Chapitre XIX : Voyage en Atlantide ...

L'eau se troublait petit à petit et la vision de l'Atlantide disparaissait lentement. Tisiphone alla se placer de l'autre côté de la cascade, de ce côté-ci aussi, la cité s'évanouissait comme un rêve à l'aube. Bientôt l'eau redevint aussi claire et pure qu'auparavant.

Il y eut soudain un petit couinement et le bruit d'une cavalcade. Tisiphone, agenouillée près de la vasque, se releva brusquement. Le Niffleur, attiré par tous les éclats de la grotte avait surmonté la terreur que la lave et le précipe lui avait inspiré pour se ruer sur les traces des sorciers. Il était tout énervé et ne savait où donner de la tête. Entre les statues, les trésors enfouis sous les roches, il courait partout, grattait à un endroit avant d'aller dans un autre coin de la grotte.

Tisiphone s'en retourna à l'observation de la vasque, là encore, le coquillage qui recueillait l'eau de la cascade était recouvert d'inscriptions et des symboles, que la sorcière ne pouvait traduire.

- Tout est en Atlante, marmonna-t-elle dépitée. Je vais avoir beaucoup de mal à comprendre ce qui est inscrit un peu partout dans cette grotte.

- Il doit bien y avoir des choses en grec ... Tout à l'heure, sur la porte, c'était bien du grec ? demanda Lucius. Ce serait logique qu'ici, il y en ait. Ceux qui ont construit la porte connaissant cette grotte ...

- Oui, mais elle est beaucoup plus ancienne que tout le reste. Peut-être aussi vieille que le volcan lui-même ! Et protégée de ses colères par la magie ... Je n'ai jamais vu un tel lieu ...

- Qu'est-ce que c'est exactement ?

- Excellente question ...une sorte de sanctuaire dédié aux Atlantes sans doute ... pour qu'ils ne tombent pas dans l'oubli ...

Tisiphone reprit l'exploration de la grotte. Elle retourna aux statues. Toutes étaient disposées de chaque côté de la cascade, contre les parois de lave. Les dix visages regardaient l'eau, comme pour en garder l'accès ou la protéger. Les sorciers représentés, qu'ils soient hommes ou femmes, étaient tous vêtus de la même manière : une longue toge dont les lourds plis retombaient avec grâce.

Tisiphone tira de sa robe un appareil photo et commença à tout mitrailler. Puis, quand ce fut fait, il disparut. A sa place, elle sortit une étrange plume. Longue et assez fine, elle ressemblait à s'y méprendre à une Plume à Papote. La première différence était la couleur : au lieu du vert criard, la plume était d'un bleu clair qui, parfois, semblait prendre des teintes argentées. L'autre caractéristique qui la faisait se démarquer était la présence de deux petites chaînes, au bout de la plume. Les fins maillons dorés retenaient deux minuscules yeux cerclés d'or. Ils clignaient légèrement, s'habituant sans doute à la douce pénombre du lieu.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda Lucius intrigué. Une Plume à Papote ?

- Non, plutôt sa cousine, je dirai. En fait, il s'agit d'une Planplume.

- Je n'en jamais entendu parler ...

- C'est normal, ce n'est pas courant ... Enfin si, en archéomagie ça sert assez souvent ! Cette plume permet de faire des plans de fouilles : on la laisse dans le lieu souhaité, elle s'y déplace et ensuite revient au parchemin et y trace un schéma précis de l'endroit. Elle ne manque aucun détail. C'est beaucoup plus précis et rapide que si nous le faisions nous-même.

Tisiphone sortit sa baguette et tapota sur la Planplume.Elle tressauta et fila dans la grotte.

- Le seul souci, ajouta alors la sorcière, c'est qu'elles ne peuvent servir qu'une fois ... Personne n'a réussi à l'utiliser une seconde fois, immanquablement, elle redessine le même lieu.

Le petit Niffleur s'était, un court instant, désintéressé des métaux précieux. Il se mit à suivre la Planplume et à sautiller pour l'attraper. Finalement, voyant qu'il n'y parviendrait pas, il retourna à ses fouilles. Il faisait le tour de la vasque en reniflant, il couinait avec force. Ses puissantes griffes se mirent à attaquer le sol. Avec beaucoup de difficulté, il réussit à entamer la lave durcie. Lucius s'était approché de l'animal et le regardait avec un certain amusement. Voyant qu'il avait pu faire vole en éclat une partie de la couche de roche, les cris du Niffleur reprirent de plus belle, les coups de griffes se firent plus violents, ses poils s'étaient hérissés.

Sous les pattes de l'animal, le sorcier aperçut soudain un vif éclat semblable à du feu. Il appela Tisiphone.

- Je crois que ta bestiole a trouvé quelque chose !

Le temps que la sorcière arrive, le Niffleur avait déterré une bonne partie de l'objet.

Tisiphone eut toutes les peines du monde à récupérer l'objet de la gueule du Niffleur. L'animal ne voulait pas lâcher. Finalement, elle réussit à se saisir de l'objet. C'était une sorte de long cyclindre, de la même taille et de la même largeur d'un avant-bras. Il paraissait assez lourd. Aucun symbole, aucune inscription ne se laissait voir, juste le métal lisse et brillant comme une chaude flamme.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda Lucius intrigué.

- Je l'ignore encore, marmonna la sorcière. Tout ce que je peux dire c'est qu'il est en orichalque.

A tout hasard, elle le secoua. Quelque chose fit du bruit à l'intérieur.

Malgré la curiosité qui la tenait, elle le reposa à sa place.

- Tu ne vas pas essayer de l'ouvrir ?

- Pas maintenant, rétorqua la sorcière. Je préfère laisser la Planplume faire son travail.

La plume continuait son trajet dans la caverne. Elle avait pratiquement terminé son relevé. Tisiphone avait fait apparaître un parchemin. La Planplume s'y dirigea en zigzaguant. Puis elle se mit à tracer fébrilement le schéma de la grotte. Lorsque ce fut fini, le parchemin s'enroula tout seul et tomba à terre, la Planplume se laissa lentement glisser comme une feuille morte à ses côtés.

L'exploration de la caverne dura de longues heures. Le Niffleur découvrit encore quelques cylindres identiques aux premiers. Il déterra également quelques vieilles pièces et vieux bijoux en orichalque et en or. Tisiphone n'avait jamais vu pareils objets et décors. Elle reconnut quelques influences grecques et crétoises, mais rien de plus.

Le moment de partir arriva. La sorcière, aidée de Lucius, récupéra toutes les trouvailles qu'ils avaient pu faire. Un sort de réduction les fit tous entrer dans un sac en toile qu'elle porta à son épaule.

Une dernière fois, elle se tourna vers la cascade. L'eau était toujours aussi limpide qu'au début. Si elle avait été seule, peut-être aurait-elle cru à un mirage, mais Lucius l'avait lui aussi vue. Il interrompit soudain sa rêverie.

- Est-ce un endroit sûr ? D'autres que nous risquent de le découvrir ?

- Je ne pense pas, pourquoi ?

- Pour cela ! répondit-il.

Il fait alors apparaître la Boîte de Pandore qu'il avait prise avec lui.

- Qu'est-ce que tu fais avec ? s'étonna Tisiphone, un peu en colère.

- Je suis les Ordres ! Le Seigneur des Ténèbres a demandé à ce qu'elle soit mise dans un endroit sûr, une fois tes recherches terminées ... et il me semble que c'est le cas.

- J'ai effectivement fini avec cette Boîte ... marmonna la sorcière.

- Que penses-tu de cette idée ?

- Ouais ...

Elle lui jeta un regard noir, lui signifant qu'il n'avait qu'à faire ce qu'il voulait avec cette fichue Boîte.

Lucius n'avait pas vu ou pas voulu voir l'énervement de Tisiphone. Il observa un long moment la grotte avant de se décider. Il sortit sa baguette et la pointa sur la boîte. Tisiphone n'entendit pas la formule ; elle se tenait dans un coin, boudeuse et serrait dans ses bras le petit Niffleur. L'animal fermait les yeux à moitié et, s'il avait été un chat, aurait ronronné sous les caresses de la sorcière.

Lucius s'avança vers le bassin. Il immergea la Boîte de Pandore juste sous la cascade. L'eau se referma alors sur la Boîte et la magie du lieu opérant sans doute, elle disparut aux yeux du sorcier. Satisfait, il fit demi-tour. Il s'arrêta soudain en voyant Tisiphone courir vers la cascade. Il se retourna alors qu'elle le doublait.

L'eau s'était de nouveau troublée, à la différence de la première fois, une lueur émanait de la cascade. Le même paysage apparut.

- Tu avais déjà la Boîte sur toi, lorsque tu as touché l'eau tout à l'heure ?

- Oui.

- Je crois que j'ai compris comment cela marche ! s'exclama la sorcière radieuse.

- Et comment cela marche-t-il ?

Il faut que le sorcier qui touche l'eau ait quelque chose en rapport avec l'Atlantide sur lui ! Tu avais la Boîte avec toi ! C'est pour cela que cela s'est activé !

Tisiphone passa sa main à travers le rideau liquide. Le phénomène s'arrêta. L'eau reprit sa pureté cristalline. La sorcière récupéra alors un des cylindres en orichalque. Elle effleura l'eau. L'Atlantide réapparut aussitôt. Un vent doux semblait agiter les palmes des quelques palmies que Tisiphone pouvait apercevoir. Le ciel prenait doucement des teintes rosées et orangées : le soir n'allait pas tarder à tomber. Saisie d'une impulsion soudaine, Tisiphone, tenant toujours le cyclindre, passa sa main de nouveau à travers la chute d'eau. Elle poussa alors un petit cri. Sa main n'était plus dans la grotte, mais bel et bien en Atlantide. Elle s'amusait à passer et repasser sa main. L'eau était glacée et le petit Niffleur reçut quelques gouttes sur sa tête, il s'ébroua et râla par quelques grognements.

- C'est un passage ! Un passage vers l'Atlantide !

- Allons y ! proposa Lucius.

- Non ! Pas ce soir ! Demain, nous reviendrons.

- Pourquoi ?

- Regarde, la nuit tombe ! Je préfère y aller en plein jour ! Et puis, j'ai besoin d'autres Planplumes et du matériel ... Sait-on jamais ...

- Très bien.

Ils refirent le trajet en silence. Tisiphone trop occupée à songer à l'expédition du lendemain. Elle préparait mentalement ce qui lui faudrait emporter. Lucius lui pensait au rapport qu'il allait Lui faire. Qu'en découlerait-il, il l'ignorait. Tisiphone était bien trop exhaltée par les fouilles pour ressentir toute l'immensité des tensions autour de ses travaux ...

La nuit était tombée lorsqu'ils ressortirent du souterrain.

Comme à son habitude, Mana avait allumé de nombreuses bougies dans et autour de la maison qui devenait un vrai phare au milieu des ténèbres pour accueillir les voyageurs. Le Niffleur sauta brusquement des bras de Tisiphone lorsqu'il reconnut le jardin de la sorcière. Il courut à toute vitesse vers Mana qui les attendaient. Le petit animal se mit à sauter autour de l'elfe en poussant de petits cris. A peine adopté, il avait parfaitement compris à qui s'adresser lorsque le ventre criait famine.

Mana claqua des doigts et la table se couvrit de mets. Un autre claquement et le repas du Niffleur apparut également.Il couina de plaisir vers l'elfe avant de se ruer sur la nourriture.

- Mana a bien fait de préparer double ration pour Ratatouille ! s'exclama-t-elle.

- Ratatouille, l'interrompit Tisiphone. Est-ce ainsi que tu l'as appelé ?

- Oui, répondit Mana en baissant la tête. Mana trouvait que cela lui allait bien !

Va pour Ratatouille alors !

Les sorciers allèrent prendre place sur les chaises. La brise du soir s'était doucement levée et apportait avec elle les effluves de la terre réchauffée par le soleil pendant la journée. Le repas fut pris rapidement, dans le silence, Lucius et Tisiphone étant trop exténués pour parler.

- Tu as l'air songeur, lança soudain la sorcière.

Lucius ne réagit pas immédiatement.

- Lucius !

Il tourna enfin la tête vers elle, sortant de ses pensées.

- Tout va bien ? Demanda Tisiphone.

- Oui, oui, répondit-il trop rapidement.

- Tu avais l'air ailleurs, lui fit-elle remarquer.

- Ca va, ne t'en fais pas ...

Voyant qu'il n'en dirait pas plus, elle n'insista. Le repas se termina comme il avait commencé : en silence.

Tisiphone résista à l'envie de travailler sur les étranges cyclindres qu'elle avait ramenés.

Elle se leva et fit quelques pas dans le jardin. Ses pieds nus ne faisaient aucun bruit sur le gravier. Lucius, lui, n'avait toujours pas bougé. Il regardait en silence la silhouette presque fantômatique de la sorcière qui se détachait de l'obscurité nocturne. Il soupira. Une grosse ride soucieuse barrait son front, son regard se rembrunit. Il sortit sa baguette et fit alors apparaître deux jus de citrouille glacés. Il soupira une nouvelle fois, regarda autour de lui pour être sûr que personne ne le voyait puis agita de nouveau sa baguette. Une petite fiole apparut. Il l'ouvrit et déposa une seule et unique goutte du liquide contenu dans la fiole dans un des deux verres. La fiole disparut aussitôt. Il mélangea avec force le jus de citrouille.

- Puisses-tu ne pas t'être trompé dans tes proportions, Severus, marmonna-t-il, les yeux luisants.

Il se leva et prit les deux verres. Toujours en silence, il partit rejoindre Tisiphone. La sorcière s'était arrêtée près d'un gros olivier au tronc noueux. Elle s'était assise à ses pieds, les genoux repliés sous elle. Elle regardait la mer qui, paisible, s'endormait sous les étoiles.

- Jus de citrouille, proposa Lucius.

Elle leva les yeux vers lui en souriant. Elle tendit la main et il lui offrit un verre.

Merci, répondit Tisiphone.

Elle porta lentement le verre à ses lèvres, ne lâchant pas un seul instant Lucius du regard. Le sorcier s'en voulait d'agir ainsi, mais c'était la seule manière. Il aurait eu beau lui expliquer, elle n'aurait pas compris. Ses yeux gris ne la quittèrent pas un seul instant. Il espérait que l'amertume de la potion soit masquée par le breuvage glacé. Tisiphone ne remarqua rien. Elle but son verre jusqu'à la dernière goutte.

- Tu ne bois pas le tien ? Demanda-t-elle.

- Si, si.

Il l'avala d'un trait. C'est du firewhisky qu'il aurait dû se servir, pas du jus de citrouille...

Tisiphone voulut alors se relever, mais elle fit prise soudain de faiblesse, ses jambes se dérobèrent sous elle. Lucius la rattrapa et la prit dans ses bras.

- Que ... se ...

Sa tête retomba contre la poitrine du sorcier, ses yeux clos, elle dormait déjà.

- Je suis désolé, murmura Lucius.

Il porta la sorcière endormie jusque dans la chambre. Il l'allongea avec douceur sur le grand lit aux draps de lin blancs. Il s'assit un court instant et passa sa main dans les cheveux noirs comme la nuit. Il se pencha vers elle et l'embrassa, mais contrairement aux contes moldus, Tisiphone ne se réveilla pas. Il quitta la chambre sans se retourner.

Avant de quitter la demeure grecque de la sorcière, il prit en passant un petit coquillage qui trônait sur une étagère. Même s'il n'en aurait peut-être pas besoin ce soir, ce dont il doutait, l'objet aurait une utilité dans peu de jours ...

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La nuit aussi était tombée en Angleterre, mais une nuit froide et brumeuse. Les bancs de brouillards envahissaient la lande et la rendait encore plus inhospitalière. Le manoir prenait des allures étranges entre les bras blancs et brumeux. Le lierre magique laissa une nouvelle fois passer le sorcier.

Voldemort attendait Lucius dans la bibliothèque comme à son habitude. Cette fois, Il ne l'invita pas à s'asseoir.

Lucius en vint rapidement au vif du sujet. Il expliqua les dernières trouvailles de Tisiphone. Lorsqu'il eut fini, le silence plana longtemps dans la pièce. Lord Voldemort semblait pensif. Le regard fermé, Il refléchissait. Finalement, Il prit la parole.

- Cette cascade montre l'Atlantide, dis-tu ?

- Oui, Maître.

- Et elle serait une sorte de passage ? N'est-ce pas ?

- C'est exactement cela. Lorsqu'on passe sa main, rien ne se passe, mais si on porte sur soi un objet Atlante, on peut traverser le rideau d'eau et se retrouver en Atlantide ...

Le Seigneur des Ténèbres l'interrompit d'un geste de la main. Ses prunelles brillèrent d'un éclat intense et féroce.

- Voilà une découverte des plus intéressantes, murmura le Mage Noir. Une petite visite s'impose.

Lucius ne s'était pas trompé. En un sens, il fut soulagé de savoir Tisiphone profondément endormie. Le Seigneur des Ténèbres fit alors signe à Lucius de s'approcher. Le sorcier s'éxécuta en silence.

- Ta manche, ordonna-t-Il d'un ton sec.

Lucius remonta la manche et découvrit la Marque Noire sur son avant-bras. Lord Voldemort avait sorti sa baguette et de sa pointe toucha la tête de mort. Il murmura quelques mots. Lucius grimaça sous la brûlure.

Ils n'eurent que quelques minutes à attendre. Des pas se firent entendre dans les escaliers et une petite poignée de Mangemorts les rejoignirent. Lucius fit une nouvelle grimace en reconnaissant certaines figures désagréablement familières et d'autres qu'il fut étonné de trouver en un tel lieu.

Les Mangemorts vinrent se placer aux côtés de Lucius et saluèrent leur Maître. Sebastian lança un regard noir à son cousin, mécontent de le trouver ici.

- Je viens d'apprendre des nouvelles très ... intéressantes ... et qui méritent que nous nous y attardions dans les plus brefs délais ... C'est pourquoi ce soir, nous allons faire un petit voyage, qui, je l'espère, sera des plus intéressants ...

- Où allons-nous, Maître ? s'empressa de demander Sebastian.

Le rire glacé de Voldemort s'éleva dans la pièce.

- Tu es bien pressé de le savoir ... Je te laisserai le soin d'apprécier toute ... la surprise ... de cette Odyssée ...

Puis Il se tourna vers les deux nouvelles recrues.

- Quant à vous, ce sera l'occasion de voir ce que vous valez ...

- Bien, Maître, répondirent en choeur les deux soeurs.

Il s'adressa ensuite à Lucius.

- As-tu tout ce qu'il faut ?

- Oui, Maître, je passerai prendre quelques « affaires » pour qu'on puisse franchir la cascade ...

- Parfait, alors !

Lucius tendit à son maître le coquillage qui servirait de portoloin. Lui n'en avait pas besoin, il se transplana directement.

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La nuit était toujours aussi douce et belle en Grèce, même si quelques sombres nuages s'amoncelaient sur l'horizon. Les silhouettes toutes de noires vêtues se détachaient à peine sur le promontoire.

- Une grande partie de l'île est protégée, expliqua alors Lucius. C'est le seul endroit où nous pouvons nous transplaner.

- Et c'est loin là où nous devons aller ? grogna Sebastian.

Non ! Il suffit de suivre le sentier ... Les ruines sont sur la falaise de l'autre côté de la baie.

Lucius montra du doigt la masse sombre de la falaise qui se détachait légèrement de la nuit obscure. Les flots de la mer était aussi noire que les cieux. Les cigales lançaient leur entêtante ritournelle, cachées sur leurs troncs d'oliviers.

Les Mangemorts marchaient en silence, en file indienne. Lucius ouvrait la marche. La lueur des étoiles n'étaient pas suffisante pour éclairer leur pas. Les baguettes répandaient leur douce lumière. Lorsqu'ils passèrent à proximité de la demeure endormie, Lucius les laissa quelques instants pour récupérer quelques vieilleries en orichalque qui leur permettrait de pénètrer en Atlantide. Il en profita pour jeter un coup d'oeil dans la chambre, la sorcière y dormait toujours paisiblement.

Il ne tarda pas à les rattraper. Un court moment, il se demanda pourquoi Il avait tenu à venir en personne et surtout le but de cette expédition, si, comme il le pensait, ils n'entreraient que dans un souvenir ...

Ils finirent par atteindre leur destination. Les ruines semblaient encore plus désolées dans les ténèbres nocturnes. Le grillage fut franchi sans aucune difficulté. Les protections lancées par Tisiphone disparurent en un clin d'oeil : Lucius, les connaissant, ne rencontra aucun problème pour les faire s'évanouir.

Les Mangemorts et leur Maître pénètrent dans le souterrain.

- Il est éboulé par endroits, lança alors Lucius.

- Ce n'est pas un problème !

Effectivement, ce n'en fut pas un pour le Seigneur des Ténèbres. Ils purent passer sans être embêtés par les éboulis et le plafond effondré. La marche reprit silencieusement.

Après avoir longé le haut du précipice, ils entrèrent enfin dans la grotte blanche. Voldemort fut le premier à fouler le sol de lave blanche. Il jeta un coup d'oeil rapide à l'endroit, visiblement impressionné par la magie qui émanait de ce lieu. Du regard, il interrogea Lucius sur la cascade, attendant d'en découvrir le secret. Le sorcier blond avait emprunté les bijoux atlantes qu'ils avaient trouvés ici même. L'orichalque luisait comme les plus chaudes flammes de l'enfer.

La cascade abandonna son flot pur pour montrer de nouveau le paysage atlante.

Un à un, les Mangemorts et leur Maître franchirent le rideau liquide.

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L'air était plus chaud en Atlantide. Narcissa et Bellatrix abandonnèrent leurs lourdes capes près de la cascade qu'ils venaient de franchir.

Contrairement à celle de la grotte blanche, cette dernière alimentait un petit bassin naturel recouvert de nénuphars et de lentilles d'eau. Des saules pleureurs et des palmiers se balançaient lentement au gré du vent chaud qui soufflait sur cette terre. Le concert des grenouilles fut interrompu par l'arrivée des intrus. Les batraciens, chassés de leurs feuilles, plongèrent sans bruit dans l'eau glacée de la mare. Tout autour de la nappe cristalline, des iris en fleurs et des roseaux masquaient par endroit la rive. L'eau était peu profonde et au grand étonnement des sorciers, ils ne furent pas mouillés après cette étrange arrivée.

La cascade se trouvait dans un petit bois qui mêlaient différentes essences qui, habituellement, ne poussaient pas sous les mêmes lattitudes. Des pins parasoles côtoyaient des chênes et des oliviers, tandis que les cyprès se tenaient droits comme les nouveaux balais à côté des sapins nordiques.

Dans les frondaisons, l'arrivée de nouveaux-venus provoqua un vif remue-ménage. De nombreuses petites têtes aux poils mordorés se bousculaient pour voir qui étaient ces étranges créatures à deux pattes qui sortaient de nulle part. Les petits écureuils retournèrent rapidement à leurs abris : rien de bien intéressant dans tout ça ... Seule une petite femelle resta sur sa branche, son pelage soyeux luisait doucement à la lueur des étoiles. Elle possédait deux petites taches noires au niveau des yeux qui en soulignait l'éclat vert. Elle poussa un bref petit cri et finalement s'en retourna dans son trou au creux des branches centenaires. Elle ferma ses yeux et s'endormit ... Peut-être rêva-t-elle à un écureuil mordoré un peu taquin et amateur de noisettes ...

Il n'y avait aucun sentier, juste un doux tapis d'herbe et de mousse qui étouffait les pas des sorciers. La forêt surplombait la baie et la cité. Les eaux tranquilles de la mer étaient désertes, toutes les voiles étaient rentrées au port et la cité semblait dormir paisiblement, seuls quelques feux mouvants sur les remparts témoignaient du passage de la garde.

Etaient-ils dans un souvenir ou vraiment sur la légendaire île de l'Atlantide, Lucius était incapable de le dire : certes, leur passage sous la cascade s'était fait sans éclaboussures ... mais les grenouilles avaient été effrayées par eux ... Il le saurait bien assez tôt.

Lentement et toujours en silence, ils descendirent vers la cité sous la conduite de leur Maître.

En sortant des bois, ils arrivèrent sur une route pavée de marbre qui filait droit vers la ville.
Rapidement, ils atteignirent les premiers faubourgs, qui, même s'ils étaient moins riches que le coeur de la cité, étaient déjà somptueux : les demeures étaient grandes et toutes possédaient leur propre jardin rempli d'arbres fruitiers et de fleurs qui embaumaient l'air nocturne.

Plus ils se rapprochaient du centre, plus les rues étaient animées : malgré l'heure tardive, les Atlantes vaquaient à diverses occupations. Quelques tavernes étaient encore ouvertes et des sorciers y buvaient l'alcool local.

Personne ne fit attention au groupe vêtu de noir qui marchait rapidement. Lucius en conclut que personne ne pouvait les voir.

Ils étaient à présent arrivés dans le quartier des notables de la ville. Les grandes demeures s'ouvraient toutes sur d'immenses parcs. Les hauts murs empêchaient de voir l'intérieur et les portes est gardées par des hommes en armes.

Les rues s'entremêlaient aux canaux, l'eau à la pierre.

Bien qu'il ne soit jamais venu auparavant et qu'il ne connaisse l'Atlantide que par le récit de Tisiphone, Voldemort savait exactement où mener ses Mangemorts. Le Palais et le Temple se dressèrent soudain devant leurs yeux. Il ne leur restait plus qu'une muraille à franchir et quelques canaux.

Le pont sur lequel il était magnifiquement ouvragé : les piliers soutenant la rambarde représentaient de gracieux dauphins. La rambarde en elle-même ressemblait aux branches tordues des coraux.

Le palais était maintenant devant eux. Des soldats plus nombreux montaient la garde, dans une main, ils serraient leur baguette et dans l'autre une lourde lance.

Même s'ils ne pouvaient les voir, les soldats durent sentir une présence. Ils pointaient à présent leur baguette devant eux, juste sur les Mangemorts.

- Qui ose s'approcher du palais ? lança un homme plus lourdement armé.

La seule réponse qu'il obtint fut un éclair vert le frappant de plein fouet. Un vent de panique souffla dans les rangs : un éclair venu de nulle part venait de mettre à terre le Chef des Gardes. Les autres soldats n'eurent pas le temps de répliquer ni même de donner l'alerte, ils rejoignirent rapidement le cadavre au sol.

- Quels sont les ordres, Maître ? demanda alors Bellatrix, le regard brillant et avide.

- Il semblerait que les habitants de ce palais possèdent quelque chose dont j'ai besoin ...

Il sortit de sa robe le pectoral de Nathaniaël.

- Pourquoi ne sommes-nous pas plus nombreux ? lança soudain Sebastian. Nous pourrions les écraser sans problème ... et récupérer ainsi ce que vous souhaitez, Maître.

- Mon but n'est pas de les écraser, ils ont déjà disparu ... depuis des millénaires ... Juste de récupérer ces pectoraux ...

- Sommes-nous alors dans un souvenir ? se risqua Lucius. Comment nos sorts peuvent-ils les atteindre ? Comment ont-ils deviné que nous nous trouvions là ?

- Voilà une question pertinente, mon cher Lucius !

Voldemort éclata de rire avant de reprendre ses explications.

- Il existe un vieux sort, ignoré de la plupart des sorciers, qui permet, pendant quelques heures seulement, d'agir à l'intérieur d'un souvenir. Nous restons toujours invisibles, mais notre présence, parfois, se fait sentir. Ce sort, certes puissant, ne peut concerner que cinq sorciers ... Ce qui peut également répondre à ta question, Sebastian.

La voix de Voldemort n'était plus qu'un souffle glacé et le regard noir qu'il lança au cousin de Lucius le fit frissonner. Décidement, il avait dû grandement décevoir le Seigneur des Ténèbres ...

- De combien de temps disposons-nous ?

- Un peu moins de deux heures ... Il est évident que j'attends de vous une réussite totale à cette mission !

Le ton était sans appel.

Les Mangemorts se séparèrent. Le palais était vaste à fouiller, le temple voisin aussi. Sebastian s'y dirigea rapidement, suivi par Bellatrix.

Lucius, lui, s'était engagé dans le dédale de couloirs du palais. Il ne savait pas trop où chercher et l'aide de Tisiphone aurait été la bienvenue. Mais la sorcière n'était pas là, il devait faire avec. Les premières salles qu'il explora étaient désertes : salons, salles de réceptions, bureaux et bibliothèques aux innombrables rouleaux que Tisiphone aurait été ravie de parcourir.

Il arriva à une coursive qui longeait le merveilleux jardin dont la sorcière lui avait parlé. Il poursuivit sa route sans un regard pour les coraux géants qui faisaient office d'arbres ou les fleurs endormies sous les étoiles.

Il parvint enfin aux ailes réservés aux appartements. Il entendit alors un bruit de pas derrière lui. Il se retourna la baguette pointée devant lui.

- Qu'est-ce que tu fiches ici ? grogna-t-il en reconnaissant Narcissa.

- Je suis les Ordres ... répliqua-t-elle sèchement.

Il eut une petite moue dédaigneuse.

- Et depuis quand as-tu rejoint les rangs du Seigneur des Ténèbres ?

- Qu'est-ce que cela peut bien te faire !

Il eut un petit rire dédaigneux.

- Tu crois peut-être que je n'en suis pas capable ?

- Je crois surtout que ta place n'est pas ici, avec nous ... Retourne donc à tes robes et à tes réceptions !

Il lui tourna le dos et continua sa quête. Narcissa serra ses poings et fulminait en silence. Ses yeux ne quittèrent pas le dos de Lucius.

- Un jour, tu seras à moi, mon cher Lucius et nous verrons bien si tu continues à te comporter ainsi ...

Le sorcier avait repris sa course dans les couloirs et les appartements. Tant de pièces à fouiller et si peu de temps ... C'était comme chercher une puce d'écaille sur le dos d'un dragon !

L'avantage d'être dans ce souvenir si étrange de l'Atlantide toute entière était de pouvoir aller partout où on le souhaitait, sans être contraint de suivre le sorcier à qui appartenait ce songe.

Il fouilla de nombreux appartements avant de se rendre compte qu'il ne trouverait rien dans le palais. Une sourde impression le poussa à se rendre du côté du temple, là où les pas avaient porté Sebastian. Pas question que son cousin mette la main sur un pectoral avant lui ! Lucius était dans les bonnes grâces du Maître et il comptait bien y rester. Surtout si cela se faisait au détriment de son cousin.

Il traversa, sans lui prêter aucune attention, le somptueux jardin aquatique du palais.

Il arriva enfin au temple. Il n'eut aucune peine à suivre les traces de son cousin, tel un Petit Poucet maléfique, Sebastian avait semé dans son sillage la mort et la dévastation.

Lucius le trouva dans une petite salle sans fenêtre aux murs nus. Face à lui, à genoux, un vieillard en toge était mal en point : du sang coulait de sa bouche et de son nez. Mais ce qui attira immédiatement le regard de Lucius fut le pectoral qu'il portait autour du cou. Sentant une présence derrière lui ou suivant simplement le regard du vieillard, Sebastian se retourna aussi vif qu'un nundu.

- Qu'est-ce que tu fais ici ? grogna-t-il, exaspéré de voir son cousin une nouvelle fois.

Lucius éclata simplement de rire.

Les yeux du vieillard s'écarquillèrent d'étonnement et de stupeur. Quel était ce maléfice : il ne voyait personne, pourtant les sorts qu'il avait reçus étaient bien réels, tout comme les voix qu'il entendait à présent.

Le sorcier blond se décida enfin à parler.

- Ce que je fais ici ? La même chose que toi, cracha-t-il plein de dédain et de mépris.

Avant même que Sebastian ait pu tenté quelque chose, Lucius avait déjà sorti sa baguette et le stupéfix jeta son cousin à terre.

- Désolé, ironisa Lucius, j'y suis allé un peu fort !

- Espèce de sale petit ...

- Silencio !

Aucun son ne sortit de la bouche de Sebastian, mais ses yeux noirs étaient suffisamment éloquants ...

Lucius tourna le dos à Sebastian devenu inoffensif et reporta toute son attention sur le vieillard. L'éclair vert le frappa et il glissa lentement à terre sans comprendre ce qui lui arrivait. Lucius se baissa près du cadavre et arracha le pectoral ...

Sans un regard pour son cousin, il quitta la pièce. Juste au moment de sortir, il s'arrêta brusquement et se retourna.

- Bien entendu cher cousin, si tu arrives à sortir d'ici, je compte sur ta discrétion ...

Puis, il lui fit un signe moqueur de la main avant de le laisser là.

Lucius refit le trajet en sens inverse. Il ne savait pas comment Sebastian se sortirait de ce mauvais et il n'en avait que faire ...

Il retraversa le jardin aquatique et retourna à l'intérieur du palais. Les couloirs étaient toujours aussi déserts et silencieux. Il passa dans des endroits qu'il n'avait pas visités auparavant, il explora donc avec soin les salles.

Une porte ouverte retint son attention. Sans bruit, il se faufila à l'intérieur. C'était une immense bibliothèque, plus grande et plus fournie que celles qu'il avait pu croiser à l'aller. Une vaste ouverture – ou plutôt l'absence d'un mur entier - permettait aux lecteurs de contempler la baie et la cité, tout en cherchant les livres. Contrairement aux autres pièces du palais, cette dernière n'était pas inoccupée.

Lucius sursauta en reconnaissant la noire silhouette de son Maître. Il rangea sa baguette et s'approcha, invité par un geste du Seigneur des Ténèbres.

- Alors Lucius ? demanda-t-Il.

Le sorcier s'agenouilla avant de répondre.

- Un pectoral, Maître, répondit-il en se levant.

Il sortit le bijou en se relevant et le tendit à son Maître.

- Bon travail, mon cher Lucius.

Voldemort se saisit du pectoral et le fit tourner sous ses yeux.

- Espérons que les autres soient aussi chanceux ...

Lucius se tut ... Il doutait que Sebastian puisse être qualifié de ... chanceux, du moins pour ce soir ... Il se rendit compte alors que le Seigneur des Ténèbres avait consulté quelques papyrus.

- Etrange objet, murmura soudain Voldemort qui regardait toujours le pectoral. Les rouleaux de cette bibliothèque en parlent un peu ...

- Et que disent-il ?

- Ils racontent leur histoire ... L'Atlantide est formée par dix grandes cités, semblables à celle-ci, construites sur le même plan. Chacune est dirigée par un roi que les Atlantes disent descendre d'une divinité. Le pectoral est le symbole de cette fonction. Le roi ne peut règner sans ce bijou. Chaque pectoral est unique. Les inscriptions dessus sont les mêmes, mais pas les dessins. Il semblerait que son propriétaire puisse « contrôler » un « élément » particulier.

- Vraiment ? Et quels sont-ils ?

- Il y a les « éléments » traditionnels : l'eau, l'air, le feu, la terre ; on trouve aussi la magie, le rêve, la mort, le temps, la vie et la lumière...

- Et avez-vous trouvé autre chose d'intéressant, Maître, dans cette bibliothèque ? osa-t-il demander.

- Les Atlantes étaient des sorciers vraiment fascinants ... et très en avance sur leur époque ...

Voldemort était à présent sur la terrasse qui surplombait une bonne partie de l'île.

- Ces rouleaux sont de vraies mines d'or ... pour qui sait lire entre les lignes. Cette petite incusrion dans le passé est très instructive. Ils ont inventé certains sorts qui dépassent l'entendement ... Même s'ils ont été perdu pendant des millénaires l'erreur est à présent réparée.

Il éclata alors de rire.

- Bien entendu, il faudra que je prenne mes précautions, il serait fâcheux que cela tombe entre d'autres mains ...

- Vous songez à Dumbledore et son armée ?

- Son armée ? Allons, Lucius, tu es trop généreux avec ce vieux fou ... C'est juste une bande de vieux sorciers fatigués ... Mais il est vrai que s'ils venaient à trouver ce genre d'écrits ...

Le Seigneur des Ténèbres s'interrompit.

- Il serait dommage de s'égarer comme l'a pu faire cette civilisation ... Tant de pouvoirs pour finalement ne plus être qu'une vieille légende ... Quel gâchis ...

- Que leur est-il arrivé ? Un cataclysme a englouti l'île, n'est-ce pas ?

- Les versions divergent, mais une chose est sûre ...

- Laquelle ?

- Ils se sont trop reposés sur leurs Forces ... et leur magie ... Ils étaient trop sûrs d'eux et de leur toute puissance. C'est ce qui les a perdus ... C'est une chose à ne jamais oublier, Lucius ... Ne jamais se reposer sur ses acquis et ses pouvoirs ... C'est ce qui a mis fin à la magie des Atlantes, c'est ce qui a provoqué la chute de Grindelwald ...

Il se tut un long moment. Le vent souffla plus fort et s'engouffra avec violence dans la bibliothèque.

Voldemort rassembla alors les rouleaux et les fit soudain disparaître.

- Il est temps de repartir. Le sortilège n'aura bientôt plus d'effets et si nous voulons sortir d'ici avec nos trouvailles, il nous faut nous hâter...

Lucius et le Seigneur des Ténèbres sortirent donc de la bibliothèque.

Au moment de partir, Voldemort sortit sa baguette. Quelques papyrus s'enflammèrent soudain. Le souffle du vent poussa les flammes vers d'autres rouleaux qui prirent feu à leur tour. Bientôt, la bibliothèque ne fut plus qu'un immense brasier.

- Ne prenons aucun risque ... Qui sait ce que renfermaient tous ces écrits ...

Lucius ne répondit rien. Si Tisiphone avait été là, elle aurait hurlé au scandale ... Décidement, il avait bien fait de la laisser hors de toute cette histoire.

Lorsqu'ils franchirent les enceintes de la cité, l'incendie avait progressé dans l'aile du palais. Les soldats essayaient tant bien que mal de le circonscrire.

La forêt était calme, insensible au brouhaha de la ville. Près de la petite mare, ils retrouvèrent Bellatrix et Narcissa. Pour elles aussi, la chasse avait été bonne. La robe tachée de sang de Bellatrix témoignait de son ardeur à la tâche. Satisfaite, elle tendit au Maître le pectoral qu'elle avait récupéré, aussitôt imitée par sa soeur.

- Excellent, murmura Voldemort. Excellent !