Bonjour ! Voici la suite, j'espère qu'elle vous plaira ! ^^


Ron scruta attentivement son meilleur ami qui évitait soigneusement son regard. Cette histoire avec Malfoy était complètement délirante. Tout ça pour un simple livre qui lui avait coûté sa baise matinale. Bon, ils étaient en plein après-midi mais ça revenait au même puisqu'il venait de se réveiller. Il n'arrivait pas à comprendre Harry. Le bond avait raison, il n'avait qu'à trouver un autre cadeau pour Théo et puis c'était tout. Pourquoi le brun se mettait-il dans un même état pour si peu ?

Bien sûr, il savait qu'Harry avait énormément de mal à contrôler ses émotions en présence de Draco mais il pensait que ça s'était un peu adouci. Et puis l'ancien serpentard avait été absent pendant deux ans, cela aurait dû permettre à Harry de changer d'opinion à son égard. Ou, du moins, à ne plus être autant sur la défensive. Il s'était complètement trompé.

Il secoua doucement la tête et reporta son attention sur l'autre homme qui regardait sa tasse de café à présent vide comme si c'était la chose la plus intéressante du monde, une légère lueur de rouge sur les joues.

« Je te comprends vraiment pas sur ce coup-là »

Le brun leva la tête et le regarda avec étonnement.

« Qu'est-ce que tu ne comprends pas ? »

« Tout ! Bordel Harry, je comprends rien du tout à ce qui se passe. Tout allait parfaitement bien jusqu'à ce que Malfoy revienne. Tu as changé, je ne te reconnais même plus ! Tu t'énerves pour un rien, tu fais des crises... Qu'est-ce qui t'arrive ? »

Les yeux du brun devinrent de plus en plus froids au fil de sa tirade.

« Qu'est-ce qui m'arrive ? Tu me demandes ce qui m'arrive ? Ouvre les yeux, Ron ! Ce connard a disparu du jour au lendemain et se permet de revenir comme une fleur avec ses airs de petit prétentieux à la con. Pendant qu'ici nous on faisait notre maximum pour se remettre de la guerre, lui s'est pris des congés ! Comment pouvez-vous lui pardonner ce qu'il a fait ? On ne savait rien, pendant deux ans on a eu aucune nouvelle et, vous, vous pardonnez ça ! »

« C'était son choix. Il avait parfaitement le droit de partir, il avait peut-être besoin de se changer les idées, de s'éloigner du monde sorcier. On a tous eu besoin de s'échapper et lui c'était son seul moyen »

Harry plissa les yeux et s'avança de deux pas vers lui.

« Tu tiens avec cet enfoiré ? »

« C'est notre ami. »

Le brun éclata d'un rire nerveux puis fixa attentivement Ron. Il passa une main ferme dans ses cheveux et soupira légèrement.

« Tu appelles ça un ami, toi ? D'accord, très bien. Vois ça comme de l'amitié si ça peut te faire plaisir. En tout cas, ne compte pas sur moi pour passer l'éponge sur ce qu'il a fait. »

« On ne te demande rien, Harry » répondit le roux, un peu plus rassuré. « Juste, essaye d'être conciliant. S'il te plaît. »

Il ouvrit la bouche pour lui répondre que c'était trop lui demander mais il se ravisa en voyant l'air suppliant de son meilleur ami.

« D'accord, je vais essayer. Mais si je fais ça, c'est seulement pour le groupe, compris ? »

Ron acquiesça vivement tandis qu'un sourire apparut sur ses lèvres puis vint le prendre dans ses bras. Le gryffondor, bien que surpris par ce contact imprévu, lui rendit son étreinte.

« Je vais rentrer, Théo doit m'attendre. »

« Vas-y, il ne faudrait pas que ton chéri se meure du manque que pourrait lui procurer ton corps. »

Harry éclata de rire et frappa Ron à l'épaule qui se mit à rire lui aussi.


La brune referma la porte derrière elle et soupira contre le panneau de bois.

« C'est ta petite amie ? »

Pansy se retourna vers Candice qui la fixait froidement, une pointe de jalousie dans le regard.

« Ça ne te regarde pas. »

« Ah oui ? On vient de passer la nuit entière à baiser, j'estime que ça me regarde. »

« Écoutes Caroline... »

« Candice. »

« Candice, si tu préfères. Cette nuit ne signifie rien, d'accord ? Prends ça comme deux nanas en manque qui avaient besoin de se lâcher. »

La superbe blonde ouvrit la bouche, indignée. Puis, folle de rage, elle s'empara de ses affaires et le claquement brutal de la porte d'entrée, précédé d'une insulte bien sentie, fut la dernière chose que Pansy entendit. L'ancienne serpentarde alla se préparer un café, soucieuse. Son esprit n'était pas tourné vers Chantal, qui avait oublié sa culotte sur le canapé d'ailleurs, mais vers Hermione. Elle l'avait sentie froide malgré tout.

Son regard tomba sur son portable et elle se mordit la lèvre inférieure. Devait-elle l'appeler ? Non, qu'est-ce qu'elle pourrait bien dire ? Elle porta la tasse de café bouillant à ses lèvres et réfléchit quelques minutes. Le comportement de sa meilleure amie l'avait vraiment surprise, il fallait l'avouer, même si un côté d'elle avait été plus que ravit de la savoir jalouse. Car oui, Hermione avait été jalouse de Charlotte. Seulement elle ne savait pas la raison de cette jalousie. Elles étaient comme deux sœurs, des confidentes, des âmes soeurs d'amitié. Elle fronça les sourcils. Est-ce que ça existait ? En fait elle s'en fichait, elle avait bien trop de soucis.

Elle reposa sa tasse et alla récupérer la culotte qui traînait dans son salon en soupirant. Elle avait le don d'attirer les pimbêches. Certes, elles étaient chaudes comme de la braise et baisaient plutôt bien mais elles collaient plus que du chewing-gum séché. La sonnerie de son portable retentit depuis la cuisine et elle courut aussitôt, espérant que ce ne soit qu'une seule personne. Elle se saisit brusquement de son appareil et essaya d'ignorer la déception qui l'habitât lorsqu'elle vu le nom de l'appelant.

« Allo, Blaise ? »

« Salut ma belle, comment vas-tu par une aussi belle journée ? »

La façon dont son ami exagéra sa fin de phrase lui mit la puce à l'oreille.

« On peut dire que ça va. Et toi, qu'est-ce qui ne va pas ? »

Elle entendit distinctement l'homme soupirer de l'autre côté de la ligne. Un petit blanc s'installa et elle préféra attendre que Blaise prenne la parole de lui-même.

« Rien, tout va très bien. »

« Tu es sûr ? Tu peux me le dire, tu sais. »

Elle le connaissait bien. Elle savait qu'il allait se braquer si elle insistait trop mais sa curiosité venait d'être piquée à vif.

« Oui c'est bon. On peut se voir tout à l'heure ? Tu me manques. »

Ses lèvres s'agrandirent dans un sourire rayonnant.

« Bien sûr, mon chou. Puis j'ai la tonne de choses à te raconter ! »


Draco fulminait littéralement sur place. Cela faisait deux maudites heures qu'il tournait en rond dans cette maudite salle d'attente à l'odeur plus que nauséabonde à attendre que ce maudit Monsieur Duchêne, un Français, sans aucun doute, daigne le recevoir. Il aurait volontiers fait une petite crise de nerfs mêlée d'indignation de de colère s'il n'avait pas été un Malfoy.

Il s'affala sur l'une des chaises grinçantes et inconfortables en grimaçant, pianotant de ses doigts la pochette à dessins sur ses genoux. Une partie de lui était confiante, après tout il avait un incroyable talent, mais il ne pouvait nier qu'une tout autre partie, minuscule, était stressée. Il porta son regard pour la énième fois sur la salle vide et son esprit vagabonda brusquement jusqu'à Potter. Ce qui était complètement absurde. Pourquoi penserait-il à lui alors qu'il était à deux doigts, enfin il l'espérait, de passer un entretien avec l'un des plus grands vendeurs de tableaux de Grande-Bretagne ?

Il ouvrit la pochette contenant ses esquisses pour vérifier que tout était comme il voulait. Parfait, tout était absolument irréprochable. Il passa un doigt aérien sur le premier dessin, son préféré, représentant une jeune femme donnant le sein à son nouveau-né. Encore une fois, l'image de Potter revint au galop dans sa tête. Où était-il ? Que faisait-il ? Draco secoua la tête, il s'en fichait comme de sa première chemise après tout.

Un grognement lui parvint du couloir et il reconnut l'homme qu'il désirait voir passer à toute vitesse sans lui prêter attention. Il s'empara de sa pochette et courut jusqu'au couloir.

« Monsieur Duchêne ! »

L'homme émit un nouveau grognement désespéré mais se retourna, le fixant comme s'il n'était qu'un vulgaire détritus traînant sur le bord d'une route.

« Que voulez-vous, Monsieur... »

« Malfoy. Draco Malfoy. » se présenta-t-il en avançant de quelques pas et en tendant une main que l'autre homme considéra un instant puis évita. Le blond ravala sa fierté et se fit aussi aimable que possible. « J'aimerais vous parler quelques minutes. »

« Alors prenez rendez-vous dans ce cas. »

Il s'apprêtât à refaire demi-tour mais Draco le retint par le bras.

« C'est urgent et je n'en aurais pas pour longtemps. S'il vous plaît. »

L'homme, plus hautain que jamais, soupira et fit un rapide mouvement de la main l'indiquant de continuer. Très bien, c'était déjà un bon début. Le blond ouvrit sa pochette d'une main légèrement tremblante et montra quelques dessins au professionnel.

« J'aimerais avoir votre avis sur mes créations. Et savoir si elles auraient une chance d'être publiables... »

Duchêne prit quelques une de ses esquisses du bout des doigts, les observa d'un œil critique, les tourna dans un sens puis dans l'autre, augmentant l'anxiété de Draco. Il tritura sa moustache épaisse puis rendit le tout au blond.

« Manque de travail, absence de netteté et de précision dans le coup de crayon et le choix des modèles est catastrophique. Un raté, en somme. »

Et il le planta là, dans ce couloir minable. Draco déglutit. Il avait essuyé pas mal de réponses négatives mais jamais, au grand jamais, on ne lui avait dit des choses pareilles. Il était partagé entre la colère et l'indignation, une furieuse envie de pleurer sa rage menaçait de le submerger et il préféra sortir de l'établissement.

La pluie sur son visage ne lui faisait rien, il était vide. Cet homme venait de foutre toutes ces années d'acharnement en l'air en l'espace de quelques minutes. Il serra les mâchoires et marcha jusqu'à sa voiture. Un étau enserrait sa poitrine mais il se refusait à l'apitoiement, il devait être fier comme il l'avait toujours été.

Une fois face à son volant, il attendit. Il ne savait pas pourquoi, il ne voulait juste pas rentrer immédiatement pour retrouver son appartement froid et vide. Aussi vide que lui. En fin de compte, il n'était qu'un stupide lâche incapable d'affronter la dure réalité de la vie. Une larme dégringola sur sa joue et il l'essuya rageusement. Il restait Draco Malfoy.


« C'est moi ! »

Seul le silence lui répondit. Harry posa ses clés de voiture sur la petite table basse près de l'entrée et jeta sa veste sur le premier fauteuil venu. L'eau de la douche lui parvenait de l'étage, faisant apparaître un sourire en coin sur son visage. L'image de Théo sous le jet d'eau lui donnait pas mal d'envies et il se précipita vers la salle d'eau. Il poussa doucement la porte tandis qu'une buée épaisse en profitait pour s'échapper par l'ouverture. Le corps fin de son fiancé se distinguait derrière la vitre de douche et Harry se déshabilla prestement sans quitter la silhouette du regard.

Doucement, il ouvrit assez la porte pour pouvoir rentrer dans la cabine tandis qu'une petite moue aguicheuse prit place sur ses lèvres en voyant le fessier de Théo qui lui tournait le dos, ne semblant pas s'être rendu compte de sa présence. Il s'approcha délicatement du brun et passa ses mains autour de la taille gracile. Théo sursauta et se retourna vivement.

« T'es fou, t'as failli me faire mourir ! »

« Oh, pardon. Tu m'en veux ? »

Il s'appuya sensuellement contre le mur. Ce geste mélangé à son ton innocent ferait craquer le brun à coup sûr. Contre toute attente, l'effet ne fut pas escompté et l'autre homme croisa les mains sur sa poitrine. Harry crut apercevoir une lueur d'angoisse dans le regard de Théo mais chassa vite cette idée.

« Sérieusement, tu m'en veux pour ça ? »

« Je n'aime pas et tu le sais. Alors arrête. »

« Je voulais te faire une surprise ! »

« Tu n'as qu'à trouver autre chose. »

La consternation envahissait Harry au fur et à mesure de la conversation. Il aurait bien pris cette sorte de dispute au sérieux s'ils n'avaient pas été nus sous un jet d'eau brûlant.

« D'accord, je m'excuse. »

« Non mais c'est bon. Garde tes excuses. »

Et il sortit de la douche. Pardon ? Harry sortit à son tour et avisa Théo qui enroulait maladroitement une serviette autour de sa taille. Le gryffondor se planta face à l'autre homme, se fichant de sa nudité. Prenant un air sérieux, il croisa à son tour ses bras sur son torse.

« Tu n'es pas sérieux, là ? Tu vas faire la gueule pour un truc aussi minable ? »

« Si, je suis sérieux. Non, je ne vais pas faire la gueule. »

« Embrasse-moi. »

« Non. »

C'était quoi son problème à la fin ? Avait-il fait quelque chose de mal ? Parce qu'il ne savait vraiment pas quoi. Théo semblait avoir changé depuis qu'il était parti rendre visite à Malfoy. Malfoy, ce connard de première. Pourquoi pensait-il à lui alors que Théo semblait lui en vouloir pour un truc qu'il n'avait pas commis ? Le brun semblait hésitant à présent.

« Il s'est passé quelque chose pendant mon absence ? »

Théo écarquilla les yeux.

« Non, bien sûr que non ! »

Bizarre.

« Tu es sûr ? »

Le brun se mordit la lèvre et se mit sur la pointe des pieds pour venir déposer un léger baiser sur ses lèvres.

« Oui, j'en suis sûr. Je t'aime. »

Il sortit de la pièce, laissant Harry seul. Il devait encore se faire des idées mais il avait l'impression que Théo n'allait pas bien.

A suivre...