Ouf, j'arrive en fin à me poser deux minutes pour poster le chapitre de cette semaine. Journée pourrie! Et encore heureusement qu'il y a bonne ambiance au boulot parce que j'aurais pas survécu a la journée sinon!
Comme d'habitude je remercie Morphée et Mistycal pour leur travail et tous les reviewer pour leurs encouragements!
bonne lecture!
enjoy
Harry et Ron jouaient aux échecs, comme tous les matins depuis que le rouquin était arrivé à square Grimmaud. D'après ce dernier, le survivant s'en sortait de mieux en mieux et il avait à présent besoin de réellement réfléchir pour battre son ami.
Hermione était assise dans un fauteuil à côté de Ron, une planche de bois découpée par Sirius de façon à se poser parfaitement sur les accoudoirs, posée au-dessus de ses genoux. Elle était en train de dessiner la scène qui se déroulait devant elle.
Sirius entra dans la pièce et regarda autour de lui, ses yeux s'attardant un instant sur le visage concentré d'Harry.
- Les jeunes ? Vous savez où est Tess ?
- Elle est sortie, grommela Harry. Elle avait rendez-vous avec un type…Un crétin pas foutu d'écrire ses propres chansons… Alex je sais plus quoi.
- Lumbago… marmonna Ron en bougeant son fou.
- Ubago, corrigea Hermione en soupirant sans même lever les yeux de son dessin.
Harry se montrait très critique envers les artistes pour qui travaillait la jeune femme. Tout autant que Sirius. Les deux hommes ne trouvant rien à redire lorsque Tessa travaillait avec une femme, Hermione les soupçonnait d'être tout simplement jaloux. Ron, lui, s'en fichait comme de son premier jus de citrouille, mais, par solidarité envers son meilleur ami, il se montrait tout autant critique envers les partenaires artistiques masculins de la jeune auteur.
Elle les trouvait parfaitement ridicules mais se gardait bien de faire le moindre commentaire. La porte d'entrée claqua et la voix de Tess raisonna dans le couloir.
- C'est nous !
- Qui ça, nous ? Rétorqua Sirius en passant dans le couloir. Remus ! S'exclama-t-il la seconde suivante.
- On s'est croisé sur le chemin de Traverse et je l'ai invité à dîner. On passe à table dans dix minutes, chantonna Tess en soulevant les paquets qu'elle tenait dans les mains. Je suis passée chez l'Indien !
- Ça lui arrive de cuisiner ? Demanda malicieusement Remus.
- Bien sûr que oui, mauvaise langue, riposta Sirius en donnant un coup de journal à son ami.
Dix minutes plus tard, tout le monde, Draco compris, était attablé autour des plats épicés qu'avait ramenés la jeune femme du Londres moldu.
- Au fait, dit soudain Tess en se resservant sous le regard ébahi d'Harry qui se demandait où la jeune femme pouvait bien mettre tout ça, le producteur d'Alex m'a dit qu'il y avait une épidémie de grippe en ce moment et elle a l'air assez virulente.
- Oui, intervint Remus, dans le monde sorcier, c'est la dragoncelle qui sévit. Les jeunes il faut que vous soyez attentifs aux symptômes, les deux se soignent très bien si elles sont prises assez tôt, alors dès que vous avez un doute, parlez-en à Sirius ou à Tess.
- C'est quoi les symptômes ? Demanda Ron, la bouche pleine, s'attirant un regard noir d'Hermione.
- Fièvre, nausées, frissons, énuméra Tess.
- Courbatures aussi, ajouta Remus.
- Vous ne devez pas hésiter à venir nous voir au moindre signe, mieux vaut s'affoler pour rien que ne rien faire du tout, c'est compris, intervint Sirius.
Les quatre adolescents hochèrent consciencieusement la tête. Tessa annonça qu'à cause de la double-épidémie elle avait décidé de limiter au maximum ses rendez-vous extérieurs et de travailler presque exclusivement à la maison. Le sourire satisfait de Sirius à cette annonce n'échappa pas à Remus qui demanda d'un air taquin à son ami ce qui le satisfaisait le plus : avoir Tessa à la maison avec lui, ou savoir qu'elle n'était pas en train de travailler en compagnie de ces chanteurs dont il ne voulait même pas entendre parler.
- Et toi, quoi de neuf ? demanda l'animagus, changeant de sujet sous le regard goguenard de son ami.
- Je commence demain un nouveau travail. Kingsley m'a demandé de diriger le bureau de liaison avec les loups-garous.
- Le bureau de liaison des loups-garous ? Depuis quand on a un bureau de liaison des loups-garous ? demanda Sirius, étonné.
- Depuis le début de la semaine, intervint Tessa, si tu lisais la gazette un peu plus soigneusement, tu le saurais !
- J'ai vu que les lois discriminatives ont été abolies, protesta son époux, mais ils ne faisaient pas mention d'un bureau de liaison.
- Kingsley a décidé de le créer pour aider à l'intégration des loups-garous. Et comme la plupart d'entre eux sont très méfiants, il a pensé que mettre un de leurs semblables à la tête de ce bureau serait bénéfique.
- Ils ont de quoi être méfiants, s'exclama Tess, quand on voit tout ce que vous avez du subir ! Je suis sure que tu vas faire un travail fantastique !
Sirius hocha la tête, marquant son approbation. L'avenir de la communauté lycane s'avérait bien moins noir que ne l'avait laissé supposer ces dernières années, et il savait que Kingsley et Remus veilleraient à ce que les choses se passent le mieux possible.
Après le départ de Lupin, les enfants et Sirius montèrent se coucher, laissant Tessa dans le salon. La jeune femme tentait sans grande conviction, de terminer un projet, mais son esprit revenait sans cesse aux problèmes que rencontraient sa famille. A son grand dépit, les relations entre Draco et Sirius ne cessaient de se détériorer, Kreattur surveillant l'adolescent comme le lait sur le feu et rapportant la moindre incartade à son maître.
La tension entre les deux hommes ne tarda pas à se répercuter sur la totalité des habitants de la maison et, trois jours après la venue de Remus à la maison, la situation manqua d'exploser à table.
Tess posa le plat sur la table et appela les adolescents pour la troisième fois. Hermione et Ron ne tardèrent pas à arriver et assurèrent qu'Harry arrivait et qu'il appellerait Draco au passage.
Sirius hocha la tête sans répondre et se servit avant de passer le plat à Hermione.
Harry descendit à son tour, seul.
- Draco arrive ? Demanda Tess en posant le pain près de Sirius.
- Il dit qu'il n'a pas faim, répondit Harry en haussant les épaules.
Sirius fronça les sourcils et se leva brusquement, jetant sa serviette sur la table.
- Sirius !
Ignorant Tessa, il grimpa quatre à quatre les marches et ouvrit à la volée la porte de l'adolescent. Sans un mot, et avant même que Draco ne puisse dire le moindre mot, il le saisit pas le col et le propulsa vers les escaliers, manquant de les lui faire débouler. Il le suivit, et, arrivé au rez-de-chaussée, il rattrapa à nouveau l'adolescent par le col et le traîna jusqu'à la cuisine où il le jeta sur une chaise vacante près de lui. Dans le même mouvement il remplit à ras bord une assiette qu'il posa brutalement devant le jeune homme, l'éclaboussant de sauce.
- Mange ! Ordonna-t-il brutalement.
Tess le fusilla du regard tandis qu'il se rasseyait, les yeux fixés sévèrement sur Draco.
Celui n'osa pas répliquer et enfourna une bouchée de ragoût. Il mâcha un long moment avant de déglutir, de toute évidence avec difficulté.
- Dépêche-toi, siffla Sirius après quelques minutes durant lesquelles l'adolescent n'avala que deux bouchées.
- Je n'ai pas faim, j'ai mal au cœur, protesta faiblement Draco sans lever les yeux.
Sirius ouvrit la bouche pour ordonner à nouveau au jeune homme de manger mais Tessa le prit de vitesse.
- Ce n'est pas grave, assura-t-elle à l'adolescent, tu peux te lever de table.
Draco ne se le fit pas dire deux fois, il se leva brusquement et courut rejoindre sa chambre. Sirius fronça les sourcils et regarda Tess d'un air contrarié.
- Je n'accepterai pas les caprices !
- Sirius il ne savait pas ce qu'il y avait au menu quand il a dit qu'il n'avait pas faim à Harry. Je ne vais certainement pas te laisser le nourrir de force s'il n'a pas d'appétit. D'autant plus que c'est exceptionnel. Alors arrête de jouer au dur, suis tes propres conseils et mange !
Sans attendre de réponse, la jeune femme se leva et prit la direction de la chambre du jeune homme sous le silence complet des autres adolescents qui n'osaient pas lever le nez de leur assiette.
Elle frappa à la porte et, se doutant qu'elle n'obtiendrait pas de réponse, elle entra.
L'adolescent, qui était face à la fenêtre, jeta un œil par-dessus son épaule, et, quand il la vit, se détourna brusquement. La jeune femme eut le temps de voir quelques traces brillantes sur les joues de son cousin et elle soupira.
Elle s'assit sur le lit et demanda d'une voix douce au jeune homme de la rejoindre. Quand il se retourna, il n'y avait plus aucune trace de larmes sur son visage. Tess le regarda sans mot dire un moment avant de prendre la parole.
- Draco qu'est-ce qui ne va pas ?
Elle se sentit ridicule. Comment pouvait-t-elle demander à un ado qui venait de perdre sa mère, son père, son cadre de vie et qui se retrouvait avec une famille inconnue et un tuteur plus sévère que la moyenne ce qui n'allait pas ?
Néanmoins, elle ne se reprit pas, laissant la possibilité à l'adolescent de lui parler s'il le désirait.
- Rien... Répondit laconiquement Draco en détournant le regard.
- Draco, je vois bien que quelque chose ne va pas et que ça va au-delà d'un simple manque d'appétit...
Draco resta obstinément muet, la tête et les yeux baissés sur ses genoux. Tessa attendit un moment avant de soupirer et de se lever pour quitter la pièce.
Quand elle posa la main sur la poignée, la voix de Draco retentit derrière elle et interrompit son geste.
- Ça vient peut-être de moi.
- Quoi donc ?
- Tout ça, répondit le jeune homme en faisant un vaste geste du bras. Je ne fais jamais ce qu'il faut, je ne sais pas m'adapter assez vite...
- De quoi est-ce que tu parles, Draco ? Répéta Tess. Tu n'es responsable de rien, mon chéri. Les choses sont un peu difficiles parce que tout le monde cherche un peu ses marques, mais je suis persuadée que tout va finir par s'arranger.
Draco se contenta de secouer la tête d'un air éteint. Tessa revint s'asseoir à côté de lui et passa une main dans les cheveux blonds de l'adolescent.
- Qu'est-ce qui te fait dire que tu es responsable ?
- Je le mets en colère.
- Sirius ?
- Oui. Il me déteste.
- Il ne te déteste pas. Il a juste un peu de mal à communiquer avec toi, mais je vais lui parler d'accord ?
- Non, s'écria l'adolescent, ce n'est pas la peine de vous disputer pour moi. Je n'en vaux pas la peine.
Tessa fronça les sourcils. L'adolescent devant elle n'avait rien à voir avec l'arrogant Serpentard que lui avait dépeint Harry à de nombreuses reprises. Il était clair pour elle que le jeune homme portait un masque qui était de toute évidence en train de se fissurer.
- Ne dis pas ça, répondit-elle fermement. Bien sûr que tu en vaux la peine. Et je n'ai pas l'intention de me disputer avec Sirius, juste de discuter avec lui. Je peux peut-être le convaincre d'assouplir un peu les règles qu'il t'impose, qu'en penses-tu ?
- Ça ne changera rien, je le mettrai quand même en colère. C'est moi je te dis. Ça a toujours été moi…
Tessa fronça les sourcils, sentant confusément que l'adolescent ne parlait plus de Sirius. Elle se leva et s'accroupit devant le garçon, tentant de croiser son regard qu'il gardait obstinément baissé.
- Draco, de quoi tu parles ?
Pas de réponse.
- Quand tu dis que ça a toujours été toi, tu ne parles pas de Sirius n'est-ce pas ? De qui parles-tu ?
Draco continua à se taire mais il leva les yeux vers elle.
- Ton père ?
L'adolescent tressaillit et détourna de nouveau le regard. Tessa soupira. Elle aurait dû le savoir. Elle aurait dû comprendre, après tout ce que Sirius lui avait raconté sur Lucius Malefoy, tout ce qu'elle avait lu sur lui dans les journaux, elle aurait dû savoir qu'il avait dû être un père plus qu'exigeant. Il n'avait jamais dû laisser le moindre répit à son fils et celui-ci ne devait jamais être assez parfait pour lui.
- Tu sais, tu devrais en parler à Sirius.
- Quoi ? Sursauta Draco.
- Tu devrais parler de ton père avec lui. Il peut comprendre tu sais. Son propre père était... enfin ce n'était pas le père idéal.
- Non !
- Pourquoi ?
- Parce qu'il s'en ficherait. Et je ne veux pas l'entendre dire qu'il s'en moque. S'il te plait Tess...
- Très bien... comme tu veux.
Elle se leva et embrassa l'adolescent sur le front.
- Tu veux que je te monte un peu de soupe ? Ou une tisane ?
- Non merci, j'ai sommeil.
- D'accord. Bonne nuit.
Elle ferma doucement la porte derrière elle et descendit rejoindre son mari et le trio d'or au rez de chaussée, tandis que Draco se recroquevillait sur son lit en tirant la couverture sur lui.
Au salon, Tess s'installa contre Sirius, lui signifiant ainsi qu'elle ne lui en voulait pas.
- Alors ? demanda-t-il d'un air nonchalant, lui arrachant un sourire.
Et après il prétendrait se ficher du garçon, se dit elle, moqueuse.
- Alors rien. Il est fatigué, répondit elle sans préciser l'état émotionnel du garçon.
Elle espérait pouvoir convaincre l'adolescent de se confier de lui-même à Sirius. Si Draco acceptait de parler à son cousin, elle préparerait le terrain avant, mais en attendant, elle préférait laisser son intimité au jeune homme.
- Je pense que tout ira mieux après une bonne nuit de sommeil. Mais il va falloir qu'on discute toi et moi, souffla-t-elle à l'oreille de son mari en se penchant par-dessus lui pour attraper un roman posé sur un guéridon.
- Qu'est-ce que j'ai encore fait ? protesta-t-il sur le même ton.
- Je comprends ton besoin de poser des règles mais il y a certains moments où il faut les assouplir.
Sirius grogna quelque chose d'incompréhensible avant de la regarder du coin de l'œil, essayant de voir si elle avait comprit ses paroles. Elle haussa un sourcil moqueur dans sa direction, lui signifiant ainsi qu'elle n'était pas dupe, avant de plonger dans son livre.
Les adolescents montèrent se coucher une heure plus tard et le couple ne tarda pas à faire de même.
Quelques minutes plus tard, un silence profond tomba sur la maison. Plusieurs heures passèrent ainsi.
Plus tard dans la nuit, Draco se réveilla en sursaut. La nausée qui l'avait empêché de manger la veille au soir venait de le tirer du sommeil. Il se leva brusquement et n'eut que le temps de saisir la corbeille à papier avant de vomir violemment à l'intérieur.
Il tenta de se recoucher mais une nouvelle nausée le propulsa hors de son lit quelques minutes plus tard.
À genoux devant la poubelle, il massa sa nuque douloureuse et grimaça en sentant la douleur remonter dans son bras. Son geste se suspendit de lui-même alors que les recommandations que leur avaient faites Tess et le professeur Lupin lui revenaient en mémoire.
Il jeta un regard nerveux vers la porte de sa chambre. Sirius le tuerait purement et simplement s'il mettait un pied en dehors de sa chambre à une heure pareille. Peut-être devait-il juste se recoucher et attendre le lendemain...
Une quinte de toux qui manqua de le refaire vomir le décida. Il retira la couverture de son lit et s'enroula dedans avant d'ouvrir silencieusement la porte de sa chambre.
Il se glissa silencieusement à l'extérieur et marqua une pause au milieu du couloir pour étouffer une quinte de toux dans son mouchoir avant d'écouter anxieusement le silence de la maison.
Il eut un soupir soulagé en constatant qu'il n'avait pas attiré l'attention de Kreattur, qui n'aurait sans doute pas manqué de se précipiter dans la chambre parentale pour réveiller Sirius et l'informer que le jeune homme avait enfreint le couvre feu, ne lui laissant ainsi aucune chance de s'expliquer.
Il n'avait pas tardé à comprendre que l'acariâtre elfe de la famille Black n'avait absolument jamais rien eu contre Sirius personnellement. Il éprouvait juste un plaisir sadique à attirer des ennuis aux adolescents de la maison. 20 ans auparavant, il avait vite remarqué que Regulus était toujours pardonné alors que Sirius était sévèrement corrigé à la moindre incartade. Il avait donc porté toute son attention sur l'aîné des enfants Black, au grand malheur de celui-ci. Aujourd'hui l'histoire se répétait. Sirius ne reprochant jamais rien à Harry et se montrant d'une sévérité particulièrement rigoureuse à l'encontre du jeune Serpentard, il n'avait de cesse de dénoncer ses infractions, réelles ou inventées, dans l'espoir non dissimulé de lui valoir une bonne correction à laquelle il ne manquerait pas d'assister, caché derrière un meuble quelconque.
Pour l'heure, ses efforts avaient été vains, et si Sirius n'avait pas manqué de punir, de secouer ou de réprimander vertement l'adolescent, il n'en était pas encore venu à lui administrer la raclée qu'il lui promettait depuis qu'il avait emménagé à square Grimmaud. Il ne savait pas pourquoi son cousin n'avait pas encore franchi ce pas, mais il soupçonnait fortement Tessa de n'être pas étrangère à la chose.
Il se faufila discrètement le long du couloir, passant sans bruit devant la porte de la chambre qu'Harry partageait avec Ron. Les ronflements du rouquin ne faiblirent pas et il en fut soulagé. La belette poursuivait le même but que Kreattur, à savoir lui attirer le plus d'ennuis possibles, que ce soit en pointant tout mouvement qu'il pouvait faire, qu'en racontant inlassablement ses actions passées dans le seul but, il en était certain, de maintenir à vif les sentiments de Sirius à son égard. La chambre attribuée à Hermione était à l'étage supérieur et de toute façon, la brunette avait adopté une attitude résolument indifférente, l'ignorant purement et simplement, se contentant d'un léger froncement de sourcils quand la belette insistait un peu trop sur certains points. C'était le mieux qu'elle pouvait lui accorder sans s'attirer les foudres de son pseudo petit-ami.
Il finit par arriver devant la chambre parentale et hésita. C'était là que la partie la plus dure se jouait. Il eut un instant envie de laisser tomber, de retourner se coucher et d'attendre le lendemain, quelles qu'en soit les conséquences. Mais une vague de nausée et un frisson glacé remontant le long de sa colonne vertébrale le convainquirent de ne pas prendre de risques.
Il inspira profondément et actionna la poignée de la porte, ne faisant que l'entrouvrir et écoutant les bruits filtrant de la pièce. Le léger ronflement de Sirius couvrait à peine la respiration de Tessa.
Il s'agissait à présent d'être prudent. Il lui fallait réussir à réveiller la jeune femme. Et seulement la jeune femme.
Il avança sur la pointe des pieds, se mordant les lèvres de concentration pour ne pas faire grincer les lames du parquet.
Il frissonna à nouveau et resserra les pans de la couverture autour de lui avant de s'accroupir à côté du lit et de tendre une main hésitante vers sa cousine.
- Tess, murmura-t-il de façon presque imperceptible en la secouant légèrement.
Il jeta aussitôt un regard anxieux vers Sirius qui avait bougé en soupirant.
- Tessa, dit-il plus fort, commençant à paniquer en voyant l'animagus s'agiter un peu plus.
Il était en train de se réveiller, réalisa-t-il. Il secoua plus franchement la jeune femme, priant pour qu'elle ouvre les yeux la première et qu'elle soit réactive au réveil.
- Draco ?
Il sursauta. Et manqua de tomber en arrière. Tessa se redressa légèrement et plissa les yeux pour le voir dans la pénombre.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Murmura-t-elle.
- Je ne sais pas, répondit il sur le même ton, je ne me sens pas bien. Je pensais que ça allait passer mais j'ai vomi plusieurs fois et j'ai froid. J'ai mal partout, surtout à l'arrière de la tête.
- Et tu trembles comme une feuille, soupira Tessa.
Il acquiesça. Elle se redressa et posa une main étonnamment fraîche sur son front avant de soupirer de nouveau.
- Keskispass ? Marmonna une voix éraillée.
Draco tressaillit. Sirius était réveillé.
- Rien, répondit fermement sa femme, dors.
Peine perdue. L'animagus de releva en position assise et ses yeux se posèrent sur Draco qui déglutit en voyant la colère envahir le regard de son cousin.
- Qu'est-ce que c'est que ces conneries ? gronda Sirius d'un ton rauque, bien plus impressionnant qu'une explosion de colère.
Draco ouvrit la bouche pour essayer de se justifier. Ou même de s'excuser. Il avait abandonné sa fierté depuis longtemps et il savait d'expérience que les adultes étaient bien souvent calmés net par des excuses, mais Tessa le devança.
- Ce n'est pas le moment Sirius. Il est brûlant de fièvre. Je le ramène à sa chambre. Rends-toi utile et appelle mon père. Dis-lui de venir.
- On ne va pas déranger ton père en pleine nuit, protesta Sirius en jetant un regard noir à son pupille.
- Appelle je te dis ! Siffla Tessa. Il a les symptômes de la grippe mais la dragoncelle présente les mêmes au tout début de la maladie alors ne fais pas ta tête de cochon et appelle !
Sans attendre de réponse, elle se leva rapidement et passa une robe de chambre sur sa chemise de nuit. Elle poussa Draco doucement devant elle, le raccompagnant jusqu'à sa chambre. Là elle le fit allonger et lui sourit.
- Ne t'inquiète pas. Mon père va arriver et il va vite nous dire ce que tu as pour qu'on puisse te soigner.
En effet, moins de 10 minutes plus tard, le médicomage Andrews entrait dans sa chambre, en pyjama sous son manteau. Il embrassa sa fille sur le front et fit un sourire franc à l'adolescent.
- Alors, voyons ce qui ne va pas.
Draco vit du coin de l'œil Tess pousser Sirius dehors et ne put que remarquer le regard d'avertissement que lui lançait l'homme.
Merlin, pria-t-il intérieurement, faites que j'ai quelque chose !
Le médicomage Andrews lui lança plusieurs sorts de diagnostics, notant les informations qu'il récoltait sur un bloc. Il regarda ensuite ses yeux avec un lumos, le fit tousser, inspirer, expirer, encore tousser, sans cesser de prendre de notes.
- Monsieur ? risqua Draco.
- Allons, allons, jeune homme, que t'ai-je déjà dis à ce propos ?
Draco jeta un regard au père de Tess et celui-ci lui fit un sourire rassurant. Il avait envie, vraiment, de profiter de l'autorisation de l'homme, mais il avait le sentiment que Sirius n'apprécierait pas, mais alors, pas du tout.
- D'accord, il est peut-être un peu tôt pour que tu m'appelles grand-père, mais tu pourrais essayer de m'appeler Silvanius ?
- Je vais essayer. Qu'est-ce que j'ai ?
- Pas la dragoncelle, rassure-toi. Ce n'est qu'une grippe. Un peu de pimentine pendant quelques jours et tu seras sur pieds.
Le medicomage se leva et se dirigea vers la porte de la chambre, sans voir le soupir de soulagement que laissa échapper l'adolescent.
