Disclaimer: Les personnages de Harry Potter ne m'appartiennent pas, mais l'histoire, si !
Couple: Harry Potter / Draco Malfoy.
Evaluation: M.
Bonsoir à tous !
Lys : Bonsoir ! Eh bien, tu es bien prolifique en ce moment, t'as jamais autant posté en si peu de temps !
Oui en effet XD Mais bon, j'avais pas grand-chose à apporter à ce chapitre…
Lys : Un chapitre très… chaud :D
Très très chaud… :D
Lys : Les choses sérieuses commencent !
Ouééé ! Bon, j'ai créé un autre nom pour Harry, plus long et plus... antique, disons. Vous m'excuserez pour l'orthographe : j'ai laissé "Harry" tel quel, alors que j'aurais dû écrire "Ari".
Bonne lecture !
Voici quelques petites notes, afin de vous aider à mieux comprendre certains termes. Ils ne sont pas tous dans ce chapitre mais aussi dans les suivants.
Atrium : Cour intérieure, dotée d'un bassin recueillant les eaux de pluie, autour de laquelle s'ordonne une villa romaine.
Crassus : Gros.
Lararium : Sorte de petite chapelle ou d'appartement, où les statues des Lares (génies tutélaires d'une maison) et des mânes (ancêtres divinisés) étaient placées et adorées.
Lupanar : Lieu de prostitution.
Pluton : Autre nom de Hadès, Roi des morts.
Questeur : Magistrat romain chargé des finances.
Severus Rogunus Snapinus : Ce nom n'a AUCUNE valeur historique mais Jojo Aquarius a tenu à le mettre -.-.
Stola : Vêtement mis par-dessus la tunique.
Volumen : rouleau de papyrus.
Chapitre 2
Cela faisait à présent un mois et demi que son père était décédé, et en quelque sorte, la vie avait repris son rythme normal. Du moins en apparence.
Severus avait pris le bateau la veille pour rentrer à Alexandrie où son amant l'attendait. Le fait qu'il ne le reverrait sans doute jamais bouleversait Draco. Comme son père qui ne mourrait jamais, il s'était toujours figuré que Severus voyagerait, à droite et à gauche, et reviendrait toujours à un moment donné à Rome. En somme, même s'il ne le voyait pas souvent, il avait toujours la certitude que son ancien professeur revienne le voir.
Or, la vieillesse empêchait Severus de continuer à bouger comme dans sa jeunesse. Il était encore vigoureux et alerte, mais il approchait des soixante-dix ans et il était fatigué de tous ces voyages. A la fois, cela devait lui en couter de dire au revoir à des personnes qui lui étaient devenues proches au fil des années, et en même temps, son besoin de se poser quelque part était compréhensible.
Pour Draco, ceci sonnait comme un abandon, pur et simple. Avec le temps, il se remettrait de la nouvelle et réfléchirait avec plus de sérieux à la proposition de Sirius, mais pour le moment, il gardait en tête l'image de Severus, à l'ombre, dans la cours au centre de la villa. Cet homme qui avait soudain vieilli de plusieurs années, ses rides se creusant sur son visage, ses yeux noirs se voilant et ses cheveux parsemés de quelques rares cheveux gris.
Le temps passait sur les hommes, discrètement, jusqu'au jour où la vérité les frappait de plein fouet.
Son état avait empiré. Cette dépression qui suivait la mort d'un être proche était passée de douce, discrète, à quelque chose de plus fort et de plus mauvais. Il ne mangeait quasiment plu, maigrissant à vu d'œil. Depuis le départ de Severus, sa vie ne rimait plus à grand-chose. C'était comme si un gouffre s'était ouvert sous ses pieds et qu'il ne parvenait pas à en sortir. Quoiqu'il fasse, quoiqu'il pense, les idées noires envahissaient son esprit.
Severus avait été tout ce dont il avait eu besoin, après le décès de son père, et cet abandon l'avait plongé dans un état de dépression assez avancé pour qu'il aille jusqu'à refuser de voir Scorpius, qui pleurait dans les bras de Blaise, réclamant son père.
Draco ne voulait voir personne.
Personne.
Ni Scorpius, ce petit garçon si plein de vie, qui pourrait passer de vie à trépas en quelques secondes, la mort venant lui prendre son bien et ne laissant derrière lui que désespoir, souffrance et un vide insupportable.
Ni Proserpine, cette petite fille innocente qui ne connaissait rien à la vie ni au monde qui l'entourait, que le temps lui ravirait également, peut-être dans la semaine, dans le mois, ou tout du moins dans les années à venir.
Ni son épouse, qui s'inquiétait de le voir ainsi, ni sa mère, qui ne comprenait pas son comportement et le réprouvait.
Personne.
Pas même Blaise, qui pourtant ne le quittait plus, le forçant à avaler de quoi le faire vivre, le suppliant de se reprendre. Son père n'aurait pas voulu ça, qu'il se laisse ainsi envahir par des idées noires, se laissant aller à ses sentiments au lieu de se maintenir, de surmonter ses souffrances, comme un combattant luttant encore malgré ses blessures. Peut-être aurait-il honte de son comportement, peut-être lui dirait-il qu'il n'était vraiment qu'un bon à rien, à se lamenter ainsi, à se traîner dans son lit, mangeant peu, laissant sa peau recouvrir ses os, parce que son papa n'était plus là.
A ces mots, Draco répliquait que de toute façon, il n'avait jamais été bon à rien. C'était pour cela que son père n'avait pas voulu qu'il s'engage : il n'était pas fait pour se battre, pour représenter l'empire, pour être un homme, un vrai.
Blaise lui avait dit qu'il possédait plus d'intelligence que son père n'en avait eue, qu'il possédait l'esprit des grands hommes, c'était une bonne âme…
Draco avait répondu qu'il n'était peut-être que ça : une bonne âme. Une amie qui avait envie de se coucher et ne plus jamais se réveiller dans ce monde auquel il n'appartenait pas vraiment, fait de jeux sanguinaires, de viols d'enfants, de femmes trompées et de massacres.
OoO
Blaise entra en trombe dans son bureau, ouvrant les portes sans même penser à toquer. En fait, il ne le faisait quasiment plus, depuis que Severus était retourné en Egypte, trop inquiet pour son maître et ami qui se laissait mourir entre les murs de sa villa, se traînant dehors de temps à autre pour effectuer sa tâche de questeur.
« Draco, tu as un message ! »
Alors que le noir refermait les portes derrière lui, le blond leva un vague regard vers lui. Il pouvait deviner sous sa tunique sa silhouette mince, qu'il était parvenue à remplumer après maints efforts, ponctués de menaces diverses. Celle qui marchait le mieux était l'évocation de l'avenir de ses deux enfants une fois leur père décédé. Blaise lui avait décrit avec maints détails l'existence de Narcissa, la vie qu'elle mènerait et le pauvre intérêt qu'elle porterait à ses petits-enfants, de même pour Astoria qui n'avait que peu d'autorité sur eux et d'amour à leur égard.
Il s'était un peu repris, affichant à présent le même flegme habituel, mais au fond de son cœur, les mêmes souffrances reposaient, cachées dans cette partie si intime de son être. Le point positif était qu'il avait repris du poids, se forçant à manger pour se donner contenance. Il ne voulait plus ressembler à un squelette, ce qu'il commençait à devenir alors, et il avait un peu honte de son comportement, quoique naturel, selon Blaise.
« De qui est-ce ?
- De ton cher ami Scipion.
- Qu'est-ce qu'il me veut encore, celui-là ?
- Va savoir, le parchemin est scellé. Je te l'ouvre ?
- Fais-donc. »
Blaise retira le sceau puis tendit la missive à son ami qui la parcourut des yeux avant de froncer les sourcils de mécontentement et la jeter sur son bureau.
« Jette-moi ça !
- Qu'est-ce que c'est ?
- Ne lis pas !
- Tiens, tiens, Scipion organise une fête ? Tu devrais t'y rendre.
- Mais bien sûr, ses soirées virent en orgies quasiment à chaque fois. J'ai passé l'âge de telles activités…
- Il n'y pas d'âge pour s'amuser, Draco.
- Retire-moi se sourire moqueur. Je n'irai pas, c'est d'un mauvais goût…
- Au contraire, je pense vraiment que tu devrais t'y rendre. »
Redevenant sérieux, Blaise regarda franchement son ami. Draco poussa un soupir exaspéré alors que son esclave lui disait que se divertir un peu ne lui ferait pas de mal. Il était d'humeur triste, un peu de chamboulement dans sa vie monotone et sans saveur ne pourrait que lui faire du bien.
« Quand on pense aux « plaisirs » qui seront proposés…
- Draco ! Tu es sans doute le romain le plus prude, le plus ennuyeux et le plus terre à terre que je connaisse !
- Va voir ailleurs si j'y suis, si tu n'es pas content !
- Prendre un peu de bon temps ne te fera pas de mal, décoince-toi un peu ! Le messager attend dehors, je vais aller lui dire que…
- Non Blaise ! »
Trop tard, l'esclave s'était précipité hors du bureau. L'épuisement envahit Draco qui, redressé sur ses bras, ses mains posées à plat sur le bureau, se laissa aller en arrière, retombant sur son siège. Il se prit la tête dans les mains. Il n'aimait pas ce genre de fêtes, qui partaient souvent dans tous les sens. Surtout dans le mauvais sens… Il s'y rendait étant jeune, pour faire comme les autres, mais comme ça ne lui plaisait pas vraiment, n'aimant pas s'enivrer ni la compagnie des femmes parfois invitées pour l'occasion, il avait cessé de s'y rendre, sauf à de rares occasions.
Il allait donc devoir s'y rendre le soir même. Il savait que cela ne changerait pas grand-chose à la situation, ce n'était pas un peu de plaisir arraché à une prostitué qui lui ferait du bien, et encore fallait-il qu'une de ses femmes puisse l'attirer un minimum car il avait toujours été assez dur en matière de femmes. Blaise était vraiment insupportable, songea-t-il en lisant ses papiers. Sa journée avait été dure, il avait passé des heures et des heures la tête baissée sur des parchemins, il revenait des thermes où il avait pu se détendre dans un bain d'eau chaude, et à présent, il se retrouvait convié à une fête qui dériverait sans doute en quelque chose de bien moins correct qu'un simple repas.
Le soleil peinait à se coucher et Draco eut beau vouloir retarder l'échéance, il ne put s'y résoudre avec Blaise qui le força à revêtir sa plus belle tunique et une toge achetée récemment. Draco se prépara donc, fermant sa tunique avec une ceinture en cuir très travaillée et, aidé de Blaise et de Caius, il s'enveloppa dans une toge. Il chaussa ses sandales, ordonna ses cheveux, puis s'apprêta à partir.
Avant de s'en aller, il rendit au lararium, installé dans un coin de l'atrium. Cette petite chapelle avait été construite bien avant lui et y étaient entreposées de petites statues de cire, celles de Lares, les dieux protecteurs de la famille, ainsi que celles des mânes, qui étaient des ancêtres divinisés. Son père en faisait à présent partie. De façon un peu nerveuse, Draco prit la petite statuette et la regarda. Il connaissait les autres par cœur, tant il avait accompagné son père dans la cours pour leur rendre hommage, par quelques offrandes, et on venait toujours les chercher pour qu'elles accompagnent le cortège funèbre. Cela avait été le cas quand un de ses oncles et le frère de son père étaient morts, ainsi qu'une de ses jeunes cousines à laquelle il avait été promis mais qui les avait quittées à l'âge de dix ans. Pendant des mois, sa mère avait gardé son masque mortuaire près d'elle, la regardant sans cesse, en sanglotant, seule dans sa chambre.
Un court instant, Draco ferma les yeux. A son père aussi, on avait fait un moulage de son visage. D'abord, une toile avait été posée sur sa figure, puis on avait fait couler de la cire qui avait pris la forme de ses traits, créant un moule, utilisé ensuite pour un autre moulage, mais en plâtre cette fois-ci. Draco avait regardé chacune des étapes, dévorant des yeux la figure pâle et endormi de son père, qui avait été réduit en cendres peu de temps après. Son visage n'avait pas totalement disparu, il demeurait encore, dans un tiroir du bureau de son fils. Le même visage endormi, et blanc…
« Où allez-vous, Draco ?
Draco rouvrit les yeux, comme sortant d'une transe. Il maudit un instant sa femme pour l'avoir déranger à un tel moment de recueillement, mais il décida de passer outre. Se disputer avec elle était inutile.
« Scipion m'a invité à dîner. J'ai reçu son invitation il y a peu.
- Ne rentrez pas trop tard.
- J'essaierai. Passez une bonne nuit, Astoria. »
Puis, Draco sortit de sa demeure, ignorant le regard aussi peiné qu'inquiet de sa fragile épouse, le masque blanc de son père au bord des yeux et la statuette encore dans la main…
Accompagné de Blaise, il se dirigea vers la demeure de Scipion, aussi vaste que la sienne. Blaise le laissa à l'entrée, lui proposant de rester là et attendre qu'il ait terminé, mais Draco le renvoya chez eux : qu'il aille donc dormir au lieu d'attendre comme un idiot qu'il ait fini de se remplir la panse et de s'enivrer. A contrecœur, Blaise rentra donc chez lui, tandis que Draco, annoncé au maître des lieux par un esclave, fit son entrée.
Scipion vint l'accueillir. C'était un solide gaillard qui avait passé son existence à faire la fête, que ce soit chez lui ou chez les autres. Il était le fils d'un riche marchand, dont il devait hériter de tous les biens, et au lieu de se préparer à la future tâche qui serait la sienne à la mort de son vieux père, il préférait se vautrer dans les plaisirs plus ou moins subtils que la vie lui offrait. Ah, la jeunesse dorée des riches romains…
« Draco, te voilà enfin ! Par Jupiter, depuis combien de temps ne t'ai-je pas vu ?
- Depuis quelques jours seulement, Scipion.
- Oui, mais ça fait bien longtemps que tu n'es pas venu dîner chez moi. Ca me fait plaisir de te voir ! Je t'ai envoyé mon invitation bien tard, je l'avais oubliée sur mon bureau, et j'étais de toute façon persuadé que tu refuserais. Je suis heureux que ce ne soit pas le cas ! »
Draco était le dernier arrivé. Ils étaient six convives au total. Deux des invités étaient de vrais dévergondés que Draco n'avait jamais pu sentir, les deux autres étaient plus fréquentables, quoiqu'un des deux ait tendance à trop fréquenter les lupanars. Il avait au moins quelqu'un avec qui discuter, il ne s'ennuierait pas. Pas trop.
Ils furent invités à se rendre dans une salle spécialement préparée pour ce repas, richement décorée et ornée d'objets tous aussi beaux et luxueux les uns que les autres. Les convives s'installèrent sur les lits prévus pour le dîner tout en discutant d'affaires et d'autres. Le décès de Lucius revint sur le tapis, mais Draco sut se contenir et put en parler de façon presque impersonnelle, comme si ce n'était pas de son père dont il était question.
Draco s'attendit à voir des esclaves entrer pour leur servir leur dîner mais aucune ne vint, jusqu'à ce que, un grand sourire aux lèvres, leur hôte leur donna le ton de la fête. Et ce fut avec une horreur bien dissimulée que Draco vit un groupe d'homme et de femmes, au moins une dizaine, entrer dans la pièce.
Il fit tous les efforts du monde pour ne pas détourner le regard de dégoût quand il comprit qu'ils seraient servis par des prostitués, venus spécialement pour l'occasion, et sans doute payé très cher pour leur venue. Sous Auguste, leurs prestations avaient été tarifées et elles avaient bien augmenté, il avait déjà entendu des romains se plaindre à ce propos, ce qui l'avait laissé de marbre.
Il regarda alors le groupe composé de six femmes et de quatre hommes. Et il le vit.
Ces femmes étaient belles, assurément, vêtues de tuniques en soie légères qui flottaient autour de leurs corps avantageux. Elles étaient maquillées à l'excès, leurs yeux noirs ressortant sur leurs visages blafards. Les hommes n'étaient pas moins beaux, d'une beauté quelque peu étrange. La beauté des hommes qui se vendaient, attirante et dégoutante à la fois, androgyne et masculin en même temps…
Et il le vit…
Au milieu de cette masse d'hommes et de femmes aux mauvaises mœurs, se trouvait un jeune homme d'une petite vingtaine d'année, pas bien grand, même plus petit que ses comparses masculin. Presque un petit garçon au milieu d'adultes, perdu dans cette masse d'êtres humains.
Un comme s'il n'avait rien à faire là.
C'était sans aucun doute le plus bel homme qu'il n'ait jamais vu de sa vie. Il en avait vus, pourtant, dans sa courte existence, mais cet homme là était certainement l'un des plus magnifiques spécimens de sa race que ses yeux lui eurent permis de voir.
C'était un garçon mince, son corps caché sous une tunique blanche qui laissait apercevoir ses jambes minces et recouvert d'un duvet sombre. Oh, il devait avoir vingt ans, cet éphèbe. Ou peut-être un peu plus. Son visage était comme l'œuvre d'un sculpteur grec, fin, beau, doux au regard, presque parfait. Douloureusement parfait. De jolies lèvres pourprines, un nez droit, un sourire d'ange, des yeux pétillants bien dessinés… Et des cheveux noirs, noir comme le jais, comme l'ébène, plus noirs encore que ceux de Severus, c'était comme s'ils absorbaient la lumière douce et chaude des torches. Sa longue chevelure noire qui descendait jusqu'à ses épaules bouclait dans tous les sens, mal ordonnée, comme s'il semblait impossible que cette masse de boucles puisse être lissée.
C'était un joyau. Au milieu de ces êtres vulgaires, ces femmes qui ne tarderaient pas à montrer leurs cuisses nues et ces hommes qui leur lanceraient des regards incendiaires, se trouvait un pur joyau. Une pierre précieuse dans un tas de boue. Un homme à la peau blanche qui contrastait avec la forêt noire qui encadrait son visage d'Adonis.
Draco fut arraché à sa contemplation par la voix forte de Scipion qui s'empressa de présenter ses… « invités » à ses convives. Les hommes présents ne cachèrent pas une certaine satisfaction en voyant la petite sélection que leur hôte leur avait faite. Le blond voulut détourner les yeux, aussi gêné qu'écœuré en sachant que ces gens allaient le servir, l'aguicher.
C'état amusant, pour les convives. Peut-être aussi pour certains de ces gens-là. Mais pas pour tous.
Scipion présenta d'abord Julia, une femme belle mais très banale, puis Augusta qui possédait une poitrine impressionnante, sa tunique moulant la forme de ses seins, comme une vague sous le tissu. Il continua avec Calliope qu'il prit dans ses bras avant de déposer un baiser dans son cou, leur glissant qu'elle était sa préférée, ce qui la fit glousser, puis termina avec Cornelia, une belle femme blonde, Antonia aux cheveux de feu et enfin Claudia, plus ronde que les autres mais non moins délicieuse. Scipion présenta alors les hommes, d'abord Titus, un maigrichon qui leur faisait plus penser à une femme qu'à un véritable homme, Draco se demanda même si ce n'était pas un eunuque, puis Aquila, un homme un peu plus virile que les autres au regard de braise, et enfin Crassus, qui portait bien mal son nom.
Il termina par cette perle que Draco parvenait avec mal à lâcher des yeux. Scipion posa ses mains sur ses hanches, passant derrière lui, et le jeune homme au léger sourire se laissa aller contre lui, comme si c'était naturel.
« Et voici le plus beau, Aristophane. Mais il n'aime pas son prénom, allez savoir pourquoi. Il préfère qu'on l'appelle Harry, n'est-ce pas ? »
Le jeune homme hocha lentement la tête en le regardant d'un air gentiment réprobateur. C'était sans doute un grec, mais il avait la peau trop claire pour cela, ou alors venait-t-il d'ailleurs… Mais avec un tel prénom, il ne pouvait être romain, ou peut-être que… Draco jura intérieurement : qu'est-ce que ça pouvait bien lui faire, que ce jeune homme vienne de Grèce ou d'ailleurs ?
Le dîner commença enfin et dura une éternité. Comme Draco l'avait pensé, les courtisanes et courtisans invités les servirent comme des esclaves et, sous l'effet du vin, d'abord mélangé à du miel puis simplement coupé avec de l'eau, le repas dériva et la pièce finit remplie de rires d'ivrognes. Draco buvait avec modération son vin, sans cesse resservit par le jeune prostitué brun, Harry, qui en faisait de même avec son voisin, Publius. Ce dernier ne cessait de tripoter l'arrière-train du garçon qui, agacé, finit par la retirer et la placer sur le derrière de Cornelia, près de lui.
Draco évitait son regard autant que possible. Ce jeune homme le troublait. Il paraissait à la fois innocent, et en même temps, il était évident qu'il n'avait rien de pur. Il avait quitté depuis longtemps la tendresse de l'enfance, il avait perdu sa candeur et son innocence, devenant simplement l'objet du désir des hommes. Cet homme n'avait plus aucune fierté, il n'était même plus tout à fait un homme. Il avait été réduit à un rôle de femme, celui de recevoir des hommes en lui, de se faire dominer… Se substituer à une femme, laisser un phallus pénétrer cette partie si intime et cachée du corps humain, qui n'était pas faite pour ça, pas faite pour être envahie…
Cet homme avait laissé d'autres mâles conquérir son corps, en prendre possession. Il n'était plus tout à fait un homme. Il n'était plus qu'un objet de désir, de plaisir.
« Encore un peu de vin ? »
Sa coupe était quasiment vide, Draco l'avait siroté lentement, buvant de petites gorgées pour repousser le plus possible le moment où on le recevrait. Et quand Harry lui proposa de le resservir, Draco ne put que lever les yeux vers lui et accepter.
Et alors il fut à nouveau confronté à ses yeux.
Deux yeux verts, deux émeraudes qui brillaient au milieu de son visage, deux cercles verts comme les feuilles des arbres au printemps autour d'une prunelle aussi noire que ses cheveux. Ce jeune homme avait un regard envoutant, enchanteur, qui le rendait tout chose. Il avait une façon de le regarder un peu étrange, comme s'il parvenait à lire en lui comme dans un livre ouvert. Et ce léger sourire sur ses lèvres pourprines, un peu innocent, un peu moqueur.
C'était un garçon doux, qui se plia aux exigences de leur hôte, servant les convives, leur apportant les mets, des fruits, des pâtisseries. Cependant, il ne but que très peu et ne se montra pas audacieux, vulgaire, comme ce fut le cas de la plupart de ses comparses. Le dîner dériva, on se mit à danser, à chanter même, quelques femmes jouèrent de la musique, leurs voix de crécelles emplissant la pièce. Peu à peu, ils devinrent ivres morts. Claudia et Cornelia jouaient aux ingénues, repoussant en gloussant les mains baladeuses des convives, tandis que Titus et Aquila jouaient aux provocateur. Le premier tenait un grain de raisin entre ses lèvres et un des hommes invités n'hésita pas une seconde à venir le croquer, leurs lèvres s'effleurant, le second dégustait les mets de façon plus ou moins érotique.
Un pareil spectacle faisait plus honte qu'autre chose à Draco qui ne se laissait pas prendre à ces jeux là, malgré les insistances de Scipion, d'Augusta qui venait l'aguicher avec sa fabuleuse poitrine ou encore de Crassus, qui n'osait pas vraiment l'approcher mais qui le dévorait du regard. Toujours en sirotant sa coupe, Draco les regarda s'enivrer, raconter des bêtises aussi grosses qu'eux, des histoires érotiques, voire vulgaire ou franchement dégoutantes.
Le blond, se moquant bien qu'on le traite d'ennuyeux, resta dans son coin, Harry tout près de lui. Ce dernier ne s'aventura pas à provoquer les invités, même si certains d'entre eux le regardaient avec insistance, voire même avec un franc désir. Il discuta bien, pourtant, mais il se retirait toujours quand la conversation virait à quelque chose de plus graveleux. Cela aurait pu paraître étonnant… s'il n'avait pas été aussi beau.
C'était un prostitué. Un objet qu'on s'offrait, le temps d'une nuit, pour quelques pièces. Mais allongé sur son canapé, dégustant quelques grains de raisin, Draco se fit la réflexion qu'on ne s'offrait pas un tel homme, c'était à lui qu'on s'offrait.
Les dieux avaient été bien généreux avec lui, le jour de sa naissance…
OoO
Il était très tard. Draco était resté plus longtemps qu'il ne l'aurait voulu. Il avait fini par s'enfuir au moment où Scipion avait vomi par terre, ne supportant plus le mélange de toute la nourriture qu'il avait avalée et l'alcool qu'il avait ingurgité. Certes, il était coupé avec de l'eau, mais il n'en demeurait pas moins enivrant, et tous ces mets tous aussi bons les uns que les autres, toutes ces pâtisseries qui avaient terminé cet excellent repas avait exacerbé sa soif.
Draco était ivre. Il avait beau avoir essayé de se contenir, il avait trop bu et ses pensées n'étaient pas tout à fait ordonnées, se bousculant dans sa tête, embrouillées encore davantage par la présence plus que troublante de Harry qui était demeuré pendant des heures près de lui, lui servant du vin, de quoi manger, et souriant sans cesse, comme s'il était naturellement né avec un sourire sur ses lèvres. Cet homme le troublait, avec son attitude, ses magnifiques yeux verts et son visage de statue grecque.
Le blond avait donc pris congé et, à sa plus grande surprise, Harry en fit de même. Il était le seul avec lui-même à ressembler encore à quelque chose, une légère ivresse colorant ses joues de rouge, mais il avait encore toute sa tête et marchait droit, sans se traîner par terre, éclatant de rire au moindre bruit.
« Tu es vraiment autorisé à partir ? Scipion a dû te payer…
- Il m'a payé pour la nuit. Mais vu son état, il ne sera pas capable de grand-chose ce soir, autant rentrer chez moi. »
Il avait une voix douce, d'homme, indéniablement virile, mais néanmoins d'une douceur assez étrange. Presque mielleuse, doucereuse. La voix d'un homme habitué à faire des courbettes, à susurrer des compliments.
La rue était sombre, rafraichie par la nuit, à peine éclairée par quelques torches, dehors, et la lumière de certaines fenêtres. Draco était perdu dans ses pensées embrouillées, se maudissant d'avoir autant bu, bien que son état ne soit pas comparable à celui des autres invités.
Soudain, il se retrouva plaqué contre le mur le plus proche de lui. Stupéfait, son champ de vision fut envahi pas des yeux d'un vert intense. Il déglutit en comprenant soudain que les mains de Harry, telles des serres, tenaient fermement ses poignets contre le mur, une de ses jambes placée entre les siennes et leurs torses collés. Après la stupeur, ce fut la colère qui envahit Draco : Harry le tenait fermement, il ne parvenait pas à bouger, il était ivre, et ce vaurien le regardait en souriant légèrement. Un sourire canaille. Presque moqueur.
« Lâche-moi !
- Tu me désires. Je le vois dans tes yeux.
- C'est faux ! Lâche-moi !
- Tu as envie de moi. Depuis le début du repas, tu as envie de moi. Je l'ai vu dans tes yeux quand je suis entré dans la pièce, quand je t'ai resservi du vin, quand je t'ai proposé du raisin. Tu me veux. Depuis que tes yeux se sont posés sur moi, tu m'as voulu. »
S'il n'avait pas fait aussi sombre, Harry aurait vu les joues de Draco s'embraser. Oui, qu'importe ce qu'il se dise, il le désirait. Il n'avait cessé de le regarder, à la dérobée, comme tous ces ivrognes. Il était pareil à eux, du désir avait fait briller ses yeux. Il voulait cet homme, cet adonis aux cheveux noirs et aux yeux verts, cette silhouette moulée sous cette tunique blanche et douce, ses hanches étroites, ses mains agiles, ses gestes mesurés…
Une partie de son cœur s'éveilla soudainement. Draco jura intérieurement alors que Harry baissait les yeux, appuyant sa hanche contre le sexe soudain excité de l'homme contre lui. Son sourire s'accentua et, cette fois, Draco s'énerva.
« Lâche-moi ! Tout de suite !
- On dirait une vierge effarouchée.
- Comment oses-tu, espèce de…
- De quoi ? »
Son visage était à présent tout proche des siens. L'excitation s'était emparé de son corps, celui du jeune homme tout contre le sien créait en lui des sensations qu'il n'avait pas senti depuis longtemps. Harry était chaud contre lui, il était ferme, ardent. Draco le désirait. Et sa bouche, sa jolie bouche de femme tout proche de la sienne, son haleine chaude qui caressait ses lèvres… Ses yeux qui lui lançaient un regard incendiaire, le mettant au défi de lui résister…
« As-tu réellement envie de lutter, Lucius Manilius Draco, alors que tout ton être m'appelle ? »
Non. Il ne pouvait plus lutter. Il ne pouvait plus, son esprit s'étant totalement refermé sur la bouche de Harry près de la sienne, son corps collé contre le sien, ses mains sur ses poignets. Cette excitation qui coulait dans son sang, comme cela n'avait pas été le cas depuis bien longtemps. La curiosité, l'envie de découvrir, son regard qui lui promettait toutes les merveilles du monde…
Draco se jeta sur sa bouche. Elle était tendre sous ses lèvres, il en prit possession presque avec violence. Il entendit Harry pousser un long gémissement, alors qu'il ouvrait la bouche, accueillant la langue du blond contre la sienne. Il s'en suivit d'un baiser passionné, torride, l'alcool faisant oublier à Draco toutes ses réserves, ses inhibitions. Harry lâcha ses poignets et glissa ses mains sur ses hanches alors que le blond s'agrippait à ses épaules, comme s'il avait peur qu'il s'envole. Leur baiser se brisa quand le manque d'air se fit sentir.
« Viens, j'habite à deux pas.
- Je n'ai pas d'argent…
- Qu'importe, viens… »
Quelques minutes plus tard, après avoir presque couru dans les rues vides ou peu fréquentées, ils parvinrent au logement de Harry, situé dans un petit immeuble de deux étages, dans un quartier un peu louche. Ils montèrent les escaliers, Draco plaqua Harry contre le mur et lui dévora le cou. Il n'en pouvait plus d'attendre, il le voulait. Il entendit le long gémissement rauque de Harry qui se serait bien laissé faire là si cela ne raisonnait pas autant. Il repoussa donc Draco, planta un baiser sur ses lèvres puis ils montèrent jusqu'au logement dont ils traversèrent la pièce principale avant de s'enfermer dans la chambre du prostitué.
Elle était simple, il n'y avait qu'un lit et une petite table juste à côté où se trouvait une lampe à huile qui apportait une douce lumière à la pièce. Mais ils n'en avaient que faire de la lumière, les deux hommes se dévoraient l'un l'autre contre un mur, Draco ayant à nouveau plaqué le jeune homme contre un mur. Son ivresse et l'excitation due au plaisir, à la nouveauté motivait tout le reste de son corps qui tremblait d'anticipation. Contre sa cuisse, il sentait l'érection du jeune homme contre lui qui gémissait sans la moindre retenue. Il bougea un peu et leurs sexes se touchèrent à travers le tissu. C'était une sensation étrange et terriblement excitante.
Harry défit la ceinture de son amant et ce dernier en fit de même. Ils se débarrassèrent de leurs tuniques et se retrouvèrent alors nus, dans la faible lumière de la lampe qui retraçait plus ou moins distinctement la forme de leurs corps. Aussitôt, Draco cessa tout mouvement. Il était excité mais son regard qui se promena sur le corps mince de son vis-à-vis, sur son érection entourée d'une douce forêt noire le stoppa. Il n'osait plus le toucher. Habillé, il pouvait oublier le fait que c'était un homme qu'il embrassait, touchait et désirait, mais une fois nue, dans toute la splendeur de sa virilité, la donne était différente.
« Tu ne l'as jamais fait avec un homme ?
- Jamais. »
Il avait le souffle court. A la fois ce corps l'attirait, la nouveauté qu'il sous-entendait lui donnait envie. Et en même temps, ce serait franchir un pas, s'avancer vers une sexualité anormale, bizarre, peu recommandable…
« Ce n'est pas si différent d'avec une femme. Viens… Ne fais pas le timide, je ne vais pas te manger. A moins que tu en ais envie. »
Un sourire moqueur apparut sur les lèvres de Harry et Draco ne comprit pas tout de suite. Soudain, Harry s'avança et le poussa sur le lit, le faisant rebondir sur le matelas peu confortable. Draco voulut protester mais le brun s'allongea sur lui, leurs corps se retrouvant alors collés plus que jamais. Le blond ne put retenir un gémissement de pur plaisir alors qu'il sentait la peau chaude et un peu moite du prostitué contre la sienne, son érection tout contre son sexe et sa langue voyageant dans son cou.
« Tu veux que je te mange ?
- Qu'est-ce que… Harry ! »
C'était sa méthode. Parler, dire des choses que ces hommes-là n'avaient pas l'habitude d'entendre, surtout de la part d'un homme, pour les choquer et les exciter en même temps. Un ton provocateur, qui les émoustillait… Il ne lui suffit pas de grand-chose de plus pour convaincre Draco : sa main s'enroula autour de son pénis et son affaire fut réglée.
Harry descendit le long de son corps et caressa un long moment le sexe de Draco, puis, il prit le gland dans sa bouche. Il entendit son client gémir, alors qu'il suçait avec application le bout de son membre, passant la langue dessus, tandis que sa main allait et venait sur la peau nue. Il se régala de ses gémissements rauques, alors que sa bouche terriblement douée léchait toute la longueur du sexe avant de sucer la peau par endroits.
Draco n'en pouvait plus, il avait fermé les yeux, ses doigts s'accrochant aux draps. C'était bien la première fois qu'il prenait autant de plaisir de cette façon. Certes, des femmes lui avaient déjà procuré ce genre de caresse, mais ce n'était jamais aussi bon, aussi intime, aussi particulier qu'en cet instant même. Harry savait où lécher, ou mordiller, où sucer pour rendre son client totalement fou, comme s'il connaissait bien chaque point sensible de cet endroit habituellement caché. Les mains fines du jeune homme voyageaient sur son ventre, ses cuisses, touchèrent ses tétons qu'il pinça un peu avant de redescendre plus bas, bien plus bas, pour caresser ses fesses.
Avant même qu'il ne sente les signes avant-coureur d'une éjaculation, Harry sentit une main maladroite dans ses cheveux, puis il entendit Draco, la voix rauque, lui dire qu'il venait. Au fond de lui, il ressentit une forme de soulagement : il détestait quand on jouissait dans sa bouche sans le prévenir. C'était normal pour lui, pourtant, d'avaler la semence de ses clients. Mais il n'aimait pas ça. C'était dégoutant.
Harry relâcha alors le sexe du romain et le fit jouir dans sa main. Puis, il s'allongea à nouveau sur son corps, électrisant ses sens, attendant patiemment que son amant se soit remis de sa jouissance. Quand le blond rouvrit les yeux, plus ou moins remis, il questionna du regard le jeune homme allongé sur lui.
« Il est temps de passer aux choses sérieuses.
- C'est-à-dire ?
- Tu veux que je te fasse un dessin ?
- Je te l'ai déjà dit. Je n'ai jamais couché avec un homme.
- Tu ne prépares donc jamais les femmes avec lesquelles tu couches ?
- Pard… ? »
Quelques secondes plus tard, Harry se retrouva assis sur le ventre de Draco, lui présentant son séant. Le blond devint écarlate alors que le brun lui coulait un regard incendiaire, ses jambes nues repliées de chaque côté de son corps et ses fesses reposant sur les muscles abdominaux de son amant. Le blond n'était pas puceau, mais jamais on ne lui avait ainsi présenté son derrière, et encore moins celui d'un homme.
Provoquant, Harry mit dans sa bouche trois de ses doigts et les suça avec application. Il se régalait de l'air choqué de son si prude amant, qui le regardait faire comme un adolescent s'initiant aux joies du sexe. Puis, il dirigea ses doigts humidifiés vers son anus et y fit lentement pénétrer une phalange. Draco le regarda faire, aussi fasciné que choqué, alors que Harry faisait entrer et sortir son doigt avec de petits soupirs. Puis il en mit un deuxième et un troisième, sans jamais quitter du regard le visage empourpré de son amant, qui le regardait faire, contre et toujours, se préparer à sa venue.
« Entre tes doigts. »
Le blond leva un regard confus vers lui. Les yeux émeraudes de son amant brillaient comme jamais de luxure, de provocation. Le blond leva sa main mais n'osait faire ce que l'autre lui indiquait de faire. Pas que ce soit vraiment dégoutant, mais il pensait à sa propre intimité et à la douleur que ce serait d'y mettre ses doigts…
« Donne tes doigts. »
Hésitant, Draco tendit le bras vers l'autre, ses doigts vers la bouche humide et accueillante de Harry qui les suça avec application, plantant son regard de feu dans les yeux bleus du romain. Un romain qui finit par diriger ses phalanges humidifiées vers l'intimité du prostitué, enfonçant lentement un premier doigt en lui.
Ce n'était pas comme préparer une femme, qui mouillait abondamment sous l'effet d'excitation. Le trou était différent, encombré par d'autres doigts, serré et accueillant à la fois. C'était chaud, c'était un peu humide. Draco y fit bouger un doigt, puis un autre doigt, puis un deuxième et un troisième, faisant des allées et retours dans l'anus de son amant qui gémissait sur lui. C'était fascinant de voir ce garçon de vingt ans, au corps si mince et parfait, assis sur lui, gémissant sans retenue, leurs doigts dans son corps en train de le préparer. C'en était plus qu'indécent.
Mais le spectacle ne dura pas si longtemps. Draco avait envie, prêt à exploser, son sexe frémissant et fièrement érigé, attendant qu'on s'occupe un peu de lui. Quant à Harry, ce dernier avait aussi envie de libération. Il voulait monter Draco, être sur lui, lire encore la confusion sur son visage, le choc dans ses yeux, et regarder ses joues s'empourprer délicieusement. Alors il se retourna et s'assit sur les hanches du blond, qui attendit, toujours allongé.
« Tu es prêt ? »
Il ne pouvait plus prononcer un mot cohérent. Tout son corps était tendu de désir et d'anticipation, il le voulait, oh oui qu'il le voulait… Et il l'eut, quand Harry se redressa sur ses hanches et s'empala lentement sur le sexe turgescent de Draco. Ce dernier le regarda s'assoir sur sa virilité, le prendre entièrement en lui centimètre par centimètre, l'avaler dans son corps comme si c'était facile, alors que le visage du brun manifestait sa concentration et la petite douleur qu'il ressentait, maintenant que le sexe pénétrait en lui.
Tout le reste ne fut plus que gémissements, soupirs, et cris de jouissance. Allongé sur le matelas dur et inconfortable, Draco se laissa chevaucher par le jeune homme brun qui l'avait ensorcelé ce soir-là, ses hanches allant et venant, lui apportant un plaisir sans commune mesure. Son phallus emprisonné dans les chaires chaudes et accueillantes faisait couler dans ses veines une sensation de bien-être, de bonheur, de contentement qu'il n'avait jamais ressentie jusque là, le plaisir irradiant ses reins, coulant dans ses veines et atteignant son cœur qui battait violement dans sa cage thoracique et son esprit à mille lieux de cette petite chambre minable.
Sur lui, le corps de Harry ondulait, son sexe tapant à chaque mouvement contre son ventre, ses mains posées sur son torse qui lui servait d'appui griffant sa peau. Les yeux mis clos, il gémissait, levant parfois la tête vers le plafond, comme pour plus savourer les assauts de Draco qui ne tarda pas à poser ses mains sur ses hanches si douées pour aller plus loin encore, plus profond, l'aider dans ses mouvements et les amplifier encore plus.
C'était bon. Le regarder prendre du plaisir au-dessus de lui, sentir son sexe stimulé par la chaleur des chairs du jeune homme, tenir ses hanches et caresser ses fesses… C'était comme dans un rêve. Un rêve qu'il n'avait jamais fait mais qui prenait forme en cet instant, le menant loin de Rome, de ses préoccupations, cette terre où il ne se sentait pas à sa place…
Il cria quand la jouissance vint, aussi soudaine qu'imprévue. Harry vint quelques secondes après lui, son sperme coulant alors sur son ventre. L'esprit embrumé par la jouissance, Draco regarda vaguement son amant qui avait cessé tout mouvement. Il le sentit simplement se retirer et tomber à moitié sur lui, sa peau moite et collante glissant sur la sienne. Il voulut le repousser, il lui tenait chaud, mais il n'en fit rien, épuisé.
Ils restèrent un long moment ainsi, l'un contre l'autre, sans bouger, tentant de reprendre un semblant de respiration convenable. Draco était prêt à s'endormir, comme ça, son corps recouvert de sueur et son ventre maculé de sperme encore chaud.
Mais la soirée était loin d'être terminée…
OoO
Le soleil s'était levé, la lumière perçait à travers les rideaux de la petite chambre. Cela faisait un moment que Draco était réveillé et il avait l'esprit étonnement clair, bien qu'il ait bu la veille. Cependant, il se sentait épuisé et son corps refusait de lui obéir, demeurant blottit dans la chaleur des bras et du corps de son amant.
Son amant. Il avait couché avec un homme. Lui. Il avait couché avec un être du même sexe que lui, il avait enfoncé son sexe dans l'anus d'un homme, il avait touché le pénis d'un autre, et cet autre avait sucé son… Il se dégoutait. Il se dégoutait d'avoir gouté aux plaisirs de la chair avec un homme, il se dégoutait de s'être ainsi laissé allé à son ivresse et à ses pulsions.
Draco se sentait sale. Le fait était qu'il avait aimé cette nuit de débauche où il avait fait l'amour encore et encore avec ce prostitué, il ne pouvait l'ignorer car son corps était comblé, et autant avouer que c'était bon, pourquoi nier ce fait ? Cependant, il ne pouvait s'empêcher de s'en vouloir pour avoir ainsi cédé aux avances d'un garçon plus jeune que lui, d'avoir céder à ses pulsions, ce qui ne lui était encore jamais arrivé auparavant. Jamais il n'avait ainsi craqué face à une femme, même très entreprenante, jamais il n'avait éprouvé autant de désir pour un être humain… Jamais il n'avait dévoré un corps des yeux, caressé une peau avec tant de volupté, fait l'amour avec tant de passion…
Harry dormait dans ses bras. A demi allongé sur lui, un de ses bras étalé le long de son torse, il dormait paisiblement comme un bienheureux, son souffle caressant son cou. Il suffit d'un regard à Draco pour qu'il comprenne pourquoi il avait ainsi cédé à ses pulsions : Harry était d'une beauté à se damner. Il avait un visage presque parfait, plus encore à la lumière certes diffuse mais plus juste du soleil qui filtrait à travers les rideaux. Ses cheveux noirs ébouriffés partaient dans tous les sens en boucles rebelles. Et son corps, son corps chaud allongé sur lui, comme si c'était une position naturelle…
Il avait couché avec un homme…
Contre lui, le jeune homme gigota. Alors qu'il se réveilla, Draco grogna intérieurement en se disant que ce garçon lui avait sauté dessus et il avait été complètement incapable de lui résister… C'est sans doute à cause de son amaigrissement et sa fatigue à cause de son mange d'alimentation, en plus de l'ivresse… Ca ne pouvait être que ça, il n'était pas bien gros ce gamin, et il avait su le tenir fermement contre ce maudit mur…
Avec sa jambe entre les siennes, sa cuisse frottant contre son entrejambe, son haleine chaude contre sa bouche…
« Bonjour, joli blond. Arrête de gigoter, ça ne calmera pas ce que je sens contre ma cuisse.
- Je ne vois pas de quoi tu parles. Non, ne touche pas !
- Tu n'étais pas aussi prude, hier soir. »
La petite main agile de Harry se glissa entre eux et attrapa le sexe à nouveau dur de Draco qui maudit ses pensées, le vin qu'il avait bu la veille et cette partie trop sensible de son corps. Le jeune homme se décala un peu et regarda d'un air endormi l'érection du blond, qui voulut le forcer à retirer sa main, mais Harry serra plus fort le phallus.
« Alors c'est vraiment vrai, tu n'es jamais allé voir de prostitués.
- Si, mais il y a longtemps. Arrête, s'il te plait…
- Pourquoi, ça te fait du bien non ? »
Oui, mais c'était extrêmement dérangeant d'être masturbé fermement par un homme plus jeune qui semblait prêt à se rendormir. Il avait de la pratique, de l'expérience, ce qui n'était pas du tout le cas de Draco, qui se sentait en position d'infériorité.
« T'es quand même bien fourni.
- Harry !
- D'accord, j'ai connu mieux, mais j'ai aussi connu bien pire. Au moins, c'est propre, pas de boutons, de cochonneries…
- Je suis quelqu'un de propre !
- Ce n'est pas le cas de tous les hommes que j'ai connu, tu peux me croire.
- Est-on vraiment en train de débattre sur la propreté de mon sexe ?
- J'essaie simplement de te retirer le balai que tu as dans les fesses. »
Harry leva les yeux vers lui et esquissa un sourire canaille, se moquant gentiment de lui. Draco leva les yeux au ciel et poussa un soupir, alors que la main du brun allait et venait sur son sexe qui ne tarda pas à rendre les armes, éjaculant cette semence blanche à l'origine de tout qui se répandit sur son ventre. D'un geste morne, Harry l'étala sur sa peau. Le liquide était blanc et poisseux engluait les doigts du prostitué qui traçait des dessins sur le ventre plat de son amant. Draco le laissa faire, le regardant faire. Puis quand il eut fini, Harry tourna la tête vers lui et planta un baiser sur sa bouche avant de se lever. A présent, Draco percevait mieux les formes de son corps mince, le galbe de ses fesses, la finesse de ses hanches et ses épaules bien dessinée.
Mais il détourna le regard. Harry n'était plus contre lui, il pouvait à présent chasser de son esprit le désir qui l'avait conduit à commettre l'impensable.
« Je suis dégoutant.
- Pourquoi ? Parce que tu as couché avec un homme ? »
Ces mots s'étaient échappés de sa bouche sans qu'il ne puisse les retenir. A présent, Harry le regardait d'un air un peu perplexe.
« Je n'aime pas les hommes. Ca me dégoute.
- Pourtant, tu étais passionné hier.
- Je…
- Oh, arrête, ne te voile pas la face.
- Arrête de me parler aussi familièrement !
- Mais quelle vierge effarouchée, on dirait que je t'ai dépucelé. Rassure-moi, tu es marié et tu as des enfants ? »
Draco ne le regardait pas avec perplexité, mais avec effarement : parce que ça le rassurait, qu'il soit en ménage ?
« Bien évidemment que je suis marié !
- Ah, tu me rassures. C'est agaçant quand mes clients sont des puceaux, je dois tout leur apprendre, pire, ils s'attachent à moi. Je ne peux plus travailler en paix, après, je les ai toujours sur le dos. Quoique tu n'étais pas très doué non plus…
- Je fais l'amour aux femmes, pas aux hommes. Et pas dans des positions sophistiquées.
- Tu es très étonnant. Jamais je n'aurais cru que tu sois aussi terre à terre, aussi… sérieux ? Je ne trouve pas le mot pour te qualifier.
- Raisonnable.
- Oui, ça doit être ça. Tu me fais penser à ces vieux grecs qui prônent la supériorité de la raison sur la passion. Vis un peu, tu n'as qu'une seule vie.
- Cesse donc de me faire la morale. Je n'ai pas à recevoir de leçons d'une pute. »
L'expression de son visage s'affaissa, un peu comme un peintre aurait effacé d'un coup de pinceau tout ce qu'il avait fait auparavant. Harry ne souriait plus, il ne paraissait plus agacé. Son visage était à présent neutre, perdant toute sa substance.
« Alors paie-moi et va-t-en.
- Tu fais moins le fier, maintenant. C'est beau de donner des leçons de moral et se moquer, quand on n'est pas mieux que les autres.
- Parce que tu te crois mieux que moi, à contrôler tes pulsions, à moisir chez toi avec ta bonne femme et des mômes ? Tu crois que tu m'es supérieur parce que tu as de l'argent, parce que tu peux manger tout ce que tu désires, parce que tu peux t'offrir tout ce dont tu as besoin ? Tu te crois plus heureux, plus chanceux que moi ? Oui, tu es sûrement plus chanceux, tu n'as pas à vendre ton corps pour te payer de quoi manger, mais je doute que ta vie soit plus épanouie que la mienne. »
Ses grands yeux verts le regardaient de façon franche, comme s'il lisait en lui, comme s'il retraçait du doigt chacune de ses blessures, de ses failles, de ses secrets. Il était nu, debout non loin de la couche, et il le regardait de haut, presque avec dédain.
Ta vie vaut-elle plus que la mienne ?
« Maintenant paie-moi et retourne dans ta belle villa. Ta femme doit se demander où tu es passé. »
Draco se leva alors, sans un mot. Habituellement, il aurait réduit plus bas que terre ce jeune impertinent. Mais pas ce matin. Pas ce matin, dans cette toute petite chambre où le soleil filtrait à travers le rideau d'un mauvais blanc. Pas ce garçon qui avait touché ses points sensible, qui avait vu en lui plus clairement que quiconque depuis des années. Il ne voulait pas lutter, pas ce matin, alors qu'il avait fait l'amour une bonne partie de la nuit avec cet éphèbe sorti des ténèbres de la nuit, avec ses cheveux noirs corbeau et ses yeux d'émeraude.
Le blond se vêtit de sa tunique, tandis que Harry en faisait de même, nouant lâchement sa ceinture autour de sa taille.
« Je n'ai pas d'argent. Je t'envoie mon esclave, Blaise, dans la journée pour te payer.
- D'accord. Oh, et ne pars pas avec cette tête de malheureux.
- Je n'ai pas une tête de malheureux.
- Si. C'est dommage, tu as de trop beaux yeux pour les gâcher avec de tels sentiments. »
Ses derniers mots l'atteignirent au cœur comme un poignard. Il serra les dents. Les poings, aussi.
« Je n'ai pas de beaux yeux. »
Une tare. Une horrible tare…
« Bien sûr que si. »
Draco se tourna vers lui et le foudroya du regard. Harry haussa un sourcil dubitatif, puis émit un soupir.
« Mes yeux sont laids. Garde tes compliments stupides pour toi.
- Ils ne sont pas stupides, mes compliments. »
Des yeux bleus.
Une tare…
« Je le pense vraiment.
- Je m'en vais.
- Bien. Bonne journée à toi. Reviens quand tu veux. »
Draco sortit de la pièce, énervé, et arriva dans une autre, un peu plus grande, où se trouvait une jeune femme plus jeune sans doute que Harry. Elle avait du charme, sans être très belle pour autant, ses longs cheveux d'un blond clair tombant dans son dos. Sans lui accorder plus d'attention, il quitta le logement, sans demander son reste.
OoO
Astoria n'était pas le genre de femme à hurler comme une furie. En général, elle était assez calme, ne cédant à la colère qu'au bout d'une longue attente, pendant laquelle elle subissait sans mot dire, jusqu'à ce qu'une goutte d'eau, aussi infime soit-elle, fasse déborder le vase. Draco fut donc étonné quand son épouse lui fit un scandale de tous diables quand il rentra chez lui tard le soir. Il était passé aux thermes le matin pour se débarrasser des traces que la nuit avait laissées sur son corps, et en chemin, il avait rencontré Blaise qui le cherchait partout comme un fou. Ce dernier, le temps que son maître se lave, était allé chercher des vêtements de rechange. Ceux de Draco empestaient et n'étaient guère propres.
Puis, il était parti travailler. Il aurait voulu ne pas y aller, s'allonger dans son lit et ne plus en bouger, mais il avait des obligations et il ne voulait pas que son absence soit remarquée, donc il s'était rendu à son travail à contrecœur, fatigué et sans grande motivation. Ses collègues lui trouvèrent triste mine mais n'en firent pas grand cas, même si c'était bien rare que Draco air l'air aussi las. Le blond pensait vraiment qu'on le laisserait tranquille pour la soirée, il ne rêvait que de son lit et d'un repas correct, sans alcool ni luxe excessif.
Eh bien il s'était trompé.
Lourdement.
Astoria hurlait. Elle était furieuse qu'il ne soit pas rentré la nuit dernière et qu'il ait disparu la journée entière, sans passer une seule fois chez eux pour la rassurer. Certes, Blaise était bien rentré pour lui dire qu'il avait retrouvé Draco, qu'il avait passé la nuit chez son hôte et qu'il rentrait une fois sa journée terminée, mais Astoria ne digérait pas le fait que son époux ait fait la fête toute la nuit et qu'il revienne comme une fleur, sans prendre en considération les inquiétudes de son épouse qui avait été bien la seule à s'inquiéter, avec Blaise certes, mais on ne faisait pas grand cas de son avis à lui.
Draco se disputa donc avec son épouse puis s'enferma dans sa chambre où il se reposa un long moment, fermant les yeux et essayant de chasser tous les noirs sentiments qui l'avaient assailli pendant la journée et cette fatigue qu'il avait trainée pendant des heures et des heures.
Il repensa à Harry. Allongé sur son propre lit, les yeux clos et le corps détendu, il repensa à Harry, à ses mots, qu'il aurait pu juger durs et insolents s'ils n'avaient pas été si vrais. Il s'étonnait lui-même de ne pas être énervé ni même vexé parce que ce jeune prostitué lui avait dit, en le regardant droit dans les yeux, comme s'il n'y avait pas de fossé entre eux, comme s'il n'était pas celui qui avait vendu son corps, perdant toute dignité, face à un citoyen romain, promis à une longue et brillante carrière.
Pendant ces quelques minutes, ils avaient été deux hommes. Comme la nuit passée. Ils étaient deux hommes, nus tous deux, face à l'autre, se regardant droit dans les yeux, se parlant sans qu'il y ait de différence entre eux. Comme des hommes égaux. Car même si les êtres humains n'avaient pas la même valeur, la vie n'avait pas de prix : un mort était un mort, seule la façon de le traiter était différente. Son père avait été enterré avec les honneurs. Harry serait jeté dans une fosse commune.
Il ne lui était pas difficile de se rappeler de son visage, de retracer les traits de sa figure, illuminée par ses yeux verts. Il était beau. D'une beauté presque douloureuse. Draco ne se remettait pas de la vision de ce jeune homme, il se rappelait encore de ses traits brouillés par le plaisir, de ses yeux perdus dans le vague, sa bouche entrouverte d'où s'échappait des gémissements de plaisir.
Harry était beau, quand il lui souriait gentiment, en lui servant une coupe de vin.
Harry était beau, quand il se moquait de lui, un sourire canaille sur les lèvres et ses yeux brillants de malice.
Harry était beau, quand il jouissait, les yeux à demi-clos, ses lèvres écarlates, ses mains appuyées sur son torse.
Il le désirait à nouveau. A sa simple pensée, il bandait. Son sexe se rappelait encore du plaisir que cela avait été de plonger dans l'intimité de Harry, cette intimité si petite, si étroite, si différente de celle d'une femme. Il se rappelait sa bouche, un peu avant, ses caresses, puis ses chaires autour de lui.
Le matin même, il se trouvait dégoutant.
A présent… Il ne savait plus quoi penser.
Il n'avait même plus envie de penser…
Merci de m'avoir lue ! J'espère que ça vous a plu !
