*Double drop kick Glee*
Mmmh, Hey. Merci beaucoups pour vos avis pour ce chapitre, ça m'a aidé à faire certains choix. Voila, Voila, un peu plus de 30 000 mots... Désolée, ça va être long et douloureux.
Enjoy ?
XXXxxxOOOxxxXXX
« Santana, attend ! »
Ne te retourne pas, surtout, ne te retourne pas.
« Santana ! »
Les yeux levés au ciel, elle concéda dans un grognement.
Trottant jusqu'à elle, Kurt et Quinn la rattrapèrent, évitant de renverser la vieille sorcière et son chariot de chats sur leur passage.
« T'es sourde, ou quoi ? On t'appelle depuis Gringotts ! » S'exclama Kurt dans un geste dramatique en direction de la banque au bout de la rue.
« Vraiment ? J'ai rien entendu. »
Devant l'expression fermée et le sourcil levé des deux adolescents, Santana réalisa qu'il était toujours plus difficile de se débarrasser de ces deux-là en particulier.
Sérieusement, est ce qu'une sorcière peut se balader en paix sur le Chemin de traverse et profiter de son dernier jour de vacances avant la rentrée ?
Apparemment pas.
Se disant que plus vite ils seraient satisfaits, plus vite ils la laisseront tranquille, elle feint un intérêt.
Enfin, un intérêt modéré.
Pas qu'ils commencent à se faire des idées.
« Vous faîtes vos courses ? Ce n'est pas un peu tard, pour ça ? Ça ne ressemble pas à la demoiselle, » expliqua d'elle d'un coup de tête en direction de Kurt qui roula des yeux. « Ni à cette très chère Préfète-en-chef. » Termina-t-elle dans un rictus à l'attention de Quinn qui se redressa machinalement, défroissant inutilement sa veste, un léger sourire sur les lèvres face à ce tout nouveau titre qui était arrivé par hiboux la semaine auparavant, malgré le ton dégoulinant de condescendance de la brune.
« Oui… Comme Papa Fabray doit être fier… »
« Je ne sais pas vraiment. Vu qu'on a plus de nouvelles de lui depuis cet été. »
Santana se radoucit discrètement.
Elle savait que les Fabrays se déchiraient dans l'ombre depuis des années, mais lorsque Quinn, puis finalement Charlie se firent transférer de Beauxbâtons vers Poudlard, les tensions étaient devenues tout simplement insoutenable, le vice-ministre de la magie française ne supportant pas que ses princesses sortent de l'image parfaite qu'il leur créait, comme ses jolies petites poupées personnelles.
Lorsque Charlie refusa de partir étudier en Allemagne après ses BUSEs, et que Quinn devint finalement membre de l'équipe de Quidditch, sans oublier les rebellions répétaient et de plus en plus fréquentes de ses filles, Russel Fabray joua à un jeu dangereux qui lui couta sa famille entière.
Bien sûr, les lettres désespérées que son amie lui avaient envoyés toutes ces nuits d'été l'avaient aidé à mieux comprendre la situation.
Quinn était une jeune femme à la tête bien faite, quoi qu'avec quelques dysfonctionnements émotionnelles, toujours maître d'elle-même, et une pro de la manipulation. Malgré tout cela, Santana pouvait voir la douleur d'être rejetée par un être aimé dans ses yeux, et se ravisa de tous commentaires incisifs.
Kurt serra brièvement l'épaule de la blonde, qui se ressaisit.
« Il est vrai qu'on a pas eu beaucoup de temps pour se voir cette été. Moi étant en France, et toi en Dominique. Enfin, on en aura tout le temps dans le Poudlard Express. » La blonde s'interrompit pour regarder de plus près son amie. « Tu me sembles bien agitée, enfin, plus qu'à l'accoutumé, ces derniers jours. Tu as des soucis ? »
Se rappelant de la raison de son irritation, Santana laissa un échapper un bruit exaspéré.
« J'ai cassé ma baguette. Du moins, elle s'est cassée toute seule. Ma fameuse baguette familiale. »
Devant les regards choqués de ses amis, elle sortit de la poche de sa toute nouvelle robe Marc Jacob – les moldus ont parfois du goût- des copeaux de ce qui fut une fidèle partenaire de crime.
« Qu'est ce qui s'est passé ? » demanda Kurt, inquiet.
La baguette de Santana, tout comme sa propriétaire, était souvent sujet à des débordements émotionnelles, et combien de fois, se souvenait-il, avait-il vu la baguette de la brune spontanément s'enflammer ou cracher dans une furie des gerbes d'étincelles lorsque Santana sortait de ses gonds ?
Santana détourna le regard, masquant soigneusement ses émotions.
« Je sais pas trop. Tu sais bien comment elle est, parfois elle refuse de marcher, et d'autres fois elle fonctionne sans que je le lui demande. Elle a explosé au beau milieu d'une dispute de repas de famille. » Elle fronça le nez, maugréant. « Je me suis fait traiter d'impure et de cracmole par ma Abuela. La vieille barrique était dans tous ses états. »
Kurt et Quinn échangèrent un regard.
Depuis que Santana avait fait son Coming out à l'école, l'année dernière, elle s'était motivée tout au long de l'année pour ensuite le faire en famille durant les vacances scolaires.
Elle avait reçu le soutien de tous ses amis, qui souhaitèrent être tenu au courant des évènements, lorsque la sorcière avait annoncé qu'elle ferait son annonce à la réunion des Lopez chez sa grand-mère, en République Dominicaine.
Il était évident que la destruction de la baguette de Santana n'était pas qu'une simple coïncidence avec cet évènement.
Le fait que Alma Lopez, la grand-mère de Santana aurait fait pleurer le jeune Tom Jedusor, mais aurait créé l'admiration du terrible Voldemort y été pour beaucoup.
La vieille femme était de l'ancienne école des sang-purs, de la suprématie des sorciers sur les moldus, contre la marginalité, l'avortement, pour le réchauffement climatique, Pro-culotte gainante et toutes les horribles visions anti-progressistes qu'il puisse y avoir.
Santiago Lopez, son fils, avait même dû cacher à sa propre mère par des moyens stratégiques qu'il avait marié une né-moldue, de peur d'être déshérité.
Lorsque Santana avait onze ans, la vieille femme lui avait juré de la renier de la famille s'il elle ne finissait pas à Serpentard.
Puis elle l'a menacé de la chasser de la famille si Santana ne possédait pas une baguette de noisetier, véritable blason des Lopez et signe de grandeur dans leur famille.
Finalement, tout cela n'aura servi à rien car apparemment, Alma ne voulait pas non plus de pédérastes dans la famille.
Ses mots, pas les siens.
Le fait que Santana, humiliée et dévastée par l'attitude de sa grand-mère, ait criée par vengeance à la vieille femme que sa famille si parfaite qu'elle chérissait tant était infestée de sang-mêlés avait peut-être aussi envenimé les choses.
Les yeux exorbités, la main crochue sur la poitrine, la vieille dame avait lâché cri rageur sur cri rageur, prises de lamentations qui auraient pétrifié une mandragore, et qui continuèrent bien après que ses parents la sortirent en catastrophe de la maison, lorsque des gerbes d'étincelles commencèrent à fuser de toute part dans la Villa.
Santana devait l'admettre, cela avait été libérateur et jouissif.
Enfin, sauf la partie où sa baguette vole en éclat, éclaboussant d'écharde le salon victorien de sa grand-mère.
Ça, ça craint.
Elle était super, sa baguette.
Elle avait fait exploser le balai de Hudson, avec.
Elle avait gluer perpétuellement le caleçon de Puckerman à ses bijoux de familles, avec.
Elle avait jeté Berry en pâture au Calmar géant dans le lac, avec.
Elle avait échangés les écritures des livres de Quinn avec de la littérature pornographique gay avec.
Non, il fallait à tout prix que Ollivander la lui répare.
Laissant Kurt et Quinn à leur étrange conversation "visuo-télépathétique"-, Santana se dirigea vers la Boutique de baguette.
« Si vous avez fini, je dois encore passer chez Ollivander, on se retrouve après ? »
« Rejoins nous au Chaudron Baveur quand tu as fini, on attend Rachel, elle est partie se trouver une nouvelle robe de préfète chez Madame Guipure. »
Santana fit volte-face.
« Quoi ? Berry est préfète aussi ?! C'est les soldes à Poudlard, ou quoi ? Ils sont dingues ! Adieu la coupe des quatre maisons avec ça ! C'est horrible, une véritable tragédie ! »
Peu impressionnés, Kurt et Quinn interrompit la jeune femme au milieu de ses lamentations.
« Pour être franche, j'ai plus été choqué quand TU as été déclaré préfète ces deux dernière années. »
« Pareil. Les erreurs, ce n'est pas nouveaux à Serpentard. Je ne suis pas sûr que vous ailliez la même définition de préfet que nous. Mais je suppose que trouvez des gens respectueux et avec une morale n'est pas partie facile chez vous.»
Le sourire mauvais, Santana croassa.
« Vraiment ? Alors rappelez-moi qui a gagné la coupe des quatre maisons, l'année dernière ? Qui sait qui a fait gagner le plus de points à sa maison ? »
« C'est normal, tu raquettes tout le monde à la moindre chance ! Tu terrorises les élèves et tu inventes des histoires devant Sylvester et July pour voler des points !» se défendit Kurt.
« Et c'est ça qui vous a sauvés ! Serdaigle n'était qu'à 33 points derrière vous ! Avec tous les matchs de Quidditch que l'on a remporté contre vous, la victoire aurait dû nous revenir ! » Tempêta Quinn, piquée à vif quand il s'agit de Quidditch.
« Ah ouais ? Ben t'auras qu'à me le prouver cette année, Lucienne. Maintenant que t'es Capitaine de l'équipe, tu vas pouvoir remuer ton gros popotin des gradins et montrez que tu es plus qu'une grande gamelle. »
Quinn soupira. Santana avait l'étrange talent de faire ressortir le pire des gens.
« Ecoute, Rachel est très heureuse d'être préfète, tu sais combien ça lui tient à cœur. Elle était vraiment très triste de ne pas avoir été élue en cinquième année, même les bas à motifs que ses pères lui envoyaient tous les jours n'ont pas réussi à lui remonter le moral. Tu as déjà été préfète deux fois. Tout ce qu'on te demande, c'est de paraître surprise et d'essayer d'être relativement amicale, ce n'est pas trop demandé ? »
Ils s'arrêtèrent tous les trois devant le Chaudron Baveur, et Santana s'éloigna, laissant les deux jeunes sorciers à l'entrée du pub.
« Pas de problème. Je serais surprise. Pour vous. »
« Merci. » Approuva Quinn.
« Tellement surprise, je lui mettrais mon pied dans la figure. »
« Trop surprise. Contient un peu tes émotions, Santana. » Cria Kurt après la jeune femme, qui leva un unique doigt, solitaire et grossier dans leur direction.
« -Non, non, non, ma chère, je peux vous assurez qu'elle a vraiment gonflé, comme un crapaud buffle, avant de s'envoler. Je crois qu'on l'a retrouvé quelque part en Irlande, vraiment, magnifique baguette— »
Garrick Ollivander s'interrompit lorsque le charme à l'entrée du magasin retentit, et Santana s'introduisit dans la boutique, furetant les étagères du regard, la démarche paresseuse.
« Par la barbe de Merlin, mais ne serait-ce pas cette chère Santana Lopez ! » Accueillit-il en grande pompe la jeune femme.
« Cela fait un moment que je n'avais plus vu de Lopez dans ma boutique, je suis flatté de votre présence, mais je suppose que le sentiment n'est pas partagé, si vous vous trouvez ici. » Plaisanta-t-il devant une Santana stoïque. « Que puis-je faire pour vous rendre service, Mademoiselle Lopez ? »
La jeune femme resta silencieuse, appréhendant du regard le vieil homme émacié devant elle. Finalement, elle tira de son sac un mouchoir de soie plié contenant les vestiges de sa baguette.
« J'ai eu un accident. » Déclara-t-elle évasivement en tendant le mouchoir au fabriquant. « Je veux qu'elle soit réparée avant la rentrée. »
Le vieil homme ne répondit que par un juron, les yeux exorbités devant les dégâts fait à la baguette. Il releva finalement la tête vers Santana.
« Je crois bien que ce ne soit impossible, Miss Lopez. » Il tritura les morceaux, les analysant un à un. « Dans ma carrière, j'ai vu beaucoup de baguettes malmenés, par leur propriétaire, ou par les aléas de la vie, j'ai vu des baguettes cassées en deux, fracturées, avec des bouts manquants, mais je peux vous dire que je n'ai pas souvent vu des baguettes exploser d'elle-même. »
Santana émit un sifflement, entre l'agacement et la surprise.
« Je ne souviens pas avoir dit qu'elle avait explosé. »
Ollivander lui lança un regard incrédule, et elle grimaça en le voyant tirer sur le ventricule de dragon à l'intérieur du manche.
« Croyez-vous vraiment que je ne connais point mes baguettes ? » Il émit un petit claquement de langue en posant le mouchoir sur son bureau.
« Je ne sais pas ce qui a bien pu vous arrivez pour que votre baguette s'autodétruise de la sorte, mais il est sûr que les dégâts sont irréparables. Le cœur est mort. Je ne peux plus rien pour elle. » Informa-t-il gravement.
Devant le regard acéré du fabriquant, Santana resta de marbre, mais elle ne put s'empêcher de froncer tristement des sourcils. Elle se reprit rapidement, et d'une voix détachée et autoritaire, elle déclara pompeusement :
« Et bien dans ce cas, vendez m'en une autre. La même. »
Ollivander roula des yeux.
« Je vends mes baguettes à travers tout le pays, parfois même dans d'autres contrées. Les baguettes Ollivanders font partis des meilleurs au monde depuis que mon ancêtre, Gerraint Ollivander a créé l'enseigne. J'ai vu des sorciers de tous les horizons venir ici, et je ne suis en rien étranger aux guerres politiques et sociales que les familles de sorciers se font, mais vous seriez prié de laisser vos privilèges sociaux et accoutumances à la porte, mademoiselle Lopez. Ici, vous ne recevrez pas le respect de votre rang, mais celui que vous méritez. »
Tentant de noyer la vague d'humiliation qui risquait de la submerger, Santana se contenta de se racler la gorge et relâcha sa posture. Elle laissa tomber son sac au sol et passa la main dans ses cheveux. Finalement elle reprit.
« S'il vous plait, Monsieur Ollivander, vous connaissez ma famille, vous leur avez toujours vendu des baguettes de Noisetier. » Elle jeta un regard triste aux restes de son ancienne baguette. « Il m'en faut une autre. Peut-être pas la même, mais il m'en faut une en noisetier. »
Le vieil homme la fixa attentivement, une note de sympathie dans le regard. C'est ce qu'elle détestait chez les Ollivanders, ils avaient cette fâcheuse tendance à vous lire aussi facilement qu'un livre pour enfant.
« Vous souvenez vous de la première fois où vous avez mis un pied dans mon magasin, Miss Lopez ? »
« Vaguement. » Elle se radoucit, presque timide. « L'excitation de recevoir ma première baguette surpassait le reste. »
Le fabriquant lui rendit un sourire paternel radieux.
« Ça, pour être excitée, vous l'étiez. Jusqu'à ce que votre père vous gronde pour ne pas avoir démontré le comportement dû à votre rang. »
Santana se renfrogna légèrement, ne voulant pas aborder ce sujet.
« Vous souvenez vous de la baguette que j'ai essayé de vous vendre ? La baguette qui vous avez choisi ? »
Les deux sorciers se dévisagèrent un moment, Ollivander finit par détourner le regard et s'avancer vers une étagère. Santana se racla la gorge.
« Bois de Prunellier. » Murmura-t-elle dans un souffle, comme par peur d'être entendu.
Ollivander fit volte-face, surpris, avant de se radoucir et de sourire.
« Oui, Bois de Prunellier. Un bois peu commun, Miss Lopez, pour les gens dotés d'un fort esprit combattif et protecteur. Une baguette très loyale, en dépit de son apparence épineuse. Peut-être la plus loyale de toutes. » Le vieux sorcier semblait perdu dans ses souvenirs.
« Mais votre père a refusé de l'acheter, insistant pour que je vous donne une baguette de Noisetier. Il vous en a fait essayer une demi-douzaine avant d'en trouver une qui ferait l'affaire. » Il posa le regard sur la baguette brisée. « C'était une bonne baguette, et plutôt une bonne combinaison. »
« Elle m'a été très fidèle. » Santana ne put s'empêcher de défendre son ancienne baguette.
« J'ai dû détruire la baguette de prunelier. »
Interloquée, Santana continua à fixer le vieux fabricant, qui la dévisageait songeusement.
« Après votre passage, elle refusait ne serait-ce que d'être prise par un autre sorcier. Il aurait été impossible de la vendre à qui que ce soit. J'ai donc été contraint de m'en séparer. »
Santana contempla les immenses étagères, essayant de chasser l'étrange nœud d'émotion logé dans sa gorge. Il n'était pas bienséant de se mettre dans de tels états pour un stupide bout de bois.
Un frisson bref d'effroi la parcouru lorsque qu'elle croisa une paire de yeux prussiens au beau milieu des étagères de baguettes, avant de froncer le visage de manière menaçante en réalisant qu'ils étaient espionnés. Elle entendit une inspiration brusque, avant que les yeux ne disparaissent.
« Vous savez, au fond, la baguette de Noisetier est idéale pour les gens de votre famille. »
La voix du vieil homme la ramena à la réalité. Ollivander la fixait, mais son regard semblait encore lointain.
« Mais pas pour vous. »
Piquée au vif, Santana s'apprêta à faire connaître le fond de sa pensée lorsque le sorcier reprit.
« Le Noisetier est un bois très sensible aux sentiments. Il fait toujours un très bon duo avec un sorcier qui maitrise parfaitement ses émotions, mais les résultats sont incertains avec les autres. C'est une baguette qui absorbe les émotions, principalement les négatives, comme une éponge, et les déversent par la suite à l'improviste. » Il s'interrompit avant de lancer un regard plein de sympathie à la jeune sorcière. « Dans certains cas, après une trahison d'un être important, ou d'une incroyable déception, la baguette s'autodétruit, incapable de canaliser votre énergie. »
Les mâchoires crispées et les lèvres pressées, Santana gronda face à l'éclat de pitié dans les yeux du fabricant.
« Vous êtes une jeune femme brillante et pleine de ressources, aussi dotée d'un statut social élevé, il est temps de penser à vous et à ce que vous voulez être, et non pas ce que les autres veulent que vous devenez. »
Il tendit le bras de manière invitante vers elle.
« Et tout cela commence par une simple action, comme choisir sa propre baguette. Ou plutôt la laisser vous choisir. »
La jeune femme le rejoint, tendue certes, mais tout de même de son propre chef. Il lui sourit, avant de tendre la tête vers les étagères du fond.
« Mademoiselle Pierce, il semblerait que nous nous sommes trouvés un challenge, venez donc mettre en pratique ce que vous avez appris ! »
Une série de bruits sourds, comme des boites que l'on fait chuter retentit dans le magasin, et une blonde élancée apparut de derrière les étagères, le sourire gêné et les joues teintées délicieusement de rose.
Santana appréhenda la nouvelle venue du regard. Les yeux de celles-ci se glissèrent jusqu'à elle et inconsciemment, Santana serra les dents, piquée à vif.
« Je me demandais bien qui pouvais nous espionner de derrière des boites. »
La blonde s'empourpra un peu plus, gentiment, le sourire tendre. Santana se tourna vers Ollivander.
« Je n'ai pas le souvenir vous avoir jamais vu avec un apprenti. Je croyais que votre boutique était exclusivement familiale ? »
D'évidence de bonne humeur, le vieil homme secoua la main, attirant la blonde vers la lumière.
« C'est le cas, Mademoiselle Lopez, c'est le cas ! Brittany ici présente n'est pas là pour récupérer nos secrets de fabrication de baguettes mais en formation de recherche. Son père est un très bon ami, et aussi l'un des chercheurs et aventuriers les plus reconnus d'Europe du Nord et de l'Est. Je m'en voudrais de laisser sa fille suivre ses traces sans la préparer un minimum aux difficultés de la recherche. » Il sourit de manière paternelle à la blonde. « Et vous vous en sortez à merveille, ma chère. Je ne manquerai pas de le mentionner dans le rapport à votre père. »
Brittany –c'était son nom- replaça une mèche de sa frange derrière son oreille et sourit adorablement au vieil homme, retroussant son nez.
« Vous expliquez bien mieux que mon ancien tuteur, Mr Ollivander. Je sais que j'ai tendance à être difficile à enseigner. »
D'aussi près, Santana pouvait à présent voir un visage anguleux, criblant de taches de rousseurs une peau d'ivoire parfaitement lisse et incrustée de deux magnifiques yeux bleus comme un ciel d'été, taillés agressivement en amandes. La jeune sorcière était grande et élancée, avec de fines articulations, mais sous la chemise et le tailleur, Santana pouvait deviner des muscles délicatement tissés et travaillés.
" Vélane… " Réalisa Santana, une moue de dégoût creusant son chemin jusqu'à son visage.
Santana n'aimait pas les vélanes. Toutes des garces manipulatrices du plus haut niveau. Bon, peut-être que les sœurs Fabrays étaient une exception. Et aussi Hummel, sa mère étant d'origine Vélane avant qu'elle ne meurt à la fin de la grande Guerre de Poudlard.
Peut-être que toutes les vélanes n'étaient pas horrible.
Mais celle-là, avec son sourire doux et ses yeux encore plus attendrissants, lui ébouriffait le poil de la pire manière qu'il soit. Elle se sentait comme un chat obèse défendant sa gamelle de fondue.
Intolérable.
« Vous savez quoi ? Je crois que je vais vous laissez vous débrouiller entièrement avec Mademoiselle Lopez. Vous avez passé tout l'été à étudier les bois et cœurs, trouvez donc la baguette idéale pour notre cliente et votre stage sera fini. »
Il tapota gentiment l'épaule de Brittany qui hocha la tête, confiante.
Rien que pour ça, Santana aller rendre les choses bien plus difficiles.
Comme la grosse garce qu'elle était.
En trois grandes enjambées –facile, avec des jambes comme celles-là, urgh vraiment trop horrible cette fille-, Brittany se retrouva nez-à-nez avec Santana et, okay, la brune ne s'attendait pas à ce que ces deux grands orbes de cyanure soit aussi près de son visage et fit un soudain pas en arrière, sifflant.
Sérieux, elle allait bientôt se mettre à feuler si ça continue.
Brittany ne sembla pas remarquer l'avertissement et se contenta d'étudier Santana du regard, avant de tourner la tête vers Ollivander.
« Elle n'est pas très grande. Pas petite non plus, mais elle est menue— »
Santana émit un long et aigu bruit de gorge.
« Et elle semble avoir beaucoup de caractère. » Termina la blonde, lui jetant un coup d'œil amusé et Santana tenta de mettre en place son expression la plus outrée.
Ollivander hocha la tête, encourageant la blonde à continuer.
« Je dirais qu'on devrais chercher une baguette d'une petite trentaine de centimètres. Pas trop grande non plus - »
Santana plissa les yeux face aux expressions béates d'idioties que portaient les deux sorciers sur leur visage. Elle avait l'horrible impression d'être moquée dans une langue étrangère…
« Rigidité ? » demanda simplement le vieux sorcier.
« Inflexible. » Déclara la blonde, le coin de sa lèvre supérieur se soulevant dans un sourire tordu plein d'espièglerie.
Ollivander s'esclaffa brièvement.
Ok. Pas qu'une impression.
« Et si vous m'expliquiez, au lieu de glousser comme des collégiennes, peut être que je pourrais vous aidez ? Qu'on en finisse au plus vite… » Maugréa Santana.
« Ne faites pas cette tête, Mademoiselle Lopez, la taille d'une baguette n'est pas déterminé par le gabarit de son possesseur, mais par la personnalité de celui-ci. Une grande baguette requiert une grande personnalité. Bien sûr, il y a d'autres conditions qui rentrent en jeu, mais en général une petite baguette ne convient qu'aux personnes démontrant une… carence dans leur psyché. » Il s'interrompit, pensif. « La plus petite baguette que j'ai vendu été à une certaine Dolores Ombrage… »
« La rigidité d'une baguette détermine le degré d'adaptabilité et d'ouverture au changement qui caractérise le couple formé par le sorcier et sa baguette magique. » Récita la blonde comme une leçon, gagnant à nouveau l'attention de Santana qui la dévisagea.
« Tu es en train de dire que je suis intolérante ? » Menaça la brune.
« C'est ce que tu en as déduis ? » Rétorqua immédiatement la blonde intensément, mais dénuée de mauvaises intentions.
Surprise, Santana resta silencieuse.
« Mesdemoiselles ? » Intervint Ollivander, souriant mystérieusement aux deux adolescentes.
Brittany gonfla les lèvres dans une moue adorable.
« Je ne connais que le côté théorique des matières que vous m'avez enseigné, Mr. Ollivander, je ne peux pas désigner une baguette parmi toute celles que vous avez, ni monter un profil du client, je n'en suis pas capable. »
« Alors prenons les choses une par une. » Motiva-t-il. « Souvenez-vous de nos expériences. Quels bois pourraient convenir à un tempérament explosif, une loyauté exacerbée et une perspicacité profonde ? »
Santana se trémoussa, légèrement troublée par la description du sorcier et le regard de la blonde qui semblait se creuser un chemin jusqu'à son âme.
« Peut être… Le Cèdre ? » Demanda-Affirma Brittany.
Le vieil homme accepta la réponse, satisfait. Il tira une longue boîte de l'étagère derrière lui, et la tendit à la blonde qui l'ouvrit et la proposa à Santana.
La brune étudia la baguette avant de lever le regard vers Ollivander.
« Bois de Cèdre. Crin de licorne. 33.15 Centimètres. Rigide. Chaque fois que je rencontre quelqu'un qui possède une baguette en bois de cèdre, je trouve en lui une force de caractère et une loyauté peu communes. Mon père, Gervais Ollivander, disait souvent : « On ne peut jamais berner le possesseur d'une baguette de cèdre », et je suis d'accord avec lui. La baguette de cèdre ne se sent à l'aise que dans la perspicacité et le discernement. J'irai cependant plus loin que mon père en disant que jamais je n'aurais l'idée de mettre en colère le possesseur d'une baguette de cèdre, surtout si c'est en faisant du mal à quelqu'un qu'il chérit. La sorcière ou le sorcier à qui le cèdre convient le mieux représente un adversaire potentiel redoutable et ceux qui le défient sans réfléchir ont souvent la fâcheuse surprise de le découvrir à leurs dépens. »
Bluffée par le barrage d'informations, Santana se saisit le manche de la baguette lisse et claire. Elle tenta un rapide sortilège informulé, mais à peine fini qu'Ollivander se saisit de la baguette et la remit dans son écrin.
« Mmmh, non. »
Interloquée, elle le fixa avec de gros yeux, mais il ne lui prêtait aucunement attention, focalisé sur Brittany.
Wow. Grossier le vieux shnock.
« Autre chose, Mademoiselle Pierce ? »
La blonde fixa le plafond, en pleine réflexion.
« Chêne ? »
« Blanc ou rouge ? »
Elle se mordit la lèvre inférieure, vaincue.
« Les deux correspondent. »
Ollivander se saisit d'une boite derrière Santana et lui tendit l'écrin.
« Chêne rouge. Ventricule de dragon. 28.5 cm. Légèrement souple. On entend souvent des ignorants dire qu'une baguette de chêne rouge est le signe infaillible du tempérament emporté de son propriétaire. En réalité, le partenaire qui lui convient le mieux est capable de réactions d'une rapidité exceptionnelle, ce qui en fait une parfaite baguette de duel. D'après mes observations, le maître idéal de la baguette en chêne rouge, moins commun que le chêne anglais, est délicat dans son toucher, il à l'esprit vif et adaptable, il est souvent l'inventeur de sortilèges personnels qui sont sa marque de fabrique et dans un combat, on est content de l'avoir pour allié. À mon avis, les baguettes de chêne rouge sont parmi les plus belles qui soient. »
Pourtant, lorsque Santana se saisit du manche, la baguette émit un sifflement de cocotte-minute et Ollivander s'empressa de la ranger.
Gonflant une joue, Santana contînt son agacement. Il n'est jamais plaisant d'être rejetée. Encore moins par un bout de bois.
Le sorcier se retourna vivement vers Brittany.
« Cherchez, Mademoiselle Pierce, je suis sûr qu'il y a un bois qui conviendrait parfaitement à notre cliente. »
Embarrassée par ses échecs, la blonde resserra sa longue queue de cheval droite, soufflant sur sa frange recouvrant une partie de son visage.
Elle scruta Santana qui se redressa imperceptiblement, les lèvres pincées dans un agacement mal contenu, des yeux comme une nuit de tempête et des longs cheveux de Jai, rappelant la soie de minuit-
Tout à coup, elle s'écria :
« Noyer ! »
« Noyer ? » Répéta le sorcier surpris et…alarmé ?
Santana fronça les sourcils d'inquiétude face à sa réaction mais la blonde était déjà partie chercher la baguette. Elle demanda :
« Quelles sont les propriétés du Noyer ? »
« C'est une baguette qui ne doit être proposé qu'aux sorciers les plus intelligents car elle a l'étrange capacité de dominer les esprits les plus faibles. » Expliqua lentement le sorcier.
Voyant la brune prête à s'insurger, il trancha.
« C'est néanmoins une baguette sans scrupule, qui couplée avec un sorcier brillant, exécutera n'importe quel sortilège, principalement les plus risqué. C'est un bois particulièrement mortel et il a l'horrible habitude de s'auto-encourager avec son sorcier d'une manière particulièrement malsaine. » Hésitant, il ajouta. « La dernière en date que j'ai vendu a été à Bellatrix Black. »
Horrifié, Santana regarda dans la direction où Brittany avait disparu.
La blonde avait jugé bon de la soumettre à une telle baguette ?
La sorcière en question revînt rapidement d'un pas dansant et présenta une baguette à l'apparence noble, d'une couleur sombre et riche, fine et lisse.
Un brin dégoutée, Santana se hâta de placer une main sur la baguette, attendant impatiemment d'être rejetée par cette dernière.
Mais rien de cela n'arriva, et au contraire, la baguette laissa échapper une épaisse couche d'au-delà qui réchauffa le bras puis le corps entier de la brune.
Scandalisée, Santana releva la tête, prête à exiger des explications, et elle fut accueillie par le sourire courbé de la blonde, qui semblait très satisfaite.
« On dirait que nous avons trouvé un duo gagnant. » chantonna-t-elle d'une voix grave et douce. Santana ne remarqua qu'à cet instant l'étrange accent guttural qui pointait sur certaines inflexions de la blonde, donnant des reflets rauques et séducteur à sa voix.
Elle décida qu'elle n'aimait pas du tout cet accent.
Santana se tourna vers Ollivander, mais le vieil homme avait à présent un léger rictus sur les lèvres, comme s'il venait de se rappeler d'une vieille plaisanterie.
« Mademoiselle Pierce, Pouvez-vous me décrire les propriétés du Noyer ? »
La jeune sorcière hocha dynamiquement la tête, et saisit une liasse de parchemins remplis de notes faites main.
« …La baguette de noyer noir recherche un maître à l'instinct sûr, doté d'une profonde perspicacité. Le noyer noir est un très beau bois, mais ce n'est pas le plus facile à maîtriser. Il présente une bizarrerie très prononcée qui se manifeste par une sensibilité anormale aux conflits internes et il perd sa puissance de manière spectaculaire lorsque son propriétaire fait preuve d'aveuglement, sous quelque forme que ce soit. Si le sorcier qui l'emploie ne peut ou ne veut pas être honnête avec lui-même ou avec les autres, la baguette se révèle souvent incapable de fonctionner correctement et doit être confiée à un nouveau propriétaire si on veut qu'elle retrouve ses performances d'origine. Associée à un possesseur sincère, doté d'une grande conscience de soi, elle devient cependant l'une des baguettes les plus loyales et les plus impressionnantes, avec un don particulier pour toutes les sortes d'enchantement. »
Une fois les notes décrites, elle chercha l'appréciation du fabriquant de baguette.
Confuse, Santana alterna du regard entre les deux sorciers.
« Mademoiselle Pierce, Ce ne sont pas les propriétés du Noyer. » Devant l'expression hébétée de la blonde, il reprit « Ce qui est plutôt une bonne chose, car cette baguette n'est pas non plus une baguette de Noyer. »
Ollivander ne put retenir un éclat de rire face au visage abasourdis des deux jeunes femmes.
« Je crains fort que vous ne confondez le Noyer et le Noyer noir, ma chère, qui sont deux bois fort distincts. »
Embarrassée, la blonde s'excusa vivement.
« Je suis vraiment désolée, Mr. Ollivander, je n'avais pas réalisé qu'il y avait deux bois pour le Noyer. J'ai toujours cru que Le Noyer noir était le seul bois que vous utilisiez. »
« Comme Gregorovitch, c'est cela ? » Demanda-t-il.
Devant l'expression nerveuse de la jeune sorcière, il se radoucit.
« Je ne comprends pas pourquoi votre père a insisté pour que vous appreniez les notes de cet idiot. Gregorovitch était connu pour mettre tout et n'importe quoi dans ses baguettes, comme peut l'attester celle que vous aviez la première fois que je vous ai vu. »
Il se tourna vers Santana et reprit d'un ton plus enjoué :
« Vous voilà en possession d'une magnifique baguette de Noyer noir. Plume de phoenix. 31.25 cm. Inflexible. » Il lui lança un clin d'œil face à l'ombre de soulagement qui passa sur le visage de la brune.
« Mademoiselle Pierce ! » Appela-t-il sans se retourner. « Quels sont les trois seuls cœur de baguette que les Ollivanders utilisent ? »
Brittany tendit la main vers Santana, voulant récupérer la baguette. Tout en rangeant, elle énuméra :
« Crin de licorne. Produit une puissance constante et une grande loyauté. Très difficile à convertir aux forces obscures. Néanmoins manque de puissance offensive et peut se laisser tuer par la mélancolie.
Ventricule de dragon. Plus grande force offensive. Autodidacte. Capable d'une magie très impressionnante. Son grand défaut est dans sa capacité à changer d'allégeance et à se tourner plus facilement vers les forces obscures. Le plus prône aux accidents.
Plume de Phénix. Cœur rare qui offre un très large éventail de pouvoir magique. C'est un cœur extrêmement exigeant qui démontre une très grande autonomie, ce qui déplait souvent aux sorciers. Très certainement une baguette dure à apprivoiser, à personnaliser, dont la confiance viendra avec beaucoup d'efforts. »
Enchanté, le sorcier, frappa poliment dans ses mains.
« Vous voyez que vous pouvez le faire ! Je n'ai jamais douté de vous ! »
Brittany se frotta le nez, un sourire gêné sur les lèvres.
Santana, elle, ne souriait pas.
« Vous êtes bien sûr que toutes ces descriptions servent vraiment à quelque chose ? » railla-t-elle. « Je lis l'horoscope des Verseaux tous les matins, et je doute qu'ils ont tous un fort besoin d'affection, une rentrée d'argent imminente et des pieds douloureux cette semaine. »
Elle s'attendait à une réponse désobligeante du vieil homme, et fut surprise lorsque ce fut Brittany, préparant méticuleusement sa nouvelle baguette qui lui répondit.
« C'est le fait d'avoir une baguette avec un caractère encore plus épouvantable que le tien qui te met dans tout tes états ? »
Pardon ? La blonde a-t-elle vraiment ouvert les hostilités avec ce smack down ?
La bouche ouverte dans un « o » offusqué, Santana regarda la blonde devant elle qui se permettait bien des familiarités avec elle. Il était évident que cette fille n'avait aucune idée de qui elle était.
Bitch Please, je vais essuyer le sol avec ta carcasse on t'appellera new wet jet swiffer.
« Et toi, Boucle d'or, quel genre de baguette possèdes tu ? » Questionna-t-elle, le ton doux comme le miel et aussi empoisonné qu'une pomme trop rouge donnée par une vieille sorcière à verrues.
« Châtaignier, crin de licorne. 35,75 cm. légèrement élastique. » Riposta l'autre, une légère touche d'arrogance dans le sourire lorsqu'elle réalisa que Santana ne pourrait tirer que très peu de conclusions sur elle.
« Je croyais que les Vélanes préféraient mettre leurs propres cheveux dans leur baguette ? »
Confuse, Brittany interrogea du regard le fabricant.
« C'est exact. Je me permets une entorse à ma règle des trois cœurs pour les Vélanes. Principalement car cela créé des baguettes tellement personnelles qu'elles doivent être faite sur-mesure. » Il étudia les deux sorcières du regard avant d'ajouter. « Vous êtes amies avec les sœurs Fabrays, si je ne m'abuse ? »
Santana hocha la tête, refusant de quitter du regard la blonde. Il fallait qu'elle apprenne sa place, mais Santana savait bien qu'elle ne pouvait pas ensorceler l'assistante du plus grand fabricant de baguette d'Europe de L'Ouest dans son propre magasin sans conséquences.
Il y avait quelque chose de vraiment agaçant chez cette fille, ok ? Les grosses garces à la Fabray ou les autres filles de sa maison, elle pouvait gérer. Mais celles qui jouent les gentilles sont toujours les pires. Hors de question que cette fille la prenne pour une idiote.
Incapable de remarquer la tension dans son magasin, ou du moins prétendant ne pas s'en rendre compte, Ollivander tapota amicalement l'épaule de Brittany.
« C'est parfait, tout ça ! Peut-être que vous et vos amies pourraient aider Brittany à mieux s'intégrer à Poudlard ! Je sais bien que c'est votre dernière année, et cela risque d'être compliqué pour elle de trouver sa place, mais elle n'en a que pour 1 an, et c'est toujours mieux d'avoir des amis pour nous guider. »
Evidemment. Little Miss Sunshine était un transfert à Poudlard. Roulant des yeux, Santana prit soin de lancer un regard appuyé à la blonde avant de rejoindre le vieil homme à la caisse. Elle déposa les sept Gallions demandés dans la paume du sorcier et sortit du magasin sans un regard pour l'autre adolescente.
Cela ne voulait pas dire pour autant qu'elle ne penserait pas à elle.
« - Et il m'a assuré que cet insigne a été porté par Millicent Bustrode elle-même ! Une si grande artiste ! Et aujourd'hui, c'est moi qui porte son insigne ! Je serais sans nul doute la meilleure préfète que Serpentard ai jamais eu- »
« Oh, génial. » Commenta paresseusement Santana en entrant dans le wagon. « Berry. Exactement qui je voulais voir. »
« Vraiment ? » Demanda Rachel, incrédule.
« Non. Qu'est-ce que tu fais là. Pourquoi t'es toujours là ? » Soupira Santana, excédée.
« Santana. » Rappela Quinn sans quitter des yeux son livre, à la fois décontractée et autoritaire.
« Quoi, sérieux, je pars deux minutes m'acheter des dragées et elle est assise sur ma banquette, en train de boire mon thé ! Et c'est toujours comme ça, elle sort de nulle part comme un gnome ninja dès qu'on a le dos tourné !
Rachel prit ce qu'elle pensait sûrement être une expression offusquée.
« Je sais que perdre toute influence qui soit t'irrites au plus haut point, mais je mérite d'être préfète Santana, surtout lorsque tu l'as été pendant deux ans, titre qui ne te revenait pas de juste droit ! »
La sorcière en question se contenta de rouler des yeux et de piailler d'une voix aiguë, accompagnée d'une gestuelle qui ne manquait pas de rappeler celle de la nouvelle préfète.
Kurt laissa échapper un gloussement par le nez, et Quinn cacha son amusement derrière son livre.
Santana repoussa les jambes- plutôt longue pour la naine- de Rachel et s'affala sur la banquette, jetant négligemment son sachet de dragées de Berticrochus sur la petite table au centre.
« Et le Fababy ? Elle est où ? »
Kurt se pencha pour récupérer une poignée de dragées qu'il partagea avec Rachel, avant que Quinn ne daigne lever le visage –mais pas les yeux- vers la brune.
« Avec Kitty, comme souvent. Je n'aime pas qu'elles passent autant de temps ensemble mais elles étaient déjà amies à Beauxbâtons, je n'ai pas vraiment à intervenir. »
Kurt hocha la tête.
« Kitty était déjà une sacrée garce à l'époque. Etonnant vu que Charlie est un véritable amour. Mais si elles sont amies… »
« Elles doivent être avec tous les gosses cool de Serpentard. » Quinn désigna de la tête le fond du train. Santana la regarda se dissimuler à nouveaux derrière son livre intitulé Comment établir le contact avec les animaux magique par K. Pierce.
« Tu lis ce genre de truc ? » Grogna Santana, la mine renfrognée.
Les trois autres occupants jetèrent un coup d'œil à la couverture avant de regarder Santana comme si elle avait prédit le retour du mulet dans tous les salons de coiffure.
« Koenrad Pierce est l'un des plus grands chercheurs-aventuriers de notre époque, Santana. Lui et sa famille sont des scientifiques acclamés depuis des générations. On raconte que c'est son grand-père qui a découvert le remède à la Dragoncelle. Et ses récits sont actuellement très intéressants. C'est un homme tout à fait… spécial, dans sa vie comme dans son langage. » Expliqua passionnément Quinn, comme à chaque fois qu'il s'agit de livres.
« Son livre sur la cohabitation avec les sirena encantada est une véritable merveille. Avoir eu la chance d'entendre le chant de ces créatures, et vivre pour le conter… » Souffla Rachel, les yeux lointains.
« Eww. Tripes et rognons. » Grogna Kurt, crachant son dragée.
Santana fit une moue dégoutée, détournant le regard. A travers la porte vitrée, elle put apercevoir une tête blonde familière –elle ne devrait pas l'être- qui gesticulait joyeusement devant le chariot de sucreries.
« Sa fille est ici. »
Devant les regards perdus de ses amis, elle souffla.
« Koko Pierce. Ça fille est ici. Elle va faire sa dernière année à Poudlard. »
Kurt ouvrit la bouche d'une manière peu ragoutante, vu qu'elle était encore pleine. Quinn claqua sèchement son livre et Rachel avait arrêté de respirer.
Peut-être que Santana aller rester encore un peu sans rien dire, juste pour voir…
« Quoi ? »
Santana tapota la vitre en direction de la blonde. Les trois sorciers suivirent son doigt du regard.
« Je l'ai rencontré chez Ollivander's hier. Apparemment papa a tiré des ficelles pour que mademoiselle se perfectionne au métier de la recherche, ou un truc du genre. C'est elle qui m'a trouvé ma baguette. »
« Une vraie petite garce. » Ajouta-t-elle comme bonne mesure, récoltant des regards sceptiques. « Elle a passé son temps à me prendre de haut et à se moquer de moi avec son petit sourire arrogant je-vaux-mieux-que-toi. Et elle à pas l'air d'essuyer beaucoup de refus grâce à son physique. Elle a l'air d'en profiter à mort, sans parler du statut de papa Pierce… »
Kurt ricana.
« Permet moi de douter de tes dires lorsque tu viens tout juste de te décrire. »
Santana gronda lorsque Quinn et Rachel le rejoignirent dans sa moquerie.
« J'en conclus que tu as été adorablement toi-même et qu'elle a osé ne pas pleurer de peur devant ton intimidante personne, ni de se laisser marcher sur les pieds ou même de baver en transe devant toi ? » aguicha Quinn.
« Dis comme ça… » Bougonna Santana.
Un mouvement dans sa vision périphérique attira son regard, et elle put voir la fameuse blonde en question jeter ses bras autour du cou d'une fille plus petite aux cheveux châtains foncés légèrement bouclés. Elle ne put voir le visage de l'autre fille, mais en tendant le cou elle put voir la cravate émeraude et argent pendant sur son torse. Elle fronça les sourcils.
« Sérieusement, Santana. Tu rencontres la fille d'un illustre savant de notre civilisation, et t'arrives déjà à te la mettre à dos. Tu devrais faire attention. Il y a des gens qu'il ne faut pas provoquer. » Réprimanda Kurt.
« Elle avait pas l'air très contrarié. » Commenta-t-elle vaguement, le regard toujours rivé sur les deux sorcières dans le couloir. « Et elle a pas l'air de l'être maintenant, avec le grope fest qu'elle nous fait dehors. »
« Non, en effet, je dirai plutôt que c'est toi qui est contrariée. » Remarqua Rachel.
« Et si tu disais rien pour une fois ? » agressa Santana, ne trouvant rien de mieux à répondre. « J'ai pas envie de parler d'elle. Elle n'en vaut pas la peine. Mais libre à vous d'aller mouiller votre culotte en lui demandant un autographe. Pas comme si la moitié des illettrés de l'école connaissent les bouquins d'Indiana Jones des temps modernes. »
De mauvaise humeur, elle se vautra confortablement sur la banquette, tournée vers la fenêtre. Elle passa son casque audio-visuel de chez Derviche et Bang sur son visage, loupant de peu les regards entendus des trois autres occupants du wagon, et enfourna une poignée de dragée dans sa bouche.
Eww. Choco-litchi-épinard-sushi.
Etre à Poudlard, ce n'est pas si différent de ces écoles de Moldus dans les séries télé que ça mère adore regarder.
Venir d'un foyer sang-mêlé avait ses avantages.
Il y avait des histoires de réputation, de ragots, de prouesses en tout genre, et Santana pouvait dire en toute certitude qu'il n'y avait pas une seule âme à Poudlard qui ne l'a connaissait pas. Ça allait venir pour les premières années.
Bien sûr, le fait d'être en dernière année donnait des bonus non négligeables. Etre les plus âgés, les plus craints et respecté était extrêmement plaisant.
Il y avait encore les inconvénients comme les ASPICs à passer, et devoir se chercher une orientation, mais autrement, la septième année était juste le paradis.
C'est pourquoi elle s'était permis une entrée en grande pompe dans la grande salle, performant un catwalk qui ferait verdir d'envie Charlize Theron. Les septièmes années étaient toujours les plus admirés de l'école, et Santana était sûre de récolter des regards envieux et effrayés. Ses favoris. Bien sûr, être entourée de trois préfets dont un en chef y était aussi pour quelque chose.
Pas qu'elle est besoin du titre de préfète pour se faire respecter. Elle était la batteuse de l'équipe de Quidditch de Serpentard. Elle avait remporté le tournoi de duels poussin en troisième année. Elle avait fait découvrir à l'école entière que oui, le pouss'os marchait aussi sur les pénis lorsqu'elle pulvérisa celui de Josh Coleman en cinquième année. Le garçon n'a plus jamais été le même après cette nuit à l'infirmerie. Elle avait aussi passé une nuit entière dans la cabane hurlante après un pari l'année dernière. Les trois mois de retenues qui suivirent son retour à Poudlard en avait valu la peine.
Les quatre adolescents s'assirent en tête de table de Serdaigle, attendant l'arrivé complète des élèves avant de regagner leurs places respectives.
C'était un peu une habitude, les élèves de la chorale de Poudlard se retrouvaient souvent autour de la table de Serdaigle pour échanger les dernières nouveautés.
« Ils peuvent pas se grouiller, les mioches de première années ? » Maugréa Santana. « J'ai une de ces dalles. »
« Tu vas devoir prendre ton mal en patience. Il faut d'abord assister à la cérémonie des répartitions des premières années et ensuite celle des transferts. » Expliqua inutilement Rachel.
L'attention de Quinn sembla s'être échappée de la discussion et quelques secondes plus tard, une cravate rouge et or pendit devant les yeux de Santana.
« Alors, les vieux croulants, ça râle encore ? »
« Non, juste Santana. » Défendit Kurt.
La nouvelle venue s'assit à côté de la brune en question, un sourire plein d'espièglerie faisant briller ses dents parfaites de star hollywoodienne.
« T'as rien d'autres à faire, Charlotte ? Je ne veux pas être vue en compagnie d'une mioche qui a encore de la morve au nez. » Piqua gentiment Santana à l'attention de la petite blonde.
Charlotte Fabray, tout comme sa sœur, avait hérité d'une beauté évidente, comme tout descendant de Vélane. Mais là où Quinn pouvait sembler froide et distante, Charlie était enjouée et chaleureuse. Elle possédait toutefois cette arrogance caractéristique des Fabrays.
« M'appelles pas comme ça. » Cracha la blonde, faisant la grimace devant son nom complet.
« Charlie, ta cravate est dénouée, et ta chemise ressort de ta jupe. » Critiqua Quinn, l'œil acéré d'une préfète et d'une Fabray.
Chassez le naturel, il revient au galop avec des steelboots montantes, la clope au bac, criant « motherfucker ain't shit ! ».
Malheureusement la blonde n'avait pas les mêmes attentes et standards que son ainée.
« Relax, Quinnie, la cérémonie a pas encore commencé. J'ai croisé les autres qui débarquaient à peine. Puck se faisait mettre la misère par Mercedes et Unique quand je suis arrivée à la table des Griffondors. Et celle des Serpentards suffit déjà à remplir cette salle au moins trois fois avec les egos qui y sont déjà présent. Tu veux aller y ajouter le tien ? » Taquina Charlie, remuant les sourcils dans la direction de Santana, ses yeux verts brillants d'amusement.
Cette dernière fit une moue dégoutée.
« Pourquoi ? Pour les entendre se mesurer les uns aux autres pour savoir lequel a le trou du cul le plus beau et plus prestigieux ? Très peu pour moi. J'aimerai passer ma première soirée sans finir en retenu pour avoir repeint les murs de Serpentard aux couleurs de Griffondor. »
Ils furent interrompus par Mike, Tina, et Artie s'installant aux côtés de Quinn.
« Je me demandais aussi où était passé le ménage à trois. »
Tina fronça les sourcils.
« Santana, on te l'a déjà dit mille fois. Artie est juste notre ami. »
Santana roula des yeux.
« Oh, je t'en prie. C'était ton petit ami jusqu'en cinquième année. Puis t'es partie avec Bruce lee et malgré ça, ils sont devenus meilleures amis, et maintenant vous êtes toujours fourrés ensemble, tous les trois. Ça pue la polygamie, votre histoire. Un truc d'asiat', surement. Les mangas, et tout ça… »
Tina leva un sourcil.
« Dois-je donc en conclure que tu es dans une relation bisexuelle polygame avec Quinn, Rachel et Kurt ? »
Les quatre intéressés se foudroyèrent mutuellement du regard, défiant qui que ce soit d'ajouter quelque chose, et ignorant délibérément Charlie qui faisait des bruits de baisers mouillés dans leurs oreilles.
« Vous avez entendu ? » Réagit Mike pour la première fois, comme si de rien n'était. « Les transferts de cette années sont de Durmstrang. »
« Sérieux ? C'est rare, ça, ça fait des années qu'on n'en a pas eues. »
Ils se tournèrent tous en direction de la nouvelle voix, et se retrouvèrent face au duo de choc, Sam Evans et Blaine Anderson, assit à quelques pas de là sur les bancs de la table de Poufsouffle. En face d'eux se trouvait Finn qui semblait échanger des cartes de chocogrenouilles avec Matt, le joueur de Quidditch muet, pendant que les inséparables Ryder et Marley étaient perdus dans ce qui semblait être une intense discussion sur la qualité des vêtements que proposait Gaichiffon.
« C'est vrai, on commençait à en avoir marre de tous ces jolis cœurs de chez Beauxbâtons et leurs super-gènes de tricheurs. » plaisanta Santana à l'attention de Kurt et des Fabrays.
« Tous les élèves de Beauxbâtons ne sont pas des Vélanes, Santana. Mais deux des plus grandes colonies se situent en France, notamment près de Bordeaux et de Marseille. » Récita d'une traite Rachel.
« Wow, Merci Rachel, la prochaine fois que j'ai besoin que l'on m'éduque sur ma propre culture, je te ferais un signe. » Moqua Kurt.
Un tintement de verre interrompit la réflexion de Rachel, et Kurt et Charlie se levèrent d'un bond, sautant vers le banc des Griffondors non loin de là.
D'ici, Santana pouvait voir tous les premières années réunit à l'entrée de la grande salle, terrorisés comme des bébés mandragores que l'on déterre pour la première fois du pot. A la table des professeurs, MacGonagall se tenait droite et debout, intimidante malgré les années, prête à discourir.
Santana attrapa Rachel par la cravate, et la traîna vers la table la plus éloignée.
« On s'arrache, Berry. »
Malgré le signe incontesté de silence de MacGonagall, Santana pouvait encore entendre les murmures pompeux qui animés la table des Serpentards. Seuls des prétentieux de leurs acabits manqueraient de respect face à une telle héroïne de guerre.
Roulant des yeux, elle chercha à s'éloigner le plus possible de tous ceux qui pourrait potentiellement lui donner envie de s'arracher les cils un à un à la pince à épiler et procéda par élimination de tous ceux qui aime entendre le plus leur propre voix.
Elle s'assit finalement à côté de la sorcière au visage le plus ennuyé qu'elle ait eu le plaisir de connaître.
« Kara. »
« Santana. »
Kara Ivankov est l'une des seules personnes de sa maison qui ait relativement le droit à son respect. Elle avait la singulière particularité, pour une Serpentard, de préférer le silence au son de sa propre voix, et semblait toujours éviter toute situation idiote ou action inutile.
Santana irait même jusqu'à dire qu'elle fait une plaisante colocataire. Ça, et le fait qu'elle en donnerait pour son argent aux autres vélanes en faisait une vision et compagnie plutôt agréable.
L'affiche même du « sois belle et tais toi. » Tout à fait le genre de Santana.
« On a passé de chic vacances au pays des homosexuels refoulés alcooliques ? » Demanda d'une voix mielleuse cette dernière.
Ça ne voulait pas dire qu'elle allait être sympa pour autant.
Sa camarade laissa échapper un court rire de fond de gorge.
« Je ne savais pas qu'il y avait encore des gens qui utilisait le mot « chic ». Préviens-moi si tu sens l'envie d'en utiliser d'autres, comme « chouette », « fun » oh, ou encore « peps », que je puisse avoir le temps de briser toutes connections qui puissent exister entre nos deux familles. »
« Wow, tu veux que je te serves un verre d'eau ? Autant de mots en si peu de temps, je suis impressionnée. Ne te pousses pas trop, tu pourrais te faire du mal. »
« Me servir un verre d'eau ? Quelle amabilité ! C'est peut être toi qui devrait y aller mollos. »
Un rictus amusé se dessina sur la bouche de la sorcière d'origine slave et Santana le lui rendit.
Les derniers murmures disparurent et la voix de MacGonagall résonna gravement entre les murs de la Grande Salle forçant Santana à prêter finalement attention au discours.
« - Et donc, Bonsoir et Bienvenue à Tous pour cette nouvelle année à Poudlard. Je ne vais pas m'épancher, depuis ce temps, vous connaissez la chanson, et je sais combien vos ventres de garnements sont affamés. » Elle lança un regard appuyé par-dessus ses lunettes, et de discrets gloussements affirmatifs lui répondirent.
« Je vais me contenter de vous souhaiter une très bonne année parmi nous, pour ce qui est des nouvelles têtes, vos préfets respectifs seront chargés de vous enseignez les règles de Poudlard. Et si vous sentez qu'il y a un problème urgent à résoudre, tout comme une question persistante, je vous encourage vivement à consultez les deux préfets-en-chef de Poudlard, Mademoiselle Quinn Fabray et Monsieur Chandler O'brien. »
A ces mots, Quinn et un garçon aux allures hipster se levèrent d'un bond, et saluèrent les nouveaux venus, puis la directrice avant de se rassoir.
« Vous allez être reparti à présent dans l'une des quatre maisons de Poudlard. Lorsque vous serez placés dans une maison, vous aurez un directeur auquel vous aurez des comptes à rendre. Professeur July… »
MacGonagall désigna de la baguette une femme aux cheveux blonds bouclés, au visage las et aux yeux ternes, où brillait une lueur de cruauté.
« …est la directrice de Serpentard, mais aussi le professeur de Potions. »
Elle continua son discours, paume tournée vers une frêle jeune femme, aux cheveux roux et au sourire nerveux.
« Professeur Pillsbury, Professeur de Botanique et directrice de Poufsouffle. »
MacGonagall roula des yeux lorsque la blonde aux côtés de Pillsbury envoya un clin d'œil à l'audience, levant un bras comme lors d'un match de Quidditch.
« Professeur Holliday – merci de ne pas organiser une fête de bienvenue sur la tour d'astronomie cette fois ci, nous n'avons toujours pas réussi à récupérer l'éclat naturel de la pierre- professeur de charmes et sortilèges et accessoirement directrice de Serdaigle. »
« Et enfin, le professeur Schuester, professeur d'Histoire de la magie et Directeur actuel de Griffondor. » L'homme afficha un sourire gêné mais sincèrement joyeux aux élèves.
« J'espère que vous avez bien retenu leurs nom, car vous recevrez un message de bienvenue plus intime lorsque vous serez repartie dans votre maison. Des questions ? » Un battement de silence puis elle reprit, toujours aussi autoritaire. « Très bien, que la cérémonie commence… »
« Regardez-moi ces gosses. » Renifla Sebastian. « On est sensé en faire des sorciers ? Laissez-moi rire, ils les font de plus en plus petit. »
« Au moins, à Beauxbâtons, on avait l'élégance et la prestance. » Moqua Hunter à ses côtés.
« Et bien retournez y, personne ne vous retient. » soupira Santana, exaspérée.
« Ils n'ont pas tort. » Intervint Kitty, le nez tourné vers le haut. « Ces enfants donnent même l'impression d'être de simples moldus. Il est difficile de croire, pour des gens comme nous, que l'on en tirera quoique ce soit. Peut-être de la chair à cognard pour les entrainements de Quidditch. »
« Dis-moi, t'as fait quoi, toi, ici, au juste ? » riposta Santana, se penchant sur la table pour se rapprocher de la blonde. « Pour qui tu te prends de m'adresser la parole, comme si on était égaux du haut de tes trentes centimètres ? La gamine ici, c'est toi. T'es en quoi, cinquième année ? Jamais passé d'examen de ta vie, jamais de simulation d'attaque, jamais allé dans la forêt interdite ou combattu dans un milieu hostile. Rien. » Santana se pencha un peu plus, jusqu'à ce que Kara attrape discrètement un pli de sa jupe pour l'empêcher de glisser. « Je connais des sorts que tu ne soupçonne même pas l'existence. Je pourrai te briser, là, maintenant, si je le voulais. Je pourrais te tuer. Et tu oses nous adresser, nous, tes ainés, comme si tu valais autant que nous ? Reviens me voir quand t'auras des BUSEs, et peut être que là, je t'autoriserais à regarder dans ma direction. Peut-être. Pour le moment, soit juste heureuse qu'on te laisse t'assoir à nos côtés. »
Les joues teintées par l'humiliation, Kitty se hâta de baisser le regard, ayant perdu sa contenance habituelle. Sebastian leva une main apaisante.
« Santana, si tu me permets— »
« Ta gueule, Timon. Tu peux te carrer ton hakuna matata où je pense. »
Le jeune homme remua les sourcils, surpris, mais resta prudemment silencieux devant l'état d'agacement avancé de la latino. Ignorant les enfants qui rejoignaient leurs tables, les yeux arrondis par la peur, Santana se réinstalla, sous les gloussements à peine contenus de sa camarade.
« Tu devrais faire attention à toi, Santana… » Prévint Hunter, agacé par le comportement des deux sorcières.
« Oh ça va, on sait tous que la seule raison pour laquelle vous êtes venu à Poudlard, c'est parce que vous avez foutu la merde à Beauxbâtons et aucunes écoles privée ne voulait de vous et de votre argent. Désolée, Asperger's. » Ajouta rapidement Sugar, sous les regards abasourdis des élèves autour d'elle. Rachel s'écarta discrètement du champ d'action de la jeune fille. Un sort est si vite parti, ce serez dommage que son nez, -ou pire !- Sa voix soit endommagée à cause des excentricités de la petite brune.
« Voyons, ça ne sert à rien de s'énerver, on se croirait chez les Griffondors. Vous allez effrayés les nouvelles recrues. » Intervint Jesse, la voix rappelant un serpent ondulant silencieusement contre la pierre mouillée. Il sourit aux nouveaux venus mais son sourire n'était ni rassurant, ni amical. « Qui sait ce que Salazar a pu voir en eux ? » Et aussi inopinément qu'il s'était manifesté, il se renferma dans son mutisme.
Le calme était revenu, et Santana évita soigneusement le regard légèrement intéressé de Jesse. Elle-même savait qu'il y avait des gens avec lesquels il ne valait mieux pas se frotter. Surtout quand cette personne est supposée être le dernier descendant vaguement direct de Salazar lui-même.
Se détournant de sa table, elle vit que les répartitions des premières années étaient terminées. Trois adolescents se tenaient encore debout devant le choixpeau. Deux garçons, un battit comme une montagne, l'autre de carrure moyenne, le teint fort bronzé. Entre les deux se trouvaient Brittany.
MacGonagall était très certainement en train de les présenter, mais Santana n'y prêtait pas attention, étudiant du regard la blonde.
Comme ses camarades, elle portait la tunique militaire de Durmstrang, grise et noire, recouverte d'une cape couleur sang. Une grande toque noire recouvrait ses longs cheveux blonds et elle inspira profondément devant cette vision… féroce.
Jusqu'à présent, elle voyait toujours la blonde comme une espèce de fille à papa bourgeoise ultra-féminine, qui devait certainement coudre en écoutant des audio-book tout en buvant des boissons étranges genre jus papaye-goyave ou ce genre de connerie, mais devant cet uniforme et cette posture incroyablement militaire, le visage fermé, la blonde lui paraissait farouche et inébranlable, telle une montagne.
Cette révélation lui accéléra vicieusement la respiration et à ce moment-là, elle détesta encore un petit peu plus la blonde.
Remarquant le changement de rythme dans la respiration de Santana, Kara chuchota.
« Tu t'intéresses déjà à Brittany, Santana ? Ton terrain de chasse est vaste ici, mais je ne te pensais pas aussi présomptueuse. »
« Ça va pas ! » murmura furieusement la brune. « Je m'intéresses pas du tout à cet espèce de m'as-tu-vu—» Elle s'interrompit dans une inspiration soudaine, tournant le visage vers son « amie ».
« Tu la connais ? »
La slave hocha la tête, l'expression bovine et devant la surprise de la brune, elle engagea :
« Tu n'as pas oublié que je viens de Durmstrang aussi, n'est-ce pas ? »
Sauf que si, Santana avait oublié. Oublié que Kara était arrivé de Durmstrang il y a un ans, devenant la star de tous les ragots lorsque L'enfant prodige de la longue lignée des Gypsies Oracles de Russie était dorénavant inscrite à Poudlard. Elle observa la jeune femme comme si c'était la première fois qu'elle l'a voyait, avant de hoqueter :
« C'était toi dans le train, avec elle. » Réalisa Santana.
Les lèvres de la slave se courbèrent dans un rictus espiègle.
« Tu nous espionnais ? Fallait venir, si ça t'intéressais… »
« Urgh, la ferme… » Coupa Santana, regardant résolument les transferts de Durmstrang –et pas juste Brittany-, achevant toute discussion avec Kara qui irradiait de malice.
Sa fierté l'empêcha de poser les questions qui lui brulaient les lèvres. Hors de question de paraître intéressée par la blonde d'une quelconque manière. Comme si elle ne recevait pas assez d'attentions comme ça.
Le grand gaillard s'assit le premier sur la chaise, et après quelques secondes de réflexions, le choixpeau s'exclama :
« Serpentard ! »
Ne prenant même pas la peine d'accueillir le nouveau venu –avec un nom chelou, genre, kafskii ? Krofsky ?- Elle regarda le garçon sérieusement basané s'avancer. A peine le choixpeau frôla sa tête qu'il s'écria :
« Griffondor ! »
Immédiatement, son regard se posa sur Brittany, mémorisant vaguement les cris de Puck –« C'est mon frère ! Ça c'est mon frère ! »- , rangeant l'information dans un coin de son cerveau.
Brittany s'assit élégamment sur le tabouret, et comment est-ce qu'on peut avoir l'air élégant en s'asseyant sur une putain de tabouret ? Elle s'y est entraînée tous les jours, tout comme elle l'avait fait avec ce petit sourire poli super agaçant ?
Elle se saisit délicatement du choixpeau, tout en posant d'étranges questions au passage –« Est-ce que vous pouvez manger ? Vous faites quoi, tous les autres jours de l'année ? Vous pouvez tomber amoureux ? Vous avez jamais envie de vous gratter ? »-, avant de le déposer sur sa tête.
Si vous lui demandez plus tard, Santana démentira violement avoir retenu sa respiration.
Ignorant la cacophonie à sa table –Sugar et Rachel semblaient en train de se battre pour un petit four,-et vous ne voulez VRAIMENT pas entendre ces deux-là se disputer- elle regarda le choixpeau froisser son visage sous tous les angles, échangeant des murmures avec la blonde.
L'attente lui parut interminable, puis, enfin :
« -Dans ce cas, Serdaigle ! »
Elle observa de loin la table bleu et bronze exploser de liesse, et Quinn- dans une démonstration incroyable d'hospitalité- serrer la blonde dans ses bras et l'inviter à ses côtés.
Les tables se remplirent immédiatement de victuailles, et comme à l'habitude, tout le monde se jetèrent dessus, toute dents dehors, dans un réflexe animal, qui surgissait toujours durant les banquets. Un cri de douleur résonna à sa droite, et Zizes brandit triomphalement une carcasse de poulet.
Santana arracha finalement son regard de la table des Serdaigles, pour le poser sur son assiette vide.
L'estomac étrangement lourd, Santana fronça les sourcils, éventrant d'un coup de dents un petit pain innocent malgré son manque d'appétit, sous le regard inquisiteur de sa voisine.
Non, ce n'était définitivement pas de la déception qui lui plombait les entrailles.
« Je sais que c'est toi qui l'as, Santana ! »
La voix de Rachel tonitruait dans la salle commune des Serpentards, rebondissant sur les murs humides des caveaux.
Rachel Berry + cachots, ça ne pardonne pas.
Complètement désintéressée, Santana serra négligemment sa cravate, déposant sa robe dans son sac.
« Je l'avais posé sur un écrin avec un papier enchanté qui criait « NE PAS TOUCHER » au rythme de Don't rain on my parade ! »
Santana tourna un regard incrédule et plein de jugement sur la petite brune.
Elle avait laissé un objet brillant avec une pancarte interdisant de toucher dans la salle commune des Serpentards et elle s'étonne qu'il ne soit plus là ?
Vraiment, Berry ?
Elle jeta un coup d'œil à la pendule, et décida que d'arriver avec vingt minutes d'avance au cours de Potions était plus profitable que de rester ici avec Rachel.
« Santana, tu m'écoutes !? »
« Désolée, Berry, tu disais ? J'ai une condition médicale à l'oreille, ça s'appelle ˮj'enairienàfoutreˮ.» Elle fit une grimace entendue. « Certainement une maladie de l'Est. »
« Santana ! C'est une situation extrêmement grave ! Tu sais que Professeur July est tout le temps sur mon dos, c'est un vrai détraqueur ! Qu'est-ce que je vais faire, si je ne retrouve pas mon insigne de préfète !? »
Peut-être que si t'avais passé moins de temps à nous gaver avec toute la semaine, personne ne l'aurais pris…
« Ton problème. J'y vais, Berry. Parce que, comme tu le dis, July est comme un détraqueur, et je n'ai pas l'attention d'arriver en retard ! »
Santana glissa jusqu'à l'entrée de la salle commune, et avant de disparaitre derrière la porte, elle s'écria :
« T'as pensé à regarder la cage du Scroutt ? »
Elle se faufila hors de la salle, caquetant, lorsque le cri horrifié de Rachel résonna à travers les murs creux de la salle commune.
Santana souffla en montant les escaliers deux par deux, se tenant à la barre lorsque ces derniers changeaient de directions.
Le cours de Potions a été discrètement changé de place, car « l'humidité n'est pas bonne pour mes cheveux. » d'après les dires du Professeur.
Bien entendu, le cours se situait au sixième et dernier étage, dans le fief des Griffondors et Serdaigles.
« Non, non, non ! » S'écria Santana lorsque l'escalier changea brusquement de sens, l'emmenant près de la tour d'astronomie.
Dans un grognement rageur, elle s'élança des escaliers pour s'arrêter brutalement sur le seuil de l'étage.
Devant la grande statue de bronze d'un aigle majestueux aux ailes déployées se trouvait Brittany, assise en tailleurs sur le sol, ne prêtant aucune attention à la poussière s'accumulant sur sa jupe.
Elle pouvait faire demi-tour, faire comme si elle ne l'avait pas vu, mais évidemment, l'escalier s'était fait la malle, et maintenant Santana se trouvait seule, les bras ballants, à quelques mètres de la blonde.
Se résignant à son destin –et à une pulsion qu'elle prétendit ne pas ressentir- Santana passa longuement derrière Brittany, peut-être de manière à ce que la blonde sente sa présence—mais si la Serdaigle ne la voyait pas, cela ne changerait rien.
Ce ne serait pas une grosse perte.
Devant l'inertie totale de sa camarade, Santana put sentir l'agacement monter. Ce qui bien sûr, engendra encore plus d'agacement parce que « pourquoi est-ce que je me sentirai agacée qu'elle m'ignore ? ».
Puis soudainement, lentement, comme par provocation, Brittany tourna paresseusement la tête en direction de Santana qui n'était plus qu'à quelques pas d'elle.
Mais la blonde resta silencieuse, décochant un sourire tout aussi paresseux que ses mouvements.
C'était comme un jeu, et Santana ne voulait pas le perdre, ne pas paraître intéressée, vraiment, mais les mots sortirent aussitôt qu'elle les pensa :
« Qu'est-ce que tu fabriques, assise par terre ? »
Le sourire resta vaguement accroché au visage de Brittany, et elle pointa d'un bras lourd la statue.
« J'ai cours de métamorphose avec familier, et Lord Tubbington s'est enfermé dans la salle commune. J'essaye donc de le récupérer. »
Un battement, puis Santana intervint.
« Et bien ? Qu'est-ce que t'attends ? T'as oublié le mot de passe ? »
Si Brittany trouva le ton de Santana condescendant, elle n'en dit rien, au contraire, elle laissa échapper un petit rire, avant de se tourner vers la Serpentard.
« Quinn ne t'as jamais raconté comment marche notre maison ? »
Prise à son tour dans son jeu, Santana n'apprécia ni le ton, ni la familiarité que la blonde démontrait à l'égard de Quinn.
Et le « notre » avait un gout étrangement amer.
« Ce n'est pas vraiment nos sujets favoris de discussions, non. » se contenta de corriger la brune, le sarcasme coulant de ses lèvres.
« Nous n'avons pas 'un' mot de passe. Nous avons une devinette à résoudre à l'entrée. Chaque fois qu'elle est résolue, elle change. »
Santana suivit du regard la statue, et elle remarqua finalement les lettres gravées dans le poitrail de la bête.
[Sec lorsque je suis dehors, je deviens mouillé dès que tu me mets à l'abri. Qui suis-je ?]
« Tu veux dire qu'à chaque fois que vous rentrez et sortez de la tour, votre mot de passe change ? »
Brittany acquiesça.
« Oui. Ce qui est très embêtant lorsqu'on a oublié quelque chose dans nos chambres. »
Santana fixa Brittany d'un regard incrédule.
Elle comprenait soudainement tous les retards de Quinn et décida de se montrer plus clémente envers le manque de ponctualité de la Serdaigle.
Maison de cinglés, je comprends maintenant tous ces agglutinements autour de la statue…ces idiots.
Se trémoussant sur place, Santana hésitait.
Elle ne devrait pas, son cours commençait bientôt, et la blonde n'était pas son problème, au contraire, elle devrait être contente que Miss Parfaite rencontre des difficultés, seulement, la Serdaigle ne réagissait pas comme elle s'y attendait, pas de cris ou de pieds tapés contre le sol, pas d'apitoiement, l'œil larmoyant, Brittany ne semblait pas plus perturbée que ça par le contretemps, chantonnant même un air de chanson moldu dans un bruit de gorge.
Non, Santana ne se sentait pas d'humeur charitable, mais elle était… curieuse de voir comment Brittany allait se tirer de ce mauvais pas.
Son attention détournée, Brittany se releva gracieusement, époussetant sa jupe. Elle se tourna vers Santana.
« Et toi, que fais-tu ici ? »
Les dents déjà serrées dans une grimace animale, Santana répondit avec beaucoup moins de férocité qu'elle l'aurait voulu.
« J'ai cours là-haut, mais je t'ai vu vautré sur le sol, et l'odeur de la médiocrité m'a attiré jusqu'ici. »
Brittany se contenta de lui sourire aimablement, enrageant Santana un peu plus.
« Tu t'inquiètes assez pour rester avec moi au risque de rater ton cours ? » Demanda la blonde béatement, et Santana ne put dire si Brittany se moquait d'elle ou non.
Se rapprochant de la sorcière jusqu'à ce que son dos touche le mur, Santana se permit un rictus menaçant.
« Non, je m'étais dire que c'était l'occasion rêvée de mettre les points sur les i. » Ignorant l'expression confuse de la blonde, elle continua, son ton mielleux aussi empoisonné que la pomme de Blanche-neige. « Je peux relativement comprendre, qu'en tant qu'étrangère, tu ne saches pas comment ça marche ici, alors je vais te faire l'extrême bonté de t'expliquer. Ici, c'est moi qui décide, j'ai gagné ma réputation en risquant mon honneur, ma place, et aussi ma peau, faut pas mentir. Je suis respectée et crainte, et tant que je suis là, ça ne changera pas. Toi. » Elle enfonça un doigt dans le creux de l'épaule de la blonde, la faisant légèrement grimacer. « Je me fiche de savoir si ton père est une espèce de Potter moderne, il pourrait avoir sauvé le monde de la dragoncelle ou de la culotte de la Grosse Dame, il est hors de question que je laisse une fille à papa fraichement débarquée de son pays d'arriéré dicter sa loi à Poudlard. Tu crois que je te vois pas embobiné tout le monde, avec ton attitude de princesse ? »
Le contrôle. Santana le connait. Elle se démène pour toujours l'avoir. Il n'y a rien de plus jouissif que de voir le visage remplit de défaite d'une victime réalisant qu'elle ne fait pas le poids, mais à son tour, rien n'est plus effrayant pour Santana que de le perdre. Le contrôle.
Et lorsque Brittany la fixa, le sourire soudainement malicieux, Santana put sentir les perles de sueur dans son dos se refroidir.
« On parle de moi ou de toi ? Parce qu'avec tout ce que Kara m'a dit sur toi— »
La Serdaigle ne put finir sa phrase lorsqu'une baguette se planta hostilement dans son cou, comme un couteau avec lequel on s'apprête à égorger un animal.
Elle interrogea du regard Santana, dont les yeux avaient pris la couleur de l'onyx.
« Oh, quelle bravoure. Vraiment. Fais voir si tu fais toujours autant la maligne lorsque j'aurais ciré le parquet avec tes entrailles. »
« Mais si tu fais ça, tu perdras ta place et ta réputation. Voire, ta vie. » Répondit la blonde, si innocemment, si puérilement, malgré l'éclat de malice brillant toujours dans ses yeux.
L'estomac de Santana fit un bond- de rage, elle suppose- et rapprocha inconsciemment son visage de la blonde.
« Mais pas mon honneur. »
Un rictus amusé.
« Sur un adversaire désarmé et non préparé ? Ça se discute. »
Santana émit un rire sans joie, ignorant les lutins de Cornouailles voletant dans son ventre. Une partie d'elle jubilait. Elle savait, elle savait que la blonde jouait un jeu, et ce dernier échange prouve que ses doutes étaient fondés. Qui aurait pu croire qu'un visage aussi doux et radieux, que des lèvres si fines et si subtilement dessinées, que ces yeux bleus comme un ciel d'été, associé à une pléthore de tache de rousseurs sur fond de cheveux d'ange—
…Qu'est-ce qu'elle disait, déjà ?
Prête à reprendre les hostilités, Santana se lécha les lèvres, et le ciel d'été dans les yeux de Brittany se transforma en orage.
Subitement, elle attrapa le visage de la brune, et l'attira près du sien, élicitant un couinement surpris et peu digne de la Serpentard.
« Ta langue… »
« Quoi ? » Crissa Santana, et la brune aurait été mortifié par sa voix, si elle n'était pas paniquée par la situation.
« Ta langue. Elle est mouillée. »
Bravo, Brittany, t'as trouvé ça toute seule ?
C'est du moins ce que Santana s'apprêtait à lui dire, mais Brittany caressa sa bouche de ses pouces, et les lèvres de la brune s'entrouvrirent immédiatement –de surprise face à un tel culot, bien sûr-, regardant, immobile, la blonde jouait avec sa bouche. D'aussi près, elle pouvait voir le grain de beauté que la bonde avait juste au coin de la bouche, elle pouvait voir celui qui pointait sur la bosse de son sein, niché près d'un pendentif d'argent en forme de fée qui lui mourrait dans le creux de-
« Qu'est-ce que tu— »
« Si tu la laisses dehors, ta langue va s'assécher, mais si tu la rentres dans ta bouche, à l'abri, elle va être mouillée ! »
Confuse et l'esprit embrumé, Santana regarda Brittany se laisser submerger par l'excitation au fur et à mesure de son explication et quelque chose se resserra dans sa poitrine face à l'émerveillement et la joie de la blonde.
Il sembla que le raisonnement de Brittany fut le bon car l'Aigle s'inclina et lentement, l'escalier en colimaçon de la salle commune des Serdaigle se dévoila.
Toujours engourdie, Santana ne vit pas venir la tête de la blonde qui s'entrechoqua avec la sienne, les longs bras délicats et musclés –sérieusement- de la blonde s'enroulant autour de ses épaules, ses longs cheveux dorés lui fouettant le visage.
« Merci, Santana ! Je n'y serais jamais arrivée sans toi. »
« Ouais, c'est sûr… » Ne put que balbutier la brune comme défense, le parfum de la Serdaigle pénétrant son cerveau –pas qu'elle l'avait reniflé ou quoi que ce soit- et la laissant hébétée, un peu comme l'état naturel de Brittany.
Peut-être que c'était pour ça que la blonde était si… elle-même.
Le temps que la brume dans son cerveau se dissipe, Brittany remua la main dans sa direction et disparut derrière la statue, laissant Santana mordre sa poussière.
Puis, le silence.
Vaguement, Santana regarda sa montre, avant de réaliser que le cours de Potions avait commencé depuis dix minutes.
Elle monta les escaliers deux à deux avant de se précipiter au bout du couloir et de tirer brusquement à elle la lourde porte de chêne.
Tous les regards se tournèrent vers elle, par-dessus leur chaudron, mais un regard venimeux de Santana les renvoya le nez dans leur concoction.
« Mademoiselle Lopez… ? » Se contenta d'appeler le Professeur July, le visage toujours aussi ennuyé, mais un éclat de déception et d'agacement dans les yeux. « Vous décidez finalement de nous gracier de votre présence ? Vous avez un mot du Directeur MacGonagall ? Je suppose que seule une urgence de la sorte puisse justifier un retard comme le vôtre. »
Santana ne manqua pas d'entendre la menace piètrement déguisée dans la voix de la directrice de Serpentard. S'il a bien une chose que les directeurs détestent, c'est devoir retirer des points à leur propre maisons, et à un de leur élève « phare ».
Ravalant sa fierté, Santana s'approcha, le regard baissé. Elle put voir Rachel et Mercedes grimacer à la table la plus proche, et elle couina intérieurement.
Face aux Griffondors, en plus. Génial.
« Je suis sincèrement désolée, professeur. J'ai dû porter assistance à un transfert de Serdaigle, un parfait incapable, comme vous pouvez vous en douter. Cela ne se reproduiras pl— »
« Tu es donc en train de me dire que tu as préféré rater un enseignement donné personnellement par ton directeur pour pouvoir aider la maison qui nous a dérobé la coupe de Quidditch l'année dernière ? » Demanda froidement la sorcière, tout semblant de politesse disparu.
Santana déglutit.
Elle allait tuer Brittany Pierce.
Brittany était finalement plus intelligente que ce que Santana avait originellement pensé.
Elle le fût assez en tout cas pour éviter la brune tout le mois qui suivirent les quatre samedis de retenues que Santana avait récolté.
Il n'est pas nécessaire de dire que la vie à Poudlard était devenue délicate. Santana en rage, avait mis sens dessus dessous sa maison, qui, en échange, s'était montrée bien plus exécrable qu'à l'ordinaire avec le reste du château.
Se massant les brûlures laissées par des tentacules, Santana entra sifflant comme une locomotive dans les cachots de Serpentards, soupirant lorsque l'air froid et humide se déposa sur ses membres meurtris.
Elle s'arrêta au détour d'un couloir lorsqu'elle entendit des voix. La pendule affichait clairement 23h47, et le couvre-feu était largement dépassé.
Elle roula des yeux apercevant Jesse et Sebastian discutant à voix basse près du feu de la salle commune.
Peu de choses échappent à Santana Lopez : c'est l'un de ses talents qui lui a permis d'arriver là où elle est aujourd'hui. Et elle avait la chance d'être une des seules à connaitre les deux grands secrets de Jesse St. James.
Peu de personnes, même au sein de la maison était au courant pour les talents de Métamorphose que possède Jesse. Santana ne serait toujours pas au courant si elle n'avait pas elle-même assistait à la transformation de Jesse en Cobra. Sa passion pour les animagus ne vient de nulle part d'autre que de son idée que la lignée de Salazar Serpentard était toujours représentée par un serpent, et étant son dernier descendant, même non directe, il se faisait le devoir d'honorer sa mémoire.
En réalité, ce secret est lié au deuxième, secret que seule Santana connait, parmi les élèves de Poudlard.
La dernière génération de Salazar était remplie de Cracmoles, dont les parents de Jesse.
Santana aurait pu révéler ce secret, et devenir une vraie légende dans l'école, mais Santana n'est pas idiote.
Le truc avec les légendes, c'est qu'elles sont rarement vivantes, ou ne le reste pas longtemps.
Et elle a plus à gagner à recevoir la confiance et l'appréciation de Jesse que de se le mettre à dos.
Et peut-être qu'elle comprenait aussi le fardeau de porter un nom célèbre et d'honorer son héritage. Après tout, ce n'était pas comme si Santana était une sang-pur elle-même contrairement aux rumeurs.
Mais bon. Pas la peine de sortir les violons.
Jesse et Sebastian jetèrent un coup d'œil à la pendule avant de se diriger vers les portes des cachots, et Santana se dissimula derrière une statue.
Contrairement à elle ou Jesse, Sebastian n'était rien d'autre qu'un répugnant rat qui n'est là où il est que grâce à son père et son talent pour le léchage de bottes.
Malheureusement, il était avec Santana lorsqu'ils découvrirent Jesse en animagus, et pendant que Santana se contenta de balayer l'évènement d'un revers de main, Sebastian a saisi l'occasion et demandé à Jesse de lui enseigner ses connaissances.
Deux semaines plus tard, Santana avait blasté contre un mur une hyène contre laquelle elle était malencontreusement tombée une nuit en allant aux toilettes.
Elle avait promis qu'elle ne savait pas que c'était lui.
(C'était vrai, si elle avait su que c'était lui, elle y serait allée plus fort.)
Depuis, elle avait surpris les deux se faufiler hors des dortoirs certaines nuits lors de ses rondes de préfète, rejoignant les autres animagus de l'école dans une espèce de club secret.
Un cirque, quoi. Ou fight Club en moins cool.
Ses sourcils se soulevèrent lorsque quelques secondes plus tard, Rachel apparut de derrière une porte, traquant les deux Serpentards.
Alarmée, Santana glissa derrière elle, et passa son bras fermement autour de la bouche de Rachel, connaissant les capacités de ses poumons.
Elle sentit l'inspiration brusque de la petite sorcière, et la tourna rapidement vers elle, posant un doigt sur ses propres lèvres. Rachel acquiesça et Santana la relâcha prudemment.
« Santana— »
« Berry, qu'est-ce que tu fabriques, bon sang ! Tu veux te faire allumer ou quoi ? »
« Santana, il faut les arrêter ! » Cria silencieusement- un exploit !- Rachel. « Je les ai suivi toute la journée, ils ont l'intention de se battre contre les autres animagus ! »
Ne demandant pas comment Rachel est au courant pour les animagus, et se concentra sur le point essentiel.
« Qu'est-ce que tu racontes ? Explique, et vite, Berry. »
« Il y a quelques jours, j'ai capté une conversation sur le réseau des animagus- ne me regarde pas comme ça, Santana, je ne suis pas une incapable.- Il est néanmoins parvenu à mes oreilles que des duels d'animagus avaient lieux toutes les pleines lunes, sous l'accord d'un préfet. » Elle jeta un regard noir à Santana qui leva un sourcil arrogant en réponse.
Et encore, elle n'a pas vu quand on autorise Trouty Mouth et sa lycanthropie à participer…
Rachel souffla avant de reprendre. « Mais cette année il y a deux nouveaux animagus, et ces élèves ont refusé le 'rite d'initiation' et Sebastian et Jesse ont l'intention de leur donner une leçon. »
Devant l'air hésitant de Santana, Rachel poursuivit, bouleversée.
« Ce sont des filles, Santana ! Qu'est-ce que ses monstres et leurs amis vont faire à deux filles qui ont apparemment des animagus, je cite 'complètement inutiles pour le combat' contre ces monstres et leurs animaux de combats ? Elles viennent de Serdaigle ! Ils ont dû trouver une bonne excuse pour leur demander de les rejoindre et trouver un endroit où faire leurs horreurs ! Je ne veux pas d'un drame sur les bras, je suis préfète, ça va me retomber dessus ! »
Ignorant comment son sang s'était glacé à imaginer une Serdaigle- Brittany, ne mentons pas- face à la fourberie et à la cruauté de ses camarades, Santana cracha défensivement.
« Ça, fallait y penser avant de demander à être préfète ! Tu voulais ce titre, tu l'as ! T'attends quoi maintenant pour prendre tes responsabilités ? »
Rachel prit un air déterminé, prenant Santana par les épaules, ignorant son regard dégouté en direction de ses mains.
« Je vais prévenir July et Holliday. Je vais leur dire que je t'ai envoyé pour prévenir un accident, tu seras innocentée, et ces deux professeurs t'adorent, je ne vois pas pourquoi, d'ailleurs, passe encore Holliday, mais July ? Je veux dire, je fais tout ce qu'elle veut et— » Santana gronda hostilement. « Bref, j'y vais, toi, tu as un drame à empêcher. Cours, mon amie, le temps presse ! »
Santana regarda Rachel détalait vers la sortie.
« Si je ne te connaissais pas Berry, je dirais que tu apprécies la gravité de la situation. Que dis-je, je te connais, et je sais que tu l'apprécie. »
Elle courut dans la direction opposée de Rachel, roulant des yeux, et maudissant dans sa barbe la petite diva.
Heureusement, connaissant bien le point de rendez-vous des animagus, elle ne perdrait que peu de temps.
Elle pila à un croisement de couloir, près des toilettes du deuxième étages, là où un drame s'était déroulé et répété il y a vingt ans avec la chambre des secrets.
Elle savait que Jesse apprécierait le drame de la chose.
Lui et Berry, je vous jure…
Effectivement, le sifflement reconnaissable d'un serpent ricocha contre les murs. Un ricanement inhumain hérissa le duvet de son dos, et elle sut que les deux Serpentards étaient déjà sous forme animale.
Le serpent cracha et un cri perçant d'oiseau retentit, faisant sursauter Santana, habituée au silence des escapades de nuit.
« Oh, oh, oh ! Je peux savoir ce que vous foutez ? » Intervint-elle finalement, se rapprochant des sorciers.
Dans la lumière, elle put finalement voir Jesse, ou du moins un cobra sur son flanc, un aigle volant au-dessus de lui, les ailes battant l'air vigoureusement, le bec menaçant. Il était évident que Sebastian était intervenu et avait mordu l'aile de l'oiseau où suintait le sang qui perlait jusqu'au sol.
Surpris par l'arrivé de Santana, sans doute, l'animal lâcha un glapissement, faisant un soubresaut dans les airs. Santana réalisa alors que la hyène n'avait pas été surprise mais mordu à la patte par un rongeur au corps longiligne qui, rapide comme l'éclair, s'était déjà retiré derrière l'aigle.
Le cobra se lova contre lui-même, avant de siffler à l'attention de Santana.
« Je parle pas la langue de vipère, espèce de crétin. » s'exclama-t-elle, exaspérée. « Vous vous êtes foutu dans un sacré pétrin, et il est hors de question que je vous aide sur ce coup, bande d'attardés consanguins. »
La hyène se plaça rapidement devant le cobra, empêchant Santana d'avancer. Elle émit un ricanement menaçant, et la brune ne put réprimer une grimace de dégoût face à la créature. Elle sortit sa baguette et la pointa vers elle.
« Tu veux te battre, la carpette vivante ? Je dirais bien que je te transformerai en manteau, mais avec une fourrure aussi déguelasse, je n'utiliserais même pas les poils pour une brosse à chiotte. »
La hyène jappa vicieusement et Santana brandit sa baguette, une gerbe d'étincelle explosa…
Avant de mourir et de disparaitre. Alarmée, Santana ramena la baguette à son visage. Les sorts ne partaient pas !
Un ricanement attira son attention et elle put jurer que la hyène souriait.
Rarement la plus intelligente face au danger, Santana gronda au visage de l'animal, prête à lui sauter dessus à mains nues s'il le fallait.
Ou avec les lames de rasoirs dans ses cheveux.
Lima Height Adjacent viens de débarquer du Poudlard express.
L'aigle se déplaça subitement devant elle, et battit des ailes violemment, poussant un cri à l'adresse de la hyène, qui recula vivement dans un autre jappement. Santana ressentit une démangeaison sur ses jambes, et put voir le rongeur de tout à l'heure, une espèce de rongeur, grimper sur elle et se positionner sur son épaule, grognant, ses petites dents pointues couvertes de sang dehors.
Le moment fut interrompu par Rachel, qui poussa un cri tout à fait inutile.
Derrière elle, les silhouettes de Cassandra July et Holly Holliday se dessinèrent.
Si July avait son air mi- ennuyé, mi- agacé, comme à son habitude, Holliday ne semblait pas particulièrement heureuse.
« Caramba, clase, qué pasa ? »
« Nous avons entendu dire qu'un combat d'animagus— » Holliday se racla la gorge, et July reprit, clairement agacée. « Qu'un règlement de compte animagus allait avoir lieu entre élèves de nos maisons et que Mademoiselle Lopez était sur place en train d'essayer de calmer les tensions. »
July leva un sourcil à l'adresse de Santana, et la brune piqua légèrement son fard, imaginant la vision peu glorieuse qu'elle devait faire, avec un rat sur l'épaule et un volatile sur l'autre, face à un cobra et une hyène.
« Je vois que tu gères parfaitement la situation, Santana. » Ne put s'empêcher de taquiner Holly, levant un pouce dans la direction de Santana qui lui rendit une grimace.
« Oui. Fantastique. » Conclut July d'une voix morne. Elle fixa d'un regard sévère les animaux. « Récupérez vos gâchis d'espace et d'air que vous appelez des corps, jeunes gens. »
Jesse et Sebastian furent les premiers retransformés, les regards rivés sur le sol, à l'écoute des bruits contrariés que July émettait. Jesse se baissa pour ramasser sa chevalière Serpentard, les métaux ne pouvant être transformés avec son corps.
« Et ces chers Serdaigles ? Un aigle. Oh combien 'patriotique'. » Il était évident que July n'allait pas se priver avec les élèves de la maison rivale.
C'est vrai, c'est pas comme si Jesse s'était changé en Serpent. Oh, attend.
L'élève sous sa forme d'oiseau lui rendit un regard perçant –ou alors, c'était juste le regard de l'aigle- et se changea lentement, pour révéler—
« Charlotte Fabray. » Ne put s'empêcher de remarquer avec surprise July.
Santana, comme tous les humains présents, ne put cacher son étonnement face à cette révélation.
Elle n'avait aucune idée que Charlie était un animagus, ni qu'elle avait un quelconque talent pour la métamorphose.
« Une Griffondor, prenant un animagus d'aigle, je peux comprendre l'amalgame. » Analysa silencieusement la directrice de Serpentard. Holly et Santana échangèrent un regard. Un ton pareil venant de la plus âgée du groupe ne signifiait rien de bon.
Ils savaient tous pourquoi. La rivalité Griffondor-Serpentard s'est estompée avec le temps, mais celle contre les Serdaigles s'accentua et July rêvait de battre les Serdaigles à leurs propre jeu plus que quiconque.
Et pendant que Charlie n'est pas une Serdaigle, sa sœur, Quinn, représente la plus grande figure à abattre de Serdaigle, ayant récupéré le titre de préfète-en-chef en dépit des élèves de Serpentard, laissant July sur le carreau, furieuse.
Inconsciente des enjeux 'politiques' de la situation, Charlie jeta un regard venimeux aux deux garçons.
« Je n'étais pas la cible principale. Mon amie l'était. » Elle désigna le rongeur. Le visage de Holly se colora de réalisation, mais elle resta silencieuse. « Ils lui ont fait croire qu'ils avaient trouvé un poulain de Sombrale et avait besoin d'aide d'un élève calé en soin en créatures magiques. Kara et moi étions avec elle quand nous avons reçu la lettre, et j'ai senti le coup fourré. J'ai décidé de la suivre. » Avec un regard arrogant, elle défia la directrice de Serpentard. « Et j'ai bien fait. »
Alors ça donne ça, Une Fabray à Griffondor. Le fababy grandit si vite.
Une nouvelle voix interrompit le silence.
« C'est vrai. C'est moi-même qui lui ai donné la lettre. »
Ils se tournèrent pour apercevoir Kara, adossée contre un mur.
Le visage de July cette fois s'assombrit de colère.
« Qu'est-ce que vous fichez tous debout à cette heure ! Et Vous, mademoiselle, Ivankov ? Vous faites donc parti de ce coup-monté ? Une élève aussi brillante et responsable que vous ? »
Kara haussa les épaules.
« On se divertit comme on peut. » Elle donna un coup de tête en direction des garçons. « Ils avaient l'intention de brutaliser un peu les filles, leur faire peur pour le prochain match de Quidditch. Ils savent à quel point vous voulez la coupe, ils veulent vous faire plaisir. J'ai juste prévenu Charlie de ce qui était convenu. Un accident est si vite arrivé.»
Si la situation n'avait pas été aussi dangereuse, Santana aurait ri. Kara savait vraiment obtenir ce qu'elle voulait des gens, et elle n'était pas sûre que son sang de Vélane puisse récolter tous les mérites. Bien sûr, pour l'instant, Santana avait plus envie d'écraser le nez parfait de la slave avec son poing.
« Elle ment ! » s'écria finalement Sebastian, paniqué et sincèrement incrédule, nota Santana. Jesse semblait en retrait, mais l'éclat dans ses yeux envoya des frissons dans le dos de la brune. Sebastian n'avait peut-être pas eu l'intention d'aller aussi loin mais…
Jesse avait en tête de bien pires idées, réalisa-t-elle avec une touche d'effroi.
« Elle les protège ! Je vous jure— »
« Taisez-vous, vous êtes un tel gaspillage d'oxygène, je ne sais comment gérer mon dégoût ! » S'écria furieuse July. « Vous croyez vraiment que je vais vous croire, sale petit vermisseau qui ment comme il respire, plutôt que la descendante de la plus grande famille d'oracle qui existe ? Vous êtes encore plus idiot que ce que je ne pensais ! »
En rage, July, désigna le rongeur oublié. « Et qu'est-ce qu'il attend pour redevenir humain, celui-là ?! »
« Elle ne sait pas comment, Cassie. » Répondit Holly à la place. Tous les regards se tournèrent vers elle.
« Vous savez qui— » Commença Charlie. Holly lui répondit avec un sourire et un clin d'œil.
« Bien sûr ! J'ai l'œil pour ce genre de chose. » Elle se tourna vers l'autre directrice dans une tentative d'apaisement. « Heureusement, les choses se sont déroulés aussi calmement que possible. Plus de peur que de mal.» Elle jeta un coup d'œil au bras ensanglanté de Charlie.
Santana fut surprise de voir Kara s'occuper de la Griffondor, appuyant sur la blessure pour stopper le flot de sang, le rongeur sur son épaule émettant des petits sifflements inquiets.
« Une tentative d'agression préméditée est très grave. Tes élèves passeront un conseil de discipline avec la directrice de l'école. Néanmoins, je pense que l'on peut récompenser mesdemoiselles Berry, Lopez et Ivankov pour leur moral et efficacité en temps de crise. Je dirai, 20 points par tête ? »
July étudia l'autre sorcière du regard, paraissant plus apaisée.
« Seulement ? » s'insurgea finalement Rachel, détestant être oubliée. « En tant que préfète— »
« Si vous voulez une récompense plus équilibrée, il me faudra compter aussi une déduction de points de vos camarades ici présent, Ainsi que pour toute métamorphose non-répertoriée, mais je doute que vous apprécierez le résultat final. »
Rachel blanchit aux mots de Holly.
« J'ai bien peur qu'il vous faudra vous satisfaire de 60 points. Le reste sera notre petit secret » Elle tourna la tête vers July, et lui fit un clin d'œil. « Et c'est pour ça que tes élèves ne sont jamais préfets-en-chef, Julz ! » Elle entraina Charlie et le rongeur avec elle, avant d'ajouter à l'attention du professeur de potions : « Je t'empreinte mademoiselle Ivankov, j'aimerais avoir une discussion avec elle. » Elle se tourna vers les deux filles avec une expression trop enjouée pour une heure si tardive, après une telle transgression. « En route pour l'infirmerie ! Ça me rappelle la fois où un furoncle de troll nous a explosé dessus, de l'acide partout ! 24 personnes dans l'infirmerie ! Pomfresh s'est évanouie… »
Avec un regard pouvant faire passer l'antarctique pour une île idéale pour le spring break, July tourna les talons, exigeant silencieusement d'être suivie. Il était évident que même Rachel et Santana allaient en prendre pour leur grade. Quant à Jesse et Sebastian…
Valait mieux ne pas y penser.
Regardant une dernière fois les filles s'éloigner, elle vit quelque chose de brillant reposer sur le sol là où l'action s'était déroulée.
Trottant jusqu'à l'objet, Santana se baissa pour le ramasser, gonflant ses poumons pour interpeller la blonde—
Mais tout l'air s'échappa soudainement lorsqu'elle jeta un coup d'œil à ce qu'elle tenait.
Un pendentif d'argent en forme de fée taché de sang reposait dans le creux de sa main.
Le pendentif de Brittany.
Santana n'arrivait plus à dormir depuis l'accident.
C'était ridicule, ses journées étaient tellement remplies, elle n'avait pas le temps de penser à autre chose qu'à ce qu'elle faisait dans l'instant présent.
Mais arrivée la nuit, allongée dans son lit, sans distraction, Son imagination s'emballait.
Brittany avait été la cible de Sebastian et Jesse.
Que ce serait-il passé si Santana avait décidé de ne pas intervenir ? Si cette étrange peur que ce soit Brittany la cible –peur justifiée !- ne l'avait pas motivé à faire quelque chose ?
Et depuis quand Brittany était amie avec Charlie ? Et depuis quand étaient-elles des animagus ?
Balayant le barrage de question de son esprit, elle imaginait Brittany, gracieuse et délicate Brittany, coincée dans le corps d'un rongeur, face à un cobra et une hyène.
Horrifiée, ses pensées devenaient de plus en plus sombres.
Peut être que les garçons ne l'auraient pas brutalisé.
Ils ne sont pas des animagus répertoriés, il n'y aurait eu aucune preuve de l'attaque.
Un coup de mâchoire, et Jesse aurait avalé le rat tout entier.
Personne ne l'aurait jamais su.
Elle ne put retenir le gémissement d'inconfort qui déchira sa gorge imaginant le corps éventré du rat, les entrailles dévorées par la hyène caquetant victorieusement.
La pensée en été tellement insoutenable, qu'elle se redressa vivement face à la vague de nausée qui la submergea.
Elle s'immobilisa lorsqu'elle se retrouva face à face avec Kara, qui l'observait du baldaquin d'en face.
« Quoi ? » siffla hargneusement Santana.
« Elle sait se retransformer. »
« Pardon ? »
Le silence s'installa entre elles. La slave ne cligna jamais des yeux.
« Elle sait très bien se transformer. Elle le fait depuis bien plus longtemps qu'eux. Elle serait redevenue humaine si cela avait été trop dangereux. »
« Oh, me voilà rassurée. » Cracha Santana, tremblante de fureur. « Comme ça, plutôt qu'un rat crevé, on aurait retrouvé un corps humain entier. Ouf. »
Il y a beaucoup de réponses que l'autre sorcière aurait pu lui donner, mais elle n'était pas préparée à celle-là.
« Pourquoi est-ce que ça t'importes tant ? Qu'est-ce que ça peut te faire, après tout ? »
« Désolée, je ne savais pas que l'humanité était en option, ici. Je tacherais de m'en souvenir. Bonne nuit Princesse Anastasia.»
« Santana— »
« Bonne nuit. »
La slave soupira, et Santana attendit d'entendre sa respiration ralentir pour relâcher sa prise sur les draps. Les muscles de ses doigts crampaient d'avoir été aussi violemment contractés.
Kara avait raison. Il était évident qu'elles savaient toutes les deux que Brittany était l'animagus. Brittany était son amie à elle. Pas la sienne. Elles n'avaient discuté qu'une paire de fois, et les classes qu'elles avaient ensemble, Santana passait son temps à grimacer aux sourires mutins que Brittany lui envoyait.
Mais elles avaient un truc. Qu'elle le veuille ou non, elle avait une étrange connexion. Une reconnaissance de l'autre, qui les poussait à se graviter autour.
Voire la blonde faisait bondir son cœur dans sa poitrine, entendre sa voix rêveuse avec une touche d'espièglerie et d'accent étranger rauque faisait bouillir son sang. La blonde s'était immiscée sous sa peau, la laissant désemparée, à se gratter à sang sans possibilité de soulager la sensation.
Alors, pourquoi était-elle celle qui ne pouvait pas dormir ?
Santana allait devenir dingue. A cause d'une putain de fille.
XXXxxxOOOxxxXXX
"What is this feeling, so sudden, and new,
I knew the moment I laid eyes on you,
My pulse is rushing,
My head is reeling,
My face is flushing,
What is this feeling
Does it have a naaaaaaame ?
Loathing. Unadultered loathing.
For your face,
Your voice,
Your clothing,
Let's just say,
I love it all,
There's a strange exhilaration,
In such total detestation,
It's so pure it's so stroooooooooooooooooon—"
« JE LE JURE BERRY, SI TU NE LA FERMES PAS JE VAIS TE COUDRE LES LEVRES AVEC UN SORT DE GLUE PERPETUEL JUSQU'A LA FIN DE TES JOURS ! »
Santana se réveilla en sursaut, les paroles de la chanson de Rachel mêlées aux beuglements de Lauren créant le pire réveil au monde.
« Vous ne savez pas appréciez la bonne musique, bande de rustres ! C'est un hymne de combat et d'encouragement ! »
« Quoi, cette drôle de chanson d'amour ? » Grogna Santana, se redressant sur son lit, ses mains empêtrées dans sa masse capillaire.
« Pas d'amour, Santana. C'est 'loathing', et non 'loving'. »
La brune se tourna, momentanément et vaguement intéressée, vers elle.
« Sérieux ? Pourtant on dirait une chanson de confession. »
« Exactement ! » Répondit Rachel avec enthousiasme, heureuse que quelqu'un s'intéresse à sa chanson. « C'est une manière de montrer qu'il y a une fine barrière entre l'amour et la haine, Santana. Parfois, on ne réalise pas de quel côté de la barrière nous sommes. »
« Merci pour ce brillant cours sur les sentiments, Rachel, mais évite d'assommer d'ennui notre meilleur batteur avant l'entrainement. » Commenta Kara.
Son équipement de Quidditch envoyé sur son lit, Santana s'habilla tant bien que mal.
« Pourquoi si tôt ? »
« On a réservé le terrain de huit à onze heure pour pouvoir reformer l'équipe de Quidditch. Directeur July s'est empressée de signer notre passe. » Expliqua faiblement Kitty, évitant soigneusement le regard de Santana, satisfaisant cette dernière.
« Oh. » Après le renvoi de Jesse, jugé « trop dangereux » pour Poudlard, l'équipe manque un poursuiveur, et les trous ont besoin d'être comblés.
Avec son départ, une fois n'est pas coutume, Santana fut reproposée le titre de préfet de Jesse, au grand dam de Rachel, qui voulait récolter seule les honneurs, et de Kara, qui, bien qu'elle assura le contraire, semblait convoiter le titre également.
Ricanant toute seule, Santana serra les sangles de cuirs autour de ses avant-bras et caressa avec révérence sa batte.
« Allez on se bouge, On a notre premier match la semaine prochaine, et je ne donne pas cher de notre peau si on perd contre ces rats de bibliothèques de Serdaigles ! » Cria Lauren, motivant les troupes.
Kara haussa les épaules. « Griffondor ont perdu face à Poufsouffle la semaine dernière. On sera toujours devant eux quoiqu'ils arrivent. »
« Je veux voir les larmes et le sang couler sur le visage de ces fouineurs je-sais-tout ! Je veux pouvoir me baigner dedans ! » Vociféra Sugar, pensant certainement motiver l'équipe.
« Vous faites trop de bruits au réveil, bande de pétasses. » Se contenta de répondre Santana.
« Mmmh, je pensais que tu avais réservé le terrain pour Serpentard ? » Demanda Santana, le regard blasé en direction du terrain où des joueurs en saphir et bronze volaient en formation.
« C'est le cas. » Affirma Hunter, grinçant des dents. « Venez-vous autres ! »
Santana suivi paresseusement son capitaine qui faisait une ligne droite vers Quinn.
« Fabray ! Dégagez de là ! Le terrain est à nous ! »
«Quinn atterrit gracieusement, un sourcil gracieusement levé.
« Clarington. Je crains que nous ayons un malentendu. Nous avons réservé le terrain toute la matinée. »
« Impossible ! » S'écria le garçon, sortant de sa poche un parchemin. « Professeur July nous a signé une autorisation pour la matinée. »
Quinn tendit la main et il lui remit le parchemin sans protester.
« Je vois. » Commenta la blonde, et Santana ne put réprimer un rictus à l'écoute du ton de Quinn. C'était le ton qu'elle employait à chaque fois qu'elle allait vaincre quelqu'un tellement intensément que la défaite du perdant se fera ressentir jusque dans ses os.
« Seulement, nous avons-nous aussi une attestation signée nous autorisant à prendre le terrain se matin— »
« Mais— »
« -Du directeur MacGonagall. » Acheva Quinn, comme si elle n'avait jamais été interrompue. « La prochaine fois, dîtes à votre directeur de vérifier les disponibilités avec les autres, si elle ne veut pas avoir de mauvaises surprises. »
Hunter eu l'air tellement abattu, que même Quinn eu pitié. Santana se contenta de rouler des yeux. Il fallait admettre que le garçon n'avait pas eu une semaine facile. Perdre ses deux meilleurs amis et devoir gérer la capitainerie de l'équipe de Quidditch tout seul...
« Ecoute, on peut partager juste pour cette fois. Aujourd'hui, on entraine notre nouveau joueur à s'intégrer à notre formation. On n'a pas besoin de tout le terrain pour ça. Je suppose que vous aussi vous avez des pertes à combler. C'est tout ce que je peux vous offrir. »
Hunter se tourna vers son équipe. Quinn était toujours diplomate, et Hunter était moins idiot que ses deux anciens amis. Il savait qu'il n'aura pas de meilleure offre.
« Très bien. Je pense que l'on peut travailler comme ça. » Il serra la main de Quinn et appela ses joueurs en cercle.
Santana et Quinn échangèrent des regards amusés. Quinn se désigna de la main de manière théâtrale et Santana s'inclina de manière narquoise.
Regardant les joueurs en train de voler, Santana commenta avec humour, assez fort pour être bien entendue :
« Je crois que vous avez un parasite. Besoin d'aide pour le déloger ? »
Faussement vexée, Charlie vola en piquet jusqu'à Santana, avant de braquait le manche et changer de direction au dernier moment, faisant reculer Santana avec une bourrasque de vent.
« Juste pour ça, tu finiras dans le lac, Fabreeze ! »
« Elle a insisté pour venir nous voir nous entrainer, et Mercedes et Kurt n'ont pas pu résister. » Quinn montra de la main les gradins où les deux Griffondors se trouvaient. Ils saluèrent de la main.
« Aaaw, elle veut voir sa grande sœur à l'œuvre ? J'espère qu'elle ne sera pas trop triste de voir la raclée que l'on va te mettre Vendredi. »
Quinn laissa échapper un rire de nez peu féminin.
« Comme si. Vous allez bouffer les pissenlits par la racine, comme d'habitude. » Elle se rembrunit. « Et je doute que ce soit pour moi qu'elle soit là, » Santana lui lança un regard interrogateur, mais Quinn secoua la tête.
« Va rejoindre ton équipe de prestigieux losers ! » fanfaronna-t-elle, lui mettant une claque sur les fesses.
« Je ne vais pas te contredire là-dessus. Mais il suffit d'un excellent batteur pour détruire l'équipe adverse, tu sais ! » S'écria Santana, balançant ses hanches de manière exagérée.
« C'est sympa de ta part de nous rejoindre, Santana. » Lança Hunter à son égard.
« Je sais, ma bonté n'a d'égale que ma beauté. » rétorqua Santana, le balayant de la main.
Elle pouvait voir Charlie discutait derrière avec Kitty et Kara. Elle montra les filles du pouce et Hunter se passa une main sur le visage, prêt à raccrocher.
« Ecoutez, je sais que ces derniers jours ont été… difficile. On a perdu notre capitaine et second batteur. » Il s'interrompit. « Pour certains, un ami. Mais je peux vous dire que Serpentard n'est pas connu pour baisser les bras à la première difficulté. Alors on va se relever. On va reconstruire l'équipe, on va jouer, et on va tous les écraser. Des objections ? »
Devant le cri de motivation commun, il reprit, plus décontracté :
« C'est pourquoi je nous ai trouvé un nouveau batteur. Je l'ai déjà testé, mais vous allez pouvoir le mettre à l'épreuve aujourd'hui. »
Un sorcier au physique imposant et au visage banal se plaça à côté de Hunter. Santana reconnu le transfert de Durmstrang qui était avec le frère de Puck et Brittany.
« Voici David Karofsky. Pour ceux qui ne le connaisse pas encore assez, il vient de Durmstrang et jouait déjà la place de Batteur dans l'équipe de son école. »
Devant les murmures d'approbation, Hunter poussa le grand gaillard vers ses camarades. Santana fronça les sourcils, en pleine réflexion.
« Et pour notre attrapeur, on fait quoi ? Il nous manque toujours un joueur. »
Les murmures se firent nerveux, et Hunter perdit de sa confiance.
« Bien que Jesse a été renvoyé, Sebastian n'a pas reçu la même sanction. Il est lourdement puni, mais il n'est pas interdit de Quidditch. Nous avons donc décidés de le garder comme attrapeur. »
« Excuse-moi ? » Demanda d'une voix mielleuse Santana, le sourire venimeux.
« Santana— C'était une décision collective, tu ne connais pas toute l'histoire.»
« Oh ? Tout ce que je sais, c'est qu'il a attenté à la vie de la petite sœur de ma meilleure amie –et Brittany- et c'est bien assez pour moi ! Vous voulez vraiment cette réputation là pour notre maison ? J'ai l'impression d'avoir fait un bon de trente ans en arrière ! »
« Santana, Sebastian a réalisé ses erreurs. Il sait combien ce qu'il a fait a été stupide et dangereux. Son admiration pour Jesse l'a rendu malléable ! »
Devant le rire brusque d'incrédulité de la latino, Hunter reprit, plus grave, plus silencieusement.
« Jesse a utilisé le sortilège d'Imperium sur lui ce soir-là. »
Le visage de la sorcière perdit en hargne. Derrière elle, Rachel prit une brusque inspiration.
« Il ne voyait même pas qu'il se faisait manipuler. Sebastian a fait beaucoup de choses douteuses de son propre chef, mais sa confiance a été trahie par un type qu'il croyait être son ami. Il n'était en réalité qu'une marionnette entre ses mains. »
Santana le fixa pensivement. Il y avait eu des rumeurs avec ces trois-là. Comme quoi il y avait quelque chose entre Hunter et Sebastian lorsqu'ils étaient arrivés en cinquième année, jusqu'à ce que Jesse leur mette le grappin dessus. Pendant que Hunter était resté le même, Sebastian était maintenant greffé de manière permanente à Jesse, et ce de plus d'une manière, comme Santana a eu le plaisir de voir un soir, dans la salle de bain des préfets.
« Tu as toutes les raisons de me haïr, Santana. » La voix grave de Sebastian résonna dans son dos et elle se tourna pour voir le garçon comme elle ne l'avait jamais vu. Vaincu, des poches noires sous les yeux, son visage fin encore plus émacié qu'à l'ordinaire. Tout ce qui faisait l'arrogant sorcier avait disparu, pour laisser un garçon perdu et effrayé.
« Tous les matins je me réveille en me demandant si j'ai vraiment été aussi stupide. Si j'ai vraiment failli commettre l'irréparable. Je ne vais pas dire que Jesse m'a forcé à faire toutes les choses que j'ai faites depuis que je suis ici, mais je lui ai fait confiance. Et j'ai eu tort. Aujourd'hui, je sais ce que ça fait, d'être trahi. » Il leva finalement les yeux vers elle, résolu.
« Ça- ça va prendre du temps. Pas juste pour moi, pour tout le monde. J'en ai déjà parlé avec Brittany et Charlotte, et maintenant je le fais avec toi. Je sais que tu n'en a probablement rien à faire mais… Je suis sincèrement désolé, Santana. »
Le souffle était retenu collectivement sur le terrain, et Santana réalisa que les Serdaigles s'étaient immobilisés dans les airs, suivant discrètement la discussion.
« Je me fiche de tes excuses, le rongeur. Ce n'est pas moi que tu as failli envoyer à la page « obsèques » de la gazette du sorcier. Mon avis ne compte pas. » La voix manquant le mordant de ses mots, Santana s'adoucit. « Choisis mieux tes amis, à partir de maintenant, si tu ne veux pas que daddy t'envoie des oranges à Azkaban. »
Les épaules du sorcier se redressèrent, comme si les mots de Santana lui avaient enlevé un poids. Ne voulant pas le laisser se déculpabiliser entièrement, elle ajouta par-dessus son épaule :
« Si Quinn et son équipe lui font la peau, ce ne sera pas mon problème. J'espère que vous êtes conscient de votre choix. »
La tension redescendant, les discussions reprirent lentement et Santana s'isola du groupe, exaspérée.
« C'est gentil, ce que tu as dit, Santana. »
Elle se tourna pour apercevoir Kara et Charlie, l'éclat dans les yeux de la dernière moins estompé que les derniers jours passés.
« Je le pense. Qu'il ne recommence pas. Il est en probation. Un faux pas, et je le zigouille moi-même. »
« Si Quinn ne le fait pas avant. Ou Brittany. Il a intérêt à s'accrocher à son balai. » Commenta aimablement Kara, apparemment amusée par la situation.
« Brittany ? »
Santana se tourna vers les deux autres sorcières. Silencieusement, Charlie pointa quelque chose du doigt.
Santana suivi du regard se dernier, et sa bouche s'entrouvrit sous le choc.
Brittany était à une vingtaine de mètre de là, confortablement assise sur son balai, vêtu d'une tunique de Quidditch saphir et bronze, le regard rivé sur elle.
Sous son regard hagard, Brittany replaça timidement une mèche blonde derrière son oreille, faisant un signe de la main.
Sortant de sa torpeur, Santana se détourna, agacée, plus par les sourires moqueurs de ses deux amies que la blonde.
« C'est pas vrai, mais elle est partout ! Elle me suit ou quoi ? »
« Non, ça ne m'étonne pas. » Contra Kara. « Britt a passé sa vie sur un balai. C'est son élément, comme danser avec le vent, ou un truc du genre. » Son regard agrippa celui de Santana. « Ne la sous-estime pas. »
Santana roula des yeux face au ton constamment omni- et mystérieux de l'apprentie oracle.
Evidemment, Miss Parfaite fait partie de l'équipe.
Sur ces mots, la slave prit son envol, et Santana réalisa que son équipe avait déjà commencé l'entrainement. Nonchalamment, elle continua de regarder les Serdaigles s'entrainer, évitant soigneusement les yeux brillants d'espièglerie de la plus jeune des Fabrays.
« Tu veux quelque chose, moucheron ? »
« Non, mais il semblerait que toi, oui. » Moqua en retour la Griffondor.
« Oui, Je veux écraser l'équipe de ta sœur, ce qui va très certainement se produire, vu que je suis la meilleure. Je pourrai peut-être même la forcer à faire des trucs, en gage de victoire. » Devant le visage dégoutée de Charlie, elle ajouta précipitamment « PAS ce genre de truc. »
« Oh ? Tu veux parier ? »
La nouvelle voix attira l'attention des deux sorcières. Brittany flottait au-dessus d'elles, son fameux sourire poli en place.
« Qu'est-ce que tu fais là ? Comment t'as réussi à intégrer l'équipe ? » Questionna Santana en guise de réponse, suspicieuse.
Brittany haussa les épaules.
« J'ai passé les essais. L'Attrapeur de Serdaigle a fini son cursus scolaire l'année dernière, et Quinn cherchait désespérément un remplacent. Quand Kara lui a dit que je jouais, elle m'a fait rentrer. »
Et évidemment. Toujours sponsorisée par quelqu'un, et aucun véritable travail fourni.
« Je n'imaginais pas Quinn aussi désespérée. Ça va être beaucoup plus facile que je ne l'aurais pensé. » Déclara pompeusement Santana, essayant d'asticoter ses deux camarades, ne récoltant que deux sourires amusés, comme l'on sourirait à un chiot qui a fait une cabriole ridicule.
« Tu veux parier ? » répéta Brittany, son enthousiasme intact.
« Parier quoi ? »
La blonde haussa les épaules.
« Ce que tu veux. Le gagnant peut exiger quelque chose du perdant ? Une faveur ? »
Le front et les sourcils plissés de suspicion, Santana analysa son adversaire, évaluant la récompense.
Pour être franche, elle n'avait pas de désir particulier- du moins, en apparence-, mais l'idée d'avoir la blonde soumise à sa volonté était trop irrésistible pour laisser passer une telle occasion.
En cas de défaite, qu'est-ce que la Serdaigle pourrait bien exiger d'elle ?
…Elle ne perdra pas, de toute manière.
« Très bien. Il est temps que quelqu'un vous remette tous à votre place. » Déclara Santana, le sourire carnassier. Effrayer, ça, elle savait faire.
Imperturbable, Brittany tendit la main vers la latine, le sourire s'élargissant.
Santana lui serra la main, et elle sentit un courant électrique traverser sa paume, la forçant à l'arracher de la prise un peu trop ferme de la sorcière.
Santana rétrécit ses yeux de manière menaçante. Est que la blonde venait d'essayer de lui griller la main ? Ce serait pratique, un batteur sans main valide, n'est-ce pas ?
« Alors, c'est décidé. Hâte d'être samedi. » Brittany se tourna brièvement vers Charlie, comme pour lui demander de la suivre, mais la plus petite des deux blonde lui renvoya un regard lourd de sens, et Santana se sentit un peu seul devant cette discussion silencieuse privée.
Finalement, la blonde rejoint son équipe, souhaitant bonne chance à Santana, qui répondit d'un simple son de gorge suffisant.
S'apprêtant à rejoindre son équipe, Santana croisa le regard amusé et incrédule de Charlie. Levant un sourcil dans sa direction, la petite blonde secoua la tête.
« Toi, alors. T'es vraiment un cas. »
Regardant la plus jeune des Fabrays rejoindre les airs, Santana froissa son visage dans une expression interrogatrice.
Tout aller bien se passer, ni elle ni Quinn ne serait blesser, Charlie pouvait être tranquille. Serpentard allait gagner de toute façon.
… N'est-ce pas ?
Ils allaient perdre.
Sebastian, toujours coincé dans sa torpeur 'émo twilight' fut incapable d'attraper le moindre vif d'or de la semaine. Karofsky, bien que sa force et son étonnante précision soient ses points forts, était incapable de voler sur un balai, même pour sauver sa vie. Lauren avait brisé le sien.
Santana et Hunter, horrifiés, ne pouvaient que regarder leur équipe se dégrader deux jours avant la rencontre.
Leur sauveur vint en la forme de Sugar Motta.
Santana grimaça.
« L'anglais, tu le parles, locomotta ? »
Reprenant sa respiration, Sugar répéta, sensiblement moins vite, et toujours aussi incompréhensible.
Confus, Hunter se tourna vers Santana, cherchant une traduction. Santana gifla Sugar qui s'arrêta de parler brusquement. D'un signe encourageant de la main de la part de la latine, elle reprit les mots clés de sa phrase.
« Mon père—des nouveaux balais—pour l'équipe—Eclair de Feu V—Les plus rapides du marché— »
« Oh, tu veux dire que tous ces balais sont pour nous ? » Lorsque Sugar hocha rapidement de la tête, Santana lui rendit un sourire plein de dents.
« Merci Tomato-Tomotta. Tu sers peut être bien à quelque chose, finalement. »
Sugar lui offrit un sourire confus, coincée entre l'extase et la vexation. Deux émotions dures à conjuguer.
Kara entra dans la salle commune à la trotte.
« Et devinez quel ménage à trois est tombé malade après un cours de Botanique-culinaire qui a mal tourné ? »
« Tu veux dire que le Chang² et leur binoclard sont hors service ? » s'exclama Lauren, excitée.
« Hors service, non, mais bonne chance pour jouer correctement avec les boyaux qui te sortent par les fesses. » Ria la slave.
« Comment tu sais ça ? » Demanda Hunter.
Kara se contenta de se tapoter la tempe, le sourire mystérieux.
Santana roula des yeux.
« Je croyais que t'avais pas le droit de lire dans l'esprit des élèves. Où est ton bracelet ? »
Elle haussa les épaules.
« En révision. July trouvait qu'il ne bloquait plus assez bien les ondes télépathiques lorsque j'ai eu le droit d'assister à sa dernière escapade sexuelle avec Holliday via Dreamtube. »
« Professeur Holliday et July !? Ewww. » S'exclama Sebastian, retrouvant son attitude d'origine pendant quelques instants.
« Peu importe. Ça veut dire que trois des joueurs de Serdaigles sont à moitiés de leurs capacités. » Etudia Hunter, ses yeux brillants d'opportunisme.
« Et avec ça, pas de doute, on va gagner. » Souffla Kitty, en admiration devant son nouveau balai.
Santana et Hunter échangèrent un rictus.
La chance leur souriait.
« Bienvenue à la deuxième rencontre de la coupe de Quidditch de Poudlard qui oppose aujourd'hui les champions de l'agilité, silencieux et rapide comme le cobra, Serpentard, contre les génies de la tactique, et les rois de l'innovation, Serdaigle ! Mes chers amis, c'est une farouche rencontre à laquelle nous allons assister ! »
Santana était sûre que tout le stade et leur grand-mère roulaient leurs yeux au ton dramatique de Rachel qui se répercutait à travers l'école.
« Merci Pumpkin pour cette belle introduction ! Le match d'aujourd'hui sera arbitré par votre excellence tout droite venue du Texas, comme le bœuf de vos assiettes, Professeur Beiste ! » Annonça l'intéressée de sa voix tonnante.
« Vos commentatrices habituelles, Mesdemoiselles Berry et Motta faisant parti d'une des maisons en jeu, elles seront codirigées par deux autres commentateurs, Hummel et Jones ! »
Santana pouvait voir sur l'écran géant Rachel lancer des éclairs avec les yeux aux deux Griffondors, qui le lui rendait bien, pendant que Sugar semblait vouloir être à peu près n'importe où sauf dans la tribune des commentateurs.
« Je suis tout à fait capable d'impartialité ! »
« Oh je t'en prie, tu ne saurais ce qu'est l'impartialité si elle te rentrai dedans et te faisait un enfant ! »
« Ooooooh. » Se contenta d'ajouter Mercedes, devant l'expression outrée de Rachel.
« Et vous, ça ne vous arrangerez pas peut être que Serpentard perde comme vous l'avez fait face à Poufsouffle ! S'il y a une objectivité remise en question, c'est la vôtre ! »
« Aaaaaaah ! » S'exclama Sugar, triomphante.
Quelques sièges plus bas, MacGonagall semblait déjà regretter son choix.
« Beiste, déclarez les 'hostilités'. »
« QUE LES DEUX CAPITAINES SE REJOIGNENT AU CENTRE ! »
Hunter et Quinn s'arrêtèrent à un mètre de l'autre, leur co-capitaine, Santana et Mike en retrait derrière eux.
Hunter se contenta d'hocher la tête vers la Serdaigle, et de lui tendre la main en premier, créant la surprise sur le terrain.
Quinn finit par laisser un sourire lui chatouiller les lèvres, et serra la main du garçon, sous les applaudissements et cris des élèves.
Santana tapota le dos de son capitaine lorsqu'il revint vers eux.
Hunter sera un bien meilleur capitaine que Jesse. Elle le savait.
Tous les joueurs enfourchèrent leur balai, les pieds battant le sol nerveusement.
Beiste expliquait quelque chose, mais Santana était trop distraite par le sourire et le clin d'œil que Brittany lui envoya pour l'entendre.
Pour la première fois, elle rendit le sourire à la blonde, qui semblait très agréablement surprise.
(C'était l'excitation de voler, et de leur mettre la pâtée, ok ?)
Un coup de sifflet perfora ses pensées, et sans même chercher à comprendre, Santana frappa le sol un grand coup, se propulsant dans les airs.
Stupéfaite de la rapidité de leur balai, elle redressa avec difficulté le manche pour se stabiliser.
Plus bas, ses camarades semblaient avoir le même problème.
Peut-être que ce ne sera pas aussi facile que prévu.
« Ils sembleraient que les Serpentards aient quelques difficultés à contrôler leur balai. » Commenta Kurt des tribunes, fronçant le visage lorsque des éclats de rire répondirent au « WANKYYY ! » de Santana.
« Et ça peut se comprendre, vu qu'ils sont en possession du tout dernier Eclair de Feu disponible sur le marché Est-ce vraiment réglementaire ? » Poursuivie Mercedes, les lèvres tirées vers le bas
« Ne soyez pas aussi mauvais joueurs, simplement parce que nos balais sont meilleurs ! Où l'êtes-vous parce que nos joueurs le sont aussi ? Sebastian a le plus haut taux actuel de réussite en tant qu'attrapeur de Poudlard, ça devrait te donner à réfléchir, Kurt ! »
Oh, snap, Berry !
Rouge écarlate, Kurt se pencha par-dessus sa tribune, Mercedes attrapant fermement sa chemise.
« T'es en train d'insinuer quoi au juste !? Je suis le meilleur attrapeur que Griffondor ai eu depuis Harry Potter ! »
« Oui. De Griffondor. Ça ne veut pas dire grand-chose, hmm ? »
Un « oooooouh » collectif résonna dans le stade. Le capitaine de Griffondor, Puck, évidemment, jeta une gerbe d'étincelle à l'attention des tribunes, avant d'être fermement pris en main –wanky- par le professeur July, qui passait dans le coin. Par pur hasard.
« Tu as pris la confiance juste parce qu'une gamine vous a donné des brindilles de bois ? Motta n'est rien d'autre que votre porte-monnaie ambulant ! »
« Qu'est-ce que tu dis sur mes balais, toi !? J'y peux rien si je suis riche, et belle, et tellement intelligente que Serpentard ont besoin de mon expertise ! On ne peut pas en dire autant de vous, Sorciers de seconde zone ! Ma grand-mère attrape plus de Vif d'or que toi, et elle croit toujours qu'un balai sert à faire les poussières ! » S'époumona l'héritière.
« Dîtes, on pourrait commenter le match, plutôt qu'un smack down de Divas ? » intervint Mercedes, jetant des regards inquiets à MacGonagall, qui n'avait pas l'air amusé.
« Bien sûr ! » Embraya Rachel immédiatement. « Et je tiens à annoncer le score en faveur de Serpentard grâce à nos merveilleuses et gracieuses… » Elle jeta un coup d'œil à Lauren qui lui lançait un regard noir. « Poursuiveuses. Très belles passes et esprit d'équipe des demoiselles Ivankov, Wilde et de Clarington ! 20 à 0 pour Serpentard ! »
La petite diva se permit de caqueter devant l'air hébété des deux Griffondors. Sugar eu l'air aussi surpris qu'eux, nota Santana.
Elle pouvait voire plus qu'entendre Quinn vociférer des instructions aux deux autres poursuiveurs. Ils étaient très bons, mais avec leurs deux batteurs tanguant sur leur balai et Abrams incapable d'arrêter un but avec les mains sur l'estomac, il était évidemment que la victoire reviendrait aux Serpentards.
Un bruit comme un coup de tonnerre résonna à ses côtés, et elle put voir Karofsky envoyait coup sur coup des cognards sur un des joueurs adverses, qui les esquivaient de peu à chaque fois.
Elle ne put s'empêcher de rugir lorsqu'elle réalisa que le joueur n'était autre Brittany, qui n'avait pas l'air très inquiète, d'après son large sourire.
« Qu'est-ce que tu fous, espèce de Neandertal !? T'es débile ou quoi ? C'est les poursuiveurs qu'il faut bloquer, et non pas essayer de tuer un attrapeur qui ne fait que voler ! Tu veux nous disqualifier ? Hunter a vraiment le chic pour trouver les attardés ! »
Karofsky tourna la tête vivement vers Santana, aboyant de la même manière.
« Je sais ce que je fais, Lopez ! Tu feras moins la maligne quand elle aura le vif d'or en main. Le moment où elle le voit, ce sera fini ! »
Devant l'expression confuse de la brune, il ajouta :
« On était dans la même équipe à Durmstrang, elle et moi. Et devine qui a reçu une bourse pour étudier chez les Flying Dutchmen en sixième année ? »
Les Flying Dutchmen, plus connu pour leur humour farfelu et leurs frasques excentriques que leur jeu, était l'équipe nationale de Quidditch Néerlandaise basée à Priceton. Il arrive parfois que les équipes cherchent à recruter de jeunes diplômés qui ont joué dans les équipes de leur écoles, comme Ginny Potter, qui aujourd'hui joue chez les Harpys.
« Je ne l'ai jamais vu rater un vif d'or. » termina-t-il, l'air grave.
La sueur se glaçant dans son dos, Santana se propulsa vers Sebastian, frappant rageusement un cognard dans la formation adverse, sous le regard inquisiteur de Quinn.
« Il faut à tout prix que tu trouves le vif d'or. » Devant l'expression pleine de jugement du garçon qui semblait s'inquiéter pour sa santé mentale, elle ajouta :
« Je déconne pas, Tête de rat. On change la tactique. Hunter et les filles sont bien suffisants pour s'occuper des poursuiveurs adverses. Karofsky et moi, on va te couvrir. Ils ont un nouvel attrapeur. » Elle attendit que Sebastian remarque Brittany avant de poursuivre :
« Il est possible qu'elle soit bien meilleure que toi. »
Devant l'expression arrogante du sorcier, elle comprit qu'il ne l'a prendrait pas au sérieux. Elle roula des yeux.
« Contente-toi d'attraper le vif d'or avant elle. » Elle lui sourit poliment. « Ou si tu ne te sens pas de taille, assis toi bien sagement, et laisse notre équipe marquer assez de points pour compenser la perte du vif d'Or. »
« Il semblerait que Lopez change la stratégie des Serpentards, peut-être a-t-elle prit peur du nouvel attrapeur adverse, l'imposante Brittany Pierce ! »
Santana percuta violemment un cognard en direction des tribunes, où Mercedes semblait prendre plaisir à faire les éloges de la blonde.
Les quatre sorciers se baissèrent brusquement dans un concours de cris strident dont le gagnant reste inconnu.
« Et encore 10 points pour Serpentard, le score est de 50 à 10 ! »
Surprise du score actuel, Santana se tourna vers les buts, ou Kara et Kitty échangeaient un high five.
Se giflant mentalement pour avoir été aussi distraite durant le match, elle se remit à décrire des cercles au-dessus du terrain, guettant Brittany comme un aigle, laissant David se charger de semer la pagaille dans la formation Serdaigle.
Elle pouvait voir les deux camps de commentateurs se disputer et fronça les sourcils. C'était eux qui l'avaient distraite. Quelle idée de laisser ces quatre-là en charge de quoi que ce soit.
Une dispute éclata, et elle put voir Quinn s'approcher dangereusement de Karofsky, enfonçant un doigt dans sa poitrine à plusieurs reprises.
« Il semblerait que l'acharnement de Karofsky sur la nouvelle attrapeuse des Serdaigles ne soit pas du gout du Capitaine Fabray. Est-ce vraiment réglementaire ? » Demanda Kurt.
« Eh bien, il est stipulé dans le règlement qu'un batteur à le droit d'envoyer les cognards sur un joueur de n'importe quelle position qui représente un danger à la victoire de son équipe. Tout me semble en règle, même si tout de fois un peu 'bas'. » Récita Rachel.
« Le score est toujours de 90 à 20 pour Serpentard. » Rappela Mercedes.
« Je ne veux pas vous déprimez, mais je sens que les piafs vont se prendre une sacrée taule ! » S'écria Sugar, avant d'ajouter précipitamment : « Désolée, Asperger's. » lorsque MacGonagall la fusilla du regard.
Holiday se leva des tribunes, les mains autour de la bouche :
« Pas d'évaluation ni devoirs de la semaine si vous m'attrapez ce fichu vif d'or ! »
Elle se rassit, la bouche courbée vers le bas, ignorant la tirade offusquée de la directrice. July, assise au bord de son siège à ses côtés, jubilait.
« 110 à 20 ! »
C'est à ce moment-là qu'elle l'aperçut.
Elle vit le cognard arrivé dans leur direction. Elle vit Karofsky passait devant elle, le regard rivé sur une Quinn statique, qui écoutait les conseils de son professeur.
Elle put tout voir : Kara qui arrivait au niveau de Quinn, le souafle à la main, Quinn qui se jeta en avant pour l'intercepter, la batte de Karofsky entrant en contact avec le premier cognard, puis le second qu'il avait contenu dans une impressionnante démonstration de force.
Santana ne put que crier un avertissement, les yeux rivés sur les deux filles. Elle put les voir tourner la tête en direction du cri, chacune une prise sévère sur la balle, les yeux s'écarquillant un instant trop tard—
Son cœur sauta un battement, puis un deuxième, face au fracas de balai, le bruit des deux corps et du bois s'entrechoquant, avant d'être percuté de plein fouet par les deux balles possédées.
C'est seulement lorsqu'elle vit sa propre main tendue à quelques mètres de ses amies chutant qu'elle réalisa qu'elle avait bougé.
Un courant de vent intense les arrêta à quelques mètres du sol, et quelque part, elle put entendre la voix de Beiste tonner dans ses oreilles, couvrant presque le bourdonnement dans ces dernières, le sang battant violemment contre ses tempes.
« Quelle violence ! Quel choc ! Nous ne sommes pas sûr de ce qui s'est passé, mais une double, que dis-je une quadruple collision pour la capitaine de Serdaigle et Ivankov de Serpentard ! Lopez a tenté de rattraper les joueuses mais le professeur Beiste a interrompu leur chute ! Mais le plus important reste leur état ! Comment vont-elles ? »
Toujours secouée, Santana regarda, impuissante, les corps distordus de ses amies, couchées sur le sol. Quinn avait un bras retourné, et le nez très certainement brisé par le manche de son balai à en juger par le flot de sang. Kara…
Santana fit une grimace. Les jambes de la slave avaient été coincés entre son balai et celui de Quinn, et les cognards se sont fait une joie de les lui briser.
Elle fit face, malgré la vague de nausée qui l'envahie à la vue du blanc laiteux des os qui avaient déchirés peaux et cotons et pointaient dans diverses directions par-dessus les vêtements et la chair laminés.
Quinn, certainement en état de choc, se contenta de regarder la gigantesque femme s'afférer autour d'elle et de Kara, qui elle, semblait inconsciente.
Quelques secondes plus tard elle fut violemment secouée par Charlie, qui avait apparemment sauté les barrières pour les rejoindre sur le terrain, les joues teintées de larmes.
Après s'être assurée que sa sœur était hors de danger, elle accorda un regard vers Santana, avant de se jeter à genoux aux côtés de la slave, serrant sa main dans la sienne, débitant une litanie de mots qui n'avaient aucun sens dans l'esprit de Santana.
Elle leva lentement la tête jusqu'à Karofsky, qui était en train de s'expliquer avec Hunter, le souafle au bras.
Elle nota qu'il n'avait pas vraiment l'air horrifié ou même désolé de son geste. Il n'y avait ni arrogance, ni haine dans son regard. Juste… de l'indifférence.
Pendant que Santana avait, impuissante, assisté à l'attaque de ses amies, sans pouvoir faire quoique ce soit, lui, ne s'inquiétait pas.
Comme si de rien n'était.
Le gout de sang dans sa bouche redoubla, et le bourdonnement dans sa tête nourrit sa rage.
C'est seulement lorsque Beiste la maintint contre sa poitrine, l'emprisonnant, qu'elle réalisa qu'elle avait essayé de se jeter sur lui.
« D'après le professeur Beiste, les deux joueuses sont hors service et vont être transférées à l'infirmerie, l'état d'une d'entre elle quelques peu inquiétant. Serpentard reçoit un simple avertissement, l'attaque n'étant pas volontaire. » Informa Rachel, le regard tout de même nerveux.
« Comment ça, involontaire !? Il a voulu descendre Quinn ! Elle n'avait pas la balle, et elle ne bougeait même pas ! Ça veut dire quoi ça ?! Il l'a même fait alors qu'il a vu qu'un joueur de sa propre équipe se trouvait autour ! C'est un malade ! Je vais le buter ! »
« Ce que David a fait est mal, et dangereux, et stupide, mais ce n'est pas le moment pour ça, Santana. »
Elle fit volte-face pour voir Brittany, agenouillée près de Quinn, le regard triste et…dur ?
« Pas le moment ? C'est le moment pour ce que je— »
« Tu ne sais pas comment Durmstrang nous a entrainé à jouer, Santana. Crois-moi, il a reçu bien pire. » Prévint Brittany, sérieuse pour peut être la première fois que Santana ai vu. « On a tous reçu bien pire. Kara y compris. Réglez vos comptes après le match. »
« Je règle mes comptes quand je veux, de quoi je me mêle- »
Mais la blonde avait récupéré son air malicieux habituel, et dans un clin d'œil, elle s'élança, rejoignant les autres dans les airs.
Santana se tourna à nouveaux vers Charlie, qui ne savait laquelle de ses amies soutenir le plus.
« Ça va aller, Crapaud ? »
La plus jeune hoqueta dans un rire mouillé au surnom. Elle hocha la tête, tenant sa sœur par la taille, avant de reporter son regard vers le corps inerte de Kara, hissé sur une civière. Une myriade d'émotions passa sur son visage, trop rapide pour que Santana les reconnaisse.
« Je vais avec elles. Finis ton match. » Elle finit, d'une voix plus faible. « Vite, s'il te plait. »
Santana réalisa que le match avait repris sans elle, et fusa dans les airs, sa rage se transformant en énergie.
Arrivée au niveau de Karofsky, elle pointa sa batte dans son visage confus. Au loin elle vit Brittany les observer.
« Toi et moi, il va falloir qu'on cause après ça. On n'a pas largué un wannabe Bellatrix pour s'en taper un autre. Evite de tuer qui que ce soit d'ici là. »
Il ouvrit la bouche pour parler, mais Santana s'était déjà éloignée, envoyant rageusement voler un cognard vers les batteurs de l'équipe adverse.
Elle se sentait sale de devoir continuer à balancer ces balles de malheurs. Au moins Chang-boy et Chang-girl ont de quoi se défendre face à elles.
Le jeu continua encore un certain temps, et ennuyée, Santana laissa son regard courir avant d'atteindre Brittany.
La blonde virevoltait dans tous les sens, encourageant son équipe, faisant rouler des yeux Santana.
Malgré son attitude ridicule et ses figures humoristiques, elle pouvait le lire dans les mouvements de la blonde, comment elle se déplaçait toujours de manière fluide, gracieuse, comme si elle pouvait anticiper tous les mouvements du vent, avec la souplesse d'un danseur.
Elle savait que Karofsky n'avait pas menti. Brittany était une voleuse experte.
Mais est-ce que cela suffira ?
Elle fut tirée de ses rêveries lorsque Brittany chuta soudainement en pique, pourchassant quelque chose d'encore invisible aux yeux de Santana.
« Sebastian ! » Prévint-elle. Un coup de vent et le garçon l'avait déjà dépassé, à la poursuite de la blonde.
Elle les suivit à son tour, voyant Karofsky bougeait sa grosse carcasse, et son sang bouillonna à l'idée de laisser cet idiot s'approcher trop près de Brittany avec un de ses cognards.
« En retrait, Cretinofsky ! C'est moi qui mène ! »
Malgré le fait que Sebastian était celui en possession du balai le plus rapide, Brittany gardait une certaine routine dans ses mouvements, tellement saccadés et imprévisibles, Santana sut qu'elle suivait à la trace le vif d'or. A chaque fois que ce dernier prenait un nouveau tour, Sebastian perdait la distance gagnait à rediriger son balai.
Brittany, elle, ne semblait avoir aucune difficulté à suivre les mouvements imprévisible de la balle.
Elle tendit le bras, les doigts formant une serre—
Et elle le retira vivement lorsqu'un cognard vint effleurer ses ongles, manquant de lui briser les doigts.
Furieuse, Santana se tourna vers Karofsky, criant contre le vent.
« Qu'est-ce que tu fous !? »
« Mon boulot de batteur ! Et si tu faisais le tien ? »
« Je ne vais pas risquer une vie pour une simple partie de Quidditch ! »
Le garçon parut incrédule et confus à ces mots.
« Alors tu ne sais pas jouer au Quidditch. »
Elle l'ignora, les mâchoires tellement serrées qu'une douleur naquit au creux de ses gencives.
Elle frappa un cognard en direction de Brittany, qui virevolta gracieusement autour de ce dernier, dans de grands éclats de rire.
Santana venait de lui envoyer un boulet personnel de la mort, et cette fille rie.
Deux de leurs amies venaient d'être reçue à l'infirmerie pour s'être fait dézinguer par cette saloperie, et elle, ça la fait rire.
Comme si c'était une putain de blague.
Un autre passa plus rapidement et frôla violemment sa tête, mais la blonde se contenta de l'éviter avant de repartir à la poursuite du Vif d'or.
Elle lança un regard mauvais à Karofsky qui l'ignora, focalisé sur la blonde.
Il est vrai que s'ils étaient tous les deux dans la même équipe, ce n'était surement pas les premiers cognards que Balou lui envoyait. Brittany n'était pas une frêle jeune fille sans défense…
Un flashback de la soirée près des toilettes, et Santana fronça farouchement ses paupières.
Sebastian tendit la main, comme pour attraper le Vif d'Or, mais Santana fut surprise de la voir se refermer sur l'arrière du balai de Brittany.
Elle, fut encore plus surprise lorsque la blonde se contenta de relever une jambe –suuuuper flexible- mettant de la distance entre les deux balais avant d'écraser le visage et la main de Sebastian qui se rapprochait à nouveau.
Les yeux écarquillés, elle regarda Sebastian se tortiller de douleur sur son balai, les doigts brisés tentant de stopper le flot de sang se déversant de sa bouche.
Elle ne put retenir un éclat de rire. Elle l'avait prévenu qu'il allait s'en mordre les doigts avec les Serdaigles. Mais elle n'aurait jamais imaginé que ce ne serait pas que métaphorique.
Quelques secondes d'inattention des trois Serpentards, et Brittany bascula en avant, se laissant chuter de son balai, se rattrapant au dernier moment avec sa main gauche, la main droite ballotant dans les airs, le point refermé sur—
« Et Pierce met fin au match en attrapant le Vif D'or pour les Serdaigles ! » S'écria Kurt, sa voix étouffée par les clameurs dans les tribunes.
Holiday bondit, son chapeau- qui n'était en fait qu'un aigle- poussa un rugissement, avant de s'envoler et d'exploser en feux colorés.
« Quelle fantastique rencontre ! Que de rebondissements ! Il n'y a pas de honte à avoir pour qui que ce soit aujourd'hui, c'était du très haut niveau ! » Commenta Mercedes.
« Serdaigle reçoit donc 150 points. Le score final reste néanmoins de 180 à 170 pour Serpentard. La victoire revient aux verts et argents ! » S'exclama Rachel en liesse de voir sa maison gagner quoiqu'il arrive.
Hébétées, la moitié des personnes présentent dans le stade refirent les comptes, interrompus par des grognements de déception ou des clameurs de victoires.
Santana regarda les Serdaigles descendre de leurs balais, abattus, mais donnant l'accolade à leur attrapeur qui a sauvé l'honneur de la maison.
Elle donna un coup de coude à Hunter qui hocha la tête, faisant signe à l'équipe de le suivre.
« Oh, mais que vois-je, Les Serpentards s'approchent des perdants, que se passe-t-il ? » Commenta vivement Sugar, excitée par la tournure des évènements.
En l'absence de Quinn, Mike s'approcha avec caution.
« Chang. C'était un très beau match, malgré votre état de santé. » Autre coup de coude de Santana. « Je mmh, je suis désolé, pour Fabray. C'est quelqu'un de très réglo et loyal, et je respecte ça. »
Les épaules de Mike se détendirent, et il sourit finalement.
« Vous avez fait de sacré progrès, Clarington. Mais la prochaine fois on sera en pleine forme, ne vous relâchez pas. Vous avez vu notre attrapeur, » Il ouvrit un bras vers Brittany, qui était portée par Tina et Artie, et riait à gorge déployée. « Ça risque de devenir très serré. »
Son sourire s'atténua.
« Je sais que ça ne se reproduira plus. Et vous avez aussi perdu un joueur. Quinn est sortie sur ses pieds du stade, au moins. Je pense qu'il est grand temps d'aller nous occuper de nos guerrières. » Plaisanta-t-il.
Hunter grimaça.
« Je suis bien où je suis. Avec ce que Kara va nous mettre dans la face quand elle va se réveiller… »
Mike sourit, amusé, et les garçons échangèrent une poignée de mains.
« Quelle surprise ! Un geste amical pour conclure un match brutal entre deux maisons rivales, c'est tout ce qu'il faut retenir de cette rencontre, chers spectateurs ! Espérons que les prochains matchs apporteront moins de mauvaises surprises que celui-ci ! C'était Hummel et Jones— »
« Et Berry et Motta ! » Renchérit la petite brune, avant de se lancer dans une nouvelle dispute avec les deux Griffondors dont tout le monde se moque.
D'humeur légère, Santana poussa ses camarades dans les vestiaires, voulant se dépêcher pour pouvoir aller provoquer et titiller Quinn sur son lit, sachant qu'elle n'aura aucun moyen de se défendre ou d'y échapper.
Elle aperçut Brittany et Karofsky un peu plus loin, en pleine conversation. Le garçon avait la tête baissée, lorsqu'il ne la hochait pas. Brittany posa une main rassurante sur son épaule, son expression toutefois sérieuse.
Le garçon acquiesça une dernière fois, avant de se trainer dans les vestiaires, évitant le regard de Santana.
Perdue dans son excitation, elle laissa glisser son comportement, et se contenta de trotter jusqu'à la blonde.
« J'ai gagné. » Fanfaronna la Serpentard.
Brittany fit un signe entendu de tête, le sourire aux lèvres.
« En effet. Une demande à faire ? »
Santana feint la nonchalance.
« Mmh, pas vraiment. On n'a pas mis de date limite sur le gage. Je te tiens au courant lorsque je trouverais un truc. A moins que tu veuilles remettre un jeu en gage pour le prochain match ? » Ne put-elle s'empêcher d'ajouter arrogamment.
L'éclat mystérieux que Santana détestait tant réapparu dans le regard de la blonde.
« Oh, non. Il ne vaut mieux pas pour toi. »
Ouvrant la bouche pour répondre, Santana fut interrompu.
« C'est incroyable, que personne n'ai vu le vif d'or avant que vous n'atteignez les cent cinquante points nécessaire, tu ne trouves pas ? Il ne m'aurait fallu que quelques minutes avec lui, et le jeu aurait été fini. Quelle chance pour Serpentard… »
Et sur ces mots, elle laissa Santana dans sa poussière, l'expression dubitative.
Avec agacement, Santana réalisa que beaucoup trop de ses rencontres avec la blonde se terminait dans la confusion, avec plus de questions que de réponses, et un poids sur le cœur.
Finalement, Santana eu l'idée du gage le lendemain matin, en cours de Défense contre les forces du mal avec les Griffondors.
Sue Sylvester adorait rabaisser les rouges et or et se donner à son passe-temps favori avec abandon.
Pendant qu'elle hurlait sur Puck, qui se tassait dans le siège à côté d'elle, Santana se laissa distraire par les féroces murmures que Kurt et Mercedes échangeaient à la table voisine.
« Tu crois qu'elles sortent ensemble ? »
« Duh. Elles viennent de la même école, non ? Et j'ai entendu Brittany dirent qu'elles sortaient à Pré-au-Lard ensemble demain. Si ce n'est pas un rencart, je mange mes extensions. »
Les ragots habituels des deux commères prirent une tournure intéressante, et comme si Sylvester lui avait jeté une malédiction électrisante, elle se redressa brusquement.
« Qu'est-ce que vous racontez sur Brittany tous les deux ? »
Kurt se pencha par-dessus Mercedes.
« Brittany à un rencart avec Kara demain. »
« C'est vrai, elle me l'a dit elle-même. » Défendit immédiatement Mercedes.
La bouche entrouverte d'une manière peu attirante, les sourcils froncés, Santana resta sans voix.
Brittany et Kara ? C'est impossible. Elle avait beau se creuser la tête, rien n'avait laissé entendre que ces deux-là été…
Kara lui avait même dit…
Non ?
Mais elles viennent tout de même du même endroit. Leurs familles sont amies. Même si Kara avait fait certaines allusions à Santana, qu'est ce qu'il lui dit qu'elles n'avaient pas quelque chose lorsqu'elles étaient encore à Durmstrang ?
Et la slave n'avait rien laissé paraitre.
Etouffant une pointe de colère injustifiée, Elle se repositionna correctement, sous les regards perçants des deux Griffondors.
Roulant sa mâchoire de gauche à droite, elle se perdit dans ses réflexions. Finalement, elle sourit, de manière peu amicale.
Elle avait peut être trouvée le moyen de faire sortir Brittany de ses gonds.
Elle gloussa brièvement, écoutant vaguement les vociférations du professeur, tout en ignorant la petite voix dans le recoin de son esprit qui lui demandait si elle n'avait pas d'autres motivations pour gâcher le rendez-vous des deux étrangères.
« Vous trouvez ça dur, espèces de larves de Scroutt ? Essayez de récupérer un Bezoark d'hyppogriffe, ça c'est dur ! »
« Non, Santana. »
Mettre son plan en action allait être plus difficile qu'elle ne le pensait.
L'infirmerie était vide, Quinn étant rentrée dans son dortoir le soir même de son accident, une simple et temporaire tache brune sur le nez et le bras comme dernier témoin de son accident.
Kara avait été moins chanceuse.
Ses blessures étant trop critiques pour être soignées d'un simple coup de baguette, Pomfresh avait recommandé un séjour à Sainte-Mangouste, que la sorcière avait poliment décliné.
Elle devait donc attendre de recevoir les potions nécessaires pour pouvoir retisser sa chair et ses muscles, avant de reconstruire ses os.
La slave était donc clouée au lit, les jambes lourdement bandées, et l'esprit relativement aiguisée, malgré l'amulette antidouleur qui embrumait son cerveau.
« C'est un pari, Ivankov. Un pari que j'ai gagné. Et j'ai décidé que Brittany serait à mon service toute la journée de demain. »
Kara lui jeta un regard venimeux.
« T'es vraiment une conasse, tu sais ? Tu vas me priver de sortie juste pour lui mettre profond à Brittany ? Vraiment ? »
Devant le ton plein de jugement et le choix des mots de la brune, Santana sentit un rougissement envelopper son cou, légèrement honteuse.
Légèrement.
« Il y a un apothicaire à Pré-au-Lard, Santana. Brittany voulait y aller avec moi pour pouvoir acheter les potions nécessaire pour mes jambes. »
« On peut y aller pour toi. » Proposa immédiatement Santana. « De toute façon c'est bien toi qui râle chaque année, en disant combien tu détestes Pré-au-Lard. »
La sorcière de l'est détourna le regard.
« Et peut être que j'avais envie de compagnie ? »
Santana fronça les sourcils, laissa échapper un son exaspéré.
« Tu voulais sortir avec Brittany, c'est ça ? Un peu d'intimité, qu'elle embrasse tes plaies de guerrier ? Papa et maman seront fière de vous voir perpétuez votre race de noble, et bientôt, ce sera le mariage arrangé ? Le ventre de baleine, et la colonie de moutards de hauts rangs ?»
Elle n'avait aucune idée d'où venait cette animosité, et aussitôt les mots sorties de sa bouche elle les regretta.
Heureusement pour elle, Kara eu l'air plus perturbée que vexée par les propos bouillants de son amie.
Le silence s'étira sur une durée trop longue et Santana se trémoussa.
« Il y a quelque chose dont tu veux me parler, Santana ? »
« Non. »
« T'es sûre ? Parce que moi je pense que tu as envie de parler de Brittany. »
« Et pourquoi je parlerai d'elle ? Je la tolère à peine. Je ne sais même pas pourquoi on se voit tout le temps, avec tous ses admirateurs, son incroyable don pour la magie, son talent pour le balai, ses parents célébrissimes, et sa bouille de Vélane elle doit à peine avoir le temps d'aller aux chiottes toute seule. »
« Tu as l'air d'avoir une opinion très détaillée d'elle. » Commenta Kara, amusée. Santana le remarqua et siffla.
« T'es en train de dire quoi, au juste ? »
« Je dis que tes mots et tes actes ne collent pas, Santana. Même toi ne croit pas aux mots qui sortent de ta bouche. »
« Écoute-moi, un peu, la cosaque— »
« Je te laisse Brittany, si tu me rend un service. » Intervint la slave.
Voyant l'agressivité de Santana commencer à se dissiper, elle reprit.
« Si je dois attendre ici que vous me ramenez mes potions, je—je veux de la compagnie. »
Voyant pour la première fois un certain déconfort chez son amie, l'intérêt de Santana pointa le bout de son nez.
« Tu… Tu veux que je te trouve un rencart ? » Déchiffra-t-elle, un sourire de prédateur titillant le coin de ses lèvres.
Kara hocha la tête, les yeux fuyants et le visage brûlant.
« Accouche Ivankov, Dis-moi qui est l'heureux élu(e) qui tort ta culotte dans tous les sens. » Pressa la brune, curieuse de connaître le nom de la personne qui a réussi à percer les remparts long comme la muraille de chine de Miss Frigidity.
« Si Charlie accepte de passer la journée avec moi, Brittany est toute à toi. » cracha rapidement la sorcière, les yeux écarquillés, l'expression interdite.
Choquée, Santana resta silencieuse.
Puis finalement :
« Charlie ? Comme Charlotte Fabray ? Le Fababy ? Cette Charlie ? »
Kara opina du chef à chaque nouvelle suggestion, les yeux toujours exorbités. Santana lui rendit son expression.
« … »
« … »
« Sérieux ? » Ne put s'empêcher de continuer Santana, forçant l'autre Serpentard à se jeter sous ses couvertures, lâchant un long gémissement plaintif.
Maintenant qu'elle y pensait, ce n'était pas si tiré par les cheveux. Charlie et Kara passent beaucoup de temps ensemble malgré qu'elles ne soient pas dans le même cercle social. Santana est amie avec Quinn et Charlie, mais son amitié avec Kara était inattendue car la Serpentard n'est pas très sociale, surtout avec les élèves des autres maisons. Et pourtant, depuis que Kitty les a présentées, les deux sorcières étaient inséparables. Seule Charlie arrivait à la faire rire –et pas ce petit rire moqueur ou narquois, un vrai rire de joie- et Santana se souviens du visage de la blonde lors de l'accident du match de Quidditch de la veille.
Elle était restée bien après que Quinn soit hors de danger.
Quinn.
Elle se souvient également du commentaire de Quinn avait fait lors de l'entrainement de Quidditch.
Avec Santana perdue dans ses pensées, l'autre sorcière eu le temps de se recomposer.
« Alors ? On a un deal ? »
« Tu plaisantes ? » Ria Santana. « C'est comme si c'était déjà fait. Une occasion de se retrouver toute la journée seule avec toi ? Mmmh, j'en connais une qui en a rêvé des nuits entières. »
Devant le visage choqué de son amie, elle ajouta, caquetant :
« Je veux dire, Charlie est du genre 'tu crois que Kara voudras m'accompagner chez Hagrid ?', 'Tu crois que Kara sera gênée si je lui offre cette écharpe ?' 'Tu crois que Kara voudra bien m'aider avec mon devoir d'arithmancie ?'. Bientôt j'aurais le droit à ' Oh, Santana, Tu crois que Kara va mal le prendre si je fourre ma tête sous sa jupe ?' »
« Tu es la personne la plus exaspérante que je connaisse. » Grogna Kara à l'attention de l'autre Serpentard.
« Merci. » Elle fronça les sourcils. « T'es une buse en arithmancie, en plus. »
« Tu peux aller assouvir tout tes fantasmes de dépravée avec Brittany, maintenant. »
Santana émit un « Ha ! » dédaigneux.
« Tu rêves. Qu'est-ce que tu veux que je fasse avec cette chose au sang-mêlé, qui sait où ça a trainé ? »
Kara l'étudia à nouveau avec ce regard étrange-qui ressemblait fortement à celui de Brittany- et qui l'agaçait au plus haut point.
« Quoi ? » Cracha-t-elle, sur la défensive.
« Brittany est une sang-pure » déclara la slave de manière cryptique.
« Tous les descendants de Vélanes sont des sang-mêlé. » expliqua lentement Santana, comme si elle parlait à un enfant particulièrement lent.
« Exactement. »
« Je—Je ne comprend pas. » Balbutia Santana, confuse.
« Brittany n'a pas de sang Vélane. » Conclut pour elle Kara.
Abasourdie, Santana s'assit sur le lit, évitant les jambes de la sorcière.
« Mais—C'est impossible. » Confuse, elle releva le visage vers l'adolescente alitée « Le glamour, je le sens à chaque fois. »
« Lorsque tu es avec moi, ou Charlie, ou Quinn, est ce que tu ressens le glamour ? »
Santana nia de la tête, l'adorable grimace sur son visage s'accentuant.
« Non, j'y suis habituée. Je veux dire, je le sens brièvement, mais ça ne me fait plus rien. Vous êtes mes pétasses, mais je ne pourrai pas être attirée par vous. »
« Donc, même si Brittany était Vélane, tu ne devrais pas ressentir le glamour avec elle. » Raisonna Kara, triomphante.
Déglutissant avec difficulté, Santana posa finalement la question dont elle n'était pas sûre de vouloir connaître la réponse.
« Qu'est-ce que ça veut dire ? »
Voyant l'air perdu et effrayé de son amie, Kara se radoucit.
« Ça veut dire que peu importe ce que tu ressens lorsque tu es avec Brittany, c'est naturel. Ça vient de toi. Brittany n'y est pour rien. »
Santana se demanda si toute cette histoire de gage était finalement une bonne idée.
D'un pas résolu, Santana traversa la grande salle, remerciant Merlin qu'elle soit aussi clairsemée aussitôt dans la matinée.
La table des Poufsouffle apparut dans son champ de vision, juste au moment où Brittany jetait la nuque en arrière, éclatant de rire face à l'une des idioties de Blaine et Sam.
Santana put sentir ses lèvres replètes s'étiraient jusqu'à laisser apparaitre un mince filet de dents brillantes et menaçante dans la direction du garçon à la bouche de strangulot lorsqu'il posa sa main sur la cuisse nue de la blonde.
(Elle prit tout de même le temps d'apprécier la tenue moldu que portait Brittany, ne questionnant plus le fait que seule la blonde mettrait un short et une simple sweatshirt à rayures avec le temps impardonnable d'Angleterre.)
C'était Brittany après tout.
Santana n'était pas sûre d'apprécier cette généralité. Après tout, n'était-ce pas un énième passe-droit qu'elle accordée à la blonde ?
« Wow, wow, wow, Evans, fais attention! » S'écria-t-elle.
Surpris, les trois adolescents se tournèrent vers la brune, sur le qui-vive.
« Ne pointe pas ce cul de babouin que t'appelle une bouche aussi près de Brittany ! Tu essayes de la tuer ou quoi ! » Poursuivi-t-elle, faussement concernée.
Blaine et Brittany retinrent à grande peine leur amusement face au visage gêné du garçon, qui lâcha un long gémissement de souffrance.
« Pierce. » Se contenta-t-elle de saluer. Blaine n'eut pas l'air vexé du manque d'attention. C'était même une bonne chose, d'après son éternel optimisme.
« Bonjour Santana. Qu'est-ce que je peux faire pour toi ? » Questionna la blonde, époussetant ses cuisses inutilement et attirant l'attention de la brune sur ces dernières.
« Prépare tes affaires. Il y a une navette pour Pré-au-Lard dans quinze minutes. »
Pour la première fois, Santana eut le plaisir de voir le masque d'amusement perpétuel tomber du visage de la Serdaigle pour laisser place à la stupéfaction.
« Tu n'as pas oublié notre gage ? J'ai besoin d'un mulet pour mes achats, aujourd'hui. Tu vas m'accompagner et faire tout ce que je te demande. »
Si elle était dans son état normal, Santana serait embarrassée de la jubilation totale qu'elle éprouvait à contrôler et dominer la blonde.
Mais comme tout ce qui concerne Brittany, Santana n'était pas vraiment dans son état naturel.
Elle fut étonnée de voir de l'hésitation sur le visage de la sorcière. Elle semblait presque heureuse de son sort, mais une ombre de culpabilité assombrissait son regard.
« Santana… Ce n'est pas que je ne veux pas, mais j'ai promis à Kara de l'emmener à Pré-au-Lard pour ses blessures— »
Santana l'interrompit d'un signe de main.
« Ne t'inquiètes pas pour ça, je m'en suis occupée. Kara à un rencart avec Fabray la seconde aujourd'hui, et je lui ai dit qu'on s'arrêterait chez l'apothicaire pour ses potions. Maintenant bouge ton boule sans discuter. »
Elle s'attendait à voir de l'agacement ou de l'indignation sur le visage de Brittany, de ne pas avoir été prévenue et d'être tirée dans tous les sens comme une marionnette—
Mais pas à ce regard étrangement séduisant, le ciel orageux des yeux de la blonde voilé de longs cils.
Et soudainement, sous sa veste militaire, Santana put sentir sa chair bouillir.
Il a toujours fait aussi chaud, ici, ou bien… ?
Depuis qu'elles s'étaient rencontrées, les yeux de Brittany contait une histoire que Santana était incapable de déchiffrer, à sa plus grande frustration.
Sérieusement, elle était plutôt douée pour lire les gens, mais Brittany ?
C'était comme si quelqu'un lui avait largué un pavé de cinq mille pages IKEA écrit en vieux gaélique en police taille 8.
Le pire ? C'est qu'elle était un gros livre en cartons pour bambins avec illustrations en prime pour la blonde.
Gracieusement – toujours gracieusement- Brittany se leva, faisant un signe de la main aux deux garçons, avant de se diriger vers l'entrée de la grande salle.
Distraite, Santana regarda les hanches de la sorcière se balancer de droite à gauche. Se ressaisissant, elle gifla le crane du blond à ses côtés dont l'attention fut aussi divertit par le départ de Brittany. Blaine les scrutait d'un œil calculateur.
Finalement il sourit à la Serpentard.
« Passe une bonne journée, Santana. »
La brune ne lui accorda pas un regard, résolue à ignorer l'éclat de compréhension sur son visage.
« Ramène-nous des souvenirs de chez Weasleys pour Sorciers Facétieux ! »
Finalement, faire tourner Brittany en bourrique n'était pas si compliqué.
Si elle avait su qu'il suffisait d'emmener la blonde chez Gaichiffon et la forcer à assister à tous ses essayages, Santana se serait déshabillée devant elle depuis longtemps.
D'une manière tout à fait innocente, bien entendu.
« Merci encore, pour les—les plumes chez—chez Honey duke et— » La voix aérienne de la blonde s'interrompit. « Je disais quoi, déjà ? »
Santana cessa la contemplation de son éventuel prochain achat- une petite robe moulante tissée par des Vélanes- pour se tourner vers Brittany.
« Tu vas le mentionner combien de fois, encore ? »
La Serdaigle secoua bêtement la tête en guise d'excuses.
Santana roula des yeux.
La blonde avait bavé en silence sur les plumes à la cerise pendant que Santana faisait ses achats, et elle s'était dit que la blonde méritait bien un geste de sa part, faisant une bien meilleure mule que Puckerman, mais elle commençait à le regretter.
Ou pas. La bouchée de cheveux blonds qu'elle avait reçus avec l'embrassade de l'adolescente avait été…
Tout à fait approprié.
Ce n'est pas comme si elle aimait recevoir l'attention complète de sa camarade. Ni son affection. Et encore moins son approbation.
N'est-ce pas ?
S'étant assez amusée, et prenant pitié de la blonde et de son quotient intellectuel dégringolant de manière inquiétante minute par minute, Santana écourta sa torture.
« Attend moi devant. Je vais payer pour ça, et on va se boire une bierraubeurre ? »
Brittany acquiesça et se leva d'un bond, tendue comme un arc, mais réussissant tout de même à conserver une certaine grâce, avant de se diriger vers la sortie.
La sorcière à la caisse gloussa.
« Pauvre fille, la voilà toute émoustillée. »
Se permettant un rictus, Santana jeta un regard en direction de la blonde, qui jouait des pieds devant la vitrine, les mains dans les poches de son short.
« Enfin, je vous comprend, je fais pareil avec mon petit ami. Il n'y a rien de plus amusant que de les voir se trémousser sur place, pas vrai ? »
Confuse, Santana froissa son front. Préférant ne pas commenter, elle récupéra rapidement son sac, avant de sortir de la boutique, le pas décidé.
Agacée que Brittany ne la suive pas immédiatement, elle se tourna dans la direction de la blonde, qui tendait l'une de ses plumes en sucre à un petit garçon avec sa mère, ébouriffant ses cheveux.
Santana ressentit un pincement dans sa poitrine devant la scène, avant de se ressaisir et d'attraper Brittany par une de ses bretelles, la tirant vers l'enseigne des Trois Balais.
« Est-ce qu'il va falloir que j'attaches une laisse autour de ton cou pour que tu restes en place plus d'une minute ? » Pesta-t-elle, ignorant le tambourinement à la jonction de ses cuisses face à un tel visuel.
La blonde semblait avoir les mêmes pensées.
« Seulement si c'est toi qui tient la laisse, maîtresse. » Ronronna-t-elle.
Ignorant de son mieux la dernière remarque, elle tira avec plus de force que nécessaire sur la bretelle de la Serdaigle, la déséquilibrant et l'envoyant s'écraser contre son dos.
Brittany émit un « Ooooh » de plaisir simulé, semblant totalement amusée par la situation.
C'était moins le cas pour Santana, subitement essoufflée, par la surprise du choc ou peut être le battement de cœur raté dans sa poitrine.
« Si tu continues, je peux t'attacher dehors pendant que je vais me relaxer dans le bar, comme tout chien qui se comporte mal. » Rétorqua Santana avec plus de hargne qu'elle n'en avait.
Heureusement, la blonde reçue l'agression avec grâce comme à son habitude, un éternel sourire étirant ses fines lèvres.
Elle indiqua d'un signe de main à la blonde de s'installer à une table.
Ou elle chassait une mouche.
Le geste était trop dédaigneux pour que Brittany puisse le dire.
Mais c'est avec plaisir qu'elle s'installa dans un canapé au fond du bar, déposant les innombrables sacs que Santana lui avaient chargé de porter.
Elle avait voulu plaisanter en disant que le brune voulait juste voir ses magnifiques biceps sculptés à l'œuvre, mais la Serpentard ne l'avait apparemment pas très bien pris et s'était efforcée de trouver le plus d'achats inutiles possible pour punir Brittany.
Conservant le sac contenant les potions de l'apothicaire précieusement sur ses genoux, elle jeta un coup d'œil à celui rempli de vêtements.
Ils y en avaient certains qu'elle ne refuserait pas de voir sur la brune. Surtout ceux qui se portent en privée…
« Qu'est-ce que tu fais ? »
Relevant subitement la tête, elle vit Santana à ses côtés, lui tendant sa boisson, un sourcil interrogateur soulevé.
Ignorant la question d'un sourire, elle se contenta de récupérer la bierraubeure. Santana roula des yeux pour la centième fois de la journée et s'assit lourdement sur sa chaise.
Portant le goulot à ses lèvres, Santana étudia la blonde du regard, qui n'était en rien ébranlée par l'inquisition silencieuse.
« On devrait faire un jeu. » Proposa-t-elle, cherchant à percer le silence dans lequel Santana s'était emmurée. « Genre, twenty questions. On pose une question chacune notre tour, sans obligation de réponses, mais si l'une décide de répondre à une question, l'autre sera forcée de le faire aussi. »
« Pourquoi tu es allée au rendez-vous de Jesse et Sebastian, il y a un mois ? » Trancha immédiatement la Serpentard.
Prise de cours, Brittany gloussa.
« Ce n'est pas vraiment le genre de question que j'imaginais poser. »
Santana garda le silence.
« Pourquoi est-ce que tu es à Serpentard ? » Dévia Brittany.
Santana parut surprise de la question, mais lissa son expression dans un masque neutre.
« Pourquoi accepter un combat d'animagus ? » Persista-t-elle.
« Je ne vois pas de quoi tu parles. Est-ce que tu t'aimes le Glee Club de l'école ? Quinn et Mike m'ont proposé de le rejoindre. »
A nouveau, Santana parut étonnée. Elle pourrait répondre, forçant la blonde à lui révéler des informations.
Mais il était hors de question qu'elle cède la première.
« Pourquoi est-ce que tu fais tout en dépit du bon sens ? » ragea Santana entre ses dents, excédée par le plus grand mystère tournant autour de la blonde.
Imperturbable, Brittany embraya :
« Pourquoi écouter tant ta famille alors que tu veux aller étudier à WADA ? »
Cette fois ci, Santana amorça un mouvement de fureur.
Quinn.
Quinn avait parlé à Brittany de ses problèmes. De ses secrets. De ses peurs. De ses rêves.
Elle allait foutre le feu à son balai.
Ça laisse beaucoup de possibilités.
Santana s'adossa contre son siège et jeta un objet métallique sur la table. Elle attendit que Brittany s'en empare avant d'expliquer :
« Tu l'avais fait tomber après ta formation camping avec Sebastian et Jesse. »
Les yeux écarquillés, Brittany étudia du regard son pendentif, passant subtilement une main autour de son cou.
Elle releva le visage vers Santana, la bouche entrouverte.
« Alors ? Tu m'expliques pour l'animagus ? Et franchement, une fouine ? T'avais pas plus… Impressionnant que ça ? »
« C'est une hermine. » Corrigea immédiatement Brittany, semblant vaguement vexée par la remarque. « De la famille des Mustélidés. C'est le plus petit carnivore existant avec la belette chez les mammifères. »
Santana leva un sourcil dans sa direction. Brittany se racla la gorge, récupérant vivement le pendentif trainant sur la table.
« Nous sommes des sorciers. Contrairement aux moldus, il n'y a pas grand-chose qui nous résiste. Nous pouvons nous défendre, nous sommes notre propre arme. La plupart des gens font l'erreur de se procurer un Animagus imposant et dangereux. Le vrai pouvoir de l'Animagus réside à pouvoir changer totalement sa nature, pas de développer nos acquis.» Récita Brittany, ayant avec toutes certitudes appris cela.
Brittany décocha son sourire innocent et Santana retint un grognement.
« Je suis sûre que tu es l'une de ces personnes. Tu aurais pris quoi, toi. Un ours ? Un légendaire dragon ? » Elle s'interrompit, pensive. « Ou peut être une panthère. Oui, définitivement une panthère. »
« La ferme. » Siffla Santana, ignorant le réchauffement dans ses joues.
« J'ai pris une hermine parce que c'est mignon. » Admit finalement Brittany, haussant les épaules. « Mon père avait insisté pour un animagus, et je n'avais pas de quoi faire une licorne. »
Elle regarda Santana avec attentes, et la brune lui rendit un regard incertain.
« J'ai répondu honnêtement à ta question. A toi, maintenant. »
« Je ne vois pas en quoi ça te regarde. Mais puisque t'as l'air de n'avoir rien de mieux à faire que de m'écouter – de toute façon, tu es obligée, tu m'obéis aujourd'hui-, ma famille est l'une de ces rares anciennes familles dont le sang est encore pur. Cela implique des responsabilités. Et la règle principale est de ne jamais déshonorer son nom. »
« C'est pour ça que tu ne voulais pas changer de baguette. »
Surprise que la blonde s'en souvienne, Santana hocha la tête.
« Les familles de sang-pur aiment avoir leur propre blason. La baguette de noisetier en était un. »
Voyant l'humeur de la brune s'assombrir, Brittany intervint.
« Mais la baguette ne peut convenir à tout le monde, c'est ridicule. Elle ne t'était pas du tout adaptée. Je suis étonnée qu'elle n'ait pas explosé avant pour être honnête. »
« T'es en train d'insinuer que je ne sais pas me maitriser ? » Gronda Santana.
Fidèle à elle-même, Brittany n'eut l'air ni agacée ni menacée.
« Je dis que tu es quelqu'un de très… comment dire, émotif ? C'est le mot ? Je ne sais pas, je pense que tu ressens trop, et que tu passes trop de temps à penser pourquoi et à essayer ensuite de le cacher au fond de toi. »
Voyant que Santana s'apprêtait à l'interrompre, elle ajouta :
« C'est pour ça que ta baguette n'a pas marché l'autre soir. »
« Quoi ? » Demanda la brune, dégonflée.
Brittany fit un signe de tête vers la baguette de la brune attachée à son pantalon.
« Ce soir-là, avec Jesse et Sebastian. Ta baguette ne t'a pas obéi. Et je suppose que ce n'est pas la première fois ? »
Santana jeta un regard noir à sa baguette, comme si elle était responsable de tous ses problèmes.
« Elle déconne par ci par là. C'est un arrêt de mort pour un sorcier. On dirait que t'es aussi douée pour choisir les baguettes que pour faire tes devoirs. »
Ignorant délibérément l'insulte, Brittany se contenta de sourire. Toujours sourire.
« Tu te souviens des propriétés de ta baguette ? »
« Mmmh… Perspicacité et grand instinct ? » Demanda plus qu'assura la Serpentard.
« C'est ça. C'est une baguette qui convient très bien au gens en quête constante de vérité. Mais je crois que tu as oublié la partie où elle réagit mal face aux conflits internes. »
Devant le visage vide d'expression de Santana, la blonde essaya une autre approche.
« Ce que je veux dire, c'est que lorsque son possesseur est dans le déni, qu'il refuse de voir la vérité – à propos de n'importe quoi- la baguette s'affaiblit. Il y a quelque chose qui te gêne. Et tant que tu refuses d'y remédier, ta baguette va être incontrôlable. »
Brittany gigota sur son siège, mal à l'aise.
« Désolée de ne pas être plus précise, j'ai du mal à vraiment expliquer… »
Santana laissa échapper un son par le nez.
« Ouais. On se demande ce que tu fais à Serdaigle. »
« Il ne faut pas être un génie pour être à Serdaigle. » Contra Brittany, soudainement sur la défensive et surprenant la brune. « Il faut juste un amour de la connaissance, sous toute ses formes. Je ne vois pas pourquoi je n'y aurai pas ma place. »
Se sentant étrangement coupable face aux épaules tombantes de la blonde, les bras croisés sur la table premier signe de fermeture de Brittany, Santana baissa les yeux dans sa boisson, jouant avec le goulot, étrangement mal à l'aise sans l'éternel approbation de la Serdaigle.
« Je suis désolée. » Dit-elle finalement, dans une grimace.
Comme si elle s'attendait à ce que ça lui arrache la gueule de prononcer ces deux mots.
Ou d'ouvrir un portail des Enfers sur Terre, déversant l'apocalypse sur l'humanité. Surement ça.
« Depuis exactement six générations, tous les membres de ma familles ont fini à Serpentard. Tous des vrais stéréotypes d'arrogance et d'affluence. Il est impensable qu'un Lopez puisse finir ailleurs qu'à Serpentard. C'était ce qui était attendu de moi. » Levant finalement les yeux timidement de sa bouteille, elle croisa le regard intrigué et encourageant de la blonde.
« Alors imagine la panique lorsque le chapeau m'a déclaré que Griffondor était le meilleur endroit pour moi. »
Si Brittany était surprise, son visage ne la trahissait pas. Santana émit un rire sans joie.
« Une Lopez. A Griffondor. Moi. Ma famille m'aurait déshéritée à coup sûr. Je lui ai dit, qu'il ne pouvait pas me mettre là, que je ne pouvais pas finir avec ces idiots. J'ai même fini par le menacer de le réduire en cendres, et il m'a accordé une place à Serpentard, décrétant que j'avais les qualités familiales des Lopez. » Santana sourit aux souvenirs de sa première année. Brittany resta de marbre, ses yeux perçant d'une intensité intimidante.
« La vérité, c'est que—c'est que j'aurais aimé être à Griffondor. » Fini par avouer gauchement Santana, se trémoussant sur son siège, les yeux dans le vague. « Parfois je regardais leur table, et m'imaginais avec eux, à rire avec eux. » Elle chercha quelque chose dans le regard de Brittany. « Est-ce que ça aurait changé quelque chose ? » Elle ne put dissimuler la pointe de désespérance dans sa voix, et tout de cette situation la rendait furieuse.
Sa faiblesse. Sa famille. Ce foutu chapeau. Brittany et sa magnifique aura qui inspire la confiance.
La blonde en question se contenta de hausser les épaules, en buvant une gorgée de la bouteille.
« Le choixpeau a essayé aussi de m'envoyer à Poufsouffle. » Déclara-t-elle. « Je savais ce que les autres écoles racontent sur vos maisons, sur Poufsouffle. Je n'aurais pas dû juger, comme les autres, mais les faits étaient là. Je savais ce qui se passerait si j'allais là-bas. On me traiterait d'idiote. D'ignorante. De bonne à rien. Alors je lui ai demandé, ce qui lui faisait dire que je devais être là-bas. Et tu sais ce qu'il a fait ? Il m'a envoyé à Serdaigle. Pas à cause de mon père, pas à cause de ma famille. A cause de moi. Tu es le maître de ton propre destin, Santana. Tu ne peux pas laisser les autres dicter qui tu dois être. »
Santana poussa un grognement dans sa bouteille.
« Merci pour ces sages paroles de diseuse de bonnes aventures. Tu crois être la première à me le dire ? »
« Avec Conviction ? Oui. Il faut le vouloir pour le croire. »
Santana roula des yeux, plus par reflexes qu'autre chose, n'ayant rien à répondre.
« Mon père veut que je reprenne ses recherches. » Avoua Brittany, faisant le premier pas. « Ma mère s'occupe des dragons et part parfois très longtemps pour aller en sauver un. Et mon père pense que je pourrais continuer leurs recherches sur les bêtes et créatures magiques. J'adore travailler avec eux, et c'est passionnant mais… » la blonde fronça le nez de malice. « Je préfère le Quidditch. »
« Ouais. J'ai entendu pour ta bourse pour une des équipes les plus prestigieuses de la côte Est des Etats-Unis. »
Brittany haussa les épaules.
« Je le mérite. De toute évidence, je suis une des meilleures attrapeuses de notre génération. Tous les autres craignent. »
Santana s'attendait à ressentir du mépris pour la blonde qui se montrait finalement vantarde, mais un simple sourire parcouru ses lèvres.
« Pas faux. Je n'ai jamais vu Hummel aussi vexé. Et Sebastian toute raclure qu'il soit est un très bon attrapeur. Et pourtant, tu dépassais…. Complètement son niveau. Vous n'êtes pas du tout dans la même ligue. Tu transformes un sport violent et intense en— en une espèce de balade de santé, ou en ballet de danse- »
Brittany hocha vigoureusement la tête.
« C'est ça ! Lorsque mes pieds quittent le sol c'est juste—totalement différent. Tout est mieux, et je me sens… meilleure. Comme si je pouvais soudainement tout faire. Je me sens vraiment à ma place, tu sais ? Comme si je devais faire ça, sans aucune autre possibilité. »
Santana la fixe longuement, le regard mystifié.
« Tu sais ce que je ressens, n'est-ce pas ? Je t'ai entendu chanter au Glee Club. Toi et les autres vous parliez d'envoyer vos dossiers à WADA. C'est ce que tu veux faire, je me trompe ? »
Santana se hérissa légèrement à la mention du Glee club, son instinct de protection se déclenchant mais elle le ravala de force.
« Ma famille… ne croit pas en l'Art ni en son pouvoir. Ils veulent me voir au ministère ou à Ste Mangouste en Médicomage. Mes parents sont moins fermés que ma Abuela ou les autres, et ils me soutiendraient financièrement mais leurcoeur n'y serait pas. »
« On s'en fiche de tes parents. » Constata bêtement la blonde. « Toi, qu'est ce que tu veux ? »
Que tu te taises. Que tu arrêtes de me regarder comme ça, avec ce ton là, que—
« Je suppose que je veux aller à WADA avec les autres. » Marmonna Santana à la place.
« Tu supposes ? » répéta Brittany, moqueuse.
« Non. Je veux aller à New York avec toutes les divas du Glee Club et m'enrôler dans la plus prestigieuse école d'art pour Sorcier, parce que j'en ai les moyens et le talent. » Récita pratiquement Santana, prétendant l'irritation.
En vérité… C'était agréable à dire à voix haute, et pas juste y penser dans un recoin de sa chambre en pleine nuit, ou au Glee Club. Revigorant.
Comme lisant dans ses pensées, Brittany sourit, satisfaite, avant de se recaler contre le dossier de son siège.
« Alors pourquoi ne pas en parler à tes parents dans ton prochain hibou ? Tu vas bientôt être majeur, ils ne peuvent pas te controler éternellement. » La blonde s'accouda à la table, tournoyant une mèche de cheveux entre ses doigts. « Et tu as vraiment une super voix. Pour tout te dire, je la préfère même à celle de Rachel et Mercedes. C'était quoi la chanson que tu as présentée, la semaine dernière ? « Kiss with a fist » ? Ce n'est pas banal comme choix, qu'est ce qui a bien pu t'inspirer ? »
Les cheveux sur la nuque de Santana se dressèrent. Elle reconnaissait ce ton et cette mimique. Brittany l'avait employé lors de leur première rencontre, et devant la tour de Serdaigle.
Une expression moqueuse et mystérieuse dissimulée derrière de la fausse innocence.
La blonde se doutait de quelque chose et la railler.
Ne répondant pas à la provocation, Santana déposa sa bièrreaubeurre, et se leva sans un mot, prenant simplement le sac de l'apothicaire.
En deux enjambés, Brittany l'avait rejoint, la montagne de sacs aux bras. Alors que Santana s'apprêtait à sortir Brittany retint la porte du bar.
« Tu sais, je pense que tu aurais fait une fière Griffondor. » Assura Brittany avec candeur, gardant la porte ouverte pour la brune.
Les sourcils et les épaules abattus, Santana laissa Brittany la bousculer.
Tel une tornade, la blonde déboulait et disparaissait dans sa vie sans avertissement et Santana ne pouvait se contenter que de regarder tristement les débris de ses remparts, vestiges de son passage.
Elles furent prises de court par le temps incertain d'Angleterre lorsqu'elles vagabondèrent dans les rues de Pré-au-Lard, la température chutant dramatiquement.
« Le vent se lève. » Déclara Santana, envoyant un regard noir dans le vide intouchable du ciel.
« Je n'ai jamais compris cette histoire de vent debout. Ou même couché. Y'a des positions de vents» Commenta Brittany, son nez retroussé, et la tête penché en arrière pour fixer le ciel.
La brune l'étudia du regard, et préféra ne pas commenter. D'ici et là, elle commençait à réaliser que la blonde recrachait tout ce que son cerveau infiltré trouvait à dire, et n'avait pas pour but de se moquer.
Du moins, pas toujours.
Une brise glaciale les transperça, et Santana ne put réprimer un frisson, les bras agrippant sa fine veste de tissu.
Pour sa part, Brittany n'eut pas l'air perturbé par le froid.
Ou peut-être ne l'avait-elle tout simplement pas encore remarqué.
Avec un regard tendre pour sa camarade, elle retira son sweatshirt bariolé et le passa autour des épaules de la Serpentard, enfilant rapidement ses bras à travers les manches.
Surprise, Santana ne résista pas, mais elle ne put retenir une remarque.
« Qu—qu'est-ce que tu fais ? T'es dingue ou quoi, tu veux finir en Iceberg ? »
Mais Brittany prit le temps de refermer méticuleusement l'épais vêtement jusqu'au cou de la latino, recouvrant son crane de la capuche.
« Je ne finirai pas en Iceberg. Au pire, c'est cool les Icebergs, Ils ne montrent que ce que les autres veulent voir, et rien ne leur fait peur. Même pas les gros bateaux avec Leonardo Dicaprio dedans. Et J'ai fait face à des temps bien pires avec moins de vêtements. » Elle regarda sa tenue avant de glousser. « Beaucoup moins de vêtements. »
Santana rougit en suivant le regard de la blonde, qui ne portait à présent qu'un débardeur blanc dans un short très court, les bretelles pendant le long de ses jambes.
La blonde n'avait pas exagéré, c'était vraiment de très beaux… biceps.
Elle ne comprenait pas pourquoi elle n'avait pas aussi vanté le reste de la marchandise.
Santana voulait se plaindre, crier, dire à la blonde de se carrer ses fringues où elle pense, mais le vêtement était tout chaud et tout doux comme dans une forteresse de couvertures comme celles qu'elle fabriquait avec ses grands frères dans son enfance et il sentait bon comme Brittany, et la blonde lui souriait d'une manière nouvelle, et les lutins virevoltaient dans son ventre, et à la place elle sourit tendrement à la Serdaigle.
L'éclat dans les yeux de la blonde s'assombrit, et Santana n'eut pas le temps de déchiffrer le changement d'atmosphère que Brittany l'attira contre elle, la forçant sur la pointe des pieds, et tira doucement sur la capuche pour pouvoir presser leurs lèvres ensembles sans encombre.
La stupéfaction empêcha Santana de fermer les yeux ou même la bouche, et Brittany profita de ce dernier fait pour glisser sa langue entre ses lèvres, définissant avec sa pointe leurs contours.
Si quelqu'un le lui demandait à ce moment-là, Santana jurerait qu'elle ne répondit au baiser que par surprise, Et si ses mains se faufilèrent dans les longs cheveux blonds, et que son torse s'écrasa farouchement contre celui de Brittany, et bien, c'est parce que c'est toujours agréable d'être embrassée, et surtout par quelqu'un qui sait si prendre.
Et Merlin que Brittany savait s'y prendre.
La blonde prit pitié de Santana, et elle détacha leur bouche, fronçant adorablement le nez devant l'expression éberluée de la brune, mais ne desserra nullement son emprise sur sa taille.
« J'avais envie de faire ça depuis que je t'ai vu de derrière les étagères de Ollivander. Et j'ai décidé de le faire depuis notre discussion près de la tour de Serdaigle. Je savais que je ne pouvais pas faire ça sans excuses, alors lorsque tu m'as demandé de venir avec toi aujourd'hui, j'ai sauté sur l'occasion. Merci de m'en avoir donné une. » Elle caressa sa joue du bout du doigt avant de récupérer une mèche brune et de la replacer derrière une petite oreille rougit par le vent glacé ou le baiser. Brittany la caressa du doigt « Même tes oreilles sont craquantes. »
Santana suivi l'action du regard, la bouche s'ouvrant et se fermant sans aucun bruit, les sourcils écrasés l'un contre l'autre.
« T'es vraiment trop adorable pour que je puisse résister. » Murmura Brittany contre ses lèvres, pressant un nouveau baiser furtif contre sa bouche, avant de tirer sur la capuche, recouvrant temporairement la vision de la Serpentard.
Ok, adorable n'était pas vraiment un mot qui était souvent employé pour décrire Santana. Jamais en fait, et Santana se creusa la tête pour tenter de se rappeler quand, au juste, elle s'était montrée « adorable » avec la blonde, ayant présenté à Brittany le pire de sa personne depuis l'instant de leur rencontre.
Repoussant la capuche sur ses épaules, Santana fixa Brittany d'un regard concerné, à cheval entre l'inquiétude et l'incrédulité. Elle se remémora chaque rencontre, même minime avec la Serdaigle, cherchant dans leurs interactions un indice, une preuve qu'elle n'était pas en train de perdre la tête.
Est-ce que depuis tout ce temps, Santana avait confondu de la séduction avec de la rivalité ?
Pour peut-être une des premières fois de sa vie sans réponse, Santana se contenta de fixer désespérément l'adolescente, comme si la réponse serait écrite sur son visage si elle le toisait assez longtemps.
Remarquant la détresse de la sorcière, Brittany passa la main dans ses cheveux, matant les mèches brunes rebelles électrisées par le contact avec le tissu.
Au cours de ces deux derniers mois où elle a appris à connaitre la Serpentard par tous les moyens, Brittany avait réalisé que Santana était loin d'être aussi perspicace qu'elle n'en avait l'air lorsqu'il s'agissait de ses propres émotions et elle se prépara à de longues explications avant que Santana n'accepte, éventuellement, le fait qu'elle se démenait depuis des semaines contre leur inévitable attraction.
« Je vais nous signer pour une navette-retour à Poudlard. Je reviens tout de suite. »
Et sur ces mots, Brittany déposa un baiser- très condescendant d'après Santana- sur son front avant de détaler vers l'entrée du village, laissant la brune dans sa poussière, toujours en train d'ingérer le moment passé.
Elle fût sauvée de son embarras par Quinn, qui s'approcha prudemment de Santana, gardant un périmètre de sécurité invisible entre elles.
Santana regarda Quinn l'observait avec un peu trop d'intérêt, avant de finalement grogner sur l'autre sorcière.
« Désolée, je ne m'attendais pas à te voir ici avec Brittany. » Commenta innocemment la préfète. « Je veux dire, je ne savais pas que elle et toi vous… »
« On quoi ? » répéta Santana, encore trop distraite pour montrer l'animosité que Quinn méritait.
L'adolescente en question haussa les épaules.
« Je ne savais pas que vous sortiez ensemble. Mais j'aurais dû m'en doutais, il y avait déjà les rumeurs mais je croyais qu'ont été assez proche pour que tu puisses m'en parler. » Se plaignit-elle, feignant seulement à moitié sa déception. Elle et Santana se connaissaient depuis leur début à Poudlard et Brittany, bien que nouvelle venue, avait rampé son petit chemin jusqu'à son cœur froid et distant. Le contraire aurait difficile, la blonde excentrique partageant sa chambre, ses cours, ses entrainements ses repas et mêmes sa salle de bain parfois…
« Attends, attends, attends, Quoi ? » Balbutia Santana, levant une main tremblante vers Quinn, comme si elle tenait une bombe troll particulièrement puante qu'elle menacée d'écraser sous son nez. « J-je ne sors pas avec Brittany ! D'où est ce que tu sors ça ? Et t'entends quoi par rumeurs ? »
Quinn eu l'air aussi choqué que Santana et recula d'un pas, se tassant sur elle-même.
« M-mais enfin Santana, je vous ai vu… »
« Non, non, non, c'est elle qui m'a embrassé, et je n'ai pas eu le temps de bouger sa carcasse loin de moi. C'est qu'elle est grande, la demi-géante, je ne sais pas comment elle fait pour respirer, là-haut… »
« J'allais dire que je vous avais vu vous promenez bras dans le bras toute l'après-midi, à vous tripotez et à rire à vos blagues sans aucun doute ridicule, mais oui, le baiser digne d'un film de Jennifer Anniston marche aussi. »
Santana ouvrit la bouche, préparant une réplique bouillante, mais les paroles de Quinn la rattrapèrent.
Oui, elle avait passé l'après-midi avec Brittany, parce que c'est ce qui était convenu. La blonde devait répondre à ses moindres désirs, que ce soit lui servir de mannequins pour ses fringues, pour lui porter ses achats, et même cette fois où elle l'a porté sur son dos parce que son talon s'était fendu, et oui, peut-être avait-elle offert des bonbons à Brittany et lui avait payé un verre, mais c'était tout à fait—
Non, ce n'était pas innocent du tout.
C'était un putain de rencart.
La réalisation dû s'affichait sur le visage de Santana car Quinn hocha la tête d'un air entendu, les lèvres pressées ensemble dans une tentative de sympathie.
Ou de rire refrénés.
« Je n'ai pas quitté le salon de Madame Pieddodu de l'après-midi, Santana. Je vous ai vu depuis que vous avez posé le pied dans le village. Et je sais que ça ne va pas te plaire, mais je ne t'ai jamais vu aussi à l'aise et joyeuse avec une fille depuis ton Coming-out. Et je ne suis pas la seule à l'avoir remarqué. Tout le monde en parle au Glee Club, tellement que Mike et moi avons été désignés pour la recruter.»
Le sang affluait au cerveau de Santana, et elle massa ses tempes du bout des doigts, l'esprit écrasé par trop d'informations soudaines.
Les regards et les remarques de ses amis. Les questions personnelles de Brittany.
Brittany.
La blonde la regardait toujours comme si elle attendait quelque chose de Santana.
Depuis le début.
La Serdaigle ne se moquait vraiment pas d'elle, réalisa-t-elle.
Elle la séduisait.
« Tu sais, je ne t'ai jamais vu sortir avec une fille, coucher, oui, mais je ne t'ai jamais vu courtiser ou inviter ou même simplement essayer de rencontrer une fille. » Expliqua doucement Quinn.
« C'est parce qu'à part pour le sexe, elles ne m'intéressaient pas. » Se justifia la brune.
Quinn hocha la tête prudemment, avant d'avancer une théorie.
« Donc, tu sais faire face à l'attraction physique. Mais tu n'as aucune idée de comment réagir face à une connexion. Et ne reconnaissant pas tes propres sentiments, il est possible que tu aies laissé ta frustration faire la traduction… ? »
Voyant que Santana ne percutait toujours pas, Quinn perdit tout faux-semblant.
« Tu es attirée par Brittany, Santana. Pas juste physiquement. Tu es en constante recherche de son attention, toujours en train de vérifier ses actions, à analyser ses moindres mouvements. Je ne sais pas comment tu t'y es prise, mais te connaissant, toi et ton caractère charmant ont dû se sentir menacés par Brittany et ce qu'elle t'inspire, et tu t'es mises à croire que tu la détestais, ce qui, venant de toi, aurais été tout à fait naturel. Syndrome de l'écolier. Tu as envie qu'elle te remarque alors tu lui tires les cheveux, tu te fais remarquer de manière négative pour éviter les soupçons. C'est inconscient. Mais plus ton affection pour Brittany grandissait, plus ton déni c'est approfondi. » Quinn s'interrompt, avant de railler, les sourcils levés au ciel. « Après tout, il n'y a que toi pour te sentir offensée par tes propres sentiments.»
Santana voulut dire à Quinn qu'elle pouvait aller au diable avec sa psychologie de bas étage, rouler des yeux devant tant de dramatisme digne de Rachel Berry, mais la vérité était que…
Quelque part, les révélations de Quinn la soulageait.
Comme si un immense poids venait de se lever de sa poitrine, Santana inspira profondément.
Une pointe de colère était toujours présente, mais la brune pouvait finalement s'entendre penser. Son état perpétuel de confusion frustrée se dissipait petit à petit, n'étant pas plus aveuglante qu'une légère brume à présent.
Quinn interpella la Serpentard à nouveau, mais Santana se contenta de sortir sa baguette de sa veste, le regard intense.
Sans un mot, elle la leva, décrivant une arabesque, et une gigantesque pluie d'étincelles dorées s'y écoulèrent, lentement.
Elle tourna paresseusement la tête vers son amie, son expression étrangement adoucie. Au loin, Brittany trottait –ça ressemblait plus à des bonds de chevreuil- dans leur direction, curieuse et souriante à s'en distendre les joues.
Finalement, Quinn éclata de rire.
« J'arrive pas à croire que tu n'aies pas réalisé que tu lui avais filé rencart aujourd'hui. Attends que je raconte ça au Glee Club… »
« Va chier, Fabreeze. »
Brittany, inconsciente de la discussion qui venait de se dérouler, fit un signe de la main à Santana lorsqu'elle remarqua son regard insistant dans sa direction.
Après un long moment de délibération, Santana rendit un signe presque timide, un sourire paresseux étirant ses lèvres.
Il n'est pas dit que Santana Lopez faisait les choses à moitié, et si c'était un rendez-vous, elle avait bien l'intention de le terminer comme il se doit…
Le gage-slash-rencart se termina dans des conditions raisonnables.
(Deux baisers pendant, et un autre arrivé au château perdu au beau milieu d'une séance de pelottage dans les cachots. Raisonnable.)
Et, ok, peut être Santana était longue à la détente et avait gaspillé deux mois à démoniser la fille qui lui plaisait vraiment, mais la brune était toujours prête à se racheter.
Même si elle n'eut le courage de demander à Brittany si elles étaient ensemble au beau milieu de leur quatrième rendez-vous, pendant une balade sur le lac. Elle fut sauvé du regard incrédule et vexé de Brittany par le Calmar géant qui la projeta sans cérémonie à plusieurs mètres du bateau pour un bain glacé, forçant la blonde à plonger après elle, suspicieusement oubliée de la bête et des autres créatures marines.
Même si elle ne réalisa que lorsque Brittany, nue comme Jésus le cracmol, enfonça sa main dans ses sous-vêtements que « rendez-vous intime dans la salle sur demande » signifiait faire l'Amour pour la première fois.
Même s'il fallut que Brittany, lors d'un match contre les Cardinal de Louisvile, lui offre en direct le Vif d'Or fraichement attrapé, pour que Santana comprenne que ses armoires remplies de vêtements, la deuxième brosse à dent, et le chat énorme sur son canapé signifiaient que Brittany voulait qu'elles emménagent ensemble, sous le regard confus de Santana, qui observa la balle dorée prendre lentement la forme d'une clé. La brune s'évanouit sous le coup de la révélation, avant d'être emmenée sur le balai de sa petite amie, la foule stupéfaite et incroyablement divertie.
Même si elle attendit d'être dans une longue robe blanche, avec sa mère pleurant sur son épaule, et ses amis assit tous ensemble dans la Chapel du Plaza Hotel, pour comprendre que oui, elles allaient se marier, et que la bague n'était pas juste un cadeau d'anniversaire. Brittany lui avait bien entendu répétée cela en douceur, faisant de longs cercles dans son dos, les longs cheveux ébène soigneusement coiffés dans une grippe ferme, et roulant discrètement des yeux pendant que Santana rendait hommage au dieu de la porcelaine dans les toilettes de leur hôtel de luxe.
Même si elle comprit que Brittany avait répondu positivement à sa proposition d'avoir des enfants seulement lorsqu'elle s'évanouit au début du second trimestre après son jogging habituel. Elle éclata en sanglot devant le médicomage et sa femme, toutes les deux foudroyées d'incrédulité par l'ignorance de la jeune chanteuse. Apparemment, elle n'avait pas trouvé étrange que Brittany se propose constamment pour faire la cuisine, les courses, et toute tache demandant un effort physique dont le sexe après avoir utilisé cette étrange « Baby Brew » potion un soir de passion il y a quatre mois de cela.
Oh, Santana.
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Bonus :
-Pour ceux qui veulent savoir, voici la description pour la baguette de Brittany : "Le caractère de ce bois très curieux, aux multiples facettes, varie grandement selon le cœur de la baguette et se montre très influencé par la personnalité de son propriétaire. La baguette de châtaignier est attirée par les sorcières et sorciers habiles à dompter les créatures magiques, ceux qui sont très doués pour la botanique et ceux qui ont un talent inné pour le vol sur balai. Cependant, lorsque ce bois est associé à un ventricule de dragon, il trouvera son possesseur idéal parmi les grands amateurs de luxe et de plaisirs matériels, moins scrupuleux qu'ils ne devraient l'être sur la façon de les obtenir. À l'inverse, trois présidents successifs du Magenmagot possédaient une baguette de châtaignier avec un cœur en crin de licorne, car cette combinaison manifeste une prédilection pour les sorciers soucieux de justice sous toutes ses formes."
-Les deux OCs, Charlie et Kara sont respectivement construites sur les actrices de Amber Heard (all the boys love Mandy Lane, rhum express) et Lyndsy Fonseca (Nikita, Kick Ass, How I met your mother). Et je ne les ai pas du tout écrite comme pari venant de ma complice qui les ship à mort. Pas du tout. Nooooon.
-WADA ou Wizzarding Academy of Dramatic Art, soit l'équivalent de NYADA. JK Rowling a mentionné cette école dans l'un de ses récits.
-Le titre vient de la chanson "Magic Stick", parce que * voix de 50 cent* "I got the magic stick, I know if I can hit it once, I can hit twice, I hit the baddest chicks, shorty don't believe me then come with me tonight and I show you maaaagic.". Avec l'espoir que je ne serais plus la seule à avoir cette foutue chanson en tête.
Si vous avez tout lu, et bien vous méritez un cyber cookie. J'ai cru ne jamais en voir le bout et pourtant je n'en suis pas entièrement satisfaite, sans savoir pourquoi exactement. Je vous demanderez juste en échange de laisser une review, même brève car pour être franche, cela va être la seule chose qui va me motiver pendant que je vais faire tout mon possible pour éviter tout ce qui touche à Glee post-S3x13.
Je vais également en profité pour remercier ma grosse palourde des iles, qui ne supporte plus le manque de reconnaissance. C'est elle qui me file toutes mes idées de fics depuis ONTD et qui m'aide à les agencer au lieu de suivre les CM. Voila, crustacé, ton quart d'heure de gloire mérité. C'est elle qui m'a rappelé que Santana ne s'était même pas rendue compte qu'elle et Brittany sortait ensemble dans la série, pendant un rendez-vous à Breadstix, après tout un été en couple, et j'ai décidé de centrer ce chapitre sur Captain obvious Santana (c'ets plutôt Oblivous là).
Participation time : La prochaine fic sera sur le thème... *roulement de tambour, solo de guitare, Lana del Rey* Police et arrestation ! Je sais, ça fait un peu porno... C'est voulu. La fic sera plus courte (j'espère, sinon...urgh) et sera plus sexuel pour ceux qui sont déçus par le manque d'action dans ce chapitre.
Donc, question, j'ai deux scénarios prévus, mais je ne sais lequel choisir : Officier Santana arrêtant Brittany, délinquante...malgré elle et quiproquos ou Officier Brittany ou "comment maintenir une couverture quand on veut arrêter une super bombasse" ? Je ne suis pas encore convaincu, donc qui sait, votre avis pourrait déclencher quelque chose (et J'aime vous entendre parler, pauvres victimes adorées) Toodles !
