Chapitre 3 : Fuir … Encore et encore …
- Non mais tu te rends compte de ce que je viens d'apprendre ? Comment est-ce que j'ai pu te faire confiance ? Comment tu as pu me faire ça ? Me mentir durant toutes ces années, tu pensais sans doute que je ne serais jamais rien. Parce que c'est ça dont il est question finalement hein ? Le mensonge et la trahison ont toujours fait partie de toi. Tu as tout fait pour me faire passer pour la méchante, la pauvre fille sans cœur et moi comme une idiote je t'ai cru. Je t'ai cru parce que tu étais le seul à me redonner espoir dans cette vie qui n'en a jamais été une pour moi. Je repris ma respiration rapidement de peur qu'il ne m'interrompe. Je voulais que tu m'aimes, que tu me comprennes. Je t'ai tout dit sur moi, tout. Mes pensées les plus intimes, mes envies, mes besoins et puis ce passé terrifiant et pourtant nécessaire à ma vie aujourd'hui. Mais en fin de compte tout ça c'était du vent, un moyen de m'abattre comme tu l'as fait avec elle.
- Je ne l'ai pas tuée ! Sa réponse avait fusée. Je ne lui ai jamais fait de mal.
- Tu l'as tuée, répétais-je. Tu m'as rendu faible, ajoutais-je faiblement. Tellement faible que je suis incapable de te tuer à mon tour. J'abandonne la partie.
Une larme perla sur le coin de ma joue, je croisais son regard une dernière fois et partie. Le bonheur est éphémère.
- Pourrais-tu me réserver un billet d'avion pour Haïfa s'il te plait ? Pour ce soir, ajoutais-je.
Anna acquiesça sans rien ajouter de plus et je pris la direction de ma chambre pour préparer ma valise. J'avais besoin de m'éloigner d'ici, de faire le point, de respirer. Lorsque je reconnu le bruit des pas de Tony dans l'escalier je me précipitais sur la porte pour la fermer a clef.
- Ziva ouvre moi.
J'étais déterminée à ne pas le faire.
- Ziva je dois te parler, tu dois m'écouter. Je ne lui ai jamais voulu de mal !
- Part, répondis-je simplement.
- Tu as choisi d'écouter ton père, de lui faire confiance mais à moi hein ?
- Tu avais ma confiance et tu ne l'as plu. Je tournais le bouton de la radio et laissais la musique m'apaiser.
Il était hors de question que je me fatigue plus que je ne l'étais déjà. Mon bébé en souffrirait beaucoup trop et je ne supporterais pas qu'il lui arrive quelque chose. Je posais ma main sur mon ventre et tentais par tous les moyens d'oublier ce qu'il venait de se passer … En vain. La trahison dont j'avais fait l'objet était au-delà de tout, au-delà de mes propres expériences au MOSSAD. J'avais été trahi par la personne qui comptait le plus pour moi alors à quoi bon continuer de me battre. L'échec était sans doute ma seule issue.
Lorsque je fus sûr qu'il était parti, je sorti de la chambre et parti récupérer mon passeport. Une fois dans le taxi pour l'aéroport je laissais les larmes couler librement. Parce qu'une fois de plus, je prenais la fuite. Parce qu'une fois de plus, il en était la raison.
