Disclamer : Les personnages appartiennent à Tite Kubo. UA - Yaoi
Elise : Merci pour ton com et contente que les couples te plaisent sauf un à priori... mais quand tu parles de Kuchiki, tu parles de Rukia ou de Byakuya ? Bon que ce soit l'un ou l'autre de toute façon, ils sont tous deux dans l'histoire et auront leur importance. J''espère que ça ne t'empêcheras pas de lire la suite ! Merci encore pour ces compliments et à bientôt.
Merci de votre soutien et bonne lecture à tous !
Chapitre 7
Manoir Kuchiki
Comme chaque matin depuis une semaine qu'il état ici, Byakuya commença sa journée en se rendant dans la chambre de son subordonné. Celle-ci était, à sa demande, toute proche de la sienne au cas, bien improbable, où quelqu'un percerait les défenses du manoir. Vêtu de son kimono d'intérieur, il longea le couloir qui y menait. Il était encore très tôt et il doutait que le jeune homme soit réveillé. Mais il avait pris l'habitude de l'observer ainsi, encore endormi, le matin avant d'aller prendre son petit-déjeuner. Se glissant sans bruit dans la pièce, il put vérifier qu'il ne s'était pas trompé. Ichigo dormait encore. Il s'approcha doucement du lit et laissa son regard errer sur les traits détendus de son visage. Un sourire imperceptible se dessina sur ses lèvres.
Depuis la veille, il n'était plus branché à aucune machine ou perfusion et pouvait enfin se déplacer un peu plus librement. Il avait ainsi eu le surprise hier soir de le voir s'inviter à sa table pour son repas du soir, sous la très haute surveillance de sa jeune sœur, bien entendu. La présence de celle-ci avait empêché Ichigo de discuter comme il l'aurait voulu, Byakuya s'en était vite rendu compte à son air contrarié. Aussi, se promit-il de passer un peu plus de temps avec le jeune homme en rentrant ce soir. Mais dans l'immédiat le travail l'appelait, les interrogatoires avaient apportés leur lot de surprises et il y avait encore beaucoup à faire pour démêler cette affaire et punir les coupables. Il quitta toujours aussi silencieusement la chambre, presque à regret.
Ichigo ouvrit les yeux en entendant la porte se refermer sur le maître des lieux. Machinalement, il jeta un coup d'œil dehors, se demandant ce qui l'avait tiré si tôt de son sommeil. Quelques bruits sourds et lointains lui confirmèrent que le manoir s'éveillait. Sûrement cela. Il se demanda tout de suite si Byakuya était lui aussi déjà réveillé. Il avait peu vu son commandant depuis qu'il était ici, ne pouvant pas vraiment se déplacer à sa guise tant qu'il avait été relié à ce qui était censé le surveiller et l'aider à récupérer. Son père passait chaque jour et Rukia s'occupait de lui le reste du temps. Mais si ses collègues n'étaient pas venus le voir chaque jour, il aurait presque pu se croire totalement isolé. Ce manoir semblait presque en dehors du temps. Heureusement, les autres membres de la brigade ne le laissaient pas sans nouvelle et il avait même pu recevoir la visite de ses sœurs par deux fois. Yuzu en avait d'ailleurs profité pour lui ramener quelques affaires et vérifier son confort très sérieusement. Ça l'avait amusé. C'est qu'elle se sentait un peu responsable, il l'avait bien deviné.
Il bailla et s'étira dans le lit, ne pouvant retenir une légère grimace de douleur quand la peau encore fragile de son dos fut soumise à la pression qu'il lui imposa. Le coup que lui avait porté son agresseur avait été assez profond, et il lui faudrait sûrement encore un peu de temps avant de récupérer totalement. Son estomac se fit entendre, lui rappelant si besoin était qu'il avait faim. Il se leva et gagna la salle d'eau attenante pour satisfaire un besoin naturel et récupérer ses affaires. Depuis la veille, on lui avait permis de prendre des douches, aussi se glissa-t-il avec une satisfaction intense sous un filet d'eau chaude. Sa toilette finie, il s'habilla et sortit de sa chambre pour essayer de trouver la cuisine ou ce qui y ressemblait dans cet immense manoir.
Il déambula de couloirs en couloirs avant de finir par retrouver le chemin que lui avait fait emprunter Rukia la veille pour rejoindre la salle à manger. Il y pénétra pour voir si de là il pouvait gagner la cuisine. Mais la pièce n'était pas vide.
- Bonjour Ichigo, le salua son commandant de sa voix calme et posée, attablé devant son petit-déjeuner et le journal du matin. Déjà réveillé ?
- Bonjour Commandant ! J'avais faim, s'excusa le jeune homme en se grattant la tête, un peu gêné. Je cherchais la cuisine…
- Assied-toi, on va te servir de quoi te restaurer ! l'invita-t-il d'un geste tout en faisant un petit signe de la main à un serviteur qui se trouvait dans un coin de la salle et qu'Ichigo n'avait pas remarqué en entrant.
Le jeune homme gagna la table et s'installa, toujours gêné. Il n'avait vraiment pas l'habitude d'un tel cérémonial chez lui. Et encore moins le matin où chaque membre de la famille gagnait la table dans un état semi comateux. Sauf son paternel, bien évidemment, toujours au top de la forme lui. Le serviteur s'empressa de lui mettre un couvert et de lui proposer divers plats sous l'œil indifférent de son maître qui avait replongé dans les nouvelles matinales. Ichigo entreprit de combler sa faim tout en l'observant discrètement. Pas autant qu'il l'aurait voulu car ce dernier finit par reposer son journal en lui demandant :
- Un problème Ichigo ?
Il baissa la tête, un instant surpris, avant de la relever pour planter ses yeux dans les siens :
- Je n'ai pas eu l'occasion de vous remercier de m'avoir accueilli chez vous… ni de m'avoir sauvé par deux fois, fit-il en rougissant légèrement.
Byakuya s'apprêtait à répondre quand la porte s'ouvrit violement sur la jeune Rukia, toute essoufflée :
- Ichigo ! Je te cherchais partout !
Le noble esquissa un sourire et replongea dans son journal, laissant sa sœur invectiver tout son saoul son patient pour son inconscience. Mais lui devait s'avouer qu'il était plutôt heureux de le voir aussi bien récupéré. Quand à l'avoir ici…
Ooo000ooO
Brigade des Mœurs
Sosuke Aizen relisait une énième fois les interrogatoires des jeunes Ulquiorra Schieffer et Szayel Aporro Grantz. Les deux étudiants, et visiblement amis d'enfance, se serraient les coudes et n'avaient rien lâché d'intéressant :
- Ils nous cachent quelque chose, fit Gin en jetant un œil par-dessus son épaule. Je n'arrive pas à déterminer ce qui peut bien les empêcher de parler à ce point…
- La peur ! C'est la plus veille méthode d'intimidation du monde, intervint Kaname de son poste sans même relever les yeux.
- Admettons que tu aies raison, rétorqua son lieutenant. Ils sont tous deux des gosses de riches, n'ont apparemment pas de vices cachés, sont des étudiants studieux. Qu'est-ce qui pourrait bien intimider ce genre de gamin ?
- Une menace ? hasarda Tia plongée dans un rapport.
- Sur qui ? Sur leur personne ? interrogea Gin plus que septique.
- Plutôt sur une personne à laquelle ils tiennent, fit Sosuke pensivement. Un membre de leur famille peut-être…
- Ça ne coûte rien de creuser ! approuva son lieutenant en regagnant son poste de travail.
Sosuke les laissa faire pendant qu'il continuait à réfléchir. Ils avaient la quasi-certitude que c'était le jeune chimiste qui avait concocté les fameux comprimés et ils auraient certainement pu le prouver en cherchant bien. Mais les événements s'étaient enchaînés un peu trop vite au goût du commandant. A commencer par le doyen dont on était toujours sans nouvelle. Sa maison, son bureau avaient été fouillés, sans succès. Rien ! Pas même le début d'une piste. La seule chose qu'il avait pu confirmer, c'était que la jeune femme retrouvée morte n'était pas sa fille. Les deux étudiants étaient leur piste la plus sérieuse.
Et puis, il n'y avait pas que ça, il devait se l'avouer. Le jeune Ulquiorra l'intriguait. Cet air froid et désabusé à son âge, ce n'était pas fréquent. Il faisait de brillantes études mais ne semblait pourtant pas en tirer une quelconque fierté. Tout le contraire de son ami qui ne cessait de vanter ses mérites. Et cet air sombre, préoccupé en permanence… toujours à regarder derrière lui alors que tous semblaient le craindre. Kaname avait raison. Il avait peur de quelque chose. Mais de quoi ? Son ami ne devait l'aider que par amitié… C'était l'hypothèse la plus logique, sinon il n'aurait pas affiché cet air plus que serein pendant son interrogatoire.
- Concentrez-vous sur Ulquiorra Scheffer ! dit-il à ses troupes.
- Une idée ? interrogea Gin.
- Plutôt une intuition.
Son lieutenant n'ajouta rien, connaissant parfaitement son supérieur et sachant qu'il se trompait rarement sur les gens. Son téléphone l'interrompit alors qu'il tentait de retracer l'ensemble de la famille de l'étudiant. Quand il raccrocha, il se tourna vers son commandant :
- Le doyen vient d'être retrouvé, annonça-t-il.
Sosuke le regarda attendant la suite :
- Mort d'une overdose visiblement et effroyablement mutilé. Le légiste nous attend quand vous voulez.
- Mettez les deux gamins sous protections discrètes, ordonna Sosuke en se levant pour rejoindre la morgue. Gin avec moi !
Ils sortirent tous deux du bureau :
- Je me demande si le pauvre homme a au moins revu sa fille avant de trépasser, fit Gin. C'est rare un tel acharnement !
- Je commence à penser que Kisuke Urahara avait raison… toutes ces affaires sont liées les unes aux autres, rétorqua Sosuke pensivement.
Gin sourit sans répondre. Pour que son commandant reconnaisse une telle chose du commandant de la Brigade Scientifique, c'est qu'il était inquiet, lui aussi. Mais il y avait vraiment de quoi l'être. Pas moins d'une vingtaine disparitions inexpliquées avaient été recensées à la fac de science… Et le seul qui avait un peu cherché à comprendre était retrouvé mort. Ils allaient devoir surveiller leurs arrières. Car si c'étaient bien la même bande, ils n'avaient pas hésité à s'en prendre à un flic. Ichigo Kurosaki en était la preuve.
Sosuke avait suivit le même raisonnement de lui car il ajouta avant de pénétrer à la morgue :
- Entraînement obligatoire pour tous à partir d'aujourd'hui. Je veux qu'ils puissent compter les uns sur les autres !
Ooo000ooO
Brigade financière
Kaien entra et posa quelques papiers sur le bureau de son supérieur avec un sourire satisfait. Jûshirô les parcourut rapidement et le regarda :
- Enfin ! dit-il, soulagé.
- Ce n'est qu'une toute petite concession de la part du haut commandement ! Mais c'est toujours mieux que rien, espérons que ça nous mènera quelque part.
- Ça prouve que le commandant en chef accorde foi à notre enquête et c'est largement suffisant pour moi ! Je vais de ce pas voir le commandant Urahara pour qu'il mette ce pourri sur écoute ! De notre côté, on continue d'éplucher ses comptes !
- On devrait peut-être le faire surveiller aussi non ? S'il sent qu'on l'approche trop… songea son lieutenant à voix haute.
- C'est une bonne idée ! Même une très bonne Kaien ! Met donc Sentarô et Kiyone dessus et garde Kira avec toi, il a encore des choses à apprendre et tu pourras le guider.
Son lieutenant approuva d'un signe et tête et Jûshirô sortit de la pièce pour rejoindre la Brigade Scientifique où il fut accueilli par la jeune Nell qui l'informa que son commandant était sorti. Il laissa le message pour que ce dernier passe le voir dès son retour.
Ooo000ooO
Bureau de commandant en chef de la police
Le commandant Yamamoto réfléchissait. Il avait longuement hésité à donner l'autorisation à la Brigade Financière de mettre sous surveillance un de ses adjoints. Mais pour que le commandant Ukitake, qui était un de ses anciens et meilleurs élèves, lui ait fait parvenir cette demande, c'est qu'il avait des soupçons étayés. Il aurait pu, bien sûr, lui demander de les lui exposer mais quelque part, il n'avait jamais eu une entière confiance en ce Barrangan Luisenbarne qui lui avait été imposé par le maire de la ville. S'il avait cédé à l'époque, c'était pour éviter des tensions inutiles mais jamais il n'était parvenu à se défaire de ce sentiment que l'homme était un politicien avant d'être un flic. Un rien dans son comportement qui l'agaçait profondément. Ses trois autres adjoints avaient été soigneusement sélectionnés par lui. Tous d'anciens flics en qui il avait confiance mais ce bureaucrate…
Mais ce n'était pas tant ça qui l'inquiétait mais plutôt les répercussions d'une telle découverte, si elle était avérée, sur la police dans son ensemble. Et il y avait aussi le commandant Ukitake, pas encore au mieux de sa forme. Il appela son assistant par l'interphone :
- Faites-moi monter le commandant Kyôrakû au plus vite, Chojiro !
Oui, il valait mieux prendre ses précautions, songea-t-il.
Il replongea dans ses papiers, l'esprit en alerte de la suite des événements qui ne manqueraient pas, il le sentait, d'ébranler ce bâtiment.
Ooo000ooO
Dans une villa, au nord de la ville
Un tout nouveau quartier résidentiel avait peu à peu remplacé les usines désaffectées qui avaient longtemps peuplées le nord de la grande métropole. Rien à voir avec le quartier calme où se trouvaient depuis toujours les résidences des nobles, même si ceux-ci, n'avaient plus rien aujourd'hui de leur puissance d'autrefois. Le monde avait évolué et nombre de grande famille d'hier ne faisait plus que survivre en gardant jalousement leurs privilèges quand elles le pouvaient. Ce n'était pas le cas de tous fort heureusement. Certaines de ces familles avaient su s'adapter au monde d'aujourd'hui et étaient au fait de leur puissance et de leur influence sur la métropole. Comme la famille Kuchiki par exemple, devenu spécialisée dans les technologies modernes de téléphonie et détenant la majorité des parts de ce marché florissant. Ces nobles vivaient dans des manoirs qui se cachaient dans les immenses parcs les entourant, rendant impossible toute observation aléatoire de l'extérieur.
Mais ici, rien de tout cela. Ici les villas se faisaient concurrence, révélant leurs propriétaires, ceux que la noblesse appelait avec dédain, les nouveaux riches. Si certains tentaient tant bien que mal de poursuivre intelligemment leur ascension et de conforter leur place nouvellement acquise, bien trop se brûlaient vite les ailes dans la cour des grands et retombaient tout aussi vite dans l'anonymat qu'ils en étaient sortis.
Pourtant c'était là qu'il avait décidé d'installer son quartier général. Il avait donc acheté une des nombreuses villas changeant sans cesse de mains pour s'y établir. Et c'est d'ici qu'il comptait bien régner sur la métropole. Il n'en avait jamais été aussi près, d'ailleurs. Pourtant, c'était une réunion de crise qu'il s'apprêtait à tenir ce matin.
L'homme passa les portes de la grande salle qu'il avait dédiée à ces longues et souvent fastidieuses réunions, qui n'étaient souvent que des rapports de ses diverses activités. Vouant une haine farouche au système qui lui avait tout pris alors qu'il n'était encore qu'un enfant, il s'était jurer de se venger de cette ville. Et était près d'y parvenir. A la manière d'un père despotique régnant sur ses enfants, il gérait les différentes activités illégales qui ne cessaient de croitre depuis qu'il avait entrepris sa vengeance.
Elevé par une mère célibataire qui ne l'avait pas désiré et vivait essentiellement de ses charmes, il n'avait connu ni l'amour d'un foyer, ni même la sécurité quotidienne. Apprenant très jeune à se débrouiller seul, il avait d'abord pensé que réussir ses études était le seul moyen de se sortir de sa condition. Mais avait rapidement déchanté, s'apercevant très vite qu'on n'accordait pas les mêmes privilèges aux enfants comme lui dans l'enseignement qu'aux riches héritiers. Ses relations avec sa mère n'avaient fait qu'empirer au fur et à mesure qu'il grandissait et à quinze ans, il avait finalement quitter le deux pièces qui leur servait de logement pour vivre dans la rue. Et c'était là qu'il avait finalement trouvé sa place.
La vie lui avait au moins appris que là, seul comptait la loi du plus fort. Alors il l'était devenu. Charismatique et meneur d'homme, il n'avait eu aucun mal à s'entourer de petits malfrats en tout genre dont il était vite devenu le chef. N'ayant aucune pitié pour les plus faibles, il apprit à les asservir et avait commencé à gravir les échelons de la rue pour finir à la tête de tout le quartier où il avait vu le jour. Il y contrôlait tous les petits trafics mais n'avait pas encore pénétré dans la cour des grands de ce monde si particulier.
Peut-être ne l'aurait-il jamais fait d'ailleurs si un jour une jeune femme, sa maîtresse du moment, n'était pas venu le chercher pour lui annoncer la mort de sa mère, sur laquelle il avait toujours gardé un œil, même s'il ne lui parlait plus. C'était sa mère quand même. Une overdose. Ce qui ne lui parut pas surprenant vu ce qu'elle consommait déjà quand il l'avait quitté. Jusqu'à ce qu'il trouve, en vidant l'appartement et en y récupérant quelques affaires, une lettre qui lui était adressé. Elle datait de peu de temps après son départ. Sûrement que sa mère avait quand même eu quelques remords, se dit-il en l'ouvrant. Mais l'enveloppe ne contenait que son certificat de naissance et une lettre adressée à sa mère de la main d'un homme, s'il en croyait les propos. Visiblement son père biologique. L'homme lui conseillait d'avorter car il ne pouvait pas poursuivre sa relation avec elle vu qu'il rentrait à l'école de police, suivant le souhait de ses parents et ne pouvait donc pas révéler sa faute. D'après la suite, il lui avait tout de même fait parvenir une somme d'argent.
Il avait laissé tomber la lettre, stupéfait. Un flic ! Son père était un de ses pourris de flics qui le pourchassait sans cesse. Une bouffée de haine l'envahit. Il le lui ferrait payer !
Mais il s'avéra que le nom était faux et il ne trouva jamais la trace de son père biologique. Au fil du temps, il en vint à haïr la police dans son ensemble et entreprit une véritable croisade contre ses représentants.
Ooo000ooO
La soirée était déjà bien avancée quand Renji arriva à son rendez-vous. Il avait prévenu par téléphone la jeune sœur de son commandant qu'il valait peut-être mieux remettre cela à un autre soir, mais la jeune femme avait décrété qu'elle l'attendrait.
Il la repéra tout de suite dans le petit restaurant familial qu'il avait choisi et où il avait ses habitudes. Seule à une table, elle buvait un verre en regardant autour d'elle, très certainement surprise du nombre de policiers qui dinaient ici. Il salua plusieurs collègues tout en se faufilant entre les tables pour la rejoindre, se posant la question, encore une fois, de ce qu'elle pouvait bien lui vouloir. C'est vrai qu'il l'avait un peu dragué au manoir Kuchiki, par jeu ou par habitude, mais rien ne laissait supposer qu'elle y avait attachée plus d'importance que ça. Et puis, il s'agissait de la jeune sœur de son supérieur. Rien que ça le refroidissait quelque peu. Sans compter que…
- Bonsoir Renji ! le coupa-t-elle dans ses pensées. Tu as enfin pu te libérer ?
Il la salua et s'installa en face d'elle, décidé à comprendre le but de la charmante sœurette avant que Byakuya ne lui tombe dessus.
Plus loin, dans un coin de la salle, Kira, qui dînait également là avec un de ses collègues sentit un étau lui étreindre la poitrine en le voyant s'installer, un immense sourire aux lèvres. Il s'évertua néanmoins à participer à la conversation en essayant de faire abstraction de ce qui se passait à la table des deux jeunes gens.
Renji, lui, ne l'avait pas vu. Et avait maintenant toute son attention fixée sur la jeune femme en face de lui. Cette dernière faisait la conversation à elle seule, lui posant des tonnes de questions auxquelles elle lui laissait à peine le temps de répondre. Il réussit à commander le repas entre deux flots de paroles et ils furent bientôt servis :
- Tous les flics mangent ici ? demanda-t-elle soudain.
- Une bonne partie des célibataires, oui. C'est un peu notre cantine.
- Tu aurais pu m'inviter dans un endroit plus calme, reprocha-t-elle.
- Plus intime tu veux dire ?
- Oui, je te fais quand même l'honneur…
- Rukia, la coupa-t-il. Je ne sais même pas pourquoi tu voulais passer cette soirée avec moi. De plus, je te rappelle que ton frère aîné est mon commandant…
- Il te fait peur ? A chaque fois c'est la même chose, je ne peux pas sortir comme je l'entends et avec qui je veux ! s'insurgea-t-elle.
A sa grande surprise, Renji éclata de rire et elle se renfrogna, se mettant à bouder. Le policier se calma tant bien que mal et lui sourit gentiment :
- Je ne suis en fait qu'un moyen pour toi de t'affirmer vis-à-vis de ton aîné, dit-il en lui relevant doucement la tête pour capter son regard noir. Tu m'en vois flatté mais même si tu es très jolie, il m'en faut plus pour tomber amoureux. Soyons amis et passons une bonne soirée. Qu'en dis-tu ? Prenons déjà le temps de faire connaissance.
Elle lui sourit timidement et il la lâcha :
- Tu dois me trouver stupide non ? demanda-t-elle.
- Non. Juste un peu trop téméraire. Avec ce genre de rendez-vous, tu pourrais fort bien tomber sur les mecs peu scrupuleux.
- Mon nom de famille suffit en général à effrayer tous les garçons qui m'approchent…
- C'est qu'ils ne méritent pas ton attention. Sois juste un peu patiente !
- Facile à dire, bougonna-t-elle.
Elle sembla pourtant faire contre mauvaise fortune bon cœur et passa une bonne soirée en compagnie du jeune policier. Même si elle devait s'avouer qu'il n'était effectivement pas le genre d'homme qui lui plaisait. Non, celui qui lui aurait bien plu était plutôt son patient au manoir. Mais là, après bien des essais, elle avait fini par déclarer forfait. Soit Ichigo l'ignorait, faisait comme si elle était transparente ou pire, la traitait comme une de ses cadettes.
Finalement Renji la raccompagna dehors où l'attendait le taxi qu'il avait appelé pour qu'elle rentre :
- J'aurais pu me débrouiller ! lui reprocha-t-elle.
- Pas question qu'il t'arrive quoi que ce soit ! Je tiens à ma vie moi !
Elle sourit :
- Merci quand même pour cette soirée.
- Même si ce n'est pas ce que tu attendais ? demanda-t-il malicieusement.
- Oui. Tu es de bonne compagnie et j'aimerais… enfin, si tu le veux…
- On reste en contact, lui promit-il gentiment.
Elle se hissa sur la pointe des pieds pour déposer sur ses lèvres un chaste baiser avant de monter dans le taxi.
Renji se retourna avec l'idée d'aller boire un dernier café avant de rentrer. Mais sur le pas de la porte de ce dernier, se trouvait Kira. Leurs regards se croisèrent mais avant qu'il ait pu dire un mot, ce dernier fut entraîné par son collègue qui venait de le rejoindre et disparut au coin de la rue. Il soupira et décida de rentrer. Il irait le voir demain. A chaque jour suffisait sa peine…
Ooo000ooO
Appartement de Toshiro
Le lieutenant posa son katana contre le mur et invita Shûhei à entrer à sa suite :
- Je n'ai pas grand-chose mais il doit me rester une pizza surgelé, si ça ta tente… proposa-t-il.
- Ça fera l'affaire. De toute façon, je n'ai pas le courage de faire de la cuisine ce soir !
- Parce que tu sais cuisiner ?
- Pas toi ?
Toshiro grommela une réponse indistincte et fouilla dans le congélateur. Son invité se surprit à sourire, le trouvant encore plus mignon quand il était embarrassé. Comme maintenant :
- Tu veux un coup de main ?
- Je sais encore faire réchauffer une pizza !
Shûhei soupira et vint s's'appuyer au comptoir séparant la cuisine à l'américaine du salon, servant également de table :
- Ce n'est pas ce que je voulais dire, s'excusa-t-il. Tu prends toutes mes paroles mal ces derniers temps.
- Désolé, marmonna son hôte. Tu veux une bière ?
- Je veux bien oui…
Toshiro en sortit deux et mit sommairement la table avant de s'installer en face de lui le temps que leur repas soit prêt :
- Tu m'en veux ? demanda-t-il, un peu inquiet.
- Non, tu sais bien que non…
- Mais ?
- Tu m'as demandé de la patience… mais je crois que c'est inutile, expliqua le jeune homme. Tu me vois toujours comme un danger et toutes mes actions ou paroles sont sujettes à caution. Je n'en peux plus Toshiro… Alors passons cette soirée comme deux collègues et ensuite mettons un peu de distance entre nous. Je pense que ça vaudra mieux pour toi.
La sonnerie du four retentit. Le lieutenant s'en occupa, réfléchissant à toute allure en même temps. Il se sentait gauche et stupide. Il aimait la compagnie de Shûhei et s'en rendait compte tous les jours depuis qu'ils passaient la majorité de leur soirée ensemble. Pourtant il était incapable de lui dire un mot gentil, de lui faire comprendre qu'il l'appréciait. Instinctivement, il se braquait à chacune de ses paroles. Et maintenant, il le blessait… Que devait-il faire ou dire ?
Il ramena la pizza et ils mangèrent en parlant de l'enquête en cours et de leur manque de progrès. Au moins, sur ce terrain, ils ne risquaient pas d'impairs.
Mais encore une fois la soirée passa bien trop vite pour le lieutenant. Il fut bientôt l'heure que son ami s'en aille, après un dernier café. Toshiro la raccompagna jusqu'à la porte :
- Bon, et bien au revoir Toshiro. Et merci !
Ils étaient face à face, le jeune homme était un peu plus petit que son subordonné. Il sentit que s'il ne faisait pas quelque chose là et maintenant, tout serait fini avant même d'avoir commencé. Et ce n'était pas ce qu'il voulait. Il attrapa son bras avant qu'il ne se retourne :
- Shûhei…
- Oui ?
- J'ai… j'aime être avec toi… dit-il doucement sans oser le regarder, faisant bondir le cœur de son ami dans sa poitrine qui attrapa son visage entre ses mains :
- Toshiro…
Sans que ce dernier comprenne vraiment comment, il se retrouva dans ses bras et ses lèvres s'emparaient des siennes. Surpris pendant un bref instant, il s'abandonna ensuite à cet échange passionné.
Shûhei prit sur lui, mais rompit le baiser avant de perdre totalement tout son contrôle, bien fragile en cet instant. Il lui sourit :
- Merci Toshiro… dit-il tendrement avant de sortir rapidement de son appartement.
Son lieutenant resta longtemps à fixer la porte derrière laquelle il s'était enfui. A la fois soulagé et frustré.
Shûhei s'adossa quelques instants à la porte en sortant, les jambes encore flageolantes, reprenant doucement ses esprits. Toshiro l'acceptait enfin ! Mieux il ne l'avait pas repoussé et avait même répondu à son baiser ! Il sourit béatement avant de reprendre, à regret, le chemin de son appartement. Mais le ciel étoilé avait des airs de fêtes dans son cœur ce soir.
Ooo000ooO
Appartement d'Ulquiorra Scheffer
Il profita de l'absence du jeune étudiant pour forcer sa porte. Tout à fait illégalement, mais il n'était pas là pour recueillir une quelconque preuve. Non plutôt pour comprendre et trouver l'élément qu'il lui manquait.
Sosuke visita tranquillement les lieux, ses yeux s'attardant sur tout et rien, à la recherche du petit quelque chose qui le mettrait sur une piste. Il regarda longuement les photos accrochées au mur, sûrement par ses parents d'après leur disposition et leur ordre, comme une façon de rappeler à l'occupant des lieux d'où il venait. Rien dans la pièce principale ne laissait supposer qu'un jeune étudiant y vivait. Tout était impeccable, jusqu'à la moindre trace de poussière que l'on avait fait disparaître. Pas de vaisselle sale dans la petite cuisine attenante possédant tout le confort moderne, un frigo et des placards bien remplis. Même pas la tasse ou le bol de café du matin… Une femme de ménage devait passer chaque jour ici. Il fouilla rapidement les différents tiroirs du bureau et étagères où reposaient les livres et les cours. Toujours rien. La salle de bain ne lui apporta aucune autre information non plus. Il passa dans l'unique chambre. La sienne donc. Là encore, un lit parfaitement fait, pas d'affaires traînant ça et là. Il ouvrit une à une les armoires et continua par les tiroirs de la commode. Il commençait à désespérer quand il remarqua quelque chose sous une pile de tee-shirt. Une pochette de CD. Il ne l'aurait d'ailleurs pas remarqué si elle n'avait pas accroché la lumière de l'ampoule électrique.
Il s'en saisit et la contempla longuement. Aucune marque ni inscription ne figurait sur la pochette ou même sur le disque. Il repassa dans l'autre pièce, mais pas d'ordinateur en vue. Sûrement que le jeune homme l'avait avec lui. Il prit son portable et appuya sur une touche :
- Patron ? fit la voix de Gin.
- Viens me rejoindre chez le jeune Schieffer avec de quoi copier un CD. Et vite !
- Tout de suite !
Ooo000ooO
Manoir Kuchiki
La nuit avait envahi le domaine depuis longtemps quand Ichigo commença à s'agiter dans son sommeil alors qu'une nouvelle poussée de fièvre le terrassait. Il en avait encore de temps à autre, mais de moins en moins fréquemment et surtout bien moins forte qu'avant. Des gémissements étouffés franchirent ses lèvres jusqu'à ce qu'il s'éveille soudain et se redresse dans son lit, s'octroyant au passage, une violente douleur dans le dos. Mais il en tint à peine compte tant ce qu'il venait de se rappeler était important.
A tâtons, il se leva et enfila le kimono d'intérieur qu'il portait encore dans la soirée par-dessus son caleçon et ses bandages, seuls vêtements que sa peau supportait la nuit. Il sortit de sa chambre en se tenant au mur, guidé par le clair de lune qui s'engouffrait dans le manoir endormi, l'éclairant bien suffisamment. Sa poussée de fièvre semblait persister mais il devait réussir !
La chambre qu'il cherchait jouxtait la sienne aussi y pénétra-t-il sans se poser de question, obnubilé par ce qu'il devait absolument transmettre avant de l'oublier à nouveau. La lame froide d'une arme se posant sur sa gorge le surprit à peine et il murmura juste :
- C'est moi… Commandant…
- Ichigo ?
Byakuya, réveillé en sursaut par des bruits divers, avait agit d'instinct et laissa tombé son katana immédiatement pour cueillir dans ses bras son protégé qui s'effondrait sous l'effort qu'il venait de fournir.
- Mais qu'est-ce que tu fais là ? s'étonna-t-il en le guidant jusqu'à son lit.
- Je me suis rappelé… il fallait que je vous le dise… ce jour-là…
- Commence par te calmer et t'asseoir !
Avec des gestes calmes mais fermes, il força le jeune homme à se poser avant de continuer son histoire. Ce dernier le remercia d'un sourire et récupéra un peu son souffle.
- Rukia va me tuer si je te laisse t'agiter ainsi ! lui reprocha doucement son supérieur.
- C'était important, se justifia Ichigo. Je me suis brusquement rappelé ce que m'avait dit Mabashi avant que je sombre dans l'inconscience.
- Je ne sois pas sûr que cela le soit plus que ta santé…
- Si ça l'est ! le coupa Ichigo en lui attrapant presque violement le bras et en le fixant. Il a dit que cette fois au moins, ils ne louperaient pas leur coup comme au gymnase et qu'ils tueraient au moins un flic !
- Tu en es certain ? demanda Byakuya d'une voix glaciale sans même chercher à se dégager de sa poigne.
- Sûr et certain ! Les mots ne sont peut-être pas ceux-là exactement mais c'est ce qu'il m'a dit ! Pourquoi aurait-il menti à quelqu'un qu'il allait tuer ?
C'était on ne peut plus vrai et Byakuya le savait pertinemment. Son regard, devenu un instant tout aussi froid que sa voix, redevint doux en se reposant sur son subordonné qui avait cessé de lutter contre la fièvre, son message transmis et s'était rendormi. Ou avait sombré dans l'inconscience. Il l'allongea dans son lit et retourna à sa chambre pour prendre un remède contre la fièvre que lui avait donné sa cadette pour parer à ce genre de choses pendant ses absences. Et ce soir, elle était justement de sortie.
Quand il se recoucha, bien plus tard, le jeune le jeune homme dont la température avait baissée, vint se lover contre lui et Byakuya l'entoura d'un bras avant de sombrer à son tout dans le sommeil.
A suivre…
