-TU DEVRAIS ECRIRE A VIVKY POUR LUI DIRE, JE SUIS SUR QUE CA LUI FERAIT PLAISIR !
La voix furieuse de Ron réveilla Harry en sursaut, alors qu'il était plongé dans un rêve - assez agréable d'ailleurs – dans lequel Ginny avait le rôle principal.
-QU'EST-CE QUE VICTOR VIENT FAIRE DANS CETTE CONVERSATION ? hurla à son tour Hermione dans la voix était secoué de quelques tremblements.
Soupirant, Harry se leva, enfila rapidement un pantalon et un T-shirt, puis sortit de la chambre du rouquin dans le but d'aller voir d'un peu plus près le conflit qui régnait dans la chambre d'à côté.
A sa grande surprise, il vit que derrière la porte de la chambre des filles se trouvait… Ginny, Fred et Georges, tous les trois hilares.
-Salut Harry, dit Fred, les larmes aux yeux. C'est eux qui t'ont réveillés ?
-Oui. Qu'est-ce qu'ils ont encore ?
-C'est partit d'un truc tout bête, répondit Ginny. Hermione disait simplement qu'elle passerait bien ses ASPICS en candidat libre cette année, ce à quoi Ron à répondu un truc foncièrement débile… Quand je me suis décidé à les laisser régler leurs comptes seuls, ils en étaient arrivés au sujet Cédric…
Harry soupira une nouvelle fois tandis que derrière, la voix de Ron tempêtait :
-TU ES VRAIMENT TROP NAÏVE ! TU N'AVAIS PAS REMARQUE QUE CE QU'IL VOULAIT, C'ETAIT SIMPLEMENT TE METTRE DANS SON LIT ?
Il y eut un rugissement de colère et Harry était certain qu'Hermione avait dégainé sa baguette magique et la pointait maintenant furieusement vers Ron.
-COMMENT OSES-TU ? l'entendirent-ils rugir.
-Bon, je vais intervenir, souffla Harry. Sinon, ils vont finir par s'entretuer…
Il ouvrit la porte et fit face aux visages crispés de ses meilleurs amis, debout face à face avec, comme il l'avait prédit, la baguette d'Hermione comme seule distance de séparation.
-Bon, c'est pas bientôt fini ce…
-DE TOUTE FACON EN QUOI CELA TE REGARDE ? Hurla Hermione sans faire pour le moins attention au Survivant.
-Heu… Bredouilla Harry, maintenant coupé dans son élan.
-EST-CE QUE MOI JE T'AI DEMANDEE CE QUE TU AS FAIT AVEC LAV-LAV L'ANNEE DERNIERE ? Ajouta-t-elle alors que les traits de Ron se crispaient encore plus et sa mâchoire se contractait.
Harry savait que Ron ne frapperait jamais Hermione, même si elle pouvait le provoquer de la manière la plus horrible qui soit. Néanmoins, à le voir dans cet état, il craignait tout de même à ce qu'il se jette sur la jeune fille pour l'étrangler. Et il était tellement imposant par rapport à elle qu'il était sûr qu'il pourrait la tuer en frappant un peu trop fort.
-Ca n'a rien à voir ! Répliqua Ron qui, lui non plus, ne semblait pas avoir remarqué son intervention. J'ETAIS avec Lavande ! Toi, ce gars à presque trois de plus que toi !
Hermione tapa du pieds et perdit tous ses moyens « C'est quoi ton problème Ronald, tu es jaloux ou quoi ? »
Il y eut un petit « oh ! » de la part de Fred et Georges tandis que Ron cligna des yeux stupidement.
Harry crut alors qu'Hermione avait gagné la partie et que la dispute était terminée malheureusement, le rouquin ne semblait pas vouloir abandonner là.
-Pourquoi serais-je jaloux ? Répondit-il maladroitement. Je n'en ai rien à faire de toi.
Cette fois, ce fut Ginny qui poussa un « oh ! » indigné. Harry eut un pincement au cœur quand il vit Hermione ouvrir grand ses yeux et assimiler lentement ce qu'il venait de dire.
Elle le regarda un instant, la baguette tremblante, en refoulant les sanglots qui menaçaient de sortir.
Ron se mordit la lèvre, comprenant qu'il était aller un peu trop loin tandis qu'elle abaissait d'un coup sa baguette et sortit précipitamment de la pièce en bousculant l'un des jumeaux.
-Hermione ! L'appela Ron. Attends !
Mais la jeune fille disparue dans les escaliers de la maison, laissant Ron complètement perdu.
Il y eut un petit silence tendu dans lequel le rouquin resta planté comme un piquet en regardant la porte où Hermione venait de partir en pleurant.
-Ron, reprit Harry, brisant ainsi le moment. Je te considère comme mon frère mais ça, c'est la chose la plus stupide que tu n'ai jamais dîtes…
Ron lui envoya un regard furieux mais Ginny prit à son tour la parole :
-Qu'est-ce qui t'as pris de dire ça, bon sang ? Tu n'as vraiment aucun tact !
-Je… Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire, bredouilla Ron. Je… Je le jure, ajouta-t-il devant l'air menaçant d'Harry. Je n'ai pas voulu le dire, c'est le premier truc qui m'ai venu à l'esprit pour me défendre…
-Ce n'est pas à nous qu'il faut que tu te justifie, Ron, souffla doucement Ginny.
-Bon, ben nous, on va vous laisser hein… dirent les jumeaux en chœur en quittant doucement la pièce. Bonne chance…
Les deux jours qui suivirent furent particulièrement pénibles pour Harry. Tout d'abord, Hermione et Ron, et plus particulièrement Hermione, avaient tout simplement décidé de ne plus se croiser et encore moins se parler depuis leur petite dispute. Et si, oh par hasard, ils venaient à se rencontrer dans un couloir de la maison, c'était le drame. Ron bredouillait lamentablement, cherchant des mots plausibles pour une excuse tandis qu'Hermione profitait de son intense réflexion pour prendre une teinte rosée et s'enfuir.
Ensuite, Harry n'avait toujours pas réussi à aborder Ginny. Sa conversation avec Hermione lui revenait sans cesse à l'esprit, lui mettant la pression un peu plus chaque jours.
« il faut que je lui parle… » se répétait-il inlassablement à chaque fois qu'il voyait la rouquine passer devant lui en lui souriant.
Mais comment annoncer la chose ? « salut Ginny, j'ai fait une bourde, tu m'aimes encore ? » C'était définitivement plus compliqué que ça en avait l'air à première vue.
Et puis elle lui répondrait sûrement que c'était maintenant trop tard, qu'elle n'était pas à sa disposition et que…- il eut un désagréable frisson à cette pensée - qu'elle avait trouvé quelqu'un d'autre et de mille fois mieux que lui.
En plus, il ne lui restait plus beaucoup de temps pour avoir un peu de courage puisqu'il avait décidé de quitter le Terrier le lendemain soir, vers 18 heures, accompagné de Ron et d'Hermione pour se rendre au Square Grimmaud.
Restait à convaincre Mrs Weasley de laisser partir son plus jeune fils baguenauder dans la nature et risquer sa vie…
C'était présentement ce qu'avait fait Ron à l'instant en tentant une approche plutôt douce vers sa mère. Harry aurait bien rit de la technique du rouquin en le voyant rougir et baratiner sa mère mais l'heure ne s'y prêtait pas et il fallait mettre toutes leurs chances de leurs côtés s'ils voulaient réussir à la convaincre.
-Si je comprends bien, résuma froidement Mrs Weasley tout en continuant d'éplucher ses pommes de terre pour le repas du soir. Tu veux que ton père et moi, nous te laissions quitter la maison en pleine période de guerre ? Avec tous les problèmes qu'il y a en ce moment dehors ?
-Heu… Oui, c'est à peu près ça, admit Ron.
-Il en est hors de question, Ron…
-Mais maman…
-Ne cherche même pas à discuter, Ronald, répliqua-t-elle sévèrement en pointant la cuillère en bois vers le torse du jeune homme. J'ai dit non.
-Mais maman c'est important ! C'est pour détruire…v…Voldemort.
Harry sentit une fierté immense le remplir quand il entendit son meilleur ami prononcer pour la première fois ce nom qui le faisait autrefois tant frissonner. Sa mère eut d'ailleurs un gémissement et en lâcha sa cuillère.
-Co…Comment ça ? Qu'est-ce que c'est que ces sornettes ?
-Dumbledore a révélé à Harry le moyen de le détruire, répondit Ron qui, pour on ne sait quel raison, semblait maintenant sur de lui. Et je vais avec lui.
-Quoi ? Oh non, je ne crois pas…
-Je suis majeur, maman. De toute façon, si je veux y aller, j'irais.
Mrs Weasley semblait prête à crier mais elle fut interrompu par son mari, jusque là rester silencieux.
-Pourquoi Harry ne demande-t-il pas aux membres de l'ordre de l'aider dans sa tâche ?
Harry cligna des yeux stupidement. Qu'avait-il a répondre à cela ? C'était sa tâche, sa mission. Mais aussi…
-Il vaut mieux que l'Ordre se concentre sur les attaques de Voldemort, sur ce qu'il prépare… Et ainsi me laisser le champs libre pour ce que j'ai à faire… Il ne se doutera pas que pendant qu'il prépare son ascension au pouvoir et qu'il lutte contre vous, je serais derrière en train de détruire ce qu'il a de plus précieux…
-C'est à dire ? répondit Mr Weasley en fronçant les sourcils.
-Dumbledore m'a fait promettre de ne pas révéler ce secret, dit Harry d'un air coupable. Et je pense qu'il a raison. Ce serait trop dangereux si trop de personnes étaient au courant de comment vaincre Voldemort… Il pourrait apprendre que nous savons son point faible et ainsi… mettre tout en œuvre pour le sécuriser…
-Je comprend, répondit-il, songeur. Et tu voudrais que Ron t'accompagne, c'est cela ?
-Il n'a pas le choix, répliqua furieusement le rouquin. Il ne pourras pas y arriver tout seul. Moi et Hermione l'accompagneront.
-J'ai dit non ! S'insurgea Mrs Weasley.
-Es-tu sur que c'est la seule solution pour tuer Voldemort, Harry ? l'interrompit une nouvelle fois son mari.
-Absolument certain, répondit celui-ci en hochant doucement la tête. Ce sera long et dangereux mais c'est le seul moyen. Et même si je n'étais pas très d'accord au départ que Ron et Hermione se portent volontaire, je…
Il jeta un coup d'œil furtif à Ron.
-Je pense que c'est quand même une bonne idée… Ce sont mes amis et nous serons plus efficaces à trois…
-Non ! S'écria Mrs Weasley. Je refuse qu'ils aillent se…
-Molly, coupa Arthur. Tu l'as entendu comme moi, non ? Fais confiance à Harry, s'il dit que c'est le seul moyen, il faut mettre toute les chances de notre côté…
-L'ordre n'a qu'à le faire à leurs places, ils sont si jeunes !
-Maman, on est majeur ! S'énerva Ron. L'ordre ne fera pas mieux que nous ! Ils n'ont pas eut les informations de Dumbledore, ils n'ont jamais affronté Voldemort ! Harry si ! Il sait mieux que quiconque comment il fonctionne ! Et moi, Harry plus Hermione en avons affronté déjà plus en six ans que tous le Terrier réunit ! Alors ne me fais pas croire que nous ne sommes pas aussi compétents que vous !
-Ce n'est pas à vous de vous préoccupez de ça ! Ce n'est pas votre guerre !
-Mrs Weasley, chuchota Harry. Voldemort m'a tout pris, il m'a enlevé mes parents, enlevé Sirius et a tué le seul homme en qui j'avais une foi inouïe… Comment pouvez-vous penser que cette guerre n'est pas la mienne ?
Mrs Weasley éclata en sanglots. Son mari lui tapota gentiment le dos en se tournant vers les deux adolescents.
-Où comptez vous aller ?
-Au square Grimmaud, répondit Harry. Ce sera notre lieu de vie. Si vous voulez nous joindre, ce sera là-bas mais nous allons installé un sortilège de Fidelitas pour plus de sécurité.
-Donc vous serez en permanence là-bas ?
-Pas en permanence, soupira le Survivant. La plupart du temps.
Mr Weasley continua de les regarder pendant quelques instants, comme pour les sonder. Puis, au bout d'un long moment dont les seuls bruits étaient les sanglots réguliers de la mère de Ron, il inspira profondément, donna un coup de coude à sa femme pour qu'elle relève la tête puis déclara d'une voix lente :
-Nous n'avons aucune autorité sur toi, Harry… Nous n'avons pas à décider ce qui est bon pour toi ou pas. Nous pouvons le faire mais tu es libre de suivre tes choix. Ron par contre est notre fils et…
A ce moment là de la discussion, Harry crut que c'était perdu.
-Et c'est pour cela que je veux lui donner quelques conseils… Si vous dîtes que vous devez absolument y aller et que c'est vital, je vous crois. Et de toute façon, vous êtes majeurs… Ron, je veux que tu sois prudent… Tu es peut-être notre sixième fils mais nous t'aimons autant que si tu avais été tout seul.
Voyant la tête que tirait le rouquin, Harry était persuadé que ces paroles l'atteignirent plus qu'il ne voulait le laisser paraître. C'était sûrement l'un des plus beaux compliments que ses parents ne lui ai jamais fait.
-Ron…Ron, sanglota Mrs Weasley. Fais bien attention… Ton père a raison, je n'ai pas le droit de t'empêcher d'y aller… Il est temps que tu prenne tes propres choix….
Ron soupira se soulagement.
C'était gagné.
Le lendemain, ils ne virent pas Hermione de la journée. Ginny leur expliqua qu'elle avait voulu rester étudier on-ne-sait-quoi dans la chambre et qu'elle ne voulait pas être dérangée avant 18 heures, heure à laquelle ils quitteraient le Terrier.
Ginny était donc restée avec eux toute la journée, au plus grand bonheur d'Harry, ainsi que son plus grand malheur puisqu'il n'avait toujours pas osé l'approcher.
Alors qu'ils étaient tous les trois dans l'herbe chaude du jardin, allongés à l'ombre sous un grand hêtre, Ron racontait les dernières histoires drôles qu'il avait entendu à différents endroits.
Ginny riait beaucoup mais Harry avait l'esprit occupé. Comment lui parler ? Il ne lui restait plus que quelques petites heures pour se déclarer puisqu'il savait qu'après il n'en n'aurait plus l'occasion et le regretterait.
-A quoi tu penses, Harry ? Demanda Ron alors qu'il venait de terminer l'histoire du farfadet bourré sur un balai.
-Oh…Heu… A rien… Je me disais qu'il fallait qu'on aille faire des courses pour vivre au Square Grimmaud…
-C'est vrai que vous allez avoir du mal sans rien là-bas, ria Ginny. Le tableau de la mère de Sirius y est toujours en plus…
-J'ai faim, grogna Ron en se levant. Je vais piquer un truc à la cuisine. Vous voulez quelque chose ?
-Non, merci, répondit mollement Harry.
-Moi je veux bien que tu ramène la boîte de cookies et les glaces qu'à ramené Charlie de Roumanie, s'exclama Ginny.
Ron acquisa et s'éloigna, laissant Harry avec le sentiment amer que Ron avait fait exprès de le laisser seul avec sa soeur, sous ordre d'Hermione, avant de se rappeler que les deux ne s'adressaient plus la paroles depuis trois jours.
-Alors, tu es prêt à partir ? Demanda Ginny en l'interrompant dans ses pensées.
-Oui… Je pense…
Il resta silencieux quelques instants avec le cœur serré. Puis tourna brusquement la tête vers elle en la regardant droit dans les yeux.
-En fait non…
-Non ? Souffla-t-elle sans le lâcher du regard. Et pourquoi ?
-Je crois que j'ai oublié de dire au revoir à quelqu'un…
« Il y a intérêt que ça marche » songea Harry. « sinon Hermione en entendra parler… »
-Ah oui ? Chuchota Ginny. Et qui ça ?
Il inspira profondément : « qui ne tente rien n'a rien… Je me lance… »
-Ginny, est-ce que… est-ce que tu pourrais oublier ce que je t'ai dit en juin ?
La façon dont il avait annoncé la chose était plus que minable mais il n'avait pas beaucoup d'expérience dans le domaine et ne savait donc pas très bien comment dire à une fille qu'on l'aimait encore.
-Et qu'est-ce que tu m'as dit en juin ? répondit malicieusement Ginny.
Harry soupira.
-Une chose stupide… Je n'avais pas réfléchi…Maintenant j'y ai repensé…
-Tu veux dire qu'Hermione t'as aidé à y penser plutôt, ria-t-elle.
Qu'elle plaisante ainsi eut pour effet bénéfique de lui redonner courage et de le décontracter un peu. Il laissa échapper un petit rire à son tour.
-Bon, d'accord, admit-il. Hermione m'a ouvert les yeux… Mais ce que je veux dire c'est…C'est… c'est que… Merlin que c'est difficile ! Bon je me lance : Ginny, est-ce que tu accepterais de ressortir avec moi ?
Ouf ça y est, c'était dit…
-Et bien… Répondit Ginny avec le sourire aux lèvres. Eventuellement…Si tu es sûr de toi…
-Plus que certain.
-Bon… Pourquoi pas alors ? dit-elle en riant.
Harry sentit son estomac faire un triple salto quand il comprit que sa réponse voulait dire oui. Elle était d'accord, et rien ne pouvait lui faire plus plaisir en cet instant. Rien ne pouvait gâcher ce merveilleux moment dans lequel Ginny s'approchait de lui et l'embrassait d'un baiser timide. Si ce n'est peut-être la perspective de Ron revenant avec des gâteaux pleins les mains.
Harry rompit brusquement le baiser et se releva d'un coup. Ginny parût surprise – et il y avait de quoi - et demanda en fronçant les sourcils :
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-Je pensais juste que ce serait mieux si on trouvait un endroit tranquille, répondit-il simplement en lui prenant la main pour l'aider à se relever.
-Et Ron et ses gâteaux ? plaisanta Ginny qui le suivait volontiers.
-Tant pis pour Ron et ses gâteaux…
Pompom ! Voilà le 4ème chapitre… Une petite review ?
