coucou les gens,
oui oui je sais, Sirius est un sale type et ça va pas s'arranger. Hermione et Harry vont avoir enfin cette discussion que je vous promets depuis plusieurs chapitres et dans laquelle Harry va un peu s'expliquer!
Les vacances de noël approchent et avec elles la fin de la fic, il ne reste que 4 chapitres (ce chapitre et épilogue inclus)
Comme d'hab, je remercie mes beta, Morphée et Mistycal ainsi que mes lecteurs!
bonne lecture
enjoy
Septembre et Octobre étaient passés.
Dans la salle commune des Serpentards, en ce samedi de fin novembre, l'ambiance était aussi maussade que le temps. Blaise, Pansy, Daphné et Théo étaient assis sur les canapés en cuir et jouaient aux cartes, peu concentrés sur leur jeu. Ils jetaient de fréquents coups d'œil à Draco, qui, assis à l'un des bureaux, faisait ses devoirs, comme à chaque fois qu'il avait un instant de libre.
Daphné et Pansy soupirèrent de concert en remarquant la pâleur du jeune homme et les larges cernes sous ses yeux. Elles savaient par les garçons que Draco se couchait très tard, ne dormant que trois ou quatre heures par nuit, dans l'espoir de maintenir le niveau exigé par son tuteur.
Bien entendu, la fatigue qui s'accumulait n'était pas faite pour l'aider et il lui arrivait de plus en plus souvent d'être obligé de lire ses cours à plusieurs reprises pour en comprendre le contenu.
Il était également plus irritable, envoyant paître ses amis à la moindre occasion. Ceux-ci ne s'en formalisaient pas mais craignaient qu'il ne s'attire des ennuis, ce qui n'avait pas tardé à arriver.
La veille, Black avait rendu un devoir ardu sur la théorie des sortilèges informulés. Draco avait obtenu un Acceptable. En lui rendant sa copie, le professeur de défense avait fait une remarque acerbe à laquelle l'adolescent, épuisé, avait répondu du tac au tac. L'animagus lui avait sèchement ordonné de rester après le cours.
A peine le dernier élève avait-il refermé la porte sur lui que Sirius avait assené une gifle magistrale à l'adolescent qui avait dû se rattraper à son bureau pour ne pas tomber. Le redressant, il l'avait frappé une seconde fois avant de le jeter sans ménagement hors de la salle, lui ordonnant de préparer un parchemin de 90 cm sur le même sujet que la copie qui venait d'être rendue et lui interdisant de remonter sur un balai jusqu'à nouvel ordre.
Si, depuis la rentrée, Sirius s'était déjà laissé allé à gifler son cousin, que ce soit pour des notes insuffisantes ou une attitude qu'il réprouvait, il ne l'avait encore jamais frappé aussi fort, en témoignait l'hématome qui s'étalait sur la mâchoire du jeune homme, ainsi que sa lèvre fendue.
A la demande de Draco, Daphné était allé trouver Rogue pour lui dire que Draco devait abandonner le quidditch. Le directeur de Serpentard avait assuré à la jeune fille qu'il allait organiser des sélections pour remplacer l'attrapeur de l'équipe et n'avait pas insisté sur les raisons de l'abandon de son presque-filleul, se contentant de demander à son élève de rappeler à Draco qu'il pouvait venir le trouver s'il en ressentait le besoin.
Mais Draco avait refusé d'y aller, voulant de toute évidence éviter son parrain jusqu'à ce que les traces de coups aient disparues.
Blaise n'avait pas eu le cœur de dire à son ami qu'il était évident pour tout le monde qu'elles seraient encore largement visibles le lundi matin.
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Sirius entra dans la salle de repos des professeurs et se laissa tomber dans un fauteuil avec un soupir de bien être. Le week-end était passé à la vitesse de l'éclair et la reprise des cours n'avait pas altéré la bonne humeur qu'avaient engendrée ces deux jours en compagnie de son épouse.
Il entendit la porte s'ouvrir et se refermer sans douceur et il leva les yeux au ciel sans se retourner : quelqu'un semblait avoir passé une mauvaise journée…
Rogue entra dans son champ de vision alors qu'il s'approchait de la table sur laquelle étaient disposées une dizaine de théières enchantées, chacune renfermant un thé différent. Le directeur de serpentard prit le temps de boire sa tasse avant de se tourner vers Sirius.
- Ah, Black ! Lança-t-il comme s'il avisait à l'instant la présence du Gryffondor. Tu tombes bien. Comme je sais que tu prends très à cœur les études de Draco, je pense qu'il est de mon devoir de t'informer qu'il n'est pas au point dans sa technique du glamour. Malgré le sortilège, on pouvait encore très nettement voir les marques de coups.
Sirius soupira en levant les yeux au ciel.
- Ne recommence pas Rogue…
- Non, non, pas de problème, c'est mieux ainsi. Ça me permet de savoir ce qu'il se passe sans avoir besoin de l'interroger pour savoir s'il va bien en sachant pertinemment qu'il va me mentir en affirmant et je le cite « qu'il n'y a aucun problème ». Il ne faut pas que tu hésites à frapper fort. C'est très pratique !
- Epargne-moi tes sarcasmes, tu veux ? Grogna Sirius. J'élève Draco comme bon me semble !
- Ce n'est pas de l'éducation, ça, fit remarquer Rogue d'un ton sec, tu te rapproches dangereusement de la maltraitance.
- Arrête ton cinéma, aboya Sirius en se levant d'un bond, j'ai connu la maltraitance, toi aussi d'ailleurs, si je ne m'abuse, alors ne nous compare pas à ce petit con qui refuse de se plier aux règles !
Il sortit de la pièce en trombe, mais pas suffisamment vite pour ne pas entendre Rogue siffler dans son dos :
- T'entendre, toi, parler de respect des règles, c'est d'une ironie confinant à l'absurde !
Sirius continua sa route sans se retourner, ruminant les dernières paroles du Serpentard. Pour qui se prenait-il ? Ne voyait-il pas qu'il ne cherchait qu'à assurer un avenir convenable à ce gosse ? C'était leur laxisme à son égard qui le forçait, lui, à redoubler de sévérité. Il savait mieux que quiconque les ravages que faisait une éducation comme celle que Lucius avait donné à ce gamin.
Et, foi de Gryffondor, Draco ne tournerait pas comme Regulus. Il l'en empêcherait.
A la force du poignet.
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La semaine suivante fut légèrement moins tendue pour Draco.
Dès les premiers jours de décembre, ne pensant qu'à Noël, la majorité des élèves relâchaient leurs efforts. Ils se montraient plus dissipés en classe, moins assidus dans leurs leçons et leurs devoirs. Les professeurs devaient redoubler de sévérité pour maintenir un niveau acceptable chez leurs étudiants. Sirius lui-même était trop occupé à houspiller ses élèves pour maintenir sa pression constante sur son pupille. C'était du reste inutile, Draco se mettait la pression tout seul, redoublant d'efforts pour être irréprochable.
Son self-control était mis à rude épreuve par Ronald Weasley qui ne perdait pas une occasion de se moquer de lui en racontant à qui voulait l'entendre ses difficultés avec Sirius, qui le provoquait de toutes les manières possibles. Aucun des Serpentards ne pouvait réagir, Draco les ayant convaincus que Sirius le tiendrait pour responsable de la moindre altercation.
Il s'était senti presque vengé quand le rouquin, après lui avoir cherché des noises tout le long du trajet entre la classe de potion et celle de métamorphose malgré les soupirs de Harry et les remontrances d'Hermione, avait subi un long sermon de la part du professeur McGonagall pour devoir non fait. Sermon qui s'était soldé par une retenue le vendredi soir.
Toute la semaine, donc, Draco avait fait profil bas, restant hors du chemin de son cousin, ignorant résolument Ron, et mettant un point d'honneur à rendre des devoirs parfaits.
Le vendredi soir après le diner, il prit la direction de sa salle commune. Comme il l'avait fait la semaine précédente et était bien décidé à le faire les semaines à venir, il avait l'intention de ne pas en ressortir avant son premier cours, lundi matin. Ainsi, Sirius ne pourrait rien lui reprocher.
A la table des Gryffondors, Harry suivit du regard le Serpentard, songeur.
- Bon, faut que j'aille à ma retenue avec la vieille McGo, déclara soudain Ron, le faisant sursauter. Vous m'attendrez ?
- Ouais, sûr, répondit Harry en terminant son jus de citrouille.
- A tout à l'heure, déclara Hermione d'un ton sec.
Harry regarda son ami s'éloigner, et, dès qu'il fut sortit de la grande salle, il se tourna vers Hermione.
- Dis-moi toi, comment ça se fait que tu aies laissé Ron oublier ce devoir ?
La jeune fille leva le nez d'un air hautain.
- Ça ne lui fera pas de mal de prendre ses responsabilités pour une fois. Et puis ça le rendra peut-être moins crétin !
Le regard de la jeune fille glissa vers la place vide de Draco, à la table des Serpentards.
- De plus, il faut qu'on parle, toi et moi.
Harry suivit le regard de son amie et soupira.
- Ouais. Tout le monde en a encore pour un moment ici. Viens, on va dans la salle commune.
Le trajet ne leur prit que quelques minutes. Ils étaient pressés de pouvoir discuter tranquillement. La présence constante de Ron ne leur avait permis de parler que de futilités sans jamais aborder le sujet qui les préoccupait tous deux.
Une fois confortablement installés dans les fauteuils qu'ils avaient tirés devant le feu qu'Hermione venait de ranimer, ils se dévisagèrent en silence.
- Les choses empirent, finit par lâcher Harry dans un soupir.
- C'est rien de le dire, approuva Hermione sur le même ton. Tu as vu lundi dernier ? Il avait beau essayer de le dissimuler, on voyait bien qu'il avait un bleu sur la mâchoire.
- Il s'était peut-être ramassé une gamelle, répondit Harry sans grande conviction.
- Et les cernes ? Ça aussi c'est un accident ? Siffla Hermione d'un air mécontent. Il va s'épuiser à ce rythme là. Je ne te raconte même pas la réaction de Tess quand elle va le voir ! Et encore, je me demande s'il ne faudrait pas lui écrire pour lui parler des bleus.
- Non, décréta Harry d'un ton péremptoire, on n'écrit pas à Tess. J'ai pas envie de provoquer une dispute où je ne sais quoi. Si Malefoy ne veut pas lui raconter ce qu'il se passe on va pas le faire pour lui.
- Oui, j'ai pu remarquer que tu ne te mouillais pas trop dans cette histoire.
- J'ai pas…
Harry s'interrompit net en secouant la tête. Hermione le dévisagea un moment sans rien dire puis, voyant qu'il n'avait pas l'intention de poursuivre, elle changea de position et secoua la tête.
- J'avoue que je ne comprends pas trop pourquoi tu ne fais pas tampon entre eux. Sirius te décrocherait la lune si tu le lui demandais. Si tu le voulais vraiment, je suis sûre que tu pourrais améliorer les choses pour Draco.
- Ou les empirer…
Hermione fronça les sourcils, désorientée.
- Comment ça les empirer ?
- Ecoute, soupira Harry, Tess a encore plus d'influence que moi sur Sirius et tu as bien vu que ça ne servait à rien.
- Je ne suis pas sûre qu'elle ait plus d'influence que toi. Si Sirius devait choisir entre toi et elle, je pense qu'il te choisirait.
- Je sais pas. Peut-être. Heureusement, la question ne se pose pas. Mais pour en revenir à Malefoy… Sirius sait qu'on ne s'entend pas.
- Les choses sont différentes…
- Je sais Hermione, mais Sirius ne le voit pas comme ça. Pour lui on ne s'entend pas, on ne peut pas s'entendre et Draco cherche forcément à me faire du tort.
- Je sais bien qu'il pense ça, mais si tu lui parles entre quatre yeux, peut-être qu'il comprendra qu'il a tort ! Tu pourrais lui demander s'il apprécierait que le professeur Rogue te mène la vie dure comme ça ?
- Je l'entends d'ici, Mione, il va dire que déjà Rogue m'a mené la vie dure pendant 5 ans, mais qu'en plus Rogue n'est pas mon père ni mon tuteur et qu'il n'a donc pas les droits que lui a sur Draco. Il ajoutera sûrement que Rogue voulait seulement se venger d'un mort en me harcelant alors que lui cherchait juste à donner une bonne éducation à Malefoy. Crois-moi, aborder ce sujet, c'est aller droit dans le mur !
- Au pire, ça ne changera rien, mais tu peux toujours essayer, non ?
- Mione, si je pensais qu'au pire ça ne changerait rien, comme tu dis, ça fait longtemps que je me serais foutu entre eux dès que possible ! Tu crois que ça me plait de voir Sirius agir comme ça ? C'est tellement… pas lui… il me fait penser à Vernon. Mais je te l'ai dit, je pense que ça risque d'empirer les choses.
- Je ne comprends pas.
- Enfin tu as bien vu comment agit Sirius ? Il a carrément accusé Draco d'avoir fait le mur cet été ! C'était totalement ridicule ! Alors si je commence à prendre sa défense, il va sûrement l'accuser de m'avoir, je sais pas, ensorcelé, peut-être bien ou dans le meilleurs des cas, il l'accusera de me faire un chantage quelconque et il sera encore plus furieux contre lui ! La seule chose que je peux faire, c'est de pas m'en mêler, détourner l'attention de Sirius quand je peux, comme dans le train à la rentrée, être sympa avec Malefoy quand on sera à la maison… ce genre de chose.
- Je n'avais pas pensé à ça, murmura la jeune fille. C'est vrai que Sirius l'accuse de tout et n'importe quoi. Ça serait plus facile pour lui de penser qu'il t'oblige à le défendre plutôt que d'imaginer que tu puisses réellement t'entendre avec Draco.
- De toute façon, comme tu l'as dit, Tess va voir que quelque chose ne va pas à la seconde où on descendra du train, à Noël. Sirius a intérêt à avoir une argumentation en béton parce que vu les notes de Draco, il ne pourra pas se justifier en disant que s'il n'est pas sévère il ne bosse pas.
Hermione haussa les épaules d'un air découragé.
- Il dira que Draco a de bonnes notes justement parce qu'il est dur avec lui.
- Malefoy avait déjà de bonnes notes avant, faut le reconnaître…
- Oui, on s'est toujours disputé la première place…
Harry jeta un coup d'œil à la pendule posé sur la cheminée.
- On va pas tarder à avoir de la compagnie. J'ai pas de devoirs à faire, on devrait installer le plateau de jeu du trivial poursuit sorcier, histoire de pas donner l'impression de comploter.
Hermione hocha la tête et monta dans son dortoir chercher le jeu. Ils jouèrent quelques minutes, préférant avoir une partie en cours quand leurs camarades rentreraient dans la salle commune, avant de reprendre leur conversation.
- Donc on ne peut rien faire, déclara Hermione, visiblement contrariée par cette idée.
- Non, à part lui foutre la paix.
- Faudrait faire comprendre ça à Ron, siffla-t-elle, furieuse il ne le lâche pas, il est sur son dos à la moindre occasion. On dirait qu'il cherche à toute force à déclencher une bagarre. Je ne sais pas comment Draco parvient à garder son calme.
- Il a pas le choix, fit remarquer Harry, je n'ose même pas imaginer la réaction de Sirius s'il utilisait sa baguette contre Ron.
Hermione joua quelques instant avec sa cravate d'uniforme, avant de relever la tête vers Harry en se mordillant les lèvres.
- Tu ne crois pas… je veux dire, si ça arrivait, tu penses que…
- Quoi ?
La préfète prit une profonde inspiration.
- Est-ce que tu crois que Sirius battrait Draco ? Je veux dire vraiment ?
Harry eut un soupir.
- Franchement je ne sais pas. Il y a quelques mois je t'aurais dit non. J'aurais été persuadé que Sirius était incapable de lever la main sur un ado, qui que ce soit. Il m'a parlé de son enfance, tu sais, et elle était horrible. Alors j'ai toujours pensé qu'il pouvait pousser des gueulantes, ça oui, mais qu'il ne pourrait jamais se montrer violent.
- Tu as changé d'avis ?
- En ce qui me concerne, non. Je n'ai pas peur de lui et je sais qu'il ne me fera jamais rien. Mais concernant Draco…
- Tu penses qu'il en serait capable ?
Harry secoua la tête, comme pour s'éclaircir les idées.
- Je ne sais pas trop qu'en penser, mais… ouais… je crois qu'il pourrait le faire.
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- Pour qui est-ce que tu te prends, Black !
- D'après ma femme je suis un beau gosse charismatique, mais elle n'est peut-être pas tout à fait objective…
- Ton humour douteux fait peut-être rire tes fans Gryffondors mais je ne suis pas d'humeur !
- Sans blague ? Ça t'arrive de l'être ?
- Black !
Sirius soupira et se redressa dans son fauteuil.
- Bon ok, Serv… hum… Rogue. Qu'est-ce qu'il y a encore ?
- Tu as interdit à Draco de venir me voir en dehors des cours de potions ?
- Effectivement.
- Black, je suis son directeur de maison, tu n'as pas à interférer !
- Je suis son tuteur, j'interférerai tant qu'il me plaira !
- Tu interdis aussi à Potter de parler à Minerva ?
- Il ne s'agit pas d'Harry ! Draco doit travailler, il n'a pas de temps à perdre en discussions inutiles !
Severus retint de justesse une exclamation exaspérée. Il parvint toutefois à garder un ton posé, conscient que mettre Sirius en colère n'aiderait en rien le jeune Malefoy.
- Black, je n'ai rien dis lorsque tu lui as défendu de rejouer au quidditch alors que c'est une décision scolaire qui ne t'appartient pas. Mais il ne faut pas exagérer. Les notes de Draco sont par ailleurs excellentes, il fait honneur à sa maison. Tu devrais commencer à remarquer ses qualités et ses succès plutôt que de te focaliser sur ses défauts et ses échecs.
- Tu pourras éduquer tes enfants comme tu le souhaiteras si tu finis par en faire. En ce qui concerne Draco, je ne changerai pas d'avis. Je serai intraitable sur ses notes. De plus, tant qu'il travaille, il ne fait pas de connerie !
- Tu ferais bien de te pencher sur les notes et le comportement de ton cher filleul ! Il est loin d'égaler le niveau d'excellence de Draco ou de miss Granger. Et je l'ai encore attrapé dans les couloirs après le couvre feu tandis qu'il se rendait aux cuisines avec son comparse. Je sais que son statut de héros lui ouvrira bien des portes, mais ce n'est pas lui rendre service que de le laisser transgresser les règles les plus élémentaires ou se reposer sur ses lauriers ! Avec un peu d'efforts, il pourrait avoir des notes bien meilleures que celles qu'il obtient actuellement.
Sirius soupira et se leva.
- Je sais que tu refuseras toujours de l'admettre, mais à l'heure actuelle, Draco a nettement plus besoin de discipline qu'Harry.
- Et ton épouse est d'accord avec ça ? Permets-moi d'avoir quelques doutes.
- Mon épouse et moi faisons front commun face aux enfants, elle se range donc à mon avis concernant Draco.
- Très bien, siffla Severus sans ajouter qu'il avait cru la jeune femme plus intelligente que cela. Toutefois, Draco viendra me voir à chaque fois qu'il en éprouvera le besoin. C'est ma prérogative de directeur de maison et il s'agit d'affaires internes à la maison de Serpentard dont tu n'as pas à te mêler. Tu ferais bien de t'y faire ! J'en référerai à Albus s'il le faut !
Sirius grommela un vague assentiment, contrarié. Rogue l'avait coincé. Il savait parfaitement qu'il n'aurait pas le soutien de Dumbledore sur ce sujet. Peu importait, au final. Le message était parfaitement passé auprès de Draco et au besoin, il remettrait les points sur les i pendant les vacances de Noël. Il ferait beau voir que ce petit imbécile ose lui désobéir. Il ne pouvait peut-être pas régir tout ce qu'il se passait à Poudlard, mais si Draco ne lui obéissait pas, il en paierait le prix. Après tout chez lui, il restait le maître !
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- C'est gentil à Sirius de nous inviter la première semaine des vacances, dit Hermione en se servant des choux de Bruxelles.
- Comment tu peux avaler ces trucs-là, marmonna Ron.
- Avec le festin de Noël ce soir, je préfère déjeuner léger. J'irai ensuite à la bibliothèque.
- Dumbledore nous donne l'après-midi et toi tu vas à la bibliothèque ?
- Le professeur Dumbledore nous a donné l'après midi pour que nous puissions faire nos bagages pour les vacances de Noël, comme les miens sont bouclés depuis hier soir, j'ai le temps d'aller m'avancer dans mes devoirs de vacances. Ça te pose un problème ?
Harry eut un sourire en coin en voyant les oreilles de Ron rougir sous le regard implacable de la jeune fille. Du coin de l'œil, il vit les portes de la grande salle s'ouvrir et il tourna la tête dans leur direction en buvant son jus de citrouille. Il s'étrangla aussitôt sur sa gorgée, manquant d'arroser Seamus qui se recula prestement en râlant.
- Quoi ? Demanda Ron en enfournant une grosse cuillère de purée.
- Tess, se contenta de répondre l'adolescent.
Les deux Gryffondors se tournèrent de concert dans la direction de l'entrée et regardèrent la jeune femme remonter l'allée centrale dans leur direction.
- Salut les jeunes, lança-t-elle en arrivant à leur hauteur.
Elle salua les quelques Gryffondors qu'elle avait vu à l'anniversaire d'Harry parmi les rares qu'il restait à table à cette heure avancée, avant d'embrasser ce dernier.
- Je ne m'attendais pas à vous trouver à table si tard.
- C'est plus calme en fin de service, expliqua Hermione, ignorant délibérément les récriminations de Ron qui marmonnait qu'on ne lui avait pas demandé son avis sur les horaires de repas.
- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda Harry avec un grand sourire.
- Albus a tenu à ce que je vienne assister au festin. Il dit que c'est normal que les conjoints de professeur y assistent et que ce n'est pas ça qui donnera beaucoup plus de travail aux elfes.
- C'est sûr, se moqua Hermione, surtout que Sirius est le seul professeur à être marié !
Tessa éclata de rire.
- C'est pas faux. Ceci explique peut-être cela. Mais j'en suis ravie ! Poudlard est fantastique ! Rien à voir avec le monastère sinistre qu'est l'académie ! J'aurais adoré faire mes études ici !
- Menteuse, sourit Harry, il suffit de voir comment tu parles de tes écoles, tu en as adoré chaque seconde !
La jeune femme réfléchit un instant, prenant un air consciencieusement concentré avant d'acquiescer.
- Ça c'est vrai !
Les adolescents éclatèrent de rire et elle se joignit volontiers à eux.
- Alors, demanda-t-elle après quelques minutes, comment se passent les choses ici ? Tout va bien ?
- A part qu'Hermione passe tout son temps à la bibliothèque, se moqua Ron.
- Et que Ron passe le sien à s'empiffrer, rétorqua la préfète du tac au tac.
- Oh ça, ça ne va pas aller en s'arrangeant, prédit Tessa en faisant un clin d'œil à Ron, parce que j'ai bien l'intention de cuisiner plein de bonnes choses quand vous serez là.
Ron afficha un grand sourire satisfait tandis qu'Hermione soupirait et qu'Harry ricanait.
- Bon et à part le sérieux d'Hermione et l'appétit de Ron ? Tout se passe bien ?
- Pour nous, ouais… marmonna Harry en se rembrunissant.
- Comment ça : pour vous ? Demanda Tessa d'un ton inquiet.
Harry eut un soupir en échangeant un coup d'œil avec Hermione, laquelle jeta un regard furtif vers Sirius en secouant la tête. L'adolescent ne put s'empêcher de faire de même vers la table quasi-vide des Serpentards, remarquant le regard las de Malefoy, vrillé sur eux.
- Tu vas vite comprendre, affirma-t-il à Tessa.
La jeune femme fronça les sourcils devant l'air sombre du filleul de son mari. Elle jeta à son tour un regard vers la table des Serpentards et se leva.
- On se verra plus tard, les jeunes. Je vais aller dire bonjour à Draco.
Elle leur fit un signe de main et se dirigea vers l'autre côté de la salle, sous le regard inquisiteur de Sirius.
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Draco finissait son repas, seul ou presque à la table des Serpentards lorsqu'il vit Tessa entrer dans la grande salle, le figeant dans son mouvement. Que faisait-elle ici ? Elle lui avait écrit deux jours plus tôt mais n'avait pas parlé de visite. C'était d'autant plus étrange qu'ils rentraient pour les vacances de Noël le lendemain. Il aurait aimé avoir l'avis de Blaise, mais, depuis quelques jours, il allait manger en fin de service, seul. C'était toujours une raison de moins qu'avait Sirius de s'en prendre en lui, ravi qu'il était de le voir fréquenter de moins en moins des « graines de mangemorts » qui composait sa maison.
Il regarda la jeune femme se diriger vers Harry et tenta de se convaincre que ce n'était que parce que la table des Gryffondors était la plus près de l'entrée qu'elle était allée vers eux en premier. Sa gorge se serra légèrement et il secoua la tête. Il n'avait aucune raison d'être jaloux de Potter. Pas pour ça en tout cas. Il savait que Tessa ne faisait pas de différence entre eux et il avait même parfaitement conscience qu'elle s'occupait de lui davantage, sans doute pour pallier à la préférence marquée qu'affichait Sirius.
Il essaya de manger encore un peu - il ne mangeait presque rien et avait perdu au moins 5 kilos - mais il n'arrivait pas à détacher son regard de Tess et du trio qui riait ensemble. Il remarqua le coup d'œil qu'Harry jeta dans sa direction et se demanda s'ils parlaient de lui. Quelques secondes plus tard, Tessa se leva et se dirigea vers lui.
A peine le temps de cligner des yeux et le parfum de la jeune femme envahit ses narines tandis qu'elle le serrait dans ses bras. Il hésita un instant avant de s'abandonner à l'étreinte. Comme si elle avait compris son besoin de réconfort, elle le serra plus fort quelques secondes avant de le relâcher et de prendre son visage dans ses mains, l'observant d'un œil critique.
- Tu as l'air épuisé, soupira-t-elle, est-ce que tu dors un peu ?
- Oui t'inquiète, murmura l'adolescent sans conviction.
- Tu mens toujours aussi mal… Tu as maigri aussi…
Draco eut un sourire sans joie.
- Pourquoi es-tu ici ? Demanda-t-il. Je suis ravi de te voir, hein, mais comme on rentre demain, ça m'étonne.
- Je suis là pour le festin. Sur ordre d'Albus en temps qu'épouse de professeur.
- Oh. Tu vas rester dormir ici ?
- Non, nous rentrons par la cheminée d'Albus ce soir. Et l'un de nous viendra vous chercher à la gare demain.
- Toi ? Demanda l'adolescent d'un ton tendu sans pouvoir retenir un coup d'œil nerveux vers l'estrade.
Il vit que Sirius les observait et il ne put retenir un tressaillement qui n'échappa pas à la jeune femme.
- Ça peut être moi si tu préfères.
- Non, c'est juste …
Il s'interrompit net. Il ne voulait pas demander cette faveur de peur que Sirius se mette en colère.
- Je n'ai pas besoin de lui donner la vraie raison, lui dit Tessa en enlevant une mèche de cheveux des yeux de l'adolescent, il me suffit de lui dire que j'ai deux ou trois courses à faire près de la gare. D'accord ?
Draco hocha la tête. Le soulagement était si visible dans ses yeux que Tessa dut se faire violence pour ne pas aller mettre une paire de claque à son cher époux devant ses collègues et amis.
- Il t'a mené la vie dure ? Se contenta-t-elle de demander.
Le jeune homme haussa les épaules, refusant de répondre clairement au risque de s'attirer les foudres de l'animagus qui l'accuserait de se plaindre pour un rien et de mettre une mauvaise ambiance pour les fêtes.
- Bon, s'exclama Tessa d'un ton joyeux, changeant de sujet, puisque je suis là, si tu me présentais ton directeur de maison ?
Draco pâlit brusquement.
- Quoi ? Non ! Non, non, non. Sirius peut pas le sentir ! Ça va pas lui plaire !
- Draco, je me fiche de ce qui lui plait comme de mon premier violon. En fait non, j'ai de la nostalgie pour mon premier violon alors que je me moque vraiment des sentiments de Sirius pour le professeur Rogue. Mais je comprends que ça t'embête. Je suis une grande fille, je saurais le reconnaître et me présenter toute seule !
- Attend, la retint Draco qui voyait justement le professeur Rogue se lever de table et remonter l'allée. D'accord, je te présente.
Il fit un signe discret à son professeur quand celui-ci passa à leur hauteur. Severus s'approcha, affichant son habituel air pincé qui ne sembla pas troubler le moins du monde la jeune femme.
- Severus, je te présente Tessa Black, la femme de Sirius. Elle voulait te voir. Tessa je te présente Severus Rogue, mon directeur de maison.
- Professeur Rogue, je suis enchantée de faire enfin votre connaissance, dit Tessa en tendant la main avec un sourire avenant.
Severus eut un instant d'hésitation avant de serrer la main tendue.
- Mme Black…
- Oh pitié, appelez-moi Tessa. Quand j'entends Mme Black, je pense toujours à cet horrible portrait. Quoi que j'aurais peut-être dû le laisser en place, juste pour faire bisquer mon cher époux… J'ai cru comprendre que vous étiez le parrain de Draco.
Severus qui avait affiché un sourire en coin en l'entendant regretter le portrait se rembrunit aussitôt.
- Bien que je me considère comme tel, il n'y a malheureusement rien d'officiel, ce qui me lie les mains pour intervenir en cas de besoin.
- Il faudrait en effet les rendre officielles… Je vais voir ce que je peux faire.
- Il ne voudra jamais, murmura Draco, comme pour lui-même.
- Je peux être très persuasive, rétorqua Tessa avec un sourire en coin. Alors, dit-elle en reportant son attention sur Rogue, tout se passe bien ? Il ne raconte pas grand-chose, hormis des banalités, mais je n'ai pas le sentiment qu'il soit en grande forme.
L'adolescent déglutit en jetant un regard discret vers Sirius. Le regard glacial de l'homme était posé sur eux et il cherchait de toute évidence à mettre un terme à sa conversation avec Minerva MacGonagall pour venir arracher sa femme à la « mauvais influence » de Rogue. Tout cela allait encore lui retomber dessus. Il essaya d'attirer discrètement l'attention de Severus pour lui faire comprendre de ne rien dire à Tessa mais ce dernier était bien trop satisfait de se faire entendre au sujet de la santé de Draco pour se taire.
- Il a d'excellentes notes, expliqua-t-il à sa vis-à-vis, mais il mange peu, dort encore moins et se coupe de plus en plus de ses camarades. Depuis qu'il a arrêté le quidditch, il n'a plus aucun loisir et passe chaque instant de libre à étudier.
- Depuis quand tu ne joues plus au quidditch ? Tu adores ça !
- Depuis que Black le lui a interdit, siffla Severus, manifestement en colère. Etant professeur, j'encourage mes étudiants à travailler, mais il faut savoir équilibrer travail et détente.
- Je suis bien d'accord, répondit Tess sur un ton presque aussi coupant que l'ancien espion. Draco, pourquoi est-ce qu'il t'a interdit de jouer ? Quelle mouche l'a piqué ?
- Je lui ai mal parlé, répondit précipitamment l'adolescent qui venait de voir Sirius se lever, enfin débarrassé de MacGonagall. Je lui ai mal parlé et il m'a puni, c'est tout. Tess s'il te plait…
Tessa jeta un regard vers l'estrade et vit son mari qui en descendait dans l'intention très claire de les rejoindre. Elle hocha la tête, faisant soupirer Draco de soulagement.
- File, lui dit-elle. Pourriez-vous m'envoyer un hibou détaillé pour m'expliquer un peu ce qu'il s'est passé ? Demanda-t-elle à Severus en regardant le jeune homme s'éloigner. Il est grand temps que je sache ce qu'il en est exactement.
Rogue acquiesça sans répondre, Sirius venant d'arriver à leur hauteur, le regard noir. Tessa l'attrapa par le bras et lui fit faire demi-tour sans lui laisser le temps d'en placer une.
Draco avait eu raison, se dit le professeur de potion. Il trouvait effectivement Tessa bien sympathique. Et quand il la vit pincer méchamment le flan de son mari en lui intimant de cesser de lancer des regards noirs à la ronde et de la présenter plutôt au reste de ses collègues, il décida qu'il l'aimait bien. Définitivement.
Il sortit de la grande salle et trouva Draco au bas des escaliers. Se dirigeant vers lui, il posa une main réconfortante sur son épaule.
- Ce n'est pas plus mal qu'elle le sache, lui dit-il. Draco, personne ne pourra t'aider si tu refuse de parler.
Le Serpentard haussa les épaules.
- Sirius est mon tuteur légal, personne ne peut m'aider.
Sur ses paroles, il dépassa les escaliers et prit la direction de sa salle commune d'un pas résigné.
Dans la grande salle, Tessa affichait un grand sourire en saluant les professeurs, mais intérieurement, elle bouillait de colère. Elle attendait avec impatience de recevoir ce hibou qui la mettrait un peu plus au courant de ce que Sirius pouvait bien faire pour que Draco soit si… éteint. Et demain, pendant que les enfants seraient dans le train, elle allait avoir une petite conversation avec son mari.
