Voilà les vacances sont finies, ou presque... pour tout le monde, moi, probablement une majorité d'entre vous, Draco... (enfin moi j'ai eu qu'une semaine mais bon, je dis ça, je dis rien ^^)
Je remercie ma beta, Morphée, qui est enfin revenue de vacances! Et ma correctrice, Mistycal qui, comme moi, les a à peine vues passer, ses vacances...
Mais bon, je sais pas elle mais moi ça me remonte le moral de savoir que je vais plus être la seule a devoir me lever le matin pour travailler/aller en cours...c'est mesquin, mais ça soulage ^^
Allez, je vous laisse à votre lecture et je file a mon rdv chez le coiffeur (j'espère que j'aurais plein de review en revenant... quoi que... vous êtes levé au moins?^^)
Enjoy
Draco bailla et se retourna dans son lit, prêt se rendormir. Un coussin atterrit juste sous son nez, le manquant de peu et il se redressa, indigné.
- Désolé princesse, mais c'est l'heure de te lever si tu veux pouvoir déjeuner avant d'aller en sortilège.
- Bon sang, soupira Draco, qui a oublié de mettre le réveil ?
- Personne, répondit Théo qui sortait de la salle de bain, il a sonné deux fois, mais de toute évidence tu étais trop crevé pour l'entendre.
- Ouais, marmonna l'adolescent en se levant avec difficulté, baillant de plus belle. Accordez-moi dix minutes, ajouta-t-il en prenant son uniforme avant de se diriger vers la salle de bain.
Moins d'un quart d'heure plus tard, comme il l'avait annoncé, il était douché, habillé et coiffé. Ses camarades de dortoir l'avaient attendu mais ils constatèrent que les filles, elles, étaient parties sans eux à la grande salle.
Ils arrivèrent dans celle-ci bons derniers, les plats jonchant la table étaient vides, mais, fort heureusement, Daphnée et Pansy avaient pris la peine de leur préparer leur petit déjeuner et il n'y eut guère que Crabbe et Goyle pour n'être pas satisfaits des quantités prévues par les adolescentes.
Tout en déjeunant, Draco risqua un regard discret vers la table des professeurs et constata avec soulagement que Sirius ne s'y trouvait pas. Blaise, en baillant à s'en décrocher la mâchoire, demanda à la cantonade quels étaient les cours de la matinée.
- Sortilège, répondit Théo agacé, tu nous le serines depuis que tu es levé.
- Je vous serine, comme tu dis, qu'on va finir par être en retard en sortilège. Je n'ai jamais prétendu que je savais ce qu'on avait après.
- Ne commencez pas tous les deux, soupira Daphné en sortant son emploi du temps de son sac, alors Sortilège donc, 1h. Ensuite 2h de potions et 1h de métamorphose. Et si tu veux tout savoir, on reprend à 14h avec 2h de botanique, à part Théo qui nous a lâchés sur ce coup là. Je ne sais donc pas quel cours il a parce que je suis pas votre secrétaire. Vous êtes content ? On peut y aller ?
- J'ai Runes anciennes, marmonna le jeune homme. Je dis ça, je dis rien, se hâta-t-il d'ajouter devant le regard glacial de l'adolescente blonde.
Draco retint de justesse un sourire. Ils n'avaient pas encore commencé l'année scolaire que Théo et Blaise exaspéraient déjà leur amie. La connaissant, les sorts ne tarderaient pas à fuser. Malgré son apparence de princesse délicate, Daphné avait un caractère bien trempé et la plupart des garçons de Serpentard veillaient à ne pas s'attirer l'antipathie de l'adolescente. Draco n'avait jamais pu comprendre pourquoi elle n'avait pas été nommée préfète. Pansy avait certes de meilleures notes, mais elle avait moins à cœur que Daphné de gagner la coupe des maisons et fermait plus volontiers les yeux sur les infractions de ses camarades, soit par complaisance, lorsque les fauteurs de troubles étaient de Serpentard, soit par fainéantise lorsqu'ils faisaient parties des autres maisons.
Entraînés par les deux filles, le groupe de Serpentard se leva et prit le chemin du deuxième étage où avait lieu le cours de sortilège.
- On est encore en commun avec les Gryffondors dans tous les cours, râla Théo.
- On est en commun avec les trois autres maisons, imbécile, riposta aussitôt Daphné.
- Non, en sortilège, en défense et en métamorphose, on est en commun avec les Gryffondors.
- C'est parce que les inscriptions dans ces cours sont trop nombreuses pour que nous soyons tous ensemble, fit remarquer Draco, dans les autres matières, en général, il y aura des élèves des quatre maisons.
- N'empêche qu'on est avec les Gryffondors, insista Theo d'un air buté.
Pansy saisit le poignet de Daphné, l'empêchant de sortir sa baguette pour jeter un sort, probablement impliquant des furoncles dans une partie délicate, à son camarade qui, voyant le danger, s'éloigna prestement et se cacha derrière Draco. Celui-ci sourit en entendant Daphné marmonner un « Tu as de la chance que je veuille pas risquer de toucher Draco », avant de lâchant sa baguette et de dégager sa main désarmée de la poigne de Pansy.
Ils ne tardèrent pas à arriver devant la salle de sortilège. Quelques Gryffondors, dont Harry et ses deux amis étaient déjà devant la porte, attendant le professeur Flitwick. Hermione amorça un sourire en direction de Draco mais Ron se plaça devant elle, lui bouchant la vue, fusillant le Serpentard du regard.
Un « Non mais vraiment ! » exaspéré lui parvient mais la jeune fille ne tenta pas d'écarter son petit ami. C'était aussi bien se dit Draco, Sirius était bien capable de l'accuser de tenter de provoquer des dissensions dans les rangs du trio et, aussi bienveillantes que soient les intentions d'Hermione, elles ne risquaient que de lui attirer davantage d'ennuis.
- Entrez en classe et installez-vous.
La voix pointue mais puissante du professeur retentit soudain, faisant sursauter Draco qui ne l'avait pas vu arriver.
Celui-ci attendit que tout le monde se fut installé pour prendre à nouveau la parole.
- Tout d'abord je voudrais vous adresser mes félicitations pour l'obtention de vos BUSEs. J'accepte dans mon cours cette année toute personne ayant obtenue une BUSE en sortilège, mais il est évident que celui, ou celle qui a obtenu un A devra fournir un travail plus assidu cette année que celui ou plutôt celles ayant obtenu un O.
Les élèves échangèrent des regards et, d'après les sourires timides des deux concernées, en déduirent que seules Hermione et Tracy Davies, de Serpentard, avaient obtenu la note maximale.
- Cette année, reprit le petit professeur après avoir fait taire les chuchotis, les choses vont se passer de manière légèrement différente des années précédentes. Le livre que je vous ai demandé de vous procurer recense les sorts que nous allons voir cette année. Vous constaterez qu'une double page est consacrée à chaque sort. Sur la page de gauche, sous le nom du sortilège, se trouve la formule telle qu'on l'écrit suivie de sa prononciation. Dessous vous pouvez voir un schéma du mouvement de baguette nécessaire à son exécution. J'insiste sur le fait qu'il vous est formellement interdit de tenter d'exécuter un sort avant que nous ne l'ayons vu ensemble au moins une fois. Il vous sera d'ailleurs interdit d'exécuter certains sorts de ce livre en dehors de cette salle de classe tant que vous serez scolarisé. Je vous les indiquerai. Sur la page de droite, à présent, vous pouvez trouver quelques renseignements sur le sort. La date d'invention, le nom de la personne l'ayant mis au point, un bref historique, quelques exemples d'utilisation. A chaque cours, je vous dirai quel sort nous étudierons la fois suivante et vous devrez vous présenter en connaissant parfaitement la partie théorique correspondante. Nous passerons parfois plusieurs séances sur un même sortilège et dans ce cas, vous aurez des devoirs théoriques tels que ceux pouvant être demandés aux ASPICs. Mais en classe, je ne veux travailler que la pratique. Au début de chaque cours, 15 minutes seront consacrées à la théorie. Je vous interrogerai et, si vous n'avez visiblement pas étudié, je vous prierai de sortir de ma salle de classe et de n'y revenir que dûment préparé. C'est également durant ces 15 minutes que je vous encourage à me poser des questions si quoi que ce soit dans la théorie vous a posé un problème. Mon bureau vous est bien sûr ouvert en dehors des cours, comme toujours. Pour aujourd'hui, nous allons réviser un peu la pratique des 5 premières années. Miss Granger, voulez-vous bien je vous prie, empiler ces caisses les unes sur les autres et les déplacer de l'autre côté de l'estrade. Utilisez tous les sorts qui vous paraîtront utiles.
Avec un hochement de tête poli, Hermione se leva, sa baguette en main. Sans aucune hésitation elle effectua parfaitement l'exercice. Le professeur Flitwick la félicita, accordant 5 points à Gryffondor, avant d'interroger d'autres élèves. La première demi-heure passa rapidement. Pendant la seconde partie du cours, le professeur les fit se mettre par groupe de 5 et distribua des ballons. Le but du jeu, expliqua-t-il, était d'utiliser les sorts repulsio et accio pour s'envoyer les ballons sans jamais les laisser tomber. Si le ballon touchait le sol, l'équipe était disqualifiée. Il était interdit d'envoyer le ballon deux fois d'affilé à la même personne, tout comme il était interdit de chercher à le récupérer deux fois d'affilé. La dernière équipe en lice obtiendrait 10 points pour sa maison. A la fin de la demi-heure la dernière équipe en jeu était celle composée de Draco, Blaise, Théodore, Daphné et Pansy. Quelques secondes plus tôt, l'équipe d'Hermione avait été disqualifiée lorsque Ron avait mal dosé la force de son repulsio et avait envoyé le ballon trop loin pour que quiconque ne réussisse à lancer un accio assez rapide et puissant pour le récupérer, hormis Hermione qui selon les règles ne pouvait pas intervenir. Contrairement à son habitude, l'adolescente ne râla pas de tout son saoul sur ces points bêtement perdus et le regard qu'elle échangea avec Harry, regard qui échappa totalement à Ron, signifiait à quel point les deux amis étaient soulagés que Draco emporte l'épreuve. Ce serait une chose que Sirius ne pourrait pas lui reprocher.
- C'était très bien, félicitation à tous, piailla Flitwick, tout sourire. Pour le prochain cours, vous préparerez le sort de la page 15. Je ne saurais que trop vous conseiller de lire les pages précédentes qui sont une introduction aux sortilèges comme matière d'ASPICs et qui vous donne d'excellents conseils pour appréhender vos cours et les réviser.
Les élèves rassemblèrent rapidement leurs affaires avant de quitter la salle pour se rendre en cours de potion mis à part Draco qui s'éternisait, apparemment peu pressé de quitter la salle. Après quelques instants, Daphné s'impatienta.
- On va finir par être en retard en cours de potion ! Tu veux te prendre un savon de Rogue dès le premier jour ?
Draco devint livide et accéléra le mouvement. Ses camarades échangèrent des regards intrigués, et, alors qu'ils prenaient la direction des cachots, Pansy se hasarda à le questionner sur son étrange comportement.
Après quelques hésitations, l'adolescent finit par leur avouer ce que son père lui avait dit au sujet de leur professeur de potion, et leur expliqua les doutes qui l'avaient saisi sur les réelles allégeances du directeur de Serpentard, et l'ordre que lui avait fait son père de lui obéir.
- Je ne crois pas, dit prudemment Blaise lorsque Draco eut finit son récit. Je pense que Rogue était vraiment contre tu-sais-qui, sinon Dumbledore ne lui aurait jamais fait confiance. Je veux dire, c'est Dumbledore, on en peut pas le berner !
- Si Rogue était vraiment espion, il aurait berné le Lord, c'est aussi difficile à croire, fit remarquer Théo.
- Pas forcément, répliqua Pansy, le Lord était tellement persuadé que personne n'oserait le trahir qu'il n'a jamais mis en doute la loyauté de Rogue. Alors que Dumbledore donne sa chance à tout le monde, mais il se méfie quand même.
- Mais et si Rogue a réussi à le berner, justement, je fais quoi, moi ? Soupira Draco.
- Tu le dis à Black, répondit Blaise en haussant les épaules.
- Pardon ? sursauta le Serpentard blond
- Ben oui, Blaise a raison, acquiesça Daphné. Black supporte pas Rogue. Donc si Rogue essaie de te contrôler au nom de ton père, tu files voir Black et tu lui dis. Black sera sûrement ravi d'aller expliquer à Rogue qu'il a intérêt à te foutre la paix. Et si jamais tes craintes sont effectivement fondées, on te laissera jamais seul avec lui et au moindre doute, s'il te convoque ou quoi, on ira chercher Black.
- Mon père sera sûrement ravi de l'apprendre, siffla Draco.
- Il est à Azkaban ton père, protesta Pansy, déjà il risque pas d'apprendre quoi que ce soit, et puis c'est pas demain la veille qu'on va le laisser sortir !
- Demain, non, mais il a prit que 5 ans, ce qui veut dire qu'il pourrait très bien sortir dans 6 mois.
- Il a été déchu de l'autorité parentale, Draco, même s'il sort, tu resteras avec Black.
- Entre le strangulot et le sombral mon cœur balance, ironisa Blaise alors qu'ils arrivaient enfin devant la salle de potion, arrachant un maigre sourire a son ami.
Depuis l'intérieur de la salle, le professeur Rogue les invita à entrer de sa voix froide. Il les laissa s'installer sans manifester son impatience habituelle, debout devant le tableau noir, les mains croisées dans le dos.
Une fois que chaque personne se fut enfin installée et ait sorti son matériel et son livre de sixième année, le professeur se racla la gorge, obtenant instantanément le silence, et prit la parole.
- En ce qui me concerne, commença-t-il en promenant son regard sévère sur la classe, il n'y a que deux personnes ici qui méritent leur place dans cette salle. Il s'agit de monsieur Malefoy et de miss Granger. Le directeur ayant insisté lourdement pour que j'ouvre cette classe d'ASPICs aux personnes n'ayant obtenu qu'un Effort Exceptionnel à leur BUSE de potion, je me suis exécuté sous la condition expresse de ne pas avoir à ralentir la progression des élèves ayant le niveau requis à mon avis pour suivre ces cours. Aussi j'attends de monsieur Malefoy et de miss Granger de maintenir leur excellent niveau dans cette matière, et j'attends de toutes les autres personnes présentes aujourd'hui qu'elles redoublent d'efforts dans l'apprentissage des potions. Je donnerai à chaque cours une potion à connaître pour la session suivante. Sa conception se fera en classe et la recette de la potion sera toujours dans votre manuel mais il vous appartiendra de rechercher dans la bibliothèque son histoire, son concepteur, les circonstances de sa découverte, son utilisation, les conséquences d'éventuels abus… Vous ferez une fiche complète que vous me remettrez en début de cours et qui sera noté au même titre que votre préparation. Si vous avez des questions concernant la préparation en elle-même, je vous invite à poser un sort de stase sur votre chaudron et à ne pas hésiter à m'appeler. Pour les questions plus théoriques, il vous faudra prendre sur votre temps libre pour venir me trouver dans mon bureau. Enfin il n'y aura plus de binôme cette année, vous devrez apprendre à travailler exclusivement seul. Bien, s'il n'y a pas de questions, nous allons commencer par quelques potions simples qui rendront services à Mme Pomfresh. Monsieur Malefoy vous préparerez un chaudron de potion sans rêve et miss Granger vous vous occuperez de confectionner un léger philtre de paix. A la fin de l'heure et demi qu'il nous reste, vous mettrez un sort de stase sur vos chaudrons et m'indiquerez à quelle étape vous êtes rendus. J'achèverai. Le reste de la classe préparera de la pimentine, vous devriez avoir largement le temps de finir votre potion, d'appliquer un sort de refroidissement et de faire la mise en fiole. S'il vous manque des ingrédients, servez vous dans l'armoire. Au travail !
L'ensemble des élèves, après avoir échangés des regards étonnés devant l'absence de l'agressivité à laquelle les avait habitués le professeur, se mirent à leurs confections respectives. Rogue passa dans les rangs, s'arrêtant quelques minutes devant Harry.
- Emincez plus fin monsieur Potter, sinon la pimentine sera trop concentrée.
Le tout dit sans sarcasme, sans le ton condescendant qu'utilisait habituellement le professeur avec le Gryffondor. Celui-ci échangea un regard perplexe avec Hermione dès que Rogue eut tourné le dos. La jeune fille haussa les sourcils et l'adolescent haussa les épaules en retour, les paroles de Dumbledore, lors de la mort de Voldemort, lui revenant en mémoire. Peut-être que Rogue lui était réellement reconnaissant d'avoir mis un terme à la tyrannie du mage noir. Et peut-être que cesser de le harceler et de l'humilier à tout propos était sa manière de lui exprimer cette reconnaissance.
Sur un dernier regard, les deux amis se remirent au travail.
Rogue, lui, continua à aller d'une table à l'autre, rectifiant ci et là une technique de découpage ou une manière d'émincer. Harry continua sa potion, réalisant à quel point cette matière lui paraissait facile maintenant qu'il n'avait plus son professeur constamment sur le dos.
Vers la fin du cours, Rogue revint vers la table d'Hermione.
- Le temps est presque écoulé, miss Granger pour que vous puissiez avoir le temps de nettoyer et ranger votre matériel, je vous suggère de poser votre sort de stase dès à présent. Où êtes vous rendue ?
Hermione pointa sa baguette sur son chaudron et prononça le sort adéquat avant de répondre à son professeur.
- Je viens à l'instant d'ajouter le sirop d'ellébore, monsieur.
- Parfait. La couleur est bonne… la texture aussi… 15 points pour Gryffondor miss Granger.
L'annonce de Rogue provoqua une quinte de toux chez l'ensemble des Gryffondors et la majorité du reste de la classe, lui arrachant un rictus amusé. Hermione se mordilla les lèvres pour s'empêcher de sourire en remerciant le professeur.
Celui-ci se dirigea ensuite vers Malefoy et, après avoir inspecté sa potion et lui avoir, à lui aussi, accordé 15 points, il se tourna vers la classe.
- Avant de partir vous mettrez vos fioles de potions dans les paniers posés sur vos tables en les étiquetant à votre nom. Lorsque j'aurai vérifié vos préparations, celles correctement réalisées rapporteront 5 points à leur auteur. Au prochain cours nous aborderons le veritaserum, vous vous documenterez donc sur cette potion comme je vous l'ai indiqué au début du cours. Vous pouvez y aller. Monsieur Malefoy, restez un instant, je vous prie.
Daphné jeta un regard rassurant à son ami, lui rappelant silencieusement qu'il ne risquait rien. Malefoy esquissa un sourire incertain tout en rangeant ses affaires lentement.
- Tu veux que je t'attende ? Lui murmura Pansy. Je suis préfète, le professeur MacGonagall ne dira rien.
- Non ça ira, répondit l'adolescent, bien qu'il soit persuadé du contraire.
Assis à son bureau, occupé à prendre quelques notes, Severus ne bougea pas jusqu'à ce que le dernier élève eut fermé la porte derrière lui. Il posa alors sa plume et, se levant, vint s'asseoir sur le bord du bureau de Draco.
- Comment vas-tu ? lui demanda-t-il après l'avoir observé quelques instants. Je t'ai trouvé inhabituellement calme.
- Je ne voulais pas perturber votre cours, professeur, répondit l'adolescent, visiblement sur la défensive.
- Nous sommes seuls, Draco, tu n'as pas à m'appeler professeur.
Le jeune homme ne répondit pas, se contentant de le regarder d'un air impassible. Un air que Severus avait apprit à reconnaître et qui, il le savait, était soigneusement travaillé pour dissimulé la moindre émotion. Il soupira.
- Je ne doute pas que tu m'en veuilles. Je ne t'ai guère facilité la tâche ces dernière années mais il faut que tu comprennes qu'il était absolument primordial de conserver intacte ma couverture d'espion. Je ne pouvais donc pas agir comme je l'entendais et ce, sur de nombreux plans.
Draco hocha la tête, sèchement, tel que l'aurait fait son père. Un acquiescement de circonstance qui ne l'engageait à rien. Mais Severus n'était pas né de la dernière pluie. Quinze années d'espionnage l'avait rendu pratiquement impossible à berner et il pouvait voir les doutes qui se bousculaient dans la tête de l'adolescent. La seule chose qu'il ne pouvait pas deviner était la nature de ces doutes.
- J'ai appris que tu avais vu ton père peu de temps avant la rentrée, se risqua-t-il.
Le regard de Draco vacilla. « Enfin une réaction » se dit le directeur de Serpentard.
- Comment les choses se sont-elles passées ?
Machinalement, Draco se frotta le bras que son père avait meurtri et Rogue fronça les sourcils.
- Ton père t'a-t-il blessé, Draco ?
- Non, monsieur, répondit très vite l'adolescent.
Trop vite. D'après l'expérience de Rogue, une réponse aussi précipitée ne pouvait signifier qu'une seule chose : le jeune homme mentait. Certes avec brio mais pas assez parfaitement pour qu'il ne s'en rende pas compte.
Il jugea inutile, toutefois, de pousser l'adolescent à avouer ce qu'il s'était passé. S'il avait été sérieusement blessé, nul doute que Black se serait rendu compte de quelque chose. Il supposait que Lucius, selon son habitude, avait quelque peu bousculé son fils, accompagnant sans doute ces brimades de sarcasmes, de reproches qui avaient dû frapper le jeune homme en plein cœur. Il fut prit d'un doute. Il avait bien joué son rôle pendant ces quinze années et Lucius n'avait jamais douté de sa loyauté envers le mage noir. Qu'avait-il pu dire à Draco le concernant ?
- Draco, reprit-il, jugeant nécessaire de mettre les choses au clair, je ne sais pas ce que ton père a pu te dire, mais qu'une chose soit bien claire. Mon allégeance a toujours été pour le professeur Dumbledore. Aussi tu ne dois pas hésiter à me parler si tu as le moindre problème. J'ai dû pendant des années informer ton père de tout ce qui te concernait, cela uniquement parce qu'il avait l'oreille de Voldemort. S'il avait dû apprendre tes retenues ou mauvaises notes par l'intermédiaire d'un de tes camarades, il aurait pu, pour se venger de ma mauvaise volonté, parler de moi au seigneur des ténèbres et me mettre dans une position dangereuse. Je sais que mes… disons mes rapports quotidiens t'ont attirés bons nombres d'ennuis et j'en suis infiniment désolé.
- C'est pas grave, marmonna le jeune homme, si ça n'avait pas été vos rapports, ça aurait été autre chose.
Severus hocha la tête, Draco n'avait pas tort. Lucius pouvait se montrait extrêmement inventif.
- Enfin, tout cela pour te dire que j'espère que tu sais que tu peux compter sur moi à présent. Tu peux venir me trouver quelque soit l'heure et pour quelque raison que ce soit. Même si ce n'est pas officiel, tu restes, à mes yeux, mon filleul.
Draco leva enfin les yeux vers lui, le soulagement apparaissant nettement sur ses traits.
- Alors, reprit Severus, comme je te disais, je te trouve calme, trop calme. J'aimerais être sûr que ça ne cache pas un problème plus profond. Comment les choses se passent-elles avec Black ?
- Bien, répondit précipitamment l'adolescent en détournant le regard, faisant froncer les sourcils à son directeur de maison.
- Draco…Black, est-ce qu'il… Je veux dire s'il te maltraitait, tu m'en parlerais, n'est-ce pas ?
- Il ne me frappe pas, assura Draco.
Severus lui saisit le menton, l'obligeant à le regarder.
- Tu es en train de me mentir Draco.
- Non ! Enfin, oui, il m'a donné une gifle il y a quelques temps mais rien de plus je vous le… Je te promets Severus. Tessa me protège je crois.
- Tessa ? La jeune femme qui a épousé ce crétin ?
Draco eut un sourire.
- Elle te plairait. Elle ne le laisse pas lui marcher sur les pieds. Elle lui crie dessus dès qu'il fait un pas de travers. Ou alors elle lui fait des coups tordus pour se venger.
- Tu as l'air de bien l'aimer.
- Elle est géniale. Elle… J'aurais aimé que maman soit comme ça…
- Si elle fait en sorte que Black ne te mène pas trop la vie dure, il est certain que je l'apprécie déjà. Cela dit les corrections ne sont pas la seule manière de maltraiter un adolescent et je vois bien que la situation te pèse. Avec Black comme professeur ici, tu ne pourras pas profiter de l'éloignement comme tu le faisais avec ton père.
- Il croit que je vais tourner comme mon père. Il croit que je veux devenir une nouvelle sorte de mangemort. Il dit qu'il veut me sauver malgré moi. Tessa dit que ça finira par s'arranger.
Severus hocha la tête d'un air pensif.
- Tu devrais peut être parler à Black de tes relations avec ton père, cela pourrait l'éclairer sur tes soi-disant prédispositions à suivre ses traces.
- Non ! cria presque Draco, paniqué, avant de reprendre un ton plus correct.
- Pourquoi ?
- Parce qu'il ne me croirait pas, il penserait que j'essaie de l'amadouer et il finirait par se mettre en colère. Je préfère obéir. Tess ne le retiendra pas éternellement.
Severus fronça les sourcils, inquiet du fatalisme de l'adolescent.
- Je pourrais lui parler moi-même.
- Non. S'il-te-plait ! Ne dis rien. Severus…
-Très bien, soupira Severus en s'installant à son bureau pour griffonner quelques mots sur un parchemin.
Il se leva et tendit le mot plié en deux à Draco.
- Comme tu le souhaites. Mais tu dois me promettre de ne pas hésiter à venir me voir, d'accord ? Comme je te l'ai dis, quelque soit l'heure et quelque soit la raison.
- D'accord, capitula Draco, c'est juré.
- Tu donneras ce mot au professeur MacGonagall pour excuser ton retard. Va en classe, j'ai un cours dans 45 minutes avec les septième-année qui nécessite un peu de préparation.
Draco ramassa son sac, enfourna le mot dans sa poche et, sur un faible sourire envers son presque-parrain, sortit de la pièce et prit la route de la salle de métamorphose.
Il monta rapidement les trois étages qui le séparaient de la salle de classe de McGonagall. Il inspira profondément et frappa. La voix sèche du professeur de métamorphose lui enjoignit d'entrer et il poussa le battant.
- Monsieur Malefoy, vous nous honorez enfin de votre présence… Vingt points seront retirés de…
Draco sortit le parchemin de sa poche et le tendit à McGonagall avec un sourire poli.
- Je suis navré de mon retard, professeur, l'interrompit l'adolescent, tachant de garder un ton respectueux, le professeur Rogue souhaitait me parler.
Minerva déplia le mot et le parcourut rapidement, les lèvres pincées, visiblement agacée d'avoir été coupé dans sa tirade sermonnaire.
- Prenez place, monsieur Malefoy, dit-elle d'un ton sec avant de reprendre le fil de son cours.
Draco s'assit à côté de Daphné qui haussa un sourcil interrogateur. Il hocha discrètement la tête : Tout allait bien, Severus était clean.
Daphné eut un sourire soulagé et hocha à son tour la tête en direction de Pansy qui se pencha immédiatement pour murmurer quelques mots à Théo, assis devant elle.
Draco secoua la tête, amusé. Radio-Serpentard dans toute sa splendeur. Quel autre groupe à Poudlard pouvait rivaliser avec leur vitesse de diffusion de l'information ?
.
OoO
.
Rogue se dirigea avec soulagement vers la salle des professeurs. Il était 17h et, si la matinée avait été facile à gérer avec les sixième et septième années, il n'en avait pas été de même pour les cours de l'après midi. Il avait eu à gérer successivement l'inexpérience des Serdaigles et Poufsouffles de première année, puis l'incompétence et l'agressivité des Gryffondors et Serpentards de troisième année. Aussi, dire qu'il était content de voir la journée se terminer était un euphémisme.
Il poussa la porte de la salle des professeurs dans l'intention de se faire une tasse de thé. La bouilloire sifflait déjà dans l'âtre et Black, assis devant la cheminée, écoutait Minerva lui raconter sa journée.
- Et ils étaient là, disait-elle, à moitié endormis, à faire semblant d'écouter mon discours sur les ASPICs. J'aurais pu parler à des véracrasses. Et encore, ces bêtes auraient sans doute été plus éveillées ! La seule chose qui les a un tant soit peu tiré de leur apathie a été l'arrivée de monsieur Malefoy.
- Comment ça « l'arrivée de monsieur Malefoy », réagit aussitôt Sirius, les sourcils froncés.
- Oui il est arrivé un quart d'heure après le début du cours, à peu près. Ça a eu le mérite de réveiller ses camarades, j'ai presque regretté qu'il ne claque pas la porte derrière lui. J'ai été à deux doigts de le lui demander d'ailleurs, gloussa-t-elle.
- Minerva, revenons un instant sur l'arrivée tardive de Draco. J'espère que vous n'avez pas laissé passer ça. Qu'est-ce que c'est que cette nouveauté ? Il ne vient en cours qu'aux heures qui l'arrangent à présent ?
- En fait, commença McGonagall, visiblement interloquée par la réaction de Sirius.
- En fait j'ai retenu Draco après mon cours, intervint Severus, j'avais à lui parler et, si j'ai peut-être mal choisi mon moment, je lui ai fait un mot pour l'excuser auprès de Minerva.
Le professeur hocha la tête pour appuyer les dires de son collègue de Serpentard mais, avant qu'elle ne puisse s'exprimer, Sirius se leva d'un bond, faisant face à Severus.
- Ne te mêle pas de ça Rogue, cracha-t-il, tu lui as probablement déjà fait une dizaine de mots bidons pour excuser des retards. Tu les lui donnes sur demande ? Ou tu lui en fournis un stock au début de l'année ?
- Je ne te permets pas de proférer de telles insinuations, protesta Severus en fronçant les sourcils. Draco était avec moi et je suis seul responsable de son retard à son cours de métamorphose et si Minerva ne m'en garde pas rancune, je ne vois pas au nom de quoi, toi, tu le ferais.
- Draco est mon pupille je te rappelle, j'ai pour devoir de l'éduquer ! Alors tout ce qui le concerne me regarde. Arrête un peu de le défendre, tu ne lui rends pas service !
- Et toi tu devrais arrêter de ne voir que le mal en lui ! réplica le professeur de potion en tentant de conserver un ton détaché. Si tu voulais bien sortir la tête du sable de temps en temps, tu verrais aussi ses bons côtés. Je ne prétends pas qu'il est parfait, loin de là, mais il ne faut rien exagérer.
Sirius lui jeta un regard venimeux et se dirigea vers la porte.
- Ma femme m'attend pour dîner. Je réglerais ça avec ce petit con plus tard.
Il claqua la porte derrière lui. Severus soupira et se laissa tomber dans le fauteuil ainsi libéré, acceptant d'un hochement de tête la tasse de thé que lui proposait Minerva.
- Etiez-vous obligée de l'informer du retard de Draco ? demanda-t-il à sa collègue d'un ton plus sec qu'il ne l'aurait voulu.
- Ce n'était qu'une anecdote, répondit Minerva d'un air désolée. Ce n'était rien de grave et jamais je n'aurais imaginé que Sirius réagisse ainsi.
- Il réagit de manière excessive dès qu'il s'agit de Draco, il est persuadé d'avoir devant lui la copie conforme de Lucius et il ne cherche même pas à connaître le garçon.
- Il agit en tout point comme vous l'avait fait à l'égard d'Harry Potter, signala perfidement McGonagal.
- Et j'avais tort, je sais, répondit Severus avec un sourire en coin, mais justement, après m'avoir répété toute l'année que je devais cesser de juger ce jeune homme sur les faits de son père, quels qu'ils aient été, il pourrait mettre en œuvre ses propres conseils et donner une chance à Draco. Celui-ci me dit le plus grand bien de cette canadienne qui a épousé Black. J'espère qu'elle saura le ramener à de meilleurs sentiments.
- J'admets que monsieur Malefoy semble avoir changé d'attitude, il se montre poli et bien moins hautain que par le passé. Sans doute la disparition de la pression que son père faisait peser sur ses épaules n'y est pas étrangère. Quant à ramener Sirius à de meilleurs sentiments comment vous dites, si quelqu'un peut y arriver, c'est bien son épouse. Je ne l'ai rencontré qu'une ou deux fois, mais cette jeune femme semble être dotée d'une volonté de fer et d'un caractère bien trempé.
- Je l'espère. Draco n'a nul besoin d'une nouvelle Narcissa, il a besoin d'une mère sur qui il puisse compter.
- Les choses finiront par s'arranger Severus, vous verrez, prophétisa Minerva avant de se lever et de sortir de la salle, laissant Rogue pensif, dans la semi-obscurité de la pièce.
Oui, les choses finiraient par s'arranger… Il espérait que Draco n'aurait pas à traverser un nouvel enfer avant ce jour-là…
