Et voilà les gens, c'est fini! Voici le dernier chapitre de cette fic qui compte 175 pages word (c'est tout petit par rapport à SCR).
Un grand grand grand merci à Mystical (sadik) qui a corrigé ce chapitre au pied levé puisque je n'ai eu aucune nouvelle de Morphée le concernant... Heureusement qu'on a, Misty et moi, de bonne boites mail au boulot ^^
Je n'ai plus de fic en réserve... Enfin, non, je reformule: je n'ai plus de fic publiable en réserve.(Mack, c'est pas la peine de râler, ça fera pas ressortir une fic du fond de l'ordi!) Parce que des projets, j'en ai; des fics que j'ai commencé à écrire aussi... et même une fic pour laquelle j'ai bouclé le plan... Mais il va falloir que je trouve un peu plus de temps pour écrire et, même si j'ai repris le boulot depuis maintenant 9 mois, je suis encore très fatiguée et j'ai du mal à rassembler mes idées pour faire quelques choses de correct. Et si c'est pour publier un truc bâclé, c'est pas la peine!
Mais je reviendrais! (comme les méchants! mouahahahahah!) Et j'espère qu'il y aura des lecteurs qui traîneront toujours dans le coin!
La traduction de la fic de Misslilymalfoy: aidez moi, continuera, bien entendu, a être publié!
Sur ce, je vous laisse à votre lecture!
Enjoy!
Draco paya la vendeuse de friandises et se retourna pour regagner son compartiment. Ginny Weasley lui rentra dedans en sortant précipitamment d'une cabine et il eut un sourire ironique.
- Ton pull est à l'envers Weasley.
Ginny rougit et lui adressa un remerciement à peine audible avant de s'engouffrer dans un autre compartiment juste au moment où son frère et Hermione apparaissaient au bout du couloir. Hermione lui sourit en le croisant et Ron ignora soigneusement l'échange. Leurs relations s'étaient améliorées autant qu'elles pouvaient l'être, ce qui signifiait que chacun évitait soigneusement de reconnaître l'existence de l'autre.
L'adolescent retourna dans son propre compartiment et lança une chocogrenouille vers la jeune fille brune qui l'y attendait.
- Trouvé !
- Oh génial, s'exclama-t-elle en déchirant l'emballage. Il en restait.
- Eh! Partage un peu, sourit-il en attirant la demoiselle sur ses genoux pour l'embrasser.
Ils ne virent pas le reste du trajet passer et quand le train s'immobilisa, ils attendirent que les couloirs redeviennent silencieux avant de se décider à bouger. Draco descendit galamment la valise de sa compagne du filet à bagages et elle lui fit signe qu'elle allait se débrouiller pour la descendre du train.
-Vas-y, lui dit-elle. Je me redonne un coup de peigne et je descends. On se revoit après Noël.
Il l'embrassa une dernière fois et s'empressa de sortir du train, constatant qu'il était bon dernier… ou presque. Il se dirigea rapidement vers Harry et Tessa qui l'attendaient.
- On peut savoir ce que tu foutais ? grogna Harry. On se gèle !
Draco rougit légèrement en détournant les yeux. Harry allait ajouter quelque chose quand son regard fut attiré par la petite brune qui se faufilait hors du train pour rejoindre ses parents à quelques mètres de là. Il leva les yeux au ciel avec un sourire moqueur.
- Astoria Greengrass… Evidemment… Je me demande pourquoi je pose encore des questions moi…
Draco lui jeta un regard en biais et répondit :
- Je te demande moi pourquoi Ginny Weasley avait son pull à l'envers quand elle est sortie de ton compartiment tout à l'heure, pendant que Weasley et Hermione faisaient leur tournée ?
Tessa sourit devant leurs chamailleries et les poussa vers le passage.
- Allez messieurs les tombeurs, on s'active. Sirius nous attend.
Du coin de l'œil elle vit Draco se rembrunir et elle passa un bras autour de ses épaules.
- Je suis sûre que tout se passera très bien.
Draco haussa les épaules d'un air fataliste. Tessa lui sourit et les entraîna vers le chaudron baveur. Draco passa le premier dans la cheminée. Contrairement à son habitude, il trébucha légèrement en arrivant dans le salon des Black. Il eut un sursaut en voyant Sirius, l'air sombre, qui attendait, assis dans le fauteuil en face de l'âtre.
- Vous en avez mis du temps, grogna l'animagus. Le repas va être froid.
Draco leva discrètement les yeux au ciel. Comme s'ils ne pouvaient pas réchauffer les plats d'un coup de baguette. Mais vu la mauvaise humeur manifeste de Sirius, il n'osa pas le lui faire remarquer. Tessa et Harry arrivèrent à leur tour et ils passèrent à table, en silence. Après le repas, Harry et Draco se levèrent pour monter ranger leurs bagages et se coucher. Alors qu'ils allaient sortir de la cuisine, Sirius se décida à sortir de son mutisme.
- Draco ! Demain à 8h. Soit prêt.
L'adolescent pâlit légèrement en acquiesçant et Tessa eut un soupir. Quand les garçons eurent quitté la cuisine elle jeta un regard à son mari qui se leva pour l'aider à débarrasser.
- Je sais, grogna-t-il. Je sais.
.
OoO
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Comme toujours lorsqu'il devait se lever plus tôt qu'à l'accoutumée, Tessa était venu réveiller Draco. Sirius et lui avait petit-déjeuné en silence, baillant à tour de rôle. Ils étaient à présent au ministère.
- Allez, siffla Sirius d'un ton sec, qu'on en finisse ! Salle d'audience numéro 4.
Il s'engagea dans un couloir d'un pas rapide, suivi par l'adolescent qui devenait de plus en plus pale au fur et à mesure qu'ils approchaient de leur destination. Sans s'en rendre compte, il commença à ralentir, jusqu'à presque s'arrêter lorsque la lourde porte noire de la salle d'audience fut en vue.
Sentant qu'il n'était plus suivi, Sirius se retourna brusquement et eut un soupir en découvrant le garçon immobile, livide, à quelques pas de lui. Il traversa la distance qui les séparait en quelques pas et, saisissant le menton de Draco, le força à le regarder.
- Tout va bien, lui dit-il. Ce n'est pas parce qu'il a obtenu le droit d'être présent qu'il pourra t'approcher. Je ne le laisserais pas t'approcher. S'il fait ne serait-ce que te regarder de travers, peu importe ce que dira King, je le massacre.
Draco lui adressa un pâle sourire.
- Mr Black veuillez lâcher le cou de l'accusé et venir témoigner ?
- C'est l'idée.
Draco jeta un coup d'œil vers la salle d'audience et soupira. Sirius posa une main sur sa nuque et l'attira plus prêt de lui pour lui murmurer à l'oreille.
- Je comprends ton inquiétude. Mais ne le laisse pas voir que sa présence t'affecte. Montre-lui que tu es passé à autre chose et que tu te fiches complètement de lui. Et n'oublie pas que tu n'es pas seul.
- Severus est arrivé, tu crois ?
Sirius jeta un œil sur sa montre à gousset.
- Le connaissant, oui. Allez, allons-y.
Il poussa doucement le garçon devant lui et ils entrèrent dans la salle d'audience. King était déjà là, avec les membres du magenmagot. Le fauteuil de l'accusé était vide, mais Draco savait qu'il ne le resterait pas longtemps. Comme l'avait prédit Sirius, Rogue était déjà là. Quand il les vit entrer, il se leva et vint serrer son filleul dans ses bras, adressant un signe de tête à l'animagus par-dessus l'épaule de l'adolescent en guise de salutation. Les deux hommes ne seraient jamais amis, mais leurs relations étaient plus cordiales maintenant qu'ils en étaient à leur seconde année d'enseignement en commun.
- Tout va bien ? murmura Severus.
- Ça ira mieux quand ce sera fini, soupira Draco.
- Ce n'est qu'une journée difficile à passer, lui assura le professeur de potions. Tu en as connu de pires.
Sirius leva les yeux au ciel devant l'allusion à peine voilée à l'année précédente et Draco eut un sourire hésitant. Rogue tourna son attention vers son collègue de travail.
- Je suis étonné que Tessa ne soit pas là.
- On en a discuté et on ne voyait pas l'utilité de réveiller Harry à 6h. Comme il ne sera pas admis dans la salle d'audience, qu'il attende à la maison ou à la cafétéria… Ils nous rejoindront pour manger ce midi et Harry passera l'après midi avec Maugrey au bureau des aurors. Tess restera avec nous.
De l'autre coté de la salle, Kingsley se leva et ordonna à la cantonade de s'asseoir. Il fit ensuite un signe à un auror qui attendait près d'une porte dérobée. Celui-ci hocha la tête et se glissa à l'extérieur. Draco ne pouvait détacher son regard de la porte par laquelle il avait disparu. Son souffle se bloqua dans sa poitrine quand l'homme revint accompagné de Lucius. Bien qu'il soit entravé, le mangemort se tenait fièrement. Son regard perçant se posa sur son fils et celui-ci se raidit. Sirius donna une tape sur le bras de son cousin qui sursauta et se tourna vers lui.
- Ne le regarde pas, lui ordonna-t-il. Ne le laisse pas te déstabiliser.
- Ouais, ok.
- Tu n'auras qu'à répondre aux questions de King. Ne le regarde pas, insista-t-il, la seule chose que ça fera, ce sera de paniquer, de t'embrouiller. Tu vas témoigner et dis-toi qu'il n'a aucune chance de s'en sortir.
- Dommage, grogna Severus, derrière eux. Je me serais volontiers occupé de lui personnellement.
Sirius hocha distraitement la tête, arrachant un sourire à l'adolescent. Kingsley fit signe à l'auror d'ôter les entraves de Lucius et de l'asseoir sur le fauteuil de l'accusé, fauteuil enchanté qui, sans le ligoter, l'empêchait de se lever.
- Nous ouvrons la révision du procès de Lucius Malefoy suite à de nouveaux éléments. Draco Malefoy, fils biologique en rupture de liens de sang de l'accusé, est ici pour témoigner de l'activité de Mangemort de Monsieur Malefoy, ainsi que de l'incitation au meurtre à laquelle il a été soumis l'année dernière.
Nous commencerons par entendre le témoignage oral de Draco Malefoy puis, afin que les choses soient parfaitement claires, ce jeune homme a accepté de nous confier ses souvenirs afin que nous puissions délibérer en toute connaissance de cause.
Lucius fusilla son fils du regard mais celui-ci regardait obstinément droit devant lui, évitant soigneusement de tourner la tête vers son géniteur.
Après avoir échangé quelques mots en aparté avec les membres du magenmagot, Kingsley invita Draco à venir s'asseoir sur un fauteuil semblable à celui de l'accusé mais qui, contrairement à ce dernier, n'immobilisait pas la personne qui y prenait place.
Severus pressa l'épaule de Draco en signe d'encouragement quand ce dernier passa devant lui. L'adolescent s'installa à la place qu'on lui avait désignée en prenant une discrète mais profonde inspiration.
- Déclinez vos nom, prénom, age et profession, demanda King d'un ton formel.
- Draco Malefoy. 17 ans. Etudiant à Poudlard.
- Vous dites avoir des informations concernant l'affiliation de Lucius Malefoy au groupe illégal des mangemorts.
- Mon géniteur portait la marque des ténèbres, révéla Draco, celle-ci a disparue à la mort de son maître mais je l'ai vue à de nombreuses reprises.
- Lucius Malefoy a été interrogé sous veritaserum, fit remarquer l'un des membres du magenmagot. Rien dans son interrogatoire n'a pu établir ses liens avec les mangemorts.
- Lucius avait pour habitude de retirer de son esprit les souvenirs l'incriminant directement. Ceux-ci étaient conservés dans une bulle magique qui avait pour fonction de détruire ce qu'elle contenait si elle n'était pas désactivée par son créateur dans les 24 heures. La connaissance restante de ses affiliations était trop diffuse pour être révélée dans un interrogatoire classique. Les questions auraient du être extrêmement spécifiques pour le confondre.
- Le rapport du maître de potion Severus Rogue sur les défaillances du véritaserum dans le cadre de l'altération volontaire de souvenir à été placé dans le dossier qui vous a été remis, signala Kingsley.
Le juge qui avait posé la question hocha la tête, apparemment satisfait de la réponse qu'il avait obtenue.
- Continuez, ordonna le ministre à Draco
- Et bien il recevait aussi régulièrement des personnes qui étaient ouvertement servants du seigneur des ténèbres.
- Pouvez-vous citer quelques noms ?
- Rodolphus et Bellatrix Lestrange, Rabastan Lestrange, Fenrir Greyback, Walden MacNair. Vol…Vous-savez-qui est venu en personne à plusieurs reprises.
- Avez-vous subi des pressions visant à vous faire prendre la marque des ténèbres ?
- Il était tenu pour acquis que je prendrais la marque dès mes 17 ans. Mon opinion n'a pas été demandée et mon manque d'enthousiasme n'a pas été apprécié.
- Avez-vous spécifiquement exprimé votre désaccord ? demanda de nouveau le juge qui semblait avoir pour mission de se faire l'avocat du diable.
- Une fois. Ma mère l'avait également fait une fois avant cela.
- Que s'est-il passé ?
- Mon géniteur s'est plaint à son maître de la mauvaise influence que ma mère exerçait sur moi. Elle a été assassinée le soir même.
- Et vous ?
- Pardon ?
- Vous dites avoir exprimé votre refus de prendre la marque. Que s'est-il passé ?
Draco déglutit et désigna Lucius du menton.
- Il m'a battu. Et jeté le doloris.
- C'est ridicule, éructa Malefoy. Il raconte n'importe quoi !
Draco sursauta violemment au son de sa voix et ses mains se crispèrent sur les accoudoirs du fauteuil. Sirius amorça un geste pour se lever, son regard meurtrier fixé sur le mangemort. Rogue le fit rasseoir brusquement sous le regard d'avertissement de Kingsley. Quand le ministre fut certain que l'animagus se tiendrait tranquille, il se tourna vers Lucius.
- Veuillez vous taire, monsieur Malefoy, dit-il sévèrement. Votre présence ici relève d'une pure courtoisie de notre part. Les allégations de Draco seront confirmées ou infirmées par les souvenirs qu'il nous confiera tout à l'heure. Si vous devez encore perturber cette audience, je vous renvoie séance tenante à Azkaban !
Lucius hocha sèchement la tête, signifiant qu'il avait compris. Et Kingsley reprit l'interrogatoire de l'adolescent après avoir lancé un dernier regard méprisant au mangemort. Celui dura un long moment, les membres du magenmagot n'hésitant à poser les mêmes questions sous différentes formes. Lorsque les juges admirent n'avoir plus de questions à poser, Kingsley jeta un tempus.
- Bien il est 10h. Nous avons le temps de visionner les souvenirs du jeune Draco. Il sera ensuite temps de prendre une pause déjeuner.
Un auror apporta un lot de fioles vides et Kingsley procéda lui-même à la copie des souvenirs. Il savait l'opération douloureuse aussi décida-t-il de se limiter à la récupération de quatre souvenirs. Chaque copie durait à peine cinq minutes. Il guida Draco tout au long de l'opération, lui indiquant quels souvenirs étaient les plus pertinents et les plus utiles à voir. Quand ils eurent terminé, Draco avait le souffle court et une fine pellicule de sueur recouvrait son visage. Kingsley lui donna une tape amicale sur l'épaule et lui conseilla de retourner s'asseoir près de son parrain et de son père adoptif.
- J'ai à présent récupéré les souvenirs que nous allons visionner. La pensine que nous allons utiliser est enchantée pour projeter le souvenir concerné sur l'écran blanc qui se trouve sur votre droite. Je demande le silence pendant ce visionnage et vous rappelle que le jeune Draco a répondu à toutes vos questions. Nous ne l'interrogerons plus sur les sujets que nous avons abordés jusque là.
L'ensemble des juges hochèrent la tête tout en s'installant de manière à faire face à l'écran. Draco lui, ne bougea pas. Il lui suffisait de tourner la tête pour voir l'écran, mais il n'était pas sur d'avoir envie de revivre ces instants avec autant de clarté.
Kingsley versa le contenu de la première fiole dans la large vasque, plus grande qu'une pensine ordinaire, qu'utilisait le magenmagot. L'écran blanc se brouilla d'une brume opaque et argentée pendant quelques secondes avant qu'une image n'apparaisse.
Une salle à manger luxueuse. Une table mise pour cinq. Des elfes s'affairant. Draco entra dans la pièce et se plaça sagement derrière sa chaise, attendant en silence.
Lucius et Narcissa entrèrent à leur tour, suivis de Rodolphus et Bellatrix Lestrange.
Sur un signe de son père, Draco prit place à table, toujours parfaitement silencieux. Les elfes servirent le repas. A peine l'entrée entamée, Bellatrix se lança dans une diatribe enflammée contre les sorciers nés-moldus. Lucius et Rodolphus acquiesçaient avec conviction tandis que Narcissa conservait une attitude indifférente.
- Eh bien mon garçon, demanda soudain Bellatrix, je suppose que tu es impatient de rejoindre les rangs du maître !
Draco tressaillit et jeta un regard angoissé vers sa tante. Ne savait-elle pas qu'il n'avait pas le droit de se manifester à table ? Que son père ne voulait pas entendre le son de sa voix lorsqu'il recevait des invités ? Bellatrix le regarda, attendant une réponse. Au bout de quelques secondes, elle comprit et se tourna vers son beau-frère.
- Salazar, Lucius ! Laisse donc ce garçon participer à la conversation. Il est presque un homme !
Lucius jeta un regard glacial à son fils et lui ordonna de répondre à sa tante d'un hochement de tête.
- Bien sur ma tante, répondit donc l'adolescent d'un ton manquant cruellement d'enthousiasme. Rien ne me fera plus plaisir que de mettre ma baguette au service du maître.
Il avait l'air de réciter une leçon apprise par cœur. Narcissa fronça les sourcils, mécontente et son mouvement d'humeur ne passa pas inaperçu aux yeux de son époux qui la regarda d'un air suspicieux. Bellatrix, qui n'avait rien remarqué reprit son monologue d'une voix excitée, dissimulant aux personnes présentes le soupir résigné de son neveu.
L'écran se brouilla de nouveau avant de redevenir parfaitement blanc. Kingsley agita sa baguette et le souvenir s'éleva au-dessus de la pensine, en un long filament argenté, pour regagner sa fiole. Les membres du magenmagot débattaient passionnément entre eux de ce qu'ils venaient de voir. Kingsley les laissa discuter un moment avant de réclamer le silence et de déverser dans la vasque le second souvenir.
Ils se trouvaient dans un bureau. Contrairement à d'habitude, Draco ne se trouvait pas debout devant le long meuble de bois massif, les mains croisés dans le dos, la tête haute et le dos droit non, il était assis sur un siège à côté de son père qui lui montrait des documents.
- Donc tu vois ? Chaque mois, je fais un versement. Sur le compte de Walden Macnair. Dans ma comptabilité officielle il s'agit d'un don pour permettre l'étude des animaux dangereux et ainsi savoir s'il est possible de s'en protéger sans recourir à une systématique exécution. C'est assez nébuleux pour que personne n'interroge jamais Walden sur l'usage qu'il fait de cet argent. Il se charge ensuite de le remettre, en plusieurs fois pour plus de prudence, au seigneur des ténèbres. S'il devait m'arriver quoi que ce soit, tu devras continuer ces dépôts à ma place. Est-ce bien compris ?
- Oui père…
Le second souvenir ne provoqua pas autant de remous que le premier, chacun ayant été conscient que l'argent de Lucius avait servi des causes bien obscures. Kingsley n'attendit donc pas pour verser le contenu du troisième flacon dans la pensine.
Des bruits de petites explosions retentissaient dans tout le manoir et une épaisse fumée s'échappait du salon. Intrigué, Draco entra dans la pièce pour y découvrir un spectacle pour le moins inhabituel. Son père, les cheveux attaché d'un ruban noir, vêtu d'un simple pantalon noir et d'une chemise blanche, jetaient des sorts de destruction sur une kyrielle d'objets qu'il avait de toute évidence sortis d'un coffre dissimulé derrière le manteau de la cheminée majestueuse des Malefoy.
L'adolescent s'approcha prudemment. Son père ne lui jetant pas le moindre regard, il se risqua à avancer suffisamment pour voir ce que celui-ci faisait. Des débris jonchaient le sol et Lucius, d'un geste rageur, détruisait grimoires, fioles et artefacts divers. Draco eut un mouvement de surprise en voyant que son père, toujours tiré à quatre épingles, avait négligemment remonté les manches de sa chemise pour agir plus à son aise, exposant par là même sa marque des ténèbres, noire, ondulante et menaçante.
- Ces maudits aurors et leurs perquisitions, grogna le mangemort, faisant sursauter son fils qui avait naïvement cru que son entrée était passé inaperçue. Une fortune, je suis en train de détruire une vraie fortune. Et plus que la valeur marchande de ces objets, c'est le pouvoir qu'ils renferment qu'il est ignoble de perdre ainsi ! Il me faudra des années pour réunir à nouveau une telle collection !
Draco resta immobile et silencieux, sentant qu'il ne valait mieux pas énerver son père davantage.
- Quand le maitre aura vaincu cet imbécile de Dumbledore et ce crétin de soi-disant survivant, quand il régnera sur le monde sorcier, je demanderai comme une faveur personnelle que chacun de ceux qui auront eu l'audace de fouiller ma maison soient égorgés par Fenrir et ses amis. Et avant que leur sort ne soit scellé, je torturerai et exterminerai moi-même leur famille sous leurs yeux !
Toujours immobile Draco hocha vaguement la tête, ne sachant pas si son père le voyait.
- Et si cette guerre devait se prolonger, si je ne suis plus là pour me venger moi-même, tu le feras pour moi, mon fils !
Draco déglutit et répondit ce que Lucius attendait de lui.
- Evidemment père.
Tout à son activité et sa diatribe vengeresse, Lucius ne remarqua pas son flagrant manque d'enthousiasme.
Avant même que l'écran ne redevienne blanc, les juges explosèrent. La discussion, animée, portait à la fois sur la vision bien précise de la marque des ténèbres sur le bras de Lucius et sur les artefacts que l'homme détruisait dans le souvenir. Certains de ces objets avaient été reconnus par les anciens aurors devenus membres du magenmagot et il ne faisait aucun doute pour eux que l'aristocrate s'était livré à une pratique intensive de la magie la plus noire pouvant exister.
Certains exprimèrent violement leur désapprobation concernant le fait que Draco n'ai pas témoigné plus tôt. Kingsley ramena immédiatement le silence d'une voix de stentor et rappela sévèrement que ce dernier était mineur au moment du premier procès et n'était donc pas autorisé à témoigner comme témoin à charge. Il rappela que l'adolescent n'avait atteint sa majorité que depuis quelques mois et que, étant étudiant en dernière année à Poudlard, il avait été décidé que la révision du procès pouvait attendre les vacances de Noel.
- Je sais que vous êtes fatigués, que vous avez faim également, si j'en crois mes oreilles, ajouta-t-il, déclenchant quelques rires. Aussi je vous propose de voir le dernier souvenir du jeune Draco et de nous retirer pour le déjeuner. Nous nous retrouverons à 14h pour la seconde partie du débat.
L'ensemble des juges approuvèrent bruyamment la proposition du ministre qui versa dans la pensine le dernier flacon. A sa place, Draco soupira et ferma les yeux. Il ne voulait pas revoir cette scène. Seule sa dignité l'empêcha de se boucher les oreilles.
Lucius faisait les cent pas dans le salon de son manoir. Au bout d'un moment, il se tourna vers son fils qui était resté immobile, le dos droit et les mains croisés derrière le dos, comme à son habitude.
- Qu'entends-tu exactement par : je ne suis pas intéressé ? demanda-t-il d'un ton menaçant.
Draco déglutit mais ne baissa pas les yeux.
- Je ne suis pas aussi fanatique que vous ou tante Bellatrix et, si je ne suis pas contre les idées du seigneur des ténèbres, je n'ai pas envie de mettre ma vie à son service.
- J'aurais agi trop tard en te soustrayant à l'influence néfaste de ta traitresse de mère ? hurla Lucius, fou de rage.
- Mère avait ses propres raisons de ne pas vouloir me voir m'engager, répliqua-t-il d'un ton froid qui ne put masquer totalement sa peur. Elle n'a rien à voir avec ma décision.
- Ta décision ? répéta Lucius avant d'éclater de rire. Parce que tu crois avoir le choix en la matière ?
- Pourquoi me poser la question si votre décision est prise ? demanda l'adolescent d'un ton hésitant.
- Pour éprouver ton obéissance et tes convictions, répondit froidement son père. Fort heureusement, il me reste assez de temps pour te remettre dans le droit chemin avant qu'il ne soit le moment de te présenter devant le maitre.
Sans crier garde, il avança d'un pas et gifla Draco de toutes ses forces, l'envoyant sur le sol. Il le releva par les cheveux et le jeta contre la table. Sachant de toute évidence ce qui l'attendait, l'adolescent ne chercha pas à fuir ou à protester. Il se pencha légèrement en avant, laissant le dossier de la chaise placée devant lui s'enfoncer douloureusement dans son estomac, et posa les mains sur la table. Quelques secondes plus tard, Lucius abattit une fine baguette flexible, qui semblait faite en cuivre, sur son dos, le faisant se pencher plus encore en avant. Sans lui laisser le temps de se redresser, il recommença, encore et encore jusqu'à arracher des gémissements pathétiques à son héritier. Celui-ci tint bon pendant de longues minutes puis ses forces l'abandonnèrent et il s'écroula sur le sol, cherchant sa respiration.
Lucius cessa de frapper. Il regarda la chemise blanche de son fils s'imbiber de sang, là où la baguette avait déchiré le vêtement et entaillé la peau.
- Tu es pitoyable, cracha le mangemort. Tu n'es pas digne d'être mon fils. Mais je vais t'endurcir mon garçon, crois-moi !
Il sortit sa baguette et d'un air presque désinvolte, lança le sortilège du doloris. Les hurlements de Draco résonnèrent aussitôt. Lucius maintint le sortilège une quinzaine de secondes avant de lever sa baguette.
- Oui crois-moi, répéta-t-il, je vais t'endurcir.
Il quitta la pièce sans un regard pour le jeune homme qui sanglotait, roulé en boule sur le sol du manoir.
Les juges, tout comme Kingsley, étaient horrifiés et outrés. Ils jetaient des regards noirs à Lucius qui affichait un air indifférent, ainsi que des regards empreints de compassion à l'adolescent, assis à quelques mètres de là.
Celui-ci s'était mis à trembler comme une feuille dès qu'il avait entendu le bruit de la gifle. Bien qu'il n'ait pas levé les yeux vers l'écran, cela ne l'avait pas empêché de revivre cette scène, ainsi que celles, identiques, qui lui avaient succédées et les larmes avaient roulées sur ses joues sans qu'il s'en rende compte.
Son géniteur n'avait rien vu et cela était sa seule consolation. Dès qu'il avait remarqué la pâleur de l'adolescent, Sirius l'avait saisi par la nuque et attiré contre lui, le dissimulant aux regards. Derrière eux, Severus avait tendu la main et l'avait posé sur l'épaule de son filleul, lui apportant une dose supplémentaire de réconfort.
Kingsley jeta un regard vers eux et croisa le regard bouillonnant de colère de son ami.
- Je crois qu'il est plus que temps de faire une pause, dit-il. Allons tous déjeuner. Et retrouvons nous à 14h pour mettre enfin un terme à cette histoire.
Sirius hocha la tête mais empêcha Draco de bouger.
- Attendons que tout le monde soit sorti, dit-il.
Après quelques minutes, ils sortirent à leur tour. Sirius eut un sourire en constatant qu'il n'y avait que Percy dans le couloir. De toute évidence, ce dernier s'était assuré que personne ne s'attarde pour poser des questions à Draco.
Ils se dirigèrent vers une cafétéria moldue, à quelques rues de là, où Tessa et Harry les attendaient comme convenu. La jeune femme bondit de sa chaise en avisant la pâleur de Draco.
- Merlin, qu'y a-t-il ?
- Rien, la rassura son époux en poussant doucement Draco vers une chaise. Quelques souvenirs pénibles à revivre.
L'adolescent hocha vaguement la tête, murmurant qu'il allait parfaitement bien. Tessa avait déjà passé commande, connaissant les gouts de sa famille et sachant que la majorité des plats de cet établissement totalement moldu étaient inconnus de Severus. Harry, assis face à Draco, lui tendit une chocogrenouille.
- On dirait que tu as vu un détraqueur, dit-il simplement.
- Si je pouvais me débarrasser de Lucius aussi facilement, murmura l'adolescent qui tentait de calmer ses tremblements.
- J'aurais bien quelques idées, mais le ministère ne serait pas d'accord, répliqua Harry avec un sourire mauvais.
Même Tessa hocha la tête. Draco finit par cesser de trembler, le chocolat n'étant surement pas étranger à la chose. Ils déjeunèrent en causant de choses et d'autres, mais Draco ne se détendit pas totalement. A 13h15, Sirius soupira et annonça qu'ils devaient y retourner.
- Déjà ? murmura Draco
- Oui, affirma l'animagus. Il faut passer par le quartier des aurors pour laisser Harry avec Maugrey. Nous auront tout juste le temps de remonter à la salle d'audience ensuite.
- Il le faut vraiment ? Demanda Tessa d'un ton inquiet. Tu ne crois pas qu'il en a assez fait ?
- Nous voulons être sur que Lucius n'ait aucune chance d'échapper à la sentence qu'il mérite, expliqua Severus en jetant un œil à son filleul qui était devenu livide.
- Je vais demander à King de t'épargner un témoignage, intervint Sirius. Ton souvenir dans la pensine devrait être suffisant. Ça ira très vite. Le plus long sera d'attendre les délibérations mais Lucius ne sera pas dans la salle d'audience. Il sera emmené en cellule et reviendra pour entendre la sentence.
Draco hocha la tête, l'air peu convaincu.
- Après ce sera fini. Totalement, lui rappela Severus d'un ton posé.
- Ok allons y, déclara l'adolescent en prenant une profonde inspiration.
Ils retournèrent au ministère où ils découvrirent que Maugrey, fier de faire visiter son service à Harry, les attendait dans le hall. Le vieil auror souhaita bon courage à Draco et entraina celui-qui-avait-vaincu dans les entrailles du ministère. Dès qu'ils furent à la salle d'audience, Sirius alla s'entretenir avec Kingsley et Percy. Il revint très vite.
- Kingsley est d'accord. Dès que l'audience reprendra, il prendra ton souvenir et le diffusera. Ensuite les juges délibéreront. Il pense que ça ne prendra pas trop longtemps d'ailleurs.
Ils n'eurent pas le temps d'en discuter davantage. Sur un signe de Kingsley, Lucius fut ramené sur le fauteuil. Il jeta immédiatement un regard d'avertissement à son fils mais l'adolescent, assis à présent entre Sirius et Tessa, ne s'en rendit pas compte.
Le ministre annonça immédiatement qu'en raison de la journée éprouvante qu'ils venaient tous de vivre, il avait décidé de se contenter de visionner le souvenir de Draco concernant l'incitation au meurtre.
- Si quelqu'un a des questions, Draco y répondra ensuite. Mais je pense que le souvenir devrait nous suffire.
Sur son invitation, Draco vint le rejoindre et Kingsley copia le souvenir de sa visite à Lucius, un an et demi plus tôt.
Dès que l'adolescent eut rejoins sa famille, il versa le souvenir dans la pensine enchantée.
- Ne regarde pas, lui souffla Tessa.
L'adolescent hocha la tête et ferma les yeux. Comme pour le dernier souvenir de la matinée, il ne put pas se soustraire au son du souvenir qui se déroula immédiatement derrière ses paupières closes comme s'il y était. Il s'entendit lui-même saluer son père et faire l'inventaire de ses notes de BUSEs, il entendit leur conversation anodine, presque mondaine. Puis son père parla du quidditch, lui suggérant, ou plutôt lui donnant l'ordre, de provoquer un accident qui couterait la vie d'Harry et Draco entendit les exclamations de stupeur des juges, ainsi que le grognement de colère de Sirius qui le fit se rapprocher instinctivement de Tessa. L'animagus lui tapa sur l'épaule pour lui signifier qu'il n'était pas en colère contre lui. Draco espéra que Kingsley arrêterait le souvenir à ce moment là, puisqu'il avait eu ce qu'il voulait, mais le ministre le laissa se dérouler. Il sentit Tessa se tendre à ses cotés en même temps que le ton de son père se modifia et elle laissa échapper un petit cri horrifié quand il se jeta sur lui, lui tordant le bras dans le dos. Il sentit la main de Sirius passer par-dessus lui pour serrer celle de son épouse. Celle-ci, sans lâcher la main de son mari, attira Draco contre elle de son autre bras. Il se laissa aller contre son épaule, soulagé qu'on ne lui demande pas d'être fort, digne et impassible.
- Il est parti, lui souffla Tessa après un moment.
Draco s'autorisa à ouvrir les yeux. En effet, Lucius avait été emmené et les juges se retiraient pour délibérer. Sirius se passa une main sur le visage et Severus avait un regard meurtrier, fixé sur la porte par laquelle on avait emmené le mangemort.
- Tu aurais du nous le dire, soupira Sirius.
- On se demande pourquoi il a gardé le silence, ironisa la jeune femme d'un ton mordant qui arracha un sourire au maitre des potions.
- Je sais, grogna l'animagus.
Draco ne répondit rien. Il se sentait vidé de toute énergie. Heureusement, comme l'avait prédit Kingsley, les juges ne restèrent pas longtemps absents. Lucius fut ramené pour l'écoute de la sentence que devait prononcer Kingsley au nom de tout le mangemagot.
Le baiser du détraqueur. A l'unanimité.
Sous le choc, Draco se tourna vers son père. Il n'entendit pas ses hurlements de rage. C'est à peine en vérité s'il le vit se débattre dans la claire intention de se jeter sur son fils. Il se contenta de le fixer, en silence, mémorisant les longs cheveux blonds, la mâchoire carrée, les yeux gris et froids. C'était fini et il n'éprouvait pas la joie qu'il aurait du ressentir.
- Draco ? lui parvint la voix inquiète de Tessa.
Il sursauta et réalisa que tous avaient quitté la salle, qu'il ne restait qu'eux. Il ouvrit la bouche pour dire qu'il allait bien mais aucun son n'en sortit. Comment aurait-il pu leur dire ce qu'il ressentait ? Ils ne comprendraient pas.
- C'est normal, résonna la voix grave de Severus. Il était malgré tout ton père. Il est normal que tu sois sous le choc.
Draco s'attendait à ce que Sirius se mette à hurler mais il se contenta d'hocher la tête.
- Ca va te prendre un peu de temps pour l'accepter.
- Mais rien ne presse, ajouta Tessa d'une voix douce. Tu as le droit d'être triste. Tu as tout ton temps.
Ils sortirent de la salle. Harry les attendaient, Maugrey ayant du partir sur le terrain quelques minutes plus tôt. Sans rien dire le gryffondor lui tendit un paquet de chocogrenouilles qu'il avait acheté à la cafétéria du ministère.
- Va te falloir au moins ça, marmonna-t-il.
- Merci.
Tessa eut un soupir. Certes, la sentence était dure à avaler pour Draco, mais elle était contente. Elle était sûre au moins que Lucius ne se servirait pas de ses relations pour sortir de prison et redevenir un danger dans la vie de celui qu'elle considérait comme l'un de ses fils.
Severus serra une dernière fois Draco dans ses bras, lui fit promettre de lui écrire s'il voulait parler et reparti à Poudlard, où, bien que peu d'élèves soient restés pour les vacances, sa présence était tout de même requise. Il salua tout le monde, y compris Sirius avant de partir dans un tourbillon de robes noires.
Tessa resta songeuse un instant avant d'adresser un sourire à sa famille.
- Bon, je dois passer au magasin moldu pour acheter des CD, déclara-t-elle, espérant détendre l'atmosphère et donner à chacun une occasion de se changer les idées. Qui veut venir ?
- Moi je viens, déclara Harry tandis que Draco faisait une grimace à l'idée d'une virée shopping. Ils viennent de sortir le dernier CD d'Evanescence et je meurs d'envie de l'écouter.
- Moi je rentre, déclara Sirius. Je suis vanné.
- Draco ? demanda la jeune femme avec un sourire
L'adolescent n'hésita qu'une fraction de seconde.
- Je rentre avec Sirius.
