`·.¸¸.·´´¯`··._.· CHAPITRE 9 `·.¸¸.·´´¯`··._.·

Le flou total. Oui, c'est exactement ça ; le flou total. Moi qui n'avais jamais compris ce que pouvait bien signifier cette expression, je pense la comprendre pleinement à présent. Je me sens marcher, répondre brièvement quand on me pose une question, manger ce qu'on me met dans l'assiette, mais tout cela reste automatique... Presque inconscient devrais-je même dire. Mon corps ne semble même plus m'appartenir, j'ai l'impression de voir tout ce que je fais mais de ne rien dirigé.

Tout s'agite autour de moi, je sais bien que mes pieds se mettent inexorablement l'un devant l'autre mais je n'ai absolument aucune idée de l'endroit où ils me portent. J'aimerais réagir, comprendre où je suis, ce que je fais, à quoi je pense, quel jour on est.

Je ne me souviens de quasiment rien, comme si tout avait perdu de son importance. Seulement de James en danseuse hawaïenne dans la salle commune, de la cravate de Sirius dans ma poche, de son strip-tease sur une table. Je me rappelle la petite conversation que j'ai eu avec lui où il avait dit m'apprécier, j'entends aussi le rire des maraudeurs raisonner dans ma tête, plus particulièrement celui de Sirius. Mais tout cela ne me revient que par bribes, se présentant à moi comme un flash-back. Le dernier de mes souvenirs est une espèce de cri perçant aiguë poussé par une blondinette à bouclette et l'image d'un Sirius l'embrassant à pleine bouche. Cette fille l'a embrasser.. Et lui il s'est laisser faire, il lui a même rendu son baiser. Ce n'est pas elle qui l'a embrassé, c'est lui. C'est lui qui l'a fait. Et alors ? Oui, et alors ? Après je crois m'être échappé dans le dortoir pour m'éloigner le plus possible de cette image épouvantable qui restait figer dans mon esprit. Il me semble bien avoir verser quelques larmes.. A partir de ce moment tout devient flou.. Combien de temps s'était-il passé depuis ce jour-là ? De vagues passages me reviennent cependant en mémoire tel que les visages inquiets de mes amis, quelques réprimandes de mes professeurs qui voulaient que je sois un peu plus attentive, ou encore les tapes amicales de James dans mon dos, les sourires encouragent et mystérieux de Remus, les regards profond de Robin qui me mettaient mal à l'aise et me faisait revenir quelques secondes à moi le temps de perdre contenance et de retourner à mon mode veille.

En revanche Sirius n'était relié à aucun souvenir, aucune image, aucun son. Rien. Il était forcément venu me voir non ? Ou alors il s'en fiche de savoir si je vais bien, il s'en fiche à ce point ? Et qui est en train de m'appeler avec autant d'insistance ? Je croyais que je n'entendais plus rien !

Je sentis mes yeux clignés, mes muscles se détendre, mes doigts bougés. Je reprenais le contrôle de mon corps ?

Peu à peu le flou continuel qui brouillait ma vue habituellement se dissipa. La première chose que je vis fut de grands yeux bruns/dorés. Avec de telles couleurs, une intensité si troublante, ces yeux ne pouvaient appartenir qu'à Remus. Mais pourquoi il était à deux centimètres de moi ? Reculer ne me vins même pas à l'esprit.

– Ça va ? Me demanda-t-il toujours aussi proche avec un sourire que je pouvais deviner au plissement de ses yeux.

– Heu... je ... que... oui ça va ! Balbutiais-je, la voix rauque signifiant que ça faisait un bon moment que je n'avais pas aligner trois mots. Enfin.. je crois. Qu'est-ce que tu fais ?

– Pousse-toi Remus, tu vas nous la brusquer !

Les yeux de Remus disparurent soudainement de mon champ de vision à cause d'un coup d'épaule de James qui vint prendre sa place, encore plus près. Son nez touchait le mien. Ses grands yeux chocolat remplis de malice me scrutèrent et j'écarquillai un peu les yeux en le sentant fouiller en moi.

– Excuse notre petit Lunard, il est un peu trop direct. Hellooo ! Tu as bien dormis ?

Déstabilisé par sa question puérile je mis quelques secondes avant de répondre ;

– Heu... je sais pas...

– Comment ça tu sais pas ? Me demanda-t-il en haussant un peu la voix. Mais enfin tu...

Il se fit éjecter comme Remus un peu plus tôt et Robin vint se mettre au même niveau que James que j'entendais gémir et se plaindre de son mal-traitement. Les yeux de Robin étaient tellement différents de ceux de ses amis !

Dans ceux de Remus on voyait beaucoup d'intelligence, énormément de douceur et enfouis si profondément que j'avais parfois du mal à le distinguer, un désespoir incommensurable.

Dans ceux de James cette joie de vivre, cet amour inconditionné pour la vie et la part timide de lui-même qu'il réservait à la présence de Lily. Mais ceux de Robin était étonnement différents. Pleins de malice, de logique, de réflexion. Mais le plus impressionnant c'était cette part de compréhension qui émanait de tout son être. D'un simple regard il semblait tous savoir de nous, nous connaître mieux que n'importe qui. On se sentait alors compris et on avait simplement envie de se laisser aller et de déballer tous nos petits malheurs.

Je me sentis dépouiller de toutes mes pensées .Le voyant si concentré à me détailler, un minuscule sourire naquit sur mes lèvres.

– Robin ?

– Ophélie ?

Mon sourire s'élargit un peu plus.

– Qu'est-ce que tu fais au juste ? demandais-je.

– Moi ? Ce que je fais ? Et toi ? Qu'est-ce que tu fais ?

– Mais... que... enfin... bredouillais-je déconcerté.

Il eut un sourire triomphant mais je n'eus pas le temps de le contempler plus longtemps car il se fit propulser aux côté de James et Remus par Sirius qui prit sa place un tout petit peu moins près. Mon sourire s'effaça momentanément remplacer par un visage totalement neutre et vide d'expression. Je sentis ses yeux chercher les miens mais je les fuyais comme je pouvais, regardant de partout sauf dans sa direction. Je sentis son agacement provoquer par mon refus de contact et il se rapprocha un peu plus ne voulant pas lâcher l'affaire. Il posa son front contre le haut de mon crâne – j'ai toujours pas grandis. Il y a quelques jours j'aurais sûrement rougis de le sentir si proche mais là, je n'en avais même plus la force. Je ne voulais pas que mes émotions se voient, ne pas laisser paraître la moindre pensée. Je fus néanmoins contrainte de lever les yeux qui croisèrent les siens. Je ne réussis pas à cacher mon effarement en voyant ce qui se présentait à moi. Je ne laissais rien transparaître mais lui au contraire, laissait tout voir. C'était un peu comme si les rôles s'étaient inversés non ? Pourquoi me montrait-il tout ça maintenant ? Lassitude, curiosité, tristesse, inquiétude.. Souffrance ? Qu'est-ce que ça voulait dire bon sang !

Dans ma tête il y eut une sorte de flash où tous les instants passés avec Sirius durant les derniers jours revinrent à moi.

Tous ces regard en biais, toute les fois où il m'avait demandé si j'étais sûre que ça allait et où j'étais partis à l'opposer de lui, toute ces fois où il avait essayé de m'adresser la parole et que je l'avais ignoré délibérément. En y repensant ce n'étais pas vraiment un comportement très gentil... J'avais surement dut le blessé en faisant cela... Ma foi, œil pour œil, dent pour dent ; il n'avait qu'à pas mettre sa langue dans la bouche de cette greluche.

- Tiens un regard... Vais-je avoir l'immense honneur que tu m'adresses une parole ? Lança-t-il en perdant patience.

- Compte pas trop là-dessus... Mais bon, il parait que l'espoir fait vivre.

Je me détournai et partit le plus loin possible de lui.

« T'es une peste ! »

Non je suis juste très énervé, nuance ! Et puis t'étais où toi pendant que j'étais perdu dans une dimension parallèle hein ?

Je partis m'asseoir à ma place de cours de potion vu que c'était apparemment l'endroit où je me trouvais et mis sur la table mes ingrédients et mon nécessaire à potions.

- Mais enfin Mlle Davies, que faites-vous ? Le cours est terminé depuis déjà dix bonnes minutes ! Il serait peut-être temps que vous alliez dîner vous ne pensez pas ? A moins que vous ne teniez tant à faire quelques heures supplémentaires en ma compagnie ?

Oulàh. Ca Slugh', Jamais !

- Plutôt crever.

- Pardon ?

Oups.

- Heu... non non rien, j'ai rien dit. Bon appétit...

Je remballai mes affaires en vitesse et rejoignis mes amies qui m'attendaient derrière la porte du cachot et qui semblaient beaucoup s'amusés. Depuis quand étaient-elles là ?

Je passai devant les maraudeurs qui parlaient à voix basses et me demanda vaguement ce qu'ils pouvaient bien se raconter si calmement... Étrange.

Je marchai aux côtés de mes amies pendant quelques minutes pour finalement arriver à notre dortoir sans qu'aucune d'entre nous n'aient dit quoique ce soit. Etaient-elles mal à l'aise ? Elles avaient forcément quelque chose à me dire après mon « absence »... Non ?

Ne souhaitant pas dire quelque chose qui aurait pu paraître déplacé je préférai m'atteler à mes devoirs que je bâclai en un temps record. Je partis m'asseoir sur le rebord de la fenêtre où j'avais vu sur le parc et le lac. La vue de ce dernier me rappela les derniers évènements et je me mis à penser à de sombres souvenirs. A vraie dire j'avais beau partir la tête haute et paraître indifférente à tout ça, je me devais bien d'avouer qu'au fond ça me faisait quelque chose ; que ça m'atteignais bien plus que je ne m'y étais autorisé. C'est comme si le monde avait perdu de ses couleurs, comme si peu à peu mes émotions devenaient fades, que les sons perdaient de leurs mélodie, que les aliments avaient perdu leurs saveurs.

« Qu'est-ce que t'es mélodramatique en ce moment ! D'un ennui mortel ! » Je te rassure, toi tu l'es à temps plein.

En regardant à travers les carreaux de la fenêtre je remarquai que dehors les arbres avaient depuis longtemps perdus leurs feuilles. Le vent les avait pratiquement toutes emportées si bien qu'il en restait seulement quelques-unes qui jonchaient le sol. L'automne. Période mélancolique de l'année. Ma saison préférée.

Je parcourus le parc des yeux encore quelques instants et partis m'allonger sur mon lit.

Autour de moi Lily discutait avec Mylène et Dora et Nikita faisaient un devoir de potion.

- Les filles, - elles se retournèrent toutes vers moi l'air surprise -, je crois que j'ai besoin d'un gros, gros, gros, gros, gros câlin.

Elles me fixèrent pendant une fraction de seconde et laissèrent immédiatement tomber leurs occupations pour venir sur mon lit. Mylène se mit à ma droite et Nikita à ma gauche. Elles mirent toutes deux un bras autour de mon ventre et calèrent leurs têtes au creux de mon épaule. Dora et Lily s'assirent vers mes jambes et posèrent leurs têtes sur mes cuisses.

Nous restâmes ainsi de longues minutes. Aucune ne parlaient. Je me sentais terriblement nulle. Après tout c'est vrai, je n'avais pas été « présente » pour elles. J'espère juste qu'elles ne l'ont pas mal pris et qu'elles ne m'en veulent pas. En un certain sens c'est comme si je les avais ignoré. Je suis la pire de toutes les idiotes.

Une boule se forma dans ma gorge. Comment avais-je pu les laisser autant de côté ?

- Merci d'être là.

- Bon retour parmi nous ! Me lancèrent-elles en cœur.

Je ne pensais pas mériter tant d'indulgence. Ni même peut-être leur amitié. Parfois il y a des gens qui sont là, près de toi. Tu ne sais ni comment ni pourquoi. Tu ne sais pas pourquoi tu as le droit de rester à leurs côtés, pas pourquoi ils te consolent sans jamais rechigner. Ils provoquent tes rires et quand tu es triste font tout pour te faire sourire. Ils t'acceptent tout simplement. Ils embrassent tous tes défauts et veulent te convaincre qu'en toi tout est beau. Avant il n'y avait que ma sœur. Mais à présent elles sont là elles aussi.

Le repas fut des plus ordinaires. La seule chose un peu différente fut que j'arrivais à placer quelques mots par-ci par-là. Je parvins même à rire à certaines blagues. Quand tout le monde eut fini de manger les desserts disparurent. Il eut un tintement cristallin et tout le monde tourna la tête vers Dumbledore qui venait de donner quelques coups sur son verre à l'aide de sa cuillère pour obtenir le silence. Dumbledore se leva et le silence fut immédiat dans la grande salle. Il écarta très largement les bras comme s'il voulait tous nous étreindre en même temps.

- Je vous souhaite chaleureusement le bonsoir, dit-il avec son fameux sourire énigmatique et son regard perçant qu'on pouvait distinguer par-dessus ses lunettes en demi-lune. Il y a longtemps que je n'ai pas eu l'occasion de parler devant vous. Il est vrai que depuis le début de l'année les occasions ont manqué. Cependant j'ai l'immense joie de vous annoncer que la quiétude habituelle risque d'être fortement remise en cause. En effet, le corps enseignant et moi-même, avons judicieusement décidé d'organiser un grand bal de noël.

Il s'interrompit quelques secondes le temps que la nouvelle fasse son effet et observa malicieusement les murmures et les manifestations de joie que son discours venait de provoquer.

- Afin que tout se passe pour le mieux, les préfets seront chargés d'organiser cette soirée. Bien évidemment leurs enseignants se feront un plaisir de les aider en cas de besoin. Une tenue habillée sera indispensable à la participation ainsi qu'un partenaire de danse. Si ces deux conditions ne sont pas respectées vous ne pourrez espérer participer. La date et les informations supplémentaires vont seront données en temps voulu.

Il jeta un dernier regard à ses élèves par-dessus ses lunettes et clôtura son discours en souhaitant une excellente nuit à tout le monde.

Il y eut un tumulte infernal provoqué par le raclement des bancs sur le sol et les conversations enjouées des élèves.

Mes amies avaient elle aussi la mine réjouie et se demandaient déjà quelles robes elles allaient porter. Certains élèves en cherchaient d'autre du regard; peut-être pour voir ceux qu'ils allaient éventuellement inviter. Pour moi c'était déjà tout vu. Je n'irai pas un point c'est tout. Dumby n'a pas dit que c'était obligatoire.

« Dans tes rêves seulement. Bien-sûr que tu vas y aller ! » Je n'aime pas les fêtes. Ni les robes. Ni les surplus de population. « Je nous vois bien dans une robe bleu nuit. » Tu veux dire que tu ME vois bien dans une robe bleu nuit.

Je me dirigeais dans le couloir plus emportée dans la foule que par véritable choix et me retrouvais avec les filles à attendre Mylène dans le couloir. Elle avait dut se pommer en route.

Le couloir s'était presque entièrement vidé quand elle arriva en compagnie des Maraudeurs. Génial.

Bien sûr je n'en voulais qu'à un seul d'entre eux mais vu qu'ils étaient toujours ensemble ; un signifiait tous. Sirius traînait derrière eux, les mains dans les poches, ronchonnant dans sa barbe et fusillant le sol du regard. Le reste de la troupe nous salua toutes avec beaucoup d'entrain et d'enthousiasme et les maraudeurs commencèrent à nous parler du bal. Sauf Sirius bien-sûr qui était toujours à l'écart. James, Remus et Robin, me jetaient des regards pleins de sollicitude quand ils pensaient que je ne les regardais pas et au bout de cinq minutes cela commença un peu à m'agacer. J'allais leur demander ce qu'ils regardaient ainsi quand Sirius sorti de sa torpeur et redressa la tête d'un seul coup avec une expression déterminée. Il se rapprocha à grand pas de moi et trop surprise pour faire quoi que ce soit, je restai immobile de stupeur. Il me prit le bras avec force mais sans me faire mal et me lança un " viens " d'une voix sans réplique. Ayant soudainement les chocottes je jetai des regards désespérés qui demandaient de l'aide aux autres pendant que Sirius m'entraînait avec lui. Mais pour seule réponse ils me gratifièrent de sourires d'excuses à moitié railleurs. Quels hypocrites ceux-là.

Totalement impuissante, je cessai d'opposer ma faible résistance et me laissai emporter.

Il faisait de grands pas, ce qui m'obligeait presque à courir si je ne voulais pas tomber. Niveau délicatesse j'avais connu mieux. Il nous fit franchir la grande porte et m'attira en direction de " notre " hêtre. L'air frais de l'automne me glaça les os.

- Sirius lâche-moi !

Fallait quand même que je me défende un peu non ? J'avais vraiment aucune envie de me retrouver seule avec lui.

- Pas question, répondit-il en faisant visiblement un gros effort pour ne pas céder à la colère qui l'envahissait. J'ai des choses à te dire.

- Et bien pas moi, rétorquais-je.

- Tu te contenteras d'écouter dans ce cas.

Avec lui c'était peine perdue. Qu'est-ce qu'il pouvait être têtu ! " C'est sûr que t'es un fabuleux exemple d'obéissance " Pourquoi tu l'as ramène toujours toi ? " Pour le simple plaisir de te faire enrager"

Nous parvînmes sous l'hêtre et il consentit enfin à me lâcher.

Je croisais les bras sur ma poitrine, jetant des regards noirs à l'opposé de là où il se trouvait.

Deux options s'offraient à moi;

1 - Je prenais mes jambes à mon cou.

2 - J'écoutais ce qu'il avait à me dire.

Dans le premier cas je n'avais aucune chance d'arriver à destination sans qu'il me rattrape et je n'avais vraiment pas envie de jouer à chat. De plus vu, le chemin tortueux, je rentrerais couverte de bleus et le visage plein de terre. Non, définitivement non.

Dans le second cas il monologuerait seul comme Dora le faisait tout le temps. Je pouvais l'ignorer non ? Ouais, ça c'est définitivement mieux.

- Je ne te comprends pas. Non décidément je ne te comprends vraiment pas. Qu'est-ce qu'il se passe ? Qu'est-ce qu'il t'arrive ? On était bien la dernière fois dans la salle commune puis tu es parti et depuis ce moment tu ne me parles plus. D'ailleurs tu ne parlais plus à personne jusqu'à aujourd'hui. T'as toujours le regard vide et c'est à peine si tu réagis à ce qu'il se passe autour de toi. En plus de ça tu m'évites. Et tu sais ce qui est le pire ? C'est que j'ignore pourquoi !

Plus il parlait plus le volume de sa voix augmentait. La colère qu'il essayait de refouler jusque-là semblait à présent avoir du mal à être contenue.

J'avais follement envie de lui répondre. De lui dire à quel point je lui en voulais et à quel point j'étais en colère. Mais l'option 2 consistait justement à ne pas lui répondre. Il n'était pas question que je me laisse aller.

Ma lèvre inférieure se mit d'elle-même en avant; comme à chaque fois que j'étais furieuse.

- Et maintenant que tu es là, continua-t-il, tu pourrais peut être te donner la peine de me répondre non ? Je ne sais pas, me donner une explication par exemple ! Tu sers les dents depuis tout à l'heure. T'es en colère toi aussi. Alors lâche-toi ! Tu n'as qu'à crier ? Je préfère ça à ton silence !

N'y tenant plus, je le regardais droit dans les yeux et explosa à mon tour;

- Tu veux que je crie ? Tu veux que je me mette en colère ? Hurlais-je. Tu vas être servi ! T'as très envie que je m'explique visiblement, mais qu'y a-t-il à expliquer au juste ? Je n'ai rien à justifier contrairement à toi ! Je me suis bercée d'illusions ! J'ai cru que t'étais un type bien avec un minimum de principes! Mais ça bien-sûr c'était totalement faux ! T'es comme ... comme tout le monde ! Tu te soucies donc aussi peu de ce que peuvent penser les autres ? - il haussa un sourcil l'air de ne rien comprendre. Cette fille que t'as embrassé, tu l'as laissé faire, tu lui as rendu son baiser. Qui te dit ce qu'elle a pu ressentir à ce moment-là, hein ? Peut-être qu'elle a des sentiments pour toi! Mais ça tu t'en contre fou évidemment, tu vas la traiter comme ta chose que tu jetteras quand il te plaira! Ces filles elles valent peut-être pas grand-chose, elles sont peut-être d'accord avec ce que tu fais d'elles et espèrent peut-être juste bêtement. Mais t'es quand même un beau cognard ! Tu joues avec elles ! Et en y réfléchissant bien; qu'est-ce qui me dit que tu ne joues pas avec moi aussi, hein ? Rien du tout! Moi je ne veux pas de ça, compris ? Tu joues avec qui tu veux, mais je t'interdis de jouer avec moi !

Les yeux de Sirius étaient noirs. Tellement noir.

- C'est ce que tu penses de moi ? cria-t-il totalement indigné. Que je suis un cognard égoïste et insensible qui joue avec les filles ? Moi je vais te dire ce que je pense ! Je pense que t'es énervée parce que j'ai embrassé cette fille mais t'es tellement butée que tu ne voudras jamais te l'avouer ! Si t'es si jalouse, fallait le faire avant elle !

Sa réplique me fit l'effet d'une gifle. Quoi ? Moi ? Jalouse ? Ahaha ! Ça c'était la meilleure ! « La meilleure ! C'est le cas de le dire ! Ahaha ! Le pire c'est qu'il a raison ! Ahaha ! » Hein ? « Ahaha ! » T'es au courant que tu te tapes un fou-rire toute seule ? « Ahaha, t'es tellement convaincu de ce que tu dis, c'est ... prff, trop drôle pfrr! Ahaha ! »

- Je préfèrerais encore embrasser les cheveux de Rogue !

Il serra la mâchoire, les yeux toujours aussi noirs mais le visage devenu soudainement impassible.

" Ca c'était vraiment, mais alors vraiment méchant... mais bien sorti. » Héhé.

Il faut qu'il arrête de me regarder comme ça. Sinon je vais me mettre à pleurer. Et je m'étais promis que je ne pleurerais pas. Comme si ce n'était pas déjà assez dur ! Alors arrête de me regarder comme ça !

- Très bien ! Lança-t-il piqué dans son orgueil. Si je te dégoûte autant je... Il s'interrompit me regardant avec une expression abasourdie. Tu pleures ? demanda-t-il dans un murmure.

Hein ? Je passai une main sur mon visage et sentis en effet que mes joues étaient perlés de larmes, des larmes de colère. Elles avaient coulées les traitresses !

- Pas du tout!

Je tournai la tête en direction du château et les essuya du revers de la main.

- Si tu pleures !

Il fit un pas en avant en tendant le bras comme s'il voulait sécher mes larmes, mais je reculai vivement en le voyant faire.

- Non ! Je suis juste... Folle de rage ! Et ne t'approche pas !

N'y avait-il donc que moi qui pleurais de colère ?

Je tournai les talons ne souhaitant pas qu'il me voie encore ainsi et partit à grand pas vers le château. Malheureusement je n'avais pas fait 5 mètres qu'il m'attrapa par le bras, m'empêchant d'aller plus loin et me forçant à lui faire face.

Ses yeux n'étaient plus noirs. Toujours très foncés. Mais plus noir du tout. Plus bleu nuit. C'est quoi ce revirement ? Ça veut dire quoi ? Il est plus énervé ?

- Qu'est-ce qu'il nous arrive ?

Je soutins son regard et répliqua la seule chose qui pouvait le faire lâcher prise.

- Y'a pas de " nous ". Le seul qu'il y aurait pu y avoir, tu l'as détruit Sirius. Maintenant, lâche moi tu me fais mal.

La pression de plus en plus forte qu'il exerçait sur mon bras se relâcha très lentement. Il me lança un regard pénétrant et insondable, serra les dents et me murmura;

- C'est toi qui fais mal.

Je sentis mon visage affiché une expression de douleur intense et décida qu'il était temps de mettre fin à cet échange. Je dégageais mon bras d'un coup sec et partis à reculons sur quelques mètres; le regardant toujours dans les yeux. La pression dans ma poitrine était trop forte, j'avais la désagréable impression qu'on m'écrasait de l'intérieur. C'était intenable. Sa présence près de moi était intenable. Ma gorge se serrait et le simple fait d'avaler ma salive devint douloureux. Il fallait que je parte, maintenant. Le plus loin possible de lui. Avant que je ne me mette à pleurer pour de bon.

Je détachai mon regard du sien et détournai les talons très lentement. On aurait dit que tout allait au ralentit. Mes pas se firent d'abord très lents, puis peu à peu j'accélérais et je finis finalement par me mettre à courir. Le temps se remit en marche. Les arbres défilaient à toute vitesse et par je ne sais quel miracle je ne tombais même pas. J'eus envie de risquer un regard en arrière, mais à quoi bon ? De toute manière maintenant j'étais trop loin pour le distinguer.

Plus je m'éloignais moins la pression dans ma poitrine se faisait insistante. Je sentais quelques larmes glacés coulées sur mon visage et les essuyais aussitôt qu'elles coulaient.

En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire j'arriva devant le portrait de la grosse dame sans toutefois savoir comment j'y étais parvenue.

Je fis une petite pause pour reprendre mon souffle saccadé, essuyer les dernières traces de larmes, et me forcer à faire le plus grand sourire possible pendant une vingtaine de secondes afin d'avoir l'air joyeuse.

Je prononçai le mot de passe d'une voix rauque et je m'éclaircis la gorge plusieurs fois en passant le portrait. Je pris une grande inspiration et m'engouffrai dans la salle commune.

Je balayai la salle du regard et trouvai tout de suite les filles. Elles étaient sur les fauteuils près de la cheminée en train de discuter joyeusement avec mes autres amis; James, Remus et Robin.

Je me dirigeai vers eux d'un pas assuré et Remus, qui était pourtant de dos, fût le premier à me remarquer. Cependant l'expression qu'il eut ne me satisfit pas. Elle était bien trop inquiète. Dora suivit son regard et eut la même expression que lui en me voyant. Elle donna un coup de coude à Lily, qui en donna un à Nikita qui en me voyant en donna un à Mylène. James et Robin me remarquèrent eux aussi. Les sourires qu'ils arboraient disparurent aussitôt.

Quelque chose clochait. Même si j'avais ma petite idée j'espérais n'avoir pas été découverte aussi vite.

- Qu'est-ce qu'il t'est arrivé? Questionna Lily avec sollicitude.

- Où est Sirius? demanda à son tour James.

- Il est vivant ? Enchaina Robin.

- Vivant ? Aucune idée ! On prend en compte les suicidaires ? Parce que vu comme il m'a hurlé dessus je pense qu'il ne tient pas trop à la vie !

Rien que d'y pensé, je ressentis ma gorge se serrer de nouveau. J'avais vraiment aucune envie de parler de lui. Je venais de m'énerver encore plus vite que d'habitude. « Calme-toi, zen » Facile à dire. « Inspirer ... » Hummpf « Expirer » pff ... « aller encore une fois, mais ferme les yeux; inspirer... » Hummpf « Expirez » Pff « Voilà trèès bien »

- Et pourquoi t'es dans cet état ?

Je rouvris les yeux. « Inspirer » Oh ça va.

- Quel état ? Tout va très bien.

Même moi je trouvais que ça sonnait faux. Je n'ai jamais su mentir de toute façon. J'ai toujours été la fille qui a le malheur d'avoir le visage trop expressif alors qu'elle veut tout garder pour elle.

- Bon... Je monte me coucher.

Je leur souhaitais bonne nuit et montais à grands pas me réfugier dans le dortoir sous leurs regards inquiets.

Je rentrai en trombe dans le dortoir et m'écroulai dans mon lit. Je n'avais même pas la force de me déshabiller.

Je mis mes mains derrière ma tête et me mis à contempler le plafond. Je ne regarde rien de particulier. Il n'y a rien à voir de toute manière. « Normal, c'est un plafond ! Je n'ai pas envie de penser à lui. De toute manière à part broyer du noir et me faire du mal je ne vois pas ce que ça pourrait m'apporter. Je ne peux pas dire que je ne ressens rien et que je n'ai pas mal, mais je peux faire comme si la douleur n'existait pas. Surtout que c'est une douleur purement psychologique. Les autres arrivent à vivre avec, j'y arriverais aussi.

Je suis surprise que les filles, ne soit toujours pas montées... Je pensais qu'elles seraient venues me réconforter. « Soyons clair ; tu leur auraient rabâché que tout va bien et tu les aurais envoyé bouler. » Ah... y'a de ça aussi. Je suis crevé. « Ba dors. » Ok ... « Tu sais dormir ça commence par fermer les yeux ! » Ah oui... pardon.

Je me réveillai le lendemain matin l'esprit un peu embrumé. J'ouvris les yeux et vis toute mes amies en train de dormir paisiblement. Ah oui ; c'était le week-end. Je clignai des yeux et me rappelai des évènements de la veille. Un Bal... ouah, Dumby va péter le budget ! Je vais peut-être y aller finalement ... Ca peut pas me faire de mal non ? « Enfin une parole rationnelle ! » Qu'est-ce que je vais pouvoir mettre ? Je n'ai aucune robe ... « Si tu dis à Dora que tu comptes mettre une robe déjà usagée elle risque de faire un infarctus ». Bon...

- DEBOUT BANDE DE LARVE ! Hurlais-je à plein poumon en sautant du lit et tirant les couvertures de mes amies.

Elles Sursautèrent et me regardèrent comme si j'étais devenue cinglée. Puis s'ensuivit un tonnerre de protestations. Ahh, ça m'avais tant manqué !

- Aller tout le monde debout ! J'ai à vous causer ! La première qui retourne sous la couette se prendra un verre d'eau sur la tronche !

Toutes les filles se résignèrent à sortir du lit sauf Mylène qui ne sembla pas prendre mon avertissement au sérieux. Héhé.

J'attrapais ma baguette qui était resté sur ma table de nuit et lançai un filet d'eau sur le lit de ma tendre sœur. Pour le coup elle fut réveillée. Elle sortit du lit en une fraction de secondes, mouillée de la tête aux pieds. Elle me lança un regard furieux puis contempla son corps trempé.

- Je passe mon tour pour la douche, marmonna-t-elle.

Elle n'arriva pas à retenir un sourire et je me mis à rigoler franchement. Cependant les autres ne semblaient pas le prendre aussi bien. Elles avaient les bras croisés sur leurs poitrines, le visage agacé et demandant des explications.

- On se concerte les filles.

Je pris Dora par les épaules et la fit assoir autour de la table basse au milieu du dortoir. J'indiquai aux autres d'en faire de même d'un signe de main et bientôt nous furent toutes assises en cercle autour de la table.

- Bon, il faut se prendre en main. Le Bal n'est pas dans si longtemps que ça. Va falloir se remuer. Des suggestions ?

- Je pense qu'il faudrait commencer par mettre notre argent en commun pour voir de quels moyens nous disposons pour nos tenues, suggéra Lily qui avait oublié sa mauvaise humeur.

J'acquiesçais et nous nous empressâmes de mettre sur la petite table tout notre argent jusqu'à la dernière noise.

- Tout est là ? C'est vraiment...

- Pas grand-chose, me coupa Mylène.

- Il faut vraiment qu'on se fasse plaisir les filles. Je veux qu'on ait toutes la tenue de nos rêves, intervint gaiement Nikita comme si elle n'avait pas vu notre maigre butin.

- T'as vu notre budget ou non ? Si on obtient toutes une paire de chaussures neuves, ça serait un miracle, coupa Dora la mine accablée.

- Il faut établir un plan d'attaque, annonça Mylène comme si elle venait d'avoir une idée lumineuse.

- A quoi tu penses ?

- Il faut qu'on trouve un moyen de récolter beaucoup d'argent en très peu de temps, ajouta ma sœur.

- Et ? questionnais-je

- De quoi a-t-on absolument besoin à un Bal ? Demanda Mylène avec un sourire en coin et le regard rayonnant.

« J'aime pas les devinettes. » C'est parce que t'es nulle. « Oui, mais en l'occurrence, c'est TOI qui est nul. » Ah oui... c'est vrai ...

- D'une robe ?

Mylène fit non de la tête sans se départir de son sourire.

- De chaussures ?

Non plus.

- Heu... de déodorant ? Tenta vainement Nikita.

Mylène se tapa le front de sa main.

- D'un cavalier ! Il faut absolument un cavalier ! Déclara-t-elle ayant perdu toute patience.

- Et alors ? Fîmes-nous toutes en même temps.

- Et alors toutes les filles cherchent à y aller avec le garçon de leur rêve ! A nous de les aider !

- C'est ça ton idée lumineuse ? fit Nikita perdant tout espoir.

Mylène allait répliquer mais Lily la devança.

- Réfléchissez. Si nous arrivons à former une espèce de programme permettant à n'importe qui de se faire inviter, nous pourrions ramasser pas mal d'argent.

- Tu veux dire... un truc du genre ; Comment se faire inviter au bal en moins de 2 semaines par le garçon de ses rêves ? proposais-je.

- Mais c'est génial ! S'exclama Nikita. On s'y met tout de suite ! Plume parchemin, exigea-t-elle.

Nous la regardâmes d'un regard neutre et elle finit par se résigner à se lever et à aller y chercher elle-même tout en rechignant dans sa barbe. On n'est pas ses elfes quand même !

Elle ramena ses affaires à côté de notre argent et nous nous lançâmes dans notre programme.

Une demi-heure plus tard, tout était finis ;

Comment se faire inviter au bal en moins de 2 semaines par le garçon de ses rêves ?*

1) Votre Jules ne sait sûrement même pas que vous existez. Faites-lui un sourire quand vous le croisez, regardez-le avec insistance. En bref ; attisez sa curiosité pendant minimum 2 jours.

2) Maintenant qu'il a connaissance de votre existence, permettez-vous de le saluer chaque matin avec un ton très suggestif.

3) Montrez lui à quel point vous êtes fantastique. Il aime le sport ? Squattez donc le terrain de quidditch ! Il est fan d'échec ? Inscrivez-vous au club prévu à cet effet ! Vous existez, il s'en rend compte.

4) Entreprenez le dialogue. Vous êtes accessible et ouverte d'esprit, il adore vos conversations !

5) Ca y est, il commence à vous voir d'un bon œil. Jouez la carte de l'amitié encore une journée pour qu'il prenne confiance.

6) Il commence à craquer. Donnez-lui un avant-goût de ce que vous pourriez lui offrir si vous étiez plus qu'amis. Soyez originale.

7) Maintenant que Jules sait à qui il a affaire, vous vous faites désirer et faites l'indifférente. Il se demandera sans cesse où vous êtes et ce que vous faites. Vous l'obsédez. Laissez-le mariner une journée.

8) Rendez-le jaloux.

9) Vous êtes totalement épanouie sans lui et il se pose beaucoup de questions et s'impatiente.

10) Il devient fou et tombe à vos pieds. Il ne tardera pas à vous demander de l'accompagner au Bal. Prévoyez une tenue adéquate (ex ; sous-vêtements avantageux suivant l'originalité de l'étape 6)

*Nous ne garantissons pas que ce programme marche à 100% sur votre Jules. Cependant ce test à marcher sur 95% des victimes.

Conseil : Ne choisissez pas le garçon populaire qui a déjà toutes les filles à ses pieds, une de plus une de moins, pour lui c'est la même chose.

Bien évidemment aucun test n'avait été fait et notre programme était un peu mensonger. Mais je suis certaine qu'il peut marcher ! Nous n'avons simplement pas le temps de prendre un cobaye et de voir si ça marche.

- C'est un peu malhonnête quand même... répétait sans cesse Lily.

- Bon écoute, c'est ton idée ok ? Alors tu vas mettre ta culpabilité de côté et penser aux superbes tenues qu'on va pouvoir s'acheter, s'exclama Dora. On ne va forcer personne à nous acheter notre programme hein. Surtout qu'on va le vendre à prix d'or Héhé.

« C'est vraiment une idée de génie.. » Oui je sais, je sais. « Y'a un seul hic. »Hum? « Tu ne penses pas que tout le monde va vouloir s'emparer des Maraudeurs ? » ... « Eh.»

- Ophélie ça va ? T'es toute blanche, s'inquiéta Nikita.

- Heu. Les filles ? Vous avez pensez que les cibles seraient principalement les Maraudeurs ?

Il y eut un silence. Chacune se jaugeant avec une expression indéchiffrable. Puis Nikita le brisa ;

- Les pauvres ils vont être assaillis de tous les côtés ! S'esclaffa-t-elle.

Nous nous mîmes toutes à rire en les imaginant se faisant poursuivre toute la journée et se retrouvant dans des situations particulièrement embarrassantes. « Ba, elles le prennent rudement bien ! » Peut être un peu trop...

- Ça n' vous fait rien ? Demandais-je. J'veux dire ... quand même quoi !

- Elles s'en fichent, répliqua Nikita, ils leurs sont destinés.

Il y eut un tonnerre de protestations, confondues à de sévères rougissements. « Ce qu'il n'y a pas eu en revanche c'est de remarques sur Sirius. » Je pense qu'elles évitent le sujet. « A juste titre. » Comment ça ? « Si c'est pour que tu te transformes en chauve-furie je comprends leurs réticences. » Ah ... vu sous cet angle ...

Nous nous décidâmes à aller déjeuner et descendîmes l'escalier jusqu'à la salle commune où il y avait cohue. Tout le monde était agglutiné devant le panneau d'affichage. Nikita et Mylène jouèrent des coudes et nous créèrent un passage pour aller voir ce qu'il y avait de si important. Il y avait un morceau de parchemin et un mot signé de la main de McGonagall.

En raison du bal prévu dans 2 semaines, une sortie à Pré-au-Lard aura lieu le week-end prochain. Les élèves avec autorisations de 3ème, 5ème, 6ème et 7ème année pourront ainsi acheter ce dont ils auront besoin.

Cordialement, votre directrice de maison.

Voilà qui expliquait l'excitation extrême. Une sortie à Pré-au-lard ! Génial !

- Bon les filles, y'a une bonne et une mauvaise nouvelle, lança Mylène sur le chemin de la grande salle. La bonne c'est qu'on va pouvoir tout s'acheter le week-end prochain et on sera débarrasser. La mauvaise c'est qu'on a une semaine seulement pour récolter les fonds nécessaire. Il va falloir s'y mettre dès maintenant pour vendre notre programme.

- Première étape ; il faut faire des exemplaire et lancer un sort sur nos programmes, ajouta Lily. Il ne faudrait pas qu'une personne en achète un et en fasse profiter toute ses copines ! Deuxième étape ; la promotion. On va s'installer dans la grande salle et commencer la vente. Je compte sur vous pour être persuasives. Tant pis pour les devoirs ce week-end.

Jusqu'à maintenant, le fait que Lily fasse sa directrice des opérations n'était pas vraiment inhabituel. Mais le fait qu'elle fasse passer notre travail scolaire après notre vente de programme était franchement des plus alarmants. Dora lui prit sa température- ce qui agaça grandement Lily - mais elle était tout à fait normale. Mais quel Billywig l'avait piqué ?

- J'ai autant le droit que vous d'avoir envie d'une belle robe ! Se justifia-t-elle. Et puis j'ai un certain binoclard à charmer, ajouta-t-elle avec un clin d'œil.

Nous éclatâmes de rire et allâmes nous asseoir à la table des Gryffondor. Nous nous empressâmes d'engloutir notre petit déjeuner et remontâmes dans notre dortoir pour fignoler notre programme. Je fus chargée de la rédaction et Lily dupliqua mon travail en une multitude d'exemplaire et lança le sort qui permettait la lecture du programme à son seul acheteur. Dès l'après-midi nous étions opérationnelles. Installer au milieu de la grande salle nous vendions notre projet comme du poisson sur un marché. Nous nous y mettions vraiment toutes à cœur joie même si je devais régulièrement rappeler ma sœur à l'ordre quand elle menaçait celle qui n'en voulait pas. Il y eut un rapide bouche à oreille et bientôt je me retrouvai sur la table au milieu d'une grande assemblée pour faire de la pub.

- Vous êtes septiques ? Demandez donc à Nikita Parker, ici présente, comment elle a réussi à se faire inviter par le plus populaire et le plus beau des Serdaigles ! Avec ce programme vous ferez succomber les plus inaccessibles ! Vous en avez marre d'être seule ? Qu'il ne sache même pas que vous existez ? De tenter vainement de capter son attention ? Ce programme est fait pour vous ! Et en plus de ça c'est seulement 10 gallions !

C'est à ce moment-là que je fus engloutit par toutes les groupies en furie de Poudlard qui me refourguait de force leur gallions et partaient en gloussant et pleurant de joie pour certaines. J'aurais bien eut pitié d'elles en me rappelant que notre programme n'avait rien d'officiel puis je me rappelai qui elles étaient et toute culpabilité disparut. Ce fut seulement vers 18h, qu'exténuées, nous remontâmes à notre dortoir avec la bourse bien pleine. Nous nous affalâmes sur nos lit respectifs avec de grands sourire extrêmement satisfait.

- Pfiou... c'était vraiment chargé en émotions aujourd'hui, commenta Lily.

- Ouais ba toi t'as pas failli mourir piétinée par une horde de vieilles chouettes rabougries, répliquais-je amusée.

- Aha, j'ai eu bien pire, pouffa Lily. Vous auriez vu le regard horrifié de Sirius quand il t'as vu faire ton discours sur la table ! Il a donné un coup de coude à James et nous à montrer du menton. Si vous aviez vu leurs grimaces et leurs regards apeurés ! A mourir de rire ! Remus et Robin ont débarqués deux minutes après. Si aux départs ils n'avaient pas compris les bégaiements de leurs amis, quand ils ont vu toutes les groupies se mettre à hurler que ; Remus est à moi !, non à moi !, j'aurais Stone coûte que coûte ! On aurait dit que le ciel s'était abattu sur eux !

Nous éclatâmes de rire mais j'avais une dernière carte à jouer ;

- Vous pourrez dire ce que vous voulez, le regard que Nikita m'a lancé quand j'ai dit qu'elle avait une touche avec Matthew Cooper, le capitaine de Quidditch des Serdaigles, valait tous les gallions du monde, m'esclaffais-je.

Nikita me lança son oreiller que je parvins à éviter de justesse et nous partîmes dans un fou rire incontrôlable.

- On refait une vente demain ? demanda Mylène quand nous eûmes cessé de rire.

- Ouaaaaaais ! Hurla Dora au bord de l'hystérie.

- Et on part à la chasse ! Hurla Lily. La première casée pour le bal !

- C'est pas juste ! S'indigna Nikita. Vous avez toutes une touche ! Mylène avec Robin, Lily avec James, Dora avec Remus et Ophélie avec Sir... Costin !

« Son surnom c'est quoi déjà ? Miss La gaffe non ? » Je pense que ça lui irait à merveille.

- La belle affaire, rallais-je pour détendre l'atmosphère. C'est bien Lily, Mylène et Dora les plus avantagées.

Les trois concernées rougirent comme des tomates et nous nous moquâmes gentiment d'elles jusqu'à ce que nous descendions pour le dîner.

Les regards qui nous suivirent durant notre traversée de la grande salle furent très différents de d'habitude. Ceux des filles étaient tantôt méfiants tantôt reconnaissants, ceux des garçons étaient quant à eux soit dépréciateurs soit grandement amusés.

Nous nous empressâmes de nous asseoir à notre table aussi loin des Maraudeurs que nous le permettait la place. Inutile d'être juste à côté de leurs regards accusateurs.

Nous mangeâmes dans la joie et la bonne humeur en nous relatant la journée que nous venions de passer. Une fois que nous eûmes terminé nous sortîmes de la grande salle.

- Vous avez une idée du genre de robe que vous allez acheter, demanda Mylène sur le chemin de la salle commune.

- Pas la peine d'avoir une idée, rétorquais-je, Dora va s'en charger pour chacune d'entre nous.

- Moque toi, moque toi répondit-elle, tu seras bien contente quand toute ces greluches qui cherchent le cavalier parfait verront à quel point elles n'ont aucune chance face à nous.

- Ça va ? Pas trop enflées les chevilles ? Pouffa Lily.

Nous rigolâmes pas très discrètement et bifurquâmes dans un couloir désert et pas très bien éclairé.

- Hey enfaite, vous avez vu Nikita ? S'inquiéta Mylène après que nous eûmes finis de rire.

Je tapai un petit gauche droite en m'apercevant qu'en effet elle n'était pas là.

- Ba ... elle est passée où, dis-je.

- Elle était là y'a une minute, renchérit Dora, et POUF disparue !

- Elle ne doit pas être bien loin, affirma Mylène. Et puis je crois qu'on a d'autres hippogriffes à fouetter pour le moment.

Elle pointa du doigt deux silhouettes qui se rapprochaient dangereusement au bout du couloir. Masculines vu la carrure. Je plissai les yeux pour mieux voir et parvint à mettre un nom sur les deux individus. James et Sirius.

- Et merde, crachais-je.

Ça, ça n'annonçait rien de bon. Non vraiment, rien de bon du tout. Surtout vu leurs expressions déterminée. Mylène et moi échangeâmes un bref sourire d'excitation.

- On court ! hurlais-je.

Nous fîmes demi-tour et courûmes dans la direction opposé. Malheureusement pour nous, nous n'avions pas fait 6 mètres que Remus et Robin bifurquèrent dans le couloir, nous bloquant le passage. Génial. Nous voilà prises en embuscade maintenant.

- Ca s'présente mal, murmura Mylène.

Je fis quelques pas en arrière, essayant de m'éloigner de Remus et Robin mais je heurtai quelqu'un. Je me retournai lentement et relevai la tête pour croiser le regard de deux yeux gris.

Primo : Nikita a disparu.

Secundo : On est faite comme des véracrasses.

Tertio : Je viens de rentrer dans Sirius et je suis nez à nez avec lui.

Merlin est drôlement remonté contre moi aujourd'hui.

- Euh ..., fus la seule chose que je trouvai à dire.

« Vachement original quand même ». Pour une fois, je suis d'accord avec toi.

- Je crois que vous avez des choses à nous dire, tonna Remus me donnant un prétexte pour détourner les yeux et le regarder.

Il avait les sourcils froncés qui concordaient mal avec son regard grandement amusé. C'est vrai qu'on avait toutes l'air de petites choses vulnérables.

- C-comment ça ? Bégaya Dora d'une petite voix innocente qui ne trompait personne. Remus l'a regarda encore plus amusé, essayant vainement de ne pas sourire.

- C'est quoi au juste cet horrible programme que vous vendez ? Demanda James. On n'a pas réussi à le lire !

Lily eut un immense sourire satisfait qui ne passa pas inaperçu.

- Ça te faire sourire, Lily jolie ? Ajouta James en la regardant d'un air de défi.

C'est ce moment que choisit Mylène pour tenter la fuite. Elle fonça droit sur Remus, fit mine de passer à gauche mais passa à droite au dernier moment, elle le contourna puis courût aussi vite qu'elle le pouvait vers le début du couloir. Cependant elle n'avait pas prévu que Robin se mettrai sur son chemin. Il la rattrapa par le bras, et surprise Mylène se retourna. C'est alors qu'il lui chopa la taille et la hissa sur son épaule avec une facilité déconcertante. Ma sœur se débattit comme elle pouvait, hurlant au secours, mais en vain. Robin faisait son possible pour l'immobiliser puis éclata de rire quand Mylène finit par cesser de gigoter.

- Ok. OK. Je me rends ! Pose-moi par terre sale brute ! Lança-t-elle en riant.

Nous éclatâmes tous de rire. Le rire de Sirius, tout proche, fit naître des frissons sur ma nuque. Je me serais bien retournée en LUI HURLANT QUE C'ETAIT QU'UN ABRUTI. Que je lui en voulais tellement. Mais ce n'était ni l'endroit ni le moment. « Sage décision ». Sage est mon deuxième prénom.

Robin posa Mylène à terre comme si elle était faite de porcelaine, mais il ne lâcha pas sa taille et la serra contre lui provoquant chez elle de sévères rougissements.

- Bon écoutez, commença Lily, ce n'était pas contre vous !

Les quatre intéressés eurent un grognement parfaitement synchronisé. Lily se tourna vers James le regard suppliant.

- On voulait juste se faire un peu d'argent ... pour s'acheter des robes. Comme ça ... il ne nous resterait plus qu'à trouver ... un cavalier, ajouta-t-elle dans un chuchotis en appuyant bien sur le dernier mot.

Mais quelle actrice ! Elle nous avait caché ça ! L'hésitation, le regard coupable tout y étais ! Ahaha ! « Elle est diabolique » Yep !

James qui avaient ses yeux plantés dans ceux de Lily ne bougea pas, totalement obnubilé par elle. Il y eut quelques sourires victorieux parmi la gente féminine mais ils disparurent quand Sirius prit la parole ;

- Te laisse pas embobiner Cornedrue !

Ce dernier cligna des yeux plusieurs fois, secoua la tête et détourna les yeux d'une Lily qui fusillait Sirius du regard. James, les joues un peu rosies, se racla la gorge et échangea un regard avec son meilleur ami qui reprit aussitôt la parole ;

- Même si on n'a pas pu lire vos programmes, on se doute vaguement de quoi ils peuvent parler. La vente est finie à partir de ce soir, ok ? Sinon ... ça sera la guerre, termina-t-il avec un chuchotement théâtral.

- Quel genre de guerre ? Questionna innocemment Mylène toujours dans les bras de Robin.

Sirius eut un immense sourire ravi et répondit ;

- Dans l'genre tous les coups sont permis.

« Olàlàh, je tremble de peur ! » Ah ? Ça t'a fait le même effet ?

Je jetai un regard à Lily qui me faisait les gros yeux. J'ai raté quelque chose ? Toutes les autres la regardaient attendant apparemment un signal. Pour fuir ? Assurément. Je vis sa main, plaquer contre son flanc, qui faisait avec ses doigts ; 1.

- Mais bon quand même, intervint Remus - ... 2 ... - Je préfèrerais qu'on en arrive pas l.. - ... 3 !

Nous nous mîmes toutes à courir dans une dernière tentative de fuite qui eut autant de succès que les autres. On m'attrapa par le bras et m'immobilisa contre le mur. Niveau endolorissement du dos, le mur était plutôt pas mal. « C'est le moins qu'on puisse dire ! » Je jetai un coup d'œil par-dessus l'épaule de mon « agresseur » en me mettant sur la pointe des pieds et vit qu'aucunes de nous n'avait réussi à s'enfuir. Mylène n'avait même pas essayé. Tu parles, elle devait être bien calée dans les bras de Robin. J'aurais moi aussi préféré des bras tous chauds à la place du mur tout froid. Tseuh. Remus avait entouré ses bras autour de la taille de Dora et la soulevait légèrement du sol pendant qu'elle essayait de se défaire de son emprise. James quant à lui était à Califourchon sur une Lily qui avait atterrit par terre Morgane seule savait comment. Il lui tenait les poignets fermement collés sur le sol de ses mains et avait son visage à deux centimètres du sien. D'où j'étais je ne pouvais dire avec certitude lequel était le plus rouge. En procédant par élimination, je compris que c'était Sirius qui me maintenait plaquée contre le mur. « Quel impressionnant sens de la déduction ! » Ta goule. « Je ferais juste remarquer qu'en d'autre circonstances, te faire plaquer contre un mur par Sirius Black, t'aurait un peu plus émoustillé. » Voilà un argument que je ne peux guère réfuter.

Les Maraudeurs se mirent à rire bruyamment, hurlant à la victoire. On eût même droit au fameux cri de guerre de Sirius. Mais on n'allait pas s'avouer vaincues si rapidement non ? Quitte à mentir, on sortirait de là et vendrais nos programmes !

- Bon d'accord, plus de programmes, haleta Dora en arrêtant de se débattre.

Il y eut de nouvelles acclamations de joies. J'aurais aimé me détacher de Sirius, mais il avait emprisonné mes poignets de ses poings et me les maintenait le long du corps même s'il devait plier pour ça. Même si sa tête était tournée vers James, son corps était vraiment tout près. Ses cheveux se confondaient avec les miens, et s'il s'avérait qu'il tourne la tête vers moi, j'étais presque sûre que nos nez se serraient entrechoqués. Pendant un instant j'oubliais que je lui en voulais, qu'il m'avait fait du mal et que c'était le dernier des imbéciles. Il était juste Sirius. Celui qui me faisait rire et fondre en un regard, celui contre qui j'aimais bien me blottir. Comment en était-on arrivés là ?

Remus reposa Dora, James libéra les poignets de Lily et Sirius lâcha les miens. Pourtant ce premier ne s'éloignait pas de Dora, pourtant James ne se leva pas et resta sur Lily, et pourtant, aussi invraisemblable que cela puisse paraître, Sirius ne s'éloigna pas. Peut-être même qu'il s'était rapproché. Pour une raison totalement abstraite mon cœur eut un raté et mes joues se tintèrent de rose.

Ne voulant pas être repérée je me mis à fixer mes pieds.

- Bon alors on vous fait confiance ? Lança Remus.

- Bien sûr ! D'ailleurs en signe de bonne foi on vous offre un programme ! Déclara Mylène.

Elle sortit un programme de sa poche et le tendit à James qui se releva. Mylène le lui apporta, et il le prit avec un sourire. Vu l'expression de ma sœur, ça n'était certainement pas en gage de paix qu'elle le lui avait donné. Mais ça j'étais sûrement la seule à le savoir. Après tout ; nous étions jumelles non ? N'étais-ce pas moi qui la connaissait le mieux ? Remus et Robin se rapprochèrent de James pour regarder par-dessus son épaule. Sirius, qui avait été le seul à ne pas bouger jusqu'à maintenant, amorça un mouvement pour rejoindre les autres. Sauf qu'il se stoppa, tourna la tête et la baissa pour contempler nos mains qui se touchaient presque. Je pensais qu'il allait dire quelque chose. Mais il n'en fit rien. Il croisa mon regard ce qui me liquéfia carrément sur place, et se détourna. Cependant, pendant qu'il se retournait, ses doigts vinrent effleurer les miens.

Trop hébétée pour faire quoi que ce soit je ne vis pas tout de suite que les filles me disaient de les rejoindre le plus discrètement possible. Les Maraudeurs s'étaient agglutiner autour de James et secouaient le parchemin où était censé être écrit le programme comme s'il allait apparaître comme ça. Ils étaient tous au même endroit. Tous inattentifs à nos actes. C'était notre chance. Et on allait la saisir.

Je fis le mur jusqu'à ce que j'arrive à leur niveau et nous commençâmes à reculer tout doucement. Si on se faisait prendre maintenant on était cuites.

- Comment on fait pour que ça apparaisse ? demanda Remus sans quitter le parchemin des yeux comme tous les autres.

- Oh c'est simple – Mylène nous fit signe de commencer à courir, ce que nous fîmes sans nous faire prier – Il suffit de donner 7 coups de baguettes dessus.

Puis elle se mit à courir avec nous. Nous avions déjà passé l'angle du couloir et montions les escaliers le plus rapidement possibles quand nous entendîmes les garçons crier à la vengeance. « 'Sont un peu longs à la détente quand même ». Ça, j'te l'fais pas dire. Nous étions à une dizaine de mètres du portrait de la grosse dame quand nous entendîmes des bruits de pas de course pas très loin derrière. Comment avaient-ils fait aussi vite ? « Ils connaissent tous les passages secrets ! » J'accélérai le pas et Lily se mit à hurler le mot de passe ;

- Vivet Doré !

Connaissant très bien Lily et de par sa fonction de préfète la grosse dame nous laissa passer sans broncher. Lily lui demanda même de retarder les suivants et elle accepta ! Nous courûmes tout de même à l'intérieur de la salle commune plus par précaution qu'autre chose et hurlâmes de « LAISSEZ PASSER ! ». Nous montâmes les escaliers et entrâmes dans le dortoir en trombe. Une fois que nous eûmes toutes passé la porte nous jetâmes tous les sortilèges de protection que nous connaissions sur la porte et nous écroulâmes sur le sol.

- Pfiou, c'était moins une, lança Dora à bout de souffle.

Nous éclatâmes de rire ce qui n'arrangeait pas notre souffle.

Je relevai la tête de la moquette et contemplai le dortoir. Tiens. Un visage familier.

- Ba qu'est-ce que tu fou la Tita ? Grognais-je en tentant de reprendre ma respiration normale.

Nikita était totalement immobile les yeux grands ouverts dans une expression de totale incrédulité.

- Les filles, chuchota-t-elle, il m'est arrivé un truc de dingue ... vous me croirez jamais.

« En même temps elle a pas l'air d'y croire elle-même »

- Nous aussi, il nous est arrivé ... pff ... un truc de fou, haleta Lily.

- Racontez d'abord, exigea Nikita.

Lily lui fit la narration de notre aventure nocturne et les filles ajoutaient quelques petites choses quand elle oubliait un détail. Pendant ce temps, moi, je me mettais en pyjama.

- ... c'est à ce moment-là que Mylène leur a tendu un faux programme pendant qu'on se faisait la belle, conclut Lily. D'ailleurs qu'est-ce que tu avais écris dedans ?

- « On vous a eu bande de nazes », répondit-elle.

- Tout en finesse comme d'habitude.

Dora se prit un oreiller en pleine face ce qui eut don de faire rire tout le monde, surtout Nikita qui ne s'arrêtait plus depuis que Lily avait commencé à raconter. Quand elle eut finit d'essuyer des larmes de rire et qu'elle arrivait à parler sans recommencer à rire nous lui demandâmes de raconter ce qui lui était arrivé de si dingue.

- Je qu'en fin de compte c'est moi qui ait gagner la chasse au cavalier, lança-t-elle de but en blanc.

Quoi ? Elle a eu les filles sur la ligne d'arrivée ! Ahahaha !

- Comment ça ? demanda Lily.

- Ben pendant qu'on sortait de la grande salle tous ensembles j'ai entendu quelqu'un m'appeler. J'ai cru avoir une hallucination alors je me suis pas attardée. Mais quelques mètres après ça a recommencé ! Du coup j'ai cherché d'où ça pouvait provenir ! Y'avait un grand type qui me faisait des signes de main alors je l'ai rejoint. Je pensais que vous aviez vu vous aussi. Mais quand je me suis retourné vous étiez plus là. Je me suis retrouvée toute seule avec Matthew Cooper.

Je recrachai l'eau que j'étais en train d'avaler.

- Attendez laissez-moi finir ! Plaida Nikita en voyant qu'on allait se mettre à hurler. Donc il m'a gentiment salué et tout ça. Puis il m'a demandé si c'était moi qui avais lancé la rumeur selon laquelle je lui avais mis le grappin dessus, dit-elle en me regardant droit dans les yeux d'un regard de reproche.

Cette fois-ci j'avalais de travers et recrachai tout par le nez. « La classe quoi. » Beurk. Ca fait pas du bien par là où ça passe.

- Et qu'est-ce que tu lui as répondu ? Demanda Mylène toute excitée.

- Rien ! J'ai pas réussi à dire quoi que ce soit ! Je pense qu'il a pris mon silence pour un oui, parce qu'après il m'a dit qu'en fait cette rumeur l'arrangeais bien parce qu'il comptait me demander de venir avec lui de toute manière. – Nous eûmes de grands sourires impatients. Vous savez ce que c'est être muette de stupeur ? – Nous hochâmes la tête. Ba ça résume assez bien l'état dans lequel j'étais. Comme je n'disais rien il m'a demandé si je voulais bien y aller avec lui. Et comme je disais toujours rien il m'a dit qu'il prenait ça pour un oui, m'a embrassé sur la joue et est repartit rejoindre ses potes.

- Par les balloches de Merlin ! M'exclamais-je. Elle nous a toutes grillées !

Tout le monde éclata de rire. Nikita avait visiblement du mal à croire ce qui lui arrivait. Le capitaine de Quidditch des Poufsouffles ! Le plus populaire des bleus et argents ! Si on s'y attendait à celle-là !

Nikita sortit de sa phase je-suis-trop-éblouie-par-mon-bonheur et sembla enfin capter ce qui lui arrivait. Elle se mit debout sur son lit et commença à sauter sur celui-ci en riant très fort. Ça m'avait l'air cool. Je la rejoignis immédiatement et nous nous mîmes à danser sur le lit en hurlant des chansons débiles. Les autres montèrent sur le lit voisin et se mirent à faire la même chose. Notre « danse » n'en était pas vraiment une. C'était plus une sorte de concours de qui serait la plus ridicule. Je pensais être bien partie pour gagner.

Dora nous fit une imitation d'un solo de guitare très réussi et Mylène sa fameuse danse du ventre – bien mieux réussie que celle de James en passant. Je ne comptais plus le nombre de fous rires et de cabrioles pour se rattraper avant de tomber du lit. Mais comme toutes les bonnes choses avaient une fin, nous décidâmes d'aller nous coucher quand le nombre de bâillements par minutes et par personne tournait aux alentours de 5.

J'étais vraiment très fatiguée. La journée avait été éprouvante, autant sur le plan physique que sur le plan mental. Pourtant une heure après m'être couchée je ne dormais toujours pas. J'étais dans le noir, les filles dormaient – ou ronflaient dans le cas de Nikita, je pouvais donc m'autoriser à penser à Sirius. Est-ce que je lui manquais ? Est-ce que parfois il pensait à moi ? Peut-être ... peut-être pas. « Qu'est-ce que ça changerait si c'était vrai ? Qu'est-ce que ça changerait à ce qu'il avait fait ? » Rien. Rien c'est vrai. Peut-être que j'étais un peu jalouse en fait. « Ah ! Tu l'avoues enfin ! » Non tu ne saisis pas. Je ne suis pas jalouse de cette fille parce qu'ils se sont embrassés. Je suis jalouse de cette fille parce qu'elle arrive à aimer les autres. Elles les aime aussitôt qu'elle les connait. Moi il me faut une éternité. De plus je suppose qu'elle pardonne facilement alors que moi je ne donne qu'une seule chance. Les autres n'ont pas droit à l'erreur. Cette fille elle ne voit que les qualités des autres alors que je ne vois que leurs défauts. J'aimerais être comme ça. « T'es tarée ou quoi ? » Non. Je voudrais juste être capable d'aimer ...

Les rayons du soleil m'aveuglèrent quand j'ouvris les yeux le lendemain matin. Tout le monde était déjà levé. Attendez ... tout le monde était déjà levé !

Je regardais ma sœur ahurie. Elle était debout. Un dimanche matin. Et personne ne l'avait forcée à sortir du lit.

- Ba ... Mylène ! Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Beuglais-je.

- Je suis en pleine forme ! Annonça-t-elle joyeusement.

- Ça, c'est parce que t'as rêvé de Robin, affirmais-je.

- Non ... non c'est pas ça, répondit-elle en rougissant.

Nous eûmes toutes un sourire en coin moqueur et Mylène partit se réfugier dans la salle de bain.

Pour ma part je m'habillais en vitesse et attendit pour y accéder à mon tour. J'eus bien envie de coiffer mes cheveux mais en voyant qu'ils étaient définitivement irrécupérables ce matin je décidai de les attacher en un chignon désordonné. Ça fera l'affaire.

Le temps que les filles soient prêtes à leur tour, je perdis patience et descendis dans la salle commune avec un livre sous le bras. Je m'installais dans un fauteuil confortable et commençais à lire quand un certain binoclard échevelé vint me déranger. Je relevais la tête d'un air totalement désintéressé alors que je brûlais d'amusement. James devait être dingue. On avait quand même tourné les maraudeurs au ridicule la veille. Renfrognement, amusement, agacement ou encore euphorie. Je ne savais avec certitude laquelle de ses expressions primaient sur les autres.

Nous nous observâmes en silence pendant quelques instants puis un détail vint me troubler. Les filles qui passaient aux alentours le saluait toutes chaleureusement. Gracieuseté de nos programmes. J'eus un grand sourire.

- Qu'est-ce que t'as fait de tes babouins ?

Ses lèvres frémirent et je pouvais aisément deviner qu'il avait toutes les peines du monde à ne pas rire. Il essaya néanmoins de transformer son rire naissant en une grimace ce qui ne donna pas un résultat très élégant. Je m'en sortais plutôt bien je trouve. J'avais une envie folle de rire mais je me contenais assez bien.

- Et toi de tes sirènes maléfiques ?

Je souris. Les sirènes étaient bien connues pour leurs beautés dangereuses. Et on avait joué les sirènes maléfiques hier soir.

- Jolie métaphore, le complimentais-je.

- Merci. – il eut un sourire fier. Enfin bref, parlons peu parlons bien, ajouta-t-il en retrouvant son sérieux. J'imagine que quoi que nous fassions vous vendrez vos fichus programmes.

- J'ai bien peur que oui, dis-je d'un faux air désolé.

- Alors nous allons avoir un problème, rétorqua-t-il avec un sourire bien trop satisfait. Et si nous échangions une poignée de main ?

- Tu tiens à faire dans les civilités ? m'étonnais-je

- Disons que je préfère que ce soit une guerre officielle, expliqua-t-il sans se départir de son sourire.

Je serrais la main qu'il me tendait mais il ne relâcha pas la mienne tous de suite. Il me regarda droit dans les yeux et prononça une ultime phrase ;

- Vous allez morflez.

- C'est dingue, tu viens de me piquer ma réplique.

Son sourire disparut et ses yeux devinrent 2 fentes. Il lâcha ma main, indiqua ses yeux avec son index et son majeur et les pointa ensuite vers les miens. Il partit ensuite à reculons, ne rompant le contact visuel qu'une fois après avoir disparu derrière le portrait de la grosse dame.

N'y tenant plus, j'éclatais de rire. Les gens passant alentours me regardèrent bizarrement et haussèrent les épaules. C'était devenu une habitude pour tous de me voir rire toute seule apparemment. Quand les filles descendirent enfin j'étais encore en train de rire et je dû reporter mon entrevue avec James. Elles rigolèrent et semblèrent enchantées à l'idée d'une petite guerre des clans.

- On va attendre qu'ils fassent leur première crasse pour savoir à quel niveau il faudra se hisser, fit Dora. En attendant faites attention à ce que vous avalez et où vous vous asseyez.

Une impression de déjà-vu. Ou de déjà entendu plutôt. C'était à peu près le même discours que m'avais tenu Mylène pour me mettre en garde contre les groupies de Sirius. Plus la peine de s'en faire pour ça maintenant.

Nous descendîmes joyeusement petit déjeuner. A peine s'était-on assise à la table des rouges et ors qu'on se fit assaillirent par une multitude de filles toutes maisons confondues. On tenta bien de leur expliquer que c'était pas la peine de nous agresser ; qu'une autre vente de programmes aurait lieu l'après-midi, mais nous dûmes bientôt hurler pour essayer de nous faire entendre. J'étais compressée contre la table et penser que je pourrais finir de petit déjeuner tranquillement aurait été bien trop optimiste. Une fille fit tomber le chocolat chaud de ma sœur et celui-ci se fracassa au sol dans un silence total. Et qui savait ô combien le chocolat chaud de Mylène Davies était sacré. La maladroite afficha une expression de totale épouvante. Elle jeta un regard à ma sœur qui contemplait pensivement sa tasse brisée. Cette dernière jeta sèchement le toast qu'elle tenait dans la main et se leva lentement. Toutes les furies reculèrent autant que la place le leur permettait. Mylène retroussa ses manches en leur jetant un regard assassin. Il n'en fallut pas plus pour qu'elles se bousculent toutes en hurlant afin de partir le plus loin possible.

- Ba... beugla Mylène quand le silence refit son apparition, je fais si peur que ça ?

- Heu ...

J'échangeais un regard avec les autres et Nikita fit un signe avec ses doigts qui signifiait ; « un petit peu ». Mylène baissa théâtralement la tête et nous nous remîmes à manger en rigolant.

- Je pensais que ça existait que dans les films, les filles qui courent avec les bras au-dessus de leurs têtes, plaisanta Lily ce qui fit rire tout le monde.

Le planning de la journée fut vite établi. A part vendre nos programmes nous n'avions rien à faire de toutes manières. Et Lily, dans un superbe acte de bonté, n'énonça même pas la montagne de devoirs qui nous attendaient.

L'après-midi pointa vite son museau. Les programmes avaient toujours leurs succès mais pourtant il y eut nettement moins de ventes que la veille puisque la moitié de l'école s'en était déjà procuré et que l'autre moitié restait encore sceptique. Cependant au bout de 2 heures de vente, j'aperçus Costin discuter avec Mylène et Nikita. Etrange. Elles avaient l'air ravies. Costin leur serra la main d'un air entendu avec un sourire jusqu'aux oreilles, prit une pile de programmes et partit les vendre. Il arrêta des filles qui passaient par là, et en quelques secondes à peine elles allongèrent la monnaie. Il se tourna vers moi et me fis de grands signes de la main sans se départir de son sourire. Déconcertée, je me tournais vers ma sœur et Nikita qui trottinaient vers moi.

- Costin a décidé de nous aider, m'expliqua Mylène avant que je n'ai le temps de dire quoique ce soit. C'est qu'il a son petit succès auprès des filles. On dit à qui veut l'entendre qu'il a été notre cobaye et qu'il a céder à tes avances. Il sert d'exemple tu comprends ? C'est lui qui a proposé l'idée. En plus ça concordait bien avec son ultimatum...

- Attends, la coupais-je en proie à la panique. Il a posé un ultimatum ? Quel genre d'ultimatum ?

- Ben oui, répondit Nikita, tu ne pensais pas qu'il allait se proposer gratos quand même. On va se faire plein de gallions et toi, t'auras juste à aller au bal avec lui.

« Décidément j'adore tes amies ! »

- Hein ? Mais vous êtes pas bien ou quoi ? Vous m'avez même pas demandé mon avis !

- Oh pas la peine de faire l'offusquée. De toute manière t'y serais allée avec qui ? Tu ne parles plus à Sirius et c'est pas près de s'arranger vu ton aptitude à pardonner aux gens. On t'a trouvé un cavalier. Alors cesse un peu de grogner.

Elles repartirent comme elles étaient venues, ne se sentant pas coupables le moins du monde. Je m'écroulais sur un banc, me mit la tête dans les mains et fermais mes yeux très fort. Bon. Essayons de positiver. J'aurais pu tomber sur pire. Costin était assez séduisant... Ses boucles blondes et ses yeux bleus ne passaient pas inaperçus... mais ça restait quand même le dernier des imbéciles ! Je ne comptais vraiment pas y aller avec lui ! « Tu es en froid avec Sirius. » Pourquoi tu me parles de lui maintenant ? « Oh c'est sûr il n'a vraiment rien à voir avec tout ça » En effet, rien du tout. « Mais oui, c'est ça ». T'arrête deux minutes ? Je vais devoir aller au bal avec Costin ! Tout ce dont j'ai besoin c'est de soutiens et de compassion ! « Ouais, ok, ça va, je m'excuse. » Bon. C'est pas grave. Il ne faut surtout pas nous apitoyer. Ce n'est pas si catastrophique non ? Je veux dire... il y a des choses plus graves qui arrivent dans une vie. « Ouais... comme passer toute une soirée avec Costin » Raa tu m'énerves ! Je vais vendre ces fichus programmes et aller au bal avec ce débile ! Les filles seront ravies, je peux bien faire ça pour elles ! « L'amitié à ses limites quand même... » Oh ferme là, un peu.

Joignant les actes aux paroles je m'activais de vendre les programmes qu'il restait.

Vers 18h30 tout était vendu, et une montagne de gallions était empilée sur la petite table basse de notre dortoir.

– Alala, les filles, je ne pensais pas que j'aurais l'occasion de dire ça un jour mais... ON EST RIIIICHES ! Hurla Nikita en faisant voltiger tout un tas de pièces au-dessus de nos têtes.

Ce qu'elle n'avait pas prévu c'est que les pièces puissent faire horriblement mal en atterrissant ainsi sur nos crânes. C'est pour ça que son accès de folie précéda de multiples ; « ouïe », « aïe », et « TOUS AUX ABRIS ! »

C'est en nous frottant où nous avaient percuté les gallions et en riant que nous arrivâmes à la grande salle. Cependant la bonne humeur disparut vite. Nous ne nous étions décidément pas attendues à ça. Pas aussi vite. Pourtant, sans crier garde, les maraudeurs avaient déjà lancé leur première offensive.

Sur tous les murs étaient affichés des articles de différentes tailles pourtant tous similaires, intitulés ; « Les sirènes maléfiques comme vous ne les avez jamais vu »

Sirènes maléfiques. Merlin.

Je m'approchais lentement de l'article le plus proche sous les regards amusés de toute la grande salle. Y compris les professeurs. Je sentais les filles me suivre, en proie aux mêmes craintes que moi. Arrivée à une distance suffisante pour pouvoir lire aisément, je pris une grande bouffée d'air et me lançai dans la lecture de ce que toute l'école avait déjà lu.

« LES SIRENES MALEFIQUES COMME VOUS NE LES AVEZ JAMAIS VUES »

Dans cet article nous vous ferons part de nos observations sur les élèves suivantes ; Ophélie Davies, Mylène Davies, Lily Evans, Nikita Parker, Nymphadora Tonks. Quand nous disons « nous » nous entendons bien sur un petit groupe d'élève bien intentionné à dévoiler la vérité et seulement la vérité à ceux qui partagent la vie de ces 5 étudiantes.

Souvent observées mais très peu étudiées, préparez-vous à découvrir la vie cachée des filles les plus inaptes à passer inaperçues de la maison Gryffondor.

Nous commencerons par Mlle. Lily Evans. Vous pensez toutes et tous qu'elle est l'admirable étudiante surdouée au caractère bien trempé mais en vérité elle est bien plus que cela. Nous savons qu'elle est absolument obnubilée par la perfection. Mais savons-nous exactement jusqu'à quel point ? C'est avec réel envie de vous dévoiler la vérité que nous l'avons un soir suivie après avoir effectué sa ronde de préfète. Ne cherchant d'abord qu'à compléter de tracer le parcours exact qu'elle faisait tous les soirs nous avons observé un changement de trajectoire. Était-elle vraiment en train de forcer la porte de la salle d'un professeur ? Une préfète comme elle ? Bien sûr ! Et pire que ça ! Elle a volé ses notes, pour compléter les siennes ! Cher amis professeurs, ne cherchez plus parmi vos élèves les plus turbulents, nous venons sûrement de mettre à jour une des plus grandes énigmes non-résolu du corps enseignant.

Passons à Mrs. Nikita Parker. Ne blanchis pas chère amie. Nous n'écrivons ici que des faits réels. Aurais-tu des choses à cacher ? Rien d'aussi enclin au scandale que ton amie citée ci-dessus nous en convenons. Qui n'a jamais été impressionné par l'impressionnante aptitude que tu as de changer de vernis tous les jours ? Et une étude plus approfondie nous permet d'affirmer sans doutes aucuns que les couleurs ne sont jamais les même. Quel est donc ton secret ? Chers amis, nous allons une fois de plus répondre à une question que chaque élève de cette école c'est posé au moins une fois par semaine depuis le début de cette année. Nikita Parker a exactement 375 vernis à ongles. - Nous sommes catégoriques, nous avons compté. - Bien sur cette information est d'une haute importance mais celle que nous allons vous dire à présent nous fera terrer notre amie pour les dix prochaines années à venir. Etes-vous des assidues de Quidditch ? Très certainement que oui. Cependant nous ne pensons pas que votre degré de fanitude égale celui de Parker. Avez-vous des posters de vos joueurs préférés ? Cela ne serait pas très affolant. En avez-vous de grandeur nature ? Rien de plus normal. Mais embrassez-vous la photo de votre idole chaque soir avant d'aller vous coucher ? Oui, c'est bien vrai. Nikita Parker embrasse son poster de John McBégé tous les soirs. Nous sommes sûrs que vous ne la regarderez plus de la même façon dès à présent.

Nymphadora Tonks. Oups, pardon. Dora Tonks. Notre magnifique camarade aux looks les plus extravagants et aux cheveux roses. N'est-ce pas un merveilleux sujet de ragot ou de pari de prévoir quelle sera la couleur de cheveux de Mrs. Tonks ? Elle est très connue dans l'école pour ces raisons là et pour son enthousiasme à toutes épreuves. Mais à part ça ? La connaissez-vous vraiment ? Si nous disons les mots ; elfes de maisons, chaussons de danse et mardi 18h, cela vous parle-t-il ? Non ? Et bien permettez-nous d'assaisonner votre chaudron. Quelle surprise avons-nous eu, quand en surprenant une conversation de nos chers amis les elfes qui cuisinent si extraordinairement bien et nettoient si parfaitement nos dortoirs, nous avons pris connaissance d'un cours de danse qui se tenait le mardi soir à 18h. Nous ne donnerons pas le lieu. Un cours de danse ? A Poudlard ? Voilà qui a su attiser notre curiosité. Nous nous sommes donc rendus à ce fameux cours de danse. Nous ne saurions précisément vous expliquer ce que nous avons ressentis en voyant miss-cheveux-rose en tenue de sport en train d'enseigner le steppe à nos amis aux oreilles pointues -et velues parfois. Nous pouvons vous assurer que Dora est une merveilleuse prof de danse et que ses petits élèves ne sauraient mieux la remercier qu'en lui donnant des suppléments de nourritures et un bonheur contagieux. Nous vous invitons prestement à prendre connaissance de ses cours et à découvrir la fabuleuse sensation de faire parler son corps – l'un de nous a d'ailleurs particulièrement apprécié l'exercice.

A présent parlons de Mylène Davies. Rien de bien humiliant ne sera rapporter sur elle puisque de toute manière elle et sa sœur ont adopté la très hilarante habitude de se prendre la honte en public. Donc il est inutile de relater les chutes spectaculaires, les bourdes rocambolesques, le superbe manque de subtilité ou encore la formidable aptitude à transformer de simples phrases innocentes en les plus ambiguës qui soient. Mais repportons nous premièrement à la sœur aînée – de 5 minutes selon nos sources- Mylène. Nous avons tous remarqué comment cette dernière a des réactions disproportionnées quand il s'agit de toucher à ce qui se trouve dans son assiette. Nous avons beaucoup cherché et après maintes heures de travail et de réflexion nous en sommes venus à la conclusion que son attitude s'apparentait le plus à celle des animaux. Vous le savez, il faut éviter de se trouver trop près d'un animal quand celui-ci est en train de se nourrir. Sinon il mord. Mylène Davies réagit plus ou moins de la même manière. Nous avons eu un formidable exemple au petit déjeuner ce matin pour ceux qui s'y trouvaient. Un simple bol de chocolat chaud a été renversé et celle-ci retroussait déjà ses manches pour scalper le/la coupable. Heureusement le/la maladroit(e) a eu assez de jugeote pour prendre ses jambes à son cou avant que le scroutt ne se mette à pétarader. Nous avons également remarqué que l'aînée des Davies a pris la fâcheuse habitude d'embarquer de la nourriture dans son sac après chaque repas. Est-elle cleptomane ou a-t-elle simplement peur de mourir de faim ? Nous pencherions plutôt pour la deuxième hypothèse en découvrant les endroits insolites où elle a caché ses provisions. Pour non-atteinte à la dignité et afin de préserver les âmes sensibles, nous éviterons de citer les endroits où ses réserves ont été retrouvées.

Au tour de la très grande – ironique – Ophélie Davies. Inutile de répéter les exploits publics qu'elle et sa sœur nous ont fait partager. Comme par exemple le magistral coup de poing qu'elle a enfoncé dans le nez de Costin McLourdingue. Par ailleurs l'expression « frapper à la Davies» fait maintenant parti des expressions courantes de nous autres, les étudiants normaux de Poudlard. Nous nous pencherons plutôt sur son talent terrifiant ; le regard noir. Peu de gens peuvent se vanter de n'avoir jamais eu à affronter un de ses horribles regards emplis de haine comme seule elle sait les faire – bien que ses amies parviennent depuis peu à en reproduire des copies troublantes. De la remarque la plus innocente à la bousculade involontaire, tout mais surtout rien peut faire naître chez Ophélie Davies son redouté regard. Pour ceux qui n'ont jamais eu le plaisir – touss touss – d'assister à l'un d'eux, voici les principales choses à savoir ; il peut vous réduire au silence – aussi baraqué(e) que vous soyez, il vous maintiens immobile de par son intensité, il fait naître en vous un sentiment de malaise ( et de terreur ) profond, il vous empêche de penser à quoi que ce soit de joyeux pendant les heures à suivre – oui, oui un peu comme les détraqueurs, il vous oblige à vous excuser, passé le moment de silence. Mais quel genre de sorcellerie est-ce là ? Bien sûr, l'auteur de cette infamie à tendance à en abuser légèrement – notamment dans les échanges amicaux. Mais ne vous inquiétez pas, parfois, elle ne fait que rigoler. Parfois. (Vous pouvez vous amuser à l'énerver – ce qui est d'une facilité déconcertante – afin d'en juger par vous-mêmes. Mais attention ; nous vous aurons prévenus)

Nous vous remercions chaleureusement d'avoir pris de votre temps pour lire notre article et espérons vous avoir permis de connaître un peu mieux les personnes avec qui vous cohabitez.

(A la fin de leurs lectures les intéressées devraient avoir les expressions suivantes ;

Nikita Parker : Gênée à mourir

Lily Evans: Rouge de honte

(Nympha)Dora Tonks: Blanche comme un linge

Mylène Davies: Prête à frapper

Ophélie Davies: Horrifiée et en colère – pour changer. )

Anonymes.

En constatant que les auteurs « anonymes » avaient raison quant à nos réactions, la grande salle fut parcourue d'un grand rire.

Je me tournais vers les maraudeurs et les vis hurler de rire et frapper la table de leurs poings. Je leur lançai un regard noir. Ce qui fit dédoubler l'intensité des rires.

Rouge pour des raisons différentes – colère / honte – nous partîmes nous asseoir à la table des Gryffondors. Je lançais des regards agressifs à tous ceux qui me montraient du doigt en riant ce qui calma un peu leurs ardeurs. Nous nous installâmes suffisamment loin des Maraudeurs, sinon je craignais qu'un meurtre ait lieu.

Nous mangeâmes rapidement pour ne pas avoir à subir trop longtemps les regards moqueurs et les tentatives d'approche de l'assiette à Mylène qui bouillonnait.

– Bon, au rapport les filles, lança fermement Nikita en se levant.

Nous nous levâmes à notre tour et nous dirigeâmes au dehors de la grande salle. Néanmoins quand nous passâmes devant les maraudeurs – qui avaient de grands sourires railleurs, nous nous arrêtâmes. Ils nous interrogèrent du regard, toujours en arborant leurs insupportables sourires. La grande salle était plongée dans le plus total des silences.

– Rangez vos sourires, vous ne payez rien pour attendre, affirmais-je

– Oh, nous sommes impatients de voir ça, répliqua Remus ce qui surpris tout le monde.

Le gentil Remus était aussi dans la combine ? « Personne n'aime se faire humilier. » A qui le dis-tu ? Bon au moins on n'aura aucuns scrupules à le ridiculiser lui aussi.

Dans un dernier regard de défis nous sortîmes de la grande salle, la tête bien haute.

A suivre...

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Alors voilà; le chapitre 9, enfin !

N'hésitez pas à me laisser des avis,

après tout ce temps vous avez

certainement plein de choses à

me dire !

Je vous promet que le chapitre

suivant ne tardera pas à arriver !

xoxoxo - Votre web-miss