Disclamer : Les personnages appartiennent à Tite Kubo. UA - Yaoi

Nouveau chapitre au coeur de la bataille. Merci de votre soutien et bonne lecture à tous !


Chapitre 12

Kira eut le message d'alerte en sortant de la douche bienfaisante qu'il venait de prendre pour tenter d'évacuer le stress particulièrement éprouvant de cette journée. Le SMS venait du commandant Urahara et disait simplement : « le concours a débuté ». Ce qui signifiait, en clair, que la grande opération interservices venait de commencer et qu'il fallait qu'il se rende immédiatement à l'endroit qui lui arriverait bientôt par un autre message ou un coup de fil d'un de ses supérieurs. C'était la consigne qu'ils avaient tous reçus, si par hasard, l'opération pour une raison ou autre devait débuter plus tôt que prévu.

Il fronça d'abord les sourcils en se demandant pourquoi maintenant et ce qui avait bien pu se passer, puis pensa à Renji. Un peu plus tôt dans la soirée, ce dernier lui avait envoyé un message l'informant qu'il devait assurer une surveillance et ne pourrait donc pas dîner avec lui comme promis. Son cerveau se mit à travailler à vive allure. Renji était déjà sur le terrain et donc potentiellement en danger. Son cœur rata un battement. Malgré lui, il s'affaira un peu plus vite et surveilla attentivement son portable dans l'attente du message suivant. Le coup de sonnette à sa porte le fit sursauter et il s'y précipita :

-Tu es prêt ? lui demanda Kaien sur le pas de sa porte. Tu viens avec moi.
- Je prends mon arme !

Cinq minutes plus tard, ils fonçaient à vive allure mais sans sirène vers leur destination. Rapidement, Kaien lui expliqua ce qu'on attendait d'eux. Ils allaient, avec deux autres policiers, s'occuper de libérer les otages retenus au cercle de jeux. En quelques mots, son lieutenant lui raconta les principaux événements de la soirée qui avaient décidé leurs supérieurs à déclencher sans plus attendre l'opération.

- Avant que le traitre qui est dans nos murs ait le temps de fournir de nouvelles informations, finit-il d'un ton où perçait une vive réprobation, voir plus que cela, quand à cet individu.

Kira n'osa pas demander des nouvelles de Renji, sachant pertinemment que sa demande aurait été déplacée en pareille circonstance. Mais il pria intérieurement qu'il s'en sorte indemne, ne pensant même pas à sa propre survie.

Ooo000ooO

Devant l'entrepôt

Jin Kariya fronça les sourcils en voyant deux hommes au lieu d'un attendu :

- Je t'avais dit de venir seul ! cracha-t-il à l'intention du rouquin. La vie de tes sœurs a-t-elle donc si peu d'importance à tes yeux ?
- Je ne lui ai pas laissé le choix, répondit Grimmjow à sa place plantant son regard de fauve dans ceux de leur ennemi.
- Où sont-elles ? demanda simplement Ichigo.

Kariya fut un instant surpris par la flamme qui semblait animer l'ambre de ses yeux. Une détermination farouche planait sur lui, presque palpable dans l'atmosphère qu'il dégageait.

- Si tu veux les revoir, il va falloir que vous remettiez tous deux vos armes à mes hommes. Sinon, je ne donne pas cher de leur vie.
- Touche un seul de leurs cheveux et tu es un homme mort.

Ce n'était pas une menace, juste un fait énoncé.

- Tu es bien arrogant pour un homme pris au piège, railla Kariya.
- Et toi trop sûr de toi ! répliqua Ichigo sur le même ton.
- Vous n'êtes que deux ! cracha Kariya. Tu espères que je vais te croire ? Va me chercher une des gamines, ordonna-t-il à un de ses hommes. Tu vas voir que je ne plaisante pas gamin ! gronda l'homme qui commençait à penser que ce policier avait sérieusement besoin d'une bonne leçon. Peut-être l'exécution d'une de ses sœurs allait-elle le calmer ?

Pendant ce temps, tout doucement, sans vraiment se faire remarquer, Grimmjow s'était déplacé et avait glissé dans le dos d'Ichigo. A voix basse, sans se retourner, il lui demanda :

- C'est vraiment ce que tu veux ? Il n'a pas tort, on n'est que deux…
- Si j'avais été seul, ça n'aurait rien changé. Je te rappelle que je ne t'ai pas obligé à m'accompagner, mais je ne le laisserai pas me manipuler !

Un sourire se dessina sur le visage de son partenaire

- Ok ! On fait comme tu veux.

Un cri attira l'attention de tous du fin fond de l'entrepôt.

- Maintenant Grim ! souffla Ichigo.

D'un même élan, les deux policiers s'élancèrent dans des directions opposées. Les deux premiers hommes se trouvant sur leur chemin s'effondrèrent avant même d'avoir compris d'où venait le coup, trop surpris pour réagir. En un instant la bataille fit rage, les huit hommes restant s'étaient élancés pour venger leurs camarades.

Kariya soupira et profita de tout ce remue-ménage pour aller voir quelle avait été la cause de ce cri. Mais Ichigo n'était pas décidé à le laisser partir et, se débarrassant d'un coup de garde de son katana de deux de ses adversaires, s'élança dans la brèche créée par leur chute pour le poursuivre. L'un d'eux se releva vivement après son passage mais ne put faire un pas de plus, Grimmjow, qui avait suivi Ichigo, le renvoya embrasser le bitume, non sans avoir pris soin cette fois, qu'il ne se relève pas tout de suite.

Ooo000ooO

La camionnette filait à vive allure dans la nuit, les jumeaux requis pour ce transport surveillant attentivement tout ce qui aurait pu sortir de l'ordinaire :

- Regarde ce mec ! dit soudain Ban au volant. Il m'a l'air d'en tenir une bonne !

Ho tourna la tête dans la direction indiquée où effectivement, un homme chauve semblait tituber sous le poids de la bouteille qu'il tenait à la main. Il sourit quand soudain l'individu, tanguant de plus en plus, dévia sur la route, juste devant eux :

- Le con ! cria son jumeau en faisant une embardée pour l'éviter.

Un violent coup de klaxon d'une voiture arrivant en face, l'obligea à piler net. Les deux véhicules faillirent se percuter et l'autre dut également écraser le frein pour stopper sa voiture. Son conducteur en sortit, visiblement furieux :

- Non mais ça ne va pas la tête ? T'as failli nous tuer espèce de malade !

Ban le laissa invectiver tout son saoul, regardant nerveusement la rue et la chaussée, déserte hormis leurs deux véhicules et l'ivrogne. Tiens mais où était-il passé celui-là ?

- Ça sent pas bon ! fit son jumeau également méfiant. Dégage-nous de là ! Vite !

Ban passa la marche arrière pour reculer mais sa portière s'ouvrit soudain et un katana vint flirter avec sa gorge :

- Tu comptes aller où mon grand ? demandait l'ivrogne soudain parfaitement dégrisé. Ho voulut lui venir en aide en sortant son arme mais la voix de l'autre conducteur lui parvint alors :
- J'éviterais à ta place, disait ce dernier en ouvrant également la portière de son côté.

Ooo000ooO

Byakuya, Toshiro et Shûhei arrivèrent bientôt devant l'entrepôt où devaient se trouver normalement Grimmjow, Ichigo et ses cadettes, Gin et Rangiku. Ils sortirent rapidement de la voiture pour constater que la bataille avait déjà commencé. Devant l'entrée, plusieurs hommes, pas les leurs, purent-ils voir rapidement, gisaient à terre. Ils immobilisèrent définitivement en menottant ceux qui menaçaient de bouger et se relever. Pour les autres, il n'y avait plus rien à faire, la rencontre avec les policiers ici présents leur avaient été fatales.

Mais pas de trace d'Ichigo ou de Grimmjow. Pas plus d'ailleurs de Gin et de Rangiku. Ils percevaient les échos du combat qui s'était visiblement poursuivi à l'intérieur.

- Faites le tour tous les deux, voir si vous apercevez cette fenêtre cassée que Gin Ichimaru nous a signalée et si vous pouvez leur prêter main forte pour sortir les sœurs d'Ichigo de là. C'est la priorité absolue. Moi, je vais les soutenir pendant ce temps, dès que les fillettes sont hors de danger, vous venez me rejoindre.

Et pendant qu'il se glissait discrètement dans l'entrepôt pour évaluer la situation avant d'intervenir, Toshiro et Shûhei partaient chacun d'un côté du bâtiment.

Le lieutenant retrouva bientôt son amant arrêté devant la fameuse fenêtre, après avoir fait le tour par derrière.

- Tu as vu quelque chose ? demanda Toshiro en stoppant à ses côtés.
- Non, pas encore. Je t'attendais pour entrer.

Mais avant qu'ils n'aient pu faire un mouvement, Gin tentait de passer par la fenêtre portant quelqu'un dans ses bras :

- Vous tombez bien vous deux ! Attrapez-là, dit-il en tendant doucement la jeune fille. Il y a encore sa sœur, Rangiku l'amène.

Shûhei s'était précipité et à eux quatre, ils purent sortir les sœurs d'Ichigo de l'entrepôt sans être inquiétés.

- Ichigo et Grimmjow ? demanda Toshiro.
- Pourquoi elles ne réagissent pas ? s'étonnait Shûhei.
- Ils les ont droguées. Karin était très agitée quand ils l'ont amenée. Elle se débattait comme une furie, expliqua Rangiku. Et je suis presque certaine qu'Ichi a réussi à me voir. Il va pouvoir se battre l'esprit plus serein. Et le commandant ?
- Il est entré par devant, lui dit son lieutenant. Rangiku, Gin, emmenez les fillettes à l'hôpital. Shûhei et moi on va entrer pour les prendre à revers et prévenir Ichigo s'il ne vous a pas vus.
- Faites attention à vous ! Kariya est là ! prévint Gin en acceptant avec plaisir la proposition de son collègue, au moins il pourrait ainsi éloigner sa compagne du danger. Je reviens le plus vite possible.

Les deux policiers étaient déjà entrés avant même qu'ils n'aient atteint leur voiture.
Une fois là, Gin installa les deux fillettes à l'arrière alors que Rangiku prenait le volant :

- Monte ! s'impatienta-t-elle.
- Je les rejoins, toi file aussi vite que tu peux, fit-il en faisant demi-tour.
- Gin !

Il se retourna brièvement, lui sourit et lui envoya baiser de la main avant de disparaître dans le noir.

- Sois prudent, murmura-t-elle en démarrant.

Ooo000ooO

Un peu partout dans la ville, la Brigade d'intervention arrêtait en douceur les convois qui convergeaient tous vers l'entrepôt où se battait Ichigo et Grimmjow. Zaraki Kenpachi avait en charge cette délicate intervention et s'en tirait admirablement, n'en déplaise à ses détracteurs qui ne voyait en lui qu'une brute assoiffée de combat. Certes il aimait se battre et terrasser des adversaires toujours plus puissants, mais il savait aussi faire preuve de jugeote quand il le fallait. Quand Kisuke Urahara lui avait demandé son aide pour les interceptions de convois chargés d'otages, il avait tout de suite compris que l'opération nécessiterait du doigté et de la délicatesse. Pas question de blesser ceux qu'ils devaient délivrer.

Il avait été surpris de savoir que Byakuya Kuchiki avait soutenu Urahara quand ce dernier avait proposé à ses collègues qu'il se charge avec sa brigade des interceptions. Il ignorait que le noble et froid commandant avait une si haute estime de sa brigade jugée souvent comme une sorte de rempart de force par nombres d'autres policiers. Aussi avait-il mis au point avec ses hommes en qui il avait toute confiance, tous les scénarios possibles pour délivrer en douceur les otages et pour l'instant, tout se passait bien. Sur neuf convois qu'on leur avait chargé d'intercepter, huit s'étaient déroulés dans le moindre accroc. Mais du neuvième, aucune trace. Visiblement l'un des convois avait échappé à la vigilance des policiers chargés de le repérer et de le pister. Il prévint tout de suite le quartier général.

Car pendant qu'il interceptait les convois avec ses hommes, les autres forces de polices investissaient les lieux où de longues surveillances avaient décelés les activités illégales de Kariya.

Le commandant de la Brigade Criminelle s'était réservé le plaisir d'investir la villa du truand. Sosuke Aizen, lui, était en route vers l'un des hauts lieux de la prostitution de la ville qu'ils avaient aussi sous surveillance et où il espérait retrouver la jeune sœur d'Ulquiorra, cette dernière n'ayant jamais été repérée nulle part ailleurs jusqu'à maintenant. Il ne restait que deux endroits que la police n'avait jamais pu visiter en profondeur, c'était le cercle de jeu et cette maison de passe. Elle ne pouvait être que dans l'un des deux si elle était encore vivante comme semblait le croire son frère.

Les otages délivrés étaient tous dirigés vers l'hôpital dans un premier temps où le docteur Unohana avait accepté de les prendre en charge, prévenu de leur intervention par son ex-mari.

Kurosaki père était bien sûr là avec ses collègues à pied d'œuvres pour aider ces malheureux et orienter les plus mal en point vers les services appropriés de l'hôpital. Quand la jeune collègue de son fils l'arracha sans ménagement à son travail, il faillit bien se mettre en colère mais la détermination et le visage fermé de la jeune femme l'incita à la suivre jusqu'à sa voiture où deux infirmiers sortaient deux malades dont une ouvrait tout juste les yeux.

- Papa…
- Karin ! Yuzu ! Que s'est-il passé ? hurla-t-il à Rangiku en se précipitant vers ses filles.
- Elles ont été droguées mais elles vont bien, éluda celle-ci en remontant dans sa voiture. Prenez bien soin d'elle ! Je dirais à Ichigo qu'elles sont entre vos mains !

Isshin ne chercha pas à comprendre. Pas pour l'instant, plus tard peut-être, mais pour l'instant il devait prendre soin de ses filles.

Ooo000ooO

Cercle de jeux

Kira et Kaien furent effectivement rejoints par deux autres policiers. Quelle ne fut pas la surprise de Kira de constater que l'un d'eux était justement Renji, l'autre étant Kaname. Kaien en tant que lieutenant dirigeait l'opération et expliqua comment il comptait procéder. Une fois que chacun eut compris le rôle qu'il aurait à jouer, ils se séparèrent pour couvrir les deux accès du cercle de jeu, Renji et Kaname se chargeant de celle de service, lui et Kaein passant par la grande porte. Kira avait le cœur qui battait un peu plus fort. Sûrement à cause de ce qu'ils allaient faire, c'était toujours stressant ces moments, juste avant le combat. Mais aussi et surtout parce que le regard de Renji s'était un instant posé sur lui avant qu'ils ne se séparent. Un court instant intense où il avait pu lire et presque entendre la supplique muette, « fais attention à toi ». Il n'avait pas eu le temps de lui répondre que déjà, il se fondait dans le noir avec Kaname. Alors Kira lui avait hurlé en pensée, « toi aussi idiot ».

Et le voilà avec Kaien franchissant la porte principale. Il pria pour que Renji et Kaname n'aient pas de problèmes, mais un homme détourna brutalement son attention de ses pensées en se plaçant devant eux, un espèce de malabar à la mine patibulaire :

- Messieurs, fit-il, je peux savoir ce que vous venez faire ici, armés ?
- Police ! résuma Kaien en lui mettant sa plaque sous le nez. Ecarte-toi !

Mais l'homme ne bougea pas, se contentant de sortir son arme. Kira réagit avant qu'il ne se mette en position de combat, plongeant sur lui pendant qu'il fixait son attention sur Kaien :

- N'y compte pas ! dit-il en lui plaçant son Wazibisuke sur la gorge. Obéit plutôt sagement au lieutenant !

Acculé, l'homme recula en déglutissant péniblement, un geste de trop et le katana lui tranchait la gorge, et vu le regard de l'homme qui le tenait, il comprit que ce dernier n'hésiterait pas un instant.

L'espace dégagé, Kaien entra en criant, pendant que Kira menottait son prisonnier :

- Police ! Personne ne bouge et chacun sort gentiment ses papiers !

Ce qui eut l'effet escompté, une panique générale. Les clients s'empressaient de tenter de sortir, tous arrêter par un Kira à l'air particulièrement mauvais, pendant que Kaein repérait les hommes vraiment dangereux qui se regroupaient dans un coin de la pièce, leurs armes à la main. Il vit la barmaid tenter de fuir par l'arrière et bondit en avant, sautant par-dessus le bar, lui bloquant l'accès de la sortie de secours :

- On reste avec nous ma jolie, fit-il en sortant ses menottes qu'il lui agita sous le nez.

Après l'avoir solidement attachée au bar, il se retourna pour faire un point de la situation. Kira avait laissé filer les pauvres clients qui n'étaient pas leur cible aujourd'hui et s'apprêtait à affronter les cinq hommes armés. Il le rejoint pour lui prêter main forte, espérant que tout ce remue-ménage avait permis à Renji et Kaname de trouver les otages.

Ooo000ooO

Entrepôt

Kariya regardait la cellule des fillettes. Vide. Ou presque, un de ses hommes, mort, y était demeuré étendu au sol, une flaque de sang se répandant lentement autour de lui. Il resta un instant interdit. Qu'est-ce qui avait dérapé dans son plan ? Comment des gamines avaient-elles pu s'échapper et tuer un de ses hommes alors qu'il avait ordonné de les droguer ? Les avait-il sous-estimées, elles et son idiot de frère, qui se battait encore en les croyants prisonnières ? Elles ne pouvaient pas s'être enfuies bien loin, il devait les retrouver ! Il sortit de la pièce et examina la situation dans l'entrepôt. Quelques hommes se battaient encore mais la majorité de ses forces étaient déjà dépassées ou hors d'états. Un nouveau policier avait rejoint les deux plus jeunes, et celui-là n'était pas à négliger. Il le reconnut de suite, Byakuya Kuchiki. Il lui fallait des renforts et vite, cet homme-là à lui seul pouvait décimer les forces ici présentes. Il saisit son téléphone, mais n'eut pas à l'utiliser. Un bruit familier de crissement de pneu suivi d'un arrivage d'une vingtaine de ses hommes qui pénétrèrent dans l'entrepôt, prenant le commandant pour cible. C'est à ce moment que Toshiro et Shûhei se jetèrent eux aussi dans la bataille et entrèrent dans l'entrepôt par la pièce de service. D'où il était, Jin Kariya les vit parfaitement et comprit en un instant que non, finalement, les gamines ne s'étaient pas échappé toutes seules, et qu'à l'heure qu'il était, elles devaient être déjà loin. Une faille ! Une seule faille et ces maudits policiers risquaient de reprendre le dessus. Il se jeta sur les deux arrivants avec un cri de fureur. Ces deux là ne passeraient pas !

Ichigo, comme tous ou presque, se retourna, un instant interrompu dans son combat au cri de rage du truand. Pour la première fois depuis qu'il l'avait suivi ici, ses yeux firent un rapide tour d'horizon de leur situation. A l'entrée de l'entrepôt, il reconnut son commandant qui se battait contre des hommes de Kariya qui tentait de porter secours à leur chef. Comment était-il arrivé ici ? Mystère, mais ce n'était pas le moment de se le demander. A lui seul, il faisait face à un flot ininterrompu d'hommes tentant de pénétrer plus en avant dans l'entrepôt. Grim se battait encore contre trois hommes et lui-même faisait face à deux. Et devant Kariya venaient de surgir Toshiro et Shûhei. Il n'avait donc pas imaginé Rangiku emmenant ses cadettes ? Tout avait été si vite qu'il n'en était pas encore certain. Mais il n'arrivait pas à atteindre la cellule où Kariya avait logiquement enfermé ses sœurs.

Shûhei se jeta devant Toshiro en lui criant :

- Je m'occupe de lui ! Préviens Ichigo !
- Idiot, répondit ce dernier en saisissant tout de même son opportunité pour se propulser dans le combat du rouquin, qu'il parvint à approcher sans trop de peine, après s'être débarrasser d'un de ses adversaires.
- Mes sœurs ? lui cria Ichigo en mettant hors d'état de nuire le dernier.
- En sureté ! Loin d'ici !
- Merci… murmura le rouquin en rejoignant rapidement Shûhei. Il est à moi ! lui dit-il en se plaçant en travers de son chemin.

Toshiro de son côté avait déjà rejoint Grimmjow qui commençait à fatiguer, mais quoi de plus normal avec plus de six adversaires maintenant. Car Byakuya n'avait pas pu tous les empêcher de passer.

Ce dernier ne se faisait pas d'illusion. Aussi fort pouvait-il être, il ne tiendrait pas tête à plus de vingt hommes. Mais le cri de Kariya, bien qu'il ne se soit pas retourné, lui avait confirmé l'arrivée de ses deux seconds, aussi avait-il préféré en laisser filer quelqu'un, se concentrant sur ceux qu'il pouvait retenir. Seulement voilà, le flot avait du mal à s'arrêter malgré tout ceux qu'il mettait à terre. Deux tombèrent subitement, attaqués par derrière, alors qu'il se demandait s'il ne devait pas reculer pour rejoindre Toshiro et Grimmjow. Qui ? Il eut bientôt la réponse avec un sourire qu'il connaissait bien. Gin Ichimaru était revenu les aider. L'équilibre se rétablit quelque peu avec son arrivée. Derrière lui, il entendait les autres se battre avec acharnement. Mais où était Ichigo ? Il ne le voyait plus.

Ooo000ooO

Ulquiorra avait décidé de tenter le tout pour le tout. Szayel avait bien essayé de l'en dissuader mais le jeune homme refusait d'entendre ses arguments et avait décidé de récupérer sa sœur coute que coute. Aussi son ami l'avait-il suivi mais pas sans prendre quelques précautions élémentaires. Et la première avait été de s'isoler pour téléphoner à ce flic qu'il détestait mais qui, pour la circonstance présente, pourrait se révéler utile. Bien entendu, il n'avait pas réussi à le joindre. Le contraire aurait été étonnant, après tout que pouvait-il attendre d'un homme qui semblait mépriser la moitié de la terre, voir même un peu plus ? Il avait tout de même laissé un message, un peu désabusé quand à son utilité. La deuxième avait été de se munir de tout ce qui pourrait leur servir d'armes le cas échéant. Il ne fallait pas être sorti de la tête de d'un quelconque Dieu pour savoir que les méchants étaient de vrais méchants, prêts à toutes les extrémités pour sauver leurs peaux. La troisième enfin avait de concevoir un semblant de plan et ne pas foncer à l'aveuglette, ce qui à coup sûr, les aurait fait repérés très vite et très probablement capturés eux aussi.

C'est ainsi, armés et avec un plan, qu'ils avaient pris la route de la maison luxueuse qui abritaient la crème des prostitués, filles et garçons. Le genre de clientèle qui venait ici était de loin la plus riche de la ville. Le plan était simple, les deux étudiants feraient valoir leurs statuts de fils de bonnes familles fêtant un quelconque événement pour pénétrer les lieux. L'argent et les cartes de crédits qu'ils possédaient tous deux devraient suffire à au moins leur ouvrir les portes sans trop de difficultés. La suite, par contre, était beaucoup plus floue dans l'esprit de Szayel… il fallait bien avouer que ni l'un ni l'autre n'avait jamais fréquenté ce genre d'endroit.

Comme escompté, ils purent pénétrés assez facilement dans la place, l'air un peu renfrogné d'Ulquiorra les avait même aidés, le portier prenant ça pour un accès de timidité qui l'avait bien fait rire. Grand bien lui fasse, avait alors songé l'étudiant en chimie. Ils furent ensuite introduits dans un salon des plus luxueux mais qui n'impressionna pas outre mesure les deux garçons, habitués au luxe depuis leur plus jeune âge. Plusieurs jeunes gens, à peine vêtus, s'y trouvaient ainsi que ce qui devait être quelques clients en train de faire leur choix. C'est à partir de là qu'il fallait se montrer prudent. Comment laisser le temps à Ulquiorra de fouiller les lieux sans se faire repérer ? Décidant de jouer le tout pour le tout et doutant fortement que son ami soit en état de réfléchir correctement, il demanda d'une voix quelque peu gênée à la personne venue s'enquérir de leurs choix :

- Est-il possible qu'un de vos charmantes jeunes femmes accepte que mon ami nous regarde ? demanda-t-il en prenant Ulquiorra par les épaules et en rajoutant sur le ton de la confidence. Il est très timide voyez-vous…

A sa grande surprise, l'employée prit le même ton pour lui confier :

- Pas de soucis… Sakura se fera un plaisir de satisfaire à vos moindres désirs, fit-il en lui montrant une magnifique jeune fille à la chevelure d'un roux flamboyant.

A l'acquiescement de Szayel, il lui fit un petit clin d'œil de connivence, et quelques instants plus tard, Sakura les conduisait en souriant à sa chambre. Pour un peu, l'étudiant en chimie en aurait presque oublié le but de leur visite tant la démarche aérienne devant lui le ravissait.

Arrivés devant la porte de la chambre, un étage plus haut, Ulquiorra, complètement entré dans son rôle, fit mine d'hésiter avant de déclarer :

- Finalement je vais peut-être me laisser tenter par l'un de vos compagnons…
- Dans ce cas, redescendez au salon faire votre choix, mais vous ne savez pas ce que vous perdez, lui susurra la dite Sakura.

Ooo000ooO

Villa de Jin Kariya

Le commandant Kyôraku avait investi la villa du truand avec deux de ses hommes, Shinji et Ishida, Chad de la Brigade Spéciale et Halibel de la Brigade des Stupéfiants. Jûshirô, qui avait tenu à l'accompagner se tenait légèrement en retrait avec Kotestu et Kostubaki, Shunsui ne voulait pas qu'il se trouve impliqué dans un combat s'il pouvait l'éviter.

La maison était quasiment vide et ils n'eurent aucun mal ou presque à mettre hors d'état de nuire les quelques gardes restés en arrière. Ils furent même assez surpris qu'elle ne soit pas plus gardée que cela, même si, aux dernières nouvelles, toutes les troupes de Kariya ou presque faisaient route vers l'entrepôt. Du moins celles qui n'avaient pas été interceptées en court de route. Kisuke Urahara y envoyait également toutes les forces de police qu'il pouvait libérer sans mettre en danger les autres interventions en cours.

Malgré tout Shunsui ne baissait pas encore sa garde. Un très vieil instinct sans doute, mais ça paraissait presque trop facile. La villa était immense. Ils arrivèrent dans une grande pièce qui regroupait une longue table et des dizaines de chaise autour, mais également une multitude d'écrans de télé et d'ordinateur. Nul doute que c'était ici qu'était le noyau stratégique de toute l'organisation du truand. Alors pourquoi la laisser pratiquement à l'abandon ?

- Soit il n'en a plus besoin, soit il ignore qu'on a découvert ce lieu, dit Jûshirô qui s'était rapproché de lui et avait suivi le même cheminement de pensée.
- La deuxième solution peut-être, hasarda Uryû en revenant d'une autre pièce sans y avoir fait de nouvelles découvertes.
- A partir de là, on dirait des pièces privées, constata Shinji qui avait traversé ce qui devait être la salle de réunion.

Le commandant Kyôrakû ouvrit une autre porte qui donnait dans la grande salle et découvrit un immense bureau tout ce qu'il y avait de plus moderne. Il allait émettre un petit sifflement admiratif quand un katana fendit l'air alors que Jûshirô hurlait :

- Shunsui !

Il avait déjà franchi les quelques mètres les séparant avant même que quiconque n'ait eu le temps de réagir.

Ooo000ooO

Maison de prostitution

Ulquiorra était monté au deuxième étage, le dernier apparemment, de la maison, et cherchait toujours sa sœur.

Se balader seul dans la maison ne lui avait posé aucun souci une fois qu'il avait réussi à convaincre la jeune femme qui était avec Szayel qu'il souhait prendre quelqu'un d'autre pour lui. Il lui suffisait juste de faire attention quand une porte s'ouvrait, libérant souvent un client et son hôte d'une heure ou plus. Le rez-de-chaussée semblait uniquement abriter les différents salons, le premier étage les différentes chambres des pensionnaires, restait le deuxième.

Le décor était beaucoup moins luxueux, visiblement cet étage n'était pas fréquenté par les clients. Il vérifia quelques pièces, de stockage visiblement, contenant un bric-à-brac impressionnant ainsi quelques autres aménagés en chambre précaires, sûrement pour une partie du personnel non prostitués de cette maison. Il restait encore quelques pièces au fond vers lesquelles il se dirigea mais une voix derrière lui l'arrêta soudain :

- Qu'est-ce que tu fais là mon grand ? Tu t'es perdu ?

Il se retourna lentement pour découvrir un des employés qui filtraient les entrées.

- Je…

L'autre fronça les sourcils en entendant un brouhaha venant d'en bas et des cris retentissant un peu partout dans la maison.

Sosuke Aizen venait de pénétré au rez-de-chaussée de la luxueuse demeure accompagnés de ses hommes Stark Coyote mais également de Yoruichi, Soifong et Tatsuki,

- Merde les flics ! fit-il en poussant le jeune étudiant devant lui pour le faire pénétrer dans une des pièces qu'il n'avait pas encore explorée. Projeté violement au sol, Ulquiorra eut le souffle coupé et se retrouva avec un katana sur la gorge :
- Qui que tu sois, tu deviens mon otage mon grand… fallait pas te perdre ici.

Ulquiorra regarda autour de lui, dans le coin de la pièce lui faisant face, était écroulée une forme humaine. Ses yeux s'agrandirent de stupeur. Ces cheveux ! Loly ?

- Pour elle c'est déjà trop tard, lui susurra son ravisseur d'un ton rauque.

Un cri de douleur lui déchira la poitrine malgré lui. L'instant d'après, il perdait connaissance, assommé par son ravisseur.

- Et toi tu ne vas pas faire long feu non plus…

Ooo000ooO

Cercle de jeux

L'avantage de faire équipe avec un aveugle, enfin un non voyant comme préférait dire son partenaire se corrigea mentalement Renji, c'est que progresser dans l'obscurité totale ou presque ne le gênait nullement. Et comme il était habillé en clair, lui pouvait sans souci le suivre tant qu'il ne se faisait pas distancer. Ils s'étaient sans problème débarrassé du garde en faction à l'arrière et depuis avançaient dans un long couloir parsemé de pièces, qui pour l'instant s'étaient toutes révélées vides et tout aussi sombre que le corridor. Renji stoppa bientôt son partenaire :

- Quoi ? demanda ce dernier à voix basse.
- La prochaine porte sur ta droite, il y a de la lumière en dessous.

Kaname fit signe qu'il avait compris et reprit sa marche, son katana en position de combat au cas où. Renji le suivait en se retournant fréquemment pour couvrir leurs arrières, simple mesure de précaution, tentant de percer les ténèbres les entourant.

Kaname stoppa devant la porte en question et tenta, sans succès, de l'ouvrir. La porte était belle et bien fermée à clé :

- Il y en a une autre juste plus loin, annonça Renji en chuchotant toujours.
- Alors ce sont sûrement les prisonniers qui sont dedans…

Un bruit venant du fond du couloir les fit vivement regarder derrière eux mais une voix leur parvint bientôt :

- Yo ! Renji !
- Madarame ?
- Oui !
- Par ici ! C'est les renforts ! Allons-y Kaname, tu t'occupes de celle-là et moi de l'autre.

L'interpellé se contenta de hocher la tête en signe d'acquiescement. Ils forcèrent tous deux les portes verrouillées et découvrirent effectivement deux otages, attachés et hagards, visiblement drogués au préalable. Madarame avait rejoint Renji :

- Bravo ! C'est dernier convoi qu'on attendait… Apparemment, ils se sont aperçus qu'ils étaient suivis et ont fait demi-tour après avoir semés les collègues qui les pistaient, expliqua-t-il. On les emmène, vous, rejoignez vos collègues, ils ont sûrement besoin d'aide !

Renji retrouva Kaname dans le couloir, maintenant éclairé par l'équipe de la Brigade d'intervention qui évacuait déjà les otages et visitait par sécurité, les autres pièces. Renji voyait nettement maintenant la porte menant au cercle de jeu.

- Par là ! dit-il à Tozen.

Ils eurent tôt fait de la franchir et de se retrouver derrière le bar. Renji embrassa la situation d'un regard. Kira ! Kira allait se prendre un coup par-derrière. Il plongea en avant en criant son prénom. Le katana destiné au dos de son collègue s'abattit sur lui. Kira hurla à son tour.

A suivre…