C'est Janet qui parle.

J'ai dû supplier Tony pour qu'il accepte de nouveau Hank dans l'équipe. C'est dingue : à une époque, il était prêt à le laisser partir parce qu'il le trouvait beaucoup trop pacifiste. Aujourd'hui, il rechigne à le réintégrer pour la raison inverse !

Je ne le reconnais plus. Le Hank dont je suis tombée amoureuse passait des heures dans les prisons et s'inquiétait du sort des criminels qui y séjournaient. Celui-ci rigole quand il annonce qu'il peut très bien attraper plus de criminels que Clint ou Tony. Il ressemble à ces durs à cuire stéréotypés qu'on voit dans les films. Je n'ai aucun problème avec les gros durs, au contraire : Hulk, Thor et Clint sont mes amis. Seulement, on a déjà assez de durs à cuire dans l'équipe. C'est mon Hank que je veux retrouver.

J'essaie de lui faire retrouver son ancienne personnalité. Je m'arrange pour qu'il rencontre des gens qu'il a connus à la fac, des chercheurs comme lui, des pacifistes qui comprenaient son côté humain et qu'il avait perdus de vue depuis le temps. A chaque fois, c'est pareil : ils partent au bout de dix minutes en disant que ce n'est plus la même personne. Ça me donne envie de pleurer.

Je cache mes larmes. Cependant, j'ai parfois l'impression que l'homme que j'aime est toujours là, quelque part. Hier, à quatre heures, je suis entrée dans sa chambre avec deux tasses de café. C'était un de nos rituels, le café de quatre heures. Il mettait ses instruments de côté, buvait, me parlait de ses recherches et je lui parlais de ma dernière paire de chaussures. Je ne comprenais pas la moitié de ses théories scientifiques et il ne comprenait rien à mes histoires de shopping mais j'adorais ce petit moment de complicité. D'ailleurs, je crois que lui aussi l'aimait beaucoup.

Hier, quand j'ai apporté le café à son, heu, remplaçant, il l'a bu sans dire un mot. Il me regardait d'un air étrange, comme s'il essayait de se rappeler quelque chose ou comme si le Hank pacifiste essayait de refaire surface. J'essayais de trouver la force de lui dire ce que j'avais sur le cœur, combien je regrettais d'avoir voulu le changer et à quel point le vrai Hank me manquait mais tout ce que j'ai réussi à articuler c'est : « ça te va pas trop, cette couleur ». Le jaune ne te va pas… Quelle réplique stupide !

Il a hoché la tête sans rien dire, l'air troublé. J'ai fini mon café et je suis sortie sans rien ajouter. Je me sens perdue. Par moments, je me demande s'il n'est pas perdu pour toujours, si je ne ferais pas mieux de me résigner…

Non, je ne baisserai pas les bras. Je ne me suis jamais découragée. Je ne sais pas encore comment mais je trouverai le moyen de retrouver le vrai Hank Pym, celui que j'ai toujours aimé. Et celui qui n'est pas d'accord, je lui botterai les fesses !

La fin…