Chapitre 10 : Don't stop the party.
Harriet était allongée au milieu du salon, son corsage blanc troué par plusieurs impacts de balle qui laissait échapper un filet rouge visqueux. Sa tête, tournée vers la cheminée avait été éclaboussée par de mince goutelettes de sang. Ses yeux noisettes semblait fixer quelque chose d'invisible droit devant elle. Sherlock Holmes était agenouillé près d'elle, le visage fermé, sa loupe scrutant intensément le trou qu'elle avait sur le flanc gauche, les imperfections laissée par la balle, la fine brûlure du tissu lorsque celle-ci avait traversé le tissu. Le portable du détective se mit alors à vibrer.
-Maman nous invite à dîner ce soir. M.
Sherlock lu le message et le raya instantanément de sa mémoire.
-Cette fois tu n'y couperas pas. M.
-Tu vas encore m'envoyer tes gorilles sans cervelle ? S.
-Tu as évité les sept derniers, alors si c'est nécessaire, oui. M.
-J'ai piscine. S.
-Qui est-ce ? Demanda la morte.
-Watson vous êtes une victime, et les victimes ne parle pas !
-Mais vous mettez un temps infini à élucider mon meurtre ! A croire que vous le faite exprès !
Sherlock soupira profondément puis lu le dernier message de son frère.
-Bien sûr et moi je dois promener ma licorne. Maman s'inquiète. M.
-Si ce n'est que ça, pourquoi fait elle un dîner, je peux lui envoyer un texto. S.
-Elle n'a pas de portable. M.
-Alors c'est qui ? Demanda Harriet en se relevant.
Sherlock la repoussa sur le sol sans répondre.
-Achète lui en un. S.
-Ca fait plus d'un an que tu n'es pas venu. M.
-Vont-ils me rayer de leur testament? S.
-C'est fait depuis longtemps et tu peux te brosser pour faire fifty-fifty. M.
-Espèce de rat !S.
-Et bientôt encore plus riche. M.
-Je ne viendrais pas. S.
-De toute façon que tu viennes ou non, maman c'est mis en tête de rencontrer ta nouvelle assistante. M.
-Et alors je ne suis pas obligé de venir! S.
-Maman insiste. Je passe vous prendre à 19h00. M .
-Tu peux te brosser ! S.
Harriet était entrain de laver son chemisier blanc lorsqu'elle entendit Mme Hudson l'appeler. La jeune femme descendit au salon et trouva sa logeuse en compagnie de Mycroft Holmes. Celui-ci la regarda de la tête au pied avec une moue désapprobatrice.
-Quel bon vent vous amène ?
Mycroft cru à de l'ironie et enchaîna.
-Où est mon frère ?
-Il a été appelé par le Yard pour une sombre histoire de scalpe.
-Il le fait vraiment exprès, je lui avais dit que je passerais à 19h00.
-Vous aviez l'intention de lui soumettre un cas ?
-Vous... n'êtes pas au courant pour le dîner ?
-Le devrais-je ?
-Nous dînons chez nos parents et vous êtes cordialement invitez.
-C'est gentil, mais je crois que Sherlock va avoir besoin de moi.
-Vous plaisantez ?
Harriet lui lança un regard noir.
-Excusez-vous et je le fais revenir.
-Vous croyez que vous aller pouvoir le faire changer d'avis ?
-En moins de cinq minutes.
-Je demande à voir.
Harriet attrapa son téléphone et tapa le message suivant :
-Ramenez vos miches au 221B ou je fracasse votre violon que vous avez mis deux jours à retrouver, sur la tête de votre frère. HW.
Le message à peine parti, Harriet regarda sa montre. Quelques secondes plus tard, la porte s'ouvrait à toute volée.
-Ne touchez pas à mon violon ! Entendirent-ils hurler depuis le rez-de-chaussée. Où est-il ?!
-A sa place.
Le détective se rua sur son étui et l'ouvrit. Le stradivarius était à sa place sans une égratignure. Harriet regarda Mycroft avec un sourire jusqu'au oreilles. Celui-ci resta muet un instant puis dit.
-Je m'excuse.
Le détective laissa un instant son violon, et regarda Mycroft et Harriet d'un air suspicieux. Son frère s'excusait rarement, et lui non plus n'aimait pas Présence Indésirable. Qu'est ce qu'elle avait manigancé ?
-Bien maintenant que tout le monde est réuni nous pouvons enfin y aller, dit Harriet
-J'ai dit que je n'y allais pas.
-Sherlock !
-Maman veut rencontrer Watson, je ne vois pas pourquoi je suis obligé d'y aller ! Et puis j'ai une expérience sur le feu.
-Très bien.
Mycroft sortit son téléphone portable et envoya un message.
La berline noire roulait à vive allure sous le ciel étoilé britannique. Mycroft et Harriet était assis côte à côte et faisait face à Sherlock encadrer par deux malabars.
-Je suis navré d'avoir du employer la manière forte, mais tu m'y as contraint.
Sherlock ne pu lui lancer qu'un regard noir car après avoir tenté de s'échapper à grand renfort de coups de poing et de morsures, il avait finalement été neutralisé, bâillonné et ficelé avant d'être balancé sur la banquette de la voiture et tout ça sous l'oeil courroucer de Mme Hudson qui avait bien failli s'en prendre une par ricochet.
Ils arrivèrent enfin à la demeure Holmes. Sherlock fut détaché et après une ultime tentative de fuite, fut conduit jusqu'à la porte d'entrée où ils furent accueilli par un maître d'hôtel qui les débarrassa de leurs effets personnels. Celui-ci les conduisit ensuite au salon, d'où des bribes de conversations s'échappaient. L'homme ouvrit la porte et annonça les nouveaux arrivants. Harriet pénétra dans la salle où elle découvrit les invités. Ils étaient disséminés un peu partout dans la pièce et se regroupèrent tous comme un essaim d'abeilles près à attaquer. La jeune femme fit un rapide calcul mental et dénombra 15 personnes. Le même dîner chez les Watson n'avait jamais excéder 10 personnes. Elle avait l'impression d'être la dernière attraction à la mode. Une femme d'une soixantaine d'année se détacha alors du groupe avec un sourire avenant., elle avait les même traits fin que le détective et ce regard perçant.
-Enchantée de faire votre connaissance Harriet, Mycroft m'a parlé de vous. Vous êtes donc la nouvelle assistante de mon deuxième fils ?
-Remplaçante, s'empressa d'ajouter la jeune femme, je remplace mon frère John Watson, pendant encore cinq jours.
-Et cela vous plaît-il ?
-Est ce que par cette question vous voulez dire que j'aimerai remplacer mon frère définitivement ? La réponse est non, je lui laisse la charge de baby-sitter Holmes, il le fait tellement mieux.
-Baby-sitter ?
-Oui, Sherlock est un grand enfant. Il aime faire surprises en tout genre et cacher des parties de corps humain dans toute la maison. C'est un peu le 1er Avril tous les jours.
-Se sont des expériences !
-Vous ne voulez pas avoir d'enfant ?
Une alarme se déclencha dans la tête d'Harriet : « Terrain glissant, faite demi tour dès que possible ». Elle avisa alors trois têtes rousse miniature qui attendait avidement la réponse avant de lui sauter sur les genoux.
Sherlock regardait la jeune femme se faire questionner par sa mère. Elle avait la même expression que John quand il était mal à l'aise, ce pli qui lui barrait le front, et elle se mettait à marmotter dans sa barbe. Le détective eu un léger sourire.
-Qu'est ce qui te fait sourire ? Lui demanda son frère.
-Rien.
-Au fait maman a sorti les vieux albums, je crois qu'elle à l'intention de montrer quelques photos compromettantes. Notamment celle avec l'arrosoir.
-Je suppose que tu le lui as fortement suggéré.
-Tu te souviens de la fois où tu as emprunté mon badge pour t'introduire dans une base secret défense ? C'est mon cadeau de remerciement pour les problèmes que cela à entraîner.
Mycroft fit ensuite un pas en avant et dit :
-Maman, je crois que tout le monde attend que tu les présentes.
-Bien sûr, bien sûr. On reprendra la conversation plus tard.
-Oh ! Mon Dieu , pensa Harriet qui chercha un verre d'alcool du regard.
La mère de Sherlock se tourna vers le groupe et commença son énumération.
-Voici mon mari,James, tante Isabelle et son troisième mari Humphrey accompagné de son fils Hurley, qu'il a eu de son premier mariage. Mes cousins et cousines Mathiew et sa femme Catherine avec leur charmant triplé Maddy, Teddy et Jody. Grace, et ses deux sœurs Élisabeth et Victoria. Ici c'est ma nièce Mary, la fille de mon troisième frère, et ma mère Meredith. Et bien puisque tout le monde est là je vous propose de passer dans la salle à manger.
Le groupe tourna les talons et commença à discuter tout en se dirigeant vers la salle attenante. Harriet soupira de soulagement. Le détective s'approcha alors et lui glissa à l'oreille.
-Je suis sûr que vous n'avez même pas retenu un seul prénom.
-Je peux vous en citer deux.
-Vraiment ? Je suis impatient de les entendre.
-Mycroft et Sherlock !
Harriet lui fit un sourire en coin puis s'éloigna.
-Ca ne compte pas Watson ! Revenez ici !
Ils s'installèrent autour de la table.
-Harriet, je vous ai installé près de moi, on va pouvoir continuer à discuter.
-Super ! Je suis l'attraction du jour ! Pensa la jeune femme.
Sherlock et Mycroft avaient été installés très loin, ce qui faisait que la jeune femme était entourée d'inconnus qui n'arrêtaient pas de lui poser des questions.
-Ce n'est pas trop dur de travailler avec Sherlock ?
-Il est toujours aussi bavard ? Quand il était petit on a longtemps cru qu'il était sourd, on a regretté le jour où il a commencé à parler.
-Est-ce qu'il vous prend comme cobaye pour ses expériences ? Mycroft en à souvent fait les frais étant plus jeune.
-Je ne comprends pas très bien son statut, il travail pour la police ? Et votre rôle consiste en quoi exactement ?
Harriet n'avait même pas le temps de répondre aux questions et surtout les serveurs avaient commencé à servir le vin. Elle regardait le liquide doré couler dans les verres. Elle avait caché son téléphone portable sous la table et tapait des messages par intermittence.
-Moriarty ne s'en serait pas mieux sorti niveau torture. HW.
-Vous osez faire cette comparaison. Je vais demandez à ce qu'on vous pose une bouteille de vin à côté de vous. SH.
-1)Je ne vous conseille pas de me voir ivre 2) vous vous expliquerez avec mon frère. HW.
-Vous ne manquez pas d'air de me mettre votre alcoolisme sur le dos. SH.
-C'est vous qui avez commencé. HW.
-Harriet vous voulez un peu de vin ?
Le jeune femme se tourna vers l'homme qui tenait la bouteille.
-Non, merci, je ne bois pas.
-Juste un fond, vous m'en direz des nouvelles.
-Non, ça va aller je vous assure.
Harriet couvrit son verre de sa main pour éviter que le serveur ne lui en verse une goutte.
-La famille Holmes connaît-elle la définition de l'adverbe non?HW.
-La réponse est évidente. SH.
-Sortez moi d'ici ! HW.
-C'est pas moi qui est voulu venir, débrouillez vous. SH.
-Je vais verser des laxatifs dans le dessert de votre frère. HW.
-Bonne idée, ça lui fera perdre du poids. SH.
-Vous ne manger pas ? Vous n'aimez pas ?
-Hum... Si c'est délicieux, mais j'ai des aigreurs d'estomac, d'ailleurs j'ai oublié mon médicament dans mon sac, je vais aller le chercher.
Sans attendre de réponse,Harriet sortit de table et se retrouva seul dans le salon. Elle le traversa et atteint la porte par laquelle ils étaient rentrés un peu plus tôt. La jeune femme se retrouva dans un couloir. Il étaient arrivés par quel côté déjà ? Elle prit sur la droite espérant qu'elle ne s'était pas trompée.
-J'ai réussi à m'échapper et je vais pouvoir retourner au 221b ! Bonne fin de soirée ! HW.
-Mycroft est déjà sur vos traces, merci d'avoir fait diversion. SH.
Harriet s'arrêta un instant. C'était des pas qu'elle entendait ? Elle se dépêcha de tourner dans un couloir. Elle s'était presque mise à courir comme si Moriarty était à ses trousses. Elle tourna dans un couloir et reconnu celui qu'ils avaient emprunté. La jeune femme sentit les commissures de ses lèvres s'étirer. Elle y était presque !
-Où est-ce que vous croyez aller comme ça ?
Harriet avait atteint le hall d'entrée. Elle se tourna et découvrit Mycroft qui se tenait en haut des marches. Mais comment avait il fait pour atterrir la haut ?
-C'est impoli de votre part de partir sachant que vous avez été invité.
-Qui vous dit que j'allais vraiment partir ?
Mycroft regarda la jeune femme avec un sourcil relever puis ajouta :
-Vous retournez dans la salle à manger immédiatement.
-Vous savez que je ne suis qu'une diversion ?
-Vous me prenez pour un imbécile ?
-Moi non, Sherlock oui.
Il était arrivé en bas des marches.
-Vous venez avec moi.
Sherlock avait réussi à s'échapper du dîner. Lorsque Mycroft avait vu Harriet sortir il s'était précipité à sa suite, le laissant sans surveillance. Il avait alors fait semblant de s'intéresser à la conversation de son voisin de table puis avait « malencontreusement » renverser son verre de vin sur son pantalon, ce qui l'avait obligé à se rendre à la salle d'eau la plus proche. Le détective se retrouva bientôt dans le même couloir qu'avait emprunté Harriet mais contrairement à elle il connaissait la maison et les couloirs à prendre pour éviter son frère et l'entrée principale. Le détective déambula dans les couloirs vide et finit par tomber sur une porte dérobée. Il l'ouvrit et se retrouva dehors. Après avoir fait quelques pas sur l'allée gravillonée, il avisa la berline noire qui les avaient emmené. Le chauffeur n'était plus à son poste, une aubène. Le détective marcha sur le pant d'herbe qui bordait le chemin, au cas où l'homme serait encore dans les parages et arriva enfin près de la voiture. La nuit était noire et la visibilité réduite mais cela n'empêcha pas Sherlock de trouver le système d'ouverture. Il grimpa dans la berline et tâta le pourtour du volant pour trouver la clef. Elle n'y était pas. Il se pencha alors sur le côté et atteint la boîte à gant, qu'il ouvrit. Il farfouilla un instant entre carte routière, et différents papiers pour enfin tomber sur l'objet tant convoité. Le détective se releva et introduisit la clef dans la fente et mit le contacte. Les phares s'allumèrent et éclairèrent une silhouette qui se tenait en face du véhicule.
-Je t'avais dit que tu n'y couperais pas !
