Voilà le chapitre 3!
Merci à CrazyNight pour sa review et ses ptits messages qui me font rire! Ainsi qu'à Lola et Clementine64 ça fait toujours plaisir de savoir que mon histoire vous plait! J'espère que la suite vous plaira tout autant!
Sur ces paroles, il lui tourna le dos et sorti de son appartement.
Elle resta quelques instants immobile, observant la porte par laquelle son supérieur venait de sortir. Tout lui semblait tellement irréel à présent. Elle secoua légèrement la tête et se dirigea lentement vers son canapé. Elle s'assit doucement, appréhendant la douleur. Elle soupira. Elle se sentait vidée, épuisée et meurtrie. Incapable de faire le moindre effort, elle s'allongea de tout son long sur les coussins de toile beige et ferma les yeux, fuyant la triste évidence de sa vie : solitude, souffrance, désillusion… Son corps se détendait tandis qu'elle sombrait dans un demi sommeil, où des images de la guerre ressurgirent entremêlées de celles d'un certain militaire, de son regard aussi profond qu'envoûtant, de son sourire mystérieux, de sa voix grave et douce…
La douleur qui lui traversa l'échine lui arracha un cri, la réveillant brutalement. En s'endormant, son dos avant basculé contre le dossier de son sofa. Elle grommela quelques jurons et se retourna, face à ce maudit dossier qui l'avait tiré de ses songes… Agréable diversion à cette cruelle réalité…
Le Lieutenant Colonel Roy Mustang s'avança vers les appartements de sa subordonnée, une tasse de thé fumant à la main. Il s'arrêta devant sa porte, hésitant un instant. Et si il la dérangeait ? Peut-être n'avait-elle pas envie de le voir après ce qu'il s'était passé quelques heures plus tôt ? Cependant, il l'avait prévenu qu'il passerait, et il avait vraiment envie de voir si elle allait bien. Il ne voulait pas la laisser traverser cette épreuve seule…
Il toqua doucement sur le bois peint. Rien. Il réitéra, un peu plus franchement cette fois, mais seul le silence lui répondit. Inquiet, il tourna doucement la poignée de la porte, elle n'était pas fermée. Une vague de chaleur l'envahit soudainement : il pénétrait sans autorisation dans l'intimité de son Adjudant, et il se sentait à la fois gêné et excité par ce qu'il pourrait y découvrir. Elle était tellement réservée… Riza Hawkeye était un mystère à elle toute seule, et il devait avouer qu'il aimait ça.
Il passa doucement la tête dans l'embrasure de la porte et l'appela doucement :
« Riza … ? »
Toujours aucune réponse… Il s'avança un peu plus loin, afin de pouvoir observer la pièce principale. Alors, il la vit. Endormie, dans son canapé, épuisée par les épreuves physiques et morales de la journée. Il se surprit à sourire béatement à la vue de la jeune femme.
Il s'approcha doucement, afin de ne pas la réveiller, et lorsqu'il fût près d'elle, il déposa la tasse qu'il lui avait apportée sur la table basse. Pendant un temps indéterminé, il contempla le visage de son Adjudant. Elle semblait tellement insouciante dans son sommeil… Ses traits étaient détendus, et ses cheveux blonds, qui avaient poussés depuis la fin de la guerre, se déployaient autour de son visage serein. Un léger sourire étirait ses lèvres. A quoi pouvait-elle bien rêver pour paraître si paisible ? Il se surprit à espérer qu'il fasse parti de ce rêve… Puis il rit doucement de sa propre présomption.
Il allait s'en aller quand il avisa un plaid sur le dossier du canapé. Il s'en saisit et le déploya avec douceur sur la silhouette endormie. Il ne voulait pas que le froid la sorte d'un songe en apparence si agréable. Il remonta le tissu jusqu'à son cou, et il ne pu s'empêcher de dégager son front d'une mèche rebelle, effleurant délicatement sa peau au passage. Ce contact le fit frissonner. Riza bougea légèrement dans son sommeil, émettant un petit grognement de satisfaction. Il sourit à nouveau, puis se décida enfin à sortir, ne voulant pas la réveiller.
Riza ouvrit difficilement les yeux. Contre toute attente, elle avait dormi comme un loir. Elle bougonna à l'idée de devoir se lever pour aller travailler et s'emmitoufla dans sa couverture. Sa couverture ? Elle se redressa brusquement, grimaçant lorsque la peau de son dos se tendit. Elle aurait pourtant juré s'être endormie sans même se couvrir… Son regard parcouru l'entièreté de la pièce et se posa finalement sur une tasse qui ne lui appartenait vraisemblablement pas. Elle tendit le bras pour l'attraper : elle était pleine de thé froid. Soudain, elle se rappela que l'alchimiste lui avait dit qu'il passerait la voir dans la soirée. Elle reposa la tasse en souriant. C'était donc lui qui avait dû la recouvrir afin qu'elle ne prenne pas froid. En s'imaginant la scène, elle resserra le plaid autour d'elle.
Soudain, elle se leva en réalisant que c'était son premier jour au sein de l'équipe de Mustang et elle ne savait même pas quelle heure il pouvait bien être. Elle se dirigea vers la cuisine afin de préparer le café, puis entreprit de se laver pendant que l'arabica distillait. Elle jeta au passage un œil sur l'horloge : elle était dans les temps.
Arrivée devant la glace, elle se retrouva confrontée a un réel problème. Son bandage l'empêchait de se laver normalement… Elle soupira en réalisant qu'elle devrait demander l'aide de son supérieur pour faire une partie de sa toilette. Elle n'avait pas songé aux conséquences pratiques que cette brûlure engendrerait… Cependant, il s'était montré respectueux et digne de confiance, elle ne craignait rien, sinon d'être encore plus gênée qu'elle ne l'était déjà par la situation… Elle prit donc une 'demi douche' et se lava le visage et les bras au lavabo.
Vint ensuite le moment de s'habiller… Qui aurait cru que mettre un T-shirt demandait tant de souplesse ? Elle jura en se débattant avec le tissu et souffla de soulagement quand elle se regarda dans le miroir, enfin en tenue réglementaire. Mais un détail ne collait pas… Elle s'observa un instant, ne parvenant pas à mettre le doigt dessus. Ses cheveux… Elle prit la brosse et commença à la passer dans sa chevelure dorée. Si s'habiller avait été une épreuve, les mouvements que lui imposait le démêlage de ses cheveux étaient une vraie torture… La peau de son dos semblait se déchirer sous la tension qu'elle lui infligeait… Quand elle eu enfin fini, haletante, elle se rendit compte qu'il fallait encore qu'elle les attache. Prenant son courage à deux mains, elle serra les dents et rassembla les mèches blondes en une petite queue de cheval.
Meurtrie, elle s'effondra sur son canapé, une tasse de café noir à la main. Elle l'avait bien mérité…
A suivre
