On approche de plus en plus de la fin... Et ouais...enfin... ou déjà...ça dépend du point de vue! ^^
Je remercie tout le monde, mes betas et mes lecteurs! J'ai essayé de répondre au maximum de reviews, mais il y en avait beaucoup et je suis balade... mais je les ai toutes appréciées! Même celles auxquelles j'ai pas eu le temps de répondre!
Sur ce, bonne lecture!
Enjoy
La tête appuyée contre la vitre, Draco regardait défiler le paysage.
Pansy, Goyle et Crabbe avaient décidé de rester à Poudlard pour les vacances de Noël ; la mère de Blaise avait demandé et obtenu l'autorisation de venir chercher son fils directement à Poudlard le soir même ; Théo, quant à lui, avait disparu dans un wagon avec une 5ème année de Serpentard qu'il n'allait sûrement pas tarder à mettre dans son lit ; enfin, Daphné avait passé un moment avec lui avant de rejoindre sa sœur dans son compartiment.
Et il était resté seul. Pendant ces quelques heures de voyage, il n'avait cessé de tourner et de retourner les paroles de Rogue dans sa tête. Ce dernier avait prétendu que tout raconter à Tessa était une bonne chose mais l'adolescent n'en était pas si sûr.
La jeune femme n'avait certainement pas pris les choses avec calme et avait sûrement sauté à la gorge de Sirius sitôt la lettre que lui avait envoyée par le lue. Ce qui avait probablement fait flamber la mauvaise humeur de l'animagus.
Et pour couronner le tout, il allait avoir Weasley sur le dos toute la première semaine des vacances.
Il avait demandé à Tess de venir les chercher elle-même mais il craignait que Sirius, soucieux d'éviter des déplacements inutiles à son épouse, n'ai refusé de céder sa place.
Le train ralentit, le faisant sursauter. Quand celui-ci s'immobilisa il ne bougea pas, écoutant les piaillements des 1ère année, excités à l'idée de revoir leurs parents. Perdu dans ses pensées, imaginant une autre vie dans laquelle lui aussi aurait été heureux de rentrer chez lui, il réalisa soudain qu'il n'y avait plus le moindre bruit.
Il bondit sur ses pieds, au bord de la panique et se précipita vers la sortie la plus proche. Le quai se vidait et Tess, Sirius et les trois Gryffondors attendaient. Il soupira, découragé, en constatant la présence de l'animagus et sauta hors du train. Son cousin se tourna vers lui, ses yeux lançant des éclairs.
- On peut savoir ce que tu fabriques ?
Draco se figea devant le ton furieux.
- Je me suis endormi, mentit-il sans grande conviction.
- Ah ouais ? Aboya Sirius. Viens un peu ici, je vais te réveiller moi !
L'adolescent déglutit et se retint de justesse de faire un pas en arrière. Sirius fronça les sourcils et ouvrit la bouche dans l'intention d'ordonner à Draco d'obéir et de se dépêcher d'approcher avant d'aggraver son cas mais son épouse le prit de vitesse.
- Ramène Ron, Harry et Hermione à la maison. J'ai des courses à faire, je prends Draco avec moi…
- Non, il rentre avec moi, je n'en ai pas fini avec lui, siffla Sirius.
- J'ai besoin de lui, répondit Tessa d'un ton sec. Il est 15h, on essaiera de ne pas rentrer trop tard.
- Je ne peux pas prendre trois personnes en transplanage d'escorte, protesta Sirius.
- Raison de plus pour que j'emmène Draco. Hermione, tu viens avec nous ?
- Volontiers, s'empressa de répondre la jeune fille en évitant le regard noir de Ron
- Et bien voilà, deux personnes, c'est faisable en transplanage d'escorte. Je te laisse te charger des bagages, tu sais encore réduire des valises ! Le repas est dans le four, Kreattur sait quoi faire. Je ne sais pas encore si on rentrera manger, ne nous attendez pas !
Sans laisser à Sirius le temps de répondre quoi que ce soit, elle tendit les mains vers Draco et Hermione et les fit immédiatement transplaner dans une ruelle déserte du Londres moldu. Sans un mot, elle les guida jusqu'à un salon de thé. Ils s'installèrent au fond de la salle, dans une alcôve, et commandèrent à boire.
Dès que la serveuse eut posé leurs verres devant eux et se fut éloigné, Tessa posa un regard sévère sur Draco.
- Pourquoi ne m'as-tu rien dit ?
L'adolescent détourna le regard d'un air gêné.
- Draco ?
- Ce n'était pas si important…
- Pas si important ? s'indigna Tess. Ça crève les yeux que tu tombes de fatigue, tu es nerveux, tu sursautes au moindre bruit, et il t'a frappé.
- C'est faux, protesta Draco d'un ton peu convaincu.
- Ton glamour n'était pas génial, murmura Hermione.
Le Serpentard se tourna brusquement vers elle et elle lui fit un petit sourire désolé. Tessa posa une main sur son bras.
- Tu aurais dû me le dire, soupira-t-elle, je ne l'aurais pas laissé continuer à te traiter comme ça.
- Tu n'es pas à Poudlard, protesta l'adolescent, en plus c'était trois fois rien. Je lui ai mal répondu, il s'est emporté et c'est tout.
Tessa ouvrit la bouche pour répondre mais le regard que lui lança Draco la dissuada de s'attarder sur le sujet. Elle soupira légèrement et sourit à l'adolescent.
- Bon, d'accord. On ne parle plus de ça pour l'instant. Je te laisse tranquille. Que voulez vous faire ?
- On devrait peut-être pas traîner à rentrer, dit Draco d'une voix hésitante. Inutile de l'énerver.
- Il est déjà énervé, fit remarquer Hermione. Plus tôt on rentre et plus ça lui laissera le temps de s'en prendre à toi.
- Hermione a raison, il sera sûrement calmé demain, mais je ne veux pas lui laisser une occasion de se défouler sur toi dans mon dos, surtout en sachant que te ne me diras rien. On va rentrer tard et vous irez vous coucher de suite. Tout ira bien Draco. De plus, il est urgent que tu te détendes. Alors on va se promener, faire quelques courses, une ballade sur la tamise, ce que vous voulez. Je voudrais juste passer à la librairie. Et puis pour ce soir, je connais un super restau chinois.
Draco esquissa un sourire hésitant. Il était tenté. Passer quelques heures loin de son tuteur, loin se son intransigeance… Mais il craignait la réaction de l'animagus lorsque viendrait le moment de rentrer.
Il écouta Hermione qui proposait de monter dans l'œil de Londres, vantant le panorama que l'on pouvait y admirer.
- Bonne idée, dit Tess, on y va après la librairie ?
- Plutôt ce soir, après le restau, répondit Hermione, la vue, la nuit, est encore plus belle. Mais faut passer prendre les billets maintenant.
- Ok, donc les billets, la librairie, et ensuite ?
- Si Draco est d'accord je pense que…
Draco sourit en écoutant Hermione exposer son idée de programme. Il aurait pu jurer qu'elle tenait prêts des centaines de programmes de ce genre. Au cas où. En croisant le regard amusé de Tess, il comprit que la jeune femme pensait la même chose.
Après tout, se dit-il, il avait bien le droit à une soirée de détente.
L'enfer serait toujours là demain.
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OoO
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- Ça a dû sacrément barder, marmonna Harry en se laissant tomber sur son lit. Je n'ai jamais vu Sirius aussi contrarié.
- Tu m'étonnes, Tessa a carrément pris le parti de Malefoy contre lui. Moi aussi je serais contrarié à sa place. Je le suis d'ailleurs, quand je pense que Mione est partie avec eux.
Harry haussa les épaules.
- Comme si elle aurait pu en rajouter une couche en refusant la proposition de Tess, tempéra-t-il. Mais pour en revenir à Sirius, Tessa n'est pas d'accord avec lui, c'est tout. Il ne s'agit pas de prendre parti. Et puis il faut avouer que Sirius est toujours sur le dos de Malefoy.
- Malefoy est un petit con, tu le sais. Putain, Sirius a enfin retrouvé la liberté et on lui colle ce crétin dans les pattes. Tu imagines ?
- C'est pas un chaporouge non plus, faut pas exagérer ! Je sais même pas ce que Sirius lui reproche exactement…
- Chais pas, répondit le rouquin en croquant une chocogrenouille. D'être une sale fouine… ou de la graine de mangemort qui suit les traces de son connard de paternel… d'exister en résumé.
Harry ne répondit pas. C'était bien là le problème. Sirius semblait ne rien reprocher d'autre à son pupille que son existence. Rien ne semblait justifier sa sévérité. Il ne considérait certes pas Malefoy comme un ami, mais il devait bien reconnaître que le Serpentard avait changé d'attitude. Tout le monde semblait s'en être aperçu.
Tout le monde sauf Ron. Et Sirius.
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OoO
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Draco s'étira et jeta un œil sur son réveil. 12h35. Il sursauta devant l'heure tardive. Il fallait dire qu'ils s'étaient couchés très tard la veille. Remus Lupin et le père de Tessa étaient venus et la soirée s'était prolongée jusqu'à près de 2h du matin. Sirius n'avait pas osé envoyer Draco au lit alors que les Gryffondors étaient autorisés à rester. Sans doute la présence de son meilleur ami et de son beau-père l'empêchait de faire preuve d'une injustice trop flagrante.
Ces trois premiers jours de vacances s'étaient bien passés. Le jour de leur retour, Tessa, Hermione et Draco avaient passé une fin de journée et une soirée des plus relaxantes. A la librairie, Tessa leur avait offert quelques livres, puis ils avaient vogué une heure et demi sur la Tamise. Ils s'étaient ensuite rendus au restaurant – après être passés dans une grande confiserie moldue – où Tessa avait commandé un repas pantagruélique. Ils avaient terminé la soirée dans l'œil de Londres, fasciné par le panorama.
Ils étaient finalement rentrés à plus de 22h et, sans laisser le temps à Sirius de dire quoi que ce soit, Tessa avait envoyé l'ensemble des adolescents au lit.
Draco ignorait si elle avait ensuite parlé à son époux mais, ainsi qu'elle le lui avait promis, son cousin semblait avoir oublié sa colère le lendemain.
On tapa fortement à la porte, le faisant sursauter, et il se leva pour aller ouvrir. Il eut un mouvement de recul en découvrant Sirius sur le pas de la porte. L'homme étouffa un bâillement.
- Tess a préparé un lunch. A table dans 5 minutes. Vous passerez tous à la douche après manger.
- Ok, répondit prudemment l'adolescent en sortant de sa chambre.
Sirius hocha la tête et se dirigea vers la chambre d'Harry dans laquelle il entra sans frapper. Draco l'entendit réveiller les deux Gryffondors avec douceur, plaisantant avec eux tandis qu'ils émergeaient lentement, et il soupira. Inutile de regretter ce qu'il n'aurait jamais, se dit-il en prenant la direction de la cuisine.
Quand il entra dans la pièce, Tessa et Hermione se tournèrent vers lui. L'adolescente le salua joyeusement et Tess contourna la table pour l'embrasser sur le front. Le Serpentard leur sourit à son tour, songeant qu'il avait quelque chose lui aussi.
A la demande de Tessa, il sortit les tasses et les posa sur la table.
- Tu as commencé le livre que tu as acheté ?
- C'est toi qui l'as acheté, fit remarquer l'adolescent en lui prenant la panière de toasts des mains.
- Ne chipote pas.
- Et tu m'en as acheté cinq.
- Bon, très bien. As-tu commencé l'un des livres que je t'ai acheté ? déclara la jeune femme d'un ton moqueur.
- Ouais, capitula Draco. J'ai commencé ce livre que tu m'as conseillé. Celui de ce type, là…Kong ?
- King.
- Ouais voilà ! C'est super stressant ce bouquin ! Comment il arrive à être aussi intéressant en parlant de types qui crapahutent ?
- Marche ou crève est un livre particulier. Tu en es où ?
- A ce moment horrible où un type passe sous…
Draco s'interrompit net en voyant Sirius, Ron et Harry entrer dans la cuisine. Tessa eut un soupir en le voyant se refermer comme une huître. Elle allait faire signe à Sirius d'inclure l'adolescent dans la conversation qui s'était naturellement orienté vers le quidditch quand son téléphone portable se mit à sonner.
Elle s'éloigna pour décrocher, les seuls appels qu'elle recevait sur ce téléphone étaient d'ordre professionnel.
- Monsieur Parker-Smith ? Quel plaisir de vous entendre !
A l'annonce du nom de l'interlocuteur de son épouse, Sirius tendit l'oreille, faisant taire les adolescents d'un geste. Monsieur Parker-Smith était un producteur avec qui Tess négociait l'achat d'une quinzaine de chansons, destinées à divers artistes. C'était là un contrat important et rémunérateur et il savait à quel point la jeune femme souhaitait le remporter.
- Et bien j'ai quelques textes, mais je devrais les modifier au moment de la mise en musique, expliquait Tessa. Ainsi je peux les adapter aux interprètes.
Elle écouta en silence un moment, avant de faire un sourire radieux à son mari.
- Oui bien sûr, dit-elle, se forçant à conserver un ton poliment intéressé sans laisser transparaître son excitation. Cet après midi ? Oui, c'est tout à fait possible. 13h30 ? J'y serais. Oui évidemment. A tout à l'heure.
Elle raccrocha et se tourna vers Sirius, un sourire éclatant aux lèvres.
- Il veut me voir avec quelques textes. Il dit qu'il a entendu certaines de mes chansons et qu'il est très intéressé.
- C'est génial ma chérie, s'exclama l'animagus en soulevant son épouse dans ses bras.
- Je crois que c'est bien parti, répondit-elle en enroulant ses jambes autour de la taille de son mari. En revanche, je sais qu'on avait dit qu'on passerait la journée ensemble mais il veut me voir aujourd'hui. Je suis désolée.
- J'ai entendu. Mais ne soit pas ridicule, c'est une chance en or ! File !
Tess sauta des bras de Sirius et lui lança en courant vers son studio :
- J'en aurais pour deux heures, trois au plus !
Sirius n'eut pas le temps de répondre, son épouse ayant déjà disparue dans les profondeurs de la maison.
Moins d'un quart d'heure plus tard, elle avait rassemblé les textes qu'elle voulait présenter à monsieur Parker-Smith.
Elle repassa par la cuisine où les quatre adolescents continuaient leur repas. Elle posa sa main sur la nuque de Draco.
- Donne, demanda-t-elle.
Draco secoua la tête d'un air désabusé et tendit son toast à la jeune femme qui croqua dedans.
- Merci !
- Au téléphone tu as dis que tu avais rendez-vous a 13h30, signala Hermione, tu devrais prendre le temps de déjeuner.
- Pas le temps. Je dois transplaner à quelques rues de la maison de disque et je préfère arriver en avance. Je mangerais en revenant !
- Tu vas partir longtemps ? demanda Draco d'un ton faussement détaché.
- Quelques heures, répondit-elle en pressant la nuque de l'adolescent dans un discret geste de réconfort. Je pense être là vers 15h. 16h au plus. Vous avez juste le temps de finir de manger, de prendre une douche et de vous avancer dans vos devoirs avant que je revienne vous enquiquiner. On ira manger une glace !
Les adolescents éclatèrent de rire et Ron reprit un sandwich, satisfait à la promesse de la glace.
Tessa embrassa rapidement Sirius, glissa entre ses bras comme une anguille alors qu'il cherchait à la retenir, et s'enfuit avant qu'il ne tente de la rattraper.
L'animagus rejoignit les enfants avec un sourire moqueur et saisit à son tour un sandwich.
Le déjeuner se passa dans le calme Harry monopolisait l'attention de Sirius et Ron, tandis qu'Hermione parlait potion avec Draco.
Ron leur jetait des regards noirs à intervalles réguliers, malgré les efforts de son ami de faire diversion. Draco et Hermione ne remarquèrent rien.
Après le déjeuner, Sirius alla s'installer au salon avec un nouveau roman policier tandis que les adolescents montaient se préparer.
Hermione décréta qu'elle avait envie d'un bain moussant et grimpa au second sans attendre de réponse des garçons.
Harry réclama le premier tour de salle de bain, ce qui lui fut accordé sans difficulté, Ron préférant s'installer dans leur chambre pour digérer en lisant la revue de quidditch à laquelle était abonné son ami.
Draco alla attendre dans sa chambre, préparant ses affaires pour le devoir de métamorphose auquel il avait l'intention de se consacrer jusqu'au retour de Tessa.
Comme à son habitude, Harry ne passa guère de temps sous la douche et, quand il entendit la porte s'ouvrir, Draco passa la tête par sa propre porte.
- Harry ? Je peux y aller, tu as fini ?
- Ouais répondit l'adolescent en frictionnant ses cheveux d'une serviette. Bien sûr, vas-y.
Draco prit ses affaires de toilette, qu'au grand dam de Tessa il s'obstinait à ranger dans sa chambre, et les porta dans la salle de bain. Alors qu'il s'apprêtait à régler la température de l'eau, il réalisa qu'il avait laissé son rechange sur son lit et, soupirant, il repartit le chercher. Cela ne lui prit que quelques secondes mais, lorsqu'il revint à la salle de bain, il y trouva Ron qui avait jeté les affaires du Serpentard dans le couloir.
Il songea un instant à les ramasser et à retourner dans sa chambre pour attendre que la salle de bain soit de nouveau libre mais un sursaut de fierté le submergea et il poussa violemment la porte de la pièce.
- J'étais là avant toi, Weasley ! Siffla-t-il avec tout le mépris qu'il put rassembler.
- Ben maintenant j'y suis, rétorqua Ron d'un ton moqueur.
Draco serra les dents et remit ses affaires à coté du lavabo avant de pousser brusquement Ron à l'extérieur.
Pris par surprise, le rouquin recula de trois pas étouffant un juron qui attira immédiatement Harry. Celui-ci attrapa le bras de Ron et tenta de l'entraîner vers leur chambre.
- Allez, laisse-lui la salle de bain, Ron. Viens faire une partie de bataille explosive.
Ron se dégagea d'un geste sec.
- Putain arrête de le défendre ! Qu'est-ce qu'il te prend ? Tu vois pas ce qu'il fait ? A toujours tourner autour d'Hermione ?
- Ne dis pas de bêtises. Ils s'entendent bien, c'est pas un crime.
- Hermione ne me traite pas en paria, siffla Draco au même instant.
- On te traite exactement comme tu le mérites, sale fouine !
- Ron, soupira Harry.
Le rouquin repoussa Harry et, avançant vers Draco, il le poussa brutalement contre le mur.
- Tu auras exactement ce que tu mérites, pourriture de Serpentard, tu finiras dans la même cellule que ton ordure de père !
Ron laissa Harry le tirer en arrière d'un pas avant d'ajouter avec un rictus moqueur.
- Ou dans le même caveau que ta salope de mère.
Le visage de Draco se crispa et son poing partit sans même qu'il en ait conscience.
Au même instant, Harry s'avança pour s'interposer et reçu le coup de plein fouet à la place de Ron. Un peu sonné il porta la main à sa lèvre ensanglantée. Le silence était retombé, pesant.
Des pas rapides retentirent dans les escaliers et Draco perdit le peu de couleur qui lui restait.
- Qu'est ce qu'il se passe ici ? demanda Sirius d'un ton sec.
Il jeta un regard à la ronde, remarquant en un quart de seconde Draco qui serrait sa main droite contre sa poitrine et la lèvre fendue d'Harry.
Son regard se durcit soudain.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? répéta-t-il, le regard fixé sur son cousin.
- Rien d'important, assura Harry d'un ton las.
Sirius ne lâcha pas Draco des yeux, ignorant le commentaire de son filleul. L'adolescent déglutit nerveusement, jetant un regard incertain à ses deux camarades.
- Je… ce n'est pas ce que je… je suis désolé.
Arrachant un hoquet de stupeur à Harry et Ron, Sirius avança de deux pas et frappa Draco de toutes ses forces, l'envoyant contre le mur du couloir où l'adolescent se cogna durement la tête.
- Dans ta chambre, ordonna-t-il d'une voix tremblante de rage. Cette fois tu n'y couperas pas. Tess n'est pas là pour te trouver des excuses foireuses.
Livide, Draco recula de quelques pas.
- Sirius, je ne…
L'animagus le saisit par le col de sa chemise.
- J'ai dis : Dans ta chambre ! Je vais m'occuper de toi !
Il le propulsa de l'autre coté du couloir, violemment, et Draco se rattrapa de justesse au mur pour ne pas le percuter de nouveau. La panique se lisant clairement dans son regard, il se précipita dans sa chambre, se réfugiant derrière son lit, sachant la protection dérisoire.
Dans le couloir, Sirius attrapa le menton d'Harry et observa la lèvre fendue avec un claquement de langue désapprobateur.
- Je vais bien, dit Harry en se dégageant. Ecoute Sirius, c'était un accident, Draco n'avait pas l'intention…
- Non, le coupa sèchement son parrain. Cette fois, pas d'excuses.
L'homme s'engouffra dans sa propre chambre, la traversant jusqu'à sa salle de bain où il saisit l'épaisse courroie de cuir sur laquelle il aiguisait son rasoir.
Ron ouvrit de grands yeux en voyant la lanière. Il n'avait jamais vraiment cru que Sirius pourrait faire cela. Il réalisait à peine la portée de ses actes.
- Sirius, dit-il d'une voix hésitante. Ne fais pas ça. C'est ma faute, je l'ai provoqué jusqu'à ce qu'il craque. Il a touché Harry par accident. Je cherchais la bagarre.
L'animagus passa devant eux sans écouter Ron, sans même prêter attention à Harry qui essayait encore de le retenir. Il ouvrit violemment la porte de la chambre de Draco et la referma derrière lui, tirant le verrou que l'adolescent n'avait jamais osé utiliser.
Draco sursauta quand il entra dans la pièce, se tournant vivement vers lui, les yeux agrandis de frayeur. Il était fou de rage, réalisa l'adolescent, sûrement incapable de retenir ses coups et encore moins de s'arrêter. Cette fois on y était. Cette première fois qui briserait la retenue de Sirius. Après cela, plus rien ne l'empêcherait de recommencer, encore et encore.
- Enlève ta chemise, ordonna Sirius d'un ton sec le tirant brusquement de ses pensées.
- Non, riposta Draco d'une voix qu'il tenta, en vain, de rendre ferme.
Sirius avança vers lui et le gifla du revers de sa main gauche. La gifle avait été moins forte que celle qu'il lui avait administré dans le couloir mais elle fit reculer l'adolescent jusqu'au mur où il se plaqua, conscient de n'avoir aucune possibilité de fuite.
- Obéis, rugit l'animagus en assénant un coup de la lanière de cuir sur la cuisse de Draco qui retint de justesse un sifflement de douleur.
Il sentait comme si une langue de feu avait traversé sa jambe. Et si la douleur était si intense alors que le coup avait été porté par-dessus le tissu épais du jean, il n'osait même pas imaginer ce que cela donnerait directement sur la peau dépourvue de toute protection.
- S'il te plait, tenta-t-il de nouveau, je ne voulais pas frapper Harry, c'est un accident.
Pour toute réponse, Sirius abattit une nouvelle fois la courroie sur sa jambe, à l'endroit exact où il avait frappé quelques secondes plus tôt. Cette fois, Draco ne put retenir un gémissement tandis que des larmes d'humiliation lui montaient aux yeux.
Il ne le supporterait pas, se dit-il, tandis que la panique l'envahissait, il ne pouvait pas faire face à cela. Il avait perdu l'habitude de la douleur et il n'arriverait pas à gérer une telle correction, il le savait. Il ne pourrait pas retenir ses cris. Harry, Ron et Hermione entendraient tout. Il l'entendrait crier et supplier. Comme si la douleur ne suffisait pas, il serait totalement humilié.
- Ta chemise, ordonna de nouveau Sirius avant de tendre lui-même la main et déboutonner le vêtement, arrachant le premier bouton.
Instinctivement, Draco saisit le poignet de son tuteur pour l'empêcher de poursuivre et celui-ci le gifla de nouveau, du revers de la main, plus fort cette fois ci, ouvrant un peu plus la lèvre qu'il avait déjà fendu lorsqu'il l'avait frappé dans le couloir.
- Sirius, supplia Draco, ne fais pas ça, s'il te plait, pas toi…
L'animagus écarta les mains de l'adolescent d'un geste sec et, tirant sur un pan de la chemise, ouvrit cette dernière en faisant sauter les boutons qui restaient. Il s'apprêtait à faire pivoter le jeune homme sur lui-même pour lui arracher sa chemise et lui donner, enfin, la correction mémorable qu'il lui promettait depuis des mois, quand ses yeux se posèrent sur le ventre de l'adolescent. Plus précisément sur les lignes blanches entremêlées qui le parcourait.
- Qu'est-ce que c'est que ca ? demanda-t-il.
Devant le mutisme de l'adolescent, il le retourna face au mur et, la tirant par le col, il fit tomber la chemise au sol avant même que Draco ne puisse esquisser un mouvement pour l'en empêcher. Il tendit la main pour effleurer une des cicatrices, plus nombreuses sur le dos du jeune homme que sur le ventre, et celui-ci se plaqua contre le mur pour se dérober au contact.
- Draco !
- Je t'en supplie, murmura l'adolescent d'une voix brisée, toute fierté envolée.
Sirius le fit pivoter face à lui.
- Draco, répéta-t-il. Qu'est-ce que c'est que ça ?
Un souvenir s'imposa à Sirius. Il revit son père abattre encore et encore la canne de cuir torsadé sur son dos, jusqu'à le laisser en sang, recroquevillé sur le sol de sa chambre. Il se souvint de la douleur, de Mme Pomfresh qui le soignait, réprobatrice, lui disant qu'il avait de la chance de ne pas garder de marques, lui donnant des potions pour se soigner pendant les vacances d'été. De telles cicatrices signifiaient des corrections aussi violentes et fréquentes que celles qu'il avait connues. Mais personne n'avait prit la peine de soigner l'adolescent. Sans doute lui avait-on interdit d'aller trouver Mme Pomfresh et Draco n'avait pas osé désobéir, trop terrifié quant aux conséquences.
Secouant la tête pour repousser ces souvenirs, il essaya de croiser le regard de l'adolescent mais celui-ci gardait les yeux baissés, fixés sur la courroie que tenait toujours l'animagus.
Celui-ci jeta la lanière dans un coin et, saisissant le menton de Draco, il le força à le regarder.
- Lucius ?
Le regard de Draco vacilla, un éclair de peur le traversant et Sirius su qu'il avait vu juste. Il soupira et amorça un geste vers l'adolescent avant de se raviser. S'il s'était agi d'Harry, il l'aurait sans hésitation serré dans ses bras. Mais Draco… Il ne savait pas comment agir avec lui.
Il ne savait pas comment agir autrement que de la manière dont il l'avait traité depuis qu'il en avait accepté la garde. Aussi se contenta-t-il de demander d'un ton aussi neutre que possible :
- Pourquoi tu ne m'as rien dit ?
Ses mots firent se raidir le jeune homme de nouveau et il se recula, tentant de reprendre contenance malgré ses yeux rougis.
- Si, commença-t-il d'un ton hésitant. Tu… On peut en finir s'il te plait ?
Sirius mit quelques secondes à comprendre de quoi voulait parler l'adolescent et secoua la tête.
- Non, oublie ça. Tu… Je ne suis plus en colère, ok ?
Draco hocha la tête prudemment, peu convaincu.
- Je peux rester seul, alors ?
Sirius hésita il ressentait la nécessité de faire parler le garçon, mais il savait qu'ils n'étaient en état de parler ni l'un ni l'autre. Malgré ce qu'il venait d'assurer à l'adolescent, la colère bouillonnait toujours en lui et il ne la contenait qu'à grand peine. Quant au garçon, son air misérable le convainquit de remettre la conversation à plus tard. Il hocha donc la tête et sortit de la chambre, oubliant la lanière sur le sol.
Il passa sans les voir devant Harry, Ron et Hermione qui les avait rejoins, alertée par le remue-ménage, et, jetant une poignée de poudre dans la cheminée, il cria l'adresse de Remus.
Dans sa chambre, tremblant de tous ses membres, Draco alla fermer le verrou et se traîna jusqu'à son armoire. Il enfila fébrilement une chemise avant de se laisser glisser sur le sol. Sentant ses nerfs lâcher, il s'autorisa enfin à faire ce qu'il n'avait plus réellement fait depuis si longtemps, et pleura.
