Je n'ai pas répondu a vos review et j'en suis désolée. Je suis overbookée, malade et ce soir j'ai 36 millions de choses a faire avant 19h, heure a laquelle je dois partir pour une réunion de famille donc sans internet. Du coup je vous poste en douce le chapitre depuis le bureau!
Voilà l'avant dernier chapitre de cette fic. J'espère qu'elle vous a plu et que la fin ne vous décevra pas.
Merci à Morphée et Mistycal d'avoir été là tout au long de la fic. Et merci à vous tous de l'avoir suivie. (oui je sais il reste un chapitre après celui là, mais c'est l'épilogue, donc c'est différent... ^^)
enjoy!
Tessa passa la porte du square Grimmaud en sifflotant gaiement. Parker-Smith avait aimé cinq des huit textes qu'elle lui avait présentés et lui en avait commandés sept de plus sur quelques indications précises de thèmes et de style. Le délai qu'elle avait obtenu pour la création était plus que suffisant et le contrat financièrement avantageux.
Elle lança son sac sur un des fauteuils du salon et cria à la cantonade.
- C'est moi, je suis rentrée !
N'obtenant pas de réponse, elle s'engouffra dans le couloir dans l'intention d'investir la cuisine. Ce faisant, elle découvrit Harry et Ron, l'air morose, assis sur la première marche des escaliers.
- Ben qu'est-ce qu'il vous arrive ?
Harry soupira et releva la tête, provoquant une exclamation de surprise chez la jeune femme quand elle vit sa lèvre fendue. L'adolescent recula la tête pour se dérober à son contact.
- Je vais bien, Tess, vraiment.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? exigea de savoir la jeune femme.
Les garçons lui expliquèrent rapidement la scène qui s'était déroulée en son absence. A peine eurent-ils fini leur récit qu'elle les enjamba pour se précipiter à l'étage où elle trouva Hermione, collée à la porte de Draco.
- Laisse-moi entrer, disait la jeune fille d'un ton suppliant. Je veux juste être sûre que tu vas bien. Réponds-moi au moins.
Tess posa une main sur l'épaule de l'adolescente qui sursauta.
- Il s'est enfermé, murmura-t-elle. Il ne répond pas. Sirius est parti sans rien dire, il avait l'air furieux. J'étais dans mon bain, je ne sais pas ce qu'il s'est exactement passé… et comme il n'y avait aucun sorcier adulte de présent, je n'ai pas osé utiliser ma baguette.
- Je m'en occupe, va avec les garçons. Occupez-vous tranquillement.
Hermione hocha la tête et descendit les escaliers. Tess la suivit du regard avant de se tourner vers la porte de Draco avec un soupir. Présumant qu'il était inutile de frapper, elle sortit sa baguette et déverrouilla la porte d'un Alohomora. Elle tira de nouveau le verrou derrière elle afin d'éviter toute interruption et chercha l'adolescent du regard.
Elle le repéra, assis contre le mur, à coté de son armoire, la tête sur ses genoux, au même instant où elle remarqua le cuir à aiguiser de son mari abandonné sur le sol.
Elle força la colère qui montait en elle à refluer et alla s'agenouiller devant le jeune homme.
- Draco, dit-elle d'une voix douce. Regarde-moi.
Il fallut qu'elle attende quelques minutes avant que Draco n'obéisse, révélant ses yeux rougis, une lèvre fendue, un hématome du côté gauche de la mâchoire et un autre sur sa tempe droite.
Elle effleura les bleus d'une main légère et l'adolescent tressaillit.
- Raconte-moi, murmura-t-elle.
Si Draco avait relevé la tête, il gardait les yeux baissés. Et garda également le silence.
- Parle-moi, insista-t-elle. Draco, est-ce que tu es blessé ?
L'adolescent secoua brièvement la tête. Elle essaya de croiser son regard mais elle ne put qu'y lire de la gêne avant qu'il se dérobe.
- Draco, reprit-elle fermement, commençant à le connaître suffisamment pour savoir ce qu'il pensait. Tu n'as pas à avoir honte.
Une larme coula sur la joue du jeune homme et Tessa l'attira dans ses bras. Il se raidit un instant avant de s'abandonner à l'étreinte et quelques secondes plus tard, il sanglotait, la tête enfouie dans le chemisier de la jeune femme. Tessa serra les dents. La position était inconfortable et elle crevait d'envie de le secouer pour qu'il lui dise ce qu'il s'était exactement passé, mais elle jugea plus utile de le laisser exprimer son chagrin. Il était si rare qu'il se laisse aller.
Au bout d'un long moment, il se calma et Tess écarta les cheveux blonds du front de Draco pour y déposer un baiser.
- Draco, il faut que je sache ce qu'il s'est passé, demanda-t-elle de nouveau doucement, sans brusquer l'adolescent.
- Il sait tout, marmonna Draco d'une voix rendue rauque par les larmes.
- Tout quoi ?
- Pour mon père.
- Tu lui as enfin dis ?
- Non.
- Draco, je suis larguée…
L'adolescent jeta un regard vers la courroie et déglutit. Tessa suivit son regard.
- Dis-moi qu'il n'a pas utilisé ce truc sur toi.
Elle aimait Sirius, mais elle était certaine de ne jamais lui pardonner un acte pareil. Elle avait déjà du mal avec son attitude habituelle et les bleus sur le visage du jeune homme faisaient flamber sa colère, mais s'il avait battu Draco avec cette courroie, elle le quitterait, définitivement. Elle fut soulagée quand Draco secoua négativement la tête.
- Il allait le faire. Mais il a vu…
- Il a vu quoi ?
Draco hésita. Mais Sirius en parlerait sans aucun doute à Tessa et elle voudrait voir de ses propres yeux ce que son père lui avait fait. Aussi, s'écarta-t-il du mur et souleva-t-il sa chemise pour que la jeune femme puisse voir son dos. Après quelques secondes, Tessa rabattit le vêtement, le cœur serré. Elle s'assit à coté de Draco, sur le sol, et l'attira de nouveau contre elle. Elle aurait volontiers usé du doloris sur Lucius jusqu'à ce qu'il rende son dernier souffle.
Et pour l'enfer qu'il avait fait vivre à Draco depuis qu'ils en avaient la garde, son cher époux était le suivant sur sa liste.
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OoO
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Sirius fit tourner le whisky pur feu dans son verre d'un air absent. Remus s'assit en face de lui, en posant sa tasse de thé sur la table basse. Il observa son ami en silence quelques instants.
- Tu l'as battu ? Demanda-t-il soudain.
Sirius lui lança un regard peu amène.
- Ne commence pas Lunard.
- Non, répliqua ce dernier d'un ton inhabituellement sec, il est hors de question que tu ne me répondes pas sur ce coup là. Je me sens assez lâche comme ça.
- Quoi ? Demanda l'animagus, surpris. Mais qu'est-ce que tu as à voir avec ça ?
Remus lui lança un regard noir.
- J'ai à voir que je te connais depuis plus de 20 ans, que je sais à quel point tu peux être obtus, têtu et injuste et que, quand vous êtes rentrés de Poudlard et que Tess a profité que tu dormais pour venir me faire lire la lettre que Rogue lui a envoyé concernant ta façon d'agir avec le gamin, j'aurais du venir te mettre mon poing dans la figure et recommencer jusqu'à t'enfoncer un peu de bon sens dans le crâne.
Sirius grimaça. Remus perdait rarement son calme. Presque jamais à vrai dire. Aussi ce genre de menaces étaient-elles particulièrement convaincantes. Sirius passa une main dans ces cheveux d'un geste nerveux qui n'était pas sans rappeler celui que faisait James dès que Lily était dans les parages et Remus se dit qu'à sa place, l'ancien maraudeur aurait déjà mis une raclée à son meilleur ami pour lui remettre les idées en place. Jamais James n'aurait toléré que son frère de cœur traite ainsi un adolescent, fusse-t-il un Malefoy.
- Je l'ai frappé, admit Sirius. Je l'ai sans aucun doute terrorisé aussi. J'étais tellement en colère quand j'ai vu Harry saigner que je suis allé chercher le cuir à aiguiser et Merlin m'est témoin que j'étais bien décidé à lui mettre la correction de sa vie.
- J'espère pour toi qu'il y a un mais, gronda Remus.
- Ouais y'a un mais…
Sirius avala son verre d'un trait et tendit la main pour se resservir sous le claquement de langue désapprobateur de son ami.
- Ouais je sais, dit-il. Mais crois-moi, j'en ai besoin.
- Ça t'a toujours rendu hargneux. Je ne crois pas que ce soit une bonne chose pour Draco. Ou pour toi si ta femme te tombe dessus.
- De toute façon, vu ce que j'ai fais à Draco, elle va me tomber dessus dès qu'elle passera la porte, soupira-t-il. Et elle n'aura sans doute pas tort. Je sens que je vais regretter la belle époque où elle essayait de me tuer à coup de poêle…
Remus retint de justesse un sourire amusé. Au lieu de ça, il garda son expression sévère et se pencha en avant.
- On en revient au : mais…
- Oui… le mais… Il est couvert de cicatrices, Rem. Encore plus que toi.
- Est-ce qu'il t'a dit d'où ça venait ? Demanda Remus d'une voix hésitante.
- Pas besoin. D'où veux-tu que ça vienne si ce n'est de Lucius ? Et vu la terreur qui est passé dans ses yeux quand j'ai prononcé le nom de cette ordure, j'ai eu confirmation.
- Tu as parlé avec lui ?
- Parlé ? Non.
- Sirius, s'emporta Remus en se levant. Tu terrorises ce gosse depuis six mois, et vu ce que tu viens de me dire, il y a de forte chance qu'il ait vécu toute sa vie dans la peur. Et tu me demande de quoi vous auriez pu parler ?!
- Calme-toi Lunard ! Je n'ai pas dis : de quoi veux-tu qu'on parle ? Je sais qu'il faut que je parle avec lui. Mais il n'était pas en état. Il avait besoin de rester seul. Et moi j'avais besoin de me calmer. Même si je lui ai affirmé le contraire pour le tranquilliser, je suis toujours en colère pour cette bagarre, bien que j'ai cru comprendre qu'elle était du fait de Ron, et avec ce que je viens de découvrir… Je préfère me calmer un peu avant de lui parler. Si j'essaie de lui parler avant d'avoir repris mes esprits, non seulement je vais lui faire peur, mais en plus, je me connais, je vais m'énerver et ça va mal finir.
- Donc tu as bien l'intention de discuter avec lui.
- Oui.
- Et de t'excuser ?
Sirius soupira et résista à l'envie de se servir un troisième verre. Remus avait certainement raison. Mais s'il y avait une chose pour laquelle Sirius n'était pas doué, c'était bien les excuses. Il jeta un coup d'œil à l'horloge et soupira de nouveau. Tessa avait du rentrer et il ne pouvait repousser indéfiniment la conversation qu'il devait avoir avec son pupille. Remus avait raison, il était plus que temps qu'ils crèvent l'abcès. Il se leva et son ami fit de même, lui assenant une tape dans le dos en guise d'encouragement.
- Tiens-moi au courant, dit-il tandis que Sirius jetait une poignée de poudre dans la cheminée et repartait au square Grimmaud.
Il eut tout juste le temps de voir le hochement de tête de son ami avant que celui-ci ne soit emporté dans les flammes vertes du réseau de cheminette.
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OoO
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Sirius atterrit dans le salon de sa maison, époussetant machinalement la cendre sur ses vêtements. Il leva les yeux et sursauta en découvrant son épouse, assise dans un fauteuil face à la cheminée, le cuir à aiguiser posé en travers de ses genoux, l'air absent.
- Chérie ? Demanda-t-il d'un ton hésitant.
Elle le regarda sans un mot. Le silence se prolongea quelques instants, inconfortable, et il allait se décider à le rompre quand elle commença à parler.
- Quand j'étais gamine, mon père avait le même, dit-elle en soulevant légèrement le cuir, on se bagarrait dans la salle de bain. Je prenais le blaireau plein de mousse à raser et j'essayais de lui en mettre sur le visage et il se servait du cuir à aiguiser comme arme défensive en m'en donnant des coups sur les fesses. Bien sûr, il ne me faisait pas mal. On s'amusait. Il n'y avait que ma mère qui ne trouvait pas ça drôle parce que la salle de bain était dans un état lamentable quand on finissait par se calmer. Je n'avait jamais vu cet objet comme un instrument de torture. Jusqu'à aujourd'hui.
- Tess…
- J'ai fais mes valises. Puis je les ai rangées. Ensuite j'ai fais ton sac. Plusieurs fois. Je ne suis plus sûre de vouloir de toi ici. Je ne suis plus sûre de vouloir rester ici.
Sirius avala sa salive avec difficulté. Il se doutait que sa femme serait en colère, mais il n'avait pas imaginé que ce serait à ce point. Il aurait préféré qu'elle lui hurle dessus, qu'elle le frappe, plutôt que ce ton douloureux, cette voix étranglée, comme si elle était au bord des larmes. Ce qu'elle était sûrement.
- Tessa, répéta-t-il en venant s'agenouiller devant elle. Je t'aime.
- Moi aussi. Plus que tout. C'est bien pour ça que je ne sais plus où j'en suis. Je n'ai pas épousé un homme comme ça. Je n'ai pas épousé un homme qui bat son fils.
- Ce n'est pas…
- C'est ce qu'il est, Sirius. Ce n'est pas juste un paquet qu'on t'a demandé de garder un moment. Nous sommes tout ce qu'il a. C'est notre fils. Tout comme Harry. Je n'ai rien dit jusqu'à maintenant. Je pensais qu'essayer de te forcer la main ne ferait que rendre les choses plus difficiles. J'ai bien conscience que c'était pénible pour lui, mais je pensais que ça s'arrangerait dès que tu réaliserais qu'il n'était pas comme tu l'imaginais, que tu ouvrirais les yeux devant la docilité dont il faisait preuve, devant sa volonté de se plier à tes règles. J'avais oublié à quel point tu pouvais avoir des œillères… tu es allé trop loin cette fois.
Elle soupira en renversant sa tête contre le dossier. Sirius lui prit la main et fut soulagé au delà de l'imaginable quand elle ne la retira pas.
- Je ne l'ai pas fait Tessa.
- Mais tu allais le faire, n'est-ce pas ?
Il se releva et tira la table basse devant le fauteuil, s'asseyant dessus. Il se passa les mains sur le visage.
- Je ne sais pas quoi dire. Je ne me reconnais plus. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé. Je me suis trompé Tess. Je le reconnais. Si je n'avais pas vu les cicatrices…
- Tu l'aurais fais…
Il hocha la tête, n'osant pas croiser le regard accusateur de sa femme.
- Oui. Et même après avoir vu ce que Lucius lui avait fait, il a fallu que je parte de la maison. Parce que je voulais toujours le faire. Je voulais lui faire payer…
- Quoi ? D'être un adolescent ? De ne pas être parfait ? D'avoir eu un père abominable ? De ne pas s'entendre avec Ron ? D'avoir frappé Harry ?
Sirius se raidit à ces mots et Tess sut qu'elle avait tapé juste.
- As-tu au moins entendu Harry essayer de te retenir ? Est-ce que tu l'as entendu te supplier de ne pas faire ça ?
Sirius secoua la tête. Il se souvenait vaguement que son filleul lui avait parlé d'accident, avait essayé de le calmer, mais rien de précis. Il était trop furieux pour ça.
- Tu l'as choqué, continua Tessa, implacable. Quand il t'as vu frapper Draco, il ne t'a pas reconnu. En fait, je crois que ça fait un moment qu'il ne te reconnaît plus. Hermione a voulu partir. Elle refusait de rester dans la même maison que toi une minute de plus. Ron et Harry ont décidé de partir avec elle.
Sirius releva brusquement la tête vers son épouse.
- Ils sont chez Molly. Je les y aurais envoyés de toute façon. Il faut qu'on règle ça une bonne fois pour toute. Pas « plus tard », pas de « on verra ». On règle ça. Tu règles ça. Maintenant. Ou je fais mes bagages et je pars. Et j'emmène Draco loin de cette maison. Je demanderai à avoir sa garde. Je le peux grâce à notre mariage et Albus appuiera ma demande. N'ose même pas essayer de m'en empêcher, parce que je ne sais pas de quoi je serais capable.
- Je suis rentré pour régler ça, chérie. Pas parce que j'ai peur de te perdre. Parce que je sais que j'ai déconné.
- Ça pour avoir déconné…
- Je ne sais même pas si c'est rattrapable.
- Il a 16 ans. Et il a besoin d'un père. Alors oui, bien sûr que c'est rattrapable. Mais il va falloir du temps et ça va dépendre de ce que tu vas lui dire et de ton attitude envers lui. Je ne te demande pas d'être aussi proche de Draco que d'Harry. Je sais que c'est impossible. Mais vos relations peuvent être amicales, et même devenir affectueuses. Mais il faut que tu fasses un effort. Il ne l'admettra pas, même sous la torture. Mais il espère désespérément que tu fasses un geste vers lui.
- Permets-moi d'en douter.
- Sirius, siffla Tessa, ça fait des mois que j'essaye de le convaincre de te parler de ce que son père lui a fait. Je ne savais pas de quoi il s'agissait exactement, il ne m'avait rien dit, mais j'étais certaine que ça aiderait vos relations. Il a refusé. Pas uniquement par honte ou par fierté. Parce qu'il avait peur que tu ne le crois pas. Ou pire. Que tu le crois et que tu t'en fiches éperdument.
L'animagus garda le silence un moment. Digérant cette révélation.
- Je ne sais pas comment faire, avoua-t-il au bout d'un moment.
Tessa soupira et caressa la joue de son mari d'un geste tendre.
- Commence par lui parler sans lui crier dessus. Je crois qu'il a besoin de parler de tout ça, de son père. Tu es le seul à avoir vécu quelque chose de similaire. Toi tu peux le comprendre. Ça serait vraiment bien que vous en parliez ensemble, plus tard. Mais commence par aplanir les choses entre vous.
Il hocha la tête avant de se lever.
- Très bien. Où est-il ?
- Je lui ai fait prendre une potion calmante et je lui ai demandé de s'allonger un moment. Mais je pense que tu peux y aller.
Il se pencha pour embrasser son épouse et elle détourna la tête, ne lui offrant que sa joue. Il retint un soupir. Il l'avait mérité. Il se dirigea vers les escaliers et commença à monter les marches.
- Sirius ?
- Oui ?
- Laisse la porte ouverte.
Il hocha la tête. Bien sûr… Tessa n'avait pas confiance en lui. Et il devait admettre qu'à sa place, il n'aurait pas eu confiance non plus.
Il atteint très vite la chambre de l'adolescent. Comme à son habitude il entra sans frapper et commença à fermer la porte derrière lui, machinalement, avant de se raviser et de la laisser ouverte.
Draco s'était endormi.
Sirius avança la main vers la chaise de bureau mais il changea d'avis et s'assit sur le lit. Il observa l'adolescent un moment. Un sentiment de culpabilité l'envahit en voyant les bleus sur son visage et sa lèvre fendue. Il se demanda si Tessa n'avait pas appelé son père pour soigner le garçon parce qu'elle voulait régler cette histoire en famille ou parce qu'elle voulait qu'il ait sous les yeux les preuves de la violence dont il avait fait preuve. Il penchait pour la seconde solution.
Il savait qu'il devait réveiller Draco mais il n'avait pas envie de le faire. Il ne voulait pas voir ses yeux s'emplir de peur en le découvrant devant lui. Il ne voulait pas voir dans le regard du garçon le reflet de ce qu'il était devenu.
Avec un soupir il dû reconnaître que pour parler avec l'adolescent il n'avait pas d'autre choix que de le réveiller. Son instinct lui disait d'aboyer le nom de Draco, mais il le musela. S'il s'était agi d'Harry, qu'aurait-il fait ? Connaissant la réponse à cette question, il tendit la main et secoua doucement le garçon par l'épaule.
- Draco, appela-t-il en prenant garde de ne pas élever la voix.
Il lui fallut moins d'une minute pour que l'adolescent ouvre les yeux. Son regard ensommeillé laissa la place à une expression inquiète et Sirius le vit jeter un œil désespéré vers la porte. Prenant soin de garder un ton calme, il se recula au pied du lit, laissant de l'espace au garçon et soupira.
- Il faut qu'on parle, toi et moi.
- Je suis désolé, répondit Draco du tac au tac, en déglutissant avec difficulté.
- Je sais, répondit-il en sachant que sa femme aurait été furieuse de cette réponse.
Il aurait dû dire au gamin qu'il n'avait pas de raison de l'être, mais cela ressemblait trop à des excuses qu'il n'était pas capable de prononcer.
Il réalisa qu'il ne savait pas quoi dire. Il était venu pour lui parler et il ne savait absolument pas ce qu'il devait faire. Réfléchissant rapidement, il dit la première chose qui lui passa par la tête.
- Veux-tu aller vivre avec Rogue ?
A sa grande surprise, l'adolescent devint livide. Il aurait pourtant cru qu'il sauterait de joie à l'idée de partir de cette maison et d'aller habiter avec quelqu'un qui, de toute évidence, se souciait de lui.
- Draco ?
- Comme tu veux, répondit-il d'une voix étranglée.
- Non pas comme je veux, insista Sirius en se forçant à garder un ton calme. Comme tu veux toi. Est-ce que tu veux vivre avec Rogue ?
Draco lui jeta un regard incertain avant de secouer négativement la tête avec prudence. Il murmura quelque chose.
- Pardon ?
- Rien. Désolé.
- Draco, soupira Sirius. On ne va pas s'en sortir. Je te promets que quoi que tu dises, je ne me mettrai pas en colère.
L'adolescent lui jeta un regard peu convaincu avant de s'assurer que la porte était toujours grande ouverte.
- Vous voulez que je parte ?
- Non, répondit fermement Sirius, et il fut le premier étonné de voir qu'il était parfaitement sincère. On ne veut pas que tu t'en ailles. Mais je comprendrais… on comprendrait tous que tu aies envie de t'éloigner. Je pensais que tu voudrais partir. Ça t'éloignerait de moi.
- Et de Tessa, murmura le garçon d'un air désespéré.
Sirius l'observa quelques instants en silence. Il n'avait pas pensé à cela mais il était effectivement évident que Draco était devenu très proche de la jeune femme.
- Bien. Alors on va faire en sorte que les choses se passent mieux entre nous. Tu pourras aller passer quelques jours chez Rogue de temps en temps, et cet été, tu iras en Roumanie avec Charlie, ça nous fera du bien de ne pas être dans la même maison quelques jours. A Poudlard, je ferais en sorte de ne pas me mêler de tes affaires, de te traiter comme n'importe quel étudiant. Du moment que tes notes aux examens sont correctes, je te ficherais la paix sur celles des devoirs. Si tu fais une bêtise, je ne m'en mêlerais pas, tu t'arrangeras avec le professeur qui t'aura chopé. Mais tu pourras venir me voir si tu en as besoin. Ça sera un bon début, mais ça ne suffira pas. Il va falloir faire des efforts. Je vais devoir faire des efforts. Et toi il va falloir que tu apprennes à me faire confiance. Si tu ne me parles pas, je ne peux pas deviner ce qu'il se passe dans ta tête.
Draco rougit légèrement.
- Je suis désolé de ne pas t'avoir dit pour mon père. Tessa voulait que je t'en parle. Et Severus aussi. Et la moitié de mes amis. Blaise était même à deux doigts de venir t'en parler lui-même.
- Ce que j'aimerais savoir, c'est pourquoi tu ne m'en as pas parlé dès le début.
- Je me suis dis que tu ne me croirais pas. C'est comme quand on m'a obligé à aller le voir, je voulais te demander de ne pas y aller, mais je me suis dis que tu allais te mettre en colère. Et que si ça arrivait à ses oreilles que je ne voulais pas venir, ça serait encore pire.
Sirius fronça les sourcils.
- Comment ça encore pire ?
Draco détourna le regard, gêné.
- Rien d'important.
- Draco !
L'adolescent sursauta et se leva du lit pour s'approcher de la fenêtre, mettant une distance raisonnable entre eux, et Sirius se maudit intérieurement. Ne pouvait-il pas parler plus de dix minutes à ce gosse sans élever le ton ? Il se leva à son tour et suivit le jeune homme.
- Dis-moi, dit-il d'une voix plus posée. Si le magenmagot veut de nouveau te faire voir ton père, j'aurais besoin de plus que de mon opinion à son égard pour m'y opposer. Et si tu ne veux effectivement pas le voir, donne-moi quelque chose pour empêcher une nouvelle visite.
Draco posa son front contre la fenêtre. Cette conversation était en train de faire lâcher ses nerfs. D'une voix tremblante, il raconta à Sirius tout ce que son père lui avait dit. Hormis son ordre « d'accident » sur la personne de Harry et la blessure qu'il lui avait infligée. Mais Sirius n'était pas né de la dernière pluie. Il fit pivoter le jeune homme face à lui.
- Tu ne me dis pas tout.
Une expression proche de la panique se peignit sur le visage du garçon et Sirius posa un bras sur le montant de la fenêtre, essayant de ne pas paraître menaçant.
- Draco, dis-moi. S'il te plait, se força-t-il à rajouter.
- Je ne l'aurais jamais fait, jura l'adolescent. Je te le jure.
- D'accord. Je te crois. Dis-moi.
- Il… Il m'a demandé de provoquer un accident de Quidditch et de tuer Harry, déclara très vite Draco avant de fermer les yeux, de toute évidence dans l'attente d'un coup.
Sous le choc, Sirius recula de quelques pas, s'éloignant du garçon, de peur de perdre son calme. Après avoir fait les cent pas quelques minutes, il lui jeta un regard et sa colère retomba de moitié. Draco était collé à la fenêtre, livide, la respiration haletante.
- Il ne t'a rien dit d'autre ? Demanda-t-il d'une voix qu'il parvint tout juste à garder neutre.
Le garçon secoua négativement la tête, prudemment, comme s'il attendait une inévitable explosion.
- Bien.
Pris d'un doute, il plissa les yeux et ajouta :
- Et il ne t'as rien fait ?
Draco se détourna de nouveau en marmonnant :
- Rien de permanent.
Sirius franchit la distance qui les séparait et le força à se retourner.
- Je ne plaisante pas Draco. Réponds-moi.
- Il a menacé de me casser le bras ! répondit l'adolescent avec colère. Ça a fait mal, mais il ne l'a pas fait. Il savait bien que les aurors lui tomberaient dessus !
Sirius faillit mal réagir au ton qu'employa l'adolescent. Mais les larmes qui brillaient dans ses yeux le calmèrent net. Les paroles de Remus lui revinrent en mémoire et il réalisa que le loup-garou avait raison. Ce gosse avait vécu dans la terreur toute sa vie. Le geste lui vint naturellement et cette fois, il ne se ravisa pas. Saisissant fermement l'adolescent par la nuque, il l'attira contre lui, sans un mot. Au bout de quelques minutes, il sentit Draco se détendre légèrement.
- Je ne le laisserai pas te toucher, lui murmura-t-il à l'oreille.
- Il finira par sortir, répondit le jeune homme d'un ton malheureux.
- Ça ne changera rien. Tu seras majeur d'ici là.
- Il se fichera que je sois majeur. Il utilisera un rituel de sang pour m'obliger à lui obéir.
Sirius s'écarta, un air songeur sur le visage. Il hocha la tête d'un air pensif et se dirigea vers la porte.
- Assieds-toi, ordonna-t-il en désignant le lit. Tessa ! cria-t-il par la porte ouverte.
La jeune femme ne tarda pas à les rejoindre et la tension quitta immédiatement le corps de Draco quand elle s'assit à côté de lui sur le lit.
Ils regardèrent Sirius faire les cent pas tandis qu'il réfléchissait. Enfin, il raconta rapidement à son épouse ce que venait de lui dire Draco à propos de son père et de ses craintes à son sujet.
- Je ne vois pas 36000 façons de régler le problème de manière définitive…et légale, précisa-t-il à sa femme qui avait ouvert la bouche pour protester.
Celle-ci eut un sourire soulagé et lui fit signe de continuer.
- Tout d'abord, nous devons faire de Serv… hmm pardon, l'habitude, de Rogue le parrain officiel de Draco.
Tessa eut un sourire éblouissant. Elle avait déjà exprimé ce souhait en rentrant de Poudlard et Sirius s'était immédiatement braqué, refusant l'idée en bloc. Elle avait eu l'intention de laisser passer quelques jours avant de repartir à la charge.
- Quant à éviter un rituel de sang que Lucius pourrait utiliser pour obliger son fils à lui obéir même après sa majorité, j'ai bien une idée, mais je ne sais pas ce que vous allez en penser.
- Dis-nous, l'encouragea Tess.
- On pourrait adopter Draco… Ça changerait son lien de sang et Lucius ne pourrait plus utiliser celui-ci pour l'asservir.
Il se tourna vers Draco, tirant la chaise du bureau pour s'asseoir devant le jeune homme.
- Et je ne vois pas meilleure façon de te prouver que je veux sincèrement que tu fasses partie de cette famille. Et que je suis désolé de ne pas m'en être rendu compte plus tôt.
Draco jeta un regard incertain vers Tessa qui lui sourit. Elle lui prit la main et la serra.
- On t'adopterait tous les deux, précisa-t-elle sachant que c'était ce qui déciderait le garçon.
L'adolescent lui sourit à son tour avant de tourner son regard gris vers son cousin. Sirius se força à garder un air impassible, celui qui avait le moins de risque d'effrayer l'adolescent. Après une longue hésitation, Draco hocha prudemment la tête en signe d'acceptation. Le cri de joie de Tessa couvrit sans peine le soupir de soulagement que Sirius n'eut même pas conscience de pousser.
