Disclamer : Les personnages appartiennent à Tite Kubo. UA - Yaoi

Bonne lecture à tous !


Chapitre 4

Plusieurs jours passèrent dans une agitation frénétique d'une bonne partie des services de police. Chacun cherchait un élément, une piste aux enquêtes en cours, comme si l'incendie du dojo avait galvanisé le personnel au grand complet.

La Brigade des Mœurs n'était pas exempte de cette agitation et après avoir finalement exploré les pistes suggérées par leur nouvelle recrue, avait enfin trouvé plusieurs cas de disparitions récentes de jeunes étudiants à la fac de sciences de la ville. Sosuke, Kaname et Tia s'y rendaient justement pour tenter d'en savoir plus. Ils furent reçus par l'adjoint du doyen, en déplacement actuellement, leur dit-on. L'homme, la quarantaine environ, était guindé, portait un costume sombre et solennel, et semblait visiblement très surpris de les voir débarqué dans son petit monde :

- Que puis-je pour vous ? demanda-t-il d'une voix quelque peu hautaine.

Ce qui n'impressionna pas le moins du monde le commandant Aizen qui s'installa sur le fauteuil en face du bureau où il n'avait même pas été invité à s'asseoir. Une faute qu'il s'était bien sûr empressé de réparer. Si l'homme en costume en fut décontenancé, il eut la bienséance de n'en rien laisser paraître :

- Nous enquêtons sur une série de disparitions de vos chers étudiants…
- Mais personne n'a disparu ! le coupa l'autre se levant d'un coup.
- Veuillez vous asseoir et nous écouter, répondit Sosuke d'une voix ferme et sans appel où perçait maintenant nettement une pointe d'énervement.

L'homme se rassit et tint coi, n'osant plus prononcer une parole de peur de mettre en colère le policier en face de lui dont le regard s'était brusquement assombri :

- Je disais donc, reprit Sosuke, que plusieurs de vos étudiants ont disparu… Il fit un signe à Tia qui posa une liste d'une dizaine de noms devant l'homme. Parmi ceux-là, précisa-t-il.

Et pendant que l'adjoint du proviseur lisait les noms inscrits, Kaname ajouta :

- Nous aimerions voir les camarades de classe de ces étudiants.
- Mais certain des jeunes gens de cette liste ont émis le désir de cesser leur cours, précisa tout même l'adjoint du proviseur.
- Expliquez-nous donc cela, demanda Sosuke, nous n'avons trouvé aucune radiation de votre part sur vos listes d'étudiants…
- C'est que ces demandes sont récentes et que nous n'avons pas encore procédé aux mises à jour…

L'homme était maintenant très mal à l'aise. Simple négligence administrative ou était-il mêlé à quoi que ce soit ? se demanda Sosuke en l'examinant attentivement. La réponse se révéla encore plus simple que cela, les demandes de radiations des étudiants de la fac devaient être visées par le Doyen… qui était absent depuis plus de deux mois, apprirent-ils quelques questions et réponses plus tard.

- Et où se trouve-t-il donc pour négliger un poste aussi important que le sien ? s'enquit Sosuke.

L'homme baissa la tête sans répondre :

- Nous finirons par l'apprendre, ajouta Tia, alors épargnez-nous du temps !
- Sa fille…
- Quoi sa fille ?
- Elle a disparu depuis plus de deux mois… Il la cherche partout.

Sosuke réfléchit rapidement, il venait de mettre le doigt sur une des sources des soirées privées… Est-ce que la fille en question se trouvait être le cadavre non identifié ?

- Faites-le venir ! ordonna-t-il. Je suis certain que vous savez comment le joindre !

Puis, il lui intima de réunir les étudiants qui étaient dans les mêmes sections que les disparus. Il était grand temps de mettre un frein à ces disparitions !

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Brigade Spéciale

Trouver un indice… Une piste qui leur permettrait d'avancer… Toute la brigade était sur les dents. Pire, chacun devenait à cran. Et de nombreux piques fusaient ça et là, menaçant de rompre l'équilibre instauré. La fin de matinée s'annonçait tout aussi tendue que la veille. Byakuya Kuchiki décida qu'il était grand temps de calmer son monde et de relâcher un peu de pression. Il ordonna soudain :

- Stop ! Tout le monde pose tout et vous me suivez tous avec vos katanas !
- Com…
- Pas de discussion ! C'est un ordre !

Bon gré mal gré, tous se levèrent, récupèrent leurs armes et suivirent leur supérieur dans les couloirs jusqu'à une pièce au sous-sol du bâtiment. Seul Toshiro ne semblait pas surpris et à peine entré dans la grande salle presque vide que tous regardaient septiques, il entraîna Ichigo, Renji, Grimmjow et Chad avec lui jusqu'à un renfoncement dans le mur. Là, bien rangés, se trouvaient des tatamis, et tout un tas d'objets servant à l'entraînement des arts martiaux. Sans plus attendre il les incita à les placer au centre de la salle, formant ainsi un dojo provisoire :

- Je ne savais qu'on possédait une telle salle ici, s'étonna Renji quand ils eurent finis.
- Tu ignores encore bien des choses… remarqua Byakuya en saisissant un bâton d'entraînement et en le soupesant, commençons par nous échauffer avec ça !

Rapidement il en lança un à chacun de ses hommes, vérifiant au passage leurs réflexes. Rangiku prit le temps de choisir le sien. Satisfait, il en tendit un à Momo qui le remercia d'un sourire :

- Ici, vous trouverez des kekogi (*), expliqua Toshiro en ouvrant une porte habilement dissimulée par le renfoncement, Momo ? Rangiku ?
- Allez-y d'abord. Vous êtes plus nombreux, répondit la jeune secrétaire qui testait son bâton.

Toshiro acquiesça et s'engouffra dans le local servant de vestiaire, suivit par les autres garçons. A la grande surprise d'Ichigo, Byakuya y pénétra aussi en dernier. Il n'osa pas poser la question qui lui brûlait les lèvres, à savoir s'il allait aussi s'entraîner avec eux… Il fallait avouer que depuis qu'il avait mystérieusement retrouvé ses clés disparues, ou plutôt oubliées sur son bureau le soir où il s'était un peu énervé, il l'évitait autant que possible. Car il était certain qu'il n'était pas étranger à cela. Même si rien dans son attitude ne le laissait vraiment supposer, si ce n'est le petit sourire qu'il voyait se dessiner ou devinait parfois sans même le voir sur les lèvres de son supérieur. Et qui le troublait bien plus que de raison…

La pièce n'était pas grande et un autre de ces policiers était plus que surpris de cette proximité. Shûhei avait bien remarqué, depuis quelques jours, que Toshiro maintenait une certaine distance entre eux et du coup, le voir se mettre en boxer le plus simplement du monde et sans, à priori, être gêner de sa présence, le laissa totalement abasourdi… Lui qui avait cru qu'il le fuyait car il s'était rendu compte qu'il l'appréciait plus que la normale… Là, il ne savait plus quoi penser. Cela ne l'empêcha nullement d'admirer à sa juste valeur le corps du jeune homme ainsi exposé à sa vue et pour son plus grand plaisir. Un corps tout comme il l'imaginait… parfait.

Dix minutes plus tard, Byakuya lançait la séance de décompression en entamant un combat d'entraînement avec son second.

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Brigade Criminelle

Shunsui discutait ferme avec Kaien Shiba, refusant de céder un pouce de terrain à ce dernier qui souhaitait à toutes fins, consulter son commandant :

- Il est encore bien trop fatigué pour s'occuper de cela ! argumentait le commandant Kyôrakû.
- Et moi je suis certain qu'il souhaiterait être au moins au courant ! insistait Kaien. Vous risquez de l'entendre si on lui cache ça !

Ce en quoi il n'avait pas tort, songea son vis-à-vis en soupirant longuement.

- Commandant, reprit plus calmement Kaien, je sais que vous souhaitez le protéger mais croyez-moi et parlez-lui en… Il risque de vous en vouloir sinon !

Sur quoi le jeune homme quitta les lieux retournant dans ses propres locaux. Shunsui soupira une nouvelle fois et relut le rapport que lui avait remis le lieutenant de la Brigade Financière. Un simple rapport de surveillance, tout ce qu'il y avait de plus banal. Oui mais voilà, ce qu'il dévoilait, ou du moins laissait supposer, était bien loin de l'être lui !

Nouveau soupir, nouvelles interrogations. Que devait-il faire ? Jûshirô se remettait doucement, ils apprenaient tous deux à s'apprivoiser, à simplement s'aimer… doucement, car son ami était encore bien trop faible et épuisé pour envisager une relation autre que les quelques câlins qu'ils s'octroyaient le soir. Il ne voulait pas que tout s'arrête avant qu'ils aient au moins le temps de goûter à ce qu'ils aspiraient tous deux. Parce qu'il lisait le désir aussi dans les yeux de son compagnon… tout comme il le sentait de plus en plus impatient au creux de son ventre.

Mais Kaien Shiba avait raison, lui cacher une information comme celle-ci le rendrait furieux. Il rangea donc le rapport dans une enveloppe et la glissa dans le dossier qu'il ramènerait le soir même chez Jûshirô.

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Pendant ce temps, fac de Science

Tous les étudiants ayant un cours commun avec un des disparus se retrouvèrent bientôt réunis dans la salle de conférence de la fac. Ce fut Kaname qui prit la parole, expliquant en termes simples les raisons de leurs présences et comment ils avaient besoin du moindre renseignement pour tenter de retrouver les disparus.

Pendant ce temps, Sosuke et Tia examinaient les étudiants, s'étant d'instinct réparti chacun un côté de la salle. Leur but ? Repérer ceux qui ne semblaient pas étonnés outre mesure, gênés par ce qu'ils savaient mais ne pouvaient dire ou simplement indifférents aux sorts de leurs camarades car eux-mêmes déjà plongés dans des problèmes bien pires. Bref, tous ceux qui ne colleraient pas au profil surpris de la plupart des étudiants présents.

Il ne fallut pas longtemps à Sosuke pour remarquer un étudiant à la chevelure noire qui regardait sans mot dire Kaname discourir et expliquer les dangers de rester isolé des autres. Il le vit soudain se pencher vers un de ses camarades, un jeune homme aux cheveux roses, très attentifs lui à ce que racontait le policier. L'autre détourna son attention de Kaname pour la reporter sur celui qui venait de lui glisser quelques mots avec un air… septique, aurait dit Sosuke.

Ce dernier chercha les noms de ces deux étudiants dans le fichier que lui avait remis l'adjoint du doyen, qui de son côté essayait toujours d'entrer en contact avec son supérieur, dépassé par les événements. Il les nota soigneusement mentalement pour les interroger un peu plus tard et continua son inspection. Jusqu'à ce qu'il sente un regard sur lui et croise deux yeux verts quelques peu… ironiques ?

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Brigade Scientifique

Kisuke en aurait crié de joie. Enfin ! Après des jours de vaines recherches et d'impasses en tout genre, il trouvait enfin une piste avec l'un des composants des comprimés que lui avait confiés son amie.

Rapidement, il poursuivit ses recherches pour bientôt arriver à une conclusion plutôt inquiétante :

- Nell ? appela-t-il.
- Commandant ?
- Veux-tu bien refaire cette série d'analyse pour moi s'il te plait, lui demanda-t-il en lui montrant la série de manipulations qu'il avait effectuées.
- Un souci ? s'étonna le jeune fille.
- Disons… une vérification serait plus juste… sourit son supérieur.
- Bien commandant !
- Préviens-moi et uniquement moi quand tu auras fini ! ordonna Kisuke en partant.

Nell le regarda s'éloigner en silence, partagé entre la fierté qu'il l'ait choisie et l'inquiétude devant son air contrarié. Sans nul doute avait-il découvert un élément troublant. Elle se mit au travail sans plus attendre.

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Brigade spéciale

L'intermède détente avait fait du bien à tout le monde. La fin de journée s'annonçait plus calme que ces jours derniers et grâce à la Brigade Scientifique qui avait enfin finie d'analyser les éléments trouvés sur les lieux de l'incendie, ils avaient enfin une piste. Pas de quoi s'emballer non plus, mais une empreinte menant à un ancien détenu était toujours une piste :

- Montres-nous son parcours Toshiro, demanda Byakuya en levant les yeux vers l'écran fixé à un des murs où chacun pouvait, éventuellement, projeté des images au besoin depuis son poste.

Son second s'exécuta et tous virent apparaître le visage d'un homme roux portant une longue mèche de cheveux lui barrant le visage, un certain Mabashi. Vint ensuite la liste de ses multiples délits. Mineurs pour la plupart, du vol à la tire au deal de drogue et enfin les agressions à mains armées de divers commerces qui l'avaient conduit en prison. D'où il était ressorti depuis trois mois.

- Trouvez-le ! ordonna Byakuya.
- On l'arrête ? demanda Grimmjow avec un sourire mauvais.
- On commence par le dénicher et après on voit, précisa Toshiro. Epluchez tout ! Ses relations, ses comptes bancaires, ses anciens codétenus ! Tout quoi !

Ils se répartirent les tâches avec un nouvel entrain à la plus grande satisfaction du commandant qui regarda une nouvelle fois la photo de l'homme qui lui rappelait vaguement quelque chose… Mais quoi ? Il avait beau se creuser la tête, ça ne lui revenait pas dans l'immédiat. Pas encore mais ça viendrait… Il lui fallait juste un élément supplémentaire et le puzzle se mettrait en place dans son cerveau.

Un long moment passa où seul résonnèrent juste les bruits caractéristiques des frappes sur les claviers des policiers fouillant fébrilement leurs bases de données, des exclamations de dépits ou de joies suivant ce qu'ils dégotaient.

- Vous connaissez ce type ? demanda soudainement Ichigo en balançant la photo d'un autre homme sur l'écran, il a un sacré pedigree !
- Quel rapport ? interrogea Byakuya d'une voix blanche dont les rouages du cerveau venaient soudain de se mettre en place à la vue de ce nouvel élément.
- C'est un de ses anciens codétenus qui l'a visiblement protégé en prison, précisa Ichigo interrogeant son supérieur du regard.

Mais ce dernier semblait hypnotisé par le portrait de cet homme qu'il venait d'afficher sur l'écran géant. Et il n'était visiblement pas le seul.

- Jin Kariya… commenta Shûhei. Un des plus grands cauchemars de notre temps…
- A ce point ? fit Ichigo.
- Maki Ichinose… murmura Toshiro d'une voix où perçait une rage contenue, ce pourri l'a…
- Maki s'est suicidé ! coupa sèchement son supérieur en quittant enfin l'écran du regard.
- Vous savez que c'est faux ! lui rétorqua tout aussi rageusement son lieutenant. Tout le monde le sait non ?
- Mais nous ne sommes jamais arrivés à le prouver ! lui rappela fort justement Byakuya. Et ce n'est pas faute d'avoir essayé, tu le sais aussi bien que moi !
- Oui… je le sais ! Trop bien même… murmura Toshiro en se levant pour quitter les lieux d'un pas rageur, les poings tellement serrés que ses articulations en étaient blanches.

Shûhei le suivit aussitôt, encouragé d'un regard par Byakuya qui se chargea d'expliquer aux autres les implications de cette nouvelle découverte.

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Shûhei chercha des yeux la silhouette de son supérieur dans les couloirs agités de l'étage. Il aperçut les cheveux blancs disparaître dans la cage d'escaliers. Le toit ! Il aurait dû s'en douter. Quatre à quatre, il grimpa les marches le séparant de son objectif et ouvrit enfin la porte pour accéder à la plate-forme pour hélicoptère que possédait l'immeuble. Il y trouva bien le jeune homme, accoudée à la balustrade surplombant la ville, le regard perdu dans le vide. Il s'approcha :

- Toshiro…
- Laisse-moi seul !
- Non.
- Non ?
- Non, répéta Shûhei, le faire n'arrangerait pas les choses. Je sais que Maki était ton ami, tu dois en parler Toshiro.
- Pourquoi faire ? interrogea de dernier le regard toujours perdu sur la ville. Quel intérêt de répéter haut et fort que je ne crois pas en son suicide ? Que cet espèce de pourri l'a assassiné ? Personne ne veut me croire… Non… pas même le commandant Kuchiki.
- Il n'a jamais dit cela ! répondit son subordonné en venant s'accouder à ses côtés et en le regardant.

Son visage reflétait son désarroi tout autant que son chagrin d'avoir perdu un ami très proche. Maki Ichinose était sûrement le meilleur ami de Toshiro comme le savait pertinemment Shûhei. Il se demandait même souvent si autre chose n'avait pas lié les deux hommes…

- Le commandant a simplement précisé qu'on n'avait pas pu le prouver. Pas que c'était faux.
- Ce qui au résultat revient au même… Toi aussi non ? interrogea alors Toshiro en le fixant durement.
- Je ne sais pas… avoua ce dernier, vu de l'extérieur, ça ressemble bien à un suicide mais je pencherais plutôt pour une autre solution.
- Je serais curieux d'entendre ça, ironisa son lieutenant. Après tout tu as participé à l'enquête je crois.
- Oui, j'étais alors sous les ordres du commandant Ukitake qui s'est chargé d'examiner ses comptes…

Il s'arrêta, hésitant à en dire plus sur cette affaire plus que troublante pour la police toute entière et qui avait été étouffée deux ans plus tôt par le haut commandement.

- Parle ! le somma Toshiro. Tu en as trop dit ou pas assez !
- Tu sais très bien que je n'en ai pas le droit… Mais réfléchis deux minutes aux implications de la découverte d'Ichigo…
- Quel rapport ?
- Si réellement Jin Kariya est derrière l'incendie… qui a failli y rester ?

Toshiro le fixa un long moment sans parler. Réfléchissant à toute vitesse :

- C'est un hasard…
- Tout comme le suicide de Maki ? Tu étais pourtant le plus proche de lui non ? ironisa Shûhei.
- Qu'est-ce que tu insinues comme conneries ? s'énerva Toshiro en le saisissant par le col de sa chemise, menaçant. Nous n'avons jamais eu ce genre de relation ! C'était mon ami ! Il fréquentait Momo je te rappelle. Elle aussi souffre de tout ça ! C'est auprès d'elle que tu devrais être !
- Et pourquoi donc ? s'étonna Shûhei, Momo a bien assez d'ami comme cela autour d'elle.

Interloqué par sa complète surprise, Toshiro le lâcha :

- Mais je croyais que tu… commença-t-il, hésitant soudain.

Son subordonné réalisa soudain la méprise de son lieutenant et put s'empêcher de sourire tristement :

- Décidément, tu as beau être un génie Toshiro, tu as encore du chemin à faire pour décrypter le cœur des gens qui t'entourent… Maki aussi aimait quelqu'un d'autre que Momo et si tu veux tout savoir quelqu'un qui l'a très certainement poussé au suicide. Quand à moi, ta jeune amie ne m'a jamais intéressé le moins du monde…ne t'en déplaise !

Sur quoi, il fit demi-tour le cœur lourd pour regagner son bureau. Toshiro venait de lui faire comprendre qu'il n'appréciait pas du tout « ce genre de relation », comme il l'avait si bien dit. En plus il était tellement obnubilé par cette histoire qu'il ne voyait pas que son ennemi juré avait tout simplement tenté d'éliminer les derniers protagonistes de cette tragédie… voir la police toute entière si possible. Sa haine de celle-ci n'était un secret pour personne dans cette ville.

En descendant les marches, il se demanda comment il allait faire pour étouffer ce qu'il ressentait pour son lieutenant. Mais Byakuya l'attendait :

- Qu'est-ce que tu lui as dit ? Tu sais que cette affaire est sous le sceau du secret !
- Je le sais et je n'ai rien révélé la concernant, rassurez-vous !
- Alors quoi ? s'étonna le commandant.
- Je lui ais juste fait comprendre que son meilleur ami préférait les hommes aux femmes. Et que Kariya essayait peut-être de supprimer tous ceux ayant un lien avec cette affaire s'il est prouvé qu'il est derrière l'incendie…
- Et ?
- Je crois qu'il ne veut rien entendre… Je rentre commandant, je suis fatigué de tout ça…
- Ok ! A demain alors ! Shûhei ?
- Oui ?
- Merci d'avoir essayé !
- De rien…

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Brigade des Mœurs

Sosuke Aizen ne décolérait pas même si rien ne le laissait supposer dans son attitude actuelle. Seul peut-être Gin le devina à son retour à la Brigade mais il avait lui-même ses propres soucis et savoir que deux petits étudiants avaient échappé au piège que pensait leur tendre son commandant l'amusa plus qu'autre chose.

Alors que tous quittaient les lieux, Sosuke s'installa devant son ordinateur et afficha en grand les portraits des deux étudiants en question, Ulquiorra Schieffer et Szayel Aporro Grantz.

Le premier l'intriguait plus que tout. Il avait deviné l'infirmité de Kaname, il en était certain et en avait informé son ami.

Il resta un long moment à étudier le parcours des deux étudiants.

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Brigade Spéciale

Ichigo finit par se retrouver le seul occupant de la Brigade. Ses collègues étaient tous rentrés et ni Toshiro, ni Shûhei n'étaient réapparus. Quand à Byakuya, il n'était toujours pas revenu non plus bien qu'il n'ait pas pris ses affaires, ni même rangé son bureau où traînait encore nombre de papiers.

Le jeune homme soupira et se laissa aller contre le dossier de son siège, ses yeux se posant sur son trousseau de clés posé comme toujours sur son bureau. Il sourit.

Quand il les avait crus perdues quelques jours plus tôt, il avait remué chacun de ses tiroirs toute une journée, sans aucun résultat. Pour finir par les retrouvées le lendemain matin, simplement posées à leur place habituelle, dans une coupelle contenant des trombones. Evidement ses yeux avaient fait le tour de la salle à la recherche de celui qui lui avait fait cette blague. Mais personne ne semblait intéressé par sa trouvaille, ou du moins personne ne se laissa prendre à ce piège. Et pour arranger les choses, il était arrivé le dernier ce matin-là, devant passer prendre des résultats au labo de la Brigade Scientifique avant de venir. Donc impossible de savoir. Sauf que… le seul présent quand il les avait oublié était son supérieur… Mais de là à imaginer Byakuya Kuchiki faire ce genre de blague… Mais après tout, il ne l'aurait jamais non plus imaginé combattant contre lui dans un combat d'entraînement ou même se changeant au milieu de ses hommes. Alors…

Il soupira et récupéra les précieuses clés, les faisant tournoyer au bout de ses doigts, réfléchissant aux derniers événements et aux révélations de leur supérieur concernant ce Jin Kariya. Un vrai méchant semblait-il celui-là, capable de détourner un bon flic du droit chemin, s'il avait bien compris ce qu'avait expliqué à demi mots Byakuya.

Toshiro semblait particulièrement touché par cette affaire, mais pas seulement lui. Il avait vu Momo retenir une larme tout à l'heure…

Son portable résonna l'arrachant à ses réflexions intenses :

- Ichi !
- Yuzu ?
- Tu devais venir me chercher !

Les courses, il avait promis à sa sœur de la ramener…

- Tu es où ?
- Au magasin ! et je comptes bien faire le plein !
- Je suis là dans cinq minutes !

Il raccrocha et coupa son écran à la hâte pour rejoindre le parking et sa moto qu'il enfourcha prestement.

Dix minutes plus tard, il s'arrêtait devant un supermarché. Sa sœur ne devait même pas avoir fini les courses.

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Toit du bâtiment de la police.

Byakuya avait fini par se résoudre à rejoindre son second. Il était impératif qu'il se reprenne et envisage la situation calmement. Il le trouva comme en état de choc, presque derrière la porte :

- Toshiro ?

Le jeune homme sembla soudain redescendre sur terre :

- Commandant ?
- Est-ce que tout va bien ? s'inquiéta son supérieur.
- Oui, grâce à Shûhei… je pense que oui…
- Tu es conscient que cela va réveiller des souvenirs douloureux et que je n'accepterai pas une quelconque vengeance de ta part, interrogea tout de même Byakuya. Alors si tu as des questions…
- Une seule commandant, vous pensez vraiment que Maki s'est suicidé ?
- Je le pense oui, mais par désespoir non pour sa prétendue trahison.
- Alors pour vous, il est resté intègre jusqu'à la fin ?
- C'est en effet ce que j'en ai conclu à l'époque… Mais cette affaire est bien plus trouble qu'il n'y parait au premier abord, tu t'en doutes non ?
- Je crois que je… commence simplement à m'en rendre compte, avoua son subordonné. Il faut que je réétudie tout cela… fit-il en se dirigeant vers la porte redescendant aux étages inférieurs.
- Demain !
- Quoi ?
- Demain, tu pourras t'y plonger, répéta son commandant. Pour ce soir, rentre chez toi !

Toshiro sourit en acquiesçant. C'est vrai que ce soir c'est sur une autre affaire qu'il voulait étudier, une qui lui tenait particulièrement à cœur… maintenant qu'il avait compris une chose essentielle. Ils s'engouffrèrent dans l'escalier.

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Supermarché de quartier

Ichigo et Yuzu avaient fini leurs courses, du moins c'est ce que pensait le jeune homme :

- Attends ! J'ai oublié le shampooing de Karin !

Elle se précipita vers le rayon avant que son frère ne puisse émettre la moindre objection. Ce dernier poussa le chariot vers les caisses, se demandant comment il allait caser tout ça sur sa moto malgré le coffre qu'il y avait mis ce matin en prévision. C'est à ce moment qu'il entendit son cri. Yuzu ! Elle hurlait ! Il s'élança, sortant son katana qu'il ne quittait jamais en dehors du bureau ou de chez lui. Et s'arrêta net. Un homme avançait dans le rayon où s'était rendu sa sœur la menaçant d'un couteau sous la gorge. Il frémit, s'évertuant à rester aussi calme que possible malgré la situation :

- Lâche ça ! lui intima l'homme qu'il reconnut alors pour l'avoir vu un peu plus tôt dans la journée à son travail. Le fameux Mabashi. La mèche orange avait disparu mais c'était bien lui. Il croisa le regard de sa sœur et tenta de la rassurer tout en laissant tomber Zangestsu à ses pieds :

- Relâche là !
- La ferme !

Mais Ichigo n'avait ni l'intention de se taire, ni même celle de le laisser atteindre son but qui devait être la caisse du supermarché, à n'en pas douter. Il se mit à réfléchir à la façon de libérer sans danger sa cadette, ce que ce dingue n'avait pas l'air de vouloir faire. Tout en le faisant, il appuya négligemment sur un bouton de sa montre bracelet. Montre qu'il portait, comme tous ses collègues, depuis son entrée à la Brigade Spéciale et légèrement modifiée par un certain commandant de la Brigade Scientifique.

Le jugeant devenu inoffensif, Mabashi poursuivit sa progression vers son but, sans plus se préoccuper de lui. Ce fut sa première erreur. Ichigo ne le quittait pas des yeux et quand il passa tout près de lui, il remonta brutalement son pied sur lequel reposait son katana, projetant ce dernier dans les airs. L'autre réagit d'instinct comme l'avait escompté le jeune policier en se protégeant avec son bras. Ce qui libéra Yuzu. Ichigo plongea pour soustraire celle-ci à ce dingue, tout en rattrapant, par une prouesse acrobatique son katana qui retombait maintenant vers le sol.

Mabashi réagit rapidement et son bras descendit pour se planter dans l'épaule du jeune homme alors qu'il hurlait des ordres à ses complices qui gardaient l'entrée du magasin. Mais les clients et employés avaient profités de ce laps de temps pour se regrouper derrière le jeune policier qui s'était redressé en grimaçant de douleur, sa sœur le soutenant :

- Je vais vous flinguer tous autant que vous êtes ! hurla Mabashi vert de rage.
- Ichi… murmura Yuzu en voyant le sang s'écouler de la blessure de son aîné.
- Ça va aller… Met-toi à l'abri avec les autres !

A regret sa cadette le lâcha et se recula pour rejoindre le groupe qui n'osait plus faire un geste avec l'arrivée de plusieurs complices qui leur barrait la sortie. Ils s'étaient tous reculés jusqu'au maximum de leur possibilité, un mur les empêchant de poursuivre et un complice bloquant l'accès au seul rayon qui aurait pu leur servir de repli. Tous avaient des armes blanches et un air tout aussi dangereux que leur chef.

Yuzu vit son frère chanceler et voulut l'aider mais un des adultes du groupe la garda contre lui :

- Laisse-le faire ma petite, lui glissa-t-il. On risque de le gêner plus qu'autre chose.

Personne n'osait faire un mouvement et l'attente était insoutenable. Un des complices s'élança sur Ichigo. Ce denier bougea à peine, fauchant l'homme en plein assaut, prouvant ainsi à tous qu'il était encore capable d'agir.

Oui, mais pour combien de temps encore ? se demanda sa sœur en ne retenant plus ses larmes.

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Parking du bâtiment de la police.

Byakuya venait de rejoindre sa voiture quand son portable résonna d'une sonnerie très spécifique. Un de ses hommes était en danger !

A suivre...

(*)Kekogi ou Karategi : kimonos comme on les nomme en France dans les sports de d'arts martiaux.