Je suis un monstre
Disclaimers : Toujours pas à moi et vu mon salaire c'est pas pour maintenant.
Résumé : Lors du dernier affrontement avec Hadès, Shun a failli commettre l'irréparable. Et cet épisode ne cesse de le hanter. S'en remettra-t-il ?
Couple : ShunxHyôga
Rating : M
Note de l'auteur : J'avais promis ce chapitre au printemps et on est... en automne ! Oups ! Vraiment désolée mais j'ai changé de taf et déménager entre temps. J'ai aussi eu un petit manque de motivation. Merci pour les reviews. J'espère que cette suite vous plaira. Et encore désolée.
Shun lisait dans les jardins du palais. Tout le monde vaquait à différentes occupations. Hyôga s'entraînait avec Camus, Mü s'occupait de Kiki, les filles étaient
parties faire du shopping. Irina était au Sanctuaire pour deux semaines et commençait les préparatifs du mariage. En tant que superviseur, Shun se retrouvait
souvent avec le jeune couple, ce qui le mettait mal à l'aise. Il supportait de moins en moins de les voir s'embrasser ou se tenir la main.
On se laissa tomber à côté de lui. « Ah, Camus m'a tué.
_ L'entraînement a été dur ?
_ J'ai le dos en compote.
_ Mü a une huile de massage plutôt efficace. Tu devrais t'en mettre.
_ Pour le dos, je risque d'avoir besoin d'aide. Tu veux bien me donner un coup de main ? ». Shun leva la tête de son livre. Avait-il bien entendu ? Hyôga lui proposait de lui masser le dos. « Àmoins que tu ne sois occupé, continua le Russe.
_ Non, non, bredouilla Andromède.
_ Je vais prendre ma douche et je t'attends.
_ D'accord ». Le cygne se leva et fila vers le palais.
Shun frappa à la porte et entra directement. Hyôga regardait par la fenêtre, les cheveux encore humides. Il se retourna quand il entendit son ami entrer. « Ça
ne te dérange pas j'espère ?
_ Non, non ». Hyôga s'avança sur le lit et s'allongea sur le ventre. « Camus a été rude ? Demanda Andromède.
_ Il a dû s'engueuler avec Milo pour être d'aussi mauvaise humeur. Mais ça passera ».
Shun s'assit haut sur les jambes de Hyôga. Il prit l'huile relaxante et s'en enduit les mains, avant d'en verser quelques gouttes sur le dos du cygne. Il reposa la bouteille et commença le massage. Le Russe frémit quand il sentit les mains du Japonais. Celles-ci glissèrent le long de son corps, dénouant petit à petit ses muscles. Andromède essayait de rester concentré sur ce qu'il faisait mais Hyôga ne lui facilitait pas la tâche. Le cygne soupirait de bien-être au fur et à mesure qu'il se détendait. Ce qui, ajouté au fait que Shun faisait courir ses mains sur la peau bronzée du Russe et qu'il frottait son entrejambe contre le bassin de son ami, rendait le Japonais passablement déconcentré. Shun essayait de faire abstraction de la tension qui naissait au niveau de son bas-ventre. Mais cela devenait de plus en plus difficile et il avait peur que Hyôga s'en rende compte. Andromède fixait ses mains pour ne pas penser à l'autre partie de son corps qui réagissait plus qu'elle n'aurait dû.
Hyôga se laissait aller, sombrant dans une demi-inconscience. Les mains de Shun soulageaient ses muscles endoloris. Le Cygne se demandait comment le Japonais pouvait posséder autant de douceur avec la vie qu'il avait eue. C'en était presque érotique. Le Russe cessa de réfléchir et glissa dans le sommeil peu a peu porté par les effleurements de Shun. S'il s'endormait, il savait qu'Andromède s'en irait sans bruits et le laisserait se reposer. Malgré les brumes de sommeil, Hyôga sentit quelque chose de chaud sur sa peau. On était en train de l'embrasser. Finalement, il s'était peut-être endormi sans s'en apercevoir. Irina était rentrée et était en train de le réveiller de la plus douce des façons. Mais c'était étrange, il ne sentait pas le présence de la jeune femme dans la chambre. Le Cygne se mit a chercher avec son cosmos mais il n'y avait que Shun et si seul son ami était la, ça voulait dire que... Le Russe se redressa d'un bond, envoyant Andromède au bas du lit. Celui-ci était écarlate et bégaya : « Hyôga, je suis désolé, je..., je... ».Le Japonais se leva aussi vite qu'il put et s'enfuit en courant. Hyôga n'eut pas le temps de réaliser que Shun avait déjà disparu.
Shun courait à perdre haleine. Il descendait les escaliers et traversait les bâtiments le plus vite possible. Ce n'est qu'entre le quatrième et le troisième temple
qu'il s'arrêta, ayant percuté quelqu'un de plein fouet. « Shun, ça va ? ». Andromède leva les yeux vers sont interlocuteur. Et quand il vit de qui il s'agissait, il se
mit à pleurer de plus belle. Le chevalier prit le Japonais dans ses bras et le porta dans son temple.
« Vous avez l'air vraiment mignon tous les deux, murmura Mü en observant Angelo et Shun dans le même lit ». Le Cancer avait avait emmené le Japonais dans
son temple et avait contacté son amant, lui demandant de venir le plus vite possible. « Je peux savoir ce qui s'est passé ?
_ Je remontais à mon temple quand il m'est rentré dedans. Il pleurait et quand il m'a vu, il s'est mis à pleurer de plus belle.
_ Tu lui rappelles son frère, c'est pour ça. Je te fais un café. Tu me raconteras les détails.
_ Si j'arrive à sortir du lit, il veut pas me lâcher ». Mü sourit à l'Italien et sortit de la chambre.
Quelques minutes plus tard, le Cancer rejoignit son amant dans la cuisine. « Tu as perdu ton tee-shirt en route ? Demanda le Tibétain.
_ J'ai été obligé de le laisser à Shun.
_ Je vais finir par être jaloux. Surtout que tu l'aimes bien. C'est à se demander si tu ne cherches pas quelqu'un de plus jeune ». Mü eut à peine le temps de
poser ce qu'il avait dans les mains qu'il se retrouva assis assez violemment sur le plan face à un Angelo très en colère. « Je plaisantais, plaida le Tibétain.
_ Je n'ai pas envie de rire Mü. Là, j'ai plutôt envie de me faire un poulet rôti ». Le bélier se dit que si Ikki devait apparaître à l'instant, l'Italien l'enverrait
directement dans la bouche des Enfers. « Angelo, te mettre en colère ne servira à rien.
_ Je sais. Mais ça m'énerve. Tu peux me dire à quoi elle sert la dinde fumée, si elle est même pas capable de s'occuper de son frère ? Et les autres ! Le
canasson ailé et l'anguille des cascades ! Et ça se dit ses amis ! Et ne parlons même pas du canard laqué ! Il a dû se faire geler les paupières en Sibérie pour
être aussi aveugle ! ». Mü sourit. Il aimait le côté dur au cœur tendre de son Italien. Ça le faisait fondre. « Et tu crois que t'énerver comme ça, ça va changer les
choses ?
_ Non ! Non, je sais que ça ne changera rien. Mais ça me fait du bien de gueuler. À moins que tu préfères que j'aille leur péter une dent.
_ Angelo, gronda gentiment Mü. Ne te montre pas plus méchant que tu ne l'es, murmura le Tibétain en caressant le visage de son amant ». Le Cancer soupira. « Tu pourrais peut-être parler à Camus.
_ On peut peut-être attendre que Shun nous explique avant de faire quelque chose.
_ D'accord.
_ Tu m'aides à descendre ». Angelo souleva son amant et le reposa par terre. « Ça va ?
_ J'ai cru que tu allais me casser le coccyx.
_ Ça aurait été dommage, répondit Angelo avec un sourire entendu ». Il prit Mü dans ses bras. « Je suis désolé, murmura-t-il en l'embrassant ». L'Italien prolongea jusqu'à la gorge du Bélier. « Mon cœur, Kiki ne va pas tarder à rentrer et Shun est juste à côté. Je ne suis pas sûr qu'il ait envie de nous voir nous câliner quand il se réveillera ». Angelo serra Mü contre lui. « Je suis désolé, c'est la pression qui redescend ».Le Tibétain lui sourit. « On se le boit ce café ? ».
« Mmh mmh ». Les trois hommes se tournèrent vers Shun. « Ça va ? Demanda le bélier en souriant.
_ Oui. Euh... ». Andromède tenait le tee-shirt d'Angelo dans sa main. « Je crois que c'est à toi, lui dit-il en lui tendant le morceau de tissus.
_ Merci.
_ Tu veux venir manger avec nous ? Proposa Mü.
_ Je ne voudrais pas déranger.
_ Mais non. Ton couvert est déjà installé de toute façon ». Le Japonais s'assit à la place qui lui avait été attribuée et Mü eut la bonne idée d'orienter la conversation sur la journée de Kiki.
Angelo revenait d'avoir couché Kiki. Shun et Mü était assis devant une tisane. Le Cancer s'assit à côté de son amant et se servit lui aussi du breuvage. Andromède, malgré un calme apparent, ne cessait de tapoter nerveusement sa tasse. « Shun, dit doucement Mü, si tu nous disait ce qui ne va pas.
_ Je dois partie. Je ne peux pas rester au Sanctuaire.
_ Pourquoi ?
_ Je... Je... J'ai fait quelque chose de terrible.
_ Ça a à voir avec Hyôga ? ». Le Japonais hocha la tête. « Il... Il a eu un entraînement difficile avec Camus. Et... et il m'a demandé de lui masser le dos. Ce que j'ai fait... Et... Il m'a surpris en train de l'embrasser. C'est pour ça que je me suis enfui. Je ne peux pas rester ici. Je n'arriverai plus à le regarder en face. Je dois partir tout de suite ». Le bélier le retint par le bras. « Pourquoi tu n'attends pas demain matin ? Ça sera plus facile pour trouver un avion.
_ Euh... je...
_ Tu peux dormir ici, proposa Angelo ». Devant la sollicitude de ses amis, Shun finit par accepter.
Mü était allongé sur le dos, torse nu, et Angelo lui caressait doucement le ventre. Même quand il ne faisait pas l'amour, l'Italien aimait câliner le Bélier avant de s'endormir. « Tu te fais du souci pour Shun, remarqua le Cancer.
_ Je sais que tu t'en fais aussi. J'aurais aimé qu'il reste au Sanctuaire pour pouvoir l'aider.
_ Si tu veux, on peut l'attacher avec sa chaîne et le forcer à parler à Hyôga.
_ Ça ne marchera pas.
_ Faudra bien qu'ils finissent par se parler.
_ Je sais. Mais ne sachant pas ce que ressent exactement Hyôga, c'est difficile de savoir quoi faire.
_ Parler à Camus. Il connaît son disciple.
_ Je ne sais pas s'il pourrait nous aider. Mais on a un autre problème à régler.
_ Lequel ?
_ Ikki doit arriver au Sanctuaire dans trois jours. Comment on va lui expliquer que son frère n'est pas là ?
_ Peut-être en lui faisant comprendre qu'il serait temps qu'il s'en occupe ». Mü soupira. « Qu'est-ce qu'il y a ?
_ Je suis inquiet. J'ai peur de le retrouver au-dessus de la falaise et de ne pas arriver à temps pour l'empêcher de sauter.
_ Tu as bien réussi à me sauver, pourquoi pas lui ?
_ Je ne suis pas la bonne personne.
_ Pour le moment, il dort dans mon temple. Après, il va aller sur l'île d'Andromède. On verra ça à son retour.
_ Oui, tu as raison, admit le Tibétain ». Angelo fixa son amant : « Est-ce qu'on peut dormir ou tu as l'intention de réfléchir toute la nuit ? ». Mü sourit. « Bonne nuit mon ange, murmura-t-il en embrassant le cancer.
_ Bonne nuit ».
Ikki descendit de l'avion et fut accueilli par Seiya et Hyôga. Il savait que Shiryû était en Chine mais... « Où est Shun ? Demanda-t-il à ses amis après les avoir salués.
_ Sur l'île d'Andromède, répondit Seiya.
_ Et pourquoi ?
_ Une affaire urgent apparemment. Il est parti précipitamment, expliqua Hyôga ». Le phénix ne dit rien mais fut affecté que son frère l'abandonne pour l'île d'Andromède.
Ikki venait de prendre le thé avec Shaka et ils avaient été rejoints par Mü et Camus. Le Japonais se leva et prit congé de son hôte. « Merci beaucoup Shaka, c'était très agréable.
_ Tu descends, demanda Mü.
_ Oui.
_ Je t'accompagne ». Le Bélier et le Phénix sortirent du temple ensemble.
« Ikki, tu vas aller vois Shun sur l'île d'Andromède ?
_ Je ne pense pas.
_ Tu devrais. Il ne va pas très bien en ce moment.
_ La dernière fois que je suis allé le voir, il m'a gentiment demandé de dégager.
_ Ikki, dit le Bélier en l'attrapant par le bras, ce n'est pas une faveur que je te demande. Ton frère va vraiment très mal et il a besoin de toi. Il ne s'est pas remis de ce qui s'est passé avec Hadès et il a besoin d'en parler avec toi.
_ Je vais y réfléchir.
_ Ikki... ». Devant l'insistance du Tibétain, le Japonais préféra prendre la fuite et se précipita dans les escaliers.
« Je ne suis pas sûr que tu l'aies convaincu ». Mü se retourna. Camus se tenait derrière lui. « Je sais. Mais il faut pourtant qu'il aille voir son frère.
_ Shun est parti à cause de Hyôga ? ». Mais la question de Camus ressemblait plus à une affirmation. « Oui. Est-ce que Hyôga t'a raconté ce qui s'est passé ?
_ Non. Juste quand je lui ai dit que Shun était parti, il a fait une drôle de tête. Et je lui ai demandé ce qu'il y avait. Il m'a juste dit qu'il s'était passé quelque chose entre eux mais je n'ai pas réussi à savoir quoi exactement.
_ Et il t'a parlé de ce qui s'est passé quand il était prisonnier de Hadès ?
_ Non. Il refuse d'en parler ». Mü soupira. « Qu'est-ce qui se passe exactement ?
_ Mü aimerait que Shun et Hyôga ouvrent les yeux sur leurs sentiments ». Shaka descendit les quelques marches qui le séparaient de ses amis. « Tu sais que venant de toi cette réplique est assez comique.
_ Je ne suis pas sûr que ta relation avec Angelo soit une bonne chose. Tu commences à avoir le même humour que lui, remarqua Camus.
_ C'est possible que tu éclaires nos lanternes sur la situation, demanda Shaka.
_ De ce que je sais, Shun s'est aperçu lors de la dernière guerre contre Hadès qu'il était amoureux de Hyôga. Et le dieu a essayé d'utiliser ce sentiment contre lui. Depuis, il se sent extrêmement coupable.
_ Et pour Hyôga ?
_ Je sais que Shun a une place particulière pour lui, répondit Camus à l'Indien. Après, je ne pense pas qu'il se soit réellement rendu compte de la nature des sentiments qu'il nourrissait pour Andromède.
_ Et pour ce qui s'est passé avec Hadès, interrogea Mü.
_ C'est impossible à savoir. Il se ferme dès qu'on aborde le sujet.
_ Bon, il faut d'abord qu'on règle le problème avec Ikki. Pour Hyôga, on verra plus tard. Il faut qu'on arrive à convaincre Ikki d'aller voir son frère, continua le Tibétain.
_ Ça va être difficile, il est plus têtu qu'une mule, remarqua le Verseau.
_ Vous ne vous êtes jamais dit qu'il souffrait aussi de cette situation, suggéra la Vierge.
_ En même temps, c'est difficile de savoir ce qu'il pense.
_ Est-ce que tu pourrais lui parler, demanda Mü à Shaka. Il t'écoutera certainement plus que moi.
_ Je vais essayer mais je ne te garantis rien".
Shaka se dirigeait tranquillement vers la petite cabane en bois. Il hésitait sur la marche à suivre. Ikki pouvait être une vrai tête de mule quand il le voulait. Mais si l'Indien utilisait la manière forte, le Phénix pouvait se braquer. Arrivé en vue de la maison, le chevalier de la Vierge se dit qu'il essaierait d'être conciliant. Et si ça ne marchait, il enlèverait un ou deux sens à cette tête de cochon de Japonais pour lui faire changer d'avis.
« Bonjour Shaka, cria Shina en ouvrant la porte.
_ Bonjour.
_ Je suppose que tu viens voir Ikki.
_ Oui.
_ Bon, je vous laisse alors ». La femme chevalier s'éloigna, laissant le soin à Shaka d'entrer dans sa maison. « Bonjour Ikki.
_ Je suppose que Mü t'envoie.
_ Oui.
_ Je ne vois pas à quoi ça sert. Je n'irai pas. Shun m'a gentiment fait comprendre que je n'était pas le bienvenu sur l'île d'Andromède.
_ Et donc, tu ne vas rien faire.
_ Non. Il n'a pas besoin de moi. Il n'a qu'à se débrouiller seul ». Le Phénix tourna le dos à l'Indien et commença à s'éloigner. Shaka attrapa le Japonais par le bras. « Ikki, dit-il en ouvrant les yeux ». La Vierge savait qu'il déstabiliserait son vis-à-vis en ouvrant les yeux, pas parce qu'ils étaient magnifiques , mais parce qu'il les gardait si souvent fermés que ça perturbait les gens de les voir. « Tu as l'intention de laisser ton orgueil gâcher ta relation avec ton frère ? Tu penses que je serais venu si ce n'était pas grave ? Shun va vraiment mal.
_Il n'a qu'à demander à ses autres frères.
_ Nous sommes ses frères d'armes. Tu es son frère de sang. C'est une chance incroyable. Tu crois que c'est lorsque Mü l'aura trouvé au pied de la falaise qu'il faudra pleurer ». Ikki fixa Shaka. Celui-ci était vraiment grave. Même dans les pires moments Shun n'avait jamais baissé les bras.
Mü soupira. « Qu'est-ce qui se passe, demanda Angelo.
_ Shaka vient de m'envoyer un message télépathique. Il a réussi à convaincre Ikki.
_ Tant mieux. Ça fait un problème de régler.
_ Mmh. Pourquoi j'ai l'impression qu'il n'y a que moi qui m'inquiète ?
_ Shaka et Camus ont aussi remarqué l'état de Shun.
_ On a pris l'habitude de méditer ensemble. C'est normal. Mais je n'ai pas l'impression qu'ils aient vraiment conscience de la gravité des choses.
_ Mü, tu es télépathe et empathe. C'est normal que tu ressentes plus les choses.
_ Je sais. Mais c'est la première fois que je ressens un cosmos aussi perturbé. Même Saga à sa grande époque était plus calme.
_ Mü, laisse Ikki régler le problème avec son frère. On s'inquiétera quand Shun reviendra, OK ?
_ D'accord ».
Ikki frappa à la porte et attendit une réponse qui ne vint pas. Il frappa à nouveau. Il aurait pu entrer directement mais la seule fois où il avait fait ça, Shun l'avait envoyé sur les roses. Toujours aucune réponse. Le phénix fit une troisième tentative, se disant que si personne ne lui répondait, il entrerait quand même. Il en était à ces réflexions quand la porte s'ouvrit brusquement. « Quoi ! hurla une furie verte.
_ Bonjour Shun, répondit calmement l'aîné des deux frères.
_ Oh Ikki. Tu n'es pas au Sanctuaire ?
_ Comme tu le vois, je suis ici.
_ Qu'est-ce que tu fais là ?
_ Je suis venu te voir. Il paraît que tu as quitté le Sanctuaire précipitamment.
_ J'avais une affaire urgente à régler ici.
_ Ce n'est pas ce qu'on m'a sous-entendu.
_ Tu es venu ici parce que Mü te l'a suggéré. Tu ne serais jamais venu par toi-même.
_ Shun, s'il y a des choses dont tu veux parler, tu sais très bien que tu peux m'appeler ». BOUM ! Le coup partit tout seul. Ikki avait reculé sous l'impact et se tenait la mâchoire. Shun venait de lui administrer un magistral coup de poing. « Parler ! Dis-moi comment je peux parler avec toi! Tu n'es jamais là ! Même quand tu es là, tu n'es jamais là ! Tu n'es qu'un fantôme Ikki ! Je suis un fantôme pour toi !
_ Shun. Calme-toi, dis Ikki en tendant la main vers son frère.
_ NON ! hurla Shun ». En même temps qu'il fit un geste pour esquiver la main de son frère, il fit un magnifique trou dans le mur. Sous l'effet de la colère, Andromède étendait son cosmos et son frère se disait qu'il avait intérêt à le calmer s'il ne voulait pas qu'il provoque une tempête nébulaire. « J'en ai marre, continua Shun. J'en ai marre que tu me traites comme un gamin ! Je te déteste ! JE TE DÉTESTE ! ». Tout en hurlant cela, Shun s'était jeté sur son frère et le frappait, continuant à transformer la cabane en gruyère.
Ikki saisit les poignets d'Andromède et immobilisa les poings de son frère sur sa poitrine. Mais le plus jeune continuait à se tortiller, donnant des coups de pieds à son aîné. « Je te déteste ! Je te déteste ! Je me déteste ! Je me déteste ! ». Shun s'arrêta, épuisé, des larmes coulant sur ses joues. « Je me déteste.
_ Chh... ». Ikki serra son frère contre lui et le porta jusqu'au lit où il l'allongea. « Je..., balbutia Shun.
_ Chh... ». Le phénix prit Andromède dans ses bras et le berça comme lorsqu'ils étaient enfants. Le plus jeune se blottit contre son aîné et se remplit les poumons de son odeur rassurante avant de sombrer dans le sommeil.
Shun se réveilla hagard. Ikki avait allumé un feu et colmaté les trous que la colère d'Andromède avait faits. « Tu es réveillé, demanda le phénix en se tournant vers son frère.
_ Oui ». Le plus jeune écarquilla les yeux quand il vit le torse couvert de bleus de son aîné. Ikki posa un plateau sur les genoux de Shun. « C'est Mü qui t'a donné ça.
_ La tisane oui. Les pâtisseries, c'est moi qui les ai apportées. Je sais que tu les aimes ». Le phénix remit son tee-shirt et s'installa en face de son frère. « Ikki, je suis désolé. Je...
_ Shun, on en parlera demain. Pour le moment, tu dois manger et te reposer, d'accord ?
_ D'accord ». Les deux hommes se mirent à manger en silence.
Ikki regardait son frère dormir, blotti dans ses bras. Il se disait qu'il avait dû rater certaines choses. Il avait décidé de s'éloigner de Shun parce qu'il lui avait demandé. Mais apparemment, ça n'avait pas aidé Shun à aller mieux. Et même les autres bronzes ne voyaient rien. Le phénix se doutait que la possession d'Andromède par Hadès n'était pas étrangère à son état. Il y avait beaucoup de zones d'ombres sur cette épisode et son frère ne semblait pas prêt à en parler. Ikki soupira. Il fallait espérer que demain il arrive à lui tirer les vers du nez.
Les deux hommes profitaient de la douceur du soir pour se promener le long de la mer. Shun habituellement si bavard avec son frère, était resté silencieux. Ikki avait décidé d'attendre que son frère parle le premier. Andromède s'assit sur le sable, faisant face aux vagues. Le phénix s'installa à côté de lui et fixa l'étendue d'eau.
« Je suis content que tu sois là, lâcha finalement le plus jeune au bout d'un long moment.
_ Moi aussi je suis content d'être ici.
_ Je suis désolé. Pour hier soir. Et pour l'autre fois ». Ikki leva un sourcil en signe d'incompréhension. « L'autre fois ?
_ Oui, quand tu es venu après la guerre contre Zeus et que je t'ai dit de partir.
_ C'est vrai ». Comment le phénix aurait-il pu l'oublier ? À l'exception de la veille, il n'avait jamais vu son frère aussi en colère. « Je t'en ai tellement voulu. Je comprends que tu veuilles vivre ta vie. Mais je ne supporte pas que tu te contentes juste de venir dans les pires moments, comme si tu voulais te donner bonne conscience. J'ai besoin de toi Ikki ! Tu es mon frère ! Mais je ne veux pas que tu t'occupes de moi parce que c'est ton devoir, je veux que tu le fasses parce que tu m'aimes. Ikki, pourquoi tu ne viens presque jamais au Sanctuaire ? ». Shina lui avait souvent poser la question. « Je suis un solitaire Shun. J'ai du mal à vivre en communauté. Et puis, je ne veux pas être un boulet pour toi.
_ C'est plutôt moi qui ai l'impression d'être un boulet ! J'ai l'impression d'être un fardeau. D'être une charge pour toi, que tu t'occupes de moi parce que je n'en suis pas capable et... je ne veux pas que tu m'en veuilles pour ça.
_ Mais je ne t'en ai jamais voulu de m'être occupé de toi. Je suis fier d'être ton frère ». Disant cela, Ikki caressa la joue de son cadet. Finalement, sa relation avec Shina avait rendu le phénix plus tendre. Andromède se mit soudain à pleurer. « Je t'en ai tellement voulu. J'avais l'impression que... que tu m'abandonnais. C'est pour ça... c'est pour ça... ». Shun hésita. « C'est pour ça ? Demanda Ikki.
_ C'est pour ça que Hadès m'a obligé à te torturer. Il utilisait ma colère contre toi. Et je m'en veux, je m'en veux de t'avoir fait mal.
_ Shun, tu étais sous l'emprise de Hadès. Et puis, tu as été plus fort que lui puisqu'à chaque fois tu as arrêté les séances ». Le phénix s'était rapproché de son frère et l'avait pris dans ses bras. Il sentait qu'il avait atteint le fond du problème. « Ikki, tu ne t'es jamais demandé pourquoi Hadès avait capturé Hyôga et pas June ?
_ Peut-être parce que Hyôga est ton meilleur ami ». Andromède secoua la tête. « Il a découvert...J'ai découvert... Je suis amoureux de Hyôga ». Ikki ne haussa même pas un sourcil devant cette découverte. C'est comme si on lui annonçait une évidence. « Et pendant qu'il était prisonnier , Hadès a failli... il a failli... J'ai failli... le...le...J'ai failli le violer. Et... et... pendant qu'on était au Sanctuaire, il a eu un entraînement un peu rude avec Camus et il m'a demandé... il m'a demandé de lui masser le dos. Et je me suis laissé aller. Je l'ai embrassé... sur tout le dos...J'avais tellement envie de lui et …
_ C'est pour ça que tu t'es enfui ? ». Shun acquiesça. « Shun, il faut que tu parles à Hyôga, que tu lui dises ce que tu ressens. Ce qui s'est passé avec Hadès n'est pas de ta faute.
_ J'ai tellement honte. Je me sens tellement coupable ». Ikki resserra son frère contre lui. « Tu restes ici longtemps ? Demanda Andromède.
_ Une semaine.
_ Une semaine, c'est déjà ça, répondit le plus jeune en souriant ». Il se blottit dans les bras de son frère et fixa l'océan.
