Disclamer : Les personnages appartiennent à Tite Kubo. UA - Yaoi

Merci de votre soutien et bonne lecture à tous !


Chapitre 6

Appartement de Gin Ichimaru

Il n'avait pas dormi. L'aube pointait le bout de son nez et il avait passé la nuit à veiller sur son sommeil. Il dégagea ses longues mèches rousses pour admirer encore le visage apaisé de son aimée. Son souffle désormais régulier s'échappait et venait mourir sur le bras qu'il avait passé autour d'elle et sur lequel elle sa tête reposait. Il le sentait le chatouiller doucement à chacune de ses respirations. Et il trouvait cela fort agréable.

Il sourit et déposa un baiser tendre, presque imperceptible pour ne pas l'éveiller, sur ses lèvres entrouvertes. Il aurait pu tenir encore des heures ainsi, même si son bras allait finir par s'ankyloser, il n'en avait cure.

Elle était venue tard dans la soirée alors qu'il était déjà au lit. Elle était bouleversée par les événements de la soirée qu'elle lui avait rapportés, la longue attente à l'hôpital et l'état encore bien précaire du jeune Ichigo Kurosaki. Elle avait longuement pleuré, puis pesté contre la terre entière. Ou peut-être était-ce l'inverse ? Il ne savait plus. Il avait simplement tenté de sécher ses larmes et laissé invectiver tout son soul. Subissant parfois par sa colère, mais peu lui importait, car c'est vers lui qu'elle était venue. Et c'était tout ce qui comptait à ses yeux.

Aizen pouvait bien se moquer de lui, il s'en remettrait. Que pouvait-il comprendre à l'amour, lui qui n'avait jamais trouvé quelqu'un à qui il tienne vraiment ? Oh, il n'avait jamais manqué d'amante ou même d'amant. Il avait fait tomber dans ses filets nombre de malheureux, tout sexe confondu. Mais aucun n'avait jamais vraiment su faire fondre son cœur.

Mais pour lui c'était différent. Il avait depuis toujours donné le sien à la jeune femme dans ses bras ce soir. Depuis leur enfance commune en fait. Il l'avait toujours su. Longtemps, elle avait tenté de lui faire comprendre que c'était juste de l'amitié, une amourette d'adolescent, rien de bien sérieux. Et ils avaient flirté au-delà du raisonnable bien des fois. Mais ce soir, elle n'avait pas tenté de se voiler la face, elle était venu à lui parce qu'elle avait besoin de lui tout autant que lui.

Et la passion qui les avait réunis cette nuit en était la meilleure preuve. Les effluves de leur étreinte pouvaient encore se sentir, et leurs vêtements devaient traînés ça et là. Ses yeux turquoise se promenèrent sur ce que les draps laissaient voir du corps splendide qu'il avait honoré et aussitôt, il sentit son désir se raviver. Oui, il aimait cette femme à la folie… Et il ne doutait pas non plus de son amour, même si en se réveillant elle tenterait de lui faire croire à un moment de folie ou de désespoir. Parce qu'elle était ainsi et ne voudrait pas reconnaître l'inévitable. Et sûrement ce qui sonnerait à ses oreilles comme une faiblesse. Mais lui savait et c'était l'essentiel.

Alors oui, son commandant pouvait le railler tant qu'il voulait, mais perdre Rangiku était au-dessus de ses forces.

Ooo000ooO

Hôpital

Renji passa la porte centrale dix minutes avant six heures ce matin-là, ignorant tout de ce qui s'était déroulé dans la chambre de son jeune collègue cette nuit.

On lui indiqua la chambre d'Ichigo et il s'y rendit, pensant bien y trouver son commandant. Ce dernier était effectivement assis à côté su lit où reposait le jeune homme encore endormi, Senbonzakura dégainée. Ce qui ne manqua pas de surprendre Renji, surtout que Byakuya se dressa devant lui dès qu'il eut passé la porte, pour s'écarter aussitôt en le reconnaissant.

Renji lui jeta un regard interrogateur et son supérieur lui fit signe de sortir. Ils se retrouvèrent devant la porte où brièvement, Byakuya lui narra les événements de la nuit passée :

- Il est où cet espèce…
- Sous bonne garde ! Les médecins l'ont hospitalisé et j'ai fait appel à la Brigade d'Intervention pour le surveiller et le garder à l'œil… le coupa son supérieur d'un air las. Ils l'emmèneront dès qu'il sera transportable. Toi, ne quitte pas des yeux Ichigo ! Je vais t'envoyer du renfort dès que je serai au bureau. Je veux deux personnes ici en permanence, le temps qu'on puisse le transporter ailleurs à l'écart et en sécurité.
- Il va comment ?
- Il a repris brièvement connaissance cette nuit mais son père l'a rendormi. Il a dit que c'était bon signe mais rien de nouveau ce matin…

Byakuya rengaina son katana :

- Si tu veux quelque chose c'est maintenant Renji ! dit-il encore, après interdiction de bouger jusqu'à l'arrivée du renfort.
- Ok ! Laissez-moi cinq minutes et vous pourrez partir commandant, répondit ce dernier.

Il ne lui en fallut pas plus pour revenir avec un café. Byakuya le laissa alors pour passer chez lui faire un brin de toilette avant d'aller au bureau.

Il se mit au volant et gagna la propriété familiale dans un quartier calme et relativement protégé de la grande ville. Des serviteurs accoururent dès qu'il eut passé le porche et garé la voiture. Il vit du coin de l'œil les gardes vérifier que sa voiture n'était pas suivie mais ne s'en préoccupa plus que cela, tant il en avait l'habitude.

Il se délassait une dizaine de minutes plus tard dans un bain chaud quand l'évidence le frappa. Il avait un moyen tout trouvé à sa disposition pour mettre Ichigo hors de portée de ses potentiels agresseurs ! Il suffisait de l'installer ici. De mémoire de Kuchiki, personne n'avait jamais réussi à pénétrer dans l'enceinte du manoir et il pouvait faire doubler voir tripler la garde. Ce serait bien plus sur qu'à l'hôpital ! Restait juste à persuader son médecin de père…

Ooo000ooO

Appartement de Toshiro Histugaya

La première sensation de Shûhei en se réveillant fut un horrible martèlement dans son crâne. Et un mal fou à garder les yeux ouverts. La deuxième, la désorientation. Il n'était pas chez lui à ce qu'il avait entraperçu :

- Eh merde ! Dans quel guêpier je me suis fourré ? maugréa-t-il à haute voix, signalant par la même son réveil à son hôte qui prenait son café matinal dans la cuisine.

Ce dernier eut un petit sourire et posa sa tasse pour préparer un verre d'aspirine avant de le rejoindre :

- Bonjour ! Déjà réveillé Shûhei ? demanda-t-il en entrant. Je suppose que tu ne sens pas très bien. Bois ça ! Ça devrait calmer un peu ton mal de tête.
- Toshiro ? répondit-il interloqué en prenant le breuvage et en l'avalant d'un coup.
- Rejoins-moi dans la cuisine quand ça ira mieux, fit ce dernier avant de sortir après avoir récupéré le verre vide.

Shûhei se laissa retomber sur le lit, trop surpris pour tenter encore de comprendre comment il avait pu se retrouver dans l'appartement de son lieutenant. Parce que ça ne pouvait être que ça hein ? se dit-il en laissant doucement le médicament faire son effet et calmer un peu les effets dévastateurs de son profond désespoir de la veille et de ce qu'il avait fait pour y échapper. Pas très intelligent comme réaction, mais bon…

Très lentement, il se commença à se sentir mieux et ré-ouvrit les yeux, découvrant l'endroit où il était. Une chambre visiblement. Sûrement la sienne, se dit-il en voyant les quelques affaires qui étaient déposées sur une chaise ainsi qu'une veille photo encadrée de deux enfants sur la table de nuit. Momo et Toshiro. Il ne put s'empêcher de sourire à la bouille boudeuse de son lieutenant face à l'objectif.

Ooo000ooO

Parking du bâtiment de la police

Un peu plus tard, alors que se remplissait peu à peu le bâtiment de la police, Grimmjow garait sa voiture dans les sous-sols réservés aux policiers. Il prit doucement la direction de la sortie, répondant d'un signe de tête au salut de deux jeunes policiers qu'il croisa, se repassant en boucle les événements de la veille et se demandant comment allait Ichigo ce matin. Alors qu'il attendait l'ascenseur, il perçut un bruit de pas derrière lui :

- Eh bien mon petit Grim ! le salua une voix bien connue, toujours aussi matinal à ce que je voie.
- Aizen…
- Commandant Aizen si tu veux bien, le coupa l'arrivant. Tu as perdu le droit me m'appeler autrement.
- Tu n'as pas toujours dit ça, Sosuke…. susurra le bleuté avec un sourire en montant dans la cabine qui venait d'arriver.
- Méfies-toi, tu pourrais regretter ces paroles, répondit ce dernier en le suivant et en le bloquant contre la cloison du fond alors que la porte se refermait sur eux. Je pourrais oublier que tu as décidé de voler de tes propres ailes…

Grimmjow se tassa contre le fond sans pour autant parvenir à se décoller du corps de son ancien supérieur. Il aurait dû s'en douter d'ailleurs qu'il n'allait pas rester sans réaction face à sa provocation. Mais ça avait été plus fort que lui. Des fois, il se maudissait pour ça.

- Tu es moins bavard d'un seul coup, murmura Sosuke à son oreille. Dois-je en conclure que nous n'avons pas fini notre petite histoire ?

Une alarme s'alluma dans le cerveau de Grimmjow mais avant qu'il ait pu réagir, les lèvres de son supérieur se plaquaient contre les siennes et il forçait l'entrée de sa bouche. Il grogna et le repoussa des deux mains alors que Sosuke éclatait de rire. La cabine s'ouvrit au rez-de-chaussée et se remplit, empêchant le jeune policier de lui répondre. Il se mordit la langue pour ravaler sa colère et sa frustration sous le regard chocolat moqueur.

Parvenu à son étage, Sosuke descendit en lui souhaitant une bonne journée.

Ooo000ooO

Brigade des Mœurs

Il fut salué à son arrivée par Orihime, la première arrivée comme toujours. Elle avait remplacé Momo Hinamori au poste de secrétaire après que cette dernière ait été mutée à la Brigade Spéciale. Tout comme Grimmjow. Il sentit une sourde colère l'envahir à l'évocation de ce celui qu'il venait de croiser :

- Bonjour commandant ! Comment allez-vous ce matin ? Vous avez vu le dernier rapport sur les événements d'hier soir ?
- De quoi tu parles ? dit-il plus sèchement qu'il ne l'aurait voulu en s'installant.

Mais rien ne semblait déstabiliser la jeune femme qui, un large sourire aux lèvres, lui colla un rapport sous les yeux.

- De ça ! Ichigo Kurosaki a été attaqué hier soir ! expliqua-t-elle sommairement en retournant à son poste de travail.
- Bonjour tout le monde ! fit Gin en arrivant à son tour, son éternel sourire vissé aux lèvres. Vous êtes au courant ?

Sosuke ne répondit que par un grognement plongé dans le rapport qui était parvenu à tous les services aux premières lueurs de l'aube de la direction générale. La porte s'ouvrit de nouveau sur les autres membres de la Brigade qui commentaient, eux aussi, les dernières nouvelles. Qui devaient maintenant avoir fait le tour du bâtiment. Sosuke Aizen reposa le rapport dont Tôsen prenait actuellement connaissance via son ordinateur.

- On fait quoi ? demanda Gin.
- Comment ça on fait quoi ? lui répondit vertement son supérieur. On a des disparitions à éclaircir je te rappelle !
- De mauvaise humeur ce matin ? commenta son lieutenant moqueur.

Sosuke lui répondit par un regard noir alors qu'Halibel revenait sur leur nuit de surveillance :

- Le gamin s'est juste rendu à la fac ce matin. Pas de sortie nocturne comme on s'y attendait.
- Pourtant, il cache bien un truc, assura Start Coyote. Il surveille les alentours en permanence. Comme s'il craignait quelque chose.
- Quoi ?
- Ça, c'est toute la question…
- Continuons à le surveiller et faisons plus de recherches sur lui, ordonna Gin. Et faites attention aux connexions que vous pourriez trouver avec les agresseurs du jeune Ichigo. Pas de nouvelles du proviseur ?
- Non.

Sosuke les laissa discourir et reporta son attention sur ce que la police savait du jeune étudiant. Pas grand-chose en fait. Rien de bien marquant dans ce rapport datant de son adolescence et concernant une simple bagarre. Ce faisant, son esprit revint vers Grimmjow et leur rencontre du matin. Bien sûr, il se doutait que le jeune homme avait quitté sa Brigade pour échapper à son emprise mais il en avait eut la confirmation ce matin. Grim avait été divertissant, c'est vrai, néanmoins, il s'en remettrait largement. Il n'appréciait pas le procédé employé pour la rupture, aussi n'était-il pas mécontent de l'avoir senti aussi vulnérable ce matin. Il sourit. Peut-être pourrait-il encore prendre un peu de bon temps avec lui ? Et se rappeler de temps à autre à son bon souvenir ? Son humeur s'améliora d'un coup sous l'œil suspicieux de son lieutenant qui se demandait qui pouvait bien être sa nouvelle victime.

Ooo000ooO

Appartement de Toshiro Histugaya

- Tu as tout ce qu'il te faut ? demanda Toshiro à travers la porte de la salle de bain où son collègue prenait une douche.

Un « oui merci ! » lui parvint.

Le lieutenant décrocha son téléphone pour prendre des nouvelles de ses collègues, sûrement arrivés à cette heure. Après une brève conversation avec Rangiku, il appela son supérieur pour s'informer de ses ordres.

Le temps qu'il en finisse, Shûhei sortait de la salle d'eau :

- Toshiro ?
- Oui ? fit ce dernier en se retournant.
- Tu crois qu'on a le temps de passer à l'hôpital ? demanda-t-il visiblement gêné d'avoir manqué le sauvetage de la veille.

Quand son supérieur le lui avait raconté un peu plus tôt en déjeunant, il s'était senti horriblement mal et en avait oublié temporairement ses propres soucis. Tout comme quand ce dernier lui avait dit comment, il s'était retrouvé ici.

- Tu vas même faire mieux qu'y passer, répondit son supérieur. Le Commandant veut une deuxième personne sur place. Un nouvel agresseur a tenté de s'en prendre à lui cette nuit. Heureusement qu'il était là ! Donc, tu vas rejoindre Renji pendant que nous essayons de démêler tout ça à la Brigade.
- Dis, tu crois que ça un rapport avec Kariya ?
- J'n'en sais rien… Mais autant ne mettre aucune piste de côté. Tu te sens d'attaque ou tu reveux un peu de café avant de partir ?
- Je ne dirais pas non à une autre tasse, accepta le policier en souriant.

Ils regagnèrent la cuisine et pendant que son lieutenant le servait :

- Excuse-moi Toshiro, dit-il.
- Je crois que c'est plutôt à moi de le faire non ?

Et devant le regard perdu de son collègue, il ajouta :

- Tu m'as fait comprendre certaines choses que je refusais de voir Shûhei… Mais ne me demande rien pour l'instant, j'ai besoin d'un peu de temps d'accord ? Je te cherchais pour te le dire hier quand Ichigo a été attaqué.
- Ah… et que…
- Pas d'interrogatoire s'il te plait ! Mais rassure-toi, je n'essaierai plus de te coller dans les bras de Momo.

Shûhei n'ajouta rien, puisque tel était son désir même s'il ne pouvait s'empêcher de se demander s'il le voyait enfin avec d'autres yeux. Et s'il avait compris pour Maki. Une chose était certaine, il n'avait pas l'air fâché… ni même dégoûté. C'était déjà un grand pas en avant.

Ooo000ooO

Brigade Scientifique

Kisuke lisait les résultats que Nell avait obtenus. Et qui étaient exactement les mêmes que les siens. Il soupira quand cette dernière passa la tête par la porte de son bureau :

- Commandant ! Venez s'il vous plait !

Il la suivit prestement jusqu'à un laboratoire, se demandant ce qui se passait encore :

- C'est les mêmes, fit-elle en lui désignant des comprimés sur la table.
- Tu es formelle ?
- Oui ! J'en ai analysé un. C'est la même source… C'est certain.
- Mais c'est quoi encore cette embrouille ? grogna son supérieur en vérifiant ses résultats, sans rien y trouver à redire d'ailleurs.
- Ah Kisuke, tu es là ! Je te cherchais ! les interrompit une voix.
- Yoruichi ! Bonjour ma belle ! Comment tu vas ce matin ?
- J'irais mieux si tu as des résultats pour moi !
- J'en ai… mais ça ne va pas te plaire !
- Dis toujours !
- On a pu remonter à une des sources de tes comprimés, commença-t-il.
- Et ? s'impatienta-t-elle.
- La fac de science, répondit-il.
- C'est… impossible… fit-elle incrédule.
- Mais ce n'est pas le pire.
- Parce que t'as pire que ça ?
- Le gamin qui s'est attaqué à Ichigo Kurosaki hier soir détenait exactement les mêmes pilules que les tiennes, finit-il.

Yoruichi en resta sans voix. Les deux affaires étaient liées ? Et la Brigade des Mœurs qui venait de trouver peut-être la source des nombreuses disparitions justement dans cette même fac ?

- Non, ça ne peut pas être un hasard, confirma Kisuke. Il faut qu'on parle à Byakuya. Et tout de suite !

Ooo000ooO

Hôpital

Shûhei avait donc rejoint Renji auprès d'Ichigo qui était maintenant réveillé, mais encore loin de la pleine forme. Le policier s'était heurté au père du jeune homme avant de pénétrer dans la chambre qu'il n'avait pas rencontré la veille bien sûr. Heureusement que son collègue avait effectivement témoigné de sa bonne foi. Ce premier barrage passé, il avait été choqué de voir l'état de son jeune collègue :

- Ben, ne fais pas cette tête, avait murmuré ce dernier en tentant, tant bien que mal, de sourire. Je ne suis pas en si piètre état que ça…
- Ce n'est pas non plus la grande forme, avait simplement répondu l'arrivant. Mais tu es vivant et c'est l'essentiel.
- Uniquement grâce à vous tous !
- Oui, enfin…
- C'est à ça que sert une équipe ! le coupa Renji en lui jetant une regard noir lui signifiant de se taire. Comme l'a dit le commandant à ton père, nous sommes ta deuxième famille !
- Il a dit ça ? interrogea Ichigo. J'avais plutôt l'impression qu'il était en colère cette nuit !
- Et pourquoi aurais-je été en colère ?
- Commandant ! crièrent Renji et Shûhei qui s'étaient brusquement déplacés devant le lit du malade et avaient dégainés dès qu'ils avaient étendus une voix.
- Repos tous les deux ! Ravi de te voir réveillé Ichigo ! Et pour ta gouverne, cette nuit je venais de désarmer quelqu'un qui avait essayé de s'en prendre à toi.
- Ici ?
- Oui. C'est pourquoi je suis ici ce matin. Pour ta sécurité, une ambulance va te transporter ailleurs. Renji et Shûhei te serviront d'escorte.

Il trouva superflu de préciser qu'il avait dû batailler ferme pour faire accepter cette idée à son médecin de père. Et que ce dernier n'avait fini par accepter qu'à une seule et unique condition.

- Mais… commença Ichigo.
- Salut Fiston ! s'écria justement son paternel en pénétrant dans la chambre suivit d'une jeune femme vêtue d'une blouse comme lui. Laisse-moi te présenter Rukia Kuchiki, elle sera ton médecin personnel durant ton séjour dans le manoir Kuchiki.
- Bonjour à tous ! fit cette dernière en souriant. Grand frère…

Ooo000ooO

Bâtiment de la police

Le commandant Sosuke Aizen parcourait les couloirs de l'étage des salles de réunion d'un pas vif. Derrière lui, son éternel sourire sur les lèvres, Gin tentait tant bien que mal de le suivre. Mais la convocation expresse dont avait fait l'objet son très cher supérieur quelques minutes plus tôt, avait mis ce dernier particulièrement en colère. Bien sûr, rien n'avait filtré sur le visage éternellement calme et hautain de ce dernier mais l'allure rapide qu'il imposait maintenant ne pouvait pas tromper son second. On ne convoquait pas Sosuke Aizen si ce dernier n'avait pas envie de se rendre à la dite réunion. Ce qui amusa fortement son second qui avait eu droit à un regard noir si ce n'est assassin. Et par la même occasion une réflexion acerbe sur sa dernière nuit.

Mais rien, pas même galoper derrière lui dans les couloirs ne pouvait faire oublier à Gin sa nuit avec Rangiku. N'en déplaise à celui qui se pressait maintenant pour expédier cette réunion fort inopportune à ses yeux.

C'était en tout cas dans cet état d'esprit que Sosuke ouvrit presque violement la porte de la fameuse salle. La présence de Byakuya Kuchiki, assis, pour ne pas dire trônant à la table, et le fixant l'irrita plus encore :

- Ne me dites pas que je suis là pour avoir un bulletin de santé du jeune Kurosaki ! ironisa-t-il d'un ton méprisant en entrant pour permettre à son second de le suivre.
- Loin de moi l'idée de vous déranger pour si peu Commandant Aizen ! répliqua Byakuya d'un ton glacial. Votre temps est au moins aussi précieux que le mien non ?
- C'est moi qui vous ai fait venir tous deux, coupa Kisuke Urahara en se levant pour stopper l'échange venimeux qui menaçait de suivre. Parce que ce que j'ai découvert au labo concerne vos deux enquêtes en court ainsi que celle du service des stupéfiants représenté ici par le capitaine Shihôin.

Sosuke ne dit mot, sa curiosité éveillée par cette introduction, et consentit à prendre place autour de la table. Gin se glissa à ses côtés après avoir salué d'un signe de tête l'assemblée jugeant inutile de rajouter quoi que ce soit à cette entrée en matière. Ayant enfin l'attention de tous, le commandant de la Brigade Scientifique reprit :

- Les comprimés saisis par la Brigade Spéciale au cours de l'intervention d'hier soir se sont révélés être les mêmes que ceux que m'avait amené un peu plus tôt le service des stupéfiants. Ces comprimés ont tous deux la particularité d'avoir un de leurs composants identifiables comme provenant de la fac de Science où la Brigade des Mœurs enquête en ce moment sur la série de disparitions. Voila ce pourquoi je vous ai tous réunis ici.

Un long silence s'écoula le temps que chacun prenne la mesure de la portée de cette déclaration. Kisuke se rassit, cédant la place à sa collègue :

- Ces saloperies inondent la sortie des établissements scolaires et de tous les endroits à la mode, expliqua-t-elle. Nous savons plus comment les combattre. Si l'un de vous deux à une idée…
- Nous avons arrêtés plusieurs hommes hier soir, on peut les interroger à ce sujet, proposa Byakuya. Même si ma priorité reste l'attaque qu'à subie m'ont subordonné hier soir.
- Donnez-moi les éléments pour que j'enquête à la fac de Science, rajouta Sosuke.
- Vous pensez que les trois enquêtes sont liées ? interrogea Toshiro essayant de faire abstraction du peu d'envie qu'il avait de travailler en collaboration avec le commandant Aizen.
- C'est une possibilité à envisager, répondit Kisuke prudemment.
- Il faut que nos résultats soient mis en commun, affirma Yoruichi. C'est une nécessité non une option.

Aucun des deux commandants ne répondit, ce qui amusa fortement Kisuke. La collaboration entre ces deux là risquait d'être un peu houleuse. Pourtant, il les savait assez professionnelle tous deux pour faire taire leurs différends.

Ooo000ooO

Manoir Kuchiki

Ichigo regardait autour de lui curieux et se demandant s'il était bien en pleine ville. Un immense parc s'offrait à sa vue et à sa droite, une demeure de style européen. Ils avaient franchi la grille quelques minutes plus tôt, lui et son escorte. En l'occurrence on pouvait parler d'escorte car Ikkaku et Yumichika avaient eu l'ordre formel de l'accompagner jusqu'à sa destination malgré la présence de ses deux coéquipiers. Le commandant Kenpachi n'aimait pas trop qu'on s'en prenne à un policier et encore moins à une jeune recrue aussi prometteuse que le jeune homme.

Ils se trouvaient donc tous dans le jardin et les ambulanciers, sous les ordres de la cadette de son commandant, transportait le blessé dans la chambre que les serviteurs de la demeure avaient préparée à son intention. Tout ça sous l'œil attentif des gardes qui suivaient les mouvements de chacun.

Ichigo salua ses collègues de la main alors qu'on le transportait à l'intérieur. La jeune Rukia le suivait, vérifiant que les ambulanciers n'agitent pas trop son patient. C'est qu'elle était consciente de la responsabilité qui pesait sur elle. D'une part son aîné et d'autre part son titulaire lui avaient tous deux confié la surveillance du jeune homme. Charmant d'ailleurs, malgré son état un peu faible… mais qui ne semblait pas du tout s'apercevoir de sa présence. Ce qui n'avait pas été le cas du son collègue aux cheveux rouges dont elle n'avait pas retenu le nom.

Le policier savoura la tranquillité de sa chambre ouvrant sur une terrasse où il pouvait profiter du parc, s'il oubliait les nombreux gardes y patrouillant. Soupirant d'aise, il se laissa bercer par le chant des oiseaux et s'endormit.

Ooo000ooO

Brigade Financière

Jûshirô se laissa littéralement tomber dans son fauteuil, épuisé. Il avait passé la journée à courir dans tous les sens pour obtenir les autorisations nécessaires à ce qu'il projetait de faire. Ce que son équipe avait découvert était bien trop explosif pour qu'il ne prenne pas quelques précautions. Kaien avait fort bien mené les investigations et si cette enquête aboutissait, ce serait en grande partie grâce à lui. Ce dernier était d'ailleurs encore le seul encore présent avec lui en cette fin de journée fort chargée. Il avait depuis longtemps renvoyé ses autres subordonnés, autant secoué par cette affaire que par ce qui était arrivé la veille au jeune Kurosaki.

C'est à leur arrivée ce matin qu'il avait appris la nouvelle et Shunsui avait immédiatement pris en main l'enquête concernant les morts laissés par la Brigade Spéciale lors de leur intervention. Et son ami lui faisait confiance pour dénicher leur passé et aider de son mieux Byakuya et son équipe. Il avait brièvement croisé ce dernier dans la journée et il avait pu noter sa fatigue extrême mais également son soulagement de savoir son jeune subordonné désormais hors de danger. Ils avaient discutés quelques minutes au détour d'un couloir et son mentor avait été surpris de constater qu'il éprouvait une attirance certaine pour celui qu'il venait d'accueillir dans son cercle privé. Même s'il ne s'en rendait pas encore compte ou simplement le dissimulait sous son masque de froideur habituel. Mais pour Jûshirô, qui connaissait parfaitement son protégé pour l'avoir formé, il ne faisait aucun doute qu'il ne considérait pas le jeune Kurosaki comme un simple subordonné au même titre que les autres, même si Byakuya était le genre d'homme à respecter ceux-ci bien plus que d'autres commandant ou capitaine de sa connaissance.

Shunsui passa la porte alors qu'il terminait sa longue journée :

- Tu as fini ? demanda-t-il en entrant.
- Presque… encore une dizaine de minutes. Tu peux m'attendre ?
- Je peux finir, proposa Kaien.
- Tu devrais surtout rentrer, lui répondit son supérieur. Tu en as bien assez fait pour aujourd'hui. Et demain, j'aurais encore besoin de toi !

Kaien ne répondit pas mais céda à sa demande après avoir échangé un regard avec le commandant Kyôrakû qui le rassura d'un sourire lui confirmant qu'il ne laisserait pas son supérieur s'épuiser davantage. S'en remettant à lui, il salua les deux hommes et sortit. Shunsui vint s'installer aux côtés de son amant et jeta un coup d'œil à cette dernière tâche urgente qu'il finissait :

- Tu vas vraiment l'arrêter ? demanda-t-il incrédule en découvrant le formulaire qu'il remplissait.
- Je prépare juste. Je ne veux pas être prix de court et le voir s'enfuir à l'étranger par le premier avion. Au cas où, Chizuru aura juste à transmettre le formulaire à qui de droit.
- Il est vraiment…
- Encore plus que tu ne le penses, le coupa son amant en soupirant. Mais je préfère l'oublier ou du moins tenter de le faire pour ce soir. Ça me révolte déjà bien suffisamment

Shunsui l'entoura de ses bras. Il put alors sentir toute la tension accumulée dans le corps encore bien fragile. Instinctivement Jûshirô se cala contre le torse puissant et rassurant, et ferma un instant les yeux. Ils restèrent un moment ainsi, l'un se ressourçant dans la force tranquille de l'autre. Puis le commandant de la Brigade financière se détache lentement, finit de remplir son formulaire et ferma son poste de travail avant qu'ils ne rejoignent le parking. Ce n'est que là, à l'abri des regards indiscrets, dans l'habitacle de la voiture que Shunsui se permit de s'emparer des lèvres qui lui avait tant manqué.

Ooo000ooO

Renji avait lui aussi fini sa journée et s'apprêtait à renter quand il croisa son camarade de promotion :

- Eh ben ! T'as l'air complètement épuisé Kira !
- Salut Renji ! M'en parle pas, je suis vidé !

Son ami fronça les sourcils, perplexe. Il connaissait bien le jeune policier avec qui il avait fait ses études au sein de l'académie de police et il lui paraissait bien plus abattu qu'il ne le disait :

- Tu veux en parler ?
- J'aimerais bien mais…
- Tu ne peux pas ! finit le rouge. Alors viens je t'emmène !
- Je ne suis pas sûr…
- Je ne te ferais pas boire, mais je t'invite à manger !
- Sûr ? demanda Kira quelque peu septique.
- He ! On est amis non ?
- Ok ! Mais je te préviens que si tu tente de me faire parler…
- T'inquiète pas, je veux juste te changer les idées et à moi aussi par la même occasion. Ça te va ?
- Ça marche !

Ooo000ooO

Plus tard, appartement de Renji Abarai

- Tu cuisines trop bien ! s'écria Renji en se laissant tomber sur le canapé après avoir servi du thé. Méfie-toi, je vais finir par t'épouser !
- Ne dis donc pas de bêtises ! s'offusqua faussement son ami en souriant. Imagine la déception de tes nombreuses admiratrices.
- Tu parles…
- Serais-tu en manque d'amour mon ami ? s'amusa Kira en se penchant sur lui pour déposer un baiser sur le front. Là, ça va s'arranger crois-moi ! Personne ne résiste longtemps à ton charme.
- Toi si, rétorqua Renji en le fixant soudainement.

Kira se figea, pas certain d'avoir bien compris le sous-entendu ou ayant peur de trop bien le comprendre. Un long frisson remonta le long de sa colonne vertébrale et il tenta de se redresser précipitamment. Mais Renji ne lui en laissa pas le temps et passant sa main derrière son cou s'empara de ses lèvres.

Profitant de la surprise de son ami, il le renversa sur le canapé, bloquant ses mains, l'empêchant de fuir et descendit ses lèvres dans son cou. Kira gémit mais tenta encore de le repousser :

- Renji… non…
- Laisse-toi donc un peu aller, répondit ce dernier en ouvrant sa chemise. Je sais que tu en meures d'envie… Tout comme moi.

Kira poussa un râle de plaisir quand il s'empara d'un de ses tétons et eut brièvement le temps de se demander comment ils en étaient arrivés là, sans même avoir bu plus que de raison. Son ami avait respecté sa promesse et n'avait pas non plus touché plus qu'une simple bière. Trop peu pour qu'il ne soit pas conscient de ses actes. Puis une main se glissa dans son jean, le déboutonnant au passage et il perdit le fil de ses pensées. Son corps, trop longtemps maîtrisé en présence de celui qu'il pensait hétéro, s'embrasa et frénétiquement. Il remonta son tee-shirt avec ses dents pour accéder à la peau qu'il rêvait de goûter depuis leurs années communes à l'académie.

Renji relâcha ses mains en le sentant cesser de lutter, heureux qu'il abandonne sans trop de difficultés. Il avait depuis longtemps remarqué les sentiments de son ami pour lui. Il se savait aussi attiré par son calme et sa force tranquille, si différente et si apaisante pour son tempérament de feu. Mais n'avait jamais ressenti cette envie de le posséder comme ce soir, alors qu'ils passaient simplement une soirée entre amis, au départ tout ce qu'il y avait de plus innocente. Il n'avait rien prémédité et c'était encore plus enivrant.

Le canapé se révélant bien trop étroit, ils glissèrent bientôt sur le sol. Peut-être était-ce les différentes émotions qu'ils venaient de vivre chacun mais la fièvre avait saisi leurs esprits et leurs corps réclamaient les étreintes qui les laisseraient bien souvent sans souffle et complètement déconnectés de ce qui n'était pas le plaisir qu'ils se donnaient.

Et alors que thé finissait de refroidir sur la table basse, que la nuit s'imposait sur la ville, ils s'enivrèrent encore et encore. Bientôt nus tous deux, ils roulèrent sur le parquet, se battant presque pour une domination de l'autre. Mais c'est finalement Renji qui eut le dernier mot. Kira gémit en sentant le gel caractéristique effleurer son intimité et s'ouvrit à celui qui devenait cette nuit son amant. Et quand il plongea en lui dans un feulement rauque, il sut que c'était ce qu'il avait toujours espéré sans jamais oser y croire. Il aimait cet homme. Mais résisterait-il à sa passion sauvage et dévastatrice ? Pour l'instant il ne voulait pas y penser. Criant et s'arquant à chacune de ses plongées en lui, il se laissa emporter par les sensations, s'accrochant presque désespérément à lui.

A suivre…