Un petit rappel. Tout ce qui se passe dans ce chapitre s'est produit avant le mariage de Georgianna et Adès. Deux jours après leurs fiançailles. De plus, le terme Vilains au Moyen-Âge était associé à des paysans libres (qui n'étaient pas liés à aucun seigneur). Merci à Gridaille, Libra10, Laurence, Laura et Marie-Paule et à toutes celles qui suivent cette histoire de près. N'hésitez à me faire part de vos commentaires. Ça fait toujours plaisir.

Neuvième partie

Deux jours plus tard, Élisabeth, sa dame de compagnie et son fiancé tout neuf de même qu'une escorte de huit chevaliers franchissaient la frontière Sud du royaume des Montagnes, traversaient le Royaume de Grés et poursuivaient leur route jusqu'au château du Duc de Sauternes.

Le Duc en personne vint les escorter lorsqu'ils furent assez près de son palais. Élisabeth admira l'homme, mais détesta le cavalier. Il traitait son cheval avec agressivité, lui plantant souvent ses bottes munies d'un éperon sur les flans. Toutefois, lorsqu'elle l'évalua ou plutôt le mesura sur la terre ferme, Élisabeth réalisa que le Duc possédait un sens de l'humour très rafraîchissant de même qu'une personnalité complexe mais enjouée.

Âgé d'une trentaine d'année, le Duc n'avait pas toujours pas d'enfants et ne cachait pas l'intérêt spontané que la beauté de son invitée lui inspirait. Il guida leur petit groupe vers les installations où se tiendrait le tournoi et fut très amusé de voir que la reine insistait pour essayer la plupart des armes. Elle voulut lever les épées, tenir une lance et même mettre une cotte de maille sur son dos afin de sentir par elle-même le poids de l'armure. Elle releva ensuite le défi que lui lança un archer et rata la cible de peu. À la fin de la visite, Élisabeth resta sans voix devant le spectacle des écuyers qui s'entraînaient sous l'œil avisé de leur maître d'arme.

-À constater votre enthousiasme Majesté, c'est à se demander pourquoi vous n'avez jamais assisté à un tournoi?

-Je n'ai guerre eu le temps jusqu'à maintenant, mais je me suis toujours intéressée de près à la stratégie militaire.

-Vous auriez dû être un homme…

-Tout aurait été bien plus simple en effet. Mais parlez-moi de votre royaume monseigneur… L'encouragea-t-elle.

Sur le chemin du retour, pendant qu'ils chevauchaient tous en direction du Château, le Duc expliqua à Élisabeth que son royaume était le plus grand territoire des sept parties que comptait le continent. Élisabeth était née sur le plus petite d'entre elles. Le royaume de Grés représentait la partie centrale que se disputaient toutes les autres puisqu'il était essentiel de traverser ce territoire pour se rendre dans les autres royaumes.

-C'est effectivement ce que mon père à compris trop tard, admit Élisabeth en songeant aux mauvaises décisions prises par Théodore II et qui avaient provoqué toute une série de conflits avec les territoires voisins et qui l'avait contraint à conclure cette malheureuse entente avec Bastien de la Tourelle.

-Ici, j'ai fait construire deux nouvelles églises récemment. Il faut dire que neuf monastères se trouvent sur mes terres. Je suis également le seul qui possède une ville indépendante où vivent les seuls vilains du continent.

-Vous avez des vilains ici? S'enthousiasma Élisabeth.

-Je vous emmènerai les voir si vous le désirez…

-Et comment! Décidément cher Duc, je suis très contente d'être ici. Vous m'offrez une distraction plus que bienvenue…

L'arrivée au Château fut un moment inoubliable puisqu'une foule comme Élisabeth n'en avait jamais vue était rassemblée pour lui souhaiter la bienvenue. La jeune Reine écouta les différents compliments que les troubadours avaient composés pour elle et regarda les danseurs du royaume faire la démonstration des danses traditionnelles du Sud. Après s'être restaurée dans la grande salle de bal en compagnie du Duc et de ses plus fidèles seigneurs, la jeune femme fut ensuite invitée à visiter le Château. Lorsqu'enfin elle se retrouva devant les appartements qu'on leur avait attribués pour la durée de leur séjour, Élisabeth remercia chaleureusement son hôte et prit congé de lui pour aller se reposer. Georgianna vint la voir dès qu'elle le put et l'aida à choisir la tunique qu'elle allait porter pour le souper prévu dans quelques heures.

-Comment as-tu trouvé le Duc? Lui demanda Élisabeth dès qu'elles furent seules.

-Effrayant, mais définitivement amusant, admit la jeune femme en s'esclaffant.

-Qu'en dit Adès? S'intéressa ensuite Élisabeth.

-Il dit que le Duc est un être exubérant et excessif… et que son royaume lui ressemble.

-Hum! Je ne savais ton fiancé si perspicace, agaça-t-elle Georgianna. Pour ma part, je trouve que le Duc en fait trop dans plusieurs domaines. Mais, je te concède qu'il est fort distrayant et ce n'est pas pour me déplaire dans les circonstances.

-Il est vrai que ces derniers temps, surtout à cause de cette guerre que vous avez eu à organiser contre Boterne, vous avez eu fort à faire.

-Et peu d'occasion de m'amuser, compléta la reine en s'allongeant sur le lit pour se reposer.

Le banquet se passa dans une atmosphère joyeuse. Le Duc courtisa non seulement la reine, mais également Georgianna, jusqu'à ce qu'Élisabeth intervint en lui soufflant à l'oreille que s'il continuait dans cette voie, il risquait fort d'offenser gravement l'un de ses invités.

-Cette jeune dame est fiancée avec mon conseiller, compléta-t-elle en désignant le seigneur Adès du menton.

-Et c'est seulement maintenant que vous me l'apprenez? La taquina le Duc en éclatant de rire.

-Que voulez-vous monseigneur, je vous savais veuf… mais je ne vous savais pas aussi désespéré, blagua-t-elle à son tour.

-J'ai eu la chance d'être très heureux en ménage. Il est normal que je veuille retrouver cela, lui expliqua le Duc avant de reprendre son sérieux : Mais dites-moi Majesté, mon ami le Baron Rougier qui a séjourné chez vous quelques temps m'a raconté que votre époux serait mort le soir même de votre nuit de noce…

-Puisque vous êtes si bien informé, vous devez également savoir qu'on raconte que c'est moi qui l'avais poussé par la fenêtre…

-J'ai bien entendu cette histoire là aussi… mais je la trouve beaucoup moins intéressante… et comme je constate que vous ne semblez pas être capable de tomber amoureuse à nouveau, je ne peux qu'en conclure que vous étiez si éprise de votre époux que vous ne pouvez plus aimer un autre homme…

-J'ai aimé un homme en effet, admit-elle, mais qui vous dit qu'il s'agissait de mon mari?

-Hum, voilà une déclaration bien étonnante.

Le lendemain, Élisabeth se retrouva très tôt devant la fenêtre de sa chambre à regarder les gens du peuple s'installer dans les estrades. Elle savait que les tournois attiraient toujours une grande foule, mais l'ampleur de celle-ci la prit par surprise. Elle s'habilla rapidement, alla prendre son petit déjeuner dans le calme, puisqu'à cette heure matinale, peu de seigneurs était déjà levés. Georgianna arriva comme elle terminait son repas suivie de près par Adès qui semblait encore maussade. Élisabeth devina à son air fatigué que s'il était debout, c'est que Georgianna était passée le voir avant de passer à table. Élisabeth consentit à les attendre, puis les accompagna dans la cour où une agitation peu commune régnait.

Élisabeth se trouva rapidement captivée par la variété des produits qu'elle découvrit sur les présentoirs des marchands. Elle examina les différents bijoux, mais elle fut particulièrement intéressée par les objets fabriqués par les ébénistes et les céramistes. Elle acheta une petite lanterne à l'un des ferblantiers avant de continuer son exploration. Les deux femmes s'arrêtèrent à nouveau devant l'étal d'un homme qui vendait des sacoches de cuir et des carquois fabriqués par les moines du coin. Rappelée par Adès qui examinait des épées un peu plus loin, Georgianna laissa Élisabeth se diriger seule vers l'étal d'un vieil homme qui exposait de magnifiques tuniques brodées avec une grande maîtrise. Elle s'intéressait à l'une d'entre elles, lorsqu'elle remarqua que le marchand la dévisageait.

-Pardonnez-moi Majesté, je sais que je ne devrais pas vous regarder ainsi…

-Vous savez qui je suis? S'intéressa Élisabeth.

-Bien sûr. Mon fils et moi, étions dans le royaume de Grés avant la mort de votre père. Nous sommes également restés quelques temps dans le royaume des Montagnes, mais c'est ici que nous sous sommes installés définitivement, il y a deux mois.

-Oh, je vois! Vous êtes des compatriotes alors.

-Oui. Et nous avons appris la bonne nouvelle. Vous avez repris vos terres. Allez-vous vous installer définitivement dans les Montagnes ou retournerez-vous dans votre ancienne contrée? Lui demanda-t-il avec curiosité.

-Le royaume de Grés est cher à mon cœur alors je compte bien y retourner.

Voyant arriver son fils avec un chariot plein de nouvelles tuniques, l'homme en profita, Oh Jean, tu arrives au bon moment. Majesté, je vous présente Jean, mon fils unique.

-Enchanté jeune homme. Le salua la reine en inclinant poliment la tête.

-Mais vous êtes la reine?! S'étonna le jeune homme en sautant en bas de son chariot.

-Michel? Où doit-on déposer ces sacs? L'interrogea un autre homme qui arrivait de derrière le chariot en transportant une grosse poche sur l'épaule.

-Ici, Frère Thomas. Déposez-la à côté de la caisse en bois qui est derrière la table, lui suggéra le vieil homme.

Tout en jetant un œil sur les nouvelles tuniques aux couleurs variées que Jean déposait sur la table au fur et à mesure, Élisabeth fut intriguée autant par la silhouette du moine qui venait de prendre la parole que par sa voix qui lui sembla presque identique à celle de son amour disparu. Elle écouta d'une oreille distraite les propos bienveillants du commerçant tandis qu'il décrivait les tuniques auxquelles elle s'intéressait, mais chercha rapidement une stratégie qui lui permettrait de voir le visage du nouveau venu. Elle fut exaucée lorsqu'il se tourna à nouveau vers le commerçant et que son regard glissa sur elle au passage. Élisabeth comprit alors deux choses; qu'il était impossible de l'identifier avec certitude puisqu'il possédait une longue cicatrice qui partait de son œil droit jusqu'au coin de sa bouche et qu'en ce qui le concernait, il n'avait eu aucune réaction particulière en la voyant.

-Frère Thomas, vous avez devant vous la reine Élisabeth du royaume de Grés. Mais vous ne l'aviez jamais vue j'imagine? L'interrogea le commerçant. Comme Thomas répondait en secouant la tête de gauche à droite, le vieil homme revint vers la reine : Cet homme est un vieil ami. Il vient également du royaume des Montagnes.

Troublée malgré tout par le regard familier que le moine posait à nouveau sur elle, Élisabeth le fixa tandis qu'il rabaissait sa capuche, surprise de constater qu'il était rasé de près comme tous les moines de sa connaissance. Sa cicatrice en pleine lumière et ainsi exposée donnait l'impression qu'il souriait constamment contredisant totalement la tristesse qu'elle lisait dans ses yeux.

-Heureux de faire votre connaissance, Majesté, la salua-t-il enfinen s'inclinant devant elle.

-Moi de même Frère Thomas, balbutia-t-elle sans pour autant cesser de lui trouver des ressemblances avec William Darcy.

-Élisabeth, regarde ce que je viens d'acheter, s'exclama joyeusement Georgianna en arrivant à côté de la reine.

Levant les yeux sur l'homme qui se trouvait tout à côté d'Élisabeth, Georgianna se figea instantanément et échappa les bâtonnets de cannelle qu'elle venait d'acheter à bon prix.

-Élisabeth, tu ne trouves pas que cet homme ressemble à… déglutit la jeune femme en se penchant pour les ramasser.

-À un certain Général Darcy… compléta le moine en roulant des yeux. Oui je sais, on me l'a souvent dit, ajouta-t-il avec exaspération.

-William Darcy était mon frère bien aimé, s'emporta Georgianna qui profita de l'arrivée de son fiancé pour se coller contre lui.

-D'où tenez-vous cette cicatrice? L'interrogea Adès qui détaillait le moine avec un intérêt non moins dissimulé que les deux autres avant lui.

-Je vous l'avais dit Thomas, ce n'est que lorsque les restes du Général Darcy seront retrouvés que vous aurez enfin la paix, allégua le commerçant en donnant une tape amicale dans le dos du moine.

-Je suis désolé jeune demoiselle, c'est que voyez-vous… il ne se passe pas une journée sans qu'on me prenne pour cet homme, se justifia-t-il en s'inclinant devant Georgianna. Quant à votre question Messire, sachez que j'ai été attaqué il y a quelques mois au moment où je livrais des armes d'une commanderie à une autre, expliqua-t-il au seigneur Adès après avoir jeté un œil entendu à Michel.

-Où se trouve votre communauté exactement Frère Thomas? Lui demanda alors Élisabeth surprise de sa propre audace.

-Je relève du monastère de La Rochelle. C'est à l'ouest dans la vallée.

-Ce monastère reçoit-il les visiteurs? Poursuivit-elle.

-L'Abbé Fabien Dieudonné acceptera certainement de vous faire visiter les lieux. Je peux lui en parler si vous voulez, lui proposa Thomas en s'inclinant devant elle.

-Merci infiniment. J'irai certainement lui faire une petite visite. Enfin, si nous avons le temps.

Aussitôt que la Reine et sa suite se furent éloignées, Frère Thomas se remit à la tâche et continua de vider son chariot. Lorsqu'il eut terminé sa besogne, il revint vers Michel afin de prendre officiellement congé de lui.

-Thomas, tu es certain que ces gens ne te disaient rien? Voulut s'assurer le vieil homme.

-Comment puis-je le savoir? L'homme m'a semblé familier au départ, mais c'est probablement à cause de l'uniforme qu'il portait et que j'ai déjà vu souvent…

-Très bien, on est prêt à partir pour aller chercher le second chargement père, intervint Jean avant d'entraîner Thomas à sa suite.

-Très bien. Je vous attends ici.

De retour au château, Élisabeth retrouva le Duc et se prépara à l'accompagner pour la cérémonie d'ouverture du tournoi. Chaque grande lignée de chevaliers leur fut présentée officiellement avant que les deux premiers champions n'aillent s'installer pour l'affrontement. Élisabeth trouva le premier cavalier trop violent. Là où il aurait pu simplement désarçonner son adversaire, il le poussa si fortement que celui-ci alla s'écraser plusieurs mètres plus loin. Fermant les yeux, Élisabeth fut reconnaissante au Duc de lui offrir d'aller assister à d'autres types de combat.

-Tous les candidats ne sont pas comme ce chevalier… mais tant qu'il est en lice, je vous emmène plutôt voir les combats à l'épée.

-Merci, j'apprécie votre proposition.

À peu près au même moment, plus à l'ouest dans la vallée, Thomas, Jean et deux autres moines venaient de se mettre en route pour se rendre au monastère de la Rochelle. Un chariot renversé sur la seule voie disponible les obligea à s'arrêter. En s'approchant de la voiturette pour offrir leur aide, ils découvrirent deux blessés. En les examinant de plus près, Thomas réalisa que le premier était mort alors que l'autre semblait simplement évanoui.

-Embarquons le cadavre et le malade dans notre chariot après quoi nous essayerons de déplacer cette charrette afin d'être capable de passer, suggéra le Frère Thomas aux trois autres.

-Nous devrions les emmener tous les deux au monastère. Une fois sur place, nous verrons bien si l'un de nos frères sera capable d'identifier le cadavre, proposa un autre moine.

Arrivé au monastère, Frère Thomas, qui était le plus costaud des quatre, ramassa le malade sur son épaule et le transporta jusque dans la salle commune. Dès que sa tête toucha l'oreiller, l'homme se mit à marmonner.

-Oh, ma tête, gémissait-il en faisant pression sur ses tempes à l'aide de ses deux paumes.

-Chut, restez tranquille mon père. Je vais aller chercher l'aide soignant. Il va vous examiner et prendra soin de vous, lui expliqua patiemment Thomas.

-Non, non, attendez! À qui est cette voix? Votre voix! Laissez-moi voir votre visage, l'implora-t-il.

Rabaissant sa capuche en soupirant, Thomas comprit à l'expression de surprise du malade qu'il se trouvait devant un autre homme qui le prendrait pour le Général Darcy.

-William Darcy?! C'est toi, mon vieil ami! Ne me reconnais-tu donc pas?

-Non, parce que je ne suis pas William Darcy. Je me nomme Thomas. Je suis un moine tout ce qu'il y a de plus ordinaire…

-Mais non! Rouspéta l'homme en se redressant. C'est toi qui te trompes. Avoue plutôt que tu ne sais même pas qui tu es? Insista-t-il.

-Mais comment… Commença le moine.

-J'étais là lorsque ta tête a percuté cette pierre, le coupa l'homme. J'étais avec toi. Je sais même à qui tu dois cette horrible cicatrice…

-Vraiment? S'intéressa Thomas de plus en plus intrigué par les allégations de celui qui semblait si bien le connaître.

-Toi et moi, on était inséparables William. Je suis un moine moi aussi, je me nomme Silas. On faisait tous les deux partie des révolutionnaires dans le royaume des Montagnes. Nous rêvions de renverser le roi Alfred. Tu as été mortellement blessé lors d'une attaque en rentrant au palais. Nous étions ensemble. Tu m'as ordonné de fuir, mais lorsque je suis revenu pour te chercher, tu n'étais plus là…

De plus en plus ébranlé par la teneur des informations rapportées par l'homme, Thomas déglutit : Je serais donc ce Général dont tout le monde parle?

-Est-ce à dire que d'autres que moi t'ont reconnu? S'inquiéta son compagnon.

-C'est loin d'être la première fois qu'on me prend pour lui. Ça m'est arrivé aujourd'hui même lorsque la Reine Élisabeth de Grés et une jeune fille… Oh, mon Dieu, cette jeune femme était donc réellement ma sœur, réalisa-t-il avec émotion.

-Elle se nomme Georgianna… Et je ne connais personne qui est plus dévasté qu'elle depuis ta disparition… Mais dis-moi, y avait-il un homme avec elle? Presque un géant?

-Oui, on me l'a présenté comme étant son fiancé…

-Et bien, laisse-moi t'apprendre que le fiancé de ta sœur et l'homme qui t'a laissé pour mort ne sont qu'une seule et même personne. Ton assassin se nomme Adès. C'est cet homme qui t'a défiguré…

-Quoi?

-Oui. Et tu veux en apprendre une meilleure encore? Il a tout fait ça sur pour obéir aux ordres de cette même Reine que tu as eu l'impression de rencontrer pour la première fois aujourd'hui.

-Pour quelle raison aurait-elle fait ça?

-Je l'ignore. Toi seul pourrais le dire en fait. Tout ce que je sais d'autre par contre, c'est qu'elle a tout fait pour que tu tombes désespérément amoureux d'elle, le prévint-t-il en mettant la main sur son épaule.

-Pourquoi?

-Je n'arrêtais pas de te dire de te méfier d'elle… je voyais bien qu'elle t'utilisait…

-J'étais amoureux de cette femme?

-Elle est très belle… et possède suffisamment d'atouts pour envoûter un homme…

-Qu'attendait-elle de moi?

-J'imagine qu'elle souhaitait que tu élimines Alfred… ton propre roi par amour pour elle…

-N'est-il pas tombé d'une fenêtre le soir de ces noces?

-Ça c'est la version officielle… mais ce n'est probablement pas la vérité…

-Que veux-tu dire?

-On ne saura jamais exactement ce qui s'est passé au Château ce soir là, puisque tu as perdu la mémoire, mais ce qu'il y a de certain c'est que la reine Élisabeth elle le sait…

-Si ce que tu dis est vrai… ça signifie aussi que je suis en danger… puisqu'elle m'a vu au marché aujourd'hui…

-Et oui!

-En tout cas, ça expliquerait pourquoi elle a voulu connaître le nom monastère où je me trouve…

-Je suis désolé pour toi William, mais il va falloir que tu quittes cet endroit… et pas plus tard que demain matin.

-Que cherche-t-elle à faire? Quel est son but?

-Elle a récupéré son Royaume, va probablement y retourner et je crois qu'elle va laisser son meilleur pion et ta sœur sur le trône du royaume des Montagnes… D'après moi, sa présence ici ne peut s'expliquer que d'une seule manière, elle souhaite se remarier. Et quel meilleur candidat que le Duc de Sauternes qui possède le plus grand des sept territoires. Avec le sien, celui des montagnes et celui-ci, elle détiendra près de la moitié du continent.

-Je ne sais plus… je ne sais pas quoi dire… ni quoi penser d'ailleurs…

-Écoute William ou Thomas si tu préfères, comment expliques-tu j'aie été attaqué justement comme je venais te voir ici, lui apprit-il. J'ai un ami qui m'informe de tous les déplacements de la reine. La rumeur de ta ressemblance avec le Général Darcy est venue jusqu'à mes oreilles. Alors ne trouves-tu pas étrange, que juste au moment où je me décide à partir à ta recherche, je sois attaqué?

-En effet.

-Tu ne dois pas rester ici. Il faut que tu reparte avec moi…

-Où irais-je alors?

- Là où on pourra convenir d'un plan… en attendant que la mémoire te revienne…

-Quel est ton nom?

-Je me nomme Silas et si tu savais comme je suis heureux de t'avoir retrouvé le premier.

... À suivre ...

Alors, qu'avez-vous pensé de la rencontre entre Élisabeth et William?

Et quel est le but de Silas?

Et que va faire Élisabeth sans ses lettres de noblesse?