Chapitre 3
De surprise en surprise.


Le choc me fit perdre l'équilibre, et je tombai sur le sol pavé, ma hanche heurtant violemment la route. J'eu à peine le temps de reprendre mes esprits que deux bras forts me soulevèrent pour me remettre sur mes pieds. Une paire d'yeux gris me fixèrent dans une expression mi-désolée, mi-énervée.

- Faites attention la prochaine fois, me dit sèchement le propriétaire de ce regard envoûtant.
- Très bien. Désolée et, merci, répondis-je simplement.

Les deux bras me lâchèrent, jusqu'à présent bloqués au niveau de mes coudes. Un hochement de tête à peine perceptible de la part de mon interlocuteur, puis il se détourna. La lumière du jour éclaira une demi-seconde son visage caché sous une épaisse capuche de velours, et je reconnus très vite le jeune homme en face de moi : Draco Malfoy. Ce fut la seconde fois en deux jours que je le voyais, ce qui remplit mon esprit de questions. Il lança un « J'arrive mère », en direction d'une femme elle aussi dissimulée, qui ne pouvait être que Narcissa. Je voulus les rattraper, mais je fus vite ralentie dans ma course par ma hanche qui me faisait souffrir. Le temps que je me lance un sort de guérison, la mère et le fils avaient disparu de mon champ de vision. Je soupirais, et sans m'en apercevoir, je m'étais mise à jouer distraitement avec la bague accrochée à mon cou. Vicky m'appela, postée quelques mètres devant moi, m'indiquant une rue sombre du doigt. J'accourus auprès d'elle, et je jetai un regard prudent à la rue en face de moi. Vicky me confia qu'elle avait vu « les deux personnes blondes du dernier soir » s'engouffrer dans cette même rue. Je m'y engageai, un peu sans réfléchir, avant de devoir une nouvelle fois m'arrêter, apercevant le Survivant et ses deux acolytes, qui venait de sortir d'une rue jouxtant à celle où je me trouvais. Il se dirigeaient vers la même cible que moi, la boutique de Barjow et Beurk. Je les suivis aussi discrètement que possible, et alors qu'ils grimpaient sur le toit pour avoir une meilleure vue sur le rival d'Harry, je trouvai une sorte de trappe me permettant d'observer l'intérieur de la boutique sans risquer d'être vue. Et comme pour compléter les horreurs de la veille, le spectacle s'offrant devant moi ne me remplit pas de satisfaction, bien au contraire :

- Bonsoir Barjow, fit la voix douce mais sévère de Narcissa. Vous connaissez la raison de notre visite n'est-ce pas ?
- Bien entendu Madame Malfoy, répondit l'intéressé qui ne semblait pas rassuré. Veuillez me suivre je vous pris.

Il me fallut m'avancer d'une dizaine de centimètres dans le trou où je me terrais pour pouvoir les voir de nouveau.

- C'est tout à fait ce que nous cherchions, confia Draco en levant le regard sur ce qui ressemblait à une armoire triangulaire. Elle est fonctionnelle ?
- Pas encore Mr. Malfoy, mais si vous prenez le temps de la réparer alors je suis certain que…
- Pardon ? Vous insinuez que JE dois faire tout le sale boulot ? Hors de question, vous êtes là pour ça n'est-ce pas ? rétorqua le Serpentard.
- Allons mon chéri, calme toi. Mr Barjow a fait tout ce qu'il a pu. Contente toi de ce que tu as. Ce ne devrait pas t'être très difficile de la remettre en état, si ? objecta sa mère.

Il fit non de la tête, et elle lui embrassa doucement la joue. La main de la femme tremblait légèrement, signe de sa nervosité. Draco demanda à sa mère de l'attendre dehors, ce qu'elle fit sans protester. Il s'adressa au vendeur d'un ton bien moins agressif, presque inquiet :

- Et pour ce que j'avais commandé la semaine dernière ?
- Il est arrivé il y a trois jours, monsieur, lui assura Barjow. Il est d'une grande valeur, estimez-vous heureux que je vous le donne gratuitement.

S'en suivit un petit ricanement méprisant de la part de Draco, avant qu'il ne se saisisse du paquet que lui tendait le commerçant, le coinçant sous sa cape, comme son père le faisait avec sa baguette. Il jeta un dernier coup d'œil à l'armoire, et disparut, sans un mot pour le vieil homme. Lorsque je réussis à sortir à mon tour, car j'eus cru un moment être coincée dans cet espace très étroit, les trois Gryffondors étaient également partis. Je repris la voie du Chemin de Traverse, faisant mine de m'être perdue, pour que personne ne me crois mal intentionnée, bien qu'aucun regard ne se posa sur moi. J'appelai Vicky dans un murmure, et il n'en lui fallut pas plus pour qu'elle apparaisse juste devant moi avec un sourire attendrissant, que je lui rendis. Je lui demandai de marcher près de moi, et je me dirigeai vers Poudlard, direction que j'avais prise inconciemment, mon instinct de survie et mon besoin de sécurité avaient décidé pour moi.

Une fois arrivée, mon elfe de maison toujours à mes côtés, je ne pus que me maudire pour ne pas avoir pensé qu'étant donnée la période de l'année où nous nous trouvions, les grilles d'entrée étaient fermées, et d'ailleurs bien protégées. Je me tournai alors vers Vicky, qui me regarda, inquiète, devinant probablement que ce n'était pas une très bonne idée qui me vint alors à l'esprit.

- Que dirais-tu d'une ballade dans la forêt interdite ? demandai-je simplement.
- Maîtresse… réussit-elle à articuler après un hoquet de surprise.
- On ne peut pas passer par l'entrée principale, alors faisons le tour ! Il nous faut juste transplaner aussi près de Poudlard que possible, et de finir le chemin à pieds. N'ais pas peur, je suis peut-être en fuite, mais je n'en suis pas devenue folle pour autant, je sais bien qu'il y a des risques, mais au point où nous en sommes, autant les affronter. Et je t'avais demandé de m'appeler par mon prénom…
- Vicky n'est pas très rassurée M… Léanne. Peut-être devrions-nous retournez à la maison.
- Hors de question. Et puis, un peu d'aventure ne te fera pas de mal ! Depuis combien de temps n'as-tu pas fait autre chose que les corvées ma petite Vicky ?
- Quatre ans et demi… Mais…
- Alors c'est décidé. Essaie de t'approcher le plus possible de la zone anti-transplanage, le plus près nous serons, le mieux se sera.

Vicky me prit par le bras à contre cœur avant de transplaner, et nous atterrîmes dans une clairière de la forêt interdite, que je reconnu pour y avoir pénétrer deux ans plus tôt. En même temps, qui n'est jamais allé dans la forêt interdite ? Très peu de monde en tout cas ! Il me fallu quelques instants pour trouver la voie à suivre, puis lorsque ce fut fait, j'entraînai Vicky avec moi sur un sentier calme. Il nous faudrait pas plus de trente minutes pour arriver au château, enfin, si nous marchions vite. Mais très rapidement les conditions de marche furent plus difficiles, et le soleil de midi commença à me taper sur le crâne, bien que les arbres alentours nous protégeaient. Je dus m'arrêter plusieurs fois, la première pour retirer mon pull devenu de trop et pour changer de chaussures, me félicitant moi-même pour avoir emporter une paire plus fine, une deuxième fois pour retrouver mon chemin, dont je doutais sans cesse, et une troisième fois pour manger et me reposer un minimum. Au bout d'une heure, ce qui était tout de même le double du temps que j'avais prévu, nous aperçûmes les tours de Poudlard, et un sentiment de sérénité m'embauma un instant le cœur, pensant les blessures de la veille, encore vives dans mes pensées. Bien que je restait consciente que venir à Poudlard avant la rentrée était totalement illégal, je ne pus m'empêcher de me sentir soulagée de voir ce château se dresser devant moi. Je sortis rapidement de la forêt, où des bruits étranges commençaient à se faire entendre, et j'arrivai à la colline sur laquelle la maison d'Hagrid, le garde-chasse, était posée, tranquille et zen, entourée de son petit potager. Un sourire se dessina sur mes lèvres alors que je montais la colline, me baissant au niveau des fenêtres de la cabane pour ne pas me faire voir. Une fois arrivée à la fin de la montée qui menait à Poudlard, je m'arrêtai un moment, simplement pour apprécier la beauté de l'édifice qui me défiait de tout sa hauteur.


Evidemment, lorsque je tentai d'ouvrir la grande porte, celle-ci resta close. Aucun sort ne marchait, et je fus résolue de trouver une autre entrée. Je pourrais passer par l'entrée secrète que j'avais découvert en troisième année, mais ce choix était risqué, étant donné qu'elle se trouvait juste en face des appartements de Rusard, devant lesquelles Miss Teigne restait posée, sans bouger, attendant patiemment que son maître sorte. Je n'aurais définitivement pas pu escalader quelque façade que se soit, Vicky aurait fait une crise cardiaque en me voyant faire ça. Je fis alors le tour du château, et j'entrepris une ballade dans le parc près du lac, tout en réfléchissant à une possible entrée. Mes jambes commençaient à s'engourdir, avec toute la marche que j'avais effectuée en quelques heures, aussi je m'assis sur un rocher qui se trouvait sur mon chemin. Je pris ma tête dans mes mains, et je regardait Vicky qui suivait un papillon à quelques mètres. La créature m'avait confié adorer les papillons, et la voir ainsi me fit sourire. Je poussai ensuite un long soupir, espérant trouver rapidement une entrée pour Poudlard. Quelques secondes après que cette pensée m'ait traversé l'esprit, le rocher sous moi disparu et je poussai un cri aigu, alertant Vicky avant de tomber dans le trou ainsi formé, l'elfe de maison accrochée à mon bras. Je me sentis glisser le long d'une sorte de toboggan, pour ce qui me parut une éternité, puis je percutai le sol d'une violence qui me fit voir des étincelles. Lorsque j'eus repris mes esprits, j'ouvris les yeux et me redressais doucement, testant chacun de mes membres à la recherche d'une blessure. Je n'avais rien cependant, et Vicky non plus, si j'en croyait son petit corps déjà debout devant moi. Une fois sur mes deux jambes, je mis un petit moment à reconnaître l'endroit où je me trouvais : la salle commune des Serpentards, décorée de tentures vertes et argents, de canapés en cuir vert émeraude, de statuettes de serpents éparpillées dans la pièce, et de l'immense tableau de Salazar Serpentard, accroché sur le mur en face de moi. Le plafond était en verre, et laissait entrevoir le lac sous lequel la pièce était plongée. Si j'avais été placée à Serpentard en première année, j'aurais adoré passer mon temps libre dans cet pièce, malgré le manque de chaleur, comme dans celle de Gryffondor. J'étais enfin à Poudlard !

- Vicky, je pense qu'on a pas vraiment eu besoin de chercher une entrée finalement. fis-je, un brin d'amusement dans la voix.
- En effet. Mais… Comment diable avons-nous atterri ici ?
- Je pense que ce passage, par lequel nous sommes venus, bien qu'il soit des plus désagréables, fonctionne en quelques sorte comme la Salle-sur-Demande. C'est-à-dire qu'il faut vraiment être méritant et déterminé pour entrer. Je suis étonnée que les Gryffons y soient autorisés.

Je fis le tour de la pièce, très grande cela dit, avant de m'affaler sur le sofa le plus proche. Vicky paraissait horrifiée, et n'osait pas me rejoindre.

- Vous pensez qu'il faut rester ici ? me demanda-t-elle.
- Je ne vois pas ce qui nous retient ! Je veux dire, Rusard ne vient jamais dans les salles communes, encore moins si elle se trouve dans les cachots qui se trouvent sous le lac !
- Mais… On devrait peut-être retourner chez les Gryffondors, vous ne pensez pas ?
- Peut-être, mais il n'y a pas ceci dans notre salle commune, répondis-je en prenant sur la table basse un livre intéressant devant appartenir à un Serpent, J'aimerais savoir à qui il appartient.

J'ouvris donc l'ouvrage avec délicatesse, et je regardais la première page, où, comme je le pensais, son propriétaire avait marqué une signature. J'eus du mal à déchiffrer cette écriture, un peu trop penchée à mon goût, mais je réussis à lire le nom tout de même. Et pour ne pas continuer dans la lancée des derniers jours, non voyons, ce serait trop facile, ce livre appartenait à Draco Malfoy ! Je ne pus retenir un soupir entre le mécontentement et le pur agacement, et je refermai le livre, qui je fourrai instinctivement dans mon sac, au lieu de le reposer bien gentiment devant moi. J'aurais sûrement l'occasion de le lire une autre fois. Je me levai alors d'un bond, et me dirigeai vers les dortoirs. Vicky, ayant cru un instant que j'allais droit vers la sortie poussa un « Ah ! … Oh…. » qui me fit rire. Je montai les quelques marches menant au premiers dortoirs, comme je reconnus être celui des garçons, et je m'installai sur le premier lit que je vis. Ces lits-là étaient beaucoup moins confortables que ceux de mon propre dortoir, mais ils étaient en revanche beaucoup plus grands. Les mêmes coffres étaient placés au bout des lits, d'une teinte légèrement plus foncée cependant. J'hésitais entre nourrir ma curiosité en ouvrant un à un les coffres, ou contenter mon corps en faisant une sieste. Mon elfe de maison me regarda, perplexe, comme à chaque fois que j'avais une idée, qu'elle redoutait. Je pris la décision la moins judicieuse, celle de fouiller dans les coffres. A vrai dire, je ne savais pas vraiment pourquoi je voulais faire ça, c'était comme une pulsion soudaine, alimentée par ma fatigue, et sûrement aussi par le choc des derniers évènements. Je me levais alors, et ouvris le premier coffre, celui du lit où je me trouvait. Une petite plaquette en bois était gravée des initiales T. N., et après avoir cherchez dans mon esprit, j'en déduis qu'il s'agissait de Théodore Nott. Le coffre ne contenait que quelques vêtements sans grand intérêt, et je passai rapidement au prochain coffre. Celui-là portait un cadenas sur lequel se trouvait une étiquette « Ne touchez à rien ! - Blaise Z. », qui me fit sourire. Etonnement, bien qu'il soit en Serpentard et qu'il soit très ami avec Draco, Blaise ne m'avait jamais paru comme quelqu'un de méchant, et au fond, je l'appréciais un minimum, même si je ne le connaissais pas. Après un « alohomora », le cadenas céda et je pus soulever le lourd couvercle du coffre. L'intérieur était presque entièrement rempli, la plupart de l'espace étant occupé par des livres et des vêtements. Je trouvai aussi un ou deux exemplaires du Chicaneur, que Luna Lovegood distribuait avec bonne humeur. Plusieurs mots échangés entre lui et Draco, datant d'avant les vacances, attirèrent ensuite mon attention :

« Tu fais quoi pendant les vacances toi ?
- Blaise, je veux bien croire que la compagnie de ta mère ne soit pas des plus agréable mais ne compte pas sur moi pour passer mes vacances entières avec toi.
- Mais y'aura Pansy aussi tu sais !
- Raison de plus pour refuser. Et de toute manière, mes parents ont d'autres plans pour moi.
- Je vois… Enfin, non je vois pas mais tans pis.
- Cesse de faire le gamin je t'en pris. Au fait tu as fait mon devoir de DCFM pour demain ?
- Oui môsieur le Prince des Serpentards ! Mais ne compte pas sur moi pour recommencer. Je sais que je suis le plus intelligent de nous deux mais je ne m'appelle pas Hermione Granger !
- Je ne vois pas du tout ce que la Sang-de-Bourbe vient faire là-dedans. Mais… merci. »

« Blaise, pourquoi tu n'est pas venu à l'entraînement de Quidditch cet après-midi ? »

« Zabini, réponds-moi !
- Utilisation du nom de famille, on en est revenu à là alors…
- Très drôle…
- Bon d'accord je vais te le dire. Je suis plus dans l'équipe, voilà.
- Hein ? C'est une blague j'espère !
- Pas du tout, notre très cher Théodore Nott récemment nommé capitaine m'a menacé de ne pas remettre les pieds dans SON terrain si je ne veux pas me recevoir un impardonnable d'ici-peu.
- Mais pour qui il se prend lui ? J'irais lui parler plus tard, t'inquiète pas pour ça tu retrouvera rapidement ton poste de gardien.
- Nan mais tu sais Draco, c'est pas grave. J'ai plus envie de voir ça tête de toute façon.
-¨Pourquoi ça ?
- Il sait pour ma… situation.
- Pour toi et… Ton irlandais ?
- Celui-là même. Et tu sais comment est Nott.
- Ouais. Bon j'espère au moins que tu continueras à venir assister à mes victoires.
- Tu veux dire venir me foutre de toi pendant que tu te fais rétamer par Potter ! Pas de problème, je serais là !
- La ferme Blaise !
- Moi aussi je t'aime Draco ! »

Un sourire attendrit s'était dessiné sur mes lèvres sans que je m'en aperçoive. Je lus encore quelques uns de ses messages avant de les remettre dans le coffre. J'aurais sûrement dû être étonnée par « l'irlandais » dont Draco parlais mais au fond je ne l'était pas du tout. Grâce à mes petites recherches, j'avais facilement découvert la relation entre Zabini et Finnigan, et de toute manière cela ne me regardait pas du tout. Je refermai le coffre, et je sortis des dortoirs, déjà lassée de fouiller dans les affaires des autres. Je fis une nouvelle fois le tour de la salle commune, avant d'entraîner Vicky vers la sortie. Je pris soin d'ouvrir la porte avec le plus grand soin au cas où Rusard passerait pas là, et je filai à pas de loup, mais de loup ultra-rapide en direction de la tour Gryffondor.


Notes de l'auteur :

Voilà le troisième chapitre, dont je ne suis pas super fière, mais bon, tans pis. Je dois vous avouer que ce qui me dérange le plus dans ce passage est le fait que Draco est laissé traîner quelque chose qui lui appartient à Poudlard. Mais bon, si je suis le cours de mon histoire ça s'avèrera normal plus tard ! J'espère toujours autant que l'histoire vous plait, et j'attends vos reviews