Disclamer : Les personnages appartiennent à Tite Kubo. UA - Yaoi
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Chapitre 8
Le lendemain soir, maison de Jûshirô
La journée avait été longue pour les deux commandants qui se délassèrent avec plaisir dans un bon bain chaud, sitôt rentrés.
Jûshirô se laissa aller contre son amant, profitant amplement du moment, mais surtout de sa présence, ici avec lui, au quotidien. A quel moment avait-il compris que son meilleur ami l'aimait ? Il ne savait plus vraiment. Tout ce qu'il se rappelait, c'était qu'à l'époque, il était encore marié. Sa femme, Retsu Unohana était superbe mais, tout comme lui, ne l'avait épousé que pour satisfaire sa famille et poursuivre en paix son unique réel but, devenir médecin. Ce qu'elle avait atteint avec brio vu qu'elle dirigeait aujourd'hui l'hôpital de la ville. Ils avaient vite compris l'un comme l'autre que leur carrière passait en priorité et que, s'ils s'appréciaient, ils ne s'aimaient pas. Mais par commodité ou confort, ils avaient fait avec. Jusqu'à ce qu'il comprenne les sentiments de son meilleur ami.
C'était juste à son réveil, après sa blessure. Le premier visage qu'il avait vu avait été le sien. Et il n'oublierait jamais la lueur qu'il avait découverte dans ses yeux, soulagés, de le savoir en vie. C'était peut-être la seule fois où il s'était trahi. Retsu, elle, était restée égale à elle-même, juste heureuse de la savoir bien vivant, mais aucune lueur identique dans son regard. C'est sans doute ce qui lui avait fait comprendre l'ampleur des sentiments de Shunsui. Oh pas tout de suite non plus. Mais suffisamment pour qu'il le réalise avant d'être enfin autorisé à retourner chez lui. La première chose qu'il avait faite en sortant de l'hôpital avait été d'organiser son divorce. Comme il s'y attendait, Retsu n'avait pas protesté. Mais cela avait longtemps traîné à cause de leur famille respective. Et il avait fallu cet incendie pour que Shunsui ose enfin se déclarer... Et encore avait-il fallu qu'il lui force un peu la main !
Il sourit, le regarda à la dérobée et constata qu'il avait l'air à cent lieux de là.
Visiblement perdu dans ses pensées, Shunsui caressait le bras de son compagnon, allongé contre lui, préoccupé par la demande de leur mentor. Ce dernier l'avait convoqué la veille pour qu'il veille à ce qui n'arrive rien de fâcheux à son amant. C'était donc que, lui aussi, considérait la menace sérieuse. Et cela l'inquiétait plus que tout autre chose. Il soupira, se demandant comment il allait bien pourvoir veiller sur lui plus qu'il ne le faisait déjà… sans qu'il s'en rende compte.
- Un problème ? demanda à ce moment Jûshirô en se tournant vers lui, fronçant les sourcils.
- Non rien… Un peu de fatigue, c'est tout.
- Les journées sont épuisantes et pourtant, j'ai l'impression que l'on n'avance pas !
- Ça fait tous justes deux jours ! s'écria son compagnon. Ne sois pas si impatient !
- Mais je suis si sûr de moi !
- Jû-chan… Je t'admire tu sais, fit Shunsui en l'enlaçant. Si déterminé et si impatient…
- Ne te moque pas, se plaignit faussement son amant. Sinon je te le fais payer au centuple !
- Ne me tente pas… dit-il en glissant ses lèvres dans son cou.
Jûshirô soupira et s'allongea un peu plus sur lui, ne boudant pas ce câlinage imprévu. Tout son être avait besoin d'oublier un peu les dernières journées de travail. Shunsui nota son accord implicite et poursuivit doucement sa caresse, accentuant même légèrement la pression sur son bras pour remonter le long de celui-ci et passer sur le torse sur lequel il dessina de longues et tendres arabesques.
Le soupir de contentement qui s'échappa alors de la bouche de son compagnon suffit à l'enhardir suffisamment pour s'emparer de ses lèvres en se penchant vers lui. Jûshirô bougea et remonta un peu pour qu'ils soient plus à l'aise tout en répondant ardemment à son baiser. Shunsui poussa un gémissement étouffé par leur échange mais serra plus fortement son corps contre lui, sa main descendant sur les tétons pour les agacer. Jûshirô s'arqua quelque peu de surprise avant de plonger une ses mains dans l'eau, à la recherche d'une partie de son corps à exciter aussi. Douce et délicieuse vengeance. Ils rompirent le baiser pour se regarder :
- On sort ? s'enquit Shunsui qui sentait l'eau se refroidir vite. Tu vas attraper froid…
Jûshirô eut une moue adorable de contrariété mais obtempéra de bonne grâce et se glissa hors de la baignoire, bientôt suivi de son amant qui vint se coller contre son dos :
- Pas question que je te lâche pour autant… murmura-t-il à son oreille, câlin.
- C'est bien ainsi que je l'entendais, ronronna le commandant en se laissant aller contre le corps puissant derrière lui avec un soupir de bien-être.
Shunsui les enveloppa dans une des ces immenses serviettes de bain et commença avec une autre plus petite à sécher la longue chevelure blanche. Jûshirô gémit de plaisir et le laissa faire un moment. Il fallait avouer que son amant savait y faire. Ses mains le séchaient en caressant et massant son cuir chevelu, le détendant complètement. Il finit par se retourner vers lui pour capturer de ses lèvres la peau à sa portée. Ses bras vinrent enlacer la silhouette puissante et ses mains commencèrent un doux ballet sur le dos sculpté, s'amusant à sentir rouler les muscles sous la peau.
Shunsui grogna un son inintelligible et le souleva pour l'emmener dans la chambre. Jûshirô s'accrocha à lui pour lui faciliter la tâche et passa ses jambes autour de sa taille en lui glissant à l'oreille qu'il se fit un plaisir de mordiller au passage :
- Pressé mon amour ?
- Tu es particulièrement… entreprenant ce soir…
- Tu n'aimes pas ?
- J'adore… gémit-il.
Jûshirô émit un petit gloussement de plaisir quand des lèvres gourmandes confirmèrent cet aveu alors qu'il le déposait doucement sur le grand lit qui était devenu le leur. La serviette de bain qu'ils avaient, tant bien que mal, maintenue autour de leurs deux corps glissa à terre et Shunsui vint s'allonger sur lui, le faisant gémir d'anticipation. Il ferma les yeux pour mieux savourer ce moment. Un comme il les aimait. Shunsui était là pour lui. Il avait encore tant de mal à y croire parfois…
Rapidement, il perdit le fil de ses pensées…
Il se mit à gémir sous les caresses aussi douces qu'indécentes que son amant lui prodiguait. Il se laissait bercer par son rythme, harmonisant ses mouvements au siens, osant lui aussi des gestes dont il aurait encore rougi quelques semaines plus tôt. Mais Shunsui avait su le guider pas à pas, avec tendresse et amour, ne le forçant jamais à rien qu'il ne veuille faire. Il ne le prenait qu'avec son accord et avec une déférence telle, que bon nombre de femme auraient espéré de leur compagnon masculin, sans jamais l'obtenir.
Mais ce soir, il avait envie lui aussi de plus. Et alors que Shunsui descendait langoureusement sa bouche sur son nombril, il le repoussa pour inverser leur position.
- Amour ? s'étonna son amant. Tu…
- Chut… savoure… le coupa-t-il en souriant et en s'emparant de ses lèvres pour un sulfureux baiser qui laissa son compagnon sans souffle et désorienté.
Shunsui avait l'impression de rêvé tout éveillé. Obéissant, il ferma les yeux et laissa son bourreau le torturer délicieusement, parfois un peu maladroitement, mais tellement irrésistiblement que son corps entier s'enflammait comme jamais encore depuis le début de leur relation.
Il aimait cet homme depuis tant de temps, qu'il n'avait jamais cru qu'un jour, il pourrait vivre ces instants. Quant il l'avait enfin poussé à se révéler, à chaque nouvelle étreinte, il avait eu peur qu'il change d'avis et finisse par le repousser. Pourtant la première fois qu'il l'avait posséder, il aurait pu mourir de plaisir que ça lui aurait été égal, tant il était heureux. Il l'avait guidé du mieux qu'il avait pu, tentant de lui transmettre tout son amour. Mais ce qui se passait ce soir était encore pour lui, un peu plus tôt, du domaine du rêve. De passif jusqu'à maintenant, Jûshirô venait de s'improviser actif.
Il se grisa à ses caresses, gémit, et même feula de plaisir à chacune de ces attentions, si minimes soient-elles. Il l'observait par moment, participait bien sûr, en l'encourageant par toutes sortes d'égards. Il crut défaillir quand l'écrin de sa bouche se referma autour de son sexe tendu. Ses mains se perdirent dans la chevelure blanche, encore emmêlée et de petits cris lui échappèrent. Il ne s'appartenait plus.
Jûshirô avait peu à peu pris de l'assurance. Les douces complaintes de plaisir de Shunsui l'y encouragèrent et le guidèrent. Et plus le temps passait, plus il voulait posséder son amant bien plus qu'il n'avait jamais souhaité faire sienne n'importe quelle femme. C'était magique, enivrant, délicieusement troublant. Comme un interdit que l'on ose enfin franchir. Et il adorait cette sensation. Il n'avait jamais eu autant conscience à quel point l'amour pouvait sublimer une étreinte entre deux êtres. Il l'amena vers la délivrance, recueillant sa semence avec délice comme un fruit défendu.
Shunsui avait perdu pied depuis longtemps quand son amant se glissa en lui. Il mourrait un peu plus à chacun de ses coups de rein et ne s'entendait plus crier son plaisir. Jûshirô le chevauchait en unissant ses cris au siens, lui aussi ayant, cette fois, perdu toute notion autre que le corps sous lui. L'extase les ravagea, les laissant pantelant, accroché l'un à l'autre comme s'ils avaient peur de se perdre.
Longtemps, ils savourèrent les derniers frissons de plaisir parcourant leur corps brisés mais comblés. Puis lentement, comme à regret, ils se séparèrent pour aussitôt se glisser dans les bras l'un de l'autre, plus confortablement. Shunsui remonta la couette sur eux, prenant comme toujours soin, du bien-être de son amant.
Ils plongèrent dans les bras de Morphée après s'être embrassé une dernière fois, épuisés mais sachant tous deux qu'ils venaient de franchir un cap important de leur relation. Shunsui attira son amant contre lui, dans un futile espoir de le protéger contre tout ce qui pouvait simplement lui voler un peu de l'être qu'il aimait plus que sa propre vie.
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Manoir Kuchiki
Comme chaque matin depuis qu'il pouvait se déplacer, Ichigo rejoignit son commandant au petit-déjeuner. Depuis qu'il s'était réveillé dans sa chambre deux jours plus tôt, ce dernier profitait de ce moment pour lui faire un point sur l'enquête en cours. Le jeune policier ne savait pas trop si c'était à nouveau pour l'impliquer dans son travail ou simplement pour éviter ses longs silences qui s'installaient parfois entre eux. Pas vraiment gênant d'ailleurs, juste un peu… Il ne savait quoi… presque complices ? Oui, c'était un peu le mot, et il ne savait comment y réagir. Byakuya n'avait pas du tout semblé gêner de se réveiller à ses côtés. En tout cas bien moins que lui qui avait dû rougir jusqu'à la racine de ses cheveux. Surtout qu'il lui avait fallu un bon moment pour se rappeler ce qu'il était venu faire dans cette chambre au beau milieu de la nuit.
A sa grande surprise aussi, son commandant rentrait également une petite heure chaque après-midi pour s'entraîner un peu avec lui depuis, bien que Rukia ne soit pas du tout d'accord pour qu'il remanie son katana si rapidement. Assez étrangement, leurs rapports semblaient plus… faciles depuis cette nuit-là, presque trop. Rien que d'y repenser, Ichigo se sentit rougir à nouveau alors qu'il arrivait justement dans la salle à manger :
- Un souci Ichigo ? interrogea Byakuya après l'avoir salué.
- Non… rien de bien important.
- Bien, installe-toi ! J'ai de bonnes nouvelles ce matin !
- Vous avez enfin avancé ? interrogea aussitôt son subordonné, toutes autres pensées envolées pour l'instant.
- Oui ! Et ce, grâce à toi !
Et son commandant lui raconta comment ils avaient finalement fait le lien entre Mabashi et le gymnase. Grâce à l'une de ses empreintes relevées à l'intérieur d'un boitier d'alarme, désactivé par ses soins visiblement, et qui avait miraculeusement échappé à la carbonisation. Et également grâce à ce bout de métal retrouvé sur place par Ichigo. Nell avait eu beaucoup de mal à le reconstituer mais avait finalement pu découvrir son origine, un bout de lame d'une scie à métaux ayant servie à fragiliser la structures des tribunes qui s'étaient écroulées. Mêmes brulées, ces dernières en avaient gardés quelques traces. Bien sûr, Mabashi niait tout en bloc, mais Toshiro et Shûhei ne désespéraient pas d'arriver à le faire avouer.
- Et qu'allez-vous faire maintenant ? demanda Ichigo.
- Trouver celui pour qui il travaillait, Jin Kariya. Mabashi ne peut pas avoir monté seul un tel coup. Il est forcément derrière ça, sinon qui aurait essayé de te faire taire à l'hôpital ? Sûrement que Kariya s'est douté que son subordonné avait dû se vanter…
- J'ai hâte de pouvoir reprendre, murmura le jeune policier comme pour lui-même.
- Pas avant de pouvoir te défendre de nouveau seul ! Et pour l'instant, c'est bien loin d'être le cas.
Ichigo se renfrogna, mécontent qu'il lui rappelle sa faiblesse et plongea dans son petit-déjeuner sans rien ajouter, faisant sourire son commandant.
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Dans le nord de la ville
Le commandant Kyôrakû et son équipe n'avaient pas leur pareil pour faire parler les morts, comme disaient fréquemment les autres policiers. Même si aucun indice ne laissait, à priori, de piste quelconque sur un cadavre, ils finissaient toujours par connaître la vie du trépassé dans ses moindres détails. Et les morts du supermarché n'avaient pas échappés à cette règle. Au bout de quinze jours, Shunsui et son équipe planquaient dans le quartier neuf de la ville, là où s'étalaient à perte de vue, des villas toutes plus voyantes les unes que les autres.
La piste de l'un de ces morts les y avait amenées et ils avaient réquisitionné une des villas vide pour y installer un matériel de haute précision, destiné à capter les différentes conversations de villas alentours et à y surveiller les allées et venues.
Le commandant entra discrètement par la porte de derrière, ce matin-là, pour voir comment se passait l'installation des différents appareils. Il y retrouva Uryû qui semblait prendre un réel plaisir à faire joujou avec toute cette technologie de pointe et Shinji, passablement énervé de devoir planquer là toute la journée ou tout du moins une partie, jusqu'à la relève en milieu d'après-midi.
Il prit un café avec ses hommes, leur rappelant très clairement leur objectif premier. Observer, prendre des photos au besoin qu'ils transmettraient à la brigade via l'ordinateur pour recherche d'identité ou autre. Ecouter, enregistrer et analyser tout ce qui paraissait digne d'un semblant d'intérêt. Pas d'intervention par contre, dans un premier temps on relevait les indices, les pistes et c'était tout.
- C'est chiant comme boulot ! se plaignit Shinji.
- Non, au contraire, lui rétorqua son collègue. C'est avec ce genre de boulot qu'on peut trouver des poissons plus gros et les piéger !
- Ça, c'est ce qu'on t'apprend à l'école le bleu ! se moqua encore Shinji.
- Et c'est parfaitement vrai ! coupa Shunsui. Ne fais donc pas ta mauvaise tête et apprend-lui comment repérer ce qui est susceptible de nous intéresser ! Ne te fais donc pas tant prier !
Ce dernier marmonna quelques mots incompréhensibles mais retourna à l'installation du matériel.
- Je repasse avec la relève ! les salua le commandant avant de quitter les lieux tout aussi discrètement qu'il y était venu, sachant que malgré sa mauvaise humeur, Shinji était le meilleur pour trouver ce qui pouvait sortir de l'ordinaire dans ce genre de planque.
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Quand Kira arriva ce matin-là, il assista à une scène bien étrange malgré lui. Un peu démoralisé depuis qu'il avait surpris Renji avec la jeune sœur de son commandant, il dut refaire un aller retour chez lui, s'apercevant qu'il avait oublié sur la table le dossier sur lequel il travaillait la veille au soir. De ce fait, il fut obliger se garer assez loin des ascendeurs, toutes les places étant déjà occupées. Il aperçut de loin, le commandant Aizen et Grimmjow en pleine discussion ou plutôt une dispute, se dit-il en fronçant les sourcils. Mais le temps qu'il les rejoigne, le commandant de la brigade des Mœurs avait disparu.
- Ça va ? demanda Kira à son collègue qui lui tournait le dos et avait les mains en appui sur le mur en face de lui.
Ce dernier se retourna violement, ne l'ayant pas entendu arriver. L'arrivant eut un mouvement instinctif de recul devant le masque de haine qu'affichait le jeune homme en face de lui et qu'il perdit bien vite en le reconnaissant enfin.
- Kira ?
- Oui… ce n'est que moi… répondit le jeune homme hésitant sur la conduite à tenir devant ce qu'il avait surpris et qu'il ne comprenait pas encore.
Brutalement son vis-à vis se détendit avant de regarder de tous côtés :
- Il est parti ? demanda-t-il.
- Qui ? Le commandant Aizen ?
- Oui, cet espèce d'enfoiré ! cracha Grimmjow.
- Il avait disparu à mon arrivée, confirma Kira. Je vais peut-être te laisser…
- Non ! Je suis désolé Kira… c'est compliqué…
Oui, ça devait l'être pensa le jeune policier qui savait comme tout le monde que Grimmjow avait volontairement quitté la Brigade des Mœurs. Il n'aurait pas dû s'en mêler, il le savait mais dit presque malgré lui :
- Tu veux qu'on remonte ensemble ?
Grimmjow s'était repris et accepta la proposition d'un hochement de tête. Ensemble ils prirent l'ascenseur jusqu'à l'étage des différentes brigades. Arrivés là, Kira s'apprêta à le laisser quand son compagnon de voyage le retint par le bras :
- Tu fais quelque chose de spécial ce soir ? demanda-t-il.
Fugitivement, Kira pensa à Renji et secoua la tête pour signifier que non :
- Je t'invite alors ! A ce soir, au resto habituel !
Et avant qu'il ait pu ajouter un mot, Grimmjow s'engouffrait dans ses locaux. Il haussa les épaules et se dit, après tout, pourquoi pas ? Un peu de compagnie ne lui ferait pas de mal.
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Brigade financière
Cela faisait déjà quelques jours que Sosuke avait visité l'appartement du jeune étudiant et récupéré la copie du CD quand il réussit enfin à percer son cryptage. Le jeune Ulquiorra avait, semblait-il, prit un soin tout particulier à compliquer le codage des quelques éléments qui y figuraient. Bien sûr, il aurait pu demander de l'aide à Kisuke Urahara et son équipe, mais son égo le lui avait interdit. Ne se vantait-il pas d'être aussi, sinon plus intelligent que le brillant scientifique ? De plus, les différentes enquêtes suivaient doucement leurs cours, n'obligeant en rien à décoder le CD dans l'urgence. Les deux jeunes étudiants, toujours sous surveillance, semblaient se tenir tranquille, bien qu'il en douta quelque peu. Ils étaient assez intelligents tous les deux pour avoir trouvé une parade leur permettant de fabriquer la drogue ailleurs.
Un semblant de sourire éclaira un instant son visage alors que s'affichait sur son écran la liste des documents contenus sur la copie. Des photos, quelques papiers semblant être des copies d'extraits d'actes de naissance, l'un au nom du jeune homme et l'autre au nom d'une jeune fille Menoly Mallia. Il supposa que c'était la petite fille qui se trouvait sur les photos avec Ulquiorra enfant. Elle semblait un peu plus jeune. D'après les extraits de naissances, ils avaient le même père. C'était donc la demi-sœur du jeune homme.
- Quelqu'un qu'il protège… oui, mais de quoi ? murmura comme pour lui-même le commandant en passant au deuxième dossier.
Là, c'est un autre genre de photos qu'il découvrit. Et son esprit comprit qu'enfin qu'il venait de mettre la main sur l'élément qui lui manquait encore pour confondre le jeune homme. Si toutefois celui-ci acceptait son aide. Et dans sa situation, rien n'était moins sûr. Mais il ne s'était pas trompé. Ulquiorra Schieffer cachait un terrible secret.
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Brigade Spéciale, fin de journée
Toshiro s'étira en baillant. Machinalement il jeta un rapide coup d'œil à la pendule de bureau et constata que ce soir encore, il ne pourrait pas voir Shûhei. Déjà trois soirs qu'il était obligé de décommander leur rendez-vous… Il soupira longuement et remettant le casque sur ses oreilles, se replongea dans les vidéos des interrogatoires de la journée. A l'écran, Renji et Grimmjow faisaient un parfait numéro de duettistes, bon et méchant flic, avec le rouge dans le rôle du sympathique policier. Il fallait avouer que Grim n'avait pas vraiment à se forcer pour se faire passer pour le sauvage de service. Ce qui lui arracha un sourire.
Comme chaque soir depuis qu'ils avaient fait le rapprochement entre Mabashi et l'incendie du gymnase, il analysait et recoupait, à la demande de son commandant, les différents interrogatoires à la recherche de l'élément qui les mettrait enfin sur la piste du commanditaire de la bande sans aucun doute possible. Même si en sont fort intérieur, il restait persuadé que Jin Kariya se trouvait bel et bien derrière tout ça, l'attaque du supermarché foirée exceptée. C'était le seul point sur lequel Toshiro acceptait de croire Mabashi. Kariya n'aurait jamais monté quelque chose d'aussi peu préparé. L'homme était bien trop calculateur et méthodique pour cela. Et si c'était bien lui qui avait voulu faire taire Ichigo à l'hôpital, c'est qu'il se doutait que cette piste remonterait jusqu'à lui.
Il lança un autre interrogatoire d'un des sbires capturé au supermarché et soudain tous ses sens furent en alertes. Cette fois c'était Shûhei et Chad qui interrogeaient l'homme. Un certain Ryo Utagawa qui semblait prêt à trahir tout le monde pour peu qu'il s'en sorte sans trop de casse. Mais visiblement pas au point de leur livrer Kariya. Toshiro put néanmoins faire le rapprochement avec l'autre interrogatoire qu'il venait de visionner et où Mabashi avait craché le nom d'un cercle de jeux où ils avaient leurs habitudes. Or Utagawa venait de lâcher que la patronne de ce cercle de jeux se nommait Yoshi. Il arrêta l'enregistrement, perplexe. Ce nom lui rappelait quelque chose mais quoi ?
Il fouilla dans sa mémoire pour retrouver l'information et se leva brusquement pour sortir et se précipiter à la Brigade Financière. Il tomba sur Kaien Shiba qui fermait les bureaux :
- Toshiro ? s'étonna celui-ci.
- Bonsoir Kaien, le commandant Ukitake est parti ?
- Oui… Il est tard déjà…
- Kaien, j'ai besoin d'une information qui doit être classée confidentielle, mais j'en ai un besoin urgent !
- Tu sais bien que…
- C'est juste une confirmation, le coupa Toshiro. J'ai juste besoin de savoir où vous avez réellement découvert le corps de Maki Ichinose. Rien d'autre.
- Tu le sais très bien Toshiro…
- Non ! le coupa de nouveau son collègue. Ce n'est pas chez lui, comme le dit la version officielle, vu que j'y étais justement à l'heure où il s'est suicidé soit disant !
Le lieutenant de la Brigade Financière réfléchit rapidement. Il connaissait parfaitement son jeune collègue ainsi que ses capacités. Mais sans l'accord de son supérieur, il ne pouvait pas prendre le risque de divulguer cette information. Par contre…
- Je n'en ai pas le droit et tu le sais parfaitement, reprit Kaien en stoppant de la main une nouvelle interruption. Mais si vraiment cette information est si importante pour votre enquête, alors demande-la directement à ton commandant…
- Il le sait ? s'étonna Toshiro.
- Il y a des fortes chances que tous les commandants soient au courant des détails de cette affaire. Mais je ne t'ai rien dit…
- A charge de revanche ! approuva Toshiro en quittant rapidement les lieux.
Il repassa à son bureau couper son ordinateur et fonça au parking pour récupérer sa voiture. En sortant, il mit le cap sur le la résidence Kuchiki. Il fallait qu'il soit certain, mais s'il ne se trompait pas, il tenait enfin le lien reliant Kariya à l'incendie et même plus. Il profita d'un feu rouge pour envoyer un SMS à Shûhei, lui demandant de le rejoindre là-bas. Il était un de ceux qui avait participé à l'enquête, sa présence ne serait pas de trop s'il avait raison.
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Restaurant familial
C'était avec un peu d'appréhension que Kira s'était joint à Grimmjow pour ce repas dans leur restaurant habituel. Sa journée de travail bien remplie l'avait empêché de songer plus tôt à l'invitation de son collègue pour ce dîner pour le moins étonnant. Car l'ancien protégé du commandant Aizen n'était pas le genre de flic qui se laissait approcher en temps ordinaire. Plutôt d'un caractère solitaire et renfermé, fréquemment bagarreur à l'occasion, peu, voir quasiment personne du bâtiment, à part peut-être sa nouvelle brigade, n'osait le fréquenter.
Kira ne s'était jamais posé cette question. L'occasion ne s'était jamais présentée pour lui de pouvoir discuter avec le policier d'une promotion plus ancienne que celle d'où il venait. De plus, il était lui-même d'un naturel plutôt distant depuis plusieurs aventures malheureuses durant ses années d'académie et de part son orientation sexuelle qui n'était un secret pour personne. Seul Renji, camarade de promotion, avait franchi le pas de l'amitié avec lui sans jamais lui faire de remarque désagréables à ce sujet… et bien plus, récemment.
Mais il fut plutôt agréablement surpris par celui que tous surnommait le fauve à cause de son côté félin et son habitude de frapper avant de parler. Il ne mit pas longtemps à comprendre que son compagnon de repas et le commandant Aizen avaient ensemble un lourd passif et que c'était à cause de cela qu'il avait quitté sa Brigade. Il ne fallait pas être sorcier pour saisir la nature de ce passif, et Kira n'avait jamais été idiot, loin de là. Tout comme il n'avait pas besoin d'être médecin pour savoir que l'homme en face de lui était à bout de nerf et pas loin d'exploser. Personne n'avait été épargné par les récentes affaires et la Brigade Spéciale encore moins que toutes autres.
Parler ici, avec tous leurs collègues autour d'eux pouvait s'avérer dangereux voir suicidaire et ils le savaient tous deux. Aussi quand Grimmjow lui proposa de finir la soirée dans un club de sa connaissance, il accepta malgré sa fatigue. Visiblement il avait besoin de ce confier à quelqu'un et Kira avait, lui aussi, en ce moment besoin d'oublier un certain policier aux cheveux rouges qui dinaient encore avec sa charmante dulcinée.
Ils quittèrent donc rapidement le restaurant.
Renji qui voyait bien l'entrée depuis sa place fronça les sourcils en les voyant sortir. Cela faisait plusieurs jours qu'il voulait parler à Kira mais le travail l'en avait empêché et ses soirées de libres étaient prises par la jeune sœur de son commandant, visiblement contente de quitter pour ces rendez-vous amicaux le lourd climat de la demeure familiale. Il soupira. Après tout Kira ne lui avait rien promis et il ne savait pas lui-même quoi penser de l'évolution, bien imprévue, de leur relation. Pourtant, le voir avec Grimmjow le contrariait.
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Manoir Kuchiki
Le garde qui lui ouvrit la grille du manoir le regarda suspicieusement jusqu'à que la voix tranchante et glaciale de son supérieur ne mette un terme à l'inspection en tout point désagréable au possible :
- Ça ira Kent ! Ce jeune homme est mon bras droit !
L'homme, une armoire à glace qui pourrait presque concurrencer le commandant Kenpachi, s'effaça aussitôt et s'inclina devant Toshiro qui fit quelques pas vers Byakuya. Ce dernier lui coula un regard lourd d'une menace à peine voilée, lui faisant bien ressentir que sa venue n'était pas particulièrement attendue ni souhaitée, confirmée par la question :
- J'ose espérer que tu as quelque chose de sérieux ?
- Je ne vous aurais pas déranger sans cela, rétorqua son subordonné, pas le moins du monde intimidé. Mais j'aimerais qu'on attende Shûhei, il arrive.
Byakuya leva un sourcil surpris mais acquiesça et lui fit signe de le suivre dans le jardin après avoir laissé quelques ordres. Sûrement pour l'arrivée de leur collègue. Ils marchèrent en silence jusqu'à un coin dégagé de l'immense parc où une autre voix l'accueillit beaucoup plus chaleureusement :
- Salut Toshiro ! C'est sympa de me rendre visite !
- Bonsoir Ichigo, sourit le lieutenant, je vois que tu te portes bien mieux. Ça fait plaisir à voir.
- Un petit combat ? lui proposa aussitôt le jeune homme en lorgnant sur Hyôrinmaru que le lieutenant portait sur le dos, tout comme lui.
- Pourquoi pas ?
- N'en faites pas trop ! ordonna Byakuya en se reculant pour les observer, Toshiro remarquant à cet instant, Senbonzakura posée tout près de là.
Etait-ce que le commandant s'inquiétait pour Ichigo ? Il était rare de le voir prendre part de cette façon à un entraînement. En général, il se contentait de regarder de loin. Toshiro fronça les sourcils, enregistrant cette information dans un coin de son cerveau et reporta son regard sur son adversaire, déjà en position de combat. Il sourit et l'imita.
Byakuya observa attentivement les réactions d'Ichigo, qu'il soupçonnait de ne pas oser se battre contre lui avec toutes ses possibilités. Peut-être qu'avec Toshiro il ne retiendrait pas ses coups comme avec lui. Il avait récupéré de façon exceptionnelle, s'il en croyait sa jeune sœur. Mais cela ne semblait pas du tout surprendre son père par contre qui continuait à passer chaque jour et que le commandant croisait parfois le matin. Ce dernier avait d'ailleurs émis le souhait de voir revenir sa progéniture sous le toit familial. Chose que Byakuya pouvait concevoir mais ne souhaitait pas tant qu'il ne serait pas en mesure d'assurer seul sa défense. Il était néanmoins conscient qu'il ne pourrait plus s'opposer longtemps au désir du père et du fils, qui lui aussi voulait réintégrer le domicile familial.
Shûhei arriva alors que les deux hommes avaient déjà entamé leur combat. Il salua d'un signe de tête son supérieur et vint s'installer à ses côtés, admirant comme lui le ballet des katanas. Si Byakuya surveillait particulièrement le convalescent, Shûhei, lui, savourait les images de son petit ami, qui pour une fois, se montrait sans masque. Pas que Toshiro tente de dissimuler quoi que soit, non. Mais juste qu'il semblait toujours faire très attention à garder un air renfrogné quitte à faire fuir tout le monde autour de lui. Et là, c'était un sourire qui ornait son visage. Un vrai, comme on lui en voyait peu. Il prenait plaisir à ce combat. Shûhei se demanda fugitivement s'il arriverait lui aussi à le faire sourire ainsi… Peut-être que si…
- Tu sais pourquoi il t'a demandé de venir ? l'arracha la voix de son supérieur à ses pensées qui avait pris une tournure bien différente que sa venue ici.
- Non, il m'a juste demandé de le rejoindre ici, répondit-il. Il ne vous a rien dit ?
- Il t'attendait.
En face d'eux le combat s'achevait. Ichigo était acculé par son lieutenant. Il sourit en levant la main, demandant grâce, essoufflé :
- Pas encore au mieux de ta forme hein ? constata Toshiro en rengainant son katana.
- Comme tu peux le constater, approuva Byakuya en s'approchant. Il est encore trop tôt pour que tu puisses quitter l'abri de ma demeure Ichigo, dit-il en le fixant comme pour le mettre au défi de protester.
- Je peux au moins reprendre le boulot, rétorqua ce dernier soutenant son regard. Au bureau, je ne risquerai pas grand-chose.
- je vais y réfléchir, concéda son supérieur en reportant son regard sur son lieutenant. Et si tu nous disais ce qui t'as amené ici à cette heure tardive autour d'un repas ?
C'était plus un ordre qu'une question d'ailleurs et ses trois subordonnés le suivirent docilement.
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Appartement d'Ulquiorra
La soirée était déjà bien avancée quand le jeune étudiant put enfin regagner son domicile. Il avait faim et se sentait épuisé. Alors qu'il refermait la porte de son appartement, il laissa échapper un long soupir en s'y adossant. Combien de temps tiendrait-il encore à ce rythme ?
Il se déplaça sans allumer la lumière, gagnant le coin cuisine où il appuya sur le bouton de la bouilloire électrique après avoir vérifier qu'elle contenait encore assez d'eau pour une boisson chaude. Il s'apprêtait à aller à la salle de bain quand il remarqua une ombre pas… naturelle. Il connaissait parfaitement les lieux et y déambulait dans le noir le plus souvent possible. Ça l'apaisait, comme si l'obscurité pouvait effacer les secrets qu'il tentait de préserver. Il se déplaça rapidement jusqu'à l'interrupteur et alluma :
- Bonsoir jeune homme, le salua le commandant Aizen, installé confortablement sur son canapé. Vous rentrez bien tard pour un étudiant. Il me semble que la fac est fermée de puis un moment… non ?
A suivre…
