Note de l'auteur — Vous allez rire, mais j'avais complètement oublié que j'avais promis de poster le bonus de cette fic. Alors le voilà, avec énormément de retard.


Joyeux anniversaire! — Bonus


Avant, John dédaignait le bain au profit de la douche, trouvant que se prélasser dans de l'eau tiède n'était qu'un gaspillage du temps. Mais ça, c'était avant. Avant Rose.

Depuis qu'elle faisait partie de sa vie, son avis sur la question avait radicalement changé. Un pur délice que d'étreindre le corps délié de celle qu'il aimait, dans la chaleur de la baignoire débordante de mousse parfumée. Elle s'adossait languissamment contre son torse, lui permettant de s'adonner à loisir à ce qu'il considérait comme son plus grand vice et plaisir: passer voluptueusement une éponge sur la peau soyeuse de la jeune femme, et l'entendre soupirer d'aise, jusqu'à ce que l'impatience les gagne tous les deux. S'ensuivaient alors des ébats qui emplissaient la pièce de bulles savonneuses, éclatant joyeusement au rythme de leurs mouvements frénétiques.

Cette fois aussi, John était en train de glisser l'éponge sur l'épaule arrondie de sa compagne, lorsqu'elle l'appela à travers la buée.

— Docteur?

Écartant ses mèches dorées, il l'embrassa sur la nuque pour lui montrer qu'il lui prêtait oreille.

— Quand on faisait l'amour, tout-à-l'heure...

Qu'elle dise plutôt: quand elle lui infligeait ses tortures. De lentes et cruelles tortures... mais oh combien délectables. Il devait l'admettre, il avait savouré chacune d'entre elles.

Allons bon, voilà qu'il devenait maso, maintenant.

— Je... poursuivit-elle, hésitante. Quand tu étais en moi... J'ai senti quelque chose.

Il arqua un de ses sourcils avant de rétorquer sur un ton taquin.

— Je l'espère bien, sinon je serais mortellement offensé.

Elle renversa la tête en arrière pour lui lancer une œillade suggestive.

— T'inquiètes, de ce côté-là, je n'ai pas à me plaindre. Tu dois faire dans les 10 inch... (*)

Le voyant s'empourprer, elle renchérit, espiègle.

— Mais peut-être que je confonds avec la longueur de ton tournevis sonique?

— Rose! s'écria-t-il, scandalisé.

Elle eut un rire en tout point diabolique, avant de reprendre rapidement son sérieux.

— C'était étrange, vraiment. À un moment donné, j'ai eu l'impression que le monde ralentissait autour de moi, un peu comme si...

— ...Comme si le temps s'égrainait? coupa-t-il, comprenant où elle voulait en venir.

— Exactement! s'étonna-t-elle. Comment le sais-tu?

Lâchant l'éponge, il lui enserra la taille et l'attira contre lui. Tendrement. Précieusement. Lorsqu'au bout d'un long silence il consentit enfin à parler, ce fut d'une voix troublée.

— C'est ainsi que les Gallifréens perçoivent le passage du temps. Et je crois que tu en as eu un aperçu.

— Mais c'est...

— Impossible? Presque. La seule explication plausible est que tu as partagé mon sens du temps.

Une pause. Puis il ajouta sur un ton où la stupéfaction se disputait à l'émerveillement.

— Nos esprits, Rose, se sont retrouvés connectés quand nous nous sommes donnés l'un à l'autre.

Cela signifiait qu'il avait abaissé sa défense mentale, ce qui ne lui était jamais arrivé par le passé... jamais, avec aucun autre, humain ou alien.

Il n'allait certainement pas l'avouer à Rose, ça non. Elle exerçait suffisamment d'ascendant sur lui sans qu'en plus il lui apprenne qu'elle avait réussi à le désarmer totalement, ne serait-ce qu'un bref instant. Son ego le lui interdisait.

Mais c'était sans compter sur la perspicacité de Miss Tyler, qui malgré l'absence de toute capacité psychique, lisait en lui comme d'un livre ouvert.

— Tu t'es laissé surprendre, n'est-ce-pas, mon Docteur?

Il baissa le regard vers le visage auréolé d'or qui lui souriait avec impudence.

— Inutile de vouloir le nier. Je t'ai fait perdre le contrôle, d'où cette connexion entre nous...

La petite effrontée. Si elle voulait jouer à ça...

Dans ses souvenirs remontant à plus de neuf siècles d'existence, il piocha ceux concernant quelques techniques de "danse", qui auraient rendu pantois même quelqu'un comme Jack. Très bien. À son tour de s'amuser au dépends de sa blonde compagne, qui pensait - à tord - pouvoir se moquer de lui impunément.

Il fixa ses lèvres charnues qui en bougeant sans cesse continuaient à chantonner des paroles jubilatoires, avant de les recouvrir brusquement avec les siennes. Le baiser. Un de ces baisers passionnés, interminables, qui mettaient votre coeur en émoi et vous retournaient comme un gant. Lorsqu'il prit fin, Rose était hors d'haleine, les yeux agrandis sous son effet grisant. Ceux de John s'étaient étrécis, jusqu'à n'être que deux fentes, et il affichait un sourire dangereux. On aurait dit un garnement préparant un mauvais coup.

— Tu sais quoi? fit-il.

Il colla la bouche au creux de son oreille pour lui susurrer d'une voix qu'il savait séductrice.

— La prochaine fois, je déciderai de la manière dont tu porteras cette cravate.

L'une des mains qui la retenaient par la hanche commença à remonter le long de son ventre, qui alors fut parcouru d'un frisson...

— En bandeau sur tes beaux yeux, par exemple...

...Tandis que l'autre se dirigeait sournoisement vers le bas, à la recherche de la vallée jalousement gardée par deux jambes croisées.

— Ou pourquoi ne pas l'attacher autour de tes jolis poignets...

Et il poursuivit ainsi, énumérant de multiples façons d'utiliser son cadeau d'anniversaire, dont certaines choquèrent franchement Rose, pendant qu'il jouait de son corps avec virtuosité, tel un musicien avec les cordes d'un luth. Par ses caresses il la fit frémir, vibrer, trembler... jusqu'à ce que l'embrasement des sens atteigne un niveau insupportable.

— Tu es abject et cruel, haleta-t-elle, lui retournant sa propre réplique.

Il rit.

— Je t'avais avertie, pourtant...

D'un geste possessif, il la pressa contre lui, lui arrachant un gémissement.

— ...Que ma vengeance allait être terrible.

Et il prit sa revanche à plusieurs reprises, tout le reste de la nuit. Précisons tout de même que sa victime était plus que consentante.


Fin


Note de l'auteur — (*) Je suis certaine que les fans de David Tennant ont compris à quoi je fais allusion. Pour les autres, l'acteur a comme surnom David Ten-Inch, que lui a été donné par Billie Piper. Parlait-elle de ses pieds ou... hem, hem. Pour info, 1 inch correspond à 2,54 cm. Alors faites le calcul...

J'ai l'impression que John est OOC dans ce chapitre. Mais j'ai pensé qu'il méritait bien une petite revanche, après ce que Rose lui a fait subir, non?

À part ça, je vous souhaite de passer une bonne fin d'année. Et que l'an 2013 soit celui de... tout ce que vous voudrez!