Clinique Kurosaki, 13 juin, 15h57
« Et alors, elle m'a adressé des remerciements pour avoir vaincu Aizen.
-Tu te souviens de ses paroles exactes ?
-Plus ou moins. Il était question d'une Espada Royale, qui allait agir mais éviter de me faire du mal en reconnaissance de mes actions, ou quelque chose d'approchant…
-L'Espada Royale ?
-À mon avis, c'est le nom d'une nouvelle génération d'Arrancars. Comme l'Espada Cruelle d'Aizen et l'Espada Terrible de l'autre taré…
-Tu dois avoir raison. Nous allons prendre des mesures. On te tiendra au courant.
-Ok. Salut, Renji. »
Ichigo coupa la communication et rendit son téléphone à Rukia. Il poussa un profond soupir et s'installa plus confortablement sur son lit. Rukia lui jeta un drôle de regard, étonnée par son silence.
« Ça ne va pas, Ichigo ? »
Il secoua la tête.
« Pas trop. Cette fille… Elle avait l'air plutôt amical, mais ses potes ne le seront pas autant. Et puis… Qu'est-ce qu'ils veulent faire, au juste ? Un truc qui nécessite de voler le Hôgyoku, mais dans lequel ils ne veulent pas m'impliquer… »
Ichigo soupira une nouvelle fois.
« C'est trop compliqué. »
Kon, qui lisait un magazine de mode féminin, et plus particulièrement les pages Lingerie et Maillot de bain, s'arracha à sa contemplation pour lancer un simple :
« Te prends pas la tête, va. On verra bien. Si ça ce trouve, ils ne vont rien faire. Et puis, au pire, je serais là pour tous vous sauver la vie. »
Et il replongea dans l'étude d'un ensemble short/soutien-gorge baptisé «Séduction écarlate», qui correspondait exactement à ce que son nom laissait supposer.
Dans sa grande sagesse, Ichigo décida de ne pas relever l'idiotie de la remarque.
« Grand frère ! Le goûter est prêt ! Tu veux une crêpe au chocolat ou à la confiture ? »
L'intéressé ouvrit la porte et lança dans le couloir :
« Chocolat, s'il-te-plaît, Yuzu ! »
Et il ajouta :
« Tu en veux une, Rukia ? »
Rue marchande de Karakura, à environ 50m du dojo de karaté Fûrinkaikan, 14 juin, 09h14
La jeune Arrancar blonde qui avait interpellé Ichigo, dont le véritable nom est Niebla Dolce, Sexta Espada, marchait à grands pas à travers la rue, ignorant les humains qui ne pouvaient pas la voir et les fantômes qui s'écartaient de son chemin. Elle ne prit le temps de s'arrêter que devant une vitrine de boulangerie, pour vérifier que ses cheveux étaient toujours bien arrangés comme elle le voulait. C'était le cas, et elle continua sa route, le sourire aux lèvres.
Au coin de la rue, nonchalamment appuyé contre un lampadaire, se tenait un autre Arrancar, impassible. Il avait les cheveux d'une couleur indéfinissable, entre le gris, le bleu très pâle et le blanc cassé. Ses yeux bleu sombre étaient fendus comme ceux d'un fauve, et ne cessaient d'observer ce qui se passait autour de lui. Il était vêtu d'un jean délavé et d'un sweat rouge orné d'un énorme 3 sur le ventre.
Niebla s'arrêta devant lui, et, d'une voix un peu tendue, lui lança :
« Salut… »
L'autre releva la tête, la dévisagea froidement puis tendit la main.
«-Salut. Tu as le colis ?
-Oui… Tiens, prends… »
Elle lui remit une petite boite enveloppée dans du papier kraft. Il la prit, la rangea dans sa poche et se décolla du lampadaire. Niebla se mordillait les lèvres comme si elle voulait parler. Au bout d'un moment, elle n'y tiens plus.
«-Tu sais ce qu'il y a dans cette boite ?
-Oui.
-Tu vas me le dire ?
-Non.
-T'es pas sympa.
-Je ne suis pas arrivé à mon rang en étant sympa, Niebla.
-Ça je m'en doute. Bonne journée. »
Et la jeune fille, vexée et incapable de le dissimuler, ouvrit un garganta et disparue dedans. L'autre Arrancar la regarda partir avec un sourire moqueur, avant de sortir un briquet de sa poche. Il mit le feu à la boite et la jeta dans une poubelle. Quelques secondes plus tard, celle-ci flambait en dégageant une épaisse fumée noire. L'Arrancar s'en fut tranquillement au milieu des passants effrayés. Il n'avait pas cessé de sourire.
