Pour: MarineSB

Histoire: Quinn a perdue la vue et Rachel est à ses côtés.

You got me

Il y a des choses que l'on voit mais qu'on ne prend pas le temps d'apprécier. Comme un bon livre, la nature ou même un feuilleton bidon. Mais il y a aussi des choses qu'on pense pouvoir voir toute notre vie, qui sont normalement acquises. Comme le sourire de sa petite-amie, l'éclat dans ses yeux qui brillait quand elle vous regardait ou encore son corps nu. Toutes ces choses si belles et délicates. Ces choses que j'avais la chance de voir presque tous les jours. Tout ça. C'est fini. Tout est fini. Maintenant, il n'y a plus rien. Plus que le néant. Et je tuerais pour pouvoir voir de nouveau. Mais c'est impossible. « C'est irrémédiable » comme a dit le médecin. Tout ça à cause d'un foutu accident. Comme quoi la vie ne tient qu'à un fil, un fil minuscule qui peut se briser au moindre faux pas. Je ne suis pas morte. J'aurais préférée pourtant. Ce serait plus simple. J'ai juste l'impression d'être là mais pas vraiment. Je ne suis plus que l'ombre de moi-même. Alors peut-être que si au fond, peut-être que Quinn Fabray est morte dans cet accident. Peut-être que je ne suis plus que son fantôme.

Je ne sais pas vraiment où je suis mais je peux en déduire que c'est sur un fauteuil et je sais aussi que c'est chez moi. Le médecin m'a dit que je finirais par m'habituer, qu'au bout d'un certain temps, je commencerais à avoir des repères. Et je dois avouer que jamais je n'avais eu aussi envie de frapper quelqu'un. C'était marrant de dire ça pour lui. C'était moi qui était aveugle. Lui, en rentrant de sa journée de boulot, il verra sûrement ses gosses et sa femme et pourquoi pas son chien. Il verra aussi ses enfants grandir. Pour moi, c'est fini. Je garderais à tout jamais l'image de Beth bébé. Jamais je ne la verrais grandir ou même recevoir son diplôme. Je ne la verrais pas non plus dans sa belle robe de bal au bras d'un beau garçon ou d'une belle fille. Non, je resterais figée dans le passé.
J'entendis alors la porte qui s'ouvrait. Il fallait voir quelque chose de positif, j'avais maintenant l'oreille fine. Je sentis aussitôt une présence en face de moi et un parfum de fraise. Rachel. La personne qui s'est le plus occupée de moi depuis mon accident, avec ma mère bien sûr. Ma tendre petite-amie qui est si proche et pourtant si loin de moi. Mon cœur se serra dans ma poitrine. Je ne voulais pas qu'elle soit là. C'était comme un mémo pour me rappeler que plus jamais je ne la reverrais et c'était trop dur. Je ne suis pas assez forte pour supporter ça. Mais elle ne semblait pas prête à me laisser. Le contact de sa main sur la mienne me fit frémir. Je sentais son regard sur moi bien que je ne sache pas vraiment si c'était le cas et comment pourrais-je lui rendre son regard alors que je ne sais pas où est sa tête exactement ? Et puis même, tout ce qu'elle verrait dans mes yeux c'est le vide, elle ne verrait pas à quel point je l'aime. J'entendis alors sa voix douce:

« Ta mère m'a dit que tu n'avais pas touché à ton repas. Il faut que tu manges Quinn »

« Je n'ai pas faim. J'ai… J'ai perdu l'appétit. »

« On dirait que tu te laisses mourir. Je déteste ça. Je déteste te voir dans cet état sans pouvoir rien faire. »

Peut-être que c'était le cas. Peut-être que je me laissais mourir inconsciemment. Je serais toujours mieux là-haut qu'ici. Une fois j'ai entendu une citation qui disait: « Si le Paradis est en haut alors sur Terre, c'est l'Enfer ». Je comprends enfin sa signification. Mais je n'allais quand même pas dire ça à ma petite-amie qui faisait tout pour que je me sente mieux. Je n'en avais pas le droit. Je n'avais pas le droit de la décevoir. Cette idée m'était insupportable.

« Quinn… Est-ce que je peux faire quelque chose ? »

« Tu as le pouvoir de me rendre la vue ? »

C'était pas ce que je voulais dire et encore moins aussi sèchement. Mais j'en avais plus que marre de tout ça. Je sais qu'elle m'aime et qu'elle veut que j'aille mieux. Je sais que je me suis dis que je n'avais pas le droit de la décevoir. Mais c'est trop dur ! J'en peux plus. J'en ai marre d'essayer, de faire des efforts. J'en ai marre de faire comme si j'encaissais bien. Tout ce que je veux c'est que tout redevienne comme avant. Rachel veut sûrement la même chose et elle m'en veut sûrement d'avoir été aussi stupide. Mais vu comment elle me parle, vu la douceur dans sa voix, je me dis que peut-être elle ne m'en veut pas. Je sais juste qu'elle en souffre beaucoup, je l'entends dans sa voix. Je l'entends parce qu'elle pleure et que malgré ça, elle essaye de me réconforter:

« Je.. Je suis désolée, Quinn. Mais c'est trop dur de te voir t'auto-détruire. Je ne peux pas rester simple spectatrice devant ça. Je t'aime trop pour ça. Alors parle-moi, je t'en supplie, parle-moi »

Les mots vont sortir de ma bouche sans que je puisse les contrôler, je le sais mais c'est trop tard. Impossible de faire machine arrière.

« Tu veux que je te parle, hein ? Très bien, je vais te parler. C'est horrible. Affreux. J'arrive pas à vivre comme ça. Je n'y arrive pas bordel ! Je ne supporte pas de ne plus pouvoir te voir. De ne plus pouvoir voir Beth. Je ne supporte pas le fait que ma mère soit obligée de m'accompagner quand j'ai envie d'aller aux toilettes ou de prendre ma douche. Putain ! Je suis plus une gamine et pourtant, j'ai l'impression d'en être redevenue une. Est-ce que je vais toujours souffrir autant ? Ou est-ce qu'un jour ça va enfin s'arrêter ? J'ai besoin de réponses et personne ne peut me les donner. Celles du médecin ne me conviennent pas. Celles de ma mère non plus. Les tiennes c'est quoi ? Tu as des réponses, Rachel ? Parce que je suis perdue… »

Je soupire. Me lâcher m'avait fait du bien mais la douleur était toujours présente. Rachel serra un peu plus ma main comme pour me dire qu'elle était là, à mes côtés. Je sentis qu'elle se leva. Voilà. J'avais tout gagné. Je lui avais fait peur et maintenant, elle me quittait. Soudain, je sentis ses lèvres mouillées de larmes m'embrassaient le front. Ensuite, elle déposa ses lèvres contre les miennes. C'était l'endroit où elles appartenaient après tout. Le baiser fût court mais très agréable comme toujours.

« Je ne pense pas avoir les réponses à tes questions Quinn. Je pense qu'en réalité, c'est toi qui les as et toi, seule. Il n'y a que toi qui puisse choisir si un jour la douleur va s'arrêter ou pas. Mais à mon avis, ça dépendra de si tu en as envie ou pas. Si tu n'as pas envie de te battre alors la douleur ne partira pas. Mais si tu choisis de te battre, la douleur ne disparaitra pas vraiment mais tu t'y habitueras et tu reprendras goût à la vie. Je ne sais pas quel choix tu vas faire mais saches que peu importe lequel c'est, je serais toujours à tes côtés. Toujours. Jamais je ne te quitterais, Quinn. Tu m'entends ? Jamais. Alors tu peux me repousser ou m'ignorer ou même rompre avec moi mais je resterais quand même. Parce que je t'aime et que je me raccroche à ça. Tu pourrais essayé de faire de même. Tu pourrais faire de notre amour quelque chose auquel te raccrocher. Il est assez puissant pour tenir le choc. »

C'est là que je compris. La vie ne sera pas facile, elle sera même très dure. Mais il me restait encore quelque chose de stable, comme un rocher au beau milieu de l'océan. Il me restait Rachel. Notre amour était ce rocher. Fort et indestructible. Rien ne peut le détruire. Elle est là pour moi et je serais toujours là pour elle aussi. Alors je peux donc dire maintenant que je me suis complètement trompée. L'enfer n'est pas sur Terre parce que tant que Rachel sera là, ce sera toujours une sorte de Paradis rien qu'à moi. C'est mon Paradis.


Note de l'auteur: D'accord. Celui-là n'est pas le plus joyeux mais en même temps quand tu es aveugle, tu ne vois pas la vie en rose. J'en suis assez fière. C'est dingue! Je ne pensais pas que cette idée de requête pour OS aurait autant de succès mais j'en suis ravie. Alors n'hésitez pas à continuer à proposer. Je m'assurerais de toutes les faire.

Au fait, si vous êtes intéressés par l'idée d'un RPG de Glee dans l'univers d'Harry Potter (sur Tumblr), vous pourrez trouver le lien sur mon profil. Bisous.