Aujourd'hui, l'histoire qui est sortie de mon cerveau après avoir pioché le nom de Minerva Mc Gonagal et le métier Geisha !

Enjoy


- Bonjour, ouvrez vos Manuels du cours moyen de métamorphose à la page 42.

Un bruissement de feuille brisa le silence religieux. Minerva McGonagall remontait à pas lent la travée centrale. Elle surprit un échange de mot au premier rang et d'un bref coup de baguette ramena le bout de papier sur son bureau. D'un regard elle fit taire les réclamations des deux élèves pris en faute. Le professeur de métamorphose pris un air déçu en passant près du jeune Potter et s'empara du parchemin pour le lire. Deux écritures s'y mêlaient, ponctuées de dessins évocateurs et de points d'exclamation.

Malfoy, raclure ! – Et bien Potter tu n'as pas aimé notre aparté ? – La ferme ! – Oh très bien je ne recommencerai pas ! – Oh que si tu vas recommencer et finir ce que tu as commencé... – Frustré Potter... – Va te faire … – Oh volontiers, mais pas maintenant... ça risque d'être compliqué – … – Oh aller Potter, ne boude pas, tu n'as qu'à penser à McGonagall à poils, ça te calmera ! – … ok, j'ai perdu la vue !

Le Professeur, releva vivement la tête à la lecture de ces derniers mot. Elle ouvrit la bouche pour asséner à ces deux énergumènes une remontrance dont ils se souviendraient. Ses yeux tombèrent sur un des manuels de métamorphose ouverts à la leçon du jour. Transformer un hibou en une paire de jumelle de théâtre. Et elle se souvint de sa vie près de soixante ans plus tôt.

OoO

Le manche des lunettes délicatement en main, une jeune femme de moins de vingt ans survolait la salle à la recherche de quelqu'un. Un homme ou une femme riche qui ne serait pas insensible à ses charmes. Elle était connue ici, dans le grand théâtre moldu de Moscou où la troupe du Bolshoï donnait le Lac des cygnes ce soir-là. Le Kremlin, résidence officielle de la famille impériale était tout près et malgré les troubles qui soulevaient la Russie, la cour sortait. Toute une société d'hommes et femmes riches suivaient la famille du Tsar.

Depuis plus de deux siècles, la troupe du Bolshoï donnait à voir des spectacles plus beaux les uns que les autres et celui du soir ne dérogeait pas à la règle. La jeune femme n'y prêtait pour le moment aucune attention, occupée qu'elle était à regarder un homme d'une quarantaine d'année. Il était plutôt beau, d'une grande prestance et sa tournure laissait paraître une grande aisance.

Avec ses jumelles de théâtre, elle éblouit l'homme du balcon qui lui faisait face. Le reflet des flambeaux avait fait son office et il dirigeait ses binocles vers elle. Elle abaissa les siennes, lui jeta un regard franc avec un sourire mutin et se détourna. Il ne la quitta presque pas du regard durant toute la représentation. Elle en était consciente. Elle prit une pause légèrement lascive, effleurant parfois le creux de son cou du bout de ses doigts délicats, jouant distraitement avec une mèche négligemment échappée de sa coiffure, s'humidifiant doucement les lèvres. Elle suivait avec une fausse passion le ballet qui se jouait sous ses yeux. Elle utilisait la musique pour donner à son visage toute l'exaltation qu'il fallait pour le rendre saisissant, la peur et la violence de la danse pour se pencher légèrement en avant, mettant en évidence un décolleté sensuel où on devinait seulement la naissance des seins et leur forme voluptueuse.

Le spectacle pris fin et après un bref regard vers l'homme de sa soirée, elle se dirigea vers la sortie.

Il mit peu de temps à venir à sa rencontre. Il était légèrement échevelé ce qui laissait deviner l'empressement qu'il avait eu à la retrouver. Le poisson était ferré. De son éventail elle dissimula une partie de son visage pour ne laisser voir que ses yeux. Quelques mots furent échangés, de nombreux regards et le couple se dirigea vers une des calèches.

L'homme croisa un gentleman de sa connaissance et s'arrêta parler quelques instants. Geisha murmura la femme qui l'accompagnait derrière son propre éventail. Minerva feinta la surprise avant de lui renvoyer un regard complice. La femme, plus âgée qu'elle, avait discrètement cligné de l'oeil en signe de reconnaissance... la jeune fille se détourna avec un sourire, reprit sa route avec l'homme et ne revit jamais cette femme.

Son succès du soir lui avait assuré un apprentissage digne de ce nom une fois de retour en Angleterre, dans le monde magique.

OoO

La vieille enseignante de métamorphose reprit pied dans la réalité. S'ils savaient pensa-t-elle avec un sourire. Elle abandonna ses idées de réprimande et se contenta d'un simple :

- 40 points en moins pour Gryfondor et Serpentard, MM. Potter et Malfoy.


La prochaine histoire sera plus triste. Celle de Bill Weasley !