon livre quand j'entendis un
– SIRIUUUUUUS !
La pimbêche à mèches courait en direction de Sirius qui avait l'air totalement pommé. Elle lui sauta dessus et entoura le coup de Sirius de ses bras pour ensuite l'embrasser avec fougue. Au début Sirius n'eut aucune réaction puis après quelques secondes, où il jetait des regards de droite à gauche, il lui rendit son baiser à pleine bouche sans pour autant la prendre dans ses bras.
Je cligna des yeux ne croyant pas à ce que j'étais en train de voir. Une fois. Puis deux , cinq, vingt-deux fois. Ne sachant pas très bien ce que je ressentais à cet instant précis je me leva et partit en direction des escaliers en colimaçons. Je monta les escaliers quatre à quatre et entra en trombe dans mon dortoir. Lily, Nikita et Dora qui étaient descendues en entendant le barouf sous leurs pieds n'étaient pas revenues et j'étais donc seule.
J'avança vers mon lit et m'écroula sur celui-ci. Je pris une grande inspiration et l'air qui pénétrait dans mes poumons me fit un bien fou.
« Alors ça si je m'y attendais. »
Je.. que.. ble .; mais .. comment ? .. Je crois .. Je pense...
Mes yeux se remplirent de larmes incontrôlées et totalement injustifiées. Elles coulèrent sur mes joues. Je me lâchais enfin. Tout le stress des derniers jours, tous ces sentiments qui sont nés en moi s'exprimaient enfin... Ce mal de ventre n'est pas naturel je le sais bien. Il est tout aussi incongru que cette douleur dans la poitrine qui ne semble venir de nulle part. J'aimerais que Sirius me prenne dans ses bras, qu'il m'explique pourquoi il se comporte ainsi avec des filles dont il se fiche pleinement, comprendre pourquoi quand il sourit cette lueur dans ses yeux qui brillent tellement purement, se voit toujours recouverte par cette noirceur, cette tristesse infinis qu'il cache en lui. En fin de compte je ne sais rien de lui. Je ne sais pas l'origine de ses rires ni celle de ses tristesse. Je ne sais pas pourquoi il a tant besoin de se sentir aimer ou désiré même s'il sait bien que ces filles ne l'aime pas pour ce qu'il est, mais elles lui en donne une bonne illusion. Mais moi je veux tout savoir, je veux tout savoir de lui.
