La suite a été difficile, l'inspiration n'était pas au rendez vous mais je pense q'elle est enfin revenue! J'espère que ça vous plaira!


Elle entendit le frottement du tissu lorsqu'il enfila ses gants d'alchimiste. Les paupières closes, ses mâchoires se crispèrent, appréhendant la douleur qui ne tarderait pas à l'envahir.

Mustang leva la main droite, prêt à claquer des doigts et à déchaîner ses flammes dévastatrices. Il se mit à trembler, sa respiration devint difficile… Il n'y arriverait pas… Il serra les dents…

« Pardonne-moi… »

Sa voix était éraillée, prête à libérer les sanglots qui lui nouaient la gorge. Mais au lieu de cela, il libéra les flammes l'Enfer. Car oui, pour l'un comme pour l'autre, cet instant était un avant-goût de ce à quoi pouvaient ressembler les limbes de Lucifer… Faire souffrir l'être aimé ou subir la douleur infligée par celui-ci… Cela allait à l'encontre de leurs sentiments et de leur morale, mais ils devaient endurer cette épreuve, l'un comme l'autre.

Il vit le feu sillonner sa peau, la dévorant sur son passage et engloutissant leur propre cercle de transmutation. Oh Dieu qu'il aurait aimé être ces flammes… Parcourant son dos, embrasant son corps tout entier, où la douleur serait substituée en désir…

Le dos de la jeune femme se cambra sous le supplice que lui infligeait Mustang. Sa bouche s'ouvrit, mais aucun son n'en jailli… Elle ne céderait pas, elle devait rester forte. Pour elle, pour Roy, pour toutes les victimes de cette alchimie…

Lorsque les flammes s'estompèrent, laissant place à un élancement intolérable, elle se laissa tomber à genoux.

Les larmes aux yeux, Mustang sorti en trombe de l'appartement, la laissant seule dans la pénombre. Il avait fui, et elle le comprenait… Elle lui avait demandé beaucoup. Trop peut-être… Seule, elle s'autorisa à libérer les pleurs qu'elle avait difficilement retenu jusque là.

Les minutes s'écoulèrent, lancinantes, rythmées par les vagues de souffrance qui lui traversaient le dos. Elle n'osait plus faire le moindre geste, de peur d'augmenter la douleur cuisante qui avait prit possession de son corps.

Elle entendit la porte s'ouvrir et des pas s'approcher lentement d'elle. Prise de panique d'être découverte ainsi, elle tenta de se retourner, laissant échapper un gémissement lorsqu'elle imposa cette contrainte à ses chairs meurtries.

« Ce n'est que moi Riza… Ne bougez pas… »

Elle se raidit légèrement lorsque sa voix brisa le silence. Elle était plus grave que d'ordinaire. Il semblait aussi anéanti qu'elle.

Mustang s'approcha doucement de la jeune femme et s'agenouilla derrière elle. Il remarqua qu'elle respirait plus vite, trahissant son inquiétude. Alors, précautionneusement, il déposa un cataplasme sur sa peau brûlée. Le contact du tissu sur les chairs à vif lui arracha un cri.

« Je suis désolé… »

Incapable de parler, elle secoua légèrement la tête, lui faisant comprendre que ce n'était pas de sa faute.

Son dos était parcouru de tremblements, la brûlure la faisait souffrir à tel point qu'elle n'était plus maîtresse de son propre corps.

Au bout de quelques secondes, une douce fraîcheur s'empara de sa peau, atténuant progressivement la douleur. Son corps se détendit légèrement et sa respiration sembla s'apaiser. Mustang s'empara d'une bande de coton qu'il commença à dérouler soigneusement sur le cataplasme afin de le maintenir en place.

Lorsque les mains de l'alchimiste arrivèrent sur le buste de son Adjudant, le feu migra de son dos à ses joues. Une telle proximité les troubla tous deux et Roy hésita un instant en sentant la jeune femme se crisper lorsque ses mains furent à proximité de sa poitrine. Il ne voulait surtout pas avoir de gestes déplacés vis-à-vis d'elle.

« Faites-moi confiance… »

Un léger frisson la parcourra quand elle sentit son souffle dans son cou, puis elle ferma les yeux, s'abandonnant aux soins que lui prodiguait son supérieur. Elle était exténuée et ne se sentait pas la force de se rebeller. Mais en avait-elle seulement envie ? Cet instant complice et intime avait un goût d'interdit délicieux, accentué par les évènements précédents.

Roy pansa son dos avec une douceur insoupçonnée, en prenant grand soin de ne toucher ni même effleurer la peau de sa subordonnée, afin de lui éviter toute douleur ou gêne supplémentaire. Il passa la bande alternativement sur ses deux épaules afin que le cataplasme reste bien en place.

Lorsqu'il eu fini, il ramassa la chemise qu'elle avait laissé tomber au sol et lui enveloppa les épaules du fin tissu blanc. Il passa un bras autour de sa taille, son autre main en soutien sur son épaule opposée, et l'aida doucement à se relever. Lorsqu'elle fut debout, il la fît pivoter afin qu'elle lui fit face. Instinctivement, les bras de la jeune femme se croisèrent, agrippant les pans de sa chemise pour masquer sa poitrine, même si celle-ci était déjà recouverte par le pansement. Elle détourna rapidement les yeux, honteuse de se montrer si faible devant lui, et incapable de soutenir son regard.

Il l'avait fait pleurer, et cela le rendait malade. Il avança doucement la main vers son visage, et effaça du pouce le sillon humide que les larmes avaient tracé sur sa joue pâle. La tendresse de ce geste la poussa à le regarder finalement dans les yeux. Douleur. Tristesse. Culpabilité. Elle remarqua non sans surprise, que ses yeux étaient rouges également… Roy Mustang n'avait pas fuit comme elle l'avait pensé quelques instants auparavant. Il avait juste eu besoin, comme elle, d'être seul pour laisser libre cours à ses émotions. Réalisant cela, une douce chaleur se répandit dans sa poitrine, et un léger sourire étira ses lèvres.

Les yeux de Roy s'assombrirent et il laissa retomber sa main lentement.

« Je suis tellement désolé Riza… J'espère qu'un jour vous pourrez me pardonner de vous avoir infligé tout cela… »

Sa détresse semblait incommensurable. Elle s'en voulait terriblement de le voir dans cet état, après tout, elle y était aussi pour quelque chose…

« Il n'y a rien à pardonner Lieutenant Colonel… Je suis autant responsable que vous dans cette affaire. Tout ceci était malheureusement une étape nécessaire pour atteindre votre objectif… Notre objectif… »

Elle baissa les yeux, un peu honteuse de ses propres paroles. Quant à Roy, le fait de la savoir encore et toujours à ses côtés lui redonna un peu de baume au cœur.

« Oui… J'imagine qu'on ne fait pas d'omelette sans casser des œufs… »

Elle releva la tête et le dévisagea, légèrement surprise. Il lui sourit d'un air penaud. Devant son expression, elle ne put elle-même réfréner un sourire.

« On peut dire ça comme ça, oui… »

Il restèrent quelques secondes ainsi, les yeux dans les yeux. Le temps semblait s'être arrêté tout à coup. Puis Mustang brisa le silence :

« Reposez-vous Adjudant Chef… Je repasserais vous voir dans la soirée. »

Sur ces paroles, il lui tourna le dos et sorti de son appartement.


Voilà voilà ^^ merci à Crazy ma fan number one pour son soutien :)