Chapitre 2
Visite étonnante et fuite prématurée.
Un déclic résonna dans l'entrée, et le miroir me maintenant jusque-là prisonnière se décolla lentement du mur, mouvement que j'accélérai d'un coup de coude violent. Vicky disparut pour réapparaitre quelques mètres devant moi, les corps désormais cadavres de mes parents nous séparant. Je demandai à l'elfe de m'apporter un drap blanc, ce qu'elle fit rapidement. J'embrassais chacun de fronts de mes parents, murmurant un « adieu », avant de les recouvrir du drap, une énième larme roulant sur ma joue. Je l'essuyai d'un geste rageur, et je me laissais tomber à genou, exténuée, la tête entre les mains. J'entendis les sanglots discrets de Vicky, qui se terrait dans le coin de la pièce. Mes parents venaient de mourir, et c'est seulement à cet instant que le nom de leur assassin traversa mon esprit, son identité se dévoilant alors clairement dans mes pensées. Lucius Malfoy, premier grand rival de mon père depuis Poudlard. Il en voulait à mes parents d'avoir tant réussi leur vie professionnelle et il leur en voulait pour être si heureux, alors qu'il détruisait sa propre famille au profit d'un psychopathe au visage semblable à celui d'un serpent. Lucius Malfoy, le père du dénommé Draco Malfoy, un de mes « projets d'étude » depuis la première année. Sa personne m'intéressait, autant par son dédain à l'égard du monde qui l'entourait que par sa figure d'ange qu'il ternissait avec un froncement de sourcil permanant. Draco Malfoy, le pauvre fils de cet homme qui se voit obligé de suivre ses traces sans rechigner, se forçant ainsi à agir en traître, en monstre, ne pouvant pas profiter de son adolescence déjà polluée par les idées noires que son paternel véhiculait à longueur de temps.
- Maîtresse… Vicky a cru entendre des pas se rapprocher de la maison. Vicky pense que vous devriez retourner vous cacher derrière le miroir. Vicky est désolée de demander ça à Mademoiselle Gilbert, mais Vicky pense que ceci est nécessaire.
La petite voix peu assurée de mon amie me défit de mes pensées, et je parvint sans vraiment savoir comment à me recroqueviller au fond du vide que j'avais quitté quelques minutes, ou était-ce quelques heures auparavant. Vicky me rejoint avant de refermer le miroir délicatement. Ma position me permettais toujours de voir au travers de la glace, ce qui pour une fois ne fut pas pour me déplaire. Une femme balayant la rue derrière-elle d'œillades inquiètes se plaça dans l'encadrement de la porte, dont les morceaux gisaient toujours au sol. Je soupçonnais une présence derrière elle mais je ne parvint pas tout de suite à découvrir de qui il s'agissait. La chevelure blonde de la femme tirait légèrement sur le doré, et ses yeux étaient bleu, ou peut-être gris, mais mon regard encore noyé de larme m'empêchais de détailler son visage à cette distance. La vision de cette femme se posa avec horreur sur le drap qui recouvrait mes défunts parents, et elle le souleva d'un coup de baguette. S'en suivit un cri d'abomination, avant que la femme ne se laisse tomber de la même façon que moi, entre mes deux géniteurs. Le spectacle devant moi ne pu que m'étonner, et il fallu un instant pour fixer mes yeux sur la personne ayant rejoint la femme : Draco Malfoy. Le jeune homme regardait tour à tour la femme, que je devinais comme étant sa mère, et mes parents. Ses yeux hagards et effrayés se détournèrent pour fixer les alentours de ma maison, avant qu'il n'ose faire un pas vers sa mère, posant sa main sur son épaule secouée par les pleurs. J'observais, en silence, sans aucun mouvement. Comment se faisait-il que Mme Malfoy, dont le nom devait être Narcissa, mais je n'en étais pas sûre, se retrouve à pleurer mes aïeuls, accompagnée de son fils totalement terrifié, juste après que son mari est sauvagement mis fin à la vie de ma seule et unique famille ? Après ce qui me parut une éternité, Narcissa releva brusquement la tête, faisant sursauter Draco par la même occasion.
- Leur fille ! furent ses premières paroles.
- Mère ? répondit seulement le fils.
- Ils ont… Ils avaient une fille. Draco… Léanne, elle.
Elle se tut pour scruter l'endroit de ses yeux humides, avant de se relever, de recouvrir les corps de leur drap et de se retourner sur son fils.
- Draco, cherche partout, aide-moi, si tu la trouve, appelle-moi, fit-elle avant de grimper l'escalier menant aux chambres. Je pus ensuite l'entendre se lamenter sur le sort de mes parents, qu'elle appela alors « ses meilleurs amis », et elle insulta l'inconnu qui avait osé les assassiner. Oh si elle avait su !
Draco s'avança, enjamba ma mère avec un « désolé » symbolique que je trouvai très poli, et passa un bref coup d'œil dans la salle à manger, avant de lancer un sort de recherche. Il s'arrêta un instant devant le miroir derrière lequel je me tenais, et je pus examiner son visage de façon précise, chose que je n'avais jamais vraiment fait. Ses yeux d'un gris argenté reflétaient la lumière qui émanait du lustre de l'entrée, sa peau pâle qui paraissait briller… Même avec ce masque de peur qui masquait son visage, on ne pouvait douter de sa beauté. A l'instant où mon regard se faisait bien trop indiscret sur sa personne, il eu un mouvement de surprise et j'aurais juré qu'il m'avais vu. Ce ne fut pas, pourtant. C'était seulement son sort qui revenait à sa baguette, dont l'extrémité se colora de rouge, signifiant que rien ni personne n'avais été trouvé. Il recula, manquant de se prendre le buffet qui meublait l'entrée, et s'adressa à sa mère, d'une voix forte mais chevrotante :
- Mère, il n'y a rien ici. Je vous en prie, rentrons !
- Très bien, répondit l'intéressée en descendant l'escalier, mais il faut faire une note au cas où elle rentrerait. Draco trouve un morceau de parchemin, ou même une simple feuille de papier ; vite.
Sur ces mots, elle fit disparaître les cadavres, d'un simple coup de baguette. J'ouvrais grand les yeux, me demandant où diable pouvait-elle les avoir emmenés, mais je me dit qu'elle se sentait obligée de les cacher à la vue de tout le monde, ma maison étant désormais dépourvue de porte. Il me vint également à l'idée que si elle me pensait absente, elle avait sûrement voulu éviter ma crise cardiaque imminente lors de mon « retour », découvrant mes parents raides morts. Elle avait eu raison. L'adolescent revint quelques minutes après, un crayon et un morceau de papier à la main. Il les tendit à sa mère qui nota un message rapidement, avant de le déposer sur le buffet, elle ordonna à Draco de retirer sa bague ornée d'un écusson représentant le M de Malfoy, qu'il déposa au dessus de la note. Ils s'éclipsèrent par la suite, nous laissant enfin seules, Vicky et moi. Je m'empressais de sortir, cette fois-ci définitivement de ma cachette, puis je lançais un sort de « reparo » sur la porte d'entrée, qui se referma plus neuve que jamais sur ses gonds, d'une force qui me fit faire un bond. Je me saisis d'une main tremblante du morceau de papier, négligemment arraché du carnet de croquis de ma mère soit-dit-en-passant, et le portais à mes yeux encore mouillés, essuyant ces derniers à l'aide de la manche de mon pull. Je parcourais la note du regard un premier temps, avant de la lire réellement :
« Léanne,
Tes parents sont morts. Je sais que cela doit te faire un choc, mais je me suis occupé dignement de leurs corps. Tu trouvera la bague portant le sceau de ma famille jointe à ce message. Elle te permettra de nous contacter en cas de besoin, je ne te précise pas comment, tu le découvriras bien toi-même. Ne sors pas de cette maison avant la rentrée à Poudlard, et essaie de te faire accompagner par d'autres sorciers dignes de confiance, si possible. Toutes mes condoléances, et fais très, très attention à toi.
PS : Je suis ta marraine. C'est tout ce que tu dois savoir.
N. Malfoy »
Sur ce, je me laissais guider par l'elfe de maison sur le canapé, dans lequel je m'endormis aussitôt, la bague des Malfoy serrée contre mon cœur, un bras autour de Vicky que j'avais autorisé venir se blottir contre moi.
Ce fut un rayon de soleil posé juste sur mon visage qui me réveilla le matin suivant. Vicky avait déjà quitté mes bras, sûrement pour me préparer un petit déjeuner, que je n'aurais pu avaler, le souvenir des évènements de la veille me coupant définitivement l'appétit. Je me rendis compte en me redressant que je serrais toujours la bague, qui avait marqué la paume de ma main sous la pression. Je décidai de pendre cette bague à la chaîne vide que je portais autour du cou. Je frottais mes yeux rendus sensibles à la lumière, et j'attachai mes cheveux en un chignon lâche. Avant de me rendre dans la salle à manger, je passais dans l'entrée, désormais éternelle scène de crime, et je me saisis du message de Mme Malfoy, que je glissais dans ma poche de jean après l'avoir soigneusement plié. J'entendis un bruit de vaisselle qui s'entrechoquait, aussi je finis par me rendre à table, les yeux rivés sur l'assiette remplie de pancakes devant moi. Je n'allais certainement pas y toucher, et je me sentais désolée pour l'elfe de maison qui avais pris soin de préparer tout cela pour moi. J'en pris quelques uns que j'emballai dans du papier d'aluminium, auquel je lançai un sort de conservation, et je pris une brique de lait que je rétrécis d'un coup de baguette, avant d'emporter le tout dans ma chambre. Je fourrai mes provisions dans un sac qui trainait là, et j'agrandi ce dernier avec un sort. Je le rempli par la suite avec toutes sortes d'objets qui pourraient m'être utiles comme une tente magique, plusieurs tenues de rechange, mes dossiers qui contenaient les recherches que j'entreprenais sur divers sujet depuis ma première années à Poudlard, et auxquels j'étais particulièrement attachée, une trousse de secours remplie de certaines potions instantanées et de cachets moldus, et la Gazette du Sorcier du jour, que j'avais emportée avec moi avant de monter à l'étage. Je réussis sans savoir comment à faire entrer dans mon sac mes valises pour Poudlard, déjà prêtes depuis quelques temps, et après avoir refermé le sac, je le balançai d'un geste vif sur mon épaule, puis je sortis, non sans avoir jeté un dernier regard à ma chambre, que je ne reverrais pas de si tôt.
- Vicky ! appelai-je alors en atteignant le rez-de-chaussée.
- Je suis là Maîtresse, me répondit la petite créature qui venait d'apparaître devant moi, y'aurait-il quelque chose que Vicky puisse faire pour vous ?
- En effet. Est-ce que tu possède un objet que tu voudrais emporter ? lui demandai-je en retour.
- Vicky vous demande pardon ? s'interrogea-t-elle, surprise.
- Nous partons Vicky. Et je ne compte pas te laisser-là, alors tu m'accompagneras. Je ne sais pas moi, tu n'as pas une couverture ou un oreiller ? continuai-je sur le même ton impatient.
- Vicky aimerait beaucoup emporter la cuiller en argent que vous lui avez offert il y a trois ans de cela Maîtresse.
- Très bien, va la chercher et rejoins moi devant la maison.
Elle s'exécuta en silence, tandis que je fis quelques pas vers l'extérieur, la brise tiède de cette fin d'été me caressant le visage, faisant voltiger les quelques mèches qui dépassaient de mon chignon. Ce n'est qu'à cet instant que je me souvins ne pas avoir quitté les vêtements de la veille, et je me changeais d'un bref coup de baguette, me retrouvant désormais dans une tenue beaucoup plus appropriée : un pull assez fin, un jean noir et des bottines en cuir solides. Je me relançai par-dessus tout cela un sort de nettoyage, n'ayant pas par la même occasion eu le temps de prendre une douche. Vicky se présenta devant moi en un « crac » habituel, et je lui souris tristement. Je n'avais pas tellement envie de partir, autant que mon esprit me criait de le faire.
- Vicky, pourrais tu nous faire transplaner jusqu'au Chaudron Baveur s'il-te-plait ? lui demandais-je d'une voix plus faible que prévue.
- Mais bien sûr Maîtresse, m'assura-t-elle fièrement.
- Et dorénavant appelle-moi Léanne je te pris.
- Mais… Vicky est votre elfe, elle se doit de vous…
- Fais ce que je te demande, continuai-je d'un ton calme, mais ferme.
Ce fut sur ces dernières paroles que nous transplanâmes.
La bar semblait désert, seuls les pas las de Tom, le gérant, se faisaient entendre, et ce fut donc sans crainte que je m'avançais dans l'auberge, une Vicky morte d'inquiétude à mes côtés. J'adressai à l'homme un signe de tête bref, lui montrant ma baguette discrètement pour qu'il sache que j'étais une sorcière, et je me dirigeai ensuite vers la porte de derrière menant au passage. Avant que je puisse atteindre cette dite porte, Tom me retint par le bras et me fixa d'un regard apeuré.
- Excusez-moi chère demoiselle, puis-je savoir votre nom ? me demanda-t-il, à demi suppliant.
- Bien sûr, répondis-je, avant de continuer plus bas, comme me l'indiquait le gérant, je m'appelle Léanne, Léanne Gilbert, monsieur.
- Elève à Poudlard ? m'interrogea-t-il.
- Oui, Gryffondor depuis 6 ans déjà. Y-a-t-il un problème monsieur ?
Il hocha la tête positivement avant de m'attirer dans le local à poubelles, faisant office de passage entre les deux mondes. Ne me lâchant pas le bras, il s'assura que personne ne nous suivait, avant de se placer entre moi et le mur de brique.
- Bien que je ne vois aucun problème à vous laisser passer, je dois savoir la raison exacte de votre passage, pour des raisons de sécurité, fit Tom.
- Vous avez eu la visite de Mangemorts récemment Tom ? répondis-je.
- Votre sens de déduction ne vous trompe pas mademoiselle, Léanne c'est ça ?
- C'est bien ça. Et si vous tenez vraiment à le savoir, et comme je vous qualifie comme étant digne d'une certaine confiance, je vais vous dire la vérité, je fis une petite pause avant de continuer, la voix calme mais trahissant une certaine tristesse, Voyez-vous hier, dans la soirée, un certain… Mr Malfoy a pénétrer ma maison et a assassiné mes parents presque sans aucune raison. Je suis donc actuellement en panique totale et j'essaie de fuir le plus loin possible. J'espère que vous comprenez.
Il me regardait toujours de la même façon, et vint poser ses deux mains sur chacune de mes épaules. Il hocha la tête en soufflant un « bonne chance » compatissant, avant de retourner vers l'auberge, me laissant seule dans le passage. Je place doucement l'extrémité de ma baguette à un point stratégique sur le mur, et les briques se mirent en mouvement. Bientôt le passage fut grand ouvert, et je m'engouffrai dans le Chemin de Traverse, vide de monde. Seuls quelques sorciers cachés sous leur lourd capuchons s'aventuraient entre les boutiques, sûrement pour les quelques achats de dernières minutes avant la rentrée. Vicky, dont j'étais honteuse d'avoir oublié l'existence pour quelques minutes, apparut à ma droite, ce qui me fit sursauter. Je lui souris discrètement avant de reprendre la marche. Alors que nous arrivions devant chez Fleury et Bott, la faim se fait ressentir dans mon estomac, et j'engloutis en quelques minutes la réserve de pancakes fraîchement sortie de mon sac. Je terminai également ma briquette de lait en un temps record, et je repris mon chemin, comme si de rien n'était. Bientôt nous arrivâmes devant la boutique pour le moins colorée des frères Weasley, laquelle devait être remplie de la totalité des élèves de Poudlard, tant les rayons était envahis de monde. Je ne me risquais pas à entrer, n'ayant vraiment pas le cœur pour toutes ces farces et attrapes, bien que je dois avouer qu'elles soient géniales. Plus loin devant moi je l'aperçois, le trio d'or, mené par le « grand et vaillant » Harry Potter. Oh bien sûr, sorti de ma bouche, c'étais tout à fait ironique étant donné que je ne fut pas une grande fan du Sauveur National, bien que je le respectais pour son courage typiquement Gryffondorien. Ils se tenaient tous les trois devant la boutique de Mr. Ollivander, du moins ce qu'il en restait. L'affaire de Mangemorts sans doute. Le pauvre vendeur. Il était le seul à vendre des baguettes de qualité, la mienne provenant, comme pour tout le monde, de son magasin. Tandis que je croisais le regard d'Hermione Granger, la plus censée des trois, lorsque je les dépassais dans l'Allée, je ne vis pas la personne devant moi, que je percutai de plein fouet.
Notes de l'auteur :
Voilà le deuxième chapitre, beaucoup plus long cette fois ! J'ai en fait combiné le chapitre 2 et 3 pour vous donner un peu plus de lecture, et je ferais la même chose pour le 4 et le 5, ce qui fait que les chapitres seront plus longs mais moins nombreux. Sinon j'espère que l'histoire vous plait, et n'hésitez pas à postez vos reviews ! =)
