Disckamer : Les personnages appartiennent à Tite Kubo. UA - Yaoi
Lottie : Merci beaucoup, j'espère que la suite te plaira tout autant.
Elise : Merci beaucoup ! Ne t'inquiète pas, j'irai jusqu'au bout de cette histoire. J'aime avant tout écrire et si cela peut faire passer du bon temps à au moins quelques personnes alors, pas de soucis, je terminerai de la publier ! Mais merci beaucoup de me donner ton avis et n'hésite pas à le refaire au besoin, ça fait plaisir de savoir que l'histoire plait. Voici la suite, j'espère que tu passera un bon moment !
Bonne lecture à tous !
Chapitre 3
Lundi matin, salle de conférence de l'hôtel de police.
- Eh bien, c'est déjà noir de monde ! commenta Ichigo en entrant dans la plus grande salle du bâtiment, rarement voire jamais utilisée, s'il en croyait les dires de Rangiku Matsumoto, sa nouvelle collègue dont il avait fait connaissance à peine une heure plus tôt. Et qui, depuis, n'avaient pas arrêtés ou presque de les assommer de tout un tas de conseils, rumeurs et autres ragots… Ichigo se demandait s'il lui arrivait de se taire d'ailleurs quand Byakuya, suivi de Toshiro étaient entrés dans les locaux de leur Brigade, les saluant tous :
- Je vois que vous avez fait connaissance ! Parfait. Réunion générale à neuf heures trente à la salle de conférence. Soyez à l'heure, je vous y retrouverai ! fit-il avant de sortir à nouveau.
- Pourquoi une réunion ? demanda Shûhei, peu enclin à lâcher des yeux son ordinateur sur lequel défilaient les photos de l'incendie du dojo.
- Très certainement pour rassurer tout le monde… commença Toshiro en s'installant à son bureau.
- Les nominations ! le coupa Rangiku qui ne tint aucun compte de son froncement de sourcils contrarié. Ils vont annoncer les nominations !
- Bonjour à tous… fit à ce moment une toute petite voix alors qu'une jeune femme qu'Ichigo ne connaissait pas arrivait à son tour :
- Bonjour Momo, comment ça va ? demanda gentiment Toshiro à la jeune fille en lui souriant pendant que les autres la saluaient aussi. Shûhei avait brièvement levé les yeux pour le faire et s'en maudit en découvrant le sourire de son lieutenant qui faisait les présentations :
- Ichigo, Renji, voici Momo Hinamori, la secrétaire administrative de notre service. Momo, tu connais déjà Renji et voici Ichigo Kurosaki que tu as dû voir au tournoi. Ils ont tous deux rejoint notre brigade…
- Enchanté ! fit la jeune fille en saluant le rouquin qui lui répondit par un hochement de tête. J'ai admiré vos combats avant-hier. Renji ravie de te voir rejoindre notre équipe…
- Moi de même Momo… fit le jeune homme joyeusement.
- Vous êtes au courant pour la réunion ? dit-elle en posant ses affaires sur un petit bureau à droite de celui de Byakuya, nous n'avons plus une minute à perdre !
- Mais…
- Pas de mais ! J'ai croisé le commandant qui m'a recommandé de vous y emmener… de force s'il le faut ! Alors en route ! coupa-t-elle Shûhei en faisant les gros yeux.
Ils se dirigèrent tous vers la porte :
- C'est qu'elle peut être redoutable ! s'amusa Rangiku en voyant l'air étonné des deux nouveaux, ne vous fiez pas à son air adorable.
C'est ainsi que guidé par la jeune fille, ils étaient tous parvenus à la salle… déjà bien remplie.
- C'est immense ! constata la voix de Grimmjow derrière eux qui les remarqua alors ! Salut vous deux ! Comment ça va les héros ?
- Tu n'y es jamais venu ? s'étonna Renji.
- Là ! Il y a de la place ! les coupa Rangiku en entraînant sa brigade à sa suite. Grimmjow les suivit et s'installa à leurs côtés en grommelant :
- J'espère qu'ils vont me changer de brigade…
- Je ne vois vraiment pas qui pourrait bien t'engager, le railla Renji, recevant un regard noir en réponse.
Un tapotement les tous fit lever la tête vers le pupitre derrière lequel venait de se glisser le commandant en chef de la police. Juste derrière lui les commandants, de brigade et des différents services, Jûshirô Ukitake excepté. Aussitôt le silence se fit dans la salle, contenant tout juste tout le monde.
- Bonjour à tous, commença ce dernier en vérifiant que le micro portait bien sa voix à toute la salle. Merci d'avoir tous répondu cette convocation. J'ai plusieurs informations à vous transmettre, tout d'abord des nouvelles du commandant Ukitake, qui se trouve toujours hospitalisé et grâce qui certains d'entre vous ont eu la vie sauve.
Comme il en avait informé les hauts responsables, il ne révéla pas à tous ce qu'ils soupçonnaient au sujet de l'incendie, jugeant à juste raison, inutile de provoquer un climat de stress tant qu'on ignorait les raisons de cette attaque.
- Je rassure tout le monde, il va mieux mais doit encore se reposer quelques temps. Pendant son absence, le lieutenant Kaien Shiba assurera son commandant aidé par les commandants Kyôraku et Kuchiki au besoin.
Il se tut un instant avant de poursuivre :
- Autre point, l'incendie du dojo, une enquête bien sur a été ouverte pour en découvrir l'origine et celle-ci est confiée à la Brigade Spéciale qui a tout pouvoir pour interroger chacun d'entre vous si elle l'estime nécessaire. Merci donc de votre coopération envers ses membres.
Nouvel instant de silence où l'on put voir pas mal de monde tourner son regard vers le petit groupe où se trouvait Ichigo, Renji et les autres membres. Certains remarquant alors ce qui n'était encore qu'une vague rumeur.
- Dernier point que je voulais aborder ici, le tournoi qui, comme vous le savez tous, n'a pas pu se terminer. Nous avions alors deux finalistes, Renji Abarai et Ichigo Kurosaki. Il a été décidé qu'ils rejoindraient chacun l'affectation de leur choix. Et ils ont tous deux choisis de d'intégrer les rangs de la Brigade Spéciale.
Une salve d'applaudissements salua les deux jeunes hommes qui se virent contraint de se lever pour y répondre, un peu poussés par Rangiku, il faut bien le dire. Ichigo rougit en remerciant, détestant être le centre de l'attention. Ce qui fit légèrement sourire son commandant sur l'estrade.
- Passons maintenant à ce que vous attendez tous, reprit Yamamoto, les autres nominations qui seront effectives dès aujourd'hui.
Chacun des autres participants au tournoi se tendit quelque peu…
- Yumichika Ayasegawa sera accueilli par le Brigade d'intervention Kira Isuru par la Brigade Financière Uryû Ishida par la Brigade Criminelle Kaname Tôsen par la Brigade des Mœurs Neliel tu Oderschvank par la Brigade Scientifique, et enfin Grimmjow Jaggerjack et Yasutora Sado par la Brigade Spéciale.
Une nouvelle slave d'applaudissements salua ces affectations et le commandant ajouta quelques mots avant que chacun ne regagne son poste de travail.
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Ulquiorra se pressait dans les couloirs de la fac. Le chemin devant lui se libérait au fur et à mesure de son avancée vers le laboratoire de chimie, les étudiants s'écartant prudemment du jeune homme. Son air hautain et glacial semblant à lui seul dissuader quiconque de l'arrêter, ou même d'en avoir simplement l'envie. Il fallait avouer également que la réputation du jeune étudiant en médecine n'était plus à faire et que personne n'avait envie d'avoir à subir des représailles pour l'avoir stopper, même par inattention, dans sa course folle.
Son portable sonna. Encore une fois… Il soupira et accéléra encore l'allure sans prendre la peine de répondre.
Le jeune homme ne voyait pas ces étudiants, bien sous tout rapport, lui jeter des regards contrariés, voir haineux, bien après son passage dans leurs rangs. A peine sentait-il une légère démangeaison dans son dos, signe que quelqu'un encore ne le craignait pas suffisamment. Mais que pouvait comprendre ces simples d'esprits à ses problèmes de tous les jours ?
Il se drapa davantage dans son attitude, jetant ça et là des regards méprisants, peu enclin à laisser quiconque se permettre de lui chercher querelle. Pas maintenant, il n'avait pas le temps de régler ce genre de détail. Son téléphone ne cessait de sonner depuis plus d'une heure et son meilleur ami ne l'avait, lui en revanche, toujours pas appelé.
Il accéda enfin à sa destination, tout au bout d'un couloir presque désert ce qui n'était pas dommage, prenant tout juste le temps de ralentir pour passer et refermer la porte du labo de chimie :
- Où tu en es ? demanda-t-il glacial sans même prendre le temps de saluer l'occupant de la salle.
- C'est presque prêt… répondit un autre jeune homme à la chevelure rose et d'un calme olympien, malgré le ton quelques peu agressif de son meilleur ami. Calmes-toi Ulquy !
- Ne m'appelle pas comme ça ! rétorqua Ulquiorra qui détestait ce surnom venant de leur enfance.
- Il s'impatiente ? demanda Szayel sans relever la tête de sa paillasse.
- A ton avis ? répondit son ami d'une voix un peu plus calme et un peu moins froide.
Ce qu'apprécia à sa juste valeur le jeune chimiste qui lui lança un rapide sourire.
Le portable d'Ulquiorra se rappela de nouveau à lui et, cette fois, il prit la communication… qui se résuma à peine quelques mots.
- Je vais devoir lui porter dès que c'est prêt, commenta-t-il en repoussant une mèche ébène de devant ses yeux verts, après avoir raccroché. Chose qui, à son air pincé, le contrariait au plus au point.
- J'irai avec toi si tu veux…
- Ça ira…
Il y eut quelques minutes de silence pendant lesquelles on n'entendit que le bruit des instruments qu'utilisait le chimiste pour poursuivre son travail. Du coin de l'œil, il surveillait son ami, planté devant la fenêtre, le regard perdu dans le vague.
- T'as toujours pas trouvé de moyen ? s'enquit-il soudain.
L'absence de réponse en était une en soi. Le chimiste se retourna :
- Je ne veux pas te presser Ulquiorra mais je ne vais plus pouvoir fabriquer cette merde à grande échelle très longtemps… Ils vont finir par s'en apercevoir. Sans tenir compte de ce que j'en pense…
- Tu crois peut-être que ça ne fait rien ? claqua le voix du jeune homme.
Szayel se retourna enfin pour le regarder. Non cela ne lui faisait pas rien, son regard en disait bien plus long que tous les mots qu'ils auraient pu échanger. Il perdait son éclat de jour en jour… Un instant il se demanda ce qu'avait bien pu devenir le jeune homme, certes froid et bagarreur mais vivant, qu'il avait connu jusqu'à ce que le malheur ne s'ébatte sur lui… Avait-il seulement une chance de le retrouver un jour ? Où l'avait-t-il perdu à jamais ?
Ils ne parlèrent pas ou peu pendant l'heure qui suivit, temps encore nécessaire au jeune chimiste pour finir de préparer un nombre impressionnant de petits comprimés blancs qui serraient revendus à prix d'or dès ce soir dans les endroits branchés.
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Locaux de la Brigade Scientifique
Yoruichi Shihôin, commandant du Service des Stupéfiants, passa les portes de l'immense laboratoire qui servait de locaux à la Brigade de son ami, et peut-être un peu plus, de toujours. Elle le chercha des yeux dans l'immense ruche où s'agitaient ça et là, des laborantins et autres techniciens autour des différents équipements ultramodernes en tous genres qui trônaient ici. Elle le repéra enfin, au milieu de ses policiers, expliquant sûrement, à grands renforts de gestes, une de ses nombreuses théories. Elle eut un sourire attendri et l'observa quelques instants avant qu'il ne la repère et lui fasse un grand signe de la main, lui montrant son bureau, grande cage de verre donnant sur l'ensemble du laboratoire.
Elle s'y installa en l'attendant, profitant de ce moment pour se faire un café à la petite machine à expresso qui s'y trouvait, se disant une fois encore qu'il fallait qu'elle en commande aussi une pour ses propres locaux.
- Alors ma toute belle, que me vaut ce plaisir ? demanda Kisuke joyeusement en s'installant en face d'elle.
- Tu as recruté une bien belle jeune femme, constata Yoruichi en observant la nouvelle recrue de son ami à qui ses collègues faisaient découvrir le laboratoire.
- Jalouse ma belle ? se moqua Kisuke.
- Va savoir…
- Elle est surtout très compétente en recherches, expliqua alors ami en se servant lui aussi un café. Son dossier montre des capacités et du potentiel dans mon domaine. Et elle est jolie, ce qui ne gâche rien, je dois bien l'admettre…
Pure provocation de sa part, pensa la jeune femme qui se contenta de sourire sans relever. Mais depuis combien de temps jouaient-ils à ce jeu tous les deux ? Il faudrait qu'un jour quand même ils arrivent à discuter plus sérieusement…
Elle soupira silencieusement et posa sur son bureau un petit sachet en plastique contenant quelques pastilles blanches :
- De l'extasy ? demanda Kisuke en s'en emparant.
- Cette merde inonde le marché depuis quelques temps… j'ai besoin d'en savoir plus sur sa provenance. Trouves-moi tout ce que tu peux.
- Ok ! fit-il en reposant le sachet sur son bureau. Je te tiens au courant aussi vite que possible.
Elle se leva, déjà prête à repartir :
- Tu veux dîner avec moi ce soir ? lui proposa alors Kisuke.
- Pourquoi pas ? fit-elle en s'en allant. Passe me prendre !
Il sourit sans répondre la regardant, non l'admirant serait plus juste, marcher jusqu'à la porte, sa queue de cheval se balançant au rythme de ses pas.
Quand elle eut disparue, il reprit le petit sachet qu'elle avait amené et le regarda longuement… Trouver l'origine des produits ayant servis à fabriquer… ça n'allait pas être une partie de plaisir. Mais si Yoruichi était venue jusqu'à lui, c'est qu'elle était inquiète de sa propagation. Il sourit, voilà un joli test pour sa toute nouvelle recrue !
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Ichigo regardait un peu effaré, il devait bien le reconnaître, le dojo. Enfin ce qu'il en restait pour être exact. Il avait même dû mal à imaginer que là où il se tenait actuellement, et qui n'était plus qu'un immense tas de ferraille noircies, se trouvait le tatami sur lequel il avait combattu. Il sourit en repensant à la raison de ce combat… pourvoir choisir la Brigade qu'il venait d'intégrer…
- Je ne vois vraiment pas ce qui peut faire sourire ici ! retentit la voix glaciale de son commandant à ses côtés.
Ichigo voulut répondre qu'il se méprenait mais déjà Byakuya tournait les talons :
- Va donc aider Shûhei, Kurosaki ! ordonna-t-il.
Ce dernier soupira longuement avant de s'apprêter à lui obéir quand son regard fut accroché par quelque chose de brillant. Il se pencha en avant pour s'en saisir, avant de se rappeler d'enfiler des gants en caoutchouc pour ne pas éventuellement effacer des indices :
- C'est quoi ce truc ? grommela-t-il en attrapant une pièce de métal qui avait échappée au feu.
- On dirait un bout de lame d'un outil quelconque… fit la voix de son collègue qui l'avait rejoint. Mets-le dans un sachet, on le fera analyser. Je n'y crois pas trop mais on ne sait jamais…
- La Brigade Scientifique n'est pas venue relever les indices ? s'étonna le plus jeune.
- Non pas encore… Ah ben justement les voilà !
En effet Byakuya revenait accompagné de Kisuke Urahara et de plusieurs de ses hommes. Ce dernier leur cria :
- Sortez de là tous les deux ! Vous allez compromettre les indices ! Byakuya, tu sais très bien que je ne veux personne sur les lieux avant nous ! s'indignait-t-il auprès de son collègue.
Ce dernier haussa les épaules, désabusé, et leur fit signe de revenir :
- Euh… j'ai ramassé ce truc là-bas, dit Ichigo à une jeune femme armé d'une mallette qu'il avait vu au tournoi, Nell ? Je crois…
- Oui, merci mais tu n'aurais pas du le ramasser avant qu'on soit là ! lui reprocha-t-elle, montre-moi exactement où tu l'as trouvé !
Il s'exécuta, peu ravi d'être encore le centre d'attention de son supérieur qui avait les yeux braqués sur lui. Et dire qu'il ne s'était même pas expliqué pour tout à l'heure…
- Fais-nous signe quand vous aurez terminé ! dit Byakuya à l'autre commandant, on va interroger le voisinage.
Ichigo se mit à faire le tour du quartier accompagné de Shûhei qui se faisait un plaisir de lui enseigner les bases de ce genre d'enquête de routine.
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Ils revinrent quasiment bredouilles à la Brigade. L'examen du dojo après le passage de la Brigade Scientifique ne leurs avaient pas fourni de piste particulière, tout juste le témoignage d'une vieille dame qui pensait avoir vu un van de dépannage d'une certaine société la veille du tournoi… Très peu de chose en somme. Il restait à espérer que leurs collègues de la Scientifique auraient plus de chances qu'eux.
Ichigo s'installa à son bureau, légèrement découragé aussi bien par le peu d'avancée de l'enquête que par son commandant qui visiblement lui en voulait toujours :
- Te laisse pas décourager si facilement, lui conseilla Renji en face de lui. Tu verras, des fois il suffit d'un rien pour faire avancer les choses !
Il lui sourit reconnaissant et se plongea dans le travail avec un peu plus d'entrain.
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Hôpital
Jûshirô rangeait ses affaires dans une petite valise, amenée la veille par son ami. Son médecin avait décidé de le laisser sortir à condition qu'il reste encore quelques jours chez lui à se reposer. Ce qu'il avait promis… enfin ce que Shunsui avait promis pour être exact. Il avait même profité de cette occasion pour venir s'en assurer en s'installant chez lui ! Ce qui au fond, ne déplaisait pas à son ami… peut-être trouverait-il le temps de parler sérieusement de certaines choses ?
On frappa à sa porte et il se retourna pensant se retrouver justement face à l'objet de ses réflexions mais il découvrit le jeune Uryû Ishida qui le salua d'un hochement de tête tout en réajustement se lunettes sur son nez. Le même tic que son médecin de père, songea son aîné :
- Commandant ! le salua-t-il, le commandant Kyôraku m'a chargé de vous reconduire chez vous, il s'excuse mais il est retenu au bureau…
On sentait que cette mission pesait au jeune homme. Ce qui fit sourire Jûshirô :
- Bonjour Uryû c'est ça ? et comme ce dernier opinait de la tête. Il aurait pu envoyer quelqu'un de ma brigade, s'étonna-t-il.
- Il l'a fait… Excusez-moi Commandant Ukitake, reprit Kira en entrant à son tour et en le saluant. Je vérifiais que votre sortie était en ordre. Enchantez de faire votre connaissance commandant…
- Moi de même jeune homme, ravi de vous avoir à la Brigade. Nous y allons messieurs ?
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Bureau de la Brigade des Mœurs
Le commandant Aizen avait les yeux rivés sur sa toute nouvelle recrue, maintenant installée à son ordinateur. Il était littéralement stupéfait de la façon dont le jeune aveugle compensait sont handicap par la technologie mise à sa disposition. A la voir taper sur son clavier comme il le faisait en ce moment même, personne ne pouvait se douter qu'il ne voyait pas :
- Demandez-moi ce que vous souhaitez savoir commandant ou alors cessez de m'observer comme une bête de foire ! s'écria-t-il soudain surprenant le dit commandant. Qui ne se démonta pas le moins du monde et se leva pour se rapprocher de lui :
- Comment ça marche ? demanda-t-il donc.
- Pour la partie technique ou pratique ? interrogea Kaname Tôsen.
- Les deux si possibles…
- Pour la partie technique, c'est au commandant Urahara qu'il faut s'adresser. Ces petites merveilles, fit-il en ôtant ses lunettes pour les lui montrer, sont sa création ainsi que les capteurs d'ultras sons qui sont sur mon katana qui comme vous avez pu le voir, se transforme en simple canne en temps ordinaire. Ils sont tous deux reliés à un appareil qui me renvoie une image en trois dimensions de ce qu'il y a devant moi (*). Si vous voulez en savoir plus, adressez-vous à lui directement, il vous expliquera tout cela bien mieux que moi. Quand à l'ordinateur, il a un clavier tactile qui me transmet les sons dans cette oreillette, finit-il en l'enlevant pour la lui montrer. Vous voyez, rien de bien extraordinaire…
- C'est impressionnant, reconnut son supérieur, je le savais brillant mais à ce point…
En effet Sosuke imaginait sans peine le système maintenant qu'il en connaissait le fonctionnement. Pourvu d'une intelligence au-dessus de la moyenne, il aurait pu lui aussi, se retrouver commandant de la Brigade Scientifique, si toutefois le poste l'avait un tant soit peu intéressé. Ce qui n'était pas le cas bien entendu. Sosuke aimait par-dessus tout le pouvoir. Et son rôle dans l'immédiat lui suffisait amplement pour se satisfaire. Bien sûr, il n'en avait pas vraiment assez… peut-être qu'une fonction plus haute encore lui siérait mieux, mais d'un autre côté… cela l'obligerait sans doute à s'investir davantage, ce qui pour l'instant ne le tentait pas plus que ça pour le peu qu'il obtiendrait en échange. Raison, entre autre chose, pour laquelle le poste de Kisuke Urahara ne lui convenait pas et qu'il n'avait jamais cherché à l'obtenir malgré ses capacités hors du commun. Seul Gin savait cela, et sans aucun doute Urahara aussi. Il en était même certain mais l'un comme l'autre ne laissait jamais deviner ce qu'il pensait réellement. Et puis, il avait bien assez de pouvoir comme cela, n'était-il pas un des cinq prestigieux commandants de la police ?
Il retourna lentement à son bureau, Kaname ne le captivant plus autant maintenant qu'il avait percé son mystère. Ce dernier discutait de l'affaire qu'il avait en cours avec Gin justement. Il les observa en silence, écoutant d'une oreille distraite le résumé que le lui faisait son second ainsi que les investigations que menaient actuellement Tia Halibel et Stark Coyote sur le terrain, les deux autres membres de sa brigade.
Ils enquêtaient actuellement sur des soirées privées auxquelles participaient de très jeunes gens, filles ou garçons, tout juste sortis de la fac et encore… Mais ils n'avaient pas encore obtenu de sources assez fiables pour découvrir le fin mot de cette histoire. Si ce n'est quelques plaintes et le cadavre d'une très jeune fille pour l'instant non identifiée, visiblement morte d'overdose et de différents sévices corporels. Ils venaient tout juste d'hériter de cette enquête après cette macabre découverte :
- Vous avez essayé de vérifier les absences dans les facs ? demanda Kaname à Gin, attirant l'attention de son commandant.
- Pourquoi les facs ? s'étonna ce dernier.
- Les jeunes y sont souvent livrés à eux-mêmes, loin de chez eux. Il faut souvent du temps avant que les proches ne s'aperçoivent de leurs disparitions. De plus, ces années sont souvent synonymes de stress et de solitudes extrêmes… facilement manipulables par des personnes mal intentionnées.
Sosuke jeta un nouveau regard à sa recrue… Pas mal du tout finalement comme esprit d'analyse…
- Vas-y voir avec Gin…
- Impossible ! le coupa ce dernier, j'attends l'arrivée d'Inoue avec les résultats de la Scientifique.
- Inoue ? interrogea Kaname.
- Inoue Orihime, notre secrétaire, précisa Gin.
- Dans ce cas… Je vais y aller avec toi Kaname ! Voyons voir comment tu enquêtes sur le terrain.
Gin les regarda partir, son éternel sourire aux lèvres… Kaname allait être une bonne recrue… il le sentait. Un homme capable de tenir tête à son cher commandant était forcément au-dessus de la moyenne…
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Bureau de la Brigade Spéciale, fin de journée.
Assis à son bureau devant son rapport qu'il essayait de taper, Ichigo songeait à cette première journée au sein de sa nouvelle Brigade. Celle qu'il avait tant rêvé de rejoindre depuis sa récente création. Mais tout ne s'était pas si bien passée qu'il l'espérait… Pire même, Byakuya Kuchiki s'était mépris sur son sourire dans le dojo et le toisait de haut depuis ! A peine posait-il les yeux sur lui que les siens devenaient un peu plus glacial encore… Il en aurait presque frissonné la dernière fois qu'il avait osé lui adresser la parole. Et ce foutu rapport qui n'avançait pas ! Il avait beau faire, il n'arrivait pas à se concentrer dessus…
- Ichigo ?
Il leva des yeux interrogateurs vers la jeune secrétaire qui l'interpellait :
- Tu as fini avec ton rapport que je le classe dans le dossier avant de partir ?
- Pas encore non…
- Vas-y Momo si tu veux, intervint la voix grave de Byakuya, on fera le point demain matin. D'ici là Kurosaki arrivera peut-être à nous taper ce rapport non ? finit-il ironiquement en le regardant le jeune homme.
- Bien commandant ! remercia la jeune femme qui retourna à son bureau, coupa son PC et se prépara à rentrer.
- Je te raccompagne Momo ? proposa Toshiro.
- Si tu veux…
Shûhei les regarda partir sans dire un mot, saluant à peine les deux jeunes gens. Toshiro en fut un peu surpris et lui jeta un dernier regard avant de franchir la porte. Leurs yeux s'accrochèrent l'espace d'un instant… Puis Momo l'entraîna à l'extérieur.
La Brigade se vida peu à peu et il ne resta bientôt plus qu'Ichigo, planchant toujours sur son rapport, et Byakuya qui travaillait dans un silence religieux. Le jeune poussa un soupir à fendre l'âme qui fit brutalement relevé la tête de son supérieur :
- Ce n'est pas si compliqué de faire un rapport tout de même ! s'écria-t-il. On se demande ce que tu as appris à l'acadé…
- Stop ! le coupa Ichigo qui bouillait intérieurement depuis un bon moment.
Il se leva brutalement pour venir se planter devant lui, ses poings serrés sur ses hanches et tremblant violement :
- Quoi que vous ayez pu penser de mon sourire à ce moment-là, vous vous êtes trompé Commandant ! Et si je rame autant sur ce put… rapport, c'est simplement parce que, depuis, je cherche le moyen de vous expliquez que vous vous méprenez totalement ! La seule chose qui me faisait sourire, comme vous l'avez si bien soulignez, était simplement la raison qui m'avait fait participé à ce tournoi samedi ! Mon profond désir de faire partie de votre Brigade ! Désir que je commence sérieusement à regretter voyez-vous !
Il se retourna sans lui laisser le temps de répondre, attrapa ses affaires et se dirigea vers ma sortie du bureau en ajoutant arrivé à la porte :
- Sur ce, je vous salue bien et finirais mon rapport demain matin au calme.
La porte de la section claqua sur le jeune homme. Byakuya la regarda longuement, finit par se lever et vint jusqu'au poste de travail d'Ichigo. S'y installant, il relut le rapport que ce dernier avait tapé, encore incomplet, l'enregistra et coupa le poste de travail. Il regarda alors comment s'était installé le jeune homme et un léger sourire se forma sur ses lèvres quand il remarqua le trousseau de clés posé bien en évidence sur le bureau, Ichigo allait devoir revenir dans quelques minutes s'il souhaitait démarrer la superbe moto qui lui servait de véhicule.
Il regagna son bureau et reprit son travail tout en jetant un œil à la pendule. Au bout d'un peu plus d'une demi-heure, il dut se rendre à l'évidence. Soit le jeune homme avait abandonné sa moto jusqu'au lendemain, soit il attendait qu'il soit parti pour récupérer le précieux trousseau. Fier ou têtu ? L'un comme l'autre sans aucun doute, pensa Byakuya.
Sans se presser, il finit son travail, le sauvegarda et rangea ses effets personnels avant de quitter les lieux, glissant dans sa poche le trousseau de clé abandonné. Dans le seul but qu'il ne soit pas égaré ou emprunté, bien sûr…
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Appartement de Toshiro Hitsugaya.
Le jeune homme rentra directement chez lui après avoir déposé son amie d'enfance devant sa porte. Comme presque tous les soirs depuis qu'elle était devenue la secrétaire du service, à sa demande. Pourtant ce soir-là, il avait soudain réalisé en quittant la Brigade que leurs petites habitudes, si innocentes soient-elles, déplaisaient visiblement à Shûhei… Et cela le laissait perplexe. Le jeune policier avait-il des vues sur son amie ?
Après une douche, il se fit réchauffer un plat tout fait. La cuisine n'était pas son fort et il préférait, d'ordinaire, sortir manger au petit restaurant familial du coin ou éventuellement savourer les plats que concoctait son amie d'enfance pour lui. Mais pas ce soir. Il avait besoin de réfléchir tranquillement. Car inexplicablement, le fait de réaliser que Shûhei puisse s'intéressé à Momo le dérangeait… Pire que cela, ça ne lui plaisait pas du tout. Alors qu'au contraire, il aurait dû s'en réjouir pour eux.
Momo avait souffert psychologiquement pendant qu'elle travaillait pour Aizen. Il l'avait tout de suite compris en intégrant lui-même la Brigade des Mœurs à sa toute première affectation. Sosuke Aizen, qu'il ne connaissait alors que par les dires de son amie d'enfance, était en fait loin de l'homme magnifique qu'elle décrivait lors de leurs rencontres. Oh, il possédait un charme particulièrement puissant pour quiconque ne regardait que la surface des choses mais également un esprit, au dessus de la moyenne il devait le lui reconnaître, mais particulièrement diabolique. Les pauvres humains ne se classant pas dans la même moyenne que lui ne l'intéressaient pas et il prenait un malin plaisir à jouer avec eux. Sans bien sûr se préoccuper le moins du monde des dégâts que ses petits passe-temps pervers engendraient chez ses victimes.
A sa façon, son ancien responsable lui faisait penser à ces Dieux de l'antiquité se divertissant des malheurs des pauvres humains qu'ils dirigeaient. Et si lui-même lui avait plu au point de le faire venir dans sa Brigade, c'était uniquement parce qu'il avait décelé son potentiel. Il l'avait tout de suite compris.
Tout comme il avait alors réalisé que Momo n'était qu'un autre jouet de cet homme. Sa seule préoccupation avait alors été de sortir la jeune fille des griffes de l'homme qu'elle vénérait et qui ne la considérait pas plus qu'un simple divertissement de passage. Il lui avait fallu du temps. Beaucoup de temps. Car Sosuke Aizen était un être avec une intelligence bien au-dessus du commun des humains moyens. Même lui ne rivalisait qu'à peine avec son esprit brillant malgré toutes les capacités qu'il possédait. Mais son ancien responsable avait aussi un gros défaut qu'il avait su exploiter à son avantage, Aizen se désintéressait du jeu qu'il avait créé assez vite. Par lassitude ou parce qu'il avait obtenu ce qu'il voulait ? Peu importait… Quand il avait compris que sa nouvelle recrue ne rentrerait jamais dans son jeu, il s'en était alors complètement détourné. Ce qui lui avait laissé le champ libre pour ouvrir les yeux de son amie. Aurait-il réussi si Aizen avait continué à jouer avec toute son intelligence… Il n'était jamais arrivé à trouver la réponse. Et pour être tout à fait franc avec lui-même en doutait fortement. Aizen avait bien plus d'expérience que lui à ce moment-là… Peut-être qu'aujourd'hui ? Et encore…
Mais son amie était tout juste en train de se reconstruire psychologiquement. Et lui-même avait cessé de se préoccuper d'Aizen dès lors que Byakuya avait accepté sa demande de prendre la jeune femme dans son service. Il lui en était d'ailleurs très reconnaissant et vouait à son nouveau responsable une loyauté à toute épreuve. Entourée et aidée par ses nouveaux collègues, Momo était sur la voie de la guérison même si elle regardait encore son ancien amant avec des yeux pleins d'amour et de regret mêlés à un je ne sais quoi de peur qui le mettait hors de lui ! Fort heureusement ses regards se faisaient de plus en plus rares. Et il avait hâte qu'elle rencontre enfin un autre homme qui l'aimerait comme elle le méritait.
Alors pourquoi si Momo trouvait enfin un homme bien comme Shûhei, cela le dérangeait-il à ce point ? Il s'endormit sans avoir trouvé de réponse à cette question.
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Maison de Jûshirô Ukitake.
Jûshirô était content d'être chez lui. Retrouver ses habitudes et ses repères après ce séjour à l'hôpital était on ne peut plus plaisant à ses yeux. Il avait pris le temps de se détendre dans un long bain délassant, dès que ses accompagnateurs l'avaient laissé seul, même s'il avait dû leur forcer un peu la main… Les ordres de Shunsui étant de rester avec lui jusqu'à son arrivée ! Une complète aberration à ses yeux. Qu'il comptait bien mettre rapidement au clair avec lui. Enfin dès que ce denier se donnerait la peine de le rejoindre…
Il jeta un nouveau regard à la pendule digitale sur son ordinateur et soupira :
- Mais qu'est-ce qui le retiens si tard ? maugréa-t-il en baillant, fatigué de sa première journée de liberté.
Abandonnant son PC, il s'allongea sur le canapé et s'endormit avant même de s'en apercevoir.
C'est ainsi que le trouva son ami en arrivant une bonne demi-heure plus tard. Il sourit devant ce tableau attendrissant et hésita à le réveiller. Mais il vit également la table mise pour deux et en conclut qu'il n'avait pas mangé. Il le secoua doucement en lui parlant tendrement :
- Allez réveille-toi mon ange, il faut que tu mange un peu…
- Mon ange ? murmura Jûshirô sans ouvrir les yeux, encore dans un demi-sommeil.
- Mais non, tu as dû mal entendre… fit Shunsui en se relevant.
- Oh non ! Pas cette fois ! le retint son ami en attrapant son bras, l'obligeant à se rasseoir. Tu ne vas pas encore te défiler !
Shunsui soupira mais ne tenta pas de se libérer :
- Qu'est-ce que tu entends par me défiler ?
- Ne me prends pas pour un demeuré Shunsui, se désola Jûshirô, je vois bien que ton comportement à changé à mon encontre. Qu'est-ce qui t'arrive donc ? Plusieurs fois tu m'as donné cette impression étrange de vouloir me révéler une chose importante… et là tu m'appelle « Mon ange »….
- Je t'aime, le coupa son ami, oui je t'aime Jûshirô ! J'ai cru devenir fou quand tu as été blessé ! J'ai eu si peur de te perdre ! Alors oui…
Son ami coupa sa déclaration en se redressant et en capturant ses lèvres. Tout d'abord surpris, Shunsui n'y répondit pas… Puis réalisant que son amour l'embrassait à pleine bouche, noua ses bras autour de lui et savoura ce baiser, y répondant avec passion.
Quand essoufflés ils le rompirent, ils restèrent un long moment simplement enlacés, écoutant les battements désordonnés du cœur de l'autre. Ils prirent alors le temps de se regarder et Jûshirô lui sourit :
- Tu en as mis du temps tu sais…
- Mon ange…
- Chut ! Allons dîner et savourons simplement le fait d'être là, ensemble toi et moi Shunsui… Je veux juste profiter de toi ce soir…
Ses yeux cernés prouvaient sa fatigue et Shunsui n'eut pas le cœur à s'opposer à sa volonté en lui posant la question qui lui brûlait pourtant les lèvres. Depuis quand partageait-il ses sentiments ? Car à sa mine rayonnante de bonheur, ce n'était pas récent…
A suivre…
(*) Idée piochée dans le manga « Jusqu'à ce que la mort nous sépare » de Hiroshi Takashige et Double-S. J'ignore totalement si la technologie actuelle est susceptible de pouvoir réaliser cela.
