- Alors ?
Yiannis, qui tapotait depuis un moment sur son téléphone, releva les yeux et sourit. Quelquefois, la sérieuse Hermione ressemblait vraiment à une enfant devant une vitrine de Noël. Assise à sa droite presque tout en haut de l'hémicycle, elle se retenait manifestement de bondir et de lui arracher le satané machin des mains.
- B.
- Un B ? Oh, il va être déçu ...
- Non, il s'y attendait, il savait qu'il s'était planté sur les question des holdings et des prises de capital. Marrant, il y a bien vingt ans de ça maintenant, je crois me souvenir que j'avais calé sur ce point-là aussi ..., rajouta-t-il, songeur.
- Pauvre Julian, j'espère que ça ne va pas le décourager.
- Ce serait dommage, relativisa Yiannis. On est en février, il lui reste quatre bons mois pour potasser ses cours avant ses examens de fin d'études, et il a eu de bons résultats toute l'année. Ne lui mettons pas plus de pression qu'il ne s'en met déjà !
Hermione ramassa d'une main distraite les notes qu'elle avait prises pendant la conférence, et les rangea dans son porte-documents. L'amphithéâtre était presque vide, seuls quelques groupes épars demeuraient, agglutinés çà et là dans les gradins.
- Il veut absolument décrocher ses diplômes, et que vous soyiez fier de lui.
- Mais je suis fier de lui, avec ou sans diplômes ... ce n'est pas le curriculum vitae qui fait la valeur d'un homme, disait mon père. J'ai connu des pêcheurs qui surpassaient bien des PDG ... Bon, presque tout le monde a levé le camp, on rentre à l'hôtel ?
- Avec plaisir, acquiesça Hermione. J'ai assez entendu parler de perspectives de croissance, de courbes et de statistiques pour aujourd'hui, je crois.
- Moi aussi, confessa Yiannis. Ca fait du bien quand ça s'arrête .. ca vous tente de sortir ce soir ?
- Sortir ?
- Je connais un petit resto sympa près de Notre Dame, j'y allais souvent quand j'étais un jeune étudiant sans souci, il y a une éternité de cela. Je me suis toujours promis d'y retourner un jour. Vous verrez, c'est charmant.
Il avait dit la vérité : c'était charmant.
- Si Madame veut bien me suivre ...
Hermione jeta un coup d'oeil à Yiannis, surprise. Elle connaissait pas mal de restaurants de par le monde, mais c'était la première fois que ...
- C'est bien la première fois que je vois un restaurant dans une cave !, rit-elle.
Ils s'intallèrent à une table dans un coin, à l'écart d'une caquetante brochette de touristes américains dont les éclats de voix incessants emplissaient l'endroit. Heureusement, ils s'éclipsèrent au bout de quelques minutes.
L'endroit était pour le moins atypique. Des voûtes de pierre crème qui devaient dater de Mathusalem, dans cette maison à deux pas de la Seine, de grosses colonnes où se devinaient encore les traces de burin de ceux qui les avaient taillées au Moyen-Age, et des bougies sur les tables de bois poli par les siècles achevaient de donner à l'endroit un cachet qui lui plut immédiatement. Elle et Yiannis avaient beau fréquenter à longueur d'année les restaurants les plus cotes de la planète, elle avait toujours du mal à se sentir à l'aise dans cette débauche d'argenterie et de cristal.
- Ca ressemble un peu à chez moi ... à mon île.
- Ca vous manque ?
Elle réfléchit un moment.
- Je ne sais pas.
Il eut une moue dubitative.
- Sincèrement !, insista-t-elle en riant.
- Avez-vous des nouvelles de votre mère ?
- Je ... je n'ai pas osé en prendre.
Yiannis se mit à jouer avec sa fourchette d'un air embarrassé.
- Je n'ai pas de conseils à vous donner, Hermione, encore moins d'ordres ... mais je crois que vous devriez. On n'a qu'une mère.
- Je sais, murmura Hermione, un peu honteuse.
La vie était cruelle, quelquefois. Ni l'un ni l'autre n'avaient été épargnés sur ce point. Yiannis n'avait que peu connu sa mère. Angeliki Solo avait tout pour être heureuse, un mari et un fils qui l'adoraient, une existence dorée, et elle était partie prématurément , emportée par un cancer. Tout autre était le destin de sa propre mère : devenue veuve tôt, elle avait, après la disparition de son mari en mer, épousé un homme qui ne valait rien. Ivrogne, autoritaire, violent. Qu'avait-elle espéré ? Qu'il changerait ? Ou était-ce par peur d'être seule ? C'était moins le fait qu'elle se soit remariée qui avait choqué Hermione– elle en avait le droit, et elle était jeune encore - que celui de voir sa mère constamment rabaissée, humiliée. Elle avait bien tenté de la convaincre de chasser cet homme de sa vie, en vain. Elle avait choisi son bourreau, et s'était résignée. Pire encore : elle ne pouvait pas ignorer que son mari tournait autour de sa fille, mais elle avait gardé le silence. Elle ne l'avait pas défendue. Sacrifier sa fille pour l'amour d'un homme incapable d'en éprouver. Elle l'avait trahie. Et ça, Hermione ne le lui avait jamais pardonné. Alors elle avait pris la seule décision possible : elle avait fui.
Mais Yiannis avait raison : on n'a qu'une mère. La sienne était encore en vie, elle l'avait su par un pêcheur de son île qu'elle avait rencontré un jour par hasard. De lui, elle n'avait pas demandé de nouvelles, il pouvait bien aller au diable et sa bouteille avec lui.
Le serveur venant prendre leur commande dissipa l'ambiance un peu lourde. Hermione ne parlait pas français, au contraire de Yiannis, qui avait fait une partie de ses études en Suisse. Elle choisit un filet mignon aux haricots verts, et lui un pavé de boeuf avec ...
- ... des frites ?
- Oui, des frites ! Il n'y en a pas à la carte de l'Intercontinental, et c'est très regrettable ! Vous voulez tout savoir ?, lui demanda-t-il avec un regard malicieux. Je rêve depuis des semaines, ça doit bien faire quinze ans que je n'en ai pas mangé. Des vraies, j'entends. Pas des trucs pâlichons de fast-food.
- C'est si bon ?, fit-elle, intriguée.
- Ah, Hermione, il y a encore des blancs dans votre éducation ..., soupira théâtralement Yiannis. Et il y a autre chose qu'il faut que vous découvriez. Au début, ça fait un choc, mais on s'y fait ...
Hermione lui adressa un regard en biais, mi-inquiète, mi-intriguée. Qu'avait-il encore imaginé ? Elle n'était jamais au bout de ses surprises avec lui, et c'était ça qui le rendait unique : derrière le Yiannis Solo mondain et raffiné se cachaient une multitude d'autres Yiannis Solo, tout à tour secret ou exubérant, mystérieux ou charmeur. Et ce soir, il ressemblait à un gamin de quinze ans, en veine d'une bonne blague.
- Vous n'allez pas m'obliger à goûter des escargots, n'est-ce pas ?
- Et pourquoi pas ?
- Mais ces trucs sont laids, et ils bavent, et ... oh, non, vous ne feriez pas ça ?
- Non, non, rassurez-vous. Quoi que c'est très bon, je vous le jure.
- Eh bien votre parole me suffit amplement !
- Oh, vous doutez de moi ?
- Disons plutôt que je doute de ma capacité à manger des escargots ...
- De toute manière, ça ne se mange pas. Ca se boit. Un nectar des dieux, que n'auraient pas renié ceux qui vivaient sur l'Olympe ...
- ... et qui n'ont jamais existé, précisa Hermione.
- Eh bien ils ne savent pas ce qu'ils ont manqué dans ce cas !
Les yeux brillants de malice, il rappela le serveur.
Et c'est ainsi qu'Hermione découvrit, dans un recoin secret de Paris, le bonheur de manger des frites avec les doigts.
- Pour "normand", je comprends ... mais le trou ?
-C'est celui que ça vous laisse dans l'estomac.
Hermione éclata de rire. Elle avait un peu chaud et les pommettes roses, mais elle se sentait si légère et si gaie ...
- Il paraît qu'ils vermifugent leurs enfants avec ça, là-bas.
- Hein ?
- Je plaisante ... quoique ça doit tuer n'importe quoi ... y compris le bambin, bien sûr.
La cloche de Saint Séverin égrénait onze coups quand ils ressortirent. Après la chaleur douce et dorée de la cave, ce fut une surprise. Le froid était mordant et des plumes blanches tombaient en virevoltant dans l'air glacé.
- Il neige !, s'écria Hermione, émerveillée.
- On est à Paris, et en février, rappela Yiannis.
- Non, corrigea la jeune femme rêveusement en tendant son visage aux papillons blancs, on est à Paris, et il neige.
- Je ne vous savais pas si romantique, répondit-il d'une voix suave.
- Il y a des tas de choses que vous ne savez pas sur moi.
- Et que je ne demande qu'à connaître.
- Qu'en feriez-vous ?
- Cette question, peut-être que j'aurais dû me la poser il y a longtemps.
- Que voulez-vous dire ?
Avant qu'elle ait eu le temps de trouver la réponse à sa question, elle était dans les bras de Yiannis.
- Qu'est-ce que ...?, murmura-t-elle, trop troublée pour achever sa phrase.
- Je vous aime, Hermione.
Leurs lèvres se frôlèrent, et au même instant surgit du nénant l'éclair qui détruisit tout.
Hermione ne dormit pas de la nuit, maudissant ce qui s'était passé, et redoutant ce qui était à venir. Comment pourrait-elle faire face à Yiannis maintenant ? Pourtant il le faudrait bien, un jour ou l'autre. Mais pas maintenant. Elle s'en sentait tout bonnement incapable. Ce dont elle avait besoin, c'était de solitude, de calme et d'air frais.
Elle prit son manteau dans le dressing de sa chambre, s'en enveloppa avec des gestes d'automate, et se glissa dans le hall, aussi silencieusement qu'il était possible avec des talons hauts sur un dallage de marbre.
Le coeur de l'hôtel Intercontinental était presque désert à cette heure matinale. A son grand soulagement, Yiannis n'était visible nulle part.
- Souhaitez-vous les services d'une voiture, Madame ?, lui demanda d'une voix caressante le portier.
- Non, non merci. J'ai besoin de marcher un peu ...
- Comme Madame voudra. Mais il neige et le vent est glacial.
Elle n'avait pas envie de parler à qui que ce soit, mais mettait toujours un point d'honneur à être courtoise et polie aussi bien avec les hautes personnalités qu'elle rencontrait qu'avec le plus humble employé d'hôtel. Aussi se détourna-t-elle et lui adressa-t-elle un pâle sourire pour le remercier. Et ce n'est qu'en reprenant son chemin vers l'immense porte qu'elle le vit.
Il se tenait, là, son manteau et ses cheveux sombres parsemés de flocons. Il portait les mêmes vêtements que lorsqu'elle l'avait quitté, la veille, à la sortie du restaurant. Un homme n'aurait peut-être pas remarqué ce détail. Une femme, si. Et sa mine était grave, ses yeux rouges et ses traits tirés. Il n'était pas rentré de la nuit.
Trop tard pour l'éviter, il l'avait vue. Lui faire face était la dernière chose au monde dont elle avait envie, mais elle n'avait pas le choix.
- Yiannis ..., commença-t-elle, sans savoir trop quoi dire.
Sa gorge était comme nouée, et les émotions contradictoires qui déferlaient en elle menaçaient de la submerger. Vaillamment, elle lutta contre les larmes et y parvint au prix d'un effort dont elle ne se serait pas crue capable encore quelques minutes auparavant.
- Je peux vous parler en privé ?
- Bien sûr.
Elle l'entraîna à l'écart, vers un salon vide.
- Yiannis, je suis désolée, reprit-elle après un long silence pesant.
- Certainement pas autant que moi.
Il paraissait plus triste qu'en colère, et évitait presque son regard.
- Ecoutez, Hermione, oublions ce qui s'est passé hier soir.
- Je m'excuse ...
- Ce n'est pas votre faute. Disons que ce satané tord-boyaux normand nous est monté à la tête à tous les deux. On aurait dû se méfier davantage.
- Vous êtes gentil de me chercher une excuse, mais je n'en ai pas. Je n'aurais pas dû vous gifler. Je vous jure que je n'avais pas remarqué qu'ils nous filaient.
Yiannis laissa échapper un petit gloussement rauque.
- Moi non plus. Ils sont très malins.
- Vous croyez ... vous croyez qu'ils vont publier ces photos ?
- Bien sûr ! Et tout ce que le monde compte d'imbéciles va se les arracher.
Hermione se couvrit le visage de ses mains, morte de honte. A cause d'elle, Yiannis Solo, troisième armateur mondial, allait faire la une des journaux à potins. Giflé par son assistante. Dieu savait ce qu'ils allaient en broder, des choses, là-dessus.
- Ne faites pas cette tête d'enterrement, Hermione. Si ce n'est que ça, sachez que je me fiche royalement de ce qu'ils vont bien pouvoir raconter. Une seule chose comptait pour moi hier soir, c'était d'avoir une réponse à mes questions ... et je l'ai eue., même si ce n'était pas celle que j'espérais, je dois le dire.
- Que ... ?
- Tout est ma faute. Je n'aurais pas dû vous embrasser, mais je ne regrette rien. Au moins je suis fixé sur ce point. Alors ne parlons plus de cela, je vous en prie. Ca ne mènerait à rien.
- Si ! Il y a une chose que je veux savoir !
- Laquelle ?
Il souriait comme on sourit aux questions puériles d'un enfant. Comme si cela ne pouvait pas avoir d'importance. Alors que ça en avait une, pour elle en tout cas. Capitale.
- Pourquoi m'avez-vous embrassée ?
- Je vous l'ai dit, hier soir : parce que je vous aime.
- Oh, Yiannis, à combien de femmes avez-vous dit la même chose avant moi ?
- Un certain nombre, je dois bien le reconnaître.
- C'est une méthode qui a fait ses preuves, donc ...
- Ses preuves ?
- Pour les attirer dans votre lit.
- Dans mon ... ? C'est pour cela que vous m'avez giflé ? Parce que vous avez cru que la seule chose que je voulais, c'était coucher avec vous ?
- Oui.
- Oh, Hermione, je pensais que vous me connaissiez mieux que cela. Je ne nie pas que j'ai eu de nombreuses aventures depuis mon divorce d'avec Elizabeth. Pas autant que m'en prêtent les magazines people, soyez rassurée. Et toutes n'ont pas fini dans mon lit, comme vous avez l'air de le penser. Et avec chacune, j'ai été sincère. Ce n'est pas elles que je trompais, c'était moi qui me trompais. Chaque fois, je pensais avoir trouvé la femme de ma vie. Et puis au fil du temps, les choses se dégradaient. Je consacrais beaucoup de temps à mon fils, à mon travail, pas assez à elles. Peut-être que je n'en avais pas envie, même si j'essayais de me persuader du contraire. Ca marchait, un temps du moins. Et puis un jour, fatalement, je ne trouvais pas de raisons suffisantes pour continuer ce jeu de dupes dans lequel les deux parties étaient perdantes.
- Et en quoi seriez-vous plus clairvoyant à mon sujet ?, dit-elle amèrement.
- Une rupture est toujours douloureuse, comme un espoir perdu. Mais chaque fois, je me suis dit que c'était mieux ainsi, qu'elle n'était pas faite pour moi. Après coup, il y avait toujours ce petit quelque chose indéfinissable qui vous fait comprendre que ça n'aurait pas marché de toute manière. Il lui manquait un rien, ce rien qui fait toute la différence. Un rien que je trouvais en vous. J'ai refusé de m'attarder sur mes sentiments à votre égard. Je n'avais pas le temps ni la volonté de me pencher dessus, ou bien la peur de détruire notre relation, que sais-je ... mais récemment des évènements m'ont mis au pied du mur et fait voir la vérité en face. C'est curieux, c'est quand tout va mal qu'on se met vraiment à s'interroger sur sa vie ... souvent quand il est déjà trop tard, acheva-t-il dans un murmure.
Voulait-il parler du drame de Toronto ? Elle n'osa pas l'interrompre. Avec le recul, les paroles de Yiannis en ce matin neigeux, dans le salon particulier d'un hôtel parisien, demeureraient marquées au fer rouge dans son esprit. Si seulement elle avait su ...
- Je ne suis pas une ingrate, Yiannis, je sais ce que je vous dois. Mais j'ai ma fierté. Je refuse d'être une de celles qui couchent avec leur patron.
- Je ne vous respecterais pas si ce n'était pas le cas. Et j'espère bien qu'aucune de celles que j'ai cru aimer n'a jamais été avec moi pour mon argent ou mon statut.
- Alors là, vous êtes bien naïf !, rétorqua-t-elle plus vivement qu'elle ne l'aurait voulu.
- Dites, vous ne seriez pas en train de me faire une crise de jalousie pat hasard ?
- Vous êtes fou ?
- Alors pourquoi montez-vous sur vos grands chevaux comme ça ?
- Je ne ... je ne ... , bafouilla-t-elle en rougissant jusqu'à la racine des cheveux.
- Je ne vous demande pas de me dire aujourd'hui que vous m'aimez, Hermione.
Dans les yeux sombres de Yiannis brûlait une lueur inquiète qui l'embrasait toute entière.
- Je veux juste savoir si je peux espérer.
- Espérer ?, murmura-t-elle en écho.
Sa propre voix lui parvenait, lointaine, comme dans un songe. Etourdie, elle se retourna brusquement et s'aggrippa à la cheminée de marbre. La morsure froide de la pierre contre sa paume lui fit reprendre pied, et elle vit dans le miroir au-dessus le reflet de sa propre image, celle d'une jeune femme de 31 ans, séduisante malgré les traits tirés dûs à une nuit sans sommeil, et qui découvrait avec stupéfaction et presque affollement qu'on pouvait l'aimer. Et c'était bon, follement bon. Quatorze ans qu'elle le connaissait, quatorze ans qu'elle l'admirait. Et soudain elle se rendait compte que c'était un peu plus que cela. Beaucoup plus que cela. Trop d'un coup.
- Donnez-moi un peu de temps, Yiannis. J'ai besoin de réfléchir.
Elle devina plus qu'elle n'entendit le soupir ténu de Yiannis par-dessus son épaule.
- D'accord... mais ne me faites pas attendre trop longtemps !, dit-il avant de quitter la pièce en refermant la porte derrière lui.
Elle resta longtemps accoudée au marbre de la cheminée, un sourire flottant sur les lèvres, dans le petit salon baigné d'un pâle soleil d'hiver. Dehors il neigeait à gros flocons. Elle se sentait merveilleusement bien.
Près de son oreille, sur le manteau de la cheminée, une pendulette de bronze égréna dix heures. Elle était surmontée d'un Chronos ailé qui tenait dans une main un sablier.
Et dans l'autre, il serrait une faux.
A suivre ...
