Disclamer : Les personnages appartiennent à Tite Kubo. UA - Yaoi

Pirouette : Merci beaucoup ! Voici le chapitre suivant, j'espère qu'il te plaira tout autant et saura te tenir en haleine jusqu'au suivant ! Encore merci et bonne lecture.

Elise : Coucou et merci beaucoup ! Alors oui, on voit déjà se profiler une relation et je te rassure, tu n'auras aucun des couples que tu m'as cité, bien que j'aime bien le Byakuya/Renji. Et j'espère même que certain d'entre eux te surprendront. Ça me fait penser que j'ai oublié de préciser que Toshiro était un peu "vieilli" par rapport au manga, je ne pouvais pas lui laisser son allure de petit garçon... même si on ne sait pas l'âge qu'il a en fait ! Je vais réparer cet oubli après. Merci encore et à bientôt j'espère ! Merci encore

Un petit mot car j'ai oublié de préciser que pour les besoins de l'histoire j'avais un peu "vieilli" Toshiro Hitsugaya. Par vieilli j'entend qu'il est un jeune homme et a donc la taille et la carrure qui va avec ! Mes excuses pour cet oubli, ça me paraissait tellement naturel que ça m'a échappé.

Merci de votre soutien et bonne lecture à tous !


Chapitre 5

Brigade Scientifique

Kisuke s'apprêtait à mettre sa veste quand un bip caractéristique s'enclencha sur un écran en veille constante. Suspendant son geste, il regarda l'écran qui se mit à clignoter et afficher un nom :

- Merde ! s'écria-t-il en attrapant son portable certain que Byakuya attendait déjà impatiemment son appel.
- Qui ? fut la première parole de ce dernier quand il décrocha sans même laisser passer la première sonnerie.
- Kurosaki !
- Où ? demanda ensuite la voix ne trahissant aucune panique, chose que son interlocuteur admirait toujours chez lui.
- C'est en train de s'afficher… encore deux petites minutes…
- Il ne les a peut-être pas ces deux minutes ! répliqua Byakuya avec ce que Kisuke pouvait déceler comme une petite pointe d'impatience, bien que très légère…
- Je l'ai ! Je t'envoie ça de suite !
- Préviens mon équipe aussi ! entendit encore Kisuke en même temps qu'un crissement de pneus, signe que Byakuya était déjà en route.

Il ne perdit pas un instant et envoya le message d'urgence à tous les membres de la Brigade Spéciale avant de reprendre sa veste et se rendre lui aussi sur les lieux, inquiet. Ce signal d'urgence mis au point par ses soins et dont chaque policier était pourvu n'avait que très rarement été activé… voir quasiment jamais.

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Appartement de Shûhei Hisagi

Toshiro frappa une nouvelle fois à la porte, sans plus de résultat que les six ou sept premières fois. Il soupira et résigné, prit un petit bloc où il inscrivit quelques mots avant de le glisser sous la porte, espérant que Shûhei le lirait sans le jeter. Il fallait qu'il lui parle !

Indécis, il hésita un long moment partagé entre l'envie de l'attendre ou de continuer à la chercher sans avoir d'idées précises d'où il avait bien pu se rendre après qu'ils se soient quittés sur le toit. Son portable vibra et il consulta rapidement le message. Il n'avait pas fini de le lire qu'il était déjà en route, appelant quand même son supérieur :

- Tu es où ? demanda ce dernier qui, vu le bruit ambiant, était aussi en route.
- Assez loin ! Je fais aussi vite que possible ! Des infos ?
- Aucune ! Dépêche-toi !

Il démarra en trombe.

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Supermarché de quartier

Yuzu maintenait ses mains sur sa bouche pour s'empêcher de hurler. Elle savait bien qu'il ne fallait pas, que cela ne ferait qu'inquiéter son aîné un peu plus. L'homme la retenant essayait bien de lui murmurer des paroles réconfortantes mais ses larmes roulaient sur ses joues au fur et à mesure que le dos de son frère se tâchait de rouge et que les méchants se rapprochaient de lui. Doucement certes, mais sûrement.

Impuissante, elle détourna un instant le regard, apercevant dehors un attroupement. Son cœur bondit, reprenant soudainement espoir en remarquant les katanas qu'ils portaient tous. Elle revint à son aîné qui chancelait. Dangereusement.

- Ichi ! hurla-t-elle tentant une nouvelle fois de le rejoindre.
- Ne bouges pas Yuzu ! Tout va très bien ! répondit la voix calme de son frère.

Il se redressa et jeta un regard mauvais à Mabashi qui ricana :

- Tu tiendras plus longtemps le héros… cracha ce dernier visiblement très satisfait que cette constatation.
- Je t'en prie… Viens vérifier… sourit le jeune policier qui savait parfaitement que ce n'était plus qu'une question de minutes maintenant.

Mais Yuzu était sauvée ! Il avait aperçu ses collègues un instant plus tôt… ou peut-être quelques minutes. Il ne savait pas. Il ne savait plus. Sa vue se brouillait. Il se mordit violement la lèvre pour ne pas perdre connaissance. Deux hommes approchaient de lui, un par la gauche, un par la droite. Devant Mabashi avait également fait un pas en avant. Il n'arriverait jamais à les repousser tous les trois dans son état. Etait-ce la fin ?

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Devant le supermarché, dix minutes plus tôt.

Quand Toshiro arriva, c'est Kisuke Urahara qui l'informa de situation et des ordres de son supérieur. Grimmjow, Chad et Renji étaient déjà avec ce dernier en train de pénétrer sur les lieux par l'entrée de service, non visible des malfaiteurs. Rangiku l'attendait pour une entrée fracassante par l'avant, comme avait précisé le commandant :

- Et Shûhei ? demanda Toshiro en examinant les lieux et cherchant le meilleur angle d'attaque possible pour détourner au maximum l'attention des brigands.
- Pas encore arrivé… répondit Rangiku. Ce n'est pas dans ses habitudes pourtant d'ignorer un appel urgent…
- On ne peut pas l'attendre, décida Toshiro, vous êtes prêts ?
- Oui !
- Commandant Urahara ?
- Je vous couvre !
- Alors…
- Oh ! Mais c'est mes chers… collègues de… travail, l'interrompit une voix alors qu'il s'apprêtait à donner l'ordre d'entrer.
- Shûhei ? fit Toshiro n'en croyant pas ses yeux.
- Il est complètement ivre ! s'écria Kisuke amusé.
- Toshi… tu sais que t'es… vraiment mignon…

Son supérieur n'hésita qu'une demi-seconde avant de lui décocher un coup très précis qui le fit immédiatement sombrer dans l'inconscience. Il le rattrapa avant qu'il ne tombe, puis aidé de Rangiku, il le mit dans sa voiture en attendant. Il s'occuperait de lui plus tard…

- Mignon hein ? se moqua Kisuke.
- On a déjà perdu trop de temps ! En avant ! ordonna le jeune homme en lui jetant un regard noir.

L'instant d'après ils faisaient tous deux une entrée fracassante dans le magasin, attirant comme prévu l'attention des malfaiteurs sur eux.

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C'est ce qu'attendait Byakuya et ses trois hommes pour agir. Ils avaient réussi à entrer dans le magasin sans se faire repérer, à se glisser dans les rayons déserts, mais avaient vite été bloqués par la couverture mise en place par les bandits. S'ils se rapprochaient plus, ils seraient repérés et mettraient en danger la vie des otages, sans compter celle d'Ichigo qui semblait déjà blessé.

D'où il était, Byakuya le voyait de face et donc ne pouvait que supposer ce que les traits de son visage, tendu et couvert de sueur, révélaient. Il ne tenait presque plus debout. C'était une évidence. Mais que foutaient les autres ? Le commandant craignait que trop de temps ne vienne à bout de la résistance du jeune homme, qui avait tout même mis à terre deux de ses adversaires. S'il les voyait tous.

Il avait donné ses ordres. Dès que Toshiro entrerait, Renji et Chad libéreraient les otages pendant que Grimmjow et lui viendrait en aide à Ichigo. L'impatience le gagna, Senbonzakura dégainée, il était prêt à jaillir.

Ichigo chancela dangereusement. A ses côtés, Grimmjow jura nerveusement. Il aurait presque pu jurer que Renji et Chad en faisaient autant de leurs côtés. Lui-même était à deux doigts de le faire, ce qui n'était pas peut dire…

La vitrine principale se fracassa dans grondement assourdissant. Il bondit au moment où Mabashi baissait son arme sur son subordonné…

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Ichigo ne tenait plus. Il n'en avait plus la force. Il en aurait peut-être un… mais Mabashi l'aurait lui.

Il se concentra sur celui de gauche qui arrivait plus vite et frappa… au moment où la vitrine volait en éclat. Il toucha sa cible mais vit arrivé le katana de Mabashi. Incapable de l'éviter il ferma les yeux, résigné, n'espérant même pas un miracle. Dans son dos sa cadette hurla. Il tomba à terre, inconscient et épuisé.

Ce qui le sauva très certainement.

La lame de Senbonzakura n'atteignant son objectif pour lui servir de rempart qu'au moment où il s'effondra.

Surpris Mabashi tourna les yeux vers ce sauveur providentiel et réarma son coup. Pas assez rapidement. La garde du katana de Grimmjow s'abattit sur sa nuque le plongeant lui aussi dans l'inconscience. Il s'écroula à côté de sa victime :

- Aide les autres ! Je me charge d'Ichigo, ordonna rapidement Byakuya en se penchant sur son subordonnée après avoir pris soin de menotté Mabashi.

Alors qu'autour de lui la bataille faisait rage, le commandant commença à examiner calmement Ichigo :

- Comprimez sa blessure ! lui hurla Yuzu en le poussant brutalement pour appuyer sur celle-ci avec sa veste qu'elle venait d'ôter.
- Ne pars pas Ichi… sanglotait-elle en sortant son portable d'une main tremblante, reste avec moi… j'appelle papa…

Elle appuya, ou tenta d'appuyer sur les touches mais l'appareil lui échappa et glissa sur le sol, trop loin d'elle pour qu'elle le récupère. Byakuya s'en chargea et d'un geste calme chercha le numéro en question. Une fois la communication établie, il lui maintint le portable sur son oreille :

- Papa… I…chi… sanglota-t-elle de plus belle.

Byakuya reprit l'appareil :

- Bonsoir Monsieur Kurosaki. Ici le commandant Kuchiki, votre fils a été blessé…
- Qu'est-ce qu'il a ? hurla son interlocuteur lui faisant reculer l'appareil de l'oreille.
- Un coup de katana dans le dos…
- Comprimez la plaie ! J'arrive ! coupa de nouveau l'homme.
- Nous sommes…
- je sais !

La communication fut coupée avant même qu'il ait pu ajouter un mot. Byakuya n'en fut pas autrement surpris, connaissant la réputation du médecin.

- Il arrive, se contenta-t-il de dire à la fillette qui continuait de comprimer la plaie de son aîné désespérément. Aussi doucement que possible, il la poussa pour la remplacer, voyant que ses forces ne tenaient plus qu'au mince fil de l'espoir de le sauver.

Il ne chercha même pas à savoir ce qui se passait au-dessus d'eux, faisant entièrement confiance à son lieutenant pour gérer la situation. Et au cas où, Kisuke était là aussi.

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Pendant ce temps, Toshiro avait, comme il s'y attendait, prit en main les opérations, voyant que son commandant était occupé avec Ichigo. Et le ménage était presque fini. Privés de leurs chefs, les bandits se retrouvèrent désorganisés et rapidement débordés. Il en fallut pas très longtemps aux policiers pour les abattre ou les capturés quand ils le purent. Ce qui était préférable pour eux.

Renji dut néanmoins se résoudre à en abattre un qui tentait d'atteindre les otages placés sous leur protection à lui et Chad.

Le dernier de la bande tenta bien de s'enfuir mais se heurta à Kisuke, resté à l'entrée pour surveiller et au besoin intervenir. Ce qu'il fit sans aucune hésitation en voyant l'individu qui tentait de sortir, paniqué, du magasin. Mais il n'eut même pas à sortir son katana, Rangiku arriva derrière lui et l'assomma alors qu'il regardait le commandant qui venait de se mettre en travers de sa fuite :

- Merci commandant ! sourit cette dernière en lui passant les menottes.
- Mais de rien ma belle ! Comment ça se passe là-dedans ?
- Ichigo a l'air mal en point…
- Laissez-moi passer ! les interrompit une voix stridente alors qu'un homme que Kisuke reconnut immédiatement se précipitait vers le magasin, enjambant les débris de verre.
- Mais… commença Rangiku en voulant l'en empêcher.
- Laisse, la retint le commandant Urahara. C'est le père d'Ichigo, il est médecin… aidons-le plutôt à parvenir jusqu'à lui.

Ils n'en n'eurent pas besoin. Isshin Kurosaki écartait d'une main ferme quiconque se mettait en lui et son fils. Au loin résonnait la sirène d'une ambulance, très certainement appelée par le médecin.

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Le médecin ne perdit pas un instant et s'occupa immédiatement de son fils tout en rassurant sa fille qu'il confia momentanément et sans aucune gêne au commandant Kuchiki :

- Ça va aller Yuzu ! Je vais m'en occuper !

Il avait déjà découpé son tee-shirt pour regarder la plaie et commencer les soins d'urgences :

- Reste avec le commandant ! continua-t-il à l'intention de sa fille tout en pansant sommairement la plaie et en préparant une seringue d'un quelconque produit qu'il lui injecta aussitôt. Il mit ensuite une perfusion en place :
- Occupez-vous d'elle commandant Kuchiki ! dit-il à l'intention de ce dernier alors que des ambulanciers arrivaient munis d'une civière et l'aider à finir d'installer les soins d'urgence. Je vous retrouve à l'hôpital !
- Mais…

Il n'eut pas le temps d'ajouter une quelconque protestation que déjà le médecin partait avec les deux ambulanciers transportant Kurosaki fils, toujours inconscient.

Yuzu le regardait attendant de lui qu'il les suive… Byakuya ne savait trop quoi faire. Il voulait, certes, aller à l'hôpital le plus vite possible mais… C'était le chaos autour de lui, et bien que Toshiro ait géré la situation, il était de son devoir de faire boucler tous les malfaiteurs encore debout et mis aux arrêts par ses hommes. De rassurer le commerçant et faire le nécessaire pour sécurisé les lieux. D'ailleurs le dit Mabashi tentait de se relever péniblement :

- Je vais l'emmener si tu veux Byakuya… fit la voix de Kisuke au-dessus de lui qui s'accroupit près de la fillette toujours à genoux. Yuzu je crois…

Elle acquiesça.

- Je suis Kisuke, un ami de ton papa et ton frère, se présenta-t-il. Le commandant Kuchiki a encore du travail ici, il nous rejoindra plus tard… Tu veux bien venir avec moi ? ajouta-t-il en lui tendant la main.

La cadette d'Ichigo hésita un instant et jeta un regard interrogateur à Byakuya qui se demanda bien pourquoi. Difficile pour un homme comme lui n'ayant jamais eu à s'occuper d'enfant, tout juste avait-il veillé sur le bien-être de sa jeune sœur, de comprendre que la petite Yuzu avait confiance en lui car il s'était porté au secours de son aîné. Il dit néanmoins pour la rassurer :

- Il a raison, tu peux lui faire confiance. Je vous rejoindrais plus tard à l'hôpital… quand j'aurai fini.

A son grand soulagement, cela sembla suffire à la fillette qui accepta de suivre Kisuke en prenant sa main. Ce dernier commença alors à lui parler de tout et de rien, l'emmenant rapidement hors du magasin dévasté.

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Appartement de Shunsui

Le commandant Kyôrakû préféra d'abord passer chez lui, sous prétexte d'y prendre quelques affaires. Mais il avait surtout besoin de se préparer à ce qu'il allait dire à Jûshirô. Il n'avait pas envie de le voir se tuer de nouveau au travail quitte à y laisser sa santé… Mais Kaien avait raison, l'information était bien trop importante pour la lui cacher. Un personnage si haut placé… et dont il avait lui-même ordonné la surveillance de ses comptes. Sûrement parce qu'il nourrissait déjà des soupçons à son égard pour une raison ou une autre… Non il ne pouvait pas lui enlever le fruit de son travail, c'était au-dessus de ses forces. Il soupira et vaincu, rassembla un sac de quelques vêtements avant de se décider à mettre en route. Chose pourtant qu'il retarda encore, s'attardant à chercher une solution miracle qui, bien sûr, ne vint pas. Ce n'est qu'une bonne heure plus tard que résigné, il quitta son appartement.

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Brigade Spéciale

Toshiro se laissa tomber sur sa chaise, épuisé par ce travail imprévu. Mettre tout le monde sous les verrous, fouiller et enregistrer les bandits. Porter ces drôles de pilules trouvés sur le dénommé Mabashi au labo de la Brigade Scientifique ainsi que tout ce qu'ils avaient pu trouver d'intéressant, et il en passait…

Byakuya étant resté sur place pour gérer l'évacuation et la sécurisation des lieux, il avait dû, de son côté, s'occuper de la partie qui leur incombait ici aidé par Renji et Grimmjow revenus avec lui. Chad et Rangiku étant quand à eux demeurés sur place avec leur commandant et devant se rendre ensuite à l'hôpital prendre des nouvelles d'Ichigo. Ceci, même si le commandant Kisuke Urahara les appelait régulièrement depuis qu'il y était arrivé avec Yuzu. Mais Toshiro, comme toute la brigade d'ailleurs, avait besoin d'y aller et de le voir de ses yeux :

- On va y aller Toshiro, lui disait justement Grimmjow qui revenait de la Brigade Scientifique. On n'aura aucun résultat avant demain dans la journée m'a dit
Nell.
- Ils sont en effectifs réduits à cette heure-ci, répondit son lieutenant, ils ne gèrent que les urgences…
- Tu viens avec nous ? demanda Renji en se préparant.
- J'ai encore deux trois petites choses à finir. Je vous rejoins dés que possible…

Les deux hommes le saluèrent et quittèrent les lieux. Toshiro décrocha le téléphone pour joindre une énième fois depuis qu'il était là, le gardien du parking à qui il avait confié la surveillance de sa voiture… enfin plutôt de son occupant provisoire. Il se demandait d'ailleurs comment le réveil de ce dernier allait bien pouvoir se passer.

Rassuré par le gardien, il boucla rapidement ses dernières tâches avant de s'en aller à son tour.

Une fois au parking, et après avoir remercié le veilleur, il tenta de réveiller son invité surprise. Sans aucun succès. Shûhei semblait bel et bien parti pour sa nuit. Une nouvelle fois Toshiro se demanda ce qui l'avait incité à boire autant. Ce n'était pas son style même s'il aimait de temps à autres partagé un peu de bon temps avec ses amis. Bien sûr, leur conversation sur le toit ne devait pas y être étrangère… mais tout de même !

Il hésita longuement sur sa destination. S'il allait directement à l'hôpital, il ne pouvait pas abandonner Shûhei dans sa voiture sans surveillance ! Ici le gardien avait veillé sur lui mais là-bas… Il mit le contact et se dirigea vers son appartement pour y déposer le jeune policier. Avec un peu de chance, il ne se réveillerait qu'une fois qu'il serait lui-même revenu. Et au pire, un mot il lui laisserait un mot…

Heureusement que son immeuble avait un parking privé ! Sinon, il se serait mal vu expliquer pourquoi il devait repousser les assauts de son collègue en train, dans une semi conscience éthylique, de tenter le l'embrasser à tout prix ! Grâce à sa solide constitution, il parvint, non sans peine, à le traîner jusqu'à son appartement et à le coucher dans son lit. Où Shûhei tenta de le faire basculer avec lui. Mais il tint bon, souriant tout de même à son ami pour essayer de le faire se tenir tranquille pendant qu'il s'acharnait à lui retirer ses vêtements imbibés d'une forte odeur d'alcool. A croire qu'il avait vidé la bouteille sur lui ! Mais il n'osa pas aller plus loin que le pantalon et la chemise… bien que l'envie soit tentante… Même très tentante, se dit-il en rougissant de ses pensées.

Mais il réussit enfin à le coucher et à le recouvrir, s'arrachant de par la même occasion à la vue de ce corps splendide qu'il n'avait jamais vraiment pris le temps de regarder. A sa décharge, il n'avait eu non plus envie de regarder un quelconque homme ! Mais Shûhei… c'était bizarrement différent avec lui. Il arrêta de se poser des questions pour le moment et griffonna un mot rapidement qu'il laissa bien en vue avant de repartir vers l'hôpital. Au cas peu probable où son invité surprise se réveillerait avant son retour.

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Maison de Jûshirô

- Ah te voilà enfin ! s'écria son ami dès que le commandant Kyôrakû eut passé la porte d'entrée. Je commençais à m'inquiéter !
- Excuse-moi, il fallait que je passe prendre des affaires, plaida ce dernier en retirant ses chaussures.
- Et c'est ça qui t'a pris tout ce temps ? demanda suspicieusement Jûshirô.
- Oui… et non. Mais je n'ai même pas droit à un baiser ce soir ? essaya-t-il de plaisanter.
- Toi, tu me caches quelque chose, répondit son ami en accédant néanmoins à sa demande. Viens, je vais te servir, le repas est prêt. Tu vas pouvoir me raconter tout ça en mangeant !

Shunsui soupira silencieusement mais le suivit. Ils s'installèrent en discutant des dernières nouvelles, ignorant tous deux ce qui était arrivé à Ichigo au cours de la soirée, la nouvelle ne s'étant pas encore propagée quand le commandant de la Brigade Criminelle avait quitté le bâtiment :

- Alors ? demanda son hôte alors qu'ils arrivaient au dessert.
- Kaien m'a remis un rapport pour toi, commença Shunsui tout en se levant pour le prendre dans la pochette qu'il avait posée à son arrivée. Le voilà.

Jûshirô fronça les sourcils en l'ouvrant et se mit à le lire attentivement sous l'œil scrutateur de son ami. Ce dernier vit son visage se refermé au fur et à mesure de sa lecture et pressentit la réaction qui ne tarda pas à arriver :

- J'irai au bureau demain !
- Jûshirô…
- Ne dis pas un mot ! le coupa ce dernier. Tu l'as lu non ?

Et devant le hochement de tête de son vis-à-vis :

- Alors tu peux comprendre !
- Bien sûr mais…
- Shunsui, l'interrompit de nouveau le commandant de la Brigade Financière d'une voix douce. Je sais que ça t'inquiète et je t'en remercie. Mais je ne peux pas laisser Kaien gérer cela. Il a besoin de moi là-dessus ! De plus, que tu le veuilles ou non, je finirais par y retourner alors un peu de soutien me ferais le plus grand bien…

Et voilà, pensa ce dernier, il a toujours eu l'art et la manière de me conduire exactement là où il voulait ! Et ce sourire…

- Je te fais un thé ? demandait Jûshirô jugeant l'incident clos. Allons le prendre au salon…

Ce qu'ils firent en s'installant sur le canapé, blottis l'un contre l'autre. Comme tous les soirs.

- Cet homme, insista pourtant Shunsui. Tu es certain de ce que tu sous-entends ? C'est tout de même plutôt inattendu… non ?
- Pas vraiment pour moi… il y a un moment que des trucs me gênaient dans son train de vie. Mais je n'avais jamais trouvé de preuves, ni même de traces de quelconques pots de vin…
- Mais enfin Jûshirô, c'est un flic !
- Ce ne serait pas le premier flic pourri ni le dernier non ?
- Non mais…
- Demain, le coupa Jûshirô. Je verrais tout çà demain. Là tout de suite c'est d'un baiser dont j'ai besoin Shunsui… voir plus… Laissons tout cela jusqu'à demain, tu veux bien ?

Comment pouvait-il résister à ça ? Bien que totalement conscient que c'était une façon pour lui de ne pas l'impliquer davantage dans l'immédiat, il obéit, vaincu.

Dix minutes plus tard, ils étaient dans la chambre. Et l'empressement de Jûshirô eut bientôt raison des dernières réticences de son ami et amant.

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Hôpital

Quand Toshiro y arriva, ils étaient tous dans la petite salle d'attente, Shûhei excepté bien sûr, un gobelet de mauvais café dans les mains. Il les interrogea du regard. Son supérieur secoua la tête en signe d'ignorance. Rangiku lui tendit un gobelet de café, et il s'installa avec eux, entre Byakuya et Grimmjow :

- Shûhei ? lui demanda son commandant.
- Chez moi. Il dort.

Rassuré sur ce point, son supérieur avala une gorgée de café et le silence retomba un instant.

- On a plus d'infos sur ce qui s'est passé ? interrogea Renji, autant pour meubler ce silence insoutenable que pour tromper son impatience.
- Un simple braquage. Tout ce qu'il y a de plus banal on dirait. Il semble qu'Ichigo et sa sœur cadette se soient trouvés là par simple hasard, expliqua le commandant. Mais nous regarderons ça de plus près dès demain…
- Je trouve quand même bizarre qu'il se soit retrouvé face à ce Mabashi non ? suggéra Grimmjow.

Mais personne n'eut le temps de répondre. Kurosaki Père passait la porte, le visage las et fatigué. Byakuya se leva aussitôt :

- Alors ? Comment va-t-il ?
- Ça ira, rassurez-vous ! sourit Isshin.

Un soupir de soulagement accueillit cette nouvelle.

- Mais ne comptez pas le récupérer tout de suite ! Il devra se reposer ! continua son père très sérieusement en défiant le supérieur de son fils.
- Tout ce qui m'importe c'est qu'il aille bien, répondit ce dernier, il prendra le temps qu'il faudra pour se remettre. Sa place l'attendra.
- Bien ! Je n'en attendais pas moins de vous commandant Kuchiki, approuva Isshin qui alla se servir un peu de café. Inutile de rester ici vous tous, il ne reprendra pas connaissance avant demain matin au mieux.
- Au mieux ?
- Il a perdu beaucoup de sang, expliqua-t-il. Heureusement que le coup n'avait touché aucun organe vital ! On a dû l'opérer pour réparer les dégâts, l'anesthésie le tiendra endormi au moins toute la nuit.
- Dans ce cas, nous allons nous relayer jusqu'à ce qu'on puisse le voir et lui parler si vous n'y voyez pas d'inconvénient, dit Renji.
- Nullement mais je vous certifie que…
- Nous sommes un peu sa deuxième famille, nous avons besoin d'être là, le coupa Byakuya.
- Comme vous voudrez ! céda le médecin. Je vous laisse, j'ai à faire !
- Merci ! dit Toshiro avant qu'il ne disparaisse.
- Alors ? Comment on s'organise ? demanda Rangiku.
- Rentrez ! Je vais rester pour l'instant, décida le commandant. Que l'un de vous vienne me relayer vers six heures demain matin.

C'était un ordre en quelque sorte et chacun s'y plia sans discuter. La fatigue, la tension, l'inquiétude les avaient tous épuisés. Toshiro s'attarda encore quelques minutes après le départ de ses collègues.

- Vous ne voulez rien commandant ?
- Un café digne de ce nom si tu me trouves ça, plaisanta ce dernier.
- Je vous ramène ça avant de rentrer !

Ce qu'il fit. Environ dix minutes plus tard, il repassait la porte avec un vrai café, obtenu auprès d'infirmières de garde et un sandwich qu'il déposa aussi :

- Au cas où vous auriez faim ! dit-il.
- Toshiro ! le retint son supérieur.
- Oui ?
- Essais d'annoncer ça calmement à Shûhei. Déjà qu'il va s'en vouloir…
- Oui…

Et Byakuya se retrouva seul dans la petite salle d'attente. Pour une longue nuit d'attente. Il commença par boire, non savourer serait plus exacte, le café que lui déniché Toshiro. Il regarda ensuite longuement par la fenêtre la ville qui s'était illuminée depuis bien longtemps, réfléchissant tout en grignotant le sandwich, plus parce qu'il n'avait rien avalé que par réelle faim. Il le jeta à la moitié et sortit de la pièce pour tenter au moins d'apercevoir son subordonné. Peut-être cela le rassurait-il ? Car il avait toujours une sorte de boule à l'estomac malgré les nouvelles plutôt rassurantes.

Il songea bien à appelé son mentor, mais après avoir constaté l'heure tardive, préféra y renoncer. Il se renseigna auprès d'une infirmière qui lui indiqua la chambre où avait été emmené le jeune homme. Toujours à pas mesurés, il s'y rendit tout en poursuivant ses réflexions intimes.

En peu de temps, sa nouvelle équipe avait pris ses marques. Les quatre nouveaux s'étaient intégrés sans problème. Il lui était même arrivé de se demander parfois ce que le commandant Aizen avait bien pu faire à Grimmjow pour que ce dernier souhaite autant changer de Brigade. Quand à Renji et Ichigo, malgré leur tempérament de fonceur, ils avaient su écouter et apprendre de leurs aînés. Chad, plus réfléchi semblait moins enclin à prendre des initiatives mais se fondait parfaitement dans la Brigade, trouvant lui aussi sa place. Rangiku et Shûhei avaient bien accueilli tout ce petit monde et même Momo paraissait à l'aise. Ce qui en soit, relevait presque de l'exploit après ses premiers mois avec eux en effectif réduit. Quand à Toshiro, il était resté égal à lui-même et aucune des jeunes recrues n'avaient tenté de mettre en doute ses compétences malgré son âge. Il avait su gagner leurs respects.

En quelque sorte, il avait réussi à composer une équipe qui avait des chances de travailler dans une bonne ambiance et d'obtenir des résultats. De plus, ce soir lui avait prouvé qu'ils étaient tous prêts à mettre leur vie en jeu pour sauver l'un des leurs. Il ne doutait pas de Shûhei, absent pour des raisons qu'il connaissait ou plutôt qu'il devinait, même s'il n'en avait aucune preuve. Espérons que Toshiro ouvre un peu les yeux également et cesse de vouloir caser son amie Momo avec un homme qui ne voyait que lui !

Il ne put retenir un léger sourire à cette évocation alors qu'il s'engageait dans le dernier couloir le menant à la chambre d'Ichigo. Il s'apprêtait à continuer l'introspection de ses effectifs quand quelque chose attira son attention au bout de ce même corridor. Un mouvement dans l'ombre trop rapide et trop fugace pour être naturelle à cette heure de la nuit où l'hôpital était déserté en grande partie de son personnel. Instinctivement, il se tendit et continua son chemin sans beaucoup plus de hâte, inutile de se faire repérer par un changement d'allure trop radicale, mais bien plus attentif et prêt à bondir au cas où. Il repéra la chambre qu'il devait atteindre tout en surveillant.

Il y était presque parvenu et en venait à se demander s'il n'avait pas été victime de sa fatigue quand un homme sortit d'une pièce en blouse de personnel d'entretien, un tas de linges dans les bras et pénétra dans la chambre de son subordonné. Byakuya ne se posa pas de question inutile et dégaina Senbonzakura, l'y suivant de quelques secondes :

- Que faites-vous ici ? tonna-t-il alors que la porte claquait contre le mur tant il l'avait ouvert précipitamment et violemment.

L'homme se figea. Il était devant lui de dos, juste au-dessus du lit où reposait Ichigo encore relié à quelques machines. Il marmonna quelque chose d'incompréhensible et lâcha son paquet de linge en voulant s'approcher encore plus du blessé. La lame de Senbonzakura vint se loger dans son cou avant même qu'il ait pu faire un pas :

- Je te conseille vivement de reculer ! lâcha le policier d'une glaciale et tranchante alors qu'il se déplaçait pour avoir un meilleur angle pour s'interposer entre l'homme et Ichigo.

Mais l'homme ne sembla pas y pendre garde ou décida de passer outre en avançant tout de même. Ou en tentant de le faire du moins car Byakuya se déplaça encore un peu alors que Senbonzakura s'abattait sur l'homme le blessant à l'épaule. Ce qui le fit cette fois reculer et accessoirement trébucher entraînant une table encore garnie d'instruments dans sa chute provocant un effroyable bruit qui dut alerter tout l'étage.

Le commandant Kuchiki en profita pour se placer devant le lit d'Ichigo que tout ce raffut n'avait même pas réveillé, prêt à tuer pour le protéger. Il vit alors briller l'éclat de la lame que l'homme comptait se servir un peu plus tôt, à coup sûr. Et Byakuya ne croyait pas au hasard deux fois de suite. Ichigo sans le vouloir avait mis la main sur quelque chose.

Des bruits de pas firent tourner la tête de l'homme vers la porte où s'encadrait la silhouette d'Isshin Kurosaki :

- Mais qu'est-ce que c'est que ce bordel ? s'écria-t-il en embrassant la chambre du regard.

Puis il vit le couteau et se précipita mais Byakuya le devança, profitant du détournement d'attention de l'homme pour l'assommer avec la garde de son katana. Il le menotta et c'est seulement en se relevant qu'il posa les yeux sur le lit d'Ichigo. Il frissonna violemment en se rendant compte qu'il avait cette fois réellement failli le perdre à jamais. Il dut prendre appui sur le mur derrière lui un bref instant en se rendant compte qu'il n'aurait pas du tout apprécié cela… et pour de nombreuses raisons qu'il n'arrivait pas encore à vraiment définir. C'est juste à cette minute que les yeux ambre s'ouvrirent pour venir s'ancrer dans les siens.

A suivre…